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 « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »

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Evangeline H. Whedon
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MessageSujet: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Sam 18 Juin - 15:44







    Un elfe de maison sorti de la pièce en courant, un large plateau porté à bout de bras au dessus de sa tête. Un autre transplana rapidement tandis que deux autres, plus courageux ou trop effrayés pour réagir restèrent dans la grande pièce éclairée par la lumière du jour. La salle à manger du manoir Whedon méritait d'être vu. Aussi grand qu'un appartement moyen de Londres, les immenses fenêtres qui l'habitaient procuraient, surtout en été, une lumière vive et agréable qui rendait le tout presque poétique. La vue sur les grands jardins ne faisait qu'alimenter une beauté déjà présente dans la décoration claire de l'endroit. Une table d'une quarantaine de places se trouvait en son centre. Elle était parfaitement inutile, étant donné qu'une seule personne y prenait ses repas : Evangeline Whedon, l'héritière complètement tarée de ce domaine. Âgée de dix huit ans, de longs cheveux bruns et soyeux se baladant sur ses épaules, le corps encore marqué par l'adolescence, la jeune sorcière se trouvait à l'un des sièges au centre de la table complètement déserte, illustration parfaite de sa vie familiale. Ses parents ne venaient jamais, préférant vivre sur Londres et surtout ne pas être témoins des crises de folie régulières de leur petite. Ils ne voulaient pas voir, ne pas savoir, car dans ces cas là, ils auraient du agir, ce qu'ils refusaient de faire. Ils n'étaient pas de mauvais parents, ils n'avaient rien fait de mal.

    « M-mais M-mad-dame... » couina un des Elfes restés, totalement tremblant de peur. Pour seule réponse, la pauvre créature reçu un plateau en argent qu'il parvint à éviter. La nourriture vola un peu partout, la tempête faisait rage.
    « JE VOUS AI DIT QUE JE N'AVAIS PAS FAIM ! » hurla Evangeline de toute la puissance de sa voix dans la maison. Cependant personne ne l'entendait, personne n'était là pour voir que quelque chose n'allait pas et ce n'étaient pas les Elfes qui iraient se plaindre de la jeune sorcière à leurs maîtres. « DEGAGEZ BANDE DE PETITS MONSTRES REPUGNANTS ! JE NE VEUX PAS VOUS VOIR ! VOUS ME DEGOUTEZ ! VOUS ME FAITES VOMIR ! » s'égosilla-t-elle en tapant du poing sur l'immense table. Evangeline retint un hoquet de dégoût, une main sur la bouche, une autre sur le ventre. « Apportez moi un Whisky pur feu » ordonna-t-elle sur un ton plus calme mais qui n'était pas plus rassurant pour autant. Les deux Elfes courageusement restés s'empressèrent de transplaner en cuisine, s'avouant vaincus. La jeune Whedon se laissa retomber sur sa chaise avec un lourd soupir. Son visage exprimait toute la haine soudaine qu'elle ressentait. De quoi sa colère était-elle partie déjà ? Le regard dans le vide, la sorcière tenta de se remémorer mais c'était de plus en plus difficile. Plus les années s'écoulaient, plus Evangeline s'énervait sans raison. Elle ne prenait même plus la peine de trouver une raison, elle criait simplement, vomissant son mal être sur les autres qui subissaient bêtement. Brusquement, comme si elle venait de se souvenir de quelque chose, elle se retourna.

    Il n'y avait personne. Spade n'était plus là. Il était parti. Voilà pourquoi elle était en colère. « Fils de goule... » marmonna-t-elle en se retournant vers la table. Une fois par an, les Knightingale avaient le droit à une semaine de liberté. Sept jours pendant lesquels ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient, vivre comme s'ils n'étaient pas nés pour être les chiens des Whedon. Certains avaient même le malheur de tomber amoureux en sept jours. En pensant à cette éventualité Evangeline saisit le couteau le plus près par réflexe et le serra dans sa main. Et dire que ce chien était quelque part dans Londres ou peut être même ailleurs dans le monde en train de s'amuser. La sorcière se redressa brusquement, faisant les cent pas dans la pièce. Son whisky pur feu fut servit mais elle ne le bu pas. Deux jours. Ça ne faisait que deux jours que Spade était parti et elle se sentait devenir littéralement folle, c'était comme avant, quand elle avait été violée pour la première fois et que son univers s'écroulait. Elle avait perdu le contrôle cette nuit là et cette perte l'avait totalement déroutée. Evangeline était tordue. La présence de Spade au quotidien, son pouvoir sur lui la soulageait de la façon la plus sadique et la plus malsaine mais malgré tout, il lui faisait du bien en souffrant à sa place. Maintenant qu'elle s'y était habituée et qu'elle ne l'avait plus, ses angoisses revenaient. Elle perdait la raison, elle avait peur. Incapable de rester en place la sorcière lança son couteau quelque part dans la pièce, saisit son verre qu'elle bu cul sec avant de le reposer violemment sur la table. Sans rien dire, elle quitta la salle à manger du manoir pour rejoindre sa chambre, laissant la pièce habituellement si belle et reposante dans un état de dévastation désolant. C'était tout Evangeline, semant la misère émotionnelle sur son passage.



    Il était presque quatorze heures quand la jeune Whedon arriva sur le Chemin de Traverse. La rue était peuplée, comme toujours, par de nombreux sorciers venus de partout, mais de Londres principalement. A chaque fois qu'elle sentait ses angoisses la saisir à la gorge, qu'elle ne contrôlait plus ses peurs, Evangeline habituellement si solitaire, se réfugiait dans la foule. C'était le seul moyen de survivre. En public elle devait jouer la jeune fille sage et éduquée qu'elle n'était pas, concentrant son esprit sur un personnage fictif, un personnage qui ne souffrait pas comme elle souffrait elle. Vêtue d'une élégante robe de sorcière bordeaux, ses longs cheveux noirs et bouclés se baladant sur son dos, ses lèvres comme toujours d'un rouge framboisés et ses épais sourcils encadrant des yeux verts qui jugeaient tout ce qu'ils voyaient sur un visage carré au menton fort, Evangeline Whedon était incontestablement une jeune femme magnifique. La démarche droite et fière, elle se rendit dans sa boutique préférée ici, chez Madame Guipure. La femme possédait des tissus littéralement plus magiques les uns que les autres. Entre ceux qui ne se tâchent pas, ceux qui empêchent de faire transpirer, en plus d'une coupe à la mode, c'était l'endroit parfait pour les jeunes femmes à la recherche de pratique et d'esthétique. Cependant, sur le chemin, Evangeline passa devant une boutique qu'elle connaissait depuis longtemps déjà, intriguée par un détail du décors qui avait néanmoins changé. Arrêtant sa marche rapide, la sorcière regarda par la vitrine la vendeuse derrière le comptoir. C'était impossible et pourtant...

