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 OS - Losing grip

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Arthur B. Thornfield
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MessageSujet: OS - Losing grip   Mer 19 Jan - 23:11


Family portrait - P!nk

    Londres. 20 Septembre 1998.

    Arthur n'était même jamais venu ici. Les gens auraient pu trouver ça étrange que le jeune homme n'ait jamais vu la tombe de sa propre soeur, mais pour Arthur ça n'avait rien d'exceptionnel. Elle était morte en 1993, il était encore à Poudlard à cette époque là.

    Un frisson le parcourut et il enfouit ses mains dans les poches de son jean en continuant à avancer dans le cimetière. Il n'était pas près d'oublier cette année là.

    --

    Poudlard. 29 Novembre 1993.

    Arthur était en 5ème année mais contrairement aux autres élèves, il prenait l'année à la légère. Ça faisait plus de six mois que Spencer s'était fait arrêter - le con - et Cillian, son fils, était né cet été là.

    À l'époque, non seulement Arthur n'avait pas eut beaucoup de temps à passer avec son neveu mais en plus, il n'en avait eut aucune envie. Les mômes, très peu pour lui.

    « Mr Thornfield ! Vous pouvez venir me voir une minute s'il-vous-plait ? » C'était la voix de Mme Chourave, la responsable de sa maison. C'était étrange de la voir se promener dans les couloirs de Poudlard et sans être recouverte de terre et d'engrais de la tête au pied.

    « Bien sur. » Arthur, qui n'avait jamais aimé porter de robe de sorcier, se changeait dés qu'il le pouvait. Les professeurs lui avaient souvent fait des remarques sur ses jeans et ses t-shirt mais Arthur n'avait jamais changé ses habitudes. Il s'était attendu à ce que Mme Chourave l'ai appelé pour lui parler de ça. Ou bien de la petite expérience qu'il avait organisé en cours de botanique le matin même. (NB : Les Mimbulus Mimbletonia deviennent vraiment agressives quand on s'amuse à rajouter du whisky pur feu dans leur engrais...).

    Il se rapprocha en tout cas de son professeur principal de la même démarche indolente et insouciante que toujours et s'arrêta quand il fut à sa hauteur. La jeune femme semblait perplexe et se grattait le haut du crâne, comme si elle essayait de résoudre une équation particulièrement dure, en tenant une lettre à la main. Arthur crut halluciner en voyant des timbres sur l'enveloppe. Mais qui serait assez con pour envoyer une lettre par la poste moldue à Poudlard ?! Oh...

    Ohoh.

    « Ils sont fascinants ces moldus... » Arthur releva les yeux vers son professeur et lui lança un regard qui signifiait clairement j'ai-pas-toute-la-soirée-tu-vas-me-la-donner-cette-putain-de-lettre-oui. Mme Chourave sembla comprendre le message et lui tendit l'enveloppe en expliquant rapidement : « Elle a été envoyée par la poste moldue. Ils ont du halluciner en voyant l'adresse, enfin une sorcière travaillait là-bas et elle a eut la gentillesse de la faire suivre ici. »

    Arthur soupira, c'était désespérant d'avoir des parents comme ca. Il hocha la tête d'un air réprobateur en lisant le libellé de l'enveloppe 'Arthur, Poudlard, UK'. Il ouvrit l'enveloppe sans faire attention à Mme Chourave qui s'éloignait lentement. Il en sortit une lettre, ou plutôt un petit mot.

    Ta soeur a eut un 'accident'. Elle est à l'hôpital.

    --

    La pluie commença à tomber. Une petite bruine. On était en plein milieu de semaine et pourtant le cimetière n'était pas vide. Ça devait être le temps maussade qui encourageait les gens à se recueillir au lieu d'aller bosser.

    Il fallait aussi dire qu'il y avait beaucoup de vieux. Logique, les uns étaient enterrés ici et les autres étaient à la retraite. Arthur continua à avancer en trainant des pieds.

    --

    « Poussez-vous de là ! Vous voyez bien que je veux sortir ! » Arthur avait beau adorer le métro londonien, il détestait avoir à jouer des coudes pour sortir. Il réussit à atterrir sur le quai et un ou deux jurons plus tard, il était dans les escalators pour sortir de la station.

