Partagez | .
 

 ♦ Sweet Dreams ♦

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar

+ ID CARD
+ NOTEBOOK

MessageSujet: ♦ Sweet Dreams ♦   Jeu 23 Déc - 18:19

Sweet Dreams
PART ONE

Every night I rush to my bed
With hopes that maybe I'll get a chance to see you
When I close my eyes I'm going out of my head
Lost in a fairytale, can you hold my hands and be my guide ?
[...]
You could be a sweet dream or a beautiful nightmare
Either way I don't wanna wake up from you
(Turn the lights on)
Sweet dream or a beautiful nightmare
Somebody pinch me, your love's too good to be true
(Turn the lights on)

My guilty pleasure, I ain't going no where
Baby long as you're here I'll be floating on air
[...]
I wish that when I wake up you're there
To wrap your arms around me for real
And tell me you'll stay by side






    Rose était si nerveuse qu'elle était certaine qu'elle finirait par renverser sa coupe de champagne sur sa nouvelle robe payée une fortune. C'était relativement stupide car la jeune femme d'une vingtaine d'années ne buvait pas d'alcool, une envie soudaine de se fondre dans la masse et de faire comme tout le monde surement. Après avoir soupiré rapidement, elle finit par poser sa coupe sur le premier support qu'elle vit et tourna les talons aussi vite que possible, désirant plus que tout fuir cette foule étrangement paisible et silencieuse qui avait le don de la faire paniquer au plus haut point. Faisant bien attention à ne pas marcher sur sa longue robe noire, Rose se rendit jusqu'aux toilettes où elle se lava les mains sans réelle raison et se mouilla les joues, horrifiée par son reflet dans le miroir. Elle était toute rouge, surement à cause de la chaleur de la pièce, à moins que ce soit la nervosité. Rose avait toujours détesté quand elle rougissait parce que ce n'était jamais aussi beau que sur les photographies ou sur les grandes actrices de cinéma. Ce n'était pas doux ou poétique, c'était simplement... rouge. Trop pour que ça ne soit pas inquiétant. La jeune femme posa les mains sur son visage tout en prenant soin à ne pas mouiller son maquillage si soigneusement travaillé. Elle tremblait encore et n'arrivait pas à parler tant sa gorge était sèche.

    « Bonsoir » dit une femme en entrant. Rose se contenta de sourire d'un air crispé et de hocher la tête, toujours sans voix. Elle se regarda à nouveau devant le miroir, s'assurant que ses cheveux bruns, courts et bouclés étaient bien en place, se remit une couche de rouge à lèvres 'rouge baiser' et après avoir à nouveau soupiré pour se donner du courage, elle sorti, affichant un air serein totalement feint. En réalité, elle n'avait qu'une envie : fuir. Fuir le plus loin possible de cet endroit qui n'était pas sa place. Mais c'était impossible car si Rose voulait être en compagnie d'une personne unique et précieuse, c'était le prix à payer. Revenant dans l'immense salle de réception, la jeune femme reprit une coupe qu'elle ne bu pas, cherchant uniquement de quoi occuper ses mains qui trahissaient que trop bien sa nervosité. Les grandes cérémonies n'avaient jamais vraiment été son truc, trop de conventions inutiles, trop de gens avec qui discuter sans pour autant en avoir l'envie. La gorge totalement desséchée, Rose se tourna vers le premier serveur qu'elle vit passer et lui murmura discrètement : « Pourrais-je avoir un verre d'eau ? Merci. Un grand. » précisa-t-elle au dernier moment avant de le laisser partir. Rose détestait faire la potiche en général. Ce n'était pas dans son caractère de rester sagement où on lui avait dit d'être ou de faire tapisserie. Elle était plutôt du genre à bouger sans cesse, changer de pièce, parler, rire, danser. Mais rester debout avec maladresse, c'était vraiment au dessus de ses forces. Au bout de quelques secondes, la jeune femme brune remarqua un miroir et discrètement observa son reflet. Décidément cette robe était une merveille. Pouvoir la porter valait presque l'ennui qu'elle subissait à cet instant.

    « Miss ? » la surprit le serveur qui lui tendait un verre d'eau. Rose le remercia et bu une rapide gorgée. Ciel que ça faisait du bien ! Assoiffée elle en bu une plus longue mais ce fut ce moment que choisirent un groupe de personnes tellement plus âgées qu'elle pour l'introduire dans une conversation. Manquant de s'étouffer à moitié, Rose toussota et sourit, gênée. Du coin de l'œil, elle le vit sourire discrètement par dessus sa coupe qu'il portait à sa bouche, l'air malicieux. Son cœur en manqua un battement. Redressant les épaules et affichant un faux air assuré, Rose se ressaisit et discuta avec les invités, faisant mine d'être passionnée, souriant à pleine dents, se montrant charmante. Mais peu importaient les efforts qu'elle pouvait bien faire, tous savaient qu'elle n'était pas de ce monde et une part d'elle en était ravie. Cette ambiance, ces manières... C'était en apparence beau et élégant mais c'était en réalité étouffant et douloureux. A moins que Rose ne le ressente ainsi uniquement parce qu'elle n'était pas à sa place ? La jeune femme ne cessait de regarder dans sa direction, comme s'il était une sorte de point de chute qu'elle ne pouvait éviter. Comment l'aurait-elle pu dans le fond ? De tous ces visages présents, il était le seul qui ne lui inspirait aucune angoisse. Au bout d'un instant, elle croisa enfin son regard et sourit. Pas que Rose en ait réellement l'envie, c'était simplement plus fort qu'elle. Quand elle le voyait, elle souriait. « Mmmh ? Pardon ? Hum. Oui, oui, tout à fait. » répondit la jeune femme qui avait alors perdu le fil de la conversation, du temps.

    Plus les minutes s'écoulaient et plus Rose se sentait nerveuse, frustrée. Pas qu'elle avait toujours l'impression d'être stupide, en réalité elle s'améliorait rapidement. C'était simplement le fait de le savoir dans cette même pièce, de le voir, de partager le même air et pourtant ne pas être dans la capacité d'être plus proche. C'était comme si ces quelques trois mètres qui les séparaient étaient équivalent à la Russie. Infranchissables, gigantesques. Quand elle croisa à nouveau le regard du jeune homme, Rose fronça légèrement les sourcils et baissa les yeux. Sa poitrine la brûlait comme lorsque l'on se trouve trop près d'une surface chaude. C'était surement la distance qu'elle n'arrivait pas à tolérer qui se matérialisait en elle. Tant l'envie de le rejoindre était forte, elle en devenait douloureuse, voire ridicule. Pourquoi fallait-il que tous ces gens aient envie de discuter ? Pourquoi devaient-ils tous échanger sur la politique, la religion, la philosophie ? En quoi son opinion importait puisque qu'il était presque clairement écrit sur son front « je ne suis pas assez cultivée pour vous » ? C'était vrai, Rose n'essayait même pas de le nier, épuisée d'avance. La jeune femme le regarda encore tandis qu'il parlait et semblait tout à fait passionné par sa conversation. Était-ce une illusion rendue parfaite par l'habitude ? Ou était-il vraiment à sa place ? Laissant son esprit abandonner la terre pour contempler l'ange qui habitait cette pièce, Rose resta silencieuse.

