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Angel Grisham
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MessageSujet: 2+2=4 [FE]   Sam 28 Juil - 15:14

Zut et flûte ! Nom d’un gnome ! Opal avait encore oublié de changer les litières des chats. Un recurvite n’était pourtant pas si compliqué. À croire que Miss McLane avait tout oublié de ses années d’études.
Bonne poire, Angel joua de sa baguette et rafraîchit les graviers des minets.
La décision de vivre ensemble n’avait pas été aussi facile que l’on pouvait s’y attendre de la part de deux inséparables de Poudlard.
Qui aurait pu prévoir qu’une Serdaigle et une Poufsouffle australienne s’entendent aussi parfaitement ?
La chose étant, quelques déboires sentimentaux faisant, les deux complices de toujours s’étaient loué un gentil appartement dans la banlieue londonienne.
Chacune y trouvait son compte puisqu’Angel était proche de sa boutique de potions au chemin de traverse et qu’Opal ramait gentiment avec son mini restaurant plus ou moins au même endroit.
Si Miss Grisham donnait fréquemment un coup de main à Opal lors des coups de feu en cuisine, elle n’escomptait pas la réciproque de cette fille énergique. Cela importait peu.

L’appartement pimpant, Angel noua le ruban de sa cape, vérifia le lissé de son chignon strict, et transplana près du chaudron baveur.
Un salut souriant à Tom, l’aubergiste, elle alla dans l’arrière-cour et tapota les briques comme on lui avait appris longtemps auparavant.

Le chemin de traverse n’avait rien d’aussi gai comparé à celui connu antérieurement, celui de ses années d’études. Fini l’animation insouciante de badauds affairés entre affaires et emplettes. Il était tôt, certes. Mais, d’ordinaire à cette heure nombre de boutiques accueillaient déjà des clients, des gens souriaient, or là…


*Fichue guerre…*


Beaucoup de gens avaient fichu le camp de peur des retombées à cause de la nouvelle loi du sang. Il fallait se recenser au ministère avec de graves sanctions en cas de manquement ou, pire, d’appartenance à un sang « impur ». De ce côté, Angel était tranquille. Bravache, elle s’était présentée en affirmant être sang-mêlé. Il lui avait fallu avouer avoir été adoptée et que ses parents biologiques, les Gloss, étaient purs. On l’avait alors laissé tranquille et Angel pouvait continuer à exercer, comme si rien.

Un coup de baguette déverrouilla la porte de son officine, elle entra et aussitôt ses soucis s’envolèrent. Le diffuseur d’arômes apaisants de son cru fonctionnait vraiment bien. Dès qu’une personne franchissait ce seuil, un bienêtre parfait l’envahissait. Si bien que côté clients, Miss Grisham ne pouvait se plaindre.
Elle savait que beaucoup entraient dans ce lieu juste pour dissiper leurs tracas, elle ne leur en voulait pas.


*Si je parvenais à créer la potion de bonheur, j’en aspergerais le nid des vipères qui nous empoisonnent…*

Encore fallait-il savoir où ces maudites gens se terraient…

De bonne humeur, Angel passa dans l’arrière-boutique et commença à préparer les commandes en cours.
Soudain, la clochette magique de l’entrée cria sa ritournelle :


Bienvenue ! Détendez-vous !

En tablier, Angel sortit vers le petit comptoir en retirant ses gants en peau de dragon.
Là, respirant à pleins poumons pour se calmer, se tenait sa colocataire...
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Opal McLane
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Sam 28 Juil - 16:35

Transplaner ? Non merci ! Opal détestait la sensation de révulsion stomacale qui s’en suivait ! Bien sûr, se balader en métro en heure de pointe n’était pas la joie mais enfin, on n’en était pas à ce détail près.

*Mince…j’ai encore oublié de nettoyer la litière des chats…Angel va m’envoyer au diable !*

Cela arrivait deux fois sur trois. Opal jurait être à point de se reformer mais ce n’étaient que vaines illusions. De nature étourdie mais pleine de contagieuse vitalité, Miss McLane allait de par ce monde, joyeuse et désinvolte, laissant à d’ autres le loisir d’être sérieux et sensés, ce en quoi son amie Angel excellait, sans discussion. Elle était parfaite, Miss Grisham. Opal le reconnaissait sans ambages, sans la moindre ironie et en toute bonne foi. L’envie de lui ressembler ne l’avait jamais effleurée. Selon elle, c’était dans le fait d’être si paradoxalement différentes que résidait le succès de leur entente.

Emportée par la foule consciencieuse, la jeune australienne sortit enfin à la lumière du jour. Bien blafarde, la lumière, accompagnée d’un crachin impénitent et d’un petit vent aigrelet.

*Ouais…vive le climat anglais…quelle misère !*


Kitty Lawson avait déjà ouvert le restaurant et s’occupait du ménage matinal quand Opal débarqua en pestant contre les derniers édictés du Ministère.

Manquait que ça…ils s’attendent à quoi cette flopée d’imbéciles ? Sang Pur par ci, Sang Pur par là…on en a ras le bol…veux les voir , moi, ces puristes, foutre quelque chose d’utile…B’jour, Kitty…j’arrive vous donner un coup de main !

En un temps trois mouvements, le petit local fut nickel. Mrs. Lawson employait judicieusement les meilleurs sortilèges domestiques, Opal elle, s’y prenait comme un pied. Sept années à Poudlard semblaient l’avoir survolée, sans laisser trop de traces. La miss oubliait les trois quarts du temps qu’elle était aussi une sorcière. On avait beau le lui en faire la remarque, voire le reproche, rien n’y faisait. Pourtant à l’heure du fameux recensement ministériel, elle avait défendu sa cause de sang mêlé avec l’ entrain digne d’un sorcier exemplaire.

Non mais, on aura tout vu. Alors, selon vous, Mr. Guilefoy, le fait que mon père soit un moldu brise vos schémas établis de perfection ? Vais vous en apprendre, deux trois trucs, moi…ma mère est un sang pur…plus pur que ça…tu meurs !...Une Abernathie. Fille de Lord Gideon Abernathie…oui, le même, avec les favoris marrants qui siège au Magenmagot…allez le lui dire donc…que vous pensez que sa petite fille n’est pas une digne sorcière ! Vous savez ce qu’il vous ferait, mon grand-père ?...Pâtée pour chiens !

Elle n’y croyait pas un mot mais se garda bien de le dire, sûre d’avoir la paix au moins pour un bon moment.

Oubliant ses déboires « sanguins » elle s’appliquait à l’élaboration du menu du jour quand Mrs. Lawson vint la distraire de ses réflexions.

On a un client !

Euh…c’est l’idée non ?...

Ben, celui là…il a l’air…enfin, venez voir vous-même !

Curieuse, Opal lui emboîta résolument le pas. Affalé sur une chaise, au fond du petit salon, un grand gars blond, assez hagard, lançait des regards affolés autour de lui. En les voyant arriver, il bondit sur ses pieds, l’air de qui est prêt à prendre incessamment la poudre d’escampette.

*Il a l’air plutôt épouvanté, celui là !*

Bonjour…bienvenu « Chez McLane », que pouvons nous faire pour vous ?

Abasourdi, l’inconnu fixait la baguette que Mrs. Lawson tenait à la main. Quand elle joua avec pour faire apparaître plats et couverts, il couina affolé avant d’émettre quelques mots incompréhensibles.

Hey…du calme !...Mince alors, vous êtes pâle comme un mort…Kitty, un verre d’eau avant qu’il ne tombe dans les pommes….Là, asseyez vous ? Qu’est ce qui se passe ?...Me dites pas que vous avez croisé des Mangemorts…cette racaille écume les rues…Allez…

Nouveau discours abscons. Un verre d’eau apparu par magie mit le feu aux poudres. Le gars s’effondra sur la chaise, les yeux exorbités de terreur.

Sacré nom d’un gnome…pire qu’un moldu…Bon sang, calmez vous ! Buvez l’eau…allez…glou…glou ! Cela vous remettra les idées en place !...Non, ne recommencez pas votre discours…je pige trois fois rien…Vous comprenez l’anglais, au moins !?

Regard légèrement outré, acquiescement enragé.

Ben alors…racontez plutôt ce qui vous affole…

Mal lui en prit. Devinant plus qu’autre chose, Opal saisit les bribes d’une histoire singulière…très singulière, en fait. Trop pour rester les bras croisés. Compatissante, Miss McLane tapota gentiment le bras de l’inconnu.

Bougez pas d’ici. Personne ne vous fera rien…j’ai dit bougez pas !...Je reviens dans un instant…non ! Vous restez là !!!

Laissant à Kitty le loisir de couver le client en pleine crise, elle fila comme le vent.

« Bienvenue ! Détendez-vous ! »

Ta gueule !...ANGEEEL !!!!

Son amie sortait déjà de l’arrière boutique. Impeccable comme toujours, pas un cheveu de travers, Miss Grisham, experte potionniste, qui avait souri d’avance en pensant à un client civilisé, fronça un peu les sourcils en la découvrant là, échevelée, à bout de souffle.

Tu dois venir avec moi, c’est URGENT !!!...Mais non…j’ai empoisonné personne…y a pas le feu non plus…arrête de poser des questions et viens...Boucle ta boutique…Comment que tu peux pas !?...Tu veux voir…Bon sang, Angel, fais pas de chichis…Tu veux que je te raconte ?...Seigneur, quel manque de spontanéité !

Brefs mots débordants de bon sens la mirent à sa place. Elle n’en démordit pas moins.

On s’en fout un peu oui…Ok, tout ce que tu voudras mais là… tu DOIS venir…à deux on pourra peut être piger mieux ce qu’il raconte…Bien sûr qu’il ne parle pas anglais…enfin pas trop…Allez…on se grouille !

Cinq minutes plus tard, suivie d’une Angel assez récalcitrante, Miss McLane était de retour. L’inconnu n’avait pas bougé. Il semblait plutôt pétrifié face à une tasse de chocolat fumant, remède souverain pour tout genre de détraquement nerveux et spirituel, sauf qu’il n’en semblait pas convaincu du tout.

Kitty, apportez en pour nous aussi…Il a dit quelque chose ?

Pas un mot.

Ok, cher monsieur…on va y aller doucement…Voici Angel…moi, je suis Opal et vous ?

*Crache ton morceau, mon pote…on va pas jouer à Tarzan et Jane, là !*

Angel y mettant du sien, rassurante dans son calme impérial, il finit avouer se nommer Erik et venir de la Suède.

*Génial, un viking confus !*

Buvez donc votre chocolat, Erik…Je vous jure qu’il est pas empoisonné…pourquoi le serait il, en fait ?...Tant qu’à faire…Kitty, des croissants…ça me donne faim, les interrogatoires, moi !...Alors, bel ange…prenez votre temps…déjà qu’on a rien de mieux à faire !...Fais gaffe à ton coude, Angel…il est rudement pointu !

En tout cas, le jeune suédois sembla beaucoup apprécier les croissants. Sans aucun besoin de magie, il les fit disparaître en un temps record.

*Super...en plus, il crève la dalle, là !*

Soupir…
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Sam 28 Juil - 18:07

Sa bourse avait beau être conséquente, même additionnée des couronnes généreusement octroyées par le patron de son père, Erik n’avait pas tardé à constater qu’elle ne suffirait pas à ses besoins.
Quand on lui avait proposé d’aller poursuivre ses études en Angleterre, l’opportunité était trop belle pour la refuser. Il avait sauté dessus, sans trop réfléchir à ce que serait sa vie dans ce pays inconnu.
Ses débuts furent laborieux, surtout avec son accent à coucher dehors que peu captaient.
Sans doute une fée s’était-elle penchée sur son berceau ? Erik était doué et il posséda très vite la langue de Shakespeare.

Cela faisait maintenant six mois qu’il avait posé son sac de sport dans le minuscule studio loué chèrement aux Perkins, deux sœurs bigotes et strictes. Alicia était sa préférée. Moins revêche et plus ronde que Padma, elle lui refilait souvent des restes de table. Part de quiche, pudding ou aile de poulet, Erik acceptait tout avec entrain. Le loyer était assuré pour l’année complète mais ces « gratitudes » étaient les bienvenues car son pécule avait vite fondu malgré d’énormes efforts d‘économie.
Qu’en pouvait-il si ses abonnements coûtaient la peau des fesses et que son estomac criait famine sans cesse ? Son argent de poche réduit à néant en deux mois à peine, Erik s’était dégotté des petits boulots à l’université et ses abords. Hélas, même en nettoyant des locaux et en faisant des plonges occasionnelles le soir, il rentrait souvent crevé et affamé.
Ses cours se passaient bien dans l’ensemble surtout quand il assimila les subtilités de la langue.
Rat de bibliothèque dès la fin de ceux-ci, il passait de longues heures studieuses plongé dans les légendes et contes médiévaux avant d’aller vaquer à des choses plus utilitaires qui lui rapportaient quelques livres hebdomadaires de survie.

Ce jour-là, Erik était morose. Le restaurant qui l’employait l’avait remercié et l’université fermait ses portes pour un congé quelconque dont il se serait bien passé. La bibliothèque lui était ouverte mais si sa fringale de lecture se rassasiait, son estomac point.
Il déambulait bêtement dans Charing cross road en reluquant les vitrines à la recherche d’une affichette demandant une aide ordinaire quand son attention fut attirée par une bizarre enseigne rouillée qui oscillait au vent frisquet du matin. L’avait-il déjà vue ? Il aurait juré que non.
Intrigué, il traversa la rue avec prudence - puisque ces gens roulaient à gauche- et poussa la porte d’un lieu totalement inédit.


*Fais demi-tour, fiche le camp*
lui murmura son instinct.

C’était quoi… ça ?
Hormis la faune qui y séjournait, il s’agissait d’une auberge, manifestement.
Planté sur le seuil, il ouvrit des yeux ronds. D’accord, des pubs bizarres il en avait vus mais celui-là battait les records. Des gens en cape… un mobilier rustique… des ( ?) grimes. Avait-il raté qu’un bal masqué avait lieu dans le coin, en plein jour ? Sinon, comment expliquer cette « femme » ( ?)hideuse qui bouffait du foie cru dans un coin, ce gars qui portait une queue-de-pie jaune canari en gobant des… asticots( ?), cette mégère échevelée qui vitupérait à l’encontre de sa chope en étain d’où s’échappaient des coassements… ?
Le bon sens lui intimait de rebrousser chemin. C’était sans compter sur la malchance.
Un mec baraqué entra derrière lui et le poussa en avant.


Dégage !

Le patron de l’auberge, un édenté, lui grimaça un sourire tordu :

Vous désirez, mon ami ?


Avsluta (Sortir)

Je crains que nous n’en ayons pas, dit Tom. Peut-être une bièraubeurre?

Erik s’en ficha. Il ne fixait que le dos de celui qui l’avait bousculé et, tel un automate, lui emboîta le pas. Qu’est-ce qu’il foutait dans cette cour en tapotant des briques avec un bout de bois?
Le résultat de la manipulation sidéra le jeune homme qui vit s’ouvrir devant lui... une porte.


*N’y va pas* lui dicta sa conscience.

Il suivit le mouvement et débarqua dans un lieu si étrange qu’il en eut le tournis.

*Lugna * (Calme)

Plus facile à penser qu’à faire.
Se croyant dans un rêve, Erik entama sa découverte du chemin de traverse.
Jamais il ne s’était drogué, ni enivré, pourtant ce qu’il voyait semblait être issu d’un cauchemar.
Peu de gens circulaient mais tous étaient bizarres, les enseignes des boutiques croisées aussi.


*Des chaudrons, du quidditch, le royaume du hibou, Fleury et Botts, Guipure...*

Il titubait, ne pigeant que dalle.
Trembant de tous ses membres, il poussa la première porte à portée, celle d’une sorte de restaurant ,et s’affala sur une chaise. Une personne lui parla un langage abscons, une autre intervint:


Bonjour…bienvenue « Chez McLane », que pouvons-nous faire pour vous ?

hjälp mig. Var är jag?