    Il était allé harceler Dumbledore dans son bureau jusqu'à être autorisé à quitter Poudlard pour un ou deux jours. Il avait prit un train à Pré-au-Lard direction Londres. Le plus dur avait été de trouver l'hôpital. Ses parents ne lui avaient indiqué aucune adresse parce qu'ils n'avaient pas prévu qu'il vienne. Arthur n'avait pas été assez naïf pour aller à Ste Mangouste. Si ses parents refusaient d'envoyer des lettres par hiboux, ils n'auraient certainement pas envoyé leur fille dans un hôpital sorcier.

    Arthur avait finit par se souvenir de l'hôpital où il était allé quand il s'était cassé la jambe étant petit, ainsi que sa mère pour ses deux accouchements. C'était aussi là-bas que Cillian était né. Arthur ne pouvait pas envisager qu'Ariane ait été admise autre part. Il pénétra à l’intérieur du bâtiment et se dirigea vers le guichet qui servait d’accueil aux patients et visiteurs.

    « Ariane Thornfield. » Il était pas là pour faire la conversation. La jeune femme à l’accueil lui jeta un regard curieux. Elle semblait se demander si c’était lui qui s’appelait Ariane. Arthur faillit lui en coller une pour lui remettre les neurones en place. Quand la jeune blonde lui indiqua enfin la chambre, Arthur prit les escaliers pour monter au deuxième étage et débarqua dans le couloir. La première chose qu’il vit fut ses parents au fond du couloir entrain de parler à un médecin.

    « Est-ce qu’elle… » Il se stoppa en plein milieu du couloir. Ni ses parents ni le docteur ne l’avait encore entendu ni vu. Arthur sentit son corps et son cœur se glacer en voyant le médecin baisser doucement les yeux et secouer la tête en signe de dénégation. Arthur avait vu trop de séries médicales et ne croyait plus à sa bonne étoile depuis trop longtemps pour ne pas comprendre ce que ça signifiait. Il resta figé dans le couloir pendant quelques secondes et quand il vit le docteur s’éloigner de ses parents et prendre sa direction dans le couloir, son premier réflexe fut de se plaquer dos au mur pour que ses parents ne l’aperçoivent pas. Les portes en plein milieu du couloir le camouflait facilement et c’était tant mieux parce qu’Arthur avait l’impression que ses membres ne répondaient plus. Il avait encore la bouche entrouverte et les gens le regardaient encore plus curieusement que d’habitude.

    Il s’en fichait. Royalement. Il essaya de se reprendre, ne serait-ce que pour comprendre un peu ce qui venait de se passer. Sa sœur, Ariane était… Il n’arrivait pas à le dire ni même à le penser. Il préférait faire comme si ce n’était jamais arrivé. Ça ne pouvait pas être arrivé. Elle n’avait qu’une petite vingtaine d’année et elle venait d’avoir un enfant et… Et c’était sa sœur. C’était la seule personne qu’il réussissait à supporter dans sa famille et il ne pouvait même pas envisager de ne plus jamais la voir rire, ou même pleurer, ou même lui hurler dessus et pourquoi pas lui en coller une. Il avait même l’impression que leurs disputes lui manquaient…

    Il déglutit avec difficulté et se rendit compte qu’il était assis par terre. Ses jambes l’avaient probablement lâché.

    --

    Arthur s’arrêta en plein milieu du chemin pour sortir une cigarette et son briquet. De toute façon, ce n’était pas ici qu’il risquait de rencontrer des gens spécialement pressés alors il ne risquait pas de gêner qui que ce soit. Il alluma sa cigarette et prit une bouffée avant de soupirer doucement. Il rangea son briquet et son paquet de clopes avant de recommencer à marcher.

    Ses cheveux étaient à présents bien humidifiés par la pluie et quelques mèches retombaient devant ses yeux. Il aplatit ses cheveux en arrière tout en continuant à scruter les inscriptions sur les tombes. Il en vit quelques-unes décorés un peu plus loin et eut le sentiment d’approcher du but.