    John était un homme dont le charisme frappait au premier regard. A moins que Rose y soit particulièrement sensible pour une raison inconnue. De tous ici, il était le seul à lui donner envie de sourire sincèrement et non par convention et sa présence la rassurait. Rose avait toujours eu du mal à comprendre comment la simple présence de quelqu'un pouvait réconforter. Comment cette personne pouvait compenser toutes les horreurs du monde que l'on peut subir par simplement exister, être. Oui, Rose ne demandait rien d'autre à John que d'être lui même dans toute sa perfection mais aussi son imperfection. Sa beauté comme sa laideur peu importait du moment qu'il restait John, qu'il l'acceptait et posait les yeux sur elle, créant alors un lien entre eux et l'introduisant dans sa vie. Il était grand et bien plus âgé ce qui en général n'avait jamais vraiment rassuré la jeune femme mais étrangement chez lui, ça ne changeait rien, c'était même agréable. Peut être parce que Rose savait que John aurait la gentillesse et la maturité suffisante pour pardonner le manque de la jeune femme brune dans ce domaine. Pourtant, à cet instant, John semblait si sérieux, si lointain que Rose eu l'impression de le perdre. C'était ridicule mais elle était jalouse. Jalouse de ces gens qui accaparaient son attention, qui lui volaient de leur temps précieux car si court à passer ensemble. Quelques heures, quelques jours, rien de plus pour redécouvrir, apprécier quelqu'un dont on ne parviendra jamais à se lasser. Peut être tout une vie ne serait suffisante pour sentir l'ennui venir...

    Parce que Rose n'était pas de ces femmes qui se souciaient d'être jugées, du moins par ceux dont elle se fichait royalement – c'est à dire tout le monde dans cette pièce excepté le jeune homme – elle mit fin à la conversation s'excusant rapidement et se rendit directement jusqu'à John. Au fur et à mesure qu'elle approchait, Rose se sentait nerveuse. Et si ce n'était pas le bon moment, et si elle faisait une erreur en le dérangeant ? Après tout, il était quelqu'un à responsabilités et si en intervenant maintenant, elle le mettait dans une situation compliquée ? Tellement de questions auxquelles la jeune femme brune aurait mieux fait de répondre avant de se mettre en marche mais impossible, pas maintenant qu'il était si proche. John était dans cette pièce le Soleil, illuminant de sa douceur, irradiant de tendresse et Rose, elle n'était rien d'autre que sa Lune, attirée par la chaleur dont il faisait preuve, désirant presque inconsciemment savoir ce que l'on pouvait ressentir sous la lumière, sous sa lumière. Intrépide, insouciante, égoïste, Rose arriva jusqu'à la hauteur de John et alors qu'elle eu envie de toucher son bras pour lui indiquer sa présence, elle ne fit rien pour deux raisons. La première parce qu'une force invisible et pourtant insurmontable l'en avait empêchée comme si ce geste était le plus grand des interdits alors que motivé par l'innocence la plus pure et ensuite, parce qu'il l'avait déjà vue et lui souriait. A sa gauche, Rose ne fut l'espace d'un instant qu'uniquement capable de lui rendre son sourire, savourant alors la chaleur émise par ce Soleil. Ce soir là, il fit jour sur la Lune.

    L'échange s'éternisa un instant avant que Rose ne réalise qu'en étant venue jusqu'à lui sans véritable motif, elle en devenait presque ridicule. La jeune femme détacha son regard de John pour le porter sur les personnes avec qui il discutait un peu plus tôt cherchant une phrase de convention à utiliser dans ces moments là mais rien ne lui venait à l'esprit. Rien de bien glorieux tout du moins. « Pardon mais je m'ennuie à mourir. » . Mmmh pas terrible. « Navrée mais je suis venue ici pour passer du temps avec mon ami John et vous m'en empêchez. ». Ce n'était guère mieux. Finalement Rose afficha un grand sourire rayonnant et ne trouva rien de mieux qu'un simple : « Vous permettez ? ». Bon ce n'était pas grandiloquent mais au moins elle n'avait pas commit d'impolitesse, non ? Rose saisit John par le bras et le conduisit vers l'extérieur, appréciant alors soudain la fraîcheur de la nuit. Le vent était doux comme une caresse sur les joues brûlantes de la jeune femme au bras de son ami qui même dans l'obscurité, semblait toujours autant irradier. C'était surement ce genre de lumière qui ne s'éteignent jamais. Comme les anges. « J'espère ne pas avoir interrompu une conversation importante » s'excusa Rose réalisant soudain que cette idée la rendait malade. La jeune femme était déjà bien trop ravie de se trouver en sa compagnie, invitée dans sa demeure pour oser lui causer des problèmes ou porter atteinte à son image si précieuse, si lisse. Mais son envie égoïste d'être avec lui et de ne pas le partager avec le monde entier était plus fort que tout.

    « Ne t'en fais pas » lui dit-il avec un doux sourire. Et immédiatement, Rose se senti le cœur bien léger. Un sourire rayonnant aux lèvres, la jeune femme s'assit alors sur les marches devant le domaine, observant la nuit étoilée, John toujours à son bras. De là, les conversations semblaient encore lointaines. Au fil des secondes il n'y avait plus que Rose et John, que cette Lune désirant se réchauffer près d'un Soleil que trop attirant. La gravité et ses lois... Ils discutèrent et Rose parvint même à rire sincèrement, oubliant alors le monde auquel il appartenait, retrouvant cet homme qui avait conquit son amitié avec une étrange rapidité et force. Il n'y avait plus les invités, ces gens qui les ennuyaient, les empêchaient d'être eux mêmes. Rose frissonna mais ne dit rien, préférant mourir de froid plutôt que rentrer et prendre le risque de devoir à nouveau partager John avec tout le monde, pensant alors bêtement qu'il était à elle, uniquement à elle. La jeune femme perdit son regard dans la constellation d'étoiles qui ne se trouvaient pourtant pas dans le ciel sombre cette nuit puisque la Lune était sur terre, sur ces marches, mais dans le regard sombre de John. Comme incapable de s'en empêcher, Rose sourit, appréciant l'instant simple et pourtant précieux qu'elle était en train de vivre.

    «  John ? Tu es là, je te cherchais. Bonsoir Rose. » cette dernière reprit pied avec le monde en entendant une voix douce dans son dos et pourtant si bien connue. Sursautant presque, Rose se redressa et se mit debout, face à la jeune femme qui venait d'arriver. Elle était grande, magnifique, élégante. Vénus, qui d'autre ? Ou plutôt Rachel, l'amour de toujours de John. En le voyant se lever et se rendre à elle, Rose se rendit compte qu'il n'y avait pas qu'un seul soleil dans ce monde, mais que chacun avait le sien. Si la gravité poussait Rose vers John, lui était poussé vers Rachel, ne faisait alors qu'augmenter la distance qui les séparait. Un sourire aux lèvres, la jeune femme brune se contenta d'observer avec pudeur le couple vivre heureux, et s'éloigner, restant alors en retrait, le cœur étrangement lourd. Rose était ravie pour eux, qui ne le serait pas face à un tel bonheur ? Alors pourquoi cette tristesse qui rongeait ses os, qui brûlait ses veines ? Car Rose n'était pas jalouse, pas même un minimum. Pourquoi ? Parce que pour être jaloux, il faut prétendre mériter ce que l'autre possède et Rose savait très bien que si ce bonheur n'était pas sien, c'était parce qu'il ne devait pas l'être, rien de plus. Souriant une dernière fois à Rachel, Rose croisa les bras sur sa poitrine et tourna le dos à la réception, descendant doucement les marches, le nez levé vers le ciel. Etait-ce qu'une impression ou le ciel était soudain devenu plus sombre ?




Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar

+ ID CARD
+ NOTEBOOK

MessageSujet: Re: ♦ Sweet Dreams ♦   Jeu 23 Déc - 20:24

Love Game
PART TWO

I wanna kiss you
But if I do then I might miss you, babe
It's complicated and stupid
Got my ass squeezed by sexy cupid
Guess he wants to play, wants to play
I love game, I love game

Hold me and love me
Just wanna touch you for a minute
Maybe three seconds is enough for my heart to quit





    « Un, deux, trois ! » à peine les chiffres furent décomptés, toute le monde se sépara dans différentes directions en courant, laissant alors Rose et John en plan. Pourquoi tous les deux n'étaient pas également partis aussi vite que les autres ? Peut être n'étaient-ils pas vraiment dans le jeu ou inconsciemment, ils avaient envie d'être ensemble. Non, c'était impossible. La jeune femme se souvenait que trop bien de la sensation de froid et de vide qu'elle avait eu la veille au soir en voyant John partir avec Rachel sans même regarder derrière lui, sans même la regarder elle. Il fallait qu'elle cesse d'être ridicule, d'éprouver des sentiments confus dont elle n'avait aucune envie par dessus tout. Et pourtant ils étaient là. Décidée à les étouffer, la jeune femme se tourna vers son ami et lui adressa un grand sourire malicieux. « Je ne te le lâche pas » dit-elle simplement en arquant un sourcil.
    « Et pourquoi ? » demanda John avec un faible éclat de rire qui donna l'impression à Rose de voir des étoiles apparaître en plein jour. Cette dernière sourit à nouveau et poursuivit.
    « Parce que nous sommes chez toi ici et que j'ai envie de gagner. Mais rassures-toi, si on est sur le point de se faire prendre, je t'abandonnerai lâchement. » ajouta-t-elle avec un grand sourire tout en reculant.

    Puis Rose tourna les talons et monta les immenses escaliers pour trouver où se cacher avant de gagner la partie, accompagnée de John. Les cache-cache avaient toujours eu le don de la divertir au plus haut point. Courir un peu partout, trouver des endroits improbables. Ce qui l'amusait surtout était lorsque d'autres se faisaient découvrir alors qu'elle était cachée qu'à peine un mètre plus loin mais était invisible aux yeux de tous. Les secondes s'écoulaient rapidement tandis que tout le monde riait plus au moins silencieusement, courant dans tous les sens, faisant alors raisonner des millions de pas dans toute la maison habituellement silencieuse. Rose ouvrit une porte et voulu se cacher mais quelqu'un était déjà là. Échappant un éclat de rire trop fort pour ne pas être naturel, la jeune femme mit la main sur sa bouche et se laissa entraîner par John. Les règles étaient simples, le domaine était si grand que le terrain de jeu avait réduit à ce simple étage. Il fallait faire preuve de rapidité et d'inventivité pour ne pas se faire remarquer, or toutes les meilleures cachettes avaient vite été prises. Ce fut pourquoi Rose supposa qu'en tant que propriétaire, John saurait où aller. Quand il poussa une porte du couloir près de l'escalier, Rose le suivit sans hésiter et referma la porte derrière elle. Il faisait totalement noir.

    « Un placard ? Un placard ?! On fait une partie de cache cache chez toi et le meilleur endroit que tu trouves c'est un placard ?! Si j'avais su, je serais allée avec Alison. » râla-t-elle avec cependant une dose d'humour. C'était plus fort qu'elle, Rose riait tout le temps. Surtout que Alison s'était surement mise derrière un rideau pensant avoir trouvé la cachette du siècle. En imaginant la scène, Rose eu un nouveau éclat de rire qui était terriblement reconnaissable. Grave, fort bien qu'elle mette la main devant la bouche pour le couvrir, mais surtout communicatif. « Chuut ! On va se faire prendre ! » lui dit John qui ne parvenait à retenir son propre rire. Rose tenta de rester silencieuse puis après un instant elle se ressaisit et soupira, comme si tout ça l'avait épuisé. Ce qui était presque le cas. Puis le silence revint dans ce placard totalement sombre. Les deux jeune gens restèrent sans bouger, à attendre qu'il se passe quelque chose, un bruit qui leur indiquerait s'ils sont sur le point de se faire prendre ou non. « Dès que la voie sera libre, on ira se cacher ailleurs » dit John qui était visiblement concentré sur la partie.

    Rose perdit son sourire et recula légèrement tout en hochant la tête, ce qui était ridicule puisqu'ils étaient dans le noir complet. Maintenant qu'il n'y avait plus personne, que leur monde se résumait à ce placard, la jeune femme se rendit compte à quel point être proche de John lui faisait mal. C'était comme voir le bonheur et être confronté à la douloureuse idée de savoir qu'il ne nous était pas destiné. Rose n'était pas amoureuse, elle le savait, il n'était pas pour elle et pourtant une force insurmontable la poussait dans ses bras. La gravité, toujours, éternelle. Mais ce qu'il y avait de plus douloureux qu'un homme que l'on désire, c'est un homme que l'on désire dans l'interdit. Il n'était pas à elle et ne le serait jamais, pas même l'espace d'un instant, pas même dans ce placard où tout les deux étaient enfermés car il avait donné son cœur, son âme, sa vie, son futur à une autre qui en prendrait grand soin. Rose ne l'aimerait jamais comme elle, elle le savait. Mais la curiosité était toujours là. L'envie, la gourmandise, la tentation, l'effronterie aussi. Rose n'avait pas le droit de faire ça à Rachel et pourtant , à cet instant précis elle n'y pensait plus vraiment. John n'était pas visible et probablement à un mètre d'elle, Rose n'en savait rien, elle était dans le noir complet (au sens littéral et figuré). Mais c'était comme si la pièce était pleine d'électricité atteignant son corps et l'illuminant. La maison était totalement silencieuse si bien que la jeune femme brune semblait entendre les propres battements de son cœur trahir ses désires interdits et honteux. Rose ne supportait pas rester ainsi, sans savoir quoi faire, si proche d'un homme qu'elle ne devrait pas désirer, avoir de telles pensées alors qu'elles trahissaient toute l'amitié sincère qu'elle ressentait pour lui. Et pourtant elles étaient toujours là, hurlant dans la tête de la jeune femme si bien qu'avant même de se rendre qu'elle avait parlé à voix haute, Rose avait déjà posé sa question.

