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  « No way ! »

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MessageSujet: « No way ! »   Jeu 21 Avr - 12:28






      Il était bientôt quinze heures ce samedi là à Londres. Le temps n’était pas pluvieux, par chance, mais le froid faisait rosir les joues des jeunes femmes. Il y a avait un monde fou à Camden. Pas étonnant étant donné les soldes de janvier qui étaient toujours intéressantes dans cette ville, de quoi rendre folle la plus normale des demoiselles et définitivement perdre celles dont le cas était déjà sérieux. Parmi la foule se trouvait une française. Sara. Mais vous pouvez l’appeler Mandy. Oui, aucun de ces prénoms n’est français. Plutôt petite, les cheveux noirs d’encre, de grands yeux candides et une bouche malicieuse. En réalité, elle était plutôt ordinaire. Et comme beaucoup d’autres autour d’elle, la française portait un nombre considérable de sacs griffés par différentes boutiques. Le pas sautillant, elle se rendit jusqu’en face d’une boutique de chaussures qu’elle admira comme on admire une œuvre d’art. Des paires partout, de toutes les formes, de toutes les couleurs, pour aller avec tout… Sara avait toujours adoré les chaussures car elles correspondaient très souvent à où on voulait mettre les pieds. Une fille en baskets n’irait pas là où une autre se rend en Prada. Avoir de belles chaussures signifiait se tracer un beau chemin. Cependant, les belles choses ont un prix et Sara sembla en prendre conscience étant donné la grimace qu’elle fit. Soldes ou pas, elle avait tout de même épuisé ses finances. Et si elle ne mangeait pas ce midi ? Après tout, elle aurait l’air plus mince dans ses robes et aurait en plus une nouvelle paire de chaussures. C’était tout bénef’ ! Poussée par sa nouvelle idée, la jeune femme brune se mit à observer la vitrine de long en large, le regard pétillant comme un matin de Noël.

      Plongée dans sa contemplation, Sara estima que cette boutique valait définitivement le détour et entreprit de se rendre vers la porte d’entrée. Cependant, au moment de tourner, maladroite qu’elle était, la jeune femme brune bouscula de plein fouet quelqu’un. Surprise, elle poussa une exclamation avant d’échapper quelques uns de ses sacs. « Omagad ! » s’écria-t-elle dans un anglais francisé avant de se pencher pour ramasser ses affaires (c’était tellement sale par terre !).
      « Vous ne pouvez pas faire attention ! » s’exclama une voix masculine marqué d’un fort et élégant accent britannique. Sara haussa un sourcil et leva les yeux vers sa victime du jour. C’était un jeune homme plutôt grand – du moins plus qu’elle – au visage fin, le nez en pointe et aussi blond que Sara était brune. Cependant, si la française affichait une gentillesse presque naïve sur ses traits, lui, semblait particulièrement hargneux. En la regardant, il se mit à épousseter son élégant costume noir comme s’il avait eu peur d’être sali. A cet instant, la jeune française eu autant envie de l’embrasser que de le frapper.
      « Je suis sincèrement désolée, j’espère ne pas vous avoir fait mal » tenta la jeune femme brune en lui offrant son plus beau sourire. Après tout, il était peut être dans un mauvais jour et elle l’avait tout de même bousculé de plein fouet. Il avait le droit d’être mécontent. Oui, mais pas aussi impoli ne put-elle s’empêcher de penser. Où était-donc passé le mythe des gentlemen britanniques ? Dans ce genre de situation, le jeune homme n’est-il pas censé offrir une main galante à la demoiselle, s’assurer qu’elle n’a rien et pourquoi pas lui offrir un café pour se faire pardonner – voire même cette ravissante paire d’escarpins aux talons vertigineux là sur la droite – mais non, le jeune homme face à elle se passa une main dans ses cheveux blancs tirés en arrière et afficha un air presque dégoûté. Alors que Sara s’attendait à au moins un « ce n’est rien », le jeune homme se contenta de reprendre sa route en rouspétant.

      La blague. Insultée, particulièrement têtue et fière, Sara serra des dents et regarda le dos du garçon un bon moment sans savoir quoi foire. Bof… Des imbéciles il y en avait partout, non ? Ouais mais celui là lui tapait vraiment sur les nerfs ! Sérieusement, pour quoi se prenait-il ? Ah bah elle était belle l’Angleterre ! Puis, alors qu’elle se rendit compte que les chaussures n’avaient plus aucune valeur, aucun intérêt, Sara grogna en tapant du pied et se mit à la poursuite du blondinet mal élevé. Non, il l'avait énervée c'était trop tard. Il ne lui avait fallut qu'un regard pour comprendre que le jeune homme était d'un niveau social élevé. Propre sur lui, la démarche fière et arrogante et particulièrement séduisant (oui, d'accord, ce n'était pas un signe de richesse mais simple observation...). « HEY ! » cria la française au dos du blondinet mais tout le monde sauf lui se retourna, évidemment. Élégant comme il était, il n'allait pas se reconnaître au son d'un simple « hey ». Sara accéléra le pas, bousculant quelques personnes au passage et s'en voulu de ne pas prendre le temps de s'excuser. A vouloir demander des comptes au jeune homme, elle en devenait aussi mal élevée que lui. Découragée, elle saisit une canette vide tombée à côté d'une poubelle (berk !) du bout des doigts et tenta de la lancer sur le crâne du blondinet. L'objet arriva directement à l'endroit désiré... Ahahah ! Je plaisante ! XD Évidemment, Sara n'était absolument pas quelqu'un doté de la capacité à tirer droit. La canette qu'elle tenait mal à l'origine parce qu'elle était sale fut reçue sur une tête, certes, mais sur celle d'un monsieur plutôt grand et du type père-de-famille-moyen-carré-sur-les-règles. Se rendant compte de son erreur, Sara leva le nez au ciel, comme toujours dans ce genre de cas, et fit mine d'observer quelque chose de tout à fait passionnant en accélérant le pas. Méthode terriblement efficace parce que les gens la prenaient pour une folle et non une délinquante, ce qui fait un peu plus peur.