    Arthur connaissait assez bien ses parents pour savoir qu’ils prendraient soin à toujours rendre la tombe de leur fille présentable. Ils avaient une ‘réputation’ à tenir. Que diraient les gens s’ils ne venaient pas au moins de temps en temps changer les fleurs ?

    --

    Arthur avait sentit sa respiration se faire un peu plus courte. Il avait fermé totalement son esprit au monde extérieur et il essayait de se concentrer sur quelque chose de simple pour ne pas avoir à penser à ce qui venait de se passer. Il étudia en long en large et en travers les motifs au plafond ainsi qu’au sol (c’étaient des croix blanches et grises alternées) et regarda les patients et le personnel hospitalier traverser le couloir pendant une bonne demi-heure. Finalement ses parents passèrent aussi et même si Arthur n’avait pas tourné la tête pour se cacher au mieux, il était sur qu’ils l’auraient loupé.

    Arthur les entendit parler de Cillian. Il crut entendre le nom de Spencer mais il préféra penser avoir juste halluciné. Comme quand il eut l’impression que sa mère n’avait pas pleuré. Il savait que sa mère pouvait se montrer froide comme la pierre mais il espérait encore qu’elle était assez humaine pour pleurer la mort de sa fille.

    Arthur, lui, avait déjà les yeux rouges.

    --

    Arthur s’arrêta finalement devant une tombe en marbre gris. Un bouquet de fleur était posé dessus et dessus était gravé clairement l’inscription suivante :

    Ariane THORNFIELD
    1970 – 1993

    Arthur sentit son souffle se couper dans sa poitrine quelques secondes et il regarda autour de lui. Il avait quasiment l’impression d’être prit en faute à venir ici après toutes ces années. Ou alors peut-être que c’était d’avoir entendu que Spencer pourrait bientôt être libéré de prison qui l’avait fait se sentir… Coupable. Des souvenirs peu reluisants lui revenaient en mémoire mais il les chassa de son esprit.

    Bientôt suivis par d’autres, moins honteux peut-être, mais bien plus douloureux.

    --

    Après que ses parents soient partis, Arthur se releva finalement et se dirigea vers la chambre que lui avait indiquée la dame de l’accueil. Peut-être avaient-ils déjà enlevé le corps… Il se mordit la lèvre inférieure jusqu’à saigner quand il commença à se demander si ce ne serait pas mieux comme ça.

    Il entra doucement et referma la porte derrière lui, évitant soigneusement de tourner les yeux vers la silhouette étendue sur le lit. Il déglutit et se rapprocha, les yeux rivés sur le sol. Blanc-gris-blanc-gris… Il posa sa main sur la couverture du lit sans oser relever les yeux. Il avait peur de ce qu’il allait bien pouvoir voir. Un accident… Ça pouvait bien tout couvrir depuis un accident de voiture à s’être fait dévorer par un alligator. Peu probable à Londres, certes, mais ce n’était qu’un exemple…

    Au fond, il savait bien ce qui était responsable de la mort de sa sœur. Il n’en avait pas douté une seule seconde. Il n’était pas aveugle au point de ne pas avoir remarqué l’attitude étrange de sa sœur quand il l’avait vu pour les vacances précédentes. Mais il avait presque prit ça dans le sens positif de la chose, ils étaient deux dans la même merde comme ça. Ils auraient pu se soutenir au lieu de… Il renifla en relevant finalement les yeux vers le corps de sa sœur.

    Elle était pâle. On aurait dit un fantôme. Si Arthur n’avait pas déjà su qu’elle était morte, il aurait eut peur pour sa santé.

    Il rigola nerveusement. C’était ça le genre de conneries qui lui passaient par l’esprit maintenant ? Mais putain c’était quoi son problème sérieusement ? Sa sœur était là, sous ses yeux, étendue morte sur un putain de lit d’hôpital et lui il plaisantait ? Il ne savait pas s’il ressentait plus de la culpabilité, de la haine ou du chagrin à l’état pur. Le mélange des trois était en tout cas douloureux. Il sentit ses jambes fléchir légèrement sous son poids et commencer à trembler. Il tendit le bras vers la fiche médicale de sa sœur qui était accrochée en bout de lit. Tout pour ne pas avoir à regarder son visage et son corps dans cet état. C’était à chaque fois plus douloureux de réaliser qu’elle n’était bel et bien plus vivante, que son cœur s’était arrêté de battre.