    Ni une ni deux, Evangeline poussa lentement la porte de la boutique. C'était une parfumerie magique de luxe. Des senteurs toutes plus rares et délicates les unes que les autres. Ici les clients pouvaient trouver des basiques comme la vanille ou le trèfle à quatre feuilles, le parfum qui porte chance, mais aussi d'autres beaucoup plus rares et précieux. Certaines fioles étaient parfumées à l'amour, d'autres à la colère même. C'était une véritable merveille et maintenant qu'elle était dedans, Evangeline se demanda pourquoi elle ne venait pas plus souvent. Baladant son regard sur les étiquettes, elle se surprit à se demander laquelle de ces fioles pourrait être la plus amusante pour un jeu entre elle et Spade. Ce n'était pas le moment de penser à lui. Il fallait qu'elle sorte le plus possible pendant son absence, qu'elle prouve à ce chien que sa vie à elle valait cent fois la sienne. Elle lui prouverait que sans sa misérable présence, elle était toujours aussi bien qu'elle l'avait été avant de le recevoir en cadeau. Reprenant le cours de la réalité, Evangeline acheva de jouer les clientes curieuses et se tourna lentement vers la vendeuse venue l'accueillir tandis que deux autres sorcières d'une quarantaine d'années sortaient, satisfaites de leurs achats. Surement espéraient-elle reconquérir leurs époux avec quelques artifices. Les petites sottes. En posant son regard sur la jeune femme blonde face à elle, Evangeline perdit un instant son sourire. Elle n'avait pas rêvé, cette fille était le portrait craché de son amie d'enfance, Lexie. Toutes les deux avaient été inséparables, comme des sœurs, pendant toutes leurs premières années mais désormais, l'une était morte, l'autre était un monstre.

    « Bonjour, je cherche un parfum. Quelque chose de surprenant » dit-elle en souriant chaleureusement comme elle savait si bien le faire quand elle était hypocrite à la vendeuse. Plus cette dernière parlait, plus Evangeline la fixait avec intensité. Ça alors ! Si Lexie était encore en vie, d'ailleurs elle devrait avoir le même âge, elle aurait très certainement ce même visage. Elle aurait été belle..., pensa Evangeline avec tristesse. La vendeuse lui parlait, lui montrait des produits, lui faisait sentir des parfums mais la sorcière brune n'écoutait pas. Elle la connaissait, elle en était certaine. « Excusez-moi, mais on ne se connait pas ? ». Il y a des visages que l'on oublie pas, même dans la folie la plus certaine et la plus cruelle.





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MessageSujet: Re: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Dim 19 Juin - 10:32



    EVANGELINE HEART WHEDON





    7h15. Le réveil sonna dans la chambre où la jeune Lexie Mulligan dormait. Elle l'éteignit et s'enroula dans sa couverture à la façon d'un rouleau de printemps pour ne pas avoir froid. Seulement, elle ne pouvait pas rester ainsi pendant trop longtemps. Elle avait une boutique à gérer et même si son appartement se trouvait au dessus de la boutique, longue comme elle l'était, il valait mieux qu'elle se lève maintenant. Lexie se déroula et sortit de son lit avec une vision floue. La jeune femme se frotta les yeux et se dirigea vers la salle de bain où elle prit une douche. Le matin de bonne heure ça faisait du bien. Après s'être lavée et habillée, la blonde prit son petit déjeuner et alla ouvrir la boutique. Ce matin là ce fut bien calme. Juste deux ou trois clientes qui désirait un parfait fait sur mesure. Mrs Figginds, la première gérante de la boutique avait appris à Lexie a confectionner des parfums sur mesure à la demande des clientes les plus fortunées. Elle adorait ça. Fouiner pour trouver L'ingrédient qui fera du parfum le plus exquis aux yeux de la cliente. Alors quand Lexie avait récupérer la parfumerie après la mort de Mrs Figgings, elle avait décidé de rajouter à la vente, la confection de parfum sur mesure. Lexie s'était donc donnée à coeur joie pour trouver la perle rare qui ferrait que ses clientes serait heureuse. Elle avait cherché pendant quelques minutes avant de finalement trouver la fleur d'oranger pour l'une, la rose pour l'autre et enfin vanille pour l'autre. Oui c'était des senteurs de tous les jours mais chaque femme à une odeur qui la caractérise tout comme chaque sorcier à une baguette que personne d'autre n'a. En parlant de baguette, Lexie soupira. Elle n'en possèderait jamais une. C'était une cracmolle et à moins d'obtenir en un claquement de doigts des pouvoirs, jamais elle ne serait une sorcière.

    A cette pensée, une seule et unique larme coula sur sa joue. Lexie l'essuya d'un geste. Elle ne devait plus y penser. Elle s'était fait une raison. Elle avait trop souffert de cette situation étant petite pour y penser. Si elle n'avait pas été une Cracmolle, ses parents n'auraient jamais essayé de la tuer, elle n'aurait pas eu besoin d'aller dans un orphelinat Moldu et elle n'aurait pas subi d'attouchements. En pensant à ça, instinctivement, Lexie se roula en boule. C'était sa faute... Elle était coupable. Si seulement, elle n'avait pas été une Cracmolle. Heureusement qu'elle était montée pour déjeuner sinon, les clientes auraient pu se poser des questions. Quand elle pensait à ce qui s'était passé il y a dix ans, Lexie se mettait dans des états pas possible. Elle qui, petite aurait tout envoyé bouler par simple caprice, se retrouvait sans défense et dans un état de désespoir total. Même si elle avait beaucoup changée depuis cette expérience traumatisante, elle avait gardé sa volonté de fer et Lexie se releva pour finir de manger et ensuite ouvrir à nouveau sa parfumerie. A quatorze heures tapantes, Lexie était devant la porte à ouvrir sa boutique. Elle eut a peine le temps de se faufiler derrière le comptoir que deux clientes qui devaient avoir la quarantaine entrèrent un sourire au lèvres et avec une idée précise : Elles voulaient un parfum pour remonter la libido de leurs maris. Elles en avaient marre de toujours devoir user de stratagèmes pour que leurs maris leur fassent l'amour. Lexie devint alors rouge pivoine et se dépêcha de servir les deux femmes, pour qu'elles partent au plus vite et la laissent tranquille. Elle n'avait pas besoin d'entendre ce genre de chose. Elle n'avait jamais connu ce genre de plaisir et ne voudrait jamais les connaître et encore moins avec un homme, pas après ce qu'elle avait subi.

    Alors que les deux clientes partaient apparemment satisfaites, un fantôme du passé passa la porte d'entrée. Lexie resta quelques instants à fixer la jeune femme qui venait de pénétrer dans son magasin. Ce n'était pas possible, pas elle, pas maintenant ... La blonde savait qu'un jour ou l'autre un moment comme celui-là arriverait mais elle ne savait pas pourquoi justement, c'était aujourd'hui. Elle aurait voulu que jamais on la reconnaisse, que jamais on la retrouve mais Evangeline Whedon n'avait pas fait exprès de venir ici. Lexie avait toujours aimé aller chez les Whedon. Evangeline avait été son amie la plus proche mais surtout elle avait été comme une petite soeur pour elle. Leurs mères étaient meilleures amies et donc les deux jeunes filles se voyaient souvent. Lexie était de quatre ans l'aînée de Evangeline mais de par son comportement, on aurait pu dire que Ev' était la plus grande. Sortant de ses pensées, Lexie arrêta de fixer Evangeline. Ça ne pouvait pas être elle. En y pensant, ça ne pouvait pas être elle. Les Whedon ne sortaient jamais sans leur "serviteur". Lexie n'avait jamais compris cette tradition familiale qui voulait que chaque membre de la famille Whedon est un membre de la famille Knightingale. Or, la brune qui se tenait devant elle n'en avait. Lexie tira donc la conclusion que ce n'était pas Evangeline. Dès que ce fut fait, elle se sentit soulagée. Lorsque la jeune femme s'approcha et lui demanda un parfum, quelque chose de surprenant, Lexie se mit de suite au travail. « Bien entendu, je vais vous trouver la perle rare. » Derrière la jeune femme se trouvait tout pleins de flacons de différents échantillons et même si la brune en face d'elle n'avait pas demandé un parfum sur mesure, Lexie allait lui en faire un car elle sentait que rien de ce qu'elle possédait déjà ne la satisferait.