Chassez le naturel, il revient au galop, c’est connu. Là, Erik était out de chez out. Il ne pigeait plus rien, ne demandait que la paix.
Gnome, Moldu? De quoi parlait cette fille?


Ben alors…racontez plutôt ce qui vous affole…


Trop effondré, il répliqua n’importe quoi en mélangeant les langues. Si bien que la demoiselle plia bagage en le laissant avec la première.
Tout ce qu’il parvint à faire fut de se prendre la tête à deux mains en espérant que le cauchemar cesse. Raté !
L’hôtesse revint avec une autre jeune femme.


Ok, cher monsieur… on va y aller doucement… Voici Angel… moi, je suis Opal et vous ?

Moi, Erik ! parvint-il à articuler, desséché.

Un chocolat chaud, un geste de bout de bois, Nielsen s’apaisa. Wow, des croissants frais! Ça faisait une éternité qu’il n’en avait eus sous le nez. Il les dévora et soupira:

Erik pas d’ici. Rêve, n’est-il pas?

La carafe d’eau déversée Dieu sait comment sur le crâne lui prouva que non.

Ok! Erik pas payer l’eau. Il doit quoi pour störning... euh, ennui?

Il fouilla ses poches et en sortit un misérable billet d’une livre sterling.
La brunette aux yeux clairs s’assit et entama un discours singulier auquel il ne comprit goutte.


Erik rêve. Sorcier, moldu, inte förstå. Il veut rentrer autre côté.

C’était un beau rêve: deux belles jeunes femmes le regardaient avec attention. Oserait-il profiter de la situation? Il n’en eut pas l’occasion, une sorte de voile lui tomba dessus et son nez plongea dans l’assiette vide.
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 29 Juil - 8:26

Londres. Cela le changeait pas mal du décor habituel : les zones de conflit. Une ville trépidante où les gens vont et viennent sans besoin de se tirer dessus. Flâner, insouciant, sans penser à rien d’autre qu’à prendre du bon temps, le temps de prendre un peu d’écart pour se remettre de ses dernières aventures. Encore une fois, il s’en était tiré sans trop de peine et assez de gloire comme pour en être orgueilleux. Son agent, ravi, lui avait accordé des vacances bien méritées.

Balade paisible en tenant SaP en laisse ? À d’autres avec l’illusion. Le grand afghan était tout sauf un toutou docile. Doté d’un surplus d’énergie et d’une imagination débordante, il ne ratait pas l’occasion de se fourrer et le fourrer lui, dans des pétrins impossibles. Quel besoin a un chien bien nourri, soit disant bien éduqué, de se sauver à toute vitesse, de débouler dans une charcuterie et filer avec des saucisses ?

Et m***e avec toi…tu sais combien elles m’ont coûté, ces fichues saucisses ? Tu devrais avoir honte !

Honte ? Ça se mange avec quoi ?, semblait demander SaP en croquant allègrement la dernière du lot de six, avec évidente satisfaction.

La prochaine fois…je t’abandonne au refuge de chiens perdus. Pigé ?

J.O en serait incapable et SaP le savait mieux que personne. Repentant, pour si jamais, il jappa en tendant sa patte. Irrésistible. Remis en laisse, il trottina, le plus dignement du monde, aux côtés de son maître. Fameux duo, que le leur. Ils en attiraient, des regards. Toutou jouissait de l’admiration suscitée, après tout de très noble lignée, il avait un égo assez surdimensionné. Son maître, moins égocentrique, ne trouvait rien à redire. De quoi allait il se plaindre ? Cela faisait plutôt plaisir de voir des jolies filles se pâmer devant SaP, tout en lui accordant des regards suggestifs.

Le climat ne se prêtant pas trop pour une longue promenade dans le parc, force fut de se trouver une occupation alternative. Ni le chien ni lui n’avaient envie de rester dans leur suite à regarder la TV. Un de ses ex-camarades de Salem avec qui il maintenait le contact, ne tarissait pas d’éloges sur le monde sorcier anglais, si différent du leur.


Si tu vas à Londres, avait il dit, ne rate surtout pas le Chemin de Traverse…c’est un endroit fantastique !

Mark avait eu la bonté de s’étendre à loisir sur les détails pertinents. Nanti de l’information nécessaire, il ne restait qu’à se mettre en chemin. Charing Cross Road. Facile à trouver. L’enseigne grinçante du Chaudron Baveur, inratable.

Tiens toi, SaP…sont sorciers, les gens là dedans…tu fais des tiennes, on te transforme en boudin !

Maintien princier.

Traverser le pub enfumé, fréquenté par la faune la plus excentrique de tous les temps, en tenant en laisse son bel ami poilu n’attira pas énormément l’attention, on en avait certainement vu d’autres, dans le coin ! Venir à bout du mur de briques demanda quelque science mais l’entrée finit bien par s’ouvrir. Ce fut comme entrer dans un autre monde où le temps se serait figé une bonne paire de siècles auparavant. Son ami Mark lui avait assez bien décrit les lieux comme pour se rendre compte que quelque chose avait sensiblement changé depuis la visite de son copain, une bonne dizaine d’années de cela. L’ambiance, contée comme festive, frayait le déprimant. Pas mal de boutiques longeant l’allée pavée étaient fermées, leurs devantures closes par des planches. Placardés un peu partout, des avis officiels appelaient la population à un recensement ministériel. Peu de badauds se baladaient par là et la plupart arborait une mine de circonstance assez funèbre.

Un petit vieux chenu à robe verte et cape bleue, s’approcha en clopinant, appuyé sur une canne, attiré par la noble allure de SaP. Il avoua posséder une animalerie et être très intéressé par le spécimen. J.O le tira vite fait de sa bévue. Toutou n’était pas à vendre. Le vieil homme sourit, compréhensif.

Vous êtes étranger, non ?

Oui. Américain. On m’a beaucoup parlé de cet endroit…mais là…que se passe t’il ?

Mauvais moment, fiston, pour une visite. Les temps ont trop vite changé et pas pour le mieux…

Le vieil homme avait envie de bavarder. Nullement circonspect, il ne se gêna pas pour brosser un tableau de la situation. Puristes à l’attaque. Tout celui dont le sang ne serait jugé assez pur pour camper dans les rangs sorciers était poursuivi, arrêté et Merlin savait quoi encore. Beaucoup avaient préféré s’exiler sous des cieux plus cléments, sans vouloir faire l’expérience de la justice expéditive du nouveau Ministère.

*Pas à dire, charmant, le coin.*

Ils flânèrent par là, insouciants mas quand le crachin mua en pluie, chercher un abri devint prioritaire. L’enseigne colorée de « Chez McLane » attira son attention. Espérant qu’on n’aurait rien en contre des chiens, J.O poussa la porte et ils entrèrent. Au premier abord, on aurait cru le local désert mais à peine fait deux pas, des voix énervées lui parvinrent. Des femmes assez affolées discutant entre elles sur un tiers en mauvaise posture. Trop curieux pour rester discret, J.O pointa son nez. Le tableau était des plus édifiants. Trois femmes et un gars, vraisemblablement mal en point. Elles parlaient en même temps. L’une d’elles, la plus âgée, avec un accent cockney à couper au couteau, l’autre, une brunette délicieuse, avec diction distinguée et la troisième, cheveux aussi ébouriffés que sa diction. Le pauvre gars, affalé à sa place, ne semblait pas savoir où en donner de la tête.

Et comme il se doit en toute situation où la politesse est de mise, SaP décida de s’en mêler. Se détendant d’un bond, il déséquilibra son maître qui butant contre une chaise, lâcha la laisse pour aller s’étaler, en grand fracas. Libéré, le chien ne trouva mieux qu’aller semer la pagaille là où on en avait le moins besoin. La menace poilue attaquait de nouveau. Sa première proie de choix fut la jolie brunette qui se défendit de son mieux.


SaP…arrête ! SaaaaaaaaaaaaaP !!!

L’autre, baveux et euphorique, s’en prenait à l’autre jeune femme avant de bondir lécher le visage du gars qui se débattit, outré de l’assaut, en lâchant une bordée de jurons en suédois juste avant de se retrouver étalé par terre.

Ursäkta mig... min hund är galen
(excusez moi, mon chien est fou), bafouilla J.O sans doute avec un accent affreux.

Arrêt sur image. Même Sap cessa son joyeux manège. On le considéra avec des yeux ronds. La brune aux cheveux ébouriffés eut l’idée de lui tendre la main pour le remettre sur pied.

Suis désolé...il pleut...j’ai cru...enfin...euh oui...je parle un peu de suédois!...Ah bon?...Cela vous arrange?...SaP, assis...arrête ce cirque. Pardon, miss...vous disiez!?

Elle en disait des choses. Il retint l’essentiel. Son prénom était Opal, son amie était Angel, leur problème, plus simple impossible: un suédois paumé au bord du surmenage, incapable de se communiquer de façon cohérente.

Pour commencer, il se présenta mais passant outre les circonvolutions sociales on le pria de tirer le plus d’information possible du dénommé Erik. Une vraie partie de plaisir. Accent ou pas, ses connaissances du suédois permirent d’éclaircir certains points obscurs. La vérité éclata, surprenante.


Ben...il est entré au Chaudron Baveur, a suivi un type qui a ouvert le mur et est arrivé ici. Tout est trop bizarre, il n’a jamais rien vu de pareil...je lui ai expliqué qu’on est des sorciers...il pense qu’on est dingues et nous envoie...au diable!

Les termes originaux avaient été des plus choisis mais il n’eut pas le cœur de les répéter. Le suédois étant en passe de se fâcher tout rouge, J.O délaissa la diplomatie.

Écoute, mon pote...que tu le veuilles ou pas, si tu l'as vue, la fameuse enseigne, cela ne veut dire qu’une chose...t’es aussi sorcier que moi...donc arrête de beugler...tu les effrayes, ces gentilles dames...

Agréerait...agréerait pas...restait à voir!
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Angel Grisham
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 29 Juil - 14:54

Opal McLane avait toujours été la fonceuse du duo. Angel la connaissait par coeur et ne s’étonnait plus de ses sautes d’humeur même si, dans le fond, cette bouillante jeune femme était d’une timidité effroyable quoique sensiblement inférieure à la sienne.
N’empêche que de la trouver aussi énervée derrière le comptoir intrigua beaucoup la potionniste. D’ordinaire, ceux qui entraient s’apaisaient, or l’Australienne était dans tous ses états.


Tu dois venir avec moi, c’est URGENT !!!

Ne me dis pas qu’un de tes clients est malade, tu n’as pas…


Mais non…j’ai empoisonné personne

Tu as mis le feu, c’est ça ?

Rien de tout ça heureusement. En résumé, Opal était confrontée à un cas peu commun. Un gars qui ne pigeait pas l’anglais squattait son resto. Elle voulait tout bonnement qu’Angel ferme boutique pour l’aider avec ce type.
Tout à un prix, l’amitié aussi.
Même si elle ne voyait pas ce que sa présence apporterait en l’occurrence, Angel préféra suivre son amie que de subir ses foudres plus tard. Elle régla la gazinière sous le chaudron puis accompagna sa coloc.
Effectivement il y avait bien un jeune homme paumé dans l’établissement. Il avait bu un verre d’eau mais ne semblait pas remis pour autant d’une espèce de commotion cérébrale et ce n’était pas les questions incisives de Miss McLane qui allaient le détendre. Angel prit doucement le relais :


Vous semblez perdu. Mon amie nous a présentées, pouvons-nous connaître au moins votre nom ? Vous en avez un, n’est-ce pas ?

Moi, Erik !

C’était un début. Il comprenait leur langue. Opal insista pour qu’il avale chocolat et croissants sans rater des allusions qui obligèrent Angel à lui flanquer un coup de coude dans les côtes.


Votre… accent n’est pas commun… Viendriez-vous du Nord ?

Malgré la cruche d’eau déversée sur le crâne du blond, Angel n’en sut pas plus sur le moment car un autre client venait d’entrer. Il n’était pas seul. Une tornade poilue lui sauta dessus lui léchant le visage avant de s’en prendre aux autres tandis que son maître se relevait, confus. Tiens, il parlait la même langue que l’autre ?

Mr West, auriez-vous l’amabilité de questionner ce jeune homme s’il vous plait ? On ne sait, ni ne comprend rien à ce qu’il dit.

Avec la tête de quelqu’un tombé dans un asile de fous, le Suédois et le nouveau venu entamèrent une étrange discussion que traduisit l’Américain :


Ben...il est entré au Chaudron Baveur, a suivi un type qui a ouvert le mur et est arrivé ici. Tout est trop bizarre, il n’a jamais rien vu de pareil...je lui ai expliqué qu’on est des sorciers...il pense qu’on est dingues et nous envoie...au diable!

Charmant garçon, se pinça Angel. Pourriez-vous lui signaler qu’ici on ne mord pas et que s’il est là, c’est qu’il est de la même espèce que nous ?

Mr.West s’acquitta de sa mission mais le grand blond ne parut pas convaincu pour autant.
La baguette d’Angel se leva. Au lieu d’une cruche d’eau sur la tête comme précédemment, elle lui expédia un léger revigor qui obtint l’effet désiré.


Vous êtes en sécurité, chez… les vôtres. Vous ignoriez en être ?

Une nouvelle fois, Mr. West fut traducteur. Apparemment, l’étranger ne pigeait rien à cette situation.

Des né-modus, ça existe ! affirma-t-elle sitôt les choses précisées. Mais, là, j’ai une potion sur le feu. Opal, sans te commander, nourris Erik. On s’arrangera pour les frais. Je dois y aller.

Digne et posée, elle entama un demi-tour parfait. C’était sans compter avec l’impétueux chien afghan qui lui barra la sortie.

SaP… *Drôle de nom* écarte-toi.

Au lieu de quoi, le chien jappa en remuant sa curieuse queue en trompette.
Une légère rougeur lui empourprant les joues, Angel insista en pointant sa baguette :


Laisse-moi sortir ou il t’en cuira !

Le bois magique changea de main, la laissant pantoise et irritée :

De quoi vous mêlez-vous ? Rendez-moi ma baguette de suite !... Question idiote ! Bien sûr que je ne ferai pas de mal à votre toutou. Je DOIS sortir. C’est si dur que ça à piger ? Il est des potions qui…

Une explosion formidable retentit, faisant vibrer les vitres.
Décomposée, Angel vit avec horreur une volute de fumée noire s’élever non loin.
Si un bras secourable tenta de la soutenir, elle n’en vit rien, se ruant dehors.


Mon labo !

Pour courir, elle vola presque. Déjà des badauds se pressaient au portillon tandis que des braves gens lançaient des aguamenti à tout va.

Merci ! Arrêtez, c’est rien ! leur cria-t-elle avant de foncer sous la pluie diluvienne créée par les baguettes.

Rien était vite dit.
La clochette de l’entrée fanfaronna :


Bienvenue ! Détendez-vous !

La ferme, toi ! cria Angel qui voulut lui clouer le bec d’un coup de baguette sauf qu’elle eut beau palper sa poche, elle ne la trouva pas.

Quelqu’un était dans son dos et résolut le problème. Son bois récupéré, elle grimaça un « merci » rapide puis fonça à l’arrière-boutique d’où venait la fumée.
Toussant, les yeux larmoyants, elle put réaliser un sortilège de ventilation express qui rendit l’atmosphère quasi normale.
Les épaules si droites retombèrent devant l’ampleur des dégâts.
Un chaudron éventré, de la suie partout, une brèche au plafond, Angel resta figée, le menton tremblant :


Ma mère va me tuer, bredouilla-t-elle, à deux doigts de pleurer.
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 29 Juil - 18:29

Affamé, affolé et affaibli allez savoir pourquoi, le blond ne trouva mieux que piquer du nez dans l’assiette vide. Optant pour le moyen plus à main pour une réanimation routinière Miss McLane lui versa une cruche d’eau fraîche sur la tête, ce qui lui valut des œillades mitigées des deux sorcières présentes.