    Il laissa retomber sa feuille de soin par terre et se réfugia dans les toilettes de la chambre. Une nausée incontrôlable l’assaillit soudainement et il resta bien agenouillé devant la cuvette pendant deux minutes. Il essuya rapidement ses lèvres avant de se rendre compte qu’il était quasiment aussi blanchâtre que sa sœur… Il ramassa la feuille et la remit en place.

    Il se maudissait d’avoir vu juste. Un accident, mon cul ouais. Depuis quand les suicides comptaient-ils comme des accidents ?

    Ce n’était pas marqué en toute lettre sur la feuille, mais aux yeux d’Arthur, c’était tout comme. On ne mourrait pas d’overdose par pur accident. C’était un appel au secours que personne n’avait écouté. Et lui, il n’avait pas su l’aider non plus. S’il n’avait pas juste vomi tout ce qu’il avait avalé depuis deux jours, il se serait probablement encore senti nauséeux. Au lieu de ça, il se sentait juste vidé, comme si on venait de lui arracher une petite partie de lui-même, une petite partie de sa vie.

    Il caressa doucement la joue de sa sœur. Elle était froide et dure comme la pierre. Il renifla une dernière fois et essuya ses yeux, désormais complètement rouges. Il sortit de la chambre puis de l’hôpital sans regarder en arrière.

    --

    Arthur releva les yeux et regarda autour de lui. Il était censé faire quoi exactement ? Il observa les gens dans le cimetière et essaya de déterminer ce qu’il était convenable de faire quand on venait se recueillir. Il se doutait que danser nu enroulé dans du jambon ne l’était pas, mais ça ne l’aidait pas particulièrement.

    Se recueillir. Est-ce que ça voulait dire qu’il devait penser à sa sœur, pleurer un bon coup, caresser sa tombe, changer les fleurs dessus et s’en aller pour reprendre sa vie comme si de rien n’était. C’était ça qu’on attendait de lui ? Il n’en savait rien.

    Alors il se contenta d’attendre en silence pendant quelques minutes.

    --

    Arthur ne retourna pas à Poudlard avant une petite semaine. Il n’alla pas non plus chez ses parents. Après tout, ils n’étaient même pas au courant qu’il devait revenir. Ils avaient probablement envoyé un autre de leur magnifique petit mot pour lui annoncer la mort de sa sœur sans lui donner la date et l’heure de son enterrement. L’école de magie, quant à elle, avait probablement envoyé un courrier par hibou à Mr et Mme Thornfield mais Arthur savait qu’ils n’ouvraient jamais les lettres reçues par hibou.

    Et même si c’était le cas, il n’en aurait strictement rien eut à foutre. Décevoir ses parents, c’était le cadet de ses soucis, et il n’avait pas besoin de ça pour le faire de toute façon.

    Encore aujourd’hui, Arthur a du mal à se souvenir de ce qu’il a fait à Londres pendant toute cette semaine. Il n’a plus que de vagues souvenirs. Il se souvient que c’est cette semaine là qu’il a le plus dérapé de toute sa vie. Il a acheté sa première dose cette semaine là, comme si ça allait pouvoir l’aider à se rapprocher de sa sœur d’emprunter le même chemin qu’elle. Putain, il était vraiment trop con. Il n’est pas devenu accro tout de suite, heureusement pour lui, il était de retour à Poudlard avant de pouvoir de toute manière. Il se souvient aussi n’avoir passé que la moitié des nuits dehors donc il avait probablement trouvé des hommes ou des femmes chez qui passer les autres.

    Pendant cette semaine, il avait essayé d’être constamment ailleurs. Comme si c’était trop douloureux de vivre réellement. Peut-être que c’est pour ça qu’il n’a quasiment aucun souvenirs de ces jours ci…

    Quand il rentra enfin à Poudlard, la seule personne qui lui demanda ce qui lui était arrivé était un camarade de Poufsouffle de son âge qui lui servait de bouche-trou à temps complet. Autrement dit, c’était son seul ‘ami’. « Ça va bien ? » « Très bien. On a cours où ? » Arthur s’était contenté de baisser les yeux vers son sac de cours pour éviter le regard compatissant de son ami. Il compatissait pour quoi exactement ? Pour rien, exactement. Alors il pouvait se le mettre où-il-pensait son regard à la con. « Au deuxième étage avec… » « Parfait. » Le coupa Arthur avant de partir dans la direction opposée, vers les escaliers menant au rez-de-chaussée.