    « John, est-ce que je peux t'embrasser ? » demanda-t-elle soudain. Après avoir prononcé sa phrase, la jeune femme réalisa à quel point c'était stupide. On ne demande pas à quelqu'un de l'embrasser, ni son autorisation, on le fait parce que l'on en ressent l'envie, parce que l'électricité dans l'air fait comprendre que c'est réciproque. Mais si Rose avait besoin de demander, cela signifiait donc que ce baiser n'était pas légitime. Etait-ce qui le rendait encore plus tentant ? Simplement voulu dans l'interdit et n'impliquant rien d'autre qu'une simple dose de plaisir ? Surement, c'était tellement typique de Rose... Avant de passer pour une parfaite idiote, la jeune femme commença à se justifier, bafouillant, maladroite, regrettant d'avoir parlé. Et si John lui en voulait ? Après tout, des couples amoureux avaient été brisés par un baiser infidèle et pourtant c'était ce qu'elle venait de réclamer en parfaite connaissance de cause. Rose se dégoûta elle même. Comment pouvait-elle faire ça à Rachel ? Cette femme dont la bonté et la douceur ne pouvait que lui attirer l'amour d'un homme tel que John. Et à lui, comment Rose pouvait faire ça ? Et s'il disait oui, et si Rachel apprenait pour ce baiser ? Si tout était brisé entre eux par sa faute ? Ne lui en voudrait-il pas ? Ne serait-elle donc pas le monstre qui a détruit un amour parfait par simple égoïsme ? « Je... Je sais que j'ai pas le droit de te demander ça, pas alors que je sais que tu es avec Rachel... Je voulais simplement embrasser quelqu'un de parfait, pour une fois. » acheva-t-elle maladroitement. Pour peu, Rose se serait mise à pleurer. En fait, elle en avait envie. La jeune femme cumulait les amours incomplets, incompris, les déceptions, les erreurs, les échecs. Que ressentait-on dans les bras d'un homme bien ? Dans les bras de quelqu'un qui vous traite avec respect et ce peu importe la situation, même celle-ci ? Que ressent-on quand le Soleil vous illumine de sa lumière ? Rose voulait savoir, elle voulait essayer jusqu'à s'en brûler les ailes, jusqu'à finir en enfer si tel était le prix à payer.

    « Je ne suis pas parfait » lui dit-il après un moment d'une voix calme. Rose eu un sourire invisible par l'obscurité. Il ne semblait pas en colère. Il était formidable, tellement compréhensible. La jeune femme sourit et dit, les larmes aux yeux et dans un souffle pudique « Pour moi tu l'es ». C'était vrai, elle le pensait. Sincèrement. Il y eu un silence pendant lequel la jeune femme se senti mourir. Pourquoi avait-elle été assez stupide pour demander ça ? Après tout ils étaient amis, rien de plus, et bien qu'elle le désire, Rose ne ressentait rien d'autre que de la tendresse et de la curiosité. Peut être son cœur était épuisé voilà pourquoi il s'était tourné vers celui de John, en quête de réconfort. Les secondes s'écoulaient dans ce placard toujours aussi sombre où l'on ne pouvait pas même voir ses propres mains devant sois. Finalement, au bout d'un instant, Rose sursauta, entendant alors le bruissement d'un vêtement, un mouvement subtile et bientôt, des mains touchèrent sa taille. « Approche » lui dit une voix douce dans le noir. Le cœur battant à s'en briser la poitrine, Rose se laissa faire, oubliant alors absolument tous ses principes, tous ceux qu'elle s'était juré ne jamais rompre.

    Dans le noir, Rose ne vit pas John, ni l'erreur qu'ils étaient en train de commettre, se contentant de le sentir subtilement. Une main caressant sa taille, une autre parcourant son cou, la jeune femme n'arrivait plus à respirer, attendant comme on attend la mort d'être embrassée. Il ne fallait pas, c'était mal, c'était interdit et pourtant elle s'en moquait royalement. Rose sentait John, il était là, devant elle mais ne pas le voir le rendait lointain, le tout créant une atmosphère particulière. Fascinante. Le silence était si pesant que le simple bruit de leurs vêtements se plissant au rythme de leurs mouvements les assourdissait, le souffle de John se rapprochant résonnait aux oreilles de Rose comme un ouragan emportant sa raison avec une facilité presque insultante, humiliante. Après ce qui semblait être une dernière hésitation, alors qu'elle le sentait si proche d'elle, la jeune femme se senti mourir. Puis enfin, John l'embrassa, doucement, tendrement, avec pudeur. L'électricité qui parcouru le corps de Rose lui rendit la vie. Presque immédiatement elle se senti vive, enflammée et ce fut pourquoi avant même de comprendre ce qu'elle était en train de faire de sa vie, de leur amitié, de sa raison, de son corps, la jeune femme saisit John par la nuque et l'embrassa comme si elle voulait en crever. Comme si elle avait retenu cette envie depuis trop longtemps et maintenant qu'elle était en train de le faire, Rose se rendit compte à quel point elle voulait ce baiser, maintenant qu'elle l'avait obtenu, c'était comme si elle n'avait jamais rien désiré d'autre, comme si jamais elle ne voudrait autre chose qu'être dans les bras de John et sentir sa douceur l'enlacer.

    S'imposant à lui, Rose prit appui sur ses épaules afin qu'il la porte et croisa les jambes derrière son dos. Elle trichait et le savait. La jeune femme avait demandé la permission d'un baiser mais réclamait clairement plus mais peu importait, elle était déjà dans le pêché, dans l'interdit et maintenant qu'elle se rendait compte à quel point elle aimait ça, à quel point résister à la tentation était inutile face à un tel plaisir, Rose voulait aller plus loin, jusqu'au bout, jusqu'en enfer ça n'avait pas d'importance du moment que John l'y conduisait, quitte à la laisser aux portes car lui était et resterait un ange. Le dévorant, l'étouffant d'une passion qu'elle ne pensait pas ressentir, la jeune femme caressa les cheveux de John, se pressa contre lui, s'appropriant tout ce qu'elle pouvait atteindre de son corps, essayant inutilement de se faire une place dans son cœur alors qu'il ne lui appartenait plus, il était à Rachel. La jeune femme fronça les sourcils et intensifia son baiser. Non, elle ne devait pas y penser, pas maintenant, ce n'était pas le moment pour les regrets. Rose savait, elle le sentait très bien que peu importait tout les efforts qu'elle pourrait bien faire pour détourner l'amour de John ne serait-ce qu'une fraction de seconde, l'éteindre, elle n'y parviendrait pas, c'était impossible et inutile. A quoi bon ? Elle même ne savait pas si elle était capable d'amour. Elle n'y connaissait rien après tout. Les larmes aux yeux, Rose continua à embrasser John, essayant désespérément d'exister pour lui, ne serait-ce qu'un peu, tout en sachant que quoi qu'elle fasse, il penserait à une autre, une autre qui vaut mieux. Tellement mieux.