    Pendant qu'elle lui faisait sentir tout pleins de chose, la blonde se rendit compte que sa cliente n'écoutait pas et qu'elle semblait plongée dans ses pensées. Et si c'était bien Evangeline ? Et si elle avait reconnu son amie d'enfance qui adorait se faire passer pour un garçon. Non ce n'était pas possible. Lexie devint blanche comme un linge quand elle entendit sa cliente lui demander si elles se connaissaient. Se reprenant, la blonde sourit. « Je ne pense pas non Mademoiselle. Sinon je me souviendrais de votre visage. » MENSONGES !!! Lexie espérait que la vérité ne pouvait se lire sur son visage. La vérité, c'était quelle était troublée. Troublée par la présence de cette jeune femme en face d'elle... « Je pense que j'ai trouvé ce qui vous faut dans votre parfum : des fleurs de cerisiers pour symboliser le printemps. » Lexie préféra changer de sujet plutôt que de partir dans un terrain miné. Il n'est jamais bon de remuer le passé. Ça Lex' l'avait compris alors il ne valait mieux pas que ce soit Evangeline devant elle.
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Evangeline H. Whedon
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MessageSujet: Re: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Dim 19 Juin - 17:05







    Evangeline ne prenait pas la peine de faire semblant de s'intéresser aux produits que lui proposait la vendeuse. Elle la connaissait, elle en était certaine. Si cette jeune femme n'était pas la Lexie de son enfance, elle lui ressemblait terriblement. Mais dans un sens, comment était-ce possible ? Après tout la petite fille blonde qui avait partagé son lit, son enfance, ses premières années, était morte désormais. Plusieurs fois Evangeline s'était rendue sur sa tombe, seule, la pleurer comme elle le méritait. Les premiers temps, seule la tristesse l'avait habitée, puis, avec les années, la colère. La sorcière brune en voulait au monde entier de lui avoir arraché sa meilleure amie, la seule à qui elle aurait pu parler de son viol régulier. Après tout, comment confier un secret aussi lourd quand on sait que le viol est le seul crime où l'on accuse la victime ? Evangeline n'aurait jamais eu la force d'entendre quelqu'un lui dire que tout était de sa faute, encore moins ses propres parents. Personne à part Lexie ne l'aimait assez pour la soutenir, la prendre dans ses bras et lui dire que tout irait mieux, qu'elle n'avait pas eu ce qu'elle méritait. Cependant la jeune femme n'avait pas eu cette chance et avait grandit dans la haine de sa condition, de son corps, de son existence. Evangeline se haïssait et cette haine l'avait poussée chaque jour un peu plus vers la folie dans laquelle elle séjournait désormais. Ne plus avoir de règle, ne plus avoir de limite, tout contrôler et se laisser également aller, c'était son seul refuge, aussi destructeur soit-il.

    « Je pense que j'ai trouvé ce qui vous faut dans votre parfum : des fleurs de cerisiers pour symboliser le printemps. » dit la vendeuse, ramenant Evangeline sur terre. La jeune femme eu un rapide sourire et reporta son attention sur la petite fiole posée sur le comptoir devant elle. Le printemps ? Des cerises ? Ses longs cheveux noirs se baladant sur ses épaules, la sorcière médita un instant.
    « Mmh... » dit-elle en pinçant ses lèvres d'un rose framboise. Puis elle trouva ce qu'elle voulait, ce qui serait parfait. La scène se redessina dans son esprit, dans sa mémoire avec une étrange perfection. Evangeline se revoyait dans son salon, sa tarte à la framboise entre ses mains. Ses parents étaient là, ses cousines aussi mais surtout Spade. La sorcière lui avait ordonné implicitement de se mettre à genoux près d'elle et l'avait nourri framboise par framboise. Elle avait toujours aimé ce fruit, le sucré de son goût, le croquant délicat de sa texture. Sa petite taille parfaite pour jouer. En y pensant, Evangeline trouvait que si un fruit devait l'incarner, ce serait la framboise. Attirante en apparence, premièrement douce et sucrée, mais en réalité croquante et déroutante. « Je veux de la framboise » demanda-t-elle en repoussant lentement la fiole vers la vendeuse. « C'est mon fruit préféré, j'en mange depuis que je suis toute petite » ajouta-t-elle sans vraiment savoir pourquoi. Ce n'était pas comme si cette information était nécessaire à la jeune femme blonde pour confectionner un parfum. En voyant la framboise arriver, Evangeline senti un malaise se former en elle. A quoi jouait-elle en choisissant une telle flagrance ? Surtout alors qu'elle savait qu'elle la liait à Spade désormais. Il fallait qu'elle cesse de penser à lui, de penser à sa réaction s'il venait à la sentir. « Merci » dit-elle en prenant la fiole et reniflant doucement l'odeur. Premièrement sucrée puis pimentée vers la fin. Le parfum était double, comme le goût de la framboise. Elle revit Spade la saisir brusquement dans son lit. Elle le maintenant de sa ceinture. La sorcière brune manqua de faire tomber le liquide qu'elle rattrapa de justesse. « Oups » dit-elle dans un rire pour masquer son malaise. « Est-ce que vous pensez pouvoir y ajouter quelque chose de plus fort ? Il me faudrait une dose de... colère pour contraster avec la douceur du fruit » demanda la jeune femme dans un sourire en coin.

    L'espace d'un instant, Evangeline avait oublié que la jeune femme blonde en face d'elle lui rappelait autant Lexie. Maintenant qu'elle n'était plus occupée à passer commande, elle se remit à la comparer avec les images de sa mémoire. Elle s'était trompée, évidemment puis que Lexie était morte. Son cœur de pierre se pinça légèrement malgré tout. C'était comme la perdre une deuxième fois, en beaucoup moins douloureux évidemment. Tout en la regardant faire, Evangeline se mit à admirer sa beauté. Lexie aussi était belle. Sur un coup de tête, la brunette eu envie d'embrasser la vendeuse, juste par curiosité. Evangeline était ainsi, plus hétéro que personne mais cela ne l'empêchait pas d'être parfois curieuse. Les filles avaient de jolies lèvres, encore plus quand elles étaient maquillées. Un petit sourire en coin, la sorcière chassa sa pensée. Soudain, dans la boutique déserte, un Elfe de maison fit son apparition. L'espace d'une seconde, la sorcière se demanda ce que la créature faisait ici avant de réaliser, en la voyant se prosterner, tremblante, devant elle, qu'elle lui appartenait. « M-madame Whedon... V-votre cousine A-Aleanor vient d'a-arriver au manoir. Elle v-vous attend » l'informa l'Elfe avant de reculer brusquement d'un pas, effrayé.
    « Que fait-elle chez moi ?! Je ne l'ai pourtant pas invitée ! » s'emporta Evangeline en tapant du poing sur le comptoir et oubliant totalement la vendeuse. L'Elfe couina et se recroquevilla sur lui même légèrement.
    « M-madame Aleanor sait Mad-dame. Elle est v-venue en urgence. M-madame Aleanor a des invitations p-pour une s-soirée clandestine » expliqua l'Elfe en lançant un regard peureux à la vendeuse, de peur d'en avoir trop dit devant une étrangère.
    « Vraiment ? » demanda Evangeline qui perdit toute trace de colère. Typique d'elle qui était bipolaire. « Pouvez vous me le mettre de côté ? Je reviendrai » dit-elle à la jeune femme blonde derrière le comptoir. Puis, sans un mot, Evangeline transplana de la boutique, suivie de près par son Elfe qui lança un regard choqué à la vendeuse, comme s'il venait de comprendre quelque chose. « Au revoir Madame Sullivan » salua-t-il en se prosternant une dernière fois. Puis, sans attendre de réponse, l'Elfe transplana, laissant la vendeuse seule dans la boutique.