Ok…sorry, j’y ai pas pensé…

Pas le temps de s’étendre sur plus d’explications, la porte d’entrée s’ouvrait livrant passage à un client et son chien. Au cas où on pourrait appeler ainsi le tourbillon poilu qui s’abattit sur les présents dans un déploiement d’enthousiasme déconcertant. La bestiole s’en prit à tous et chacun avant d’être copieusement injuriée par le suédois furieux. C’est le moment que choisit le maître du chien pour se manifester.

Ursäkta mig... min hund är galen

De même!, grommela t’elle en lui tendant néanmoins la main pour l’aider à se relever d’entre les chaises, dites donc...ca sonne un peu à ce qu’il parle, lui...

Le maître de la menace poilue reconnut parler suédois et fut, illico, institué comme traducteur officiel, sans même lui demander son avis.

Angel prit l’affaire en main, guida les questions à poser au pauvre paumé et une fois découverts les motifs de sa présence en ces lieux, eut la bonté d’ame de lui envoyer un petit Revigor appellé à le mettre d’aplomb. Le blond récupera ses couleurs mais pas ainsi sa foi en ce prochain farfelu qui l’entourait.
Angel poursuivit sa labeur conciliatrice, sans beaucoup de succès . Ce cher Erik demeurait emmuré dans un silence quasi hostile. M.West, charmant, traduisait fidèlement. Angel insista une dernière fois :


Des né-modus, ça existe ! Mais, là, j’ai une potion sur le feu. Opal, sans te commander, nourris Erik. On s’arrangera pour les frais. Je dois y aller.

L’australienne soupira à fendre l’âme, acceptant la défection de son amie qui digne comme une reine allait déjà vers la porte, sans compter avec l’humeur enjouée du chien, l’intervention du maître et comme si ce n’était pas assez, avec l’explosion qui fit trembler les vitres.

Oups…on dirait que ça a sauté !

Tiens, du coup, il ne restait personne d’autre que le suédois pour écouter ses commentaires. L’envie de courir derrière Angel la démangeait mais elle ne pouvait pas abandonner le grand blond à sa chance. Faute de mieux et vu qu’il ne se gênait pas de le faire, Opal le détailla aussi, avec plus de calme. Il était plutôt bien fait de sa personne, le tel Erik. Grand, bien bâti, ses cheveux étaient d’un blond doré, de très bel effet et ses yeux bleus sombres. Il aurait été sans doute craquant s’il avait souri mais là, il restait renfrogné.

Bon…puisque la conversation n’est pas ton fort…que dirais tu de manger quelque chose de plus consistant que des croissants !?...Tu me comprends ?

Apparemment, oui. L’éclat de ses yeux le prouvait. N’ayant aucune intention de lui réciter la carte, elle le prit résolument du bras et l’entraîna à sa suite vers la cuisine déserte. Kitty Lawson était sans doute sortie à la suite d’Angel . D’un geste large, elle ouvrit l’énorme frigidaire, en fit une rapide inspection et procéda à choisir quelques paquets soigneusement étiquetés.

Tu peux t’asseoir, dit elle en désignant la table rustique qui occupait un coin de la grande cuisine, tu veux boire quelque chose ?...

S’en suivit une mimique explicative qui finit par lui tirer un demi sourire au temps d’acquiescer. Peut être était ce un peu tôt et sans doute pas dans ses habitudes, mais une fois ne faisant pas coutume, Opal jugea qu’un peu d’alcool ne pourrait nuire pour lui relâcher les nerfs. Un verre de vin ferait l’affaire.

C’est un Chiraz…de chez moi….Bois donc, cela te remettra d’aplomb avant le repas.

La soigneuse préparation prit un peu plus de temps que prévu. Le fait est que, trois verres de vin, un superbe filet d’antilope du cap au poivre vert plus accompagnement et un mousse au chocolat comme dessert plus tard, le sieur Erik n’avait pas seulement récupéré l’aplomb mais aussi la bonne humeur.

Tiens…que devient Angel à tout ça !?


Légitime question, tenant compte que Miss Grisham avait quitté les lieux un bon moment auparavant suivie du sympathique américain, de son chien et de Kitty Lawson toujours aux abonnés absents.

On devrait quand même aller voir…tu ne crois pas ?


Tiens, le vin avait des effets miraculeux sur la communication. Elle avait bu deux verres de vin, soit, mais de là à croire que cela la ferait comprendre le suédois il y avait un effort à faire. Erik, plus relâché impossible, tint à être de la partie. Bras dessus, bras dessous, ils se lancèrent à la découverte du Chemin de Traverse. L’officine d’Angel ne se trouvait pas trop loin. Plus de badauds à l’extérieur mais dedans, on s’affairait bellement.

Viens…on va donner un coup de main
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Lun 30 Juil - 9:29

Il y a des jours avec, et des jours sans. Dans lequel était-il ? Erik était bien le dernier à le savoir.
Comment décrire ce qu’il ressentit en entrant au chaudron baveur puis en débouchant au chemin de traverse ? Tant de confusion le rendit… confus, hagard, perdu. Il en oublia même l’usage de la langue locale. Pas que les demoiselles n’y mettent pas du leur pour tenter de communiquer. À part son nom, il ne sut que baragouiner jusqu’à ce qu’un type s’amène avec un chien ravageur. Celui-là ( le type, pas le chien) parlait le suédois, ô miracle ! D’un débit haché, peu assuré, Nielsen parvint à s’expliquer. Mr. West – puisqu’il s’était présenté ainsi – traduisit aux autres :


il est entré au Chaudron Baveur, a suivi un type qui a ouvert le mur et est arrivé ici. Tout est trop bizarre, il n’a jamais rien vu de pareil...je lui ai expliqué qu’on est des sorciers...il pense qu’on est dingues et nous envoie...au diable!

Poli, le gars. Erik avait été bien plus cru que ça. Sans doute fallait-il ménager les oreilles des filles.
Sorcier… Voilà qui expliquait bien des choses !
Dans sa prime enfance, il y avait eu certaines manifestations jamais traduites mais brimées rudement. Ceci expliquait-il cela ? Était-ce possible, vrai ? Les autres en étaient convaincus : il était un sorcier « né-moldu »
Sincèrement, Erik aurait préféré être renversé par un bus plutôt que d’encaisser d’un coup de telles révélations.
Au moins son estomac, lui, trouva son compte.
La patronne – Miss McLane, s’il avait bien compris- le prit en charge alors que l’autre demoiselle filait avec le traducteur sur les talons.
Encore sous le choc, Erik se laissa dorloter par l’hôtesse qui le mena dans la vaste cuisine. Elle parlait fort et vite. La seule chose cohérente qui l’atteignit fut :

Que dirais-tu de manger ?

Scout toujours prêt !
Elle lui servit un liquide sombre nommé Chiraz tout en vaquant à la préparation d’un repas.
Chez les Nielsen, le vin était rare à table. On n’en servait qu’aux grandes occasions et le sien était toujours coupé d’eau. Ça ne brûlait pas, contrairement à ce que sa mère disait des alcools. Au point où il en était, Erik ne se rendit pas compte d’en avaler trois verres pendant qu’il engloutissait un truc sublime au poivre.


Bra... Bon, c’est mycket bra. Tack, euh... merci.

Les billes se remettaient en place mais cela dansait bizarrement dans sa tête.
Miss McLane s’inquiéta du sort de son amie Angel. Il lui était arrivé quelque chose ? Il ne s’en souvenait pas.


Si toi veux, on va.

Et hop ! Qui soutint l’autre ? Bonne question.
Erik se retrouva devant une boutique d’où s’échappait beaucoup de fumées.


Viens…on va donner un coup de main…

Erik habile des mains mais pas donner coup, rigola-t-il bêtement en suivant la brunette échevelée.

Que s’était-il passé là ? Un incendie ? De la fumée s’évacuait à grands renforts de moulinets créés par l’homme au chien. Erik rit :


Erik veut faire aussi ! Faut bois ? Où est bois d’Erik si lui sorcier ?

Miss Grisham le darda d’un regard aussi noir que la suie qui maculait ses joues. Un coup de baguette plus tard, Nielsen reprenait ses esprits, dégrisé. Il afficha profil bas et ne put qu’observer la dextérité avec laquelle deux demoiselles et un Américain remettaient ordre et netteté dans ces lieux dévastés.
Ils étaient doués ces sorciers, tandis que lui…
Ne sachant que faire de ses doigts, Erik joua avec le chien, l’empêchant d’ajouter au carnage.


Toi, tu me comprends, mon pote, lui murmura-t-il en douce. On est pareils : perdus. On va faire un tour ?

Ils sortirent dans la rue à nouveau calmée.
Un banc, pas trop loin, accueillit le postérieur du Suédois le plus paumé au monde.
Il parla longuement à SaP en fourrageant son pelage soyeux. L’animal, flatté, posa son museau sur sa cuisse :


Tu viens de loin, tu es comme moi, un déraciné. Au moins on s’occupe bien de toi. Moi, je n’ai personne. C’est quoi cet endroit ? Tu le sais, toi ?

Et ainsi de suite.
Une secousse le réveilla là où il s’était assoupi. Opal et les deux autres insistaient à ce qu’il bouge. Panique !


Erik rien fait ! Juste dodo… Oui, Erik a logement… là-bas mais… Il veut apprendre, comprendre, et…

Un regard entendu s’échangea entre les filles. L’ébouriffée le saisit au coude et l’entraîna… ailleurs.
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Ven 3 Aoû - 8:23

Dire qu’il n’était entré que pour se mettre à l’abri et peut être prendre un café. Bien sûr, après les frasques de SaP, encore heureux qu’on ne les ai pas mis à la porte , lui et son chien fou. Au lieu de cela on l’avait promu au rang de traducteur auprès d’un pauvre mec au bord de la syncope nerveuse. Autant faire de son mieux. Ce que le pauvre suédois révela laissa comprendre le pourquoi de son état calamiteux. Un sorcier qui ne savait pas en être un. Situation algide, confuse et très singulière. C’était une première pour lui, un cas pareil.

Finalement on débrouilla l’affaire à la comme on peut et la brunette aux yeux bleus époustouflants, qui semblait assez agacée, faut dire en passant, trancha:

Des né-modus, ça existe ! Mais, là, j’ai une potion sur le feu. Opal, sans te commander, nourris Erik. On s’arrangera pour les frais. Je dois y aller.

*En voilà une qui mène son monde à la baguette !*

Impériale, la demoiselle faisait demi tour et tout se serait passé tranquillement si SaP n’avait décidé à sa façon, en lui barrant passage. Elle voulut l’écarter mais l’énergumène ne voulait rien entendre et voilà que la belle ne trouvait mieux que le pointer de sa baguette.

Laisse-moi sortir ou il t’en cuira !

*Ah non ! quand même pas !*

Prestement, il arriva près d’elle et sans demander son avis lui prit la baguette de la main.

SaP est une âme sensible. Il ne veut que jouer !

Au diable avec ses explications, elle le fulmina d’un regard irrité.

De quoi vous mêlez-vous ? Rendez-moi ma baguette de suite !

Pas de mauvais sort ?

Question idiote ! Bien sûr que je ne ferai pas de mal à votre toutou. Je DOIS sortir. C’est si dur que ça à piger ? Il est des potions qui…

*Ouhla…*

Pas le temps d’en dire plus, une déflagration assourdissante ébranla le coin. Il manqua de peu de se jeter sous la table la plus proche en entraînant la miss sauf que celle-ci se ruait déjà dehors en criant :

Mon labo !

Sans poser de question il lui emboîta le pas…mieux dit, lui courut après, avec, bien entendu, SaP à ses trousses. On combattait déjà le sinistre force aguamenti bien intentionnés. La jeune femme voulut disperser les volontaires en assurant qu’il n’en était rien et se faufila dans la boutique enfumée. Lui, à sa suite.

La clochette enchantée de l’entrée leur souhaita la bienvenue, ce qui éveilla l’ardeur farouche de la propriétaire. D’un coup de baguette, J.O fit taire la fichue cloche, avant de s’adresser à la belle, la baguette de celle ci à la main.


Vous cherchez ceci ?

À peine un merci, déjà elle fonçait vers l’arrière boutique.

*Bienvenue, les dégâts !*

L’ensemble offrait une image de totale désolation. De vifs réflexes, la demoiselle s’employa au sortilège de ventilation express, ce qui leur permit au moins de respirer convenablement.

Ma mère va me tuer, et elle était au bord des larmes.

De quoi attendrir le cœur le plus endurci, ce qui n’était pas le cas de J.O, toujours prêt à s’émouvoir des déboires d’une jolie fille.

Mais non, voyons…on peut remettre tout ceci en état…suffit de s’y employer avec un peu d’entrain. À deux on y arrivera.

Elle n’eut pas l’air plus convaincue pour autant. Valait mieux démontrer de quoi il était capable. La première chose : évacuer toute la fumée. Après quelques Reparo, Recurvite et autres du genre par ci par là, l’affaire sembla se tasser et l’endroit reprenait peu à peu une allure presque normale…Tant qu’à faire, meubler le silence, entre sortilèges. Se présenter lui sembla une bonne idée. Faute de mieux, elle fit de même. Son prénom était Angel, son nom Grisham. L’officine détruite appartenait à sa mère mais elle y exerçait ses talents de potionniste. L’australienne ébouriffée, Opal, entrevue au restaurant était son amie et le cuistot de service…Logiquement, tant qu’on y était, il fallut déballer un peu sur sa vie, ce qu’il résuma le plus succinctement possible :

Je suis américain, ex-élève de Salem et maintenant photographe, spécialisé en zones de conflit…ben, non…c’est que faire des photos de jardins ne m’attire pas le moins du monde…

Et ainsi de suite. On ne pouvait passer sous silence le chapitre Sap. L’histoire finit, enfin, par la faire sourire. J.O la trouva adorable même avec le visage souillé de suie. Il ne valait pas mieux mais en ce moment celui là était le moindre de leurs soucis. Leurs efforts conjugués avaient donné meilleur aspect à la catastrophe mais il restait pas mal à faire pour rendre à la boutique son apparence habituelle. Ils y travaillaient avec le plus grand sérieux quand l’amie de Miss Grisham fit son apparition escortée par le suédois paumé, joyeusement éméché, état auquel la belle potionniste mit fin d’un sortilège dessoulant assez enragé. Le brave gars se vit réduit à faire compagnie à SaP alors que les sorciers de service faisaient de leur mieux pour venir à bout de la tâche.

Finie la corvée, ils étaient en piètre état, de suie des pieds à la tête, fourbus mais satisfaits. La disparition de Sap le mit en émoi mais ils finirent par le retrouver veillant le sommeil du suédois.

Pauvre gars, les émotions du jour l’ont achevé !

Pas à dire, tiré de ses rêves, il avait de nouveau l’air paumé de chez paumé mais les deux amies semblaient avoir pris une décision quant à lui. Lesquelles ? Personne ne songea mettre J.O au courant. Faudrait faire avec. Le fait est qu’avant que le blond éperdu eut placé un mot, Miss McLane avait pris cartes dans l’affaire et l’entraînait à sa suite.

Énergique, la miss !, remarqua J.O en retenant avec force la laisse de SaP, qui voulait suivre le mouvement.

Angel rit, en douce en faisant un commentaire puis sans lui donner grand temps de dire quoique ce soir, prenait congé à son tour en assurant avoir pas mal à faire encore. Cela et être poliment remercié revenant du tout au même, il se trouva sans trop d’arguments.

Et bien…cela aura été un plaisir de vous filer un coup de main…je vous proposerais d’aller prendre quelque chose…un café…qui sait…ou une glace…

Impossible dans leur état. Ils ne s’étaient pas ménagés dans l’emploi de la magie et étaient passablement fatigués. C’était si dommage ! Rencontrer une si jolie fille et se déclarer forfait faute d’énergie.