    Rendue intrépide par ce baiser, Rose se montra moins prude, l'embrassant toujours plus, savourant alors la chance qu'elle possédait d'être dans ses bras l'espace d'un instant. Tant pis, qu'il pense à elle, après tout Rose avait l'habitude d'être celle laissée en retrait et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Qui choisirait la Lune alors que Venus est visible ? Personne, pas même le Soleil. Rose regretta pendant chaque seconde que dura ce baiser sachant parfaitement qu'elle en souffrirait plus tard. Non pas parce qu'elle était en train de tomber amoureuse et qu'elle ne pourrait plus se conduire normalement avec John, non, mais parce qu'elle savait déjà qu'un seul et unique baiser ne sera pas suffisant pour être lassée, comblée. A cet instant, la jeune femme senti que toute une vie d'amour, de passion et de tendresse ne serait pas assez longue et elle était prête, s'il le fallait, à l'embrasser, lui faire l'amour jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus, jusqu'à ce qu'elle en meurt car seule la mort serait alors assez forte pour la pousser à quitter les bras de cet homme qui pourtant ne lui était pas destiné.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar

+ ID CARD
+ NOTEBOOK

MessageSujet: Re: ♦ Sweet Dreams ♦   Ven 24 Déc - 10:40

Embrace Me
PART THREE

Embrace me, a little longer my sweet.
Embrace me, and see if you won't ever leave.
Your goodbyes seem so unfair; so unkind.
Embrace me for my dreams.

Caress me, make this moment forever last.
And tell me, "troubled times have past."
Another day goes by; this longing is all I have...
Embrace me for my dreams.







    Rose étouffait, elle avait mal, elle était fiévreuse. Plus John se montrait tendre, plus elle souffrait et pourtant, un désire presque sadique la poussait à continuer, à en vouloir plus, comme un papillon qui ne peut s'empêcher de s'approcher des flammes. La jeune femme était désormais au sol, enlaçant cet homme qu'elle désirait comme on désire survivre, caressant ses cheveux, son dos, appréciant la moindre parcelle de son corps comme pour se rattacher à la réalité car oui, tout ça était bien réel ? Ou était-ce un rêve ? Si c'en était un, n'était-ce pas un cauchemar alors ? John saisit Rose par la nuque et lui donna un braiser brûlant, comme si son simple but était de la faire souffrir. Qu'est-ce qu'elle était en train de faire ? La jeune femme brune embrassait son amant tout en ayant envie de le frapper. Pourquoi était-il là ? Pourquoi ne lui avait-il pas dit non, pourquoi avait-il accepté alors que des deux, il était écrit d'avance qu'elle serait celle qui souffrirait ? C'était tellement évident. Quand ils sortiraient de ce placard, John retournerait avec Rachel, il l'aimerait et la chérirait tandis que Rose, auprès de qui retournera-t-elle ? Qu'aurait-elle à chérir à par le souvenir que trop faible d'un moment parfait ? Personne.

    S'imaginant seule, Rose se donna à John sans retenue, sans pudeur parce qu'elle voulait croire en cet instant, elle voulait croire qu'il serait éternel ou qu'elle mourrait assez vite pour ne pas à souffrir trop longtemps après qu'il soit achevé. La pièce qui était quelques minutes auparavant froide était totalement brulante, réchauffée par les deux corps en mouvement. Ils pouvaient être surpris à n'importe quel moment et pourtant, Rose s'en moquait, peu importait, qu'ils viennent, qu'ils ouvrent cette porte et les observent, il n'y avait rien de honteux à voir qu'une femme en mal d'amour cherchant comme elle pouvait à combler un vide cruel. Et d'un autre côté, Rose rêvait d'être enfermée, que jamais personne ne les découvre, ne jamais partager cet instant avec quelqu'un d'autre que John, cet homme si aimé de tous, si demandé, il était à elle à cet instant et dans son égoïsme, Rose ne voulait pas en perdre une miette. Rose pleura. Silencieusement tandis qu'elle était dans les bras d'un homme qui ne lui était pas sien, qui ne l'aimait pas. Qu'était-elle en train de faire ? Une belle connerie mais après tout, son cœur avait déjà été piétiné tellement de fois, à quoi bon essayer d'en prendre soin, autant s'en débarrasser une bonne fois pour toute et vivre la vie dans tous ses risques. Oui, courir au suicide les yeux et le cœur bandés. C'était peut être ça le secret.

    « Ah vous voilà ! » dit une de leurs amis présents ce jour là. Rose et John étaient de retour dans le hall où tout le monde avait été retrouvés sauf eux deux. La jeune femme leva les yeux au ciel en se disant que ce placard était la cachette la plus nulle qu'elle n'ait jamais vu et pourtant personne n'avait pensé à regarder – dieu merci étant donné la scène – à moins que ce soit parce qu'elle était tellement nulle que tout le monde s'était dit que personne ne serait assez stupide pour aller s'y mettre... « On dirait que vous avez gagné tous les deux ! » ajouta quelqu'un d'autre. Rose afficha un grand sourire qui n'avait pour but que de masquer sa peine. Presque immédiatement son premier réflexe fut de mettre de la distance entre elle et John. En réalité, bien qu'elle sourit et discute avec tout le monde, Rose se sentait mal, très mal. A la fois sale et honorée. C'était une sensation particulière et douloureuse. Quand elle ne parlait pas, que ses pensées se dirigeaient vers Rachel ou leurs amis ici présents, Rose avait honte, tellement honte de ce qu'elle venait de faire qu'elle voulait en crever. C'était interdit, c'était mal, et pourtant, quand elle croisa le regard de John et qu'il lui sourit elle se senti un peu mieux. Pour finalement empirer. Il pouvait sourire, lui retournerait dans les bras de l'amour de sa vie dès l'instant où elle serait rentrée mais elle, Rose, que deviendrait-elle ? L'erreur ? L'expérience ? La fille de passage ? Le regret ? L'amie ? Aucun de ces statuts ne lui convenait, ils étaient tous aussi cruels les uns que les autres. Et leurs amis ? Comprendraient-ils ? Non, c'était impossible, tous prendraient parti pour Rachel et Rose deviendrait alors la traitresse, l'impure.

    Beaucoup de gens pensaient de Rose qu'elle était une femme forte, capable d'encaisser des coups plus douloureux les uns que les autres les épaules droites, le regard porté vers l'avant. Néanmoins, la jeune femme brune ne se considérait pas comme forte, loin de là. C'était une illusion, comme les nombreux sourires rayonnants qu'elle affichait à cet instant, les grands éclats de rire communicatifs qui n'avaient pour but que masquer sa souffrance. Comment faisait Rose pour se remettre de ses coups ? Très simplement en réalité, elle emprisonnait sa peine. Elle était là, quelque part, frappant son cœur de l'intérieur, le rongeant tel un acide et pourtant la jeune femme luttait avec elle même, elle le renfermait, l'étouffait, essayant d'éteindre un feu de passion que trop dévorant. Oui, c'était elle que l'on appelait la femme forte alors que Rose ne faisait rien d'autre que fuir la réalité en la masquant. Est-ce vraiment de la force ? La jeune femme en doutait. Cependant c'était utile et bien plus efficace que de se contenter de pleurer comme une enfant sur son propre sort. Ce fut pourquoi, après un moment, quand les hurlement de son cœur périrent avec ses désires les plus interdits, Rose retrouva enfin l'envie de sourire pour de vrai. C'était comme si « l'évènement dans le placard » ne s'était jamais produit, comme si elle et John n'avaient jamais été rien d'autre que des amis mais c'était faux, c'était un mensonge de plus.