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MessageSujet: Re: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Dim 19 Juin - 19:01



    EVANGELINE HEART WHEDON

    Lexie voyait bien que sa cliente n'en avait que faire de ce que la jeune femme lui montrait et lui faisait sentir. C'était d'un total manque de respect mais elle ne dit rien puisque le client est roi. En l'occurrence là c'était la cliente est reine. Continuant tout de même ses recherches, Lexie trouva le parfum idéal qui irait très bien : la cerise. Sauf qu'à première vue cela ne lui plaisait pas. Elle soupira doucement. Ce n'était pas possible d'être aussi difficile. A cet instant, la brune lui faisait tellement penser à Evangeline qu'elle ne put s'empêcher de sourire comme lorsqu'elle était enfant et que Ev' souhaitait tout commander. Or, les deux jeunes enfants avaient instauré des règles. Chez Evangeline c'était Ev' qui décidait et chez Lexie c'était Lexie... La jeune femme qui choisissait son parfum ressemblait tellement à l'idée qu'elle se fait de Ev' qu'elle fut tenter l'espace d'un instant de lui rappeler que c'était chez elle et donc que c'était elle qui commandait. Cependant, la jeune femme ne fit rien qui puisse trahir son identité. Lexie se contenta d'apporter la framboise qu'elle demandait. Alors qu'elle la cherchait, elle entendit que la framboise était le fruit préféré de la brune et qu'elle en mangeait depuis qu'elle était petite. La encore, Lexie se demanda si ce n'était pas Evangeline. Elle murmura alors : « Calme toi Lexie, tous les enfants aiment les framboises... Seulement elle ressemble tellement à Ev' » Avant que sa cliente ne s'impatiente trop, Lexie lui ramena la fiole contenant la framboise et la tendit a la brune. Alors que la cracmolle attendait patiemment que sa cliente lui dise ce qu'elle désirait de plus elle crut que la fiole allait tomber. Heureusement, elle l'a rattrapa de justesse et ria pour cacher son mal aise. Un sourire se posa sur les lèvres de Lexie.

    La demande de Evangeline lui parut un peu bizarre. Personne ne mélangeait les deux parfums. C'était trop contradictoire. Mais après tout, les goûts et les couleurs ne se discutaient pas. La jeune femme passa alors commande. Les parfums sur mesure ne se faisait pas en cinq minutes. Il y avait plusieurs essais à faire pour trouver le bon dosage et il lui faudrait au moins une bonne heure voir deux pour finir son parfum. Soudain, Lexie entendit le craquement significatif d'un elfe de maison. Elle l'avait tellement entendu dans son enfance pendant qu'elle les martyrisait avec l'aide d'Evangeline qu'elle ne pouvait les oublier. Ce qu'il dit lui fit perdre ses moyens. Elle n'avait pas rêvé, c'était bien Evangeline... Petit à petit, son visage se décomposa. Ce n'était pas possible, elle l'avait sûrement reconnue. Si ce n'était pas le cas, elle le saurait tôt au tard puisque l'elfe qui se trouvait devant elles n'était autre que celui qui avait subi toutes les tortures que les deux petites fillettes lui avait fait. Un instant, elle se sentit défaillir. Ses jambes ne la portaient plus et elle avait l'atroce envie de renvoyer son repas du midi. Lexie n'écouta pas la conversation de Evangeline et de son elfe de maison, trop occupée à se retenir à son comptoir pour ne pas tomber à l'arrière. Elle n'eut même pas le temps de répondre à la demande de Ev' qu'elle disparaissait déjà de sa boutique. Pendant quelques secondes, l'elfe et Lexie se jaugèrent du regard et lorsqu'elle entendit "Au revoir Madame Sullivan", ce fut la goute qui fit déborder le vase. Elle se précipita dans ses toilettes et rendit son déjeuner. Sa réaction était tout à fait anormale. Enfin elle, elle le pensait. Elle s'appuya la tête contre le mur dans son dos.

    Elle s'y était attendu ces dix dernières années mais elle ne pensait pas que ce serait si douloureux de revoir sa meilleure amie. La seule qui aurait pu l'aider, la consoler, lui dire que ce n'était pas sa faute et que tout irait bien après ce qu'elle avait vécu à l'orphelinat. Il avait fallut qu'elle soit une Cracmolle. Une Cracmolle dans une famille qui les détestait au plus haut point : la famille Sullivan. "Sullivan", tellement longtemps qu'elle n'avait pas entendu ce nom... Elle aurait aimé ne jamais plus l'entendre. Ne jamais plus entendre le nom de famille de cette famille qui l'avait abandonné après avoir appris qu'elle était une cracmolle. Lentement, Lexie eut une vision floue et elle sentit de l'eau couler sur ses joues. Et voilà qu'elle faisait une nouvelle crise de larmes. Dans ces moments-là, elle ne pouvait pas se contrôler et elle pleurait parfois en silence et d'autres fois avec des sanglots déchirants. Là c'était une crise de larmes silencieuse. Elle aurait du empêcher l'elfe de repartir et lui faire promettre de ne rien dire, mais maintenant c'était trop tard. Finalement, elle aurait du rester dans le monde des Moldus, au moins que cela personne ne l'aurait reconnue. Après quelques minutes à pleurer à chaudes larmes, Lexie se ressaisit. Evangeline avait dit qu'elle repasserait et il fallait que tout soit prêt avant son retour. Lexie se mit donc à la confection du parfum de Ev' et y ajouta tout de même une pointe de cerise. Lorsqu'elle eut fini, la jeune femme le mit dans une belle bouteille et le déposa sur l'étagère des commandes. Après ça, elle attendit patiemment l'arrivée de clientes ou le retour de Ev'. Lexie était de dos quand elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir de nouveau. Elle rangeait les étagères pour ne pas faire foutoir quand on renter.