*T’es un idiot…ouais, crevé…le comble !*

On se reverra, j’espère. Ça a été un plaisir…

Elle assuma avec un sourire charmant, laissant ouvert l’espoir de se croiser par là…et s’en alla sans vouloir savoir plus.

Super, SaP, on est pire qu’au début…suis sale, trempé, meurs de faim…et elle file…allez, on rentre !

Toutou ne trouvant à redire, ils prirent le chemin du retour. Chaudron Baveur, passage obligé pour rentrer de l’autre côté. Une fois là, J.O décida qu’il avait besoin de s’asseoir, prendre le moment avec un peu de calme et tant qu’à faire, désaltérer sa soif. Le barman édenté lui servit une bièraubeurre et eut la bonté de présenter un bol d‘eau fraîche à l’afghan assoiffé. Entouré d’une faune, plus folklorique impossible, J.O s’appliqua à écouter les conversations de ce prochain insolite. Il en apprit des belles, de quoi lui donner envie de quitter le Royaume Uni plus vite que vite, mais aussi quelques allusions, plus joyeuses, quant à un bal à avoir lieu le lendemain.

*Bal d’été…ils n’ont rien de mieux à faire ?...Belle façon de se la couler en douce alors que tout part en vadrouille…maudite politique, c’est partout pareil…*

N’empêche qu’il était curieux. Tom, le barman n’eut aucun problème pour le mettre au parfum. Le Ministère, sans doute dans le désir de mettre les choses à l’aise, avait organisé un bal masqué, à la National Gallery. Pas besoin d’entrée, il suffisait d’être sorcier, s’en tenir aux conditions et le tour était joué.

*Plus simpliste, on n’aura pas vu !*

Comme bon américain, pour lui cela revenait au même qu’on organise un bal à la Maison Blanche avec entrée libre pour tous les démocrates…sauf que le nombre de sorciers anglais semblait bien plus réduit que celui des démocrates américains.

*Ma foi…tant qu’à faire…après tout…Elle y sera…peut être !*

Muni des détails essentiels pour être de cette singulière soirée, J.O prit son temps pour peaufiner son entrée en scène. Rien de bien compliqué.
Mais pour commencer un bon bain pour se défaire de la suie s'imposait, un bon repas fit son bonheur et celui du chien pour après sortir faire une promenade tranquille avant de se décider pour une soirée entre potes avec son agent Jeff Morrison, question de mettre au clair, entre autres, sa prochaine destination. L'autre aurait voulu le voir partir incessamment vers quelque coin perdu en pleine crise mais J.O ne voulut rien savoir. Il avait grandement besoin de prendre un peu de recul des guerres et autres soubresauts de gros calibre, d'autant plus que le monde sorcier anglais l'attirait assez comme pour résister aux offres alléchantes que fit miroiter Morrison.

Le lendemain soir, après une journée sans surprises, SaP nourri, promené et sous un doux sortilège de sommeil, squattant le grand lit de sa suite au Ritz, James Oliver Westwood, de son nom complet, enfila son smoking blanc, qui lui semblait plus que convenable pour la circonstance, et masque en poche, trasplana, comme indiqué, à l’adresse fournie.

La décoration était assez ébouriffante. Sans doute l’idée sorcière de décoration festive différait pas mal de celle moldue mais il n’était pas là pour jouer au juges. C’était affreux mais il s’en fichait. Il y avait déjà pas mal de monde. Il se posta, discret, dans un coin d’où on dominait la salle. Quelle faune…on pourrait ajouter aussi quelle flore…mine de rien, cela ressemblait à s’y méprendre à n’importe quelle réception. Les clichés se répétaient à perte de patience. Les mêmes débilités de ces moldus tant dénigrés se répétaient.


*Sorciers…moldus…mœurs et perversions, ça revient au même !*[/b]

Un homme passa près de lui, l’adjugeant d’un regard jugé langoureux.


Passe ton chemin, mon pote…suis homme à femmes.

Sait on jamais, vaut mieux laisser les choses au clair !

Déjà assez minable arriver à un fête sans connaître personne, encore fallait il qu’ils soient tous masqués. Pour d’uns la joie, pour lui, pas. Il aimait s’en tenir à des faits concrets. Mais la chance sourit aux audacieux…même si cela signifie se faire presque trouer le pied par un talon effilé.

Vêtue de gris vaporeux, visage dissimulé derrière un masque artificieux, rien ne pouvait dissimuler l’éclat de ces yeux bleus sans pareil. Elle murmura un excuse. Il sauta sur sa chance. Dans une réception comme celle-ci, incognito á l’appui, toutes les libertés étaient permises. Il l’invita à danser.

Peut on communier avec une personne avec telle perfection que danser avec elle semble être un exercice peaufiné la vie durant?...La réponse était oui, dans ce cas. Elle devinait ses gestes, lui, les siens. Ils s’accordaient à la moindre mesure, peu importait la variation. Ils se laissaient emporter par la mélodie, le rythme chevillé au corps…

Il avait dansé avec beaucoup de femmes, accordant toujours ses pas aux leurs, avec plus ou moins d’habilité . Pas sa faute si ses mères chéries avaient insisté qu’il devait savoir se débrouiller en danses de salon, talent jugé nécessaire pour évoluer en bonne société. Il avait choisi un métier de casse cou mais cela n’empêchait pas qu’il sache danser en y prenant grand plaisir…mais jamais comme avec cette délicieuse sorcière anglaise.

Bavarder s’avérant quasi impossible avec la musique et le brouhaha régnant, ils se contentèrent de se regarder et sourire, plus que suffisant. Elle avait des yeux très expressifs, à croire que lui aussi. Après quelques danses mouvementées, la politesse indiquait une pause mais avant d’avoir pu le proposer ils furent presque percutés par un ivrogne en fugue.

Fais attention, triple abruti !

Si l’autre s’était aventuré à la réplique, J.O était plus que prêt à lui ficher le poing sur le nez mais sa compagne intervint.

La sécurité va s’en occuper. Offrez-moi plutôt un rafraîchissement, Mr.West.

Il sourit, oubliant aussitôt le poivrot.

Pas d’incognito qui tienne avec vous, Miss Grisham.

Euh… je suis observatrice, vous savez. Vous aussi, n’est-ce pas ?

Ben oui, faut dire qu’avec mon boulot c’est impératif. Oui, allons boire quelque chose… si on y arrive !

Le bar était bondé. Ceux qui ne dansaient pas semblaient s’être donné rendez vous là pour observer les autres en tarissant leur soif avec grand enthousiasme. À ce train là, avant que la nuit ne finisse, on aurait droit à quelques spectacles lamentables. Il se promit d’être parti pour alors. Sans en faire le commentaire, il promena le regard sur l’assistance, s’avouant déçu. Il s’était attendu à un certain niveau, un certain charme mystérieux et ne découvrait que des échantillons assez fades de ce qu’on devinait un monde en pleine décadence.

*Merlin doit se retourner dans sa tombe !*

Opal a l’air ennuyé. Son moine semble plus intéressé par le buffet que par elle. On s’approche ?

Les mots de sa belle compagne le rendirent à la réalité.

Bien sûr, allons y.

IL se demandait comment la turbulente australienne s’était arrangée pour convaincre le jeune suédois de l’accompagner au bal. Quoiqu’en y pensant bien, il devait s’avérer difficile de résister à tant de charme impétueux en pied de guerre. À ses côtés, Angel semblait plutôt intéressée à en savoir un peu plus long sur lui, ce qui n’était que très légitime.

Vous ne m’avez pas encore dit ce que vous veniez faire à Londres.

Aucun mystère, croyez moi, je suis simplement en vacances, comme un simple mortel.

Des vacances ? Vous en avez de la chance : commencer par jouer au traducteur puis nettoyer un local incendié !

Je ne vais pas me plaindre. Rien ne m’attire moins que l’ennui et il faut dire que la matinée à été bien employée.

Il n’était pas du genre à se livrer à des compliments mièvres pour épater les filles. Au cas de s’attendre à cela, la belle risquait une déception mais Angel semblait une jeune femme pleine de bon sens.

Et votre toutou, il est où ?


Au Ritz…il dort ! Comme quoi, on a la paix assurée de ce côté-là !

L’australienne était résignée. Le Suédois engloutissait. Le laissant finir son banquet en paix, la conversation alla bon train…Extraordinaire que deux files si opposées s’entendent si bien ! Angel, si douce et réservée, Opal si extravertie et énergique. Toutes deux jolies comme un cœur, délicieuses et attachantes. Un choix difficile d’avoir eu à le faire…même si l’australienne correspondait mieux à ses vues de « vive l’aventure au grand air », c’était la sage Mis Grisham qui l’attirait le plus…sauf que pour le moment, J.O n’avait aucune intention de s’attacher à qui que ce soit. Sa vie , en ce moment, n’avait pas de place pour s’engager dans une relation quelconque…
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Sam 4 Aoû - 11:24

En constatant le temps passé à essayer de décrypter ce qu’un Suédois paumé tentait de transmettre, Angel avait paniqué. Et ce chien déjanté n’avait fait qu’accentuer son malaise.
Son beau laboratoire était ruiné ! Déjà que la populace avait cru à une attaque des mangemorts… L’amende à payer pour désordre public serait salée mais moins que la semonce maternelle quand Mary saurait…
Au moins Miss Grisham put-elle bénéficier d’une aide assez inattendue de la part du propriétaire du chien fou.
Très habile, ce sorcier la convainquit que rien n’était irrémédiable.
Les sortilèges fusèrent bon tarin. Entre deux, on fit un peu plus connaissance.
Elle avoua être une sorcière anglaise, potionniste travaillant chez sa mère.
Lui était Américain, photographe de zone de conflits, les jardins ne l’intéressaient pas.

*Il serait servi avec ce qui se passe ici… sauf que la presse est muselée…*

Et votre chien ? Il n’est pas commun…* Et il ne vous correspond pas du tout !*

Souvent Angel avait pu constater que les maîtres et leur chien formaient des sortes de couples assortis. Quoiqu’elle ait vu de grands baraqués porter des chihuahuas minuscules dans leurs bras musclés, elle aurait plutôt cru que Mr.West aurait opté pour un dogue ou un berger allemand, quitte un brave labrador. Mais quand elle connut l’histoire du toutou, elle reprit foi en son instinct. SàP était un cadeau… royal, impossible à refuser. C’était… attendrissant.

Des coups de baguette supplémentaires survinrent avec Opal malheureusement flanquée du grand blond aussi perdu… qu’éméché. Un « évaporatum » agacé le dessoula ; Angel ne s’en préoccupa plus, trop affairée à rendre ordre et netteté à la boutique.
Si Opal oubliait souvent ses talents de sorcière, elle n’avait cependant pas son pareil pour animer les conversations.
Elle se raconta un peu, beaucoup, énormément, en ajoutant des anecdotes poilantes sur sa vie d’étudiante en compagnie de Miss Grisham puis sur leur vie actuelle.

*Il n’a pas besoin de savoir tout ça !!!*

Enfin, bon an mal an, les lieux furent restaurés. Le trio était passablement crevé.
Où diable étaient passés le Suédois et le chien ?
On les retrouva dans le square du coin.


Erik rien fait ! Juste dodo…

Avez-vous un autre endroit qu’un banc pour la nuit ? s’enquit Angel malgré tout attristée par la situation du jeune homme.

Oui, Erik a logement… là-bas mais… Il veut apprendre, comprendre, et…

Ce qu’il y avait de bien avec Opal c’est que souvent un seul regard suffisait pour que la télépathie fonctionne. Là, Angel lui signifiait : « emmène-le chez nous » , le sien disait qu’elle y pensait. Accord conclu.
La voilà seule avec ce bel presqu’inconnu.
Les rapports d’Angel avec les garçons avaient toujours été éphémères et terminés en eau de boudin. Peut-être que ça venait d’elle après tout ? Timide, prude et à cheval sur les principes… Elle n’avait jamais trouvé chaussure à son pied menu.
L’Américain était très séduisant malgré son air fourbu. Sa vie était palpitante, et il en était satisfait. Ils n’avaient rien en commun sinon… qu’ils aimaient les animaux ?


Merci de votre intervention. Sans vous, c’était mission impossible, dit-elle en guise d’adieu.

Il tenta les prolongations :

Et bien…cela aura été un plaisir de vous filer un coup de main…je vous proposerais d’aller prendre quelque chose…un café…qui sait…ou une glace…

Merci beaucoup. Soyons réalistes : nous sommes fatigués et crasseux. Si vous repassez par ici, je serai contente de vous rencontrer. Au revoir et encore merci !

Pourquoi avait-elle eu tant de vague à l’âme le lendemain en se mettant à peaufiner les derniers détails de sa tenue de bal ? Pourquoi y aller, en fait ? Juste par défi avec Opal, rien d’autre.
Le mot d’ordre général était de tenter d’oublier les ravages de la guerre. On ferait au mieux…

La dame grise lui convenait à ravir. Pareille à son humeur, cette tenue était parfaite pour une Serdaigle fière de l’être.
Plus que ponctuelle selon son habitude, Angel s’était pointée au bal avec pour unique but de « démasquer » Opal le plus rapidement possible. La chose se révéla encore plus facile que prévu car pour Miss Grisham l’Australienne était inratable même si, pour brouiller les cartes, elle s’était fait accompagner par… un moine !


*Le Suédois, ma main à donner au souffle du dragon !*

Histoire de ne pas se faire remarquer trop vite, Angel se recula et écrasa malencontreusement celui qui se trouvait derrière elle. Rien qu’à son invitation à danser, elle l’identifia : J.O West.
La viennoise fut… la meilleure qu’elle eût pratiqué depuis belle lurette.
Sans trop se poser de questions quant au fait qu’un journaliste sache si parfaitement danser ni sur les raisons de sa présence au bal, Angel savoura chaque pas, comme sur un nuage.
Plus tard, ils parlèrent un peu en s’amusant des efforts de conversation entre Opal et Erik qu’ils avaient rejoints.


Ce gars tient de l’ogre, rigola-t-elle en douce. Mais il ne danse pas mal… lui, non plus..

La danse suivante laissa Angel sur les rotules. Le tango est, par excellence, la démonstration éclatante d’une entente parfaite… quand on sait s’y prendre. Et là, Angel dut reconnaître un maître de l’art. Ils s’accordaient mieux que des violons, chaque pas anticipé et deviné : l’harmonie totale.
Si elle n’avait pas été rationnelle, Angel aurait complètement fondu sous le regard de braise qui filtra par les fentes du masque penché à quelques millimètres du sien.
Sans commentaire…

Cette histoire, pour le peu qu’il y en eût une, devait avorter au plus tôt. J.O ne s’intéressait pas vraiment à elle, c’était impossible. Alors, volontairement, elle le dénigra, le traitant presque d’évaporé alors qu’une guerre effroyable sévissait.
S’il tiqua, elle voulut ne rien remarquer et, dès que l’occasion se présenta, elle fila danser avec le premier qui le désira, le plantant là avec juste un petit signe de tête en adieu définitif.


Aucun de ses cavaliers n’arriva à la cheville de J.O West. Angel ne goûta plus du tout la fête qui dégénérait bellement en accouplements douteux. Accrochant Opal au passage, lasse des haleines avinées et les pieds massacrés, elle dit :

Je rentre. Ne faites pas trop de bruit en rentrant, s’il vous plait.

Pourquoi pleurer sur un oreiller ? Rien de plus idiot mais ça fait du bien. Longtemps, le beau sourire de l’Américain la poursuivit dans ses rêves chaotiques.

Au matin, elle se leva la première, comme d’habitude. Erik souriait dans son sommeil sur le divan. L’arôme du café le réveilla. Elle regardait pensivement les gouttes de nectar emplir le récipient de verre quand la voix du Suédois la fit sursauter :


… Moi ? Rien. Non, je vais bien. La soirée s’est bien achevée ?