    Bercés par l'illusion agréable d'une amitié toujours aussi parfaite, Rose et John retrouvèrent une attitude tout à fait naturelle, du moins en apparence. Pris par l'ambiance de l'esprit de groupe, les deux jeunes gens se mirent à se chamailler, se taquiner si bien que dans de grands éclats de rire raisonnant dans toute la maison, Rose se mit à courir, poursuivie par John qui riait tout autant. Lorsqu'il parvint à remettre la main sur elle, ils étaient à nouveau à l'écart dans un couloir. John saisit Rose par la taille et la souleva comme une sorte de sac à patate tandis qu'elle libérait sa joie, son envie de rire, de survivre à sa peine. « Ahahah ! John ! Arrête ! Tu me chatouilles ! Arrête ! » hurla-t-elle de rire avant de se retourner face à lui, le touchant avec toute l'amitié et l'innocence du monde. Cependant c'était plus fort qu'elle. Alors que la jeune femme se retrouva face à lui, elle avait agit avant même de comprendre qu'elle en avait envie si bien qu'une fraction de seconde plus tard, elle était contre ce mur, embrassant John avec une tendresse désespérée, une passion pathétique. Le silence était revenu et pourtant les oreilles de Rose étaient assourdies par les hurlements de son cœur. C'était comme si dès l'instant qu'il l'eut touchée, toute la souffrance que Rose était parvenue à étouffer était revenue à la surface, l'inondant d'un amour interdit, de désires illégitimes.

    La jeune femme soupira avec ce qui aurait pu être de la peine, ce qui était le cas en réalité. Mettant fin brusquement au baiser, elle repoussa John et tourna les talons en direction de la salle de bain, une main sur la bouche l'autre prenant doucement appui sur le mur alors qu'elle ne tenait plus vraiment droit. La salle de bain. L'endroit parfait pour les filles perdues qui désirent se retrouver et mettre les idées au clair. Pourquoi ? Aucune idée. Rose avait toujours su que lorsqu'elle avait besoin de réfléchir, c'était dans ce genre de pièce qu'elle se rendait. La jeune femme entra et ferma la porte à clé derrière elle. Une main sur la poignée, elle resta figée tandis qu'elle entendait les pas de John de l'autre côté. « Rose ? » demanda-t-il simplement. Au son de sa voix la jeune femme brune retint une exclamation de douleur. C'était comme si en parlant, il lui avait mit un violent coup de poing en pleine poitrine, la faisant suffoquer, perdre la vue une fraction de seconde. Rose avala sa salive et prit la parole, la voix tremblante par des larmes naissantes. « Pars. Laisse moi. Je... J'arrive. » dit-elle maladroitement. Il y eu un silence pendant lequel la jeune femme attendit, la main toujours sur la poignée que son ami parte. Quand elle entendit ses pas, elle recula brusquement comme brûlée et posa les mains sur l'arrête de son nez, le visage ruisselant de larmes brûlantes.

    Fixant la porte comme si ce n'était plus simplement une pièce de bois mais le visage de John, de Rachel la jugeant, Rose pleura. Elle était blanche, simplement, et pourtant la jeune femme pouvait y lire très distinctement « traînée ». Rose eu un sanglot violent et détourna le regard, une main portée sur son ventre d'où elle sentait monter une nausée désagréable. Elle détestait pleurer, c'était douloureux. Sa tête lui faisait mal, ses yeux et ses jouent brûlaient, elle avait chaud, et pourtant c'était incontrôlable, comme ce qu'elle ressentait pour John. Reniflant, se passant une main dans les cheveux pour avoir moins chaud, la jeune femme s'assit sur le rebord de la baignoire, les coudes sur les genoux et attendit de pouvoir se ressaisir. C'était injuste. C'était stupide. Pourquoi se mettre dans de tels états alors qu'il n'y avait rien à espérer ? Rose elle même savait qu'elle n'attendait rien de John et pourtant la souffrance était toujours là, mais par dessus tout la honte de la trahison. Ses jambes se mirent à trembler violemment tandis que la jeune femme mit son visage dans ses mains, pleurant comme elle n'avait pas pleuré depuis des années, comme une enfant. Tout ça, c'était sa faute. Elle avait demandé ce baiser et l'avait eu. Si elle n'était pas contente, c'était pareil. Et le pire dans tout ça, était que Rose commençait à être en colère contre John alors que lui n'avait rien demandé. Comment pouvait-on lui en vouloir ? Un ange tel que lui ?

    Prise par une brusque montée de honte, Rose se redressa d'un coup, ignorant le vertige qui s'en suivit et se mit face au miroir, observant son reflet. Son visage était gonflé et rouge, tout le monde verrait qu'elle avait pleuré. Après avoir soupiré, la jeune femme ouvrit le robinet d'eau froide et se mouilla le visage encore et encore, rafraîchissant ses traits, nettoyant ses craintes et ses hontes. Tremblant encore légèrement, elle se regarda à nouveau et se força à sourire. Pas terrible. Il faudra qu'elle fasse mieux devant les autres. Rose soupira pour se donner du courage et quitta la salle de bain, le visage sérieux. Cependant, quand elle retourna dans le salon, auprès de ses amis, son sourire était rayonnant. Seul John devina ce qui s'était passé dans cette salle de bain. Lui comprit que Rose, la femme forte et rayonnante avait craqué mais que par pudeur, elle l'avait fait seule, loin des regards même les plus amicaux.

    Comme à chaque fois, Rose s'éloigna le plus possible de John et évita de croiser son regard de peur de s'énerver, de pleurer ou de tomber amoureuse tout simplement. Un baiser ça ne veut rien dire. C'est ça ouais. Évidemment que ça veut dire quelque chose, peu importe la raison pour laquelle il a été donné ou prit. Un baiser créé un lien entre deux personnes, il les unit d'une manière qu'eux seuls connaissent formant alors un souvenir unique et précieux dont le parfum se retrouve dans le moindre de leurs regards même les plus inoffensifs. Rose avait échangé un baiser avec John et maintenant ils étaient liés. Elle le regrettait d'ailleurs car savait que ce lien n'avait de force que pour elle. On ne peut jamais revenir à une simple amitié lorsque l'on a embrassé quelqu'un pour différentes raisons. Soit parce que ce fait à éveillé une plus grande curiosité, soit parce qu'il a confirmé des sentiments redoutés, soit parce qu'il ouvre une voie vers des possibilités jusque là inimaginables. Pour Rose, les trois cas s'étaient matérialisés à la fois. C'était pire que tout en fait. Pourquoi n'était-elle pas simplement restée curieuse, intriguée et partie sans savoir, se contentant d'imaginer ? Pourquoi avait-elle cherché à obtenir une réponse ?

    « Bon, on y va moi j'ai faim ! » lança une amie en se levant suivie de tout le groupe. Rose sourit et attendit que tout le monde soit levé pour en faire de même. La jeune femme avait autant envie d'être en leur compagnie que d'être seule, de pleurer comme de rire. Ces paradoxes étaient totalement conditionnés par le fait qu'elle ne sache pas si elle voulait être avec John ou non, l'embrasser ou lui crier dessus. Comme si c'était sa faute si elle était attirée par lui. Le regard se perdant par la fenêtre, la jeune femme se leva doucement, pensant être seule dans la pièce mais ce n'était pas le cas. « Tu viens ? » lui demanda John comme s'il avait peur qu'elle ne le suive plus, qu'elle lui en veuille. En entendant sa voix, Rose ferma les yeux avec dignité et redressa les épaules. Finalement elle le regarda et sourit. Il était toujours son ami et ce peu importe ce qui s'était passé ou non. Si elle avait pu étouffer sa tristesse, elle étoufferait son désire jusqu'à ce qu'il agonise et en meurt.