    Elle se retourna et se retrouva devant le regard bizarre de Evangeline... Comme si elle avait vu un fantôme. Tant qu'elle n'ouvrait pas la bouche, Lexie décida de continuer à faire semblant de ne pas être Lexie Sullivan. « Voici, pour vous Miss Whedon. » Elle avait toujours ce sourire aux lèvres qui semblait un peu crispé.
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MessageSujet: Re: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Dim 19 Juin - 20:24






    S'il y avait une chose que Evangeline ne supportait pas c'était que l'on se permette de venir chez elle sans la prévenir à l'avance. Dans son manoir, loin de Londres, hanté par les souvenirs monstrueux de son enfance qui la torturaient un peu plus chaque jour, Evangeline avait trouvé une sorte d'équilibre sordide. La présence d'étrangers dans son univers la perturbait. Cependant cette fois-ci était une exception, Aleanor avait une raison parfaite de la déranger. A peine dans l'entrée de son immense demeure, la sorcière laissa tomber ses sacs au sol, sachant très bien qu'un Elfe invisible viendrait les ramasser et les débarrasser pour elle. « Aly ? » appela-t-elle en se rendant dans le salon bleu où les deux cousines avaient prit le thé pour la dernière fois ensemble En la voyant entrer dans la pièce d'un pas vif, Aleanor Whedon se redressa brusquement, craignant d'avoir encore une fois provoqué les foudres de sa cousine. Leur dernière rencontre lors du repas annuel s'était très mal terminé, pour cause, la brunette avait chassé ses cousines de sa chambre à coup de cris et d'insultes sur une simple montée d'humeur.
    « Ev', je suis contente de te voir. Désolée de venir sans prévenir, mais j'ai trouvé des entrées de rêve ! » s'empressa de dire la jeune femme blonde en voyant sa cousine pénétrer dans la pièce. Sans rien dire, avec un pincement au cœur, Evangeline remarqua que Aleanor était elle aussi venue sans son esclave. Ce rappel de la liberté conditionnelle et provisoire des Knightingale aurait pu la mettre en colère si au contraire, il ne lui avait pas donné l'envie dangereuse de sortir et d'oublier. Avec un sourire charmant comme elle savait si bien les faire, la petite Evangeline approcha jusqu'à sa cousine et lui embrassa la joue avec une chaleur retenue.
    « C'est toujours un plaisir de te voir Aleanor, tu le sais bien » dit-elle en reculant et souriant chaleureusement. Parce que sa cousine la connaissait, elle savait qu'il ne fallait jamais prendre les paroles de Evangeline au sérieux. Si elle était accueillante et chaleureuse un instant, elle pouvait être méchante et violente la seconde d'après si l'envie lui prenait. « Installe toi et parle moi de cette soirée » l'invita la jeune Whedon.



    Une heure plus tard, Aleanor repartait sur Londres rejoindre Seylana, leur autre cousine, qui serait de la partie. Une soirée clandestine était toujours meilleure qu'une soirée ordinaire pour des raisons évidentes. En général, elles se passaient dans des endroits interdits au public, du moins pendant la nuit, comme le Ministère de la Magie une fois. Des substances illicites s'y trouvaient à foison et le risque omniprésent de se faire prendre par la police magique rendait le tout excitant. Evangeline adorait ce genre de soirée, voilà pourquoi elle ne voulait en manquer pour rien au monde. D'ailleurs, elle en avait donné deux ou trois qui resteraient dans les annales à jamais. Alors que sa cousine venait de partir, un Elfe de maison – celui qui était venu la chercher dans la boutique – arrivait pour débarrasser le plateau sur lequel se trouvait leur service à thé. Le méprisant au plus haut point, Evangeline l'ignora totalement et se mit à penser à sa soirée à venir.
    « Madame Whedon » commença l'Elfe en s'inclinant une fois. « Dois-je aller chercher votre parfum à la boutique de Madame Lexie Sullivan ? Il doit être prêt désormais » dit l'Elfe en s'inclinant une nouvelle fois. Evangeline qui ne l'écoutait qu'à moitié mit un certain temps avant de réaliser ce que la créature venait de dire. Elle le retint avant qu'il ne quitte la pièce.
    « Que viens-tu de dire ? » demanda-t-elle, les sourcils froncés.
    « S-simplement que le parfum de M-madame doit être prêt » répondit l'Elfe en se demandant s'il avait bien fait de prendre la parole une première fois.
    « Je me fiche de ton satané parfum ! De qui viens-tu de parler ? » s'emporta-t-elle, perdant patience comme neige fond au soleil.
    « De Madame Sullivan, Madame. »
    « Qu'est-ce qui te fait dire que la vendeuse était Lexie Sullivan ? Tu sais bien qu'elle est morte espèce de petit monstre sans cervelle ! » l'insulta la sorcière en se levant brusquement de son fauteuil.
    « Kaddy demande votre pardon Madame. Kaddy pensait avoir reconnu Madame Lexie Sullivan. Kaddy n'oublie jamais un visage. » se justifia l'Elfe en s'inclinant à nouveau si bas que son nez toucha le sol.
    « Va t'en » ordonna Evangeline en le regardant avec colère et peur. L'Elfe s'exécuta et disparu.



    Evangeline était de retour sur le chemin de Traverse, proche de la boutique. Quel imbécile ce Kaddy. Il racontait n'importe quoi ! Comment la vendeuse aurait pu être Lexie, sa Lexie, morte dans un accident il y a des années de ça ? Son Elfe racontait n'importe quoi ! Il méritait d'être puni pour sa stupidité, oser parler ainsi de fantômes si cruellement perdus ! Il savait à quel point les deux enfants étaient proches dans leurs jeunes années, comment pouvait-il la ramener sur le tapis ainsi ? Peut être voulait-il faire souffrir sa maîtresse, se venger de sa cruauté quotidienne ? Spade aurait pu, mais pas un Elfe. Ils sont bien trop dévoués pour ça. En poussant la porte de la boutique, la colère de Evangeline s'estompa immédiatement pour laisser place à un doute terrifiant. La vendeuse leva les yeux vers elle et en croisant son regard, la sorcière en vint à se demander si son Elfe n'avait finalement pas raison. Ces yeux verts, ses longs cheveux blonds, le fait qu'elle soit légèrement plus grande qu'elle mais pas trop. Et puis si Lexie avait survécu, elle aurait le même âge, non ? Evangeline entra lentement dans la boutique où se trouvait une autre cliente qui regardait les fioles d'un air distrait. Le pas lent, elle approcha du comptoir, sans quitter la fameuse vendeuse des yeux, la voyant comme pour la première fois. Et si son Elfe avait raison ? Après tout, elle aussi avait cru voir Lexie dans cette boutique. Mais c'était insensé ! Lexie était morte ! Comment pourrait-elle être là, sous ses yeux dans ce cas ?

    « Voici, pour vous Miss Whedon. » dit la vendeuse avec un sourire raide. Evangeline les reconnaissait tout particulièrement pour en voir souvent sur le visage des gens qui l'entouraient. La seule personne à ne pas lui adresser ce genre de sourire était Spade, parce que lui ne prenait même pas la peine de se montrer hypocrite. Étrangement, Evangeline appréciait ce trait de caractère, ce qui lui donnait une bonne excuse d'essayer de le rendre plus docile en le punissant encore et encore.
    « Merci » dit-elle en saisissant la fiole et la sentant. Cependant elle ne quitta pas la vendeuse des yeux pour autant, les mots de son Elfe de Maison raisonnant dans sa tête encore et encore. Le parfum était merveilleux. Immédiatement Evangeline senti son esprit s'adoucir sous la fragrance de la framboise avant de se sentir envahir par un frisson déroutant de passion coléreuse qui fut cependant parfumée par une touche de poésie qu'elle ne parvenait à reconnaître. C'était frais et discret, comme une brise de printemps. « Quelle est la dernière odeur sur la fin ? Je ne la reconnais pas mais je l'adore » demanda la cliente, les sourcils froncés mais un sourire aux lèvres. C'était bel et bien de la cerise, ce qu'elle avait refusé en premier lieux. La vendeuse était douée, si elle avait choisie cette odeur ce n'était pas pour rien. Le mélange était parfait. Une véritable merveille. « C'est magique » souffla-t-elle, ne sachant pas alors qu'elle s'adressait à une Cracmole. Evangeline régla sa commande, prise dans la confusion la plus déroutante. Qui était cette vendeuse à la fin ?! Alors qu'elle voulait parler, tâcher de recueillir des informations, la seconde cliente présente vint s'adresser à la vendeuse, poussant malgré elle Evangeline vers la porte. Sans un mot, la brunette quitta la boutique.