Une Opal un peu échevelée ne tarda pas à émerger également. Ses remarques sur sa propre tête lui valurent un haussement d’épaules :

ÇA VA, je vous dis ! s’énerva-t-elle… Quoi J.O ? Il n’en a rien à cirer de nous *Qu’il aille au diable !*

Pour changer de sujet et d’humeur, elle fit sauter des pancakes et déclara :

Erik tu vas avoir ta première leçon aujourd’hui. On va te chercher une baguette, oui ?

L’enthousiasme du jeune homme mit tout le monde de bonne humeur.
Aussitôt prêt, le trio se rendit au chemin de traverse. Force fut de constater que la célèbre boutique de Mr. Ollivander était close. La déception du Suédois faisait peine à voir.


On va bien trouver un remplaçant, suggéra Angel pas plus certaine qu’ainsi de la réalité de l’affaire.

Ils s’apprêtaient à effectuer demi-tour quand une voix un peu narquoise retentit. Angel pâlit, puis s’empourpra : c’était lui !

… Merci, grinça-t-elle, nous nous débrouillerons !... Ah ? Je vous pensais déjà en train d’immortaliser les conflits africains, votre tasse de thé à ce qu’il paraît. *Il me prend pour une ignare, ou quoi ?*

Contre toute attente Opal intervint, jugeant l’idée de Mr. West très alléchante.
S’il voulait prêter sa baguette à Erik, c’était lui que ça regardait mais tout le monde savait que la baguette choisit le sorcier et que l’emploi d’une autre pouvait s’avérer désastreux.
Ils discutaient le coup, cherchant un lieu adéquat, pendant qu’Angel – semblant se désintéresser du débat- s’occupait de l’afghan joueur.
Quel magnifique animal ! Entretenir une toison pareille devait requérir des tonnes de patience.
Pas à dire, ce chien était tombé sur un maître attentif à ses besoins… Une pensée fugace fit rougir Angel en imaginant les doigts de J.O en train de démêler sa chevelure. Elle cessa de fourrager le pelage en se traitant d’idiote d’autant que les autres semblaient être tombés d’accord pour une virée à Pré-au-Lard.
Appelée par son amie, Angel se redressa, mitigée :


C’est une bonne idée, dit-elle sans conviction. Bon amusement !... Pourquoi irais-je ? Vous vous débrouillerez bien sans moi !


Opal ne l’entendit pas de cette oreille, de l’autre non plus du reste. Elle ne lui laissa pas l’occasion de tergiverser davantage en prônant par A+B sa soi-disant nullité en matière d’apprentissage, que sa présence était indispensable, et que… patati patata, etc.

Empoignée par le coude de l’une, celui d’un autre… Angel se retrouva face à une canette de cola abandonnée dans la ruelle proche du chaudron baveur. Elle émit une lumière bleue éblouissante, on lui força encore la main pour la toucher et tout bascula.

Bing, bang, bong. Pêle-mêle, le quatuor et un chien se relevèrent endoloris.
Angel hésita entre la colère et le rire, surtout vu la tête de l’apprenti sorcier de service. Elle murmura :


Ces déplacements sont règlementés, au cas où vous l’auriez oublié. Puisqu’on y est… Allons-y !

Pré-au-Lard s’ouvrait, non loin…
Croire qu’ils allaient s’y balader comme du temps jadis était illusoire. À peine la première allée franchie, une sorte de sirène retentit, les figeant tous :


Nom d’un troll ! Le charme du cridurut !

Elle aurait dû y penser et se traita de tous les noms d’avoir participé à cette escapade, même si on l’y avait « légèrement » forcée.
D’un geste prompt de sa baguette, Angel appliqua un sort de désillusion à chacun, SàP compris.


Personne ne bouge, intima-t-elle.

Ils furent quatre à apparaître dans leur champ de vision. Leurs masques n’avaient aucune mesure avec ceux du bal. Le souffle court, Miss Grisham se mit à prier Merlin et Jésus pour que ces Mangemorts n’y voient que du feu.
Prières exhaussées ou chance ? Ces lourdauds – pas la fine fleur- se retirèrent.
On respira.


… Erik, ferme-la, s’il te plait ! Tu veux une baguette, tu l’auras mais de grâce tais-toi.

Opal n’en menait pas large, J.O semblait… perplexe.
Tenant SàP au collier, Angel dirigea son monde vers une boutique dont elle gardait le souvenir.
La tenancière qu’elle avait connue si alerte semblait plus fanée que les fleurs de son pignon.


Bonjour Mrs Niceheart. Ce jeune homme a besoin d’une baguette, c’est… urgent.

Il devait y avoir longtemps que cette dame avait eu un client. Elle roula des yeux fous, hésitante.
J.O et Opal firent le guet à la vitrine poussiéreuse tandis qu’Erik retirait les bois de leur étui.


Le geste, insista la vieille dame.

Fais un geste avec,
répéta Angel sur des charbons ardents.

Croyez-le ou pas, ce ne fut pas la baguette qui choisit son sorcier mais bel et bien un chien. SàP en avait-il assez de ce cirque, flairait-il la menace ? Il plongea son museau dans les boîtes, saisit une baguette entre les dents et la présenta au Suédois dépassé.
Le résultat fut magnifique : une gerbe d’orchidées jaillit. Opal rougit jusqu’à la racine des cheveux en la recevant mais le temps n’était pas aux soupirs.


18 gallions ? s’étrangla Angel en allongeant les pièces. Ça en valait sept…

Les temps sont durs, lui fut-il signifié.

On n’allait pas pinailler.
La voie étant libre, le quatuor vida les lieux vite fait. Direction : le château, la sécurité.

Marchant en tête avec Opal, divers sentiments agitaient Angel. Son humeur assez sombre déclencha la curiosité d’Opal mais Angel ne répondit pas.
Les grilles séparant Poudlard furent bientôt devant elles. Fermées magiquement et impénétrables aux sortilèges ordinaires, on ne pouvait les franchir qu’en sonnant.
Les garçons posèrent quelques questions, Miss McLane se chargea de les renseigner. Puis, de l’autre côté se profila la silhouette massive du gardien des clés : Rubéus Hagrid.
Voir le demi-géant s’avancer fit reculer Erik et tiquer J.O. Angel rigola sous cape et s’adressa à celui qui fut son « grand » ami pendant ses études :


Bonjour Hagrid ! Tu te souviens de nous ? On a grandi mais on est toujours Opal et Angel !

Il parut enchanté de les revoir mais se méfiait des garçons. Lui expliquer le pourquoi du comment de leur présence demanderait du temps. Pas que Hagrid soit lent du cerveau, mais…
Du mieux possible, tour à tour, les filles s’arrangèrent avec le gardien qui finit – comme prévu – par leur céder le passage surtout que SàP gémissait à fendre l’âme.
Remettre ses pas sur ce sentier maintes fois foulés jadis déclencha une nostalgie un peu euphorique chez Angel et Opal qui se mirent à raconter un peu de leurs frasques de jeunesse.

… Et là, c’est là que l’on a fait poireauter ces idiots de Serpendards qui nous agaçaient… là-bas, tu as abattu un Pouff – je sais plus son nom – avec ton boomerang…

Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’apparaisse le château. On admira la vue, comme recueillis face à l’architecture splendide. Tant de souvenirs…
On s’approcha presque révérencieusement. Tout semblait endormi…


Peu d’étudiants restent pendant les vacances. D’ailleurs, je ne sais pas si le collège rouvrira après ce qui s’est passé…


J.O voulut savoir quoi et s’adressa à Opal, comme à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, du reste.
C’était un peu agaçant d’être traitée en fantôme mais cela seyait parfaitement à Miss Grisham, quoique…

Puisque l’on était là pour entraîner un peu Erik, Angel désigna un très beau pré qui aboutissait au grand lac. La leçon pouvait commencer. Opal regarda les nuages, J.O les eaux, Angel se sentit professeur obligé.
Elle demanda à Opal de poser son sac sur d’herbe. Elle n’était pas très chaude à le risquer dans l’aventure :


… pas le mien, non !... Il contient trop de choses utiles, voyons !

Elle n’allait pas leur délivrer l’inventaire de ce sac à malice, quand même ! Opal finit par obtempérer et Angel sortit sa baguette.

Regarde bien, et écoute, Erik. Wingardium Leviosa !


Le sac d’Opal obéit, s’éleva, suivit le mouvement puis se reposa.

À toi !

Étonnant ! Sans hésitation ni bavure, le sort s’exécuta à la perfection. S’enchaînèrent accio, avis, reducto, croissance et autres avec à chaque fois un résultat impeccable.

*Ce gars est doté de mimétisme… *


Pour rigoler, Angel visa J.O :

Cheveux drus !

Voir une toison hirsute couvrir le crâne du journaliste fit se marrer tout le monde, sauf que pris au jeu, il répliqua par un tarantallegra qui obligea Angel à danser comme une folle.
Une sorte de joute amicale s’instaura entre eux. Les attaques et défenses fusèrent allègrement. Erik prit Opal pour cible et fut abasourdi quand il la vit tête en bas, suspendue par un fil invisible.
Le contre sort lancé par J.O, Miss McLane fulminait bellement.

Ça suffit pour aujourd’hui, déclara Angel, fatiguée. Tu assimiles vite Erik. On devrait rentrer, et…

Mais qu’est-ce qui prenait à cette andouille ? Il se tenait les fesses en dansant sur place puis courut droit vers le lac.

Tu lui as donné un sortilège cuisant ? Mais…

C’était amusant sauf que le Suédois ne riait pas. Il se déshabillait comme envahi de fourmis rouges et, en slip plongea dans les eaux sombres où il barbota, soulagé. Il les invita même à le rejoindre. SàP fut le premier à se jeter à sa suite.

Sors de là ! C’est dangereux ! cria Angel courant à son tour.

Le lac possédait une faune pas très plaisante. Si un strangulot s’en prenait au nageur…
Ce qui se passa ensuite dépassa leur imagination. Un tentacule monstrueux apparut. Il fouetta le trio massé sur la rive et le propulsa à la flotte…


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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 5 Aoû - 15:12

Erik habile des mains mais pas donner coup.

Opal lui décocha un coup d’œil de biais en soupirant :

M’est d’avis que tu es un peu rond, toi.

Sans tenir compte de son commentaire le blond voulut foncer dans le tas, sans plus de préambules.

Erik veut faire aussi ! Faut bois ? Où est bois d’Erik si lui sorcier?

Pas le temps de donner des explications, Angel, qui ne semblait pas précisément de bonne humeur dessoula le pauvre gars d’un Evaporatum hargneux avant de continuer avec ses sortilèges de rangement, secondée habilement par le traducteur de fortune.

Écoute, vaut mieux que tu restes sagement là…avec le chien, vais leur filer un coup de main sans cela…Ok ?...Je reviens de suite !

C’est bien ce qu’elle aurait voulu mais il y avait plus de travail que supposé. Faisant des efforts de mémoire et concentration, Opal essaya de suivre l’efficace rythme des deux autres mais c’était connu qu’elle ne possédait aucun talent extraordinaire…du moins pour les sortilèges domestiques. Faute d’être une grande aide, elle s’appliqua plutôt à entretenir la conversation, assez terne jusque là. Commençant par les questions de routine, question de savoir un peu plus sur le jeune homme. Ce fut vite fait. Il ne semblait pas exagérément bavard, celui là. Pas plus qu’Angel.

*Pourquoi cela ne m’étonne pas ? Un beau garçon la regarde et elle…se ferme comme une huître !*

Alors comme ça…photographe et journaliste américain, ex Salem. Le monde est un mouchoir…c’est marrant, du coup la seule anglaise ici, c’est Angel. Je suis australienne…

Le thème étant vaste et le temps suffisant, elle passa à faire un résumé, à sa façon (Angel insistait sur le fait qu’elle ignorait carrément l’art de résumer !) sur les faits importants qui avaient rendu possible leur si fructueuse et, pour tous, surprenante, association. Ignorant les œillades féroces de son amie, Opal s’en donna à cœur joie. M.West sembla agréer sa narration et rigola des anecdotes.

Mine de rien, elle laissa clairement établi qu’elles vivaient seules…avec leurs chats. Miss Grisham fronça les sourcils et avait sans doute la ferme intention de lui lancer un Bloclang mais Opal fit distraction en leur faisant remarquer que tout était nickel. M. West , un poil alarmé, se rendit compte qu’autant le suédois comme le chien avaient disparu.

Je lui ai dit d’aller jouer avec le toutou, ils doivent être par là !

Ils n’étaient pas allés bien loin. Les émotions du jour avaient eu le dessus, le jeune suédois dormait et le magnifique afghan, digne chien de duchesse russe, veillait son sommeil. Opal en eut un pincement au cœur.

*Pauvre chou…plus démuni que ça…tu meurs !*

Réveillé, Erik se défendit d’avoir fait quelque chose de mal. Angel, cœur d’artichaut, voulut savoir s’il avait où passer la nuit.

Oui, Erik a logement… là-bas mais… Il veut apprendre, comprendre, et…

*Et savoir à quoi t’en tenir, de quoi tu es capable…t’es bien tombé !*

Un regard suffit. Entre Angel et elle, l’empathie était parfaite. Le moldu-sorcier venait d’être « adopté ».

Viens plutôt avec moi, Erik…on va arranger ça !

Et avant qu’il ne s’avienne à protester, elle l’avait pris du bras, fait coucou aux autres et entraîné comme prise de guerre. Passage éclair de « l’autre côté ». Elle crut bon expliquer.

Tu es un sorcier, paumé mais sorcier enfin…et si tu veux apprendre, ce n’est pas de ce côté ci que tu vas le faire, tu comprends?

À peu près rien, sans doute. Elle répéta en y allant doucement. La suite fut soigneusement articulée, évitant des folklorismes de son bled. Passage obligé chez les locataires de Nielsen, un Failamalle expéditif et le tour fut joué. Un Reducto plus tard, les affaires de l’apprenti-sorcier fourrées dans son sac, Opal l’entraîna de retour au Chemin de Traverse.

Tu vas m’excuser, mais faut s’occuper du resto. Tu sais laver des assiettes ?...Parfait, tu as le boulot !

Tout allait vite avec elle, pas le temps d’y réfléchir, par contre au Chemin de Traverse tout allait au ralenti depuis que le Ministère avait décidé de se mêler de la vie de tout le monde mais le restaurant d’Opal marchait assez bien, elle ne s’en plaignait pas trop, sauf quand il fallait servir à certains clients jugés « indésirables » mais tant qu’ils ne faisaient pas d’esclandre et payaient l’addition, elle pouvait se montre tolérante. Le reste de la journée se passa en pure routine. Angel ne se pointa pas au soir, comme elle le faisait parfois.

*Avec un peu de chance, elle est sortie avec l’américain !*

Il n’en était rien. Quand Opal et Erik rentrèrent après la fermeture, Miss Grisham était déjà dans sa chambre et dormait. Pas question d’aller faire causette.

L’appartement qu’elle partageait avec Angel n’était pas énorme mais bien agencé. Deux jolies chambres, un séjour très confortable et une adorable cuisine avec son coin repas plus qu’accueillant. Une seule salle de bain mais on s’arrangerait. Sage, le chat abyssin d’Opal les accueillit force ronrons ravis en quête de caresses.


Tu peux mettre tes affaires dans l’armoire du couloir…désolée de ne pas avoir une chambre pour toi mais le divan du séjour est ultra confortable…Oui, je sais…t’es chamboulé…t’en fais pas…Mais non, voyons…te sens surtout pas en faute ou coupable de quoi que ce soit…Tu es un des nôtres, on se serre les coudes, entre sorciers !

*Surtout avant que les méchants te mettent le grappin dessus!*

Le lendemain, c’était le fameux bal masqué à la National Gallery. Opal ne raffolait pas particulièrement d ce genre de réjouissance mais tant qu’à faire et pour changer un peu, Angel et elle avaient décidé de déroger un peu à leurs strictes habitudes. L’arrivée inopinée d’Erik chamboulait un peu le programme mais sans se laisser atermoyer par ce détail. Miss McLane décida tout de go que le suédois serait de la partie. Il accepta, sans plus ni moins et voulait se déguiser en moine.