    « J'arrive » dit-elle le visage rayonnant et le cœur en deuil.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar

+ ID CARD
+ NOTEBOOK

MessageSujet: Re: ♦ Sweet Dreams ♦   Lun 17 Jan - 18:32

Teardrops On My Guitar
PART FOUR

Drew looks at me, I fake a smile so he won't see
That I want and I'm needing everything that we should be
I'll bet she's beautiful, that girl he talks about
And she's got everything that I have to live without

Drew talks to me, I laugh cause it's so just funny
That I can't even see anyone when he's with me
He says he's so in love, he's finally got it right,
I wonder if he knows he's all I think about at night









    Rose n'arrivait pas à dormir ce soir là, bien qu'elle se sente épuisée. Tournant encore et encore dans ses couvertures, la jeune femme finit par pousser un soupire exaspéré et légèrement colérique. Elle n'en pouvait plus des contrariétés qu'elle ressentait. Elle avait envie de rire, de pleurer. D'être avec quelqu'un, de rester seule. De frapper, d'être consolée. De dormir, de bouger. Un véritable casse tête. Rose avait beau fermer les yeux dans l'espoir de trouver le sommeil, son cerveau ne cessait de fonctionner encore et encore, de se souvenir de choses qu'elle voulait oublier, de lui faire ressentir des sentiments aussi cruels que l'amour ou la culpabilité. La jeune femme changea brusquement de position, exprimant physiquement son malaise interne. Les yeux grands ouverts dans le noir, elle se mit à penser à John quelques pièces plus loin. Rachel était rentrée en fin de journée et évidemment, dès l'instant que la jeune femme avait mit les pieds dans le domaine, il n'y avait plus qu'elle au monde. Rose eu un sourire triste. Le plus surprenant étant qu'elle n'était même pas jalouse.

    Sentant qu'elle ne parviendrait pas à trouver le sommeil, Rose souleva ses couvertures et entreprit de sortir de sa chambre, marcher un peu dans les couloirs, se dégourdir les jambes, essayer de fuit sa culpabilité du mieux possible. Aussi silencieuse qu'elle le pu, la jeune femme ouvrit la porte de sa chambre et marcha sur le carrelage froid sur la pointe de ses pieds nus. C'était le calme total, le genre de ceux qui sont aussi rassurant qu'inquiétant. La douce lumière bleuté de la nuit éclairait certaines pièces aux volets encore ouverts donnant presque à la maison une ambiance féérique et poétique. Si Rose n'avait pas autant eu envie de se frapper, elle aurait pu apprécier cette vision. Finalement la jeune femme se rendit jusqu'au balcon de la bibliothèque et profita de l'air frais de la nuit. Au bout de quelques minutes elle eu froid et regretta de ne pas être plus couverte. Avec un peu de chance elle mourrait ici même et n'aurait pas à subir le poids de sa culpabilité plus longtemps. Rose eu un sourire triste, elle devenait ridicule. Une part d'elle avait autant envie de se punir de ce qu'elle avait fait qu'une autre qui ne cessait de crier que ce n'était pas si dramatique. Peut être que cette partie avait raison ? Peut être que cette histoire deviendrait un doux souvenir rendu presque irréel au fil des années, comme le lendemain d'un rêve particulièrement agréable ?

    « Rose ? » demanda une voix douce. La jeune femme en question se tourna brusquement et vit nulle autre que Rachel qui se tenait dans l'entrebâillement de la porte du balcon. Pendant une seconde, Rose envisagea sauter dans le vide.
    « Rachel, tu ne dors pas ? » demanda-t-elle d'une voix trop détendue pour être naturelle. Rachel se tenait là, élégante, magnifique et tandis qu'elle la regardait, Rose ne pouvait s'empêcher de la trouver à chaque fois plus exceptionnelle. Elle était tout ce qu'elle rêvait être, tout ce qu'elle ne serait jamais, tout ce qu'elle n'essayerait jamais de devenir parce qu'elle ne s'en sentait pas digne. Rachel vint s'appuyer contre le rebord du balcon et resta silencieuse dans la nuit fraîche. Honteuse, Rose détourna le regard et n'engagea pas la conversation. Pour dire quoi, après tout ? Elle appréciait bien trop la jeune femme pour lui mentir encore plus, pour s'enfoncer dans sa trahison. Cependant, alors que Rose envisageait inventer une excuse pour partir, fuir cette femme trop parfaite, cette dernière prit la parole.

    « Il me l'a dit, tu sais » dit-elle simplement toujours en regardant droit devant elle, l'air paisible. Rose senti le moindre de ses muscles se tendre, sa bouche se dessécher et son cœur s'emballer. Et pourtant, le plus douloureux à supporter fut le poids de la culpabilité qui pesait sur son estomac. Que dire ? Que faire ? Mentir ? Avouer ? Rose n'était capable ni de l'un ni de l'autre. Honteuse, elle baissa les yeux et garda le silence. Attendant que l'orage ne s'abatte sur elle. « Je suis désolée. Pour toi » dit finalement Rachel en se tournant vers Rose. La jeune femme brune leva les yeux à son tour et la regarda comme si c'était la première fois, perplexe. Qu'était-elle en train de dire ? Etait-ce une menace ou était-elle vraiment désolée ? Désolée de quoi ? Qu'avait dit John pour que Rachel parle ainsi ? A moins qu'elle ne soit pas du tout au courant pour « l'épisode du placard » et que Rose avait manqué de se vendre bêtement.
    « De quoi tu parles ? » demanda Rose, perplexe, qui préféra éclaircir la situation avant de prendre le risque d'en dire trop. Rachel eu un sourire indulgent et détourna à nouveau le regard vers l'horizon, étrangement calme et magnifique.
    « Ce que vous avez fait. Il me l'a dit. » répondit-elle d'une voix douce.

    La jeune femme brune manqua de perdre l'équilibre. Il lui avait dit ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Pourquoi ? Mais Rose se souciait avant tout du jugement de Rachel et non pas de celui de John. Elle avait honte vis-à-vis de la femme dont elle avait désiré l'homme. C'était uniquement ce qui comptait et le regret était si lourd, si acide que la douceur du moment passé dans les bras de John sembla soudain insignifiante. Rose nota que Rachel n'avait pas donné de nom à sa trahison. Elle et John, qu'avaient-ils fait ? Couché ensemble ? Fait l'amour ? Baisé ?
    « Écoute Rachel... Je suis désolée et je comprendrais si tu avais envie de m'en coller une là maintenant ou... ou me balancer du balcon ! » s'excusa Rose en perdant de plus en plus son calme. Sa bouche était tellement sèche et sa tête lui faisait mal. Étrangement, Rachel perdit son sourire paisible et regarda Rose comme si elle ne comprenait pas pourquoi elle se sentait aussi mal. Pourquoi devait-elle être si belle, si grande, si élégante ? Si adorable !
    « Qu'est-ce que tu racontes! Je ne vais pas te frapper... Je te l'ai dit, je suis désolée pour toi » reprit la jeune femme avec une douceur anormale si bien que Rose osa imaginer qu'elle risquait vraiment de se faire tuer dans son sommeil. Comme le calme avant la tempête.
    « Attends... John t'avoue la vérité et tout ce que tu trouves à me dire c'est que tu es désolée pour moi ? » demanda Rose dans un éclat de rire sans joie. Elle n'en revenait pas. Rachel ne pouvait pas être aussi bonne, aussi généreuse et compréhensive. La jeune femme aurait du crier, frapper, menacer, pleurer, faire quelque chose !