      Sa Mandynerie du jour faite, la jeune femme brune reprit la marche en direction du blondinet qu'elle parvint à rattraper. A sa hauteur elle bouscula encore une autre femme avant de finalement pouvoir lui saisir le coude sans ménagement. « Hep hep hep ! » s'exclama-t-elle avant d'avoir envie de mourir dans un trou. C'était tellement débile comme entrée en matière. Le jeune homme blond regarda d'abords la main portée à son coude comme s'il n'en revenait pas avant de poser les yeux avec colère sur la demoiselle. Cette dernière se senti toute petite à côté de lui et se demanda ce qui lui avait prit de le poursuivre. Pourquoi surtout ? Trop tard de toute manière. « Encore vous ?! » lâcha-t-il d'un ton venimeux. Sara hésita entre lui demander pardon et lui en coller une tellement sa manière de parler était déroutante. Il aurait pu être tellement plus beau s'il n'avait pas sans cesse l'air méchant. Selon la petite française, la méchanceté enlaidit considérablement.
      « Oui c'est encore moi ! » dit-elle en essayant d'avoir l'air confiant et redressant le nez et les épaules. « Je n'ai pas apprécié la manière dont vous vous êtes adressé à moi tout à l'heure. » poursuivit-elle en fronçant légèrement les sourcils à la fin de la phrase. Sa grammaire était correcte, n'est-ce pas ? La barbe ! Ça, c'était à force de parler comme si elle venait du Queens depuis des années. Maintenant qu'elle voulait s'exprimer dans un anglais plus correct, elle hésitait sans cesse. Le blondinet la regarda comme si elle était méprisable et surtout comme s'il ne voyait pas le problème. Super, il allait s'en prendre une. Après tout, elle avait encore un pied dans le Queens, non ? « Et j'exige des excuses ! » acheva-t-elle d'un ton princier. AH ! AH ! IN YOUR FACE JERK ! Un petit sourire triomphant aux lèvres, Sara attendit les fameuses excuses du jeune homme. Après tout, s'il le faisait, elle lui dirait qu'au final ce n'est rien, il commencerait à lui parler de ses origines, elle lui parlerait de la France et comme le vent commencera à souffler, il lui proposera de poursuivre cette charmante conversation dans un café pas loin et qui sait ? Une nouvelle romance commencera... ?

      « Je n'ai pas de temps à perdre » dit simplement le petit blond en brisant le rêve que Sara c'était déjà fait dans sa tête. Non sérieusement à presque 21 ans, il était temps qu'elle cesse d'imaginer des scénarios tout le temps.
      « Quoi ? » demanda-t-elle sans élégance. L'enfoiré. Il la rembarrait pour la seconde fois et trouvez ça arrogant ou non, elle n'y était absolument pas habituée. Voilà pourquoi elle lui avait couru après. Il faut grandir jeune fille ! Le blondinet se remit en route et Sara ne su quoi faire, partir ? Le laisser s'en sortir aussi facilement ? Oui mais maintenant qu'il l'avait quasiment insultée, elle pouvait en faire de même ? Oooh... Insulter quelqu'un en anglais, son sport préféré ! Toute contente, la brunette suivit le blondinet encore un peu. Ce dernier jeta un regard par dessus son épaule et elle fut certaine qu'il la vit. Quand il accéléra encore une fois, Sara se senti sincèrement humiliée. C'est bon, ça va ! Pas non plus besoin de courir ! Elle allait pas non plus le casser en deux ! Quoique... En le voyant tourner à l'angle d'une rue, la jeune fille hésita un instant, son instinct de protection lui hurlant que suivre un jeune homme dans une ruelle n'était pas la chose la plus intelligente du monde. Curieuse comme pas deux, défaut en tête de liste de ceux qu'elle devait éradiquer, Sara avança tout de même jusqu'au bout de l'allée histoire d'y jeter un petit coup d'œil. Le blondinet y pénétrait d'un pas rapide. Après avoir tourné sur lui même, il n'était plus là.

      Sara en fit tomber ses paquets, qu'elle s'empressa de ramasser sans quitter l'endroit où le jeune homme avait disparu. No way. Perturbée, elle regarda autour d'elle s'attendant à ce qu'un passant lui dise « Non non t'inquiète, moi aussi je l'ai vu disparaître. Il est bon, hein ? ». Sauf que personne avant elle ne semblait avoir remarqué ce blondinet particulièrement désagréable disparaître. Avait-il au moins existé ? Maintenant elle n'en était plus certaine. Tremblante, Sara décida qu'il lui fallait un remontant, quelque chose pour la mettre d'aplomb. Parce que oui, elle avait mal vu. Ce jeune homme n'était jamais entrée dans la ruelle, ou peut être avait-elle perdu conscience quelques secondes à cause de son déjeuner manqué et qu'elle ne l'avait pas vu partir ? C'était presque magique... Bon. Mcdo, rien de tel pour les moments de crise. Et les autres.






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