*Chacun sa petite idée!*

Il faisait un drôle de moine, pas exactement assorti avec l’exubérante dame en rouge mais bon an mal an, on ferait avec. En tout cas, il se débrouillait très bien pour la danse, juste quand son intérêt n’était pas retenu par le buffet. Elle avait reconnu Angel et tiqué en voyant son accompagnant.

*Mr. West…il perd pas son temps et Angel semble ravie !*

Il avait suffi de la voir danser pour s’en convaincre, sauf qu’après un tango à vous couper le souffle, Miss Grisham planta là le bel américain et s’en alla danser avec l’un ou l’autre.

*Hum ! Une de deux ou il lui a sorti quelque horreur ou est plus con que ses pieds…or il avait l’air charmant et pas bête du tout…Bon sang, Angel…quand finiras tu d’avoir peur ?*

Angel avait été, était et serait à jamais et pour toujours la meilleure amie qu’elle aurait. La sœur qui lui avait toujours manqué. La voir souffrir, se refermer comme une huître, repousser l’idée de trouver un jour l’homme parfait mettait Opal dans tous ses états mais connaissant Miss Grisham, savait sciemment que tout bon conseil, commentaire ou autre serait malvenu. Ce serait quand cela devrait être. Ni avant, ni après.

Je rentre. Ne faites pas trop de bruit en rentrant, s’il vous plait.

On sera discrets comme des rats !, promit Opal, dommage que…enfin…repose toi bien, ma chérie !

J.O West, lui était parti bien avant.

Désolant…ils se voyaient si bien ensemble !, soliloqua t’elle, juste avant que Mr. Nielsen, plein d’entrain, ne l’enlève de nouveau pour une autre danse échevelée.

Bavarder ? À quoi bon essayer. Entre la musique, les conversations à tout go, l’apparition d’un centaure et l’incompréhension de mise mieux valait danser en silence. Regards et sourires valaient bien une conversation. Vers 1h du matin, Opal se déclara forfait.

Mes pieds me tuent, il y a trop des soûlards et cela dégénère en n’importe quoi, on rentre ?

Il ne trouva rien à redire. Ravie, Opal décida de rentrer en taxi. Aucun besoin de se gâcher la bonne humeur et se virer le foie avec un trasplanage décoiffant.

Le regard de Sage, fixé sur son crâne et puis les agréables effluves de café, tirèrent Opal de son placide sommeil. Dans la cuisine, Angel et Erik s’essayaient à la communication. La mine de son amie ne disait rien qui vaille.


Tu as bien dormi !? On ne t’a pas dérangée au retour ?...Tu te sens bien ?

ÇA VA, je vous dis !

Hey, t’énerve pas. Et J.O…on va le revoir aujourd’hui !?

Mauvaise question. Angel était à prendre avec des pincettes.

Quoi J.O ? Il n’en a rien à cirer de nous .

Sais pas, moi…je demandais seulement…


Changement radical de sujet. Erik aurait droit à sa première leçon. Le premier pas à faire était de le nantir d’une baguette mais en arrivant sur le Chemin de Traverse un peu plus tard, la dure réalité les rattrapa : la boutique d’Ollivander était fermée de chez fermée. Erik en aurait pleuré. Elle aussi, rien que de le voir si triste.

On va bien trouver un remplaçant assura Angel.

Voudrais bien savoir où, maugréa Opal.

Et voilà que quand on s’y attendait le moins, celui qu’o ne pensait plus revoir, fit son apparition avec son joyeux toutou à la queue en trompette.

Tiens, Mr. West…presque quand on parle du loup…Ça va ?... WOW ! Vous prêteriez votre bout de bois à Erik ?...

Son amie grinçait des dents et faillit être désagréable avec le nouvel arrivant.

Pitié, calme toi…tu ne te ressembles pas, là…J.O…je veux te dire tu ?...Ok…je disais que ton idée est du tonnerre , c’est vrai qu’on prêche par là sur le risque d’utiliser la baguette d’un autre…mais si ces bois sont, comme on le suppose, sensibles, ça pigera qu’il n’y a pas mauvaise intention…reste à savoir où on va aller pour entraîner !...Et si on allait à Pré au Lard ?...c’est en Écosse, à deux pas de l’école…ça vous dit !?...Angel…et toi, qu’est ce que tu en penses ?

C’est une bonne idée. Bon amusement !

Que nenni, ma jolie, tu viens avec nous. Sois pas casse bonbon ! Suis minable comme sorcière imagine moi en prof…allez, on n’accepte pas un non…

Prendre un portoloin, chien compris promettait un sacré atterrissage. Cela ne rata pas.

Je déteste faire ça !, grommela t’elle en s’approchant d’un Erik au teint verdâtre, mais ça passe vite…respire profondément…là, ça va mieux ?

Comme premier aperçu des lieux on pouvait s’attendre à mieux qu’à l’apparition de trois mangemorts. Le rapide réflexe leur sauva la mise, prenant le commandement, elle les mena jusqu’à un boutique vétuste dont Opal ne gardait mémoire. L’acquisition de la baguette d’Erik passerait aux annales comme une des plus singulières. Il ne choisit pas son bout de bois ni celui le choisit lui. SaP, chien pratique régla l’affaire d’un coup de museau, dénicha la baguette précise, la remit au suédois et fin de l’histoire. Opal reçut les orchidées, résultat du premier sortilèges de la vie d’Erik sorcier. Son cœur rata un battement, le rouge lui monta aux joues et elle se sentit émue, comme jamais auparavant.

À fond de train, comme qui fuit le diable, ce qui pour les effets, semblait bien être le cas, les quatre compères et le toutou, filèrent chercher refuge au château. Hagrid, dont le cœur faisait bonne mesure avec sa taille, s’émut de les revoir, Angel et elle. J.O et Erik semblaient plutôt impressionnés face au demi géant.

C’est le meilleur homme que la Terre ait porté, les rassura t’elle, il était le garde chasse et aussi professeur de soins aux créatures magiques…maintenant…il est le gardien des clés…

Éclairé sur leurs intentions et rassuré sur l’identité de leurs compagnons, Hagrid leur franchit passage. Que de souvenirs ! Des années merveilleuses s’étaient écoulées là, quand la vie était belle et paisible et que rien d’autre ne comptait hors d’apprendre à devenir un bon sorcier. Le cauchemar était venu après…Sa bonne humeur retrouvée, Angel passa en revue quelques uns de ces moments inoubliables. Dire qu’elle avait presque oublié avoir assommé un camarade de classe avec son boomerang.

Tout était si désert, si calme…

Peu d’étudiants restent pendant les vacances. D’ailleurs, je ne sais pas si le collège rouvrira après ce qui s’est passé,dit Angel avec un soupir.

J.O se tourna vers Opal en demandant plus d’explications.[/i]

*Tiens…depuis ce matin, il ne lui parle plus…*

Le décret du ministère. Ils ne veulent que des « Sang Pur »…et donnent la chasse à tous ceux qui ne le sont pas…tout sorcier né moldu ou sang mêlé est soumis à une enquête serrée, la plupart vont finir avec leurs os en prison…ou préfèrent l’exil…c’est exécrable…Angel est…sang pur…moi, sang mêlé mais la famille de ma mère est encore très puissante…cela me sauve…pour le moment !...Après ?...S’ils gagnent…il n’y aura pas d’après…pas pour nous, en tout cas. On sera morts en luttant pour la cause…et le monde sera foutu…mais on n’en est pas encore là…

Arrivés sur les lieux choisis, un beau pré au bord du lac, Angel annonça que la leçon commençait. Sans se gêner, on la laissa faire les honneurs. Elle voulut que l’australienne pose son sac à terre.

Euh…mets le tien !

Pas le mien, non !... Il contient trop de choses utiles, voyons !

Ouais, parce que le mien , il est plein de limaces, à ton avis !?

Regard noir, invitation à obtempérer sans faire du foin.

Vaut mieux pas discuter avec Angel, souffla t’elle à l’adresse de J.O, elle a un fichu caractère mais est une superbe prof…regarde moi ça…Erik a réussi au premier essai !

Et au second, et au troisième…

La suite fut un joyeux échange de sortilèges. J.O se retrouva avec une crinière pas croyable, Angel dansa comme dingue, elle se retrouva suspendue dans les airs par œuvre du néophyte de service et fut sauvée par J.O qui se marrait.

Ah non…tu t’en sors pas si facile que ça, toi !

Angel appelait au rassemblement général mais Opal se trouva encore l’esprit pour envoyer encore un « gentil » sortilège cuisant à Erik qui courut se jeter à l’eau…suivi de SaP !

Sors de là ! C’est dangereux !

Ils accoururent vers la rive, affaires en main. Erik barbotait ravi, le chien s’en donnait à cœur joie…et sans préavis, l’inattendu se pointa sous la forme d’un énorme tentacule…Fauchés sans plus, tous se retrouvèrent dans le bain et sans temps pour protester…se virent happés de nouveau et entraînés vers le fond du lac…

Opal gémit. La tête lui faisait affreusement mal, comme après une cuite atroce…et cela lui fit encore plus mal en percevant l’éclat d’un soleil dément, réverbérant sur un sable blanc et chaud. Affolée, elle mit deux minutes à réagir et se redresser.

Par les dieux de l’Uluru…

Mer turquoise, ciel d’azur, plage à perte de vue, palmiers ondoyant au vent.

Et m***e…suis morte !

Mais en toute évidence elle ne l’était pas. Pas plus que ses trois compagnons ni le chien qui, esprits repris en vitesse, gambadait joyeusement sur la plage. Angel, se remettait à peine sur son séant en lançant des regards abasourdis à ces alentours si singuliers. J.O, l’esprit aussi vif que celui de son chien, était levé mais pas moins étonné marmonnait Dieu sait quoi. Erik, lui, paniquait en suédois.
Opal se laissa choir à côté de son amie, l’air déconfit.

Tu as une idée de ce qui s’est passé !?...Ben oui, c’est sûr qu’on n’est plus à Poudlard…Me souviens de rien, moi…on filait vers le fond et puis...Ça!

Réunion au sommet, sous un palmier, à l’abri du soleil de plomb.

Ben, pas d’explication logique, si vous en voulez une, assura Opal à l’adresse de ces messieurs, le calamar géant nous a piégés…mais je savais pas qu’il avait une agence de voyages express…avouez, le coin vaut le détour…fait plus bon qu’en Écosse !

Le regard d’Angel la ramena à des raisonnements plus sensés, au cas d’être possible.

Euh…ben…que diriez vous de nous organiser jusqu’à trouver une solution …m’est avis qu’on ne va pas se tirer d’ici avant un moment, c’est toujours comme cela avec les paradoxes magiques…en attendant…quelqu’un veut des gâteaux secs ?

Plongeant la main dans son sac, elle en tira un paquet plus une bouteille de limonade.

Tirez pas cette tête…c’est un sac à malices. Tenant compte de la situation, Angel et moi, on est toujours prêtes à prendre la clé des champs, n’est ce pas, ma chérie ?

Reconnu le fait, on passa à faire un inventaire de leurs possessions. L’expression de ces messieurs valait de l’or, celle de ces demoiselles était de pure satisfaction…
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 5 Aoû - 22:11

Pour un chambardement dans sa vie monotone, Erik Nielsen ne pouvait rêver mieux.
Il aurait pu s’effrayer, refuser d’admettre être un sorcier et détaler mais non.
D’un naturel curieux, quoique assez sauvageon, il avait pour habitude d’aller au fond des choses.
D’après ce qu’il comprit, il avait eu beaucoup de chance de tomber sur deux »bonnes »sorcières. Il y en avait des méchants quelque part, des mauvais qui voulaient du mal aux autres. Le monde magique ressemblait donc fortement à celui des gens sans pouvoirs que l’on nommait Moldus.
Le vocabulaire employé de ce côté-ci différait cependant beaucoup et leur mode de vie encore plus.
Il ne pigea pas trop pourquoi deux filles magnifiques s’apitoyaient sur lui. Peut-être avaient-elles des âmes de saint-bernard ? En tout cas, ce n’est pas lui qui s’en plaindrait. Il était si avide de connaissances qu’elles lui parurent des guides idéaux. En plus d’être mignonnes et gentilles, elles cuisinaient bien…
L’idée d’accompagner Miss McLane à un bal masqué lui avait semblé étrange. Néanmoins, il n’avait pas été sans remarquer que l’on pouvait difficilement tenir tête à cette jeune dame qui l’avait « obligé » à emménager chez elle après avoir signifié son congé aux sévères sœurs Perkins.
Il gagnait nettement au change sauf qu’il n’avait que très peu d’argent devant lui
.

*Je trouverai peut-être un boulot au chemin de traverse…* pensa-t-il en déposant son maigre bagage dans l’armoire indiquée.

Désœuvré la journée suivante pendant qu’Opal et Angel vaquaient à Dieu sait quoi, il était retourné chez les Perkins réclamer les mois de loyers payés d’avance. Les vieilles dames s’y étaient farouchement opposées jusqu’à ce que le doux jeune homme se montre sous un jour inédit.
Les rares fois où la colère montait en lui, Erik cassait… des choses. Elles en firent les frais et quand plusieurs bibelots se fracassèrent sans qu’il les ait touchés, elles délièrent leur bourse à toute vitesse.
Plus rasséréné d’avoir un petit pécule en poche, Erik put attendre le retour des sorcières. Il rangea soigneusement ce qui pouvait l’être, astiqua la salle de bains, fit la vaisselle, passa l’aspirateur, de quoi rendre cet endroit encore plus nickel si possible. Les deux minets l’adoptèrent aussi. Rien d’étonnant puisqu’Erik possédait une empathie singulière avec tous les animaux croisés.
Opal revint avec les costumes prévus. Elle était éblouissante et il se maudit intérieurement d’avoir choisi une simple bure de moine. Il avait pensé que ce serait moins cher et passe-partout.

Le transplanage l’avait retourné. Il se demanda s’il arriverait à faire ça un jour sans avoir les tripes prêtes à déborder. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, il s’adapta à la situation très particulière du bal avec une aisance qui le dépassa lui-même. Lors des bals universitaires, auxquels il participa rarement, il se contentait de regarder les autres se déhancher sur des musiques sauvages ou s’enlacer à confondre leur tête. Là, c’était différent, plus… classe.
Une fois de plus, il observa et sut, directement comment s’y prendre afin de ne pas trop écrabouiller les pieds de sa fine cavalière.
Chassez le naturel, il revient au galop, et Erik ne put résister au gigantesque buffet offert aux participants. Opal se montra compréhensive mais ne rechigna pas à d’autres danses.
Leurs conversations ensuite fut un peu chaotique. C’était voulu, le plus souvent, juste pour le fun. Il n’avait pas fallu un mois au Suédois pour capter toutes les subtilités de la langue anglaise.
C’est vrai qu’en tombant sur ce monde, il en avait perdu l’usage et avait repris ses balbutiements du départ. Maintenant, il s’amusait simplement à compliquer son vocable pour entretenir une sorte de mystère sur sa personne. Cela cesserait quand il serait en totale confiance et harmonie avec ce côté-ci.
Sa rencontre avec un vrai centaure le marqua beaucoup. Sa passion du dessin le dévora tout cru et tant pis si Miss McLane crut qu’il voulait mordre la créature, il parvint quand même à esquisser la digne créature.
Vers une heure du matin, sa cavalière désira rentrer. Ses pieds la tuaient ? S’il avait été plus hardi, le Suédois lui aurait bien proposé un massage mais il craignit la confusion et préféra suivre.
Ouf, on rentra en taxi.

*Quand les pieds sont fatigués, on ne sait plus transplaner. Bon à retenir* se dit Erik.

Garçon sans chichis, Erik récupéra le divan où il écrasa gentiment avec les chats. Un léger bruit le tira des bras de Morphée : Angel préparait le petit déjeuner. Il s’étira comme le chat puis se laissa guider par les arômes du café en train de passer. Miss Grisham tirait une drôle de tête.