    Il était dans l’école mais il n’avait jamais dit qu’il assisterait aux cours.

    --

    Arthur avait finit par s’asseoir à côté de la tombe, dans l’herbe trempée. De toute façon c’était pas lui qui lavait ses jeans alors il en avait rien à foutre. En plus il était déjà revenu avec des substances bien plus glauques/illicites/répugnantes que ça sur ses vêtements et sa mère ne lui avait jamais dit quoique ce soit.

    Il tourna sa tête pour regarder encore l’inscription de la tombe de sa sœur et retourna à sa contemplation des gens autour de lui. Tous pleuraient ou bien tiraient des tronches de trois mètres de long. Il se mit à penser à des choses idiotes. Il se demanda par exemple si quelqu’un viendrait déposer des fleurs sur sa tombe quand il serait mort, et si oui, s’il le saurait. Il restait persuadé que non. C’était stupide de penser que les gens qui ne vivaient plus continuaient à vivre au moins un peu. Arthur avait toujours pensé qu’une fois que le cœur arrêtait de battre et le cerveau de fonctionner, c’était fini. Il n’y avait plus rien.

    Le vide total.

    C’était peut-être déprimant de le penser mais Arthur ne pouvait pas s’en empêcher. Pour la plupart des gens, l’idée qu’il n’y ait rien après la mort était effrayante. Pour lui, c’était que la vie et la conscience ne s’arrête jamais. L’infini, c’était bien plus flippant qu’une finalité naturelle pour lui.

    Il recommença aussi à penser à la façon dont les gens idéalisaient ceux qui étaient morts… Il sourit doucement.

    --

    Maison Thornfield. 26 Décembre 1992.

    « Putain Arthur tu vas dégager de là oui j’ai besoin de cette putain de salle de bains bordel ! » Arthur soupira avant de couper l’eau et de tirer le rideau de douche pour que sa voix porte mieux. « Han putain arrêtes de faire chier. Pourquoi t’en as besoin de toute manière ? C’est pas la peine de te faire belle pour Spencer, il doit surement déjà être bourré à l’heure qu’il est, il remarquera rien. » Arthur l’insultait comme ça, parce que c’était facile et que c’était assez amusant, mais il ne pensait qu’à lui depuis qu’il était venu chez eux la veille. Il ne savait pas si c’était très sain de se masturber en repensant à ce qu’il avait fait la veille avec le copain de sa sœur mais bon, c’était très tentant en tout cas.

    « Ta gueule petit merdeux et dégage de là ! Qu’est-ce qui te prend autant de temps ?! T’as pas une copine à Poudlard pour faire ça plutôt ?! » Arthur se força à rire et entrouvrit la porte après s’être habillé et avoir à peu près correctement séché ses cheveux. « Hilarant. Au passage, si j’étais toi j’irais mollo sur le maquillage. Enfin à part si t’envisages de faire le trottoir pour le Nouvel An. De toute façon, c’est pas comme si tu pouvais arranger quelque chose, hein. » Mais la jeune femme avait déjà claqué la porte derrière elle après avoir hurlé un flot d’insultes qui ressemblaient vaguement à « Mais putain va te faire foutre connard t’y connais rien ! ». Arthur sourit et retourna dans sa chambre, cherchant à s’occuper en attendant de pouvoir retourner à Poudlard.

    --

    Maison Thornfield. 15 Février 1993.

    « Ariane ? T’es là ? » Arthur se pencha vers la porte et colla son oreille contre le bois dans l’espoir d’entendre quelque chose. Il avait crut entendre un bruit provenant de la chambre de sa sœur mais c’était peu probable. Qu’est-ce qu’elle ficherait encore ici ? Ok, son copain était en taule mais c’était pas une raison pour faire une régression pareille et venir s’enfermer dans son ancienne chambre chez ses parents à ce qu’il sache. Il entendit un sanglot étouffé à l’intérieur et sentit son cœur se resserrer légèrement.