    Dans la rue, elle sorti sa petite fiole élégamment emballée et la regarda. Par la vitrine elle pouvait encore voir la vendeuse faire son travail. Il fallait qu'elle soit fixée. Tant pis si elle passait pour une folle auprès d'une inconnue, ce n'était pas comme si elle n'en avait pas l'habitude. Sur un coup de tête, Evangeline dit demi tour et poussa l'élégante porte de la boutique avec une certaine brusquerie. Ce fut le pas agressif qu'elle se rendit jusqu'au comptoir, poussant d'un coup d'épaule l'autre femme présente. Evangeline était sans gêne, et ce depuis toujours. « Lexie c'est toi ? » demanda-t-elle de but en blanc. Oui, elle demandait à une inconnue si elle était bel et bien sa meilleure amie morte. Finalement, Evangeline n'était pas qualifiée de folle pour rien... « Je sais que ça peut paraître fou » reprit-elle en fermant les paupières un instant avant de les rouvrir « Mais si c'est bien toi Lex', que tu te caches pour une raison ou pour une autre, saches que tu me manques. Reviens » Evangeline recula d'un pas, regardant la vendeuse à qui elle s'était adressée comme si elle parlait à quelqu'un qui n'était pas là, à quelqu'un qui ne pouvait pas la voir mais seulement l'entendre. Comme si Lexie, son amie d'enfance, était cachée dans le corps de cette vendeuse inconnue. L'autre cliente la regarda comme si elle était totalement tarée, ce qui n'était pas si faux. « J-je suis désolée... Je dis n'importe quoi. Lexie est morte il y a des années de ça, elle ne peut pas être vous... » reprit Evangeline, les larmes aux yeux en se massant le front un instant. Avec un dernier sourire dénué de joie, elle quitta à nouveau la boutique au pas de course, oubliant son parfum derrière sur le comptoir. Dans la rue, Evangeline se mit à rire tout en pleurant et marchant. Elle était folle, c'était certain.





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MessageSujet: Re: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Sam 23 Juil - 13:00



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    C'était vraiment très dur pour Lexie de se tenir si près de sa meilleure amie sans rien pouvoir lui dire. Elle était censée être morte aux yeux tous et ce n'était pas après dix ans qu'on faisait réapparition dans la vie des gens qu'on aimait. De plus, en dix ans, Evangeline devait avoir bien changé, tout comme Lexie aussi. Elles qui avaient partagés tellement de chose ensemble que même un livre ne pourrait contenir toutes les choses qu'elles s'étaient dites et qu'elles avaient fait. Cette période manquait énormément à Lexie. Maintenant qu'elle avait été amenée à y repenser, elle ressentait un manque quelque part au niveau de sa poitrine comme si voir Evangeline avait ouvert la porte où elle avait enfermé ce manque quelques années plus tard. Elle entreprit alors de faire ce que sa cliente lui avait demandé car même si elle était secoué par tous les souvenirs qui lui revenaient, elle se devait de faire son travail sinon Ev' se rendrait compte de quelque chose et ça, Lexie se l'interdisait. Si pendant dix longues années elle avait résisté à la tentation d'aller voir sa meilleure amie pour lui dire qu'elle était là, qu'elle n'avait pas succombé dans d'horribles souffrances dans le feu qui avait détruit sa maison, ce n'était pas pour qu'après tant d'années de combats, elle se jette dans ses bras dès la première occasion. Lexie devait rester neutre et tout ce passerait bien. S'activant du mieux qu'elle put en chassant les larmes qui auraient put venir la déranger, le parfum fut près bien avant que Evangeline réapparaisse dans sa boutique. Lorsqu'elle se présenta à elle, Lexie lui tendit le parfum dans l'attente du verdict. Tandis qu'elle le sentait, les yeux de Evangeline n'avait pas quitté le visage de Lexie qui essaya tant bien que mal de garder une expression neutre. Elle ne pouvait pas croire que sa meilleure amie d'enfance l'est reconnue. C'était sûrement à cause de cet elfe de maison, il avait du se venger et donner le nom de Lexie alors qu'il l'avait reconnu. La blonde ne voyait pas d'autres hypothèses. La voix de Evangeline la fit sortir de ses pensées.

    « C'est de la cerise Miss. Je l'ai quand même rajouté, malgré que vous ne le vouliez pas, pour rendre le parfum plus frais, et surtout plus facile à porter. J'espère que ça ne vous dérangera pas. »

    En entendant les mots sortir de la bouche de Ev', Lexie sut qu'elle avait fait le bon choix en lui désobéissant. Connaissant sa plus vieille amie, c'était très risqué de lui désobéir quand elle avait décidé quelque chose, mais la blonde l'avait quand même fait parce que c'était elle la parfumeuse et même si le client était roi, elle savait mieux que quiconque quel parfum allait à telle ou telle personnalité. Cependant, Lexie ressentit un pincement au coeur en l'entendant parler de magie. Magie qu'elle ne pourrait jamais exercer de part son statut de Cracmolle. Même si avec le temps, elle s'était habituée à sa condition, la jeune femme ne pouvait s'empêcher d'envier toutes ses jeunes femmes qui d'un coup de baguette magique pouvait faire ce qu'elle souhaitait alors qu'elle mettait le double du temps pour faire la même chose. Néanmoins, son sourire ne quitta pas ses lèvres. Elle ne devait pas s’apitoyer sur son sort. Elle était une Cracmolle et puis voilà, elle devait faire avec. Avant qu'elle n'est pu dire autre chose à Evangeline, une cliente la poussa et un éclair de surprise passa dans les yeux de la blonde. C'était vraiment étonnant que Evangeline n'est rien dit et qu'elle soit partie comme ça. Lexie savait que quelque chose la tracassait et elle se doutait que cette chose c'était elle. Elle aurait du changer d'apparence ou au moins se colorer les cheveux, elle aurait été moins reconnaissable. Evangeline partie, Lexie retrouva un peu de sérénité. C'était fini, elle ne reviendrait plus. Conseillant sa cliente, la jeune femme ne leva pas les yeux quand elle entendit la cloche de sa boutique indiquer que quelqu'un était entré à l'intérieur. Ce ne fut que lorsqu'elle vit sa cliente voler à quelques pas de l'endroit où elle se tenait précédemment que Lexie leva les yeux de sa tâche et rencontra ceux de Evangeline. Elle se décomposa lentement au fur et à mesure que les mots franchissaient les barrières que formaient les lèvres de sa meilleure amie. Pourquoi fallait-il qu'elle se rende compte que c'était elle. Maudit Elfe de maison. Sentant les coins de ses yeux piquaient, elle sut que des larmes allaient couler.