Bonjour ! Toi va bien ? Air bizarre.

Moi ? Rien. Non, je vais bien. La soirée s’est bien achevée ?

Parfaite ! Erik a croqué centaure.

Il voulait la voir sourire, il n’en fut rien. Miss McLane enfin debout ne tira rien de plus de son amie et une allusion au cavalier d’Angel la bloqua complètement.
Erik s’abstint de commentaire mais il flaira des choses, tel un regret, une déception.
Ô merveille, elle dit :


Erik tu vas avoir ta première leçon aujourd’hui. On va te chercher une baguette, oui ?

Ja ! Oui ! Erik content !

Très emballé à cette perspective, il n’en négligea pas de s’alimenter copieusement avant de partir acquérir l’instrument indispensable à sa nouvelle condition de sorcier. Hélas, les volets de la boutique datant de l’année incroyable de 382 avant J-C étaient clos.
Démoralisé, il se ranima pourtant avec l’intervention de son traducteur qui proposa tout de go de lui prêter la sienne pour s’exercer. C’était généreux mais, selon Opal, dangereux ou quelque chose du genre. Ils parlèrent d’un pré à lard. Qu’est-ce que des porcs venaient faire dans cette histoire ?
N’empêche que Miss Grisham, décidément morose, voulut se récuser. C’était sans compter avec la ténacité de l’Australienne :


Que nenni, ma jolie, tu viens avec nous. Sois pas casse bonbon ! Suis minable comme sorcière imagine-moi en prof…allez, on n’accepte pas un non…

Erik veut Angel professeur, crut-il bon d’ajouter en lui empoignant un coude, Opal l’autre.

On arriva côté moldu, devant une canette vide qui se mit à briller étrangement. Le pauvre Nielsen ne comprit pas ce qui lui arriva quand après l’avoir forcé à toucher l’objet, il se sentit comme crocheté au nombril et que tout se mit à tournoyer. Qui écrasa-t-il en « atterrissant » ? Bonne question. Il défaillit presque alors que Miss McLane lui suggérait de respirer pour que ça passe.
Quand il fut d’aplomb, on se mit en route. Pas longtemps.


*Un système d’alarme ?*


Ce devait être quelque chose du genre. Angel prit les choses en main et, bien qu’Erik ne captât pas l’astuce, il obéit à l’injonction de ne plus bouger. Trois malabars, à la mine patibulaire, les ignorèrent.

Quoi ça ? Qui eux ? Pourquoi…

Erik, ferme-la, s’il te plait ! Tu veux une baguette, tu l’auras mais de grâce tais-toi.


*Oui, chef ! Bien, chef !*

On put poursuivre le chemin jusqu’à une boutique un peu minable où une vielle chenue les reçut, un peu affolée.
Sitôt la requête émise, Mrs Niceheart apporta plein de petites boîtes qu’Erik ouvrit en prenant une à une les baguettes présentées. On lui demanda de faire un geste avec. Quel geste ? Quel bois était le sien ?


*SàP, help !*

L’afghan au flair sûr lui dénicha la bonne. Un bref tour de poignet plus tard, Erik fut stupéfait de voir apparaître un bouquet d’orchidées. En général, les filles aiment les fleurs, autant les donner à celle qui le supportait le plus : Opal.
Il remarqua la couleur de ses joues mais n’en fit pas état, croyant sincèrement avoir encore gaffé.

Il fallait vider les lieux au plus vite. Des grilles leur barrèrent le passage mais ce que vit Erik lui ramollit les mollets. Le gars qui vint ouvrir avec réticence mesurait… 3 mètres, 4 ?
Opal éclaircit un peu l’anomalie :


C’est le meilleur homme que la Terre ait porté, il était le garde chasse et aussi professeur de soins aux créatures magiques… maintenant… il est le gardien des clés…

Dur à encaisser mais Erik n’était pas à cela près.
On s’aventura plus loin. Ce retour aux sources de leur rencontre déclencha des confidences entre les deux amies. Erik rigola de l’anecdote du boomerang, du Opal pur, ça, il en était certain.
Puis vint la vue sur le château le plus fabuleux que le Suédois ait pu rêver. Que n’aurait-il pas donné pour avoir un chevalet, toile et couleurs pour immortaliser cette vision féérique ?
Mais l’heure était à l’apprentissage. Un beau pré dégagé fut désigné comme idéal. Un lac magnifique le bordait.
Une petite discussion s’éleva entre les filles quant à l’objet à proposer à l’exercice. Aucune ne souhaitait voir son sac personnel sujet aux sortilèges. Opal sacrifia le sien sous l’injonction du professeur commis d’office.

Regarde bien, et écoute, Erik. Wingardium Leviosa !

Hyper concentré, la nouvelle baguette correctement positionnée, il copia parfaitement geste et mots. Angel était… aux anges, lui aussi !
Coup de chance du débutant ? Non ! La suite le prouva. Sa capacité à tout assimiler à la vitesse grand V joua en sa faveur.
Tiens, J.O et Angel jouaient. Les sorts fusaient mais tous es deux les paraient avec habilité. C’était quoi un levicorpus ? N’ayant pas vu l’effet, il l’osa sur Opal et fut sidéré du résultat. La demoiselle s’éleva dans les airs, pieds par-dessus tête. Il paniqua, il ne savait pas annuler ça ! J.O lui sauva la mise.


Je… pardon.

Bon Dieu que se passait-il ? De sa vie Erik n’avait ressentit pareille cuisson du postérieur. Il avait lu beaucoup de récits animaliers et se crut victime d’une invasion de fourmis rouges.
Quand on brûle, il fallait de l’eau. Or un lac était tout proche. Se débarrassant à toute allure de ses vêtements qu’il pensait investis de bestioles, il courut se jeter à l’eau.
Bain divin s’il en est ! La cuisson cessa et Erik goûta profondément la tiédeur des ondes incomparable avec celles de son Pays froid.
SàP l’y rejoignit. Pourquoi pas les autres ?


Venez ! Elle bonne !

Apparemment, non. On lui intimait de revenir au sec puis, brusquement, quelque chose émergea. C’était grand, plein de ventouses et remuant. Un remous énorme se produisit, attirant tout le monde vers le fond.

*Lâche-nous ! Faut vivre ! »

Ses pensées dérivèrent vers des plages tropicales dont il avait admiré les images d’agences de voyages.
À bout de souffle, sa tête émergea et il faillit repiquer au bouillon devant le tableau idyllique entrevu.
En quelques mouvements de Crawl, il gagna la plage où les autres trempés se remettaient de leurs émois :

vad är det?

Il ne comprenait rien, les autres non plus. On se mit à l’ombre pour discuter. La tête sur les épaules, Miss McLane déclara:

Le calamar géant nous a piégés…mais je savais pas qu’il avait une agence de voyages express…avouez, le coin vaut le détour…fait plus bon qu’en Écosse !


*C’est de ma faute !*
verdit Erik.

Pratique, l’Australienne ouvrit son sac et proposa gâteaux secs et limonade qu’elle tira de son sac dit à malices.

Toi beaucoup choses dans petit sac ?

Tenant compte de la situation, Angel et moi, on est toujours prêtes à prendre la clé des champs, n’est ce pas, ma chérie ?

Erik échangea un bref regard à l’Américain, guettant sa réaction.
Les filles avaient l’air de prendre ça presque comme un pique-nique au bord de l’eau. Elles les envoyèrent chercher de l’eau douce et du bois sec en prévision de la nuit à venir.
Munis d’un seau et d’une légère carapace vide de tortue trouvée sur la plage, en s’avançant vers les arbres denses de l’arrière, Erik ne put s’empêcher de l’ouvrir
:

Tu crois que l’une d’elle est responsable ? … Ben oui, je parle correctement, et alors ?... Ah, ça ? C’est juste une blague pour agacer Opal, mais chut là-dessus, hein ? Tu sais quand j’étais au fond, j’ai pensé à un endroit exactement pareil à celui-ci. C’est… une coïncidence ?

Rassuré sur la forte probabilité que c’en soit une, Erik ramassa le bois demandé tandis que, jouette, le chien faisait de grands allers et retours entre eux et la forêt. Lorsqu’il revint trempé du museau à la queue, Erik le flatta d’une main qu’il lécha ensuite.

C’est de l’eau douce. Ton chien a trouvé une source ou équivalent.

Ils suivirent l’afghan qui sembla joyeux de leur montrer le chemin jusqu’à une belle pièce d’eau alimentée par une cascade rafraîchissante.

Les demoiselles seront contentes, dit Erik en y plongeant son récipient. Elles sont gentilles, non ?... Courtiser Opal ? Moi ? Je… Non, pas du tout mais si elle veut, je dirai pas non. Tu penses que j’ai une chance ?... Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis, encore moins d’amies. Je ne vais pas gâcher ça. Par contre, toi et Angel…

Il réalisa avoir débordé en jugement car J.O se ferma. Erik soupira.
Ils rentrèrent avec leur provende dans un campement fin prêt. Deux tentes étaient dressées, des lumignons préparés, les filles avaient même pêché des poissons qui n’attendaient que cuisson.
Pas à dire, elles avaient le sens de l’organisation
.
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Lun 6 Aoû - 20:37

Contre toute attente, sa soirée au bal avait connu une fin assez brusque. Il ne finirait jamais de comprendre les femmes, savoir ne pas être le seul dans cette impasse le consolait peu mais la vie était ainsi faite et ces adorables créatures demeuraient un mystère plus ou moins compliqué. Pour faire difficile, aucune ne ressemblait à une autre, chacune avait sa façon, plus ou moins imprévisible de s’y prendre, d’unes avec charmant doigté, d’autres sans aucune formalité et parfois encore avec d’inexplicables froideurs. James Oliver Westwood ne cherchait pas à percer les énigmes féminines, il allait de par ce monde, désinvolte et sans soucis. Les femmes le trouvaient plaisant, il ne s’en plaignait pas. Elles lui plaisaient toutes, pas question de jouer les difficiles mais si par hasard, l’une de ces sirènes adorables tentait de lui passer la corde au cou, il prenait joyeusement le large avant que l’affaire ne se corse, fin de l’histoire, vivement à d’autres horizons !

Angel Grisham ne faisait pas l’exception, pour les mystères. Jolie comme un cœur, elle se montrait farouche et déterminée même s’il croyait deviner qu’elle ne voulait que dissimuler une grande timidité. Mais timide ou pas, son charme si spécial l’avait attiré dès le premier instant. Leurs débuts avaient été plutôt accidentés et voilà qu’ils se retrouvaient à ce bal débile. Se découvrant une belle affinité, ils l’avaient exploitée avec grande science : la danse. Peu de fois, J.O avait eu une partenaire aussi parfaite. Dans une enviable communion d’esprits, ils avaient évolué sur la piste, yeux dans les yeux, sans s’occuper du reste du monde. Cette empathie s’était vue confirmée lors de ce tango impeccable et pendant les brèves secondes du renversé, il avait failli céder à la tentation de l’embrasser mais s’était retenu. Pourquoi s’était elle mise en tête de lui larguer un sermon sur les valeurs morales de qui combat pour la liberté ? Sans doute suite à une simple idée de changer de décor interprétée comme crime de lèse-patrie ou allez savoir quoi d’autre. Le tout avant de faire demi tour, digne comme une reine et le planter là, sans plus d’explication.


*Bien t’ en prenne, Miss Perfection !*

Il avait beau avoir un amour propre blindé, c’était quand même un tantinet vexant de se faire larguer de la sorte par une petite anglaise se croyant au détour de tout. Il la vit danser avec l’un ou l’autre et ne put éviter sourire, mauvais, en constatant la piètre prestation de ses cavaliers. Finalement, au bout d’un moment, il avait quitté le fameux bal et était retourné à son hôtel. Contraire à ses habitudes, il dormit mal, cette nuit là !

L’obstination et Mr. West avaient toujours fait bon ménage. Il avait fait ses preuves depuis son plus jeune âge. Retourner au Chemin de Traverse était peut être un acte d’entêtement ridicule mais il n’avait pas su s’en empêcher. Tant pis pour les retombées, au cas d’en avoir. Il ne songeait pas à chercher la belle potionniste…Pas de sa faute si elle était là, au milieu de la rue avec son amie australienne et leur protégé suédois. Ils semblaient pris dans un fameux dilemme au sujet d’une baguette. Étant donné qu’ils stationnaient face à la boutique archi close du célèbre Ollivander, fabricant de baguettes depuis la nuit des temps, déduire quel était leur problème n’avait rien de bien compliqué.


Bonjour tout le monde…Belle journée ! Tiens…pas de baguette pour Erik ? Si c’est pas dommage ! Puis je vous aider en quelque chose ?

Merci, grinça Miss Grisham, nous nous débrouillerons !

Derrière son amie, Opal McLane se livrait à une mimique très expressive.

J’ai tout mon temps et puisqu’impliqué dans l’affaire depuis le début…

Je vous pensais déjà en train d’immortaliser les conflits africains, votre tasse de thé à ce qu’il paraît.

*Quel poison, celle là…Qu’est ce que je lui ai fait !?*

Ben non, vous voyez bien !, et l’ignorant vertement se tourna vers Miss Australia et le suédois, laissant SaP faire sa petite fête à la revêche de service, je sais que ce n’est pas pratique régulière mais je pourrais prêter ma baguette à Erik…juste pour lui montrer quelques sortilèges basiques.

On aurait presque pu entendre les rouages du cerveau d’Angel trouvant à redire à la solution. Opal, par contre sembla ravie de l’idée.

Faut seulement trouver l’endroit idéal, assez éloigné et discret comme pour ne pas attirer sur nous l’attention de vous savez qui !

Et si on allait à Pré au Lard ?...c’est en Écosse, à deux pas de l’école…ça vous dit !?...Angel…et toi, qu’est ce que tu en penses ?

Pour moi, c’est bon !, accepta J.O.

La réponse de la demoiselle qui jouait avec SaP fut laconique.

C’est une bonne idée. Bon amusement !...

Opal ne voulut rien entendre et au risque de se faire envoyer au diable, il s’en mêla aussi.

Je suis sûr que vous pouvez faire abstraction de votre antipathie envers moi mais ce ne serait pas juste avec vos amis…alors, je vous en prie, cessez l’enfantillage et venez avec nous !

Si les regards tuaient, il serait tombé raide mort mais n’étant pas ainsi et sans lui laisser temps de plus d’atermoiements, il céda sa placé à Erik qui, secondé à merveille par l’énergique australienne, saisit le coude la récalcitrante en disant :

Erik veut Angel professeur !

*Brave gars !*

On y va !

Une cannette trouvée là ferait l’affaire. Un Portus plus tard, le tour était joué. Sans trop comprendre, Erik avait saisi SaP par le collier. Bon gré, mal gré, ils s’y prirent en même temps pour toucher la cannette qui virait au bleu.

Quel atterrissage ! Tombant les uns sur les autres en parfait désordre, ils mirent un instant à se reprendre dûment. Juste à temps pour pallier au premier désagrément du jour. Des Mangemorts. Rendus invisibles par le rapide réflexe de Miss Grisham, ils évitèrent de justesse la catastrophe d’être repérés. Une fois ce danger enrayé, on se dépêcha d’atteindre le village. Bel échantillon du passé, le coin mais pas le temps à perdre à contempler les alentours. Angel les mena tout droit vers une boutique délabrée qui s’avéra être l’antre d’une fabricante de baguettes. SaP s’en mêlant, le choix fut vite fait pour le suédois qui nanti de son bout de bois rayonnait de bonheur. De là, filer bon train vers le château de Poudlard, la meilleure alternative.

Il en avait entendu parler, de ce fabuleux château en Écosse, sans doute la plus célèbre école de magie du Vieux Monde. Tout correspondait à l’idée qu’il s’en était fait. Le décor était grandiose, le château entrevu au loin, imposant, un peu sinistre si l’on veut mais pour le moment des grilles infranchissables se dressaient entre eux et la sécurité de Poudlard.