    Il tourna la poignée et ouvrit la porte doucement. Ariane était assise recroquevillée sur son lit. Ses cheveux étaient dans un état indescriptible, son visage était rouge et en sueur et ses yeux étaient rouges et gonflés. Elle donnait l’impression d’avoir pleuré toutes les larmes de son corps ces cinq dernières heures. Elle avait le dos appuyé contre le mur et ses bras entouraient ses genoux qui étaient remontés près de son visage et en cachait une bonne partie. Ses yeux se tournèrent vers son frère quand celui-ci entra et elle émit une plainte qui ressemblait d’un peu trop près à celui d’un animal blessé qui venait de croiser un chasseur sur le point de l’achever.

    Arthur ferma doucement la porte derrière lui après avoir vérifié que ses parents ne trainaient pas dans le coin avant de se rapprocher doucement du lit sur lequel Ariane était encore recroquevillée. Elle eut un mouvement de recul quand Arthur s’approcha et vint s’asseoir à côté d’elle sur le lit mais elle ne bougea plus après. Arthur s’était assis à ses côtés, le dos appuyé contre le mur et regardant droit devant lui.

    Il savait par expérience que ça ne servait à rien de fixer Ariane, et que ça ne ferait au contraire qu’empirer encore un peu les choses. Si elle voulait parler, elle savait qu’elle pouvait mais Arthur n’allait pas forcer une confession.

    « Je suis enceinte Arthur. » Ce dernier tourna enfin son visage vers sa sœur, vérifiant qu’elle était bien sérieuse. Celle-ci avait relevé ses yeux vers Arthur aussi et elle avait l’air on ne peut plus sérieuse effectivement. Sérieuse et effrayée. Et Arthur ne l’était pas beaucoup moins, même s’il essayait de ne pas le montrer. C’était pas à lui de paniquer. « Han par pitié, dis-moi que c’est pas Spencer le père… » Il secoua la tête de droite à gauche en laissant échapper un soupir. Mais celle-là, il n’y croyait pas trop. Il savait que sa sœur était trop amoureuse de ce crétin pour que l’enfant ne soit pas de lui.

    « Evidemment que si. Tu préfèrerais que je sois du genre à coucher à droite à gauche, espèce de frère indigne ? » « Franchement, dans ce cas de figure, oui. » Il était totalement sérieux, c’était ça le pire. Il soupira à nouveau avant de passer un bras autour des épaules de sa sœur. Ce n’était visiblement que ce qu’elle attendait puisqu’elle posa sa tête dans le creux du cou d’Arthur et recommença à pleurer contre lui. Arthur déposa doucement son visage dans les cheveux blonds de sa sœur et la berça quelques secondes avant de déposer un baiser dans ses cheveux, murmurant des paroles vides de sens mais qu’il savait appropriées vu la situation. « Ça va aller. Tout va bien se passer tu verras. Il n’y a pas de quoi s’en faire. Faut prendre la chose du bon côté. »

    Arthur n’avait jamais considéré la vie comme ayant un bon côté, mais c’était l’opinion général que si, alors il pouvait bien essayer. « Non Arthur, comment ça pourrait bien se passer ? Je suis enceinte et le père de l’enfant sera probablement en taule pour les dix années à venir ! Comment est-ce que ça pourrait bien se passer hein, tu peux me le dire ? » Arthur soupira à nouveau et força Ariane à se calmer en la serrant un peu plus contre lui. « Calme-toi voyons, tu n’as pas besoin de lui pour être une mère géniale. » Il ne put s’empêcher de sourire en se disant qu’effectivement, ça risquait bien d’être un désastre monstrueux. « Je suppose que c’est trop tard pour… » Bin quoi ? Il pouvait bien se renseigner non ? Il pouvait penser qu’elle ferait une mère géniale et essayer de la convaincre d’avorter non ?

    Ah, en étant crédible ? Ok, laissez tomber alors.