    Cette dernière soupira doucement et baissa les yeux, comme si la coupable ici, c'était elle. Rose n'osa pas parler, attendant la suite. Rachel se passa une main dans les cheveux et regarda à nouveau à l'horizon avant de croiser les bras sur sa poitrine et respirer profondément. Ce fut avec calme et tristesse qu'elle poursuivit. « Je suis désolée pour toi parce que tu es celle qui devra vivre avec un sentiment de honte toute sa vie. Personne ne mérite ça. Du moins pas les gens assez biens pour culpabiliser. » Rose ouvrit la bouche pour parler mais finalement elle eu un éclat de rire. La jeune femme pencha la tête en arrière, comme si c'était une bonne blague cette histoire. Rachel la regarda d'un air désolé agaçant. Rose eu envie de réagir de différentes façons. Pleurer, demander pardon, la remercier de son indulgence mais aussi crier, l'insulter, lui dire des choses méchantes qui pourraient la pousser à bout, la rendre moins compréhensive et aimante.

    « J'en reviens pas... » dit Rose à voix basse toujours en souriant et secouant légèrement la tête. Elle se sentait toujours aussi mal sauf que maintenant elle tremblait de colère et de froid. « Il te dit la vérité et c'est tout ce que trouves à me dire ? » demanda-t-elle en souriant toujours sans savoir pourquoi. Peut être pour ne pas pleurer. Elle non plus n'arrivait pas à donner un nom à ce qui s'était passé entre elle et John, ni même à prononcer son prénom, comme si ce simple fait était une preuve de leur intimité trop poussée.
    « C'est ce que je pense. Tu aurais préféré que je fasse quoi ? Que je pleure ? Que je cris ? Que je t'insulte ? » répliqua Rachel avec toujours cette même douceur et maturité à la fois magnifique et absolument énervante.
    « Ouiii ! » s'exclama Rose avec vigueur. « Enfin j'en sais rien ! C'est le minimum dans ce genre de cas, non ?! Tu devrais être en colère ! Tu devrais être jalouse ! M'insulter ! Réagir comme quelqu'un de normal en fait ! Tu ne peux pas être aussi parfaite... » acheva Rose qui souriait encore – ça devenait pathétique – et qui avait les larmes aux yeux. Non, Rachel ne pouvait pas être aussi généreuse, elle devait cacher son jeu, elle devait refouler ses émotions c'était forcé. Parce qu'à cet instant, la jeune femme brune était certaine qu'à la place de Rachel, elle aurait arraché la tête de John et réduit en bouillie la slut qui avait osé toucher à l'amour de sa vie. Mais Rachel se contentait de rester calme, ouverte au pardon et magnifique. Rose détourna le regard, elle la détestait d'être aussi formidable. Crier aurait été tellement plus supportable.

    Le silence s'installa tandis que Rose retenait ses larmes en vain, elles étaient là et pour longtemps étant donné sa culpabilité. Pendant deux secondes elle eu peur que Rachel ne la prenne dans ses bras et la console. Non là ça aurait été la meilleure de l'année, sérieusement. Elle sécha ses larmes refusant tout de même de partir. Rose avait besoin de se justifier, de demander un pardon qui lui avait été accordé d'avance. C'était d'ailleurs ça qui l'agaçait, être ainsi pardonnée comme si ce qui c'était passé avec John ne comptait pas, n'avait aucune valeur. Car pour Rose, ça en avait. Beaucoup trop même. « Je ne vais pas te frapper... t'insulter ou même être jalouse... » reprit doucement Rachel avec un léger soupire et la voix tellement calme, tellement tendre que Rose se senti violente. « Il m'aime. Je n'ai aucune raison d'être jalouse. » ajouta-t-elle simplement en regardant Rose avec un petit sourire triste. Il n'y avait rien de méchant dans sa voix, dans son regard ou sa posture. Elle disait simplement ce qu'elle pensait, ce qui était vrai. Rose eu un nouvel éclat de rire et ce fut le visage rayonnant qu'elle regarda Rachel.
    « Tu te trompes. Tu viens justement de m'insulter. Et tu ne pouvais pas être plus cruelle... » dit-elle en souriant et pleurant à la fois, d'une voix presque brisée. Voilà pourquoi Rachel ne lui en voulait pas, elle ne considérait pas Rose comme une menace pour son couple, pas de danger, pas de quoi s'affoler. Quelqu'un d'autre aurait pu se sentir rassuré et s'en moquer, après tout elle avait fait une bêtise et s'en sortait sans punition. Mais pas Rose. Pas avec sa fierté. Que Rachel ne ressente pas le moindre danger venant d'elle était la pire chose qu'elle puisse faire, la pire réaction.

    Rose leva les yeux au ciel, souriante, encore amusée par ce que Rachel venait de lui dire. Cette dernière n'avait cependant pas l'air joyeux, loin de là. Elle semblait souffrir. Les sourcils froncés et les bras toujours croisés sur sa poitrine, elle regardait Rose pleurer silencieusement bien que sur sa bouche se dessine un large sourire désabusé. « En fait, tu as raison d'être désolée pour moi. » dit finalement Rose d'une voix calme en perdant cependant son sourire. Elle resta face à Rachel quelques secondes pour voir si elles en avaient terminé là. La jeune femme n'ajoutant rien, Rose se rendit jusqu'à la porte du balcon. Alors qu'elle partait, elle ajouta « Je regrette quand même ce que j'ai fais. Vraiment. » puis, sans rien ajouter, Rose se mit en route en direction de sa chambre, désirant mettre le plus de distance possible entre elle et la perfection. La réaction de Rachel avait été pire que tout mais désormais les cartes étaient sur table. Rose pourrait repartir en ayant pour seule compagnie la honte et non la culpabilité d'avoir mit en danger un couple heureux. Elle fut cependant incapable de dire ce qui était pire.




Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



+ ID CARD
+ NOTEBOOK

MessageSujet: Re: ♦ Sweet Dreams ♦   

Revenir en haut Aller en bas
 

♦ Sweet Dreams ♦

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» ♬ ♪ Sweet Dreams [Sacha] [x]
» [1750] sweet dreams[Adrix]
» Sweet dreams are made of you ♦ Dalia
» Sweet dreams always burn - Alpina Docharty
» (Tear) sweet dreams are made of this.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
unbreakable vow :: LET'S PLAY :: V1 :: Galeries :: OS et fanfictions-