    Il fallut quelques secondes à Lexie pour se rendre compte que Evangeline avait quitté sa boutique. Faisant signe à sa cliente de l'attendre, la jeune femme sortit précipitamment de son office et courut pour rattraper celle qui avait partagé tous ces secrets dans son enfance. Lexie lui attrapa l'épaule et la fit se tourner de façon à la plaquer contre elle et de la serrer fort pour ne plus qu'elle parte. Une à une, les larmes de Lexie vinrent s'écraser dans la chevelure brune de son amie. Les sanglots déchiraient sa voix et elle ne put articuler que quelques mots alors que d'autres moururent aux coins de ses lèvres.

    « Chaton ... Pardonne moi »

    Ce fut tout ce qu'elle put dire alors qu'elle serrait de plus en plus fort Evangeline contre elle et qu'elle continuait de pleurer.

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MessageSujet: Re: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Jeu 11 Aoû - 16:26





    Evangeline marchait vite avec la douloureuse envie de rire tant la situation était ridicule. Mais comme toujours, ce fut la colère qui vint surplomber toutes ses émotions, étant tellement plus simple à gérer que le reste. La petite sorcière finit par se dire qu'elle allait punir son Elfe de Maison pour lui avoir donné ainsi l'espoir de revoir son amie d'enfance morte. Rien que de reformuler l'idée dans sa tête, ça sonnait tellement ridicule ! Lexie était décédée dans un tragique accident, elle ne faisait plus partie de ce monde depuis des années, il y avait même eu une cérémonie d'adieu, que demander de plus ? Que ça ne soit qu'une mascarade. Que Lexie ne soit jamais morte et fasse bel et bien partie de ce monde. Evangeline le savait. Si sa meilleure amie n'avait pas disparu, à l'époque où elle avait été violée, où la folie s'était emparée de son cerveau, elle aurait eu une chance d'être aujourd'hui heureuse. Peut être pas à ce point mais du moins en paix. Et la paix, c'est proche du bonheur. La jeune femme brune aurait eu la possibilité de parler à quelqu'un qui l'aime et la respecte, quelqu'un qui ne l'aurait pas accusée d'avoir elle même provoqué son viol, quelqu'un qui aurait apaisé ses angoisses. Cependant Evangeline n'avait trouvé personne, elle s'était enfoncée dans un mutisme qui l'avait tout droit conduite à la folie la plus pure.

    La sorcière ne resta pas longtemps dans le chemin de Traverse à envisager quelles punitions possibles infliger à son Elfe car elle fut bientôt rejoint par la vendeuse de la parfumerie. Surprise par ce contact inattendu, Evangeline haussa les sourcils, prête à attaquer avant de se rendre compte que la jeune fille désirait la prendre dans ses bras. Il y eu un moment de battement pendant lequel elle ne fit rien. La repousser ? Lui demander ce qui lui prenait ? Ca aurait été sûrement une bonne idée étant donné qu'elles ne se connaissaient pas et que Evangeline n'était pas réputée pour sa tendresse. Mais pourquoi un tel revirement de situation si ce n'était pas pour lui donner raison ? « Lexie ? C'est toi ? » demanda la sorcière dans un souffle, sans pour autant rendre son étreinte à la vendeuse, se contentant d'avoir les bras ballants, le visage perturbé.
    « Chaton ... Pardonne moi » murmura la jeune femme blonde.
    Il n'en fallut pas plus à Evangeline pour comprendre. La sorcière aspira une bouffée d'air, les yeux grands ouverts, son souffle suspendu dans le vide. Son cerveau ne fonctionnait plus, l'information n'était pas montée, elle était littéralement figée. Ce n'était pas possible. Si quelques minutes auparavant elle avait envisagé que ce soit le cas, maintenant que Lexie la serrait dans ses bras et pleurait au creux de son cou, Evangeline était persuadée que tout ça était faux. Non. Lexie ne pouvait pas être en vie, encore moins à Londres, dans le Chemin de Traverse à fabriquer des parfums hors de prix. Ce n'est pas logique, pas normal ! Toujours incapable de parler, Evangeline abrégea l'étreinte et fixa la jeune femme en larme, la bouche toujours bée. « Chaton » c'était son surnom, celui que seule Lexie avait le droit d'utiliser, pas même sa mère ou son petit ami Dick. C'était en lien à l'affection que portait Evangeline aux félins – ils étaient élégants et indépendants – mais aussi à son Patronus, un siamois qu'elle découvrit que bien plus tard.

    « L-Lexie ? C'est toi ? M-Mais tu es morte ! » souffla Evangeline, incapable d'en dire plus. Son amie d'enfance supposée décédée se tenait en larmes devant elle. Ce n'était pas un fantôme, ce n'était qu'une jeune femme qui s'était fait passée pour morte pendant des années. Sinon quoi ? « Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Pourquoi tu m'as laissé pleurer ton cercueil ? » demanda la sorcière brune les larmes faisant leur apparition. Puis, ce fut à cet instant que la nouvelle Evangeline réagit. Lexie n'avait rien dit pendant tout ce temps. Elle aurait pu la retrouver, elle aurait gardé son secret mais rien. Lexie l'avait abandonnée, elle était partie. Pour faire quoi, finalement ? Vendeuse. « Tu ne m'as rien dit » répéta Evangeline, cette fois-ci sans aucune trace de surprise, les larmes étant toujours présentes mais bien moins que la colère. Puis, sans aucune annonce, la gifle suivit. Elle était puissante, magistrale, royale, à en décrocher la mâchoire d'un homme fort. Pour cause, la sorcière brune s'entraînait depuis des mois sur Spade. Bien qu'elle soit plus petite – même perchée sur ses talons – la sorcière dominait son amie de toute sa prestance et son charisme. Le visage dur et fermé, elle la regarda se masser la joue. Sa lèvre inférieure tremblait, se retenant de pleurer davantage, quand elle poursuivit « Je ne sais pas quelles raisons t'ont poussées à faire ça Lex'. Mais tu n'avais pas le droit de me mentir. Pas à moi ! » finit-elle par crier frustrée, insultée, blessée. « Tu m'as tellement manquée... » reprit-elle avec douleur. Et avec autant de surprise que lors de la gifle, Evangeline se jeta au cou de son amie et la serra dans ses bras pour pleurer à son tour sa résurrection. « Tu as une mort à me raconter » dit-elle en la relâchant et lui adressant un rapide sourire complice.



[HJ : désolée c'est très court :fleche: ]

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MessageSujet: Re: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Mer 21 Déc - 22:51



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    Lorsque Evangeline était partie les yeux embués, Lexie s'était sentie coupable. Elle aurait aimé lui dire que c'était elle, qu'elle n'était pas morte, mais elle ne le pouvait pas. La vie qu'elle avait vécu depuis sa pseudo mort était trop précieuse pour qu'elle ne la gâche sur un coup de tête afin de consoler une amie. Cependant, Ev n'était pas une simple amie. Lexie et elle avaient passé leur enfance ensemble et la laisser dans cet état ne plaisait pas vraiment à la blonde. Elle se retrouvait donc confronter à un dilemme. Révéler sa véritable identité ou se taire et laisser dans cet état de détresse celle qui avait partagé ses jeux, ses peines et ses joies pendant des années malgré que Lexie soit plus âgé. Son choix fut vite fait et elle courut à la suite de Evangeline dans l'intention de lui apprendre la vérité. Mais avant, elle l'enferma dans ses bras. Elle ne put que murmurer que de vagues mots mais Chaton ressortit.