    « Oui. Et de toute manière je veux le garder. » Arthur leva les yeux au ciel mais ne fit pas de commentaires. « C’est le fils de Spencer, c’est le fils de l’homme que j’aime. Quand il sortira, on rattrapera le temps perdu tous les trois, je suis sur qu’il sera un père décent tu sais, je le connais bien. Il n’a pas que des bons côtés mais il n’est pas aussi affreux qu’on pourrait croire. »

    On a couché ensemble à Noël merde Ariane ! C’est ça ta définition du père idéal ?! Mais les mots refusaient de sortir de sa bouche. De toute manière, si elle ne pouvait pas arrêter sa grossesse, quel bien est-ce que ça aurait pu faire qu’elle sache ça hein ? C’était sa connerie à lui, et il ne comptait pas mettre sa sœur au courant… Elle ne l’apprendrait jamais et c’était très bien comme ça.

    « J’espère pour toi. Enfin pour vous… » Il soupira à nouveau et sortit son paquet de cigarette ainsi que son briquet. Il en tendit une à Ariane et lui passa le briquet avant d’en prendre une autre pour lui et bientôt la pièce se retrouva à moitié enfumée. « En attendant, je suis là. » Il avait dit ça en étant à moitié sérieux et à moitié amusé. Ariane, elle, ne l’avait pas du tout prit au sérieux et avec du recul, c’était pas plus mal comme ça. Qu’est-ce qu’il aurait bien pu faire pour l’aider ? « C’est ça ouais. Concentres-toi sur tes études toi plutôt ! » Ce fut au tour d’Arthur de rire. Ses études, la bonne blague. S’il réussissait à faire 7 années d’études entières à Poudlard, c’était déjà un véritable miracle.

    Après plusieurs minutes de silence, Arthur alluma une nouvelle cigarette sous le regard réprobateur de sa sœur. « Hého je te rappelle que je suis enceinte petit merdeux. » Arthur baissa les yeux sur elle, un petit sourire au coin des lèvres. « Vu que c’est toi la mère, il sera pas à une clope près. » Il souffla la fumée vers le plafond quand même, par principe. Une nouvelle minute de silence passa avant qu’Arthur n’ouvre la bouche à nouveau.

    « Enceinte à 23 ans… » Commença-t-il d’un ton pensif. « Salope va. » Finit-il en riant doucement et en jetant un coup d’œil à sa sœur. « Toi, le puceau, je t’ai pas demandé ton avis. » Elle sourit elle aussi et releva les yeux vers son frère. Arthur rosit très légèrement en repensant à la manière dont, justement, il avait perdu sa virginité. Valait mieux pas qu’il y pense maintenant. « Hey, je te signale que j’ai une copine à Poudlard. » Répliqua-t-il d’un air fier et un petit sourire au coin des lèvres. « La pauvre. » Répondit Ariane d’un ton très sérieux qui fit s’offusquer faussement Arthur. « He, ça va, y a pire. Je suis pas en prison moi au moins. » Il ne cilla pas quand sa sœur releva à nouveau ses yeux vers lui. Le visage d’Arthur exprimait encore le même amusement que tout à l’heure.

    « Pas encore du moins. » Ariane rigola et attrapa la cigarette des mains d’Arthur pour tirer une bouffée à son tour.

    --

    Arthur tourna à nouveau les yeux vers la plaque au dessus de la tombe de sa sœur et il sentit une nouvelle vague de culpabilité l’envahir. Il se mordit la lèvre inférieure pour s’empêcher de pleurer parce qu’il savait que ça ne servait à rien, que ça ne la ferait pas revenir et que ça ne changerait pas le passé. Mais peut-être que ça pourrait le soulager… Il se força à rester de marbre quand même et baissa les yeux, comme s’il avait honte de lire l’inscription sur la tombe de sa sœur. Comme s’il pouvait sentir son regard ardent à travers le marbre et la colère qu’elle ressentirait probablement à son égard si elle était encore vivante devant ce qu’il était devenu.

    « Je suis désolé Ariane… » Il sentit ses yeux s’humidifier alors il se releva, enleva la terre et l’eau de son jean et se dirigea vers la sortie en prenant soin d’éviter de croiser le regard des autres visiteurs. Il se força à ne pas se retourner.

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OS - Losing grip

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