    Les larmes dégoulinaient le long de son visage pour atterrir dans les cheveux de la brune qui ne semblait pas encore se remettre du choc. Lexie avait fait exprès d'utiliser le surnom qu'elle lui donnait lorsqu'elles étaient petites car elle se doutait que personne n'aurait eu le droit de l'utiliser. Au lieu de parler, Lexie préféra se taire et laisser Evangeline parler et déverser sa colère. Elle avait parfaitement le droit d'être en colère et ça la blonde ne la blâmerait pas. Lexie l'avait laissé pleurer sur son cercueil puisqu'elle pensait qu'elle était morte. Cependant, Lexie avait plus d'une fois voulue donner de ses nouvelles à sa meilleure amie, mais elle n'avait pas pu le faire, finissant toujours les lettres lui expliquant la situation puis les mettant de côté sans jamais utiliser de hibou pour les envoyer. La jeune femme comprenait également la surprise de Ev. Revoir une personne que l'on pensait morte et toujours un choc, même pour une personne forte.

    Lexie n'était pas la seule avec le visage baigné par les larmes, celui de Evangeline aurait pu lui faire concurrence. Alors que Lexie pensait qu'elle allait enfin la rependre dans ses bras, la main de Ev atterrit sur sa joue avec une violence inouïe. Jamais la blonde n'aurait pensé que sa meilleure amie ait autant de force. Surprise par ce geste, elle leva lentement sa main vers sa joue pour la masser à cause de la douleur. C'était assez désagréable. Comme si la brune avait jugé que la gifle n'était pas assez, elle se mit à crier que Lexie n'avait pas le droit de lui mentir. Coupable, elle baissa la tête, les larmes aux yeux. Aussi vite que la gifle lui avait été administré, le petit corps de Evangeline se colla au sien dans une étreinte de tristesse et de joie. Lexie referma une nouvelle fois ses bras sur le corps de sa meilleure amie et la serra contre elle comme si elle allait partir à tout jamais.

    « Viens avec moi dans ma boutique, nous serons mieux pour parler. Je vais la fermer car c'est une très longue histoire. »

    La jeune femme rendit son sourire complice à son amie. Elle l'attrapa ensuite par la taille pour l'amener avec elle dans sa parfumerie. La cliente que Lexie avait laissé dans la boutique pour courir derrière sa meilleure amie était encore là à attendre qu'on prenne sa commande. Gênée, Lexie adressa un sourire à Evangeline avant de prendre la commande de cette dame. Ev ne savait pas jusqu'à il y a quelques minutes que sa meilleure amie était encore en vie, elle pourrait attendre quelques minutes que Lexie finisse son travail. Lorsque ce fut fait, la blonde raccompagna la dame à la porte et ferma sa boutique. Enfin seules, elle se retourna vers Evangeline comme si c'était un rêve et qu'elle disparaitrait comme par magie. La jeune femme avait tellement rêvé de ce moment qu'elle était peut être en train de confondre réalité avec rêve.

    « Tu veux quelque chose à boire ou à manger ? »

    Lexie parti dans l'arrière boutique prendre tout ce dont elle avait besoin. Elle pris ensuite un siège et se posa devant Ev afin de l'avoir bien en face d'elle.

    « Que veux-tu savoir ? Je préfère que tu me poses des questions, je ne suis pas à l'aise avec les monologues. »

    En fait, ce n'était pas avec les monologues qu'elle n'était pas à l'aise. C'était plutôt avec le fait de parler de son passé.
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MessageSujet: Re: « Il y a des visages que l'on oublie pas. Dans la mort comme dans la folie »   Mer 20 Juin - 10:33





    Evangeline était en colère. Pour cause, sa meilleure amie d'enfance censée être morte depuis des années s'était avérée être en réalité en vie, évoluant dans un mensonge si bien tissé qu'elle n'avait rien soupçonné. La jeune sorcière brune se fichait bien de connaître les raisons d'un tel mensonge, la chose qui lui importait étant de réalisé qu'elle ait été tenue hors du secret pendant tout ce temps. Evangeline était blessée mais avant tout : jalouse. Pourquoi Lexie était celle qui avait le droit d'avoir une histoire aussi passionnante à raconter et pas elle ? En général, les choses exceptionnelles, elles arrivaient à Evangeline, pas à Lexie. Elle, c'était celle qui suivait, qui écoutait et qui était spectatrice ou au mieux : au second plan. Impressionnée malgré elle, Evangeline ne pouvait s'empêcher d'être jalouse et menacée par la nouvelle assurance de son amie. Lexie avait visiblement grandie et la raison qui l'avait poussée à mentir ainsi ne pouvait qu'être énorme. Décidée à faire partie du secret, Evangeline tenait tout particulièrement à rappeler à la petite sorcière blonde qui était la patronne ici.

    Dans la boutique, Evangeline sécha rapidement ses larmes pour retrouver un air parfait et presque inoffensif qui ne trahissait pas Lexie qui la connaissait si bien. La sorcière brune était en colère et bien qu'elle soit décidée à écouter, elle n'en restait pas moins capable du pire d'un moment à l'autre. Marchant dans la boutique d'un pas lent et magistral, ses talons frappant sur le plancher, Evangeline renifla doucement avant de prendre la parole, le ton grave. « Tu veux des questions ? Les voici » Elle se tourna vers son amie le visage grave, appréciant de pouvoir dominer la situation à nouveau. « Pourquoi as-tu décidé de te faire passer pour morte ? Étais tu recherchée par la police ? Par quelqu'un de plus dangereux ? » Plus Evangeline parlait, plus le ton montait. La sorcière approchait au fur et à mesure de son amie, sentant la colère monter. « Si tu avais une si bonne raison que ça de te faire passer pour morte, pourquoi revenir quelques années plus tard travailler sur LE CHEMIN DE TRAVERSE ! Là où j'aurais pu te retrouver à n'importe quel moment ! Si tu voulais être morte il fallait le rester ou l'être pour de vrai ! Ne fait pas passer les gens par le deuil avant de revenir dans leur vie ! » Evangeline pleurait à nouveau malgré elle. Pourquoi les larmes ne cessaient pas de venir ? Pourquoi ne pouvait elle pas être simplement cette poupée de porcelaine vide de toute émotion ? Parce qu'un miracle venait de se produire. Lexie était de retour, c'était inouï ! Evangeline senti que son ton était inutilement monté. La sorcière se reprit, retint son souffle avant de soupirer pour se calmer. Son tempérament naturel avait encore frappé. Calmée, elle s'assit sur un fauteuil de velours pourpre, croisa les jambes et dit d'un ton étrangement calme. « Commence par m'expliquer pourquoi tu es morte. Je t'écoute. »

    Evangeline pria pour que l'histoire soit suffisamment exceptionnelle pour mériter une mort tout en redoutant le fait que Lexie soit devenue quelqu'un de bien plus intéressant et manipulateur qu'elle. Evangeline ne gérait pas très bien sa jalousie et encore moins la concurrence. Amis ou famille comprit.




[HJ : Désolée c'est très très court, mais c'est mon premier rp en 1 an °°]

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