Et on fait quoi, maintenant ? On sonne ?

Opal fournit les renseignements nécessaires tout en faisant sonner la cloche de l’entrée. Peu après une massive silhouette apparaissait sur le chemin d’accès.

C’était l’homme le plus énorme que J.O ait vu de sa vie et il n’avait pas l’air précisément amical mais les deux demoiselles semblaient ravie de le voir et si on croyait au sourire de l’ogre, lui aussi. Rassérénant, surtout après qu’Opal eut assuré que le singulier bonhomme, un demi-géant, était le meilleur homme de la terre et qu’il avait été professeur de soins aux créatures magiques.


*Si un demi fait cette taille, suis pas sûr de vouloir d’en connaître un entier*

Le sieur Hagrid mis au parfum de leurs intentions et renseigné sur son honorabilité et celle d’Erik, inconnus au bataillon pour lui, leur franchit passage.

Se retrouver dans cet endroit qui avait hébergé leurs années d’apprentissage sembla rendre la bonne humeur à Angel. Elle repassa quelques joyeux souvenirs, partagés tous avec Opal. J.O suivait le mouvement tout en appréciant les alentours. Classique et majestueux, aucune ressemblance avec Salem. Ici tout respirait siècles , passé plein d’histoire, pas toujours joyeuse. Il aurait voulu connaître l’intérieur, dont il avait entendu parler avec admiration.

C’est plutôt désert, ici ? Personne ne reste pour les vacances ?, voulut il savoir en constatant que pas un chat ne semblait peupler les lieux.

Peu d’étudiants restent pendant les vacances. D’ailleurs, je ne sais pas si le collège rouvrira après ce qui s’est passé.

Si bien c’était Angel qui avait parlé, il préféra se tourner vers l’australienne.

Je sais que vous avez des problèmes mais ne connais pas de détails.

Opal soupira avant de se lancer avec une mise à jour très complète :

Le décret du ministère. Ils ne veulent que des « Sang Pur »…et donnent la chasse à tous ceux qui ne le sont pas…tout sorcier né moldu ou sang mêlé est soumis à une enquête serrée, la plupart vont finir avec leurs os en prison…ou préfèrent l’exil…c’est exécrable…Angel est…sang pur…moi, sang mêlé mais la famille de ma mère est encore très puissante…cela me sauve…pour le moment !

C’était outrageant.

Et après…quoi ? Parce que cela doit bien avoir une fin, non ?

Il regretta aussitôt ses mots. Il était bien placé pourtant pour savoir que certains conflits ne connaissent qu’une fin. Les paroles, sans amertume, de la jeune australienne ne lui donnèrent que raison.

S’ils gagnent…il n’y aura pas d’après…pas pour nous, en tout cas. On sera morts en luttant pour la cause…et le monde sera foutu…mais on n’en est pas encore là…

Adorable pragmatique !

Le lieu choisi était parfait, tout à fait idyllique, comme le reste. La leçon commença avec une discussion sur le sac de qui devrait servir de cible. Angel l’emporta sans mal, malgré les proteste de son amie, qui lui souffla :

Vaut mieux pas discuter avec Angel, elle a un fichu caractère mais est une superbe prof…regarde moi ça…Erik a réussi au premier essai !

Effectivement, le suédois s’en tirait de main de maître, comme s’il n’en était pas à sa première leçon, mais à un simple repassage. Il était naturellement doué, impossible autrement. Avec un peu d’entraînement et de connaissances approfondies, Erik pourrait devenir un fameux duelliste. Puis, mine de rien, tout tourna au jeu. Angel sembla oublier son animosité envers lui et lui envoya un sortilège qui fit pousser ses cheveux démesurément, il riposta avec un Tarentallegra qui la fit danser à s’en essouffler. Erik y mit le paquet avec un Levicorpus envers Opal qui n’agréa pas du tout et se vengea, sitôt de retour sur ses pieds, avec un gentil sortilège cuisant qui fit filer le suédois vers les eaux salvatrices, ignorant l’appel au rassemblement lancé par Miss Grisham. SaP, fou de joie face à tant d’activité, se lança à l’eau à sa suite.

Ce qui se passa après échappa à son entendement. Subitement, il se retrouva dans l’eau avec les autres, aux prises avec un tentacule monstrueux qui les entraînait vers le fond impitoyablement et puis, le néant…

Une bouffée d’air frais lui remit les idées à peu près en place, seulement pour réaliser l’absurde de la situation. Il se trouvait à quelques vingt mètres d’une plage bordée de palmiers, où SaP s’ébrouait énergiquement. Il ne tarda rien à y parvenir pour se laisser tomber sur le sable sec. Son fidèle chien vint le ranimer à grands coups de langue.

Cela va aller, mon vieux…mais où diables sommes nous ?

Pas en Écosse, c’était plus qu’évident. Mais le moment ne se prêtait pas trop aux questions. Tous semblaient avoir survécu indemnes à l’étrange aventure. Le soleil tapant dur, on se replia sous l’ombre d’un palmier. Personne n’avait idée de ce qui pouvait s’être passé. Trop sonnés encore, pour émettre des conjectures, fallut s’en tenir à la docte version de Miss McLane qui ne perdait rien de sa bonne humeur.

Euh…ben…que diriez vous de nous organiser jusqu’à trouver une solution …m’est avis qu’on ne va pas se tirer d’ici avant un moment, c’est toujours comme cela avec les paradoxes magiques…en attendant…quelqu’un veut des gâteaux secs ?

À croire que celle-ci n’était pas son premier paradoxe magique. Il avait fait une singulière expérience dans le passé, à Salem, mais n’était pas encore prêt à en parler. Acceptant un gâteau sec et une gorgée de limonade, il se demandait où diables les mènerait cette expérience.

Pour le moment, Erik et lui avait été désignés pour la corvée eau- bois sec. Tomber sur des carapaces de tortue lui donna de quoi penser. Ce n’était pas du tout commun d’en trouver sur la plage, comme simple coquillage. Celles là étaient curées d’intempéries, de quoi supposer que cela faisait penser que la bestiole y habitant avait vidé les lieux longtemps auparavant, sans doute pas volontairement. Il en souleva une et la reposa aussitôt.

Vais voir si ces dames ont un seau dans leur barda…ce truc pèse trop pour se balader avec, on pourra le leur en ramener un pour qu’elles en fassent un saladier, si ça leur chante !

Un sprint jusqu’au palmier des filles. Opal dénicha bien un seau entre autres curiosités de son sac à malices. Ils avançaient vers la forêt toute proche quand Erik le surprit en prenant la parole :

Tu crois que l’une d’elle est responsable ?

Ce n’était pas la question mais la clarté de l’énoncé qui le fit s’arrêter et dévisager le blond.

Le coup du calamar t’a appris l’anglais ou quoi ?

Ben oui, je parle correctement, et alors ?

Alors, rien…tu as un drôle de sens de l‘humour, pas à dire.

C’est juste une blague pour agacer Opal, mais chut là-dessus, hein ?

Comme tu voudras, mais m’est avis qu’elle ne va pas trop aimer que tu te fiches de sa poire. Revenant à ta question…comment une d’elles va être responsable de tout ceci !?

Tu sais quand j’étais au fond, j’ai pensé à un endroit exactement pareil à celui-ci. C’est… une coïncidence ?

Écoute, mon pote, d’autant que je sache, que tu ais pensé à des palmiers ou pas n’a rien à voir avec tout ceci, te bile pas…

Ce fut SaP, qui mine de rien les mena vers l’eau douce. Décor paradisiaque, lagune, chute d’eau.

Au moins on n’aura pas à se plaindre du paysage.

Les demoiselles seront contentes. Elles sont gentilles, non ?

Coup d’œil en biais.

C’est mon idée ou tu en pinces pour l’australienne ? Remarque, elle est ravissante.

Il aurait rigolé en le voyant s’empêtrer mais s’en garda bien.

Courtiser Opal ? Moi ? Je… Non, pas du tout mais si elle veut, je dirai pas non. Tu penses que j’ai une chance ?

J.O haussa les épaules.

Peux pas le savoir…je ne la connais pas…enfin pas beaucoup plus que toi. Si j’ai bien compris, on les a connues à peu près en même temps. Mais tu devrais en savoir plus…tu étais au bal avec elle et elles t’ont pratiquement adopté, non ?

Je n’ai jamais eu beaucoup d’amis, encore moins d’amies. Je ne vais pas gâcher ça. Par contre, toi et Angel…

Moue désabusée.

Il n’y a absolument rien entre Angel et moi.

Point final. On fit provision d’eau et de bois, sans plus de confidences et on rentra au campement que les demoiselles avaient parfaitement agencé.

*Sac à malices agencé selon le manuel du parfait scout ?*

Poissons grillés, on regarda les étoiles et faute de mieux on bavarda un peu. La journée avait été rude et tous étaient crevés, sans se soucier de briser l’ambiance bon enfant, J.O voulut savoir où il était supposé de dormir. Une des tentes était destinée aux hommes, il s’y engouffra, suivi de SaP qui voulait à tout prix partager le confort du matelas gonflable.

Exagère pas…déjà que c’est étroit…allez, va dehors, sois un bon chien !...SaP, fous la paix, suis crevé…

Rien n’y fit. Il fallut se caser avec le toutou qui n’était pas précisément un chihuahua, en plus il avait le sommeil inquiet, ronflait et gémissait en divers tons. Incapable de fermer l’œil avec pareil compagnon, J.O happa une couverture et alla se coucher à la belle étoile, laissant à Erik le plaisir du colocataire bruyant.
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Mar 7 Aoû - 18:13

Pour une surprise…
Était-ce un hasard que de rencontrer Mr. West près de la boutique d’Ollivander ? Angel n’y croyait pas. Qu’ensuite, il se mette à les suivre mieux que son toutou agaça légèrement Miss Grisham.
Elle préféra l’ignorer et il lui rendit bien la pareille. Entre ces deux qui se « boudaient » Erik et Opal jouaient les états tampons. Mais, lorsqu’il fallut commencer les leçons, l’animosité d’Angel retomba.
Ce n’était pas une rancunière et les moments intenses connus au bal l’avaient profondément marquée.
Erik apprenait avec une facilité déconcertante. Par jeu, pour diversifier les leçons et lui montrer que dans la foule de sortilèges existant il y en avait des marrants, elle avait sciemment visé J.O. Même en joute amicale, ils se devinaient. Une telle communion était-elle possible entre de presqu’inconnus sans qu’une certaine « magie » n’existe ? Angel ne voulait pas se poser cette question.

Quand le néophyte réussit un lévicorpus sur Opal, celle-ci le prit très mal et se vengea à sa façon. Pauvre Suédois contraint de courir rafraîchir ses fesses dans l’onde la plus proche ! Il ignorait les dangers du lac. Eux-mêmes en firent les frais par une facétie inattendue du calamar géant qui les expédia tous au bain. Voulait-il les noyer, les manger, jouer ? Peu de sorciers, en vérité, pouvaient se vanter de connaître la créature.
Quoiqu’il en soit, c’est sonnée et éberluée qu’Angel émergea… ailleurs.
L’endroit ressemblait fortement aux illustrations des îles Fidji. Mer d’azur incomparable, plages de sable blanc, cocotiers : tout y était.
On rassembla ses idées à l’ombre du soleil de plomb. Miss McLane était bien la seule à prendre les choses avec « philosophie ». Elle proposa de s’organiser en attendant une solution à ce « paradoxe » et entreprit de servir des biscuits et de la limonade.

Il va nous falloir de l’eau douce et du bois pour un feu. Pourriez-vous vous en charger ?

Cette question était plutôt un ordre adressé aux jeunes hommes.
Pendant qu’ils se mettaient en quête de récipients, les amies inventorièrent le contenu de leurs sacs à malice. Comme l’avait signifié Opal, vu le contexte actuel, il fallait être sans cesse prêts à changer de décor. Un matériel de survie réduit dans des sacs d’apparence anodine ne les quittait pas.
J.O vint réclamer un seau. Opal lui donna le sien, Angel fouillait encore son petit fourbi.
L’Anglaise répertoria :


Nous avons deux tentes, autant de couchages. Va falloir agrandir un peu pour être un semblant à l’aise.

L’installation alla bon train, magie aidant.
Tout en travaillant, la curiosité d’Opal refit surface. Elle tenait absolument à savoir pourquoi son amie battait froid l’Américain :


… Non, il n’a rien dit de spécial, juste suggéré que si j’avais « peur » de la guerre, je ferais mieux de partir… Oui, on s’entendait assez bien. Mais à quoi bon développer une relation ? Il ne rêve que de mitrailler en photo des conflits internationaux, il se moque complètement de ce qui arrive à notre monde !... Ce serait une bonne recrue, oui ! Il sait se battre, c’est indéniable. Assez sur ce chapitre, veux-tu ? Voyons plutôt si la pêche sera fructueuse, il faut ménager nos conserves. J’ai pas emporté de maillot de bain, toi oui ?

Elle non plus, évidemment.
Dans leurs effets personnels se trouvaient néanmoins des tenues légères qu’elles s’empressèrent d’enfiler. Pas besoin de harpon, ni d’arc ou flèche quand on possède une baguette magique.
Les pieds dans l’eau, elles repérèrent des poissons qui, soulevés de leur élément, vinrent garnir le seau d’Angel.
Les garçons ne tardèrent pas à revenir avec ce qu’elles avaient souhaité. Ils avaient l’air étonné de trouver un campement parfaitement organisé à disposition.
Un Incendio alluma un beau feu sur lequel on grilla la pêche des demoiselles pour le plus grand bonheur des convives. Erik se régala ouvertement, J.O ne dit mot.


*Il pourrait au moins dire merci !*

Des étoiles s’allumèrent sur fond bleu noir. On les contempla pensivement surtout quand Angel eut révélé avoir tenté un « Portus » qui n’avait pas fonctionné.
Erik proposa diverses solutions à la moldue : envoyer des bouteilles à la mer, explorer les environs, mettre des cailloux sur le sable avec SOS au cas où un avion passerait, etc.
On en débattit en rigolant « jaune ». Puis Mr. West demanda où il allait dormir :


*Comme si c’était pas évident !* On a agrandi nos tentes personnelles, soupira-t-elle. Une pour vous deux, l’autre pour nous. Mais si ça ne vous convient pas, il reste la plage !


Lorsqu’elles s’accommodèrent pour la nuit, les amies papotèrent un peu dans l’obscurité. Opal ne cessait de lui reprocher son attitude cassante envers l’Américain. Angel prit le taureau par les cornes :

Si tu veux tout savoir : il me plait ! Voilà, c’est dit… Une échelle de valeur ? J’en sais rien. J’avoue n’avoir jamais ressenti un truc pareil. C’est comme si nous étions les moitiés d’une même pomme, d’une poire ou d’une citrouille, comme tu veux… Ouais, c’est le tango qui a révélé ça, mais pas seulement... Quand j’ai jouté avec lui tantôt, c’était aussi assez… bizarre… Symbiose ? Appelle ça comme tu veux mais ça ne change rien ! Je voudrais le voir prendre le premier avion. Mieux : ne pas le voir du tout… Mais parce que ça n’a aucun avenir, voilà pourquoi ! Nos rêves ne correspondent pas, pas du tout. S’il veut s’amuser, qu’il cherche ailleurs ! Et puis cesse de m’asticoter avec ça. On a mieux à faire… On ira explorer à défaut d’autre chose, oui. Bonne nuit !

Énervée, telle elle l’était, dormir était illusoire. La place ne manquait pas sous l’abri de toile pour deux corps menus mais un profond sentiment d’amertume frisant la colère empêchait les ondes bénéfiques au sommeil de parvenir au cerveau enfiévré.
En ayant marre de se retourner comme une broche au grill, Angel songea au feu du dehors. Ne serait-il pas judicieux de l’entretenir ?
Saisissant son sac qui contenait encore bien des astuces, la jeune femme sortit de la tente, doucement. À quatre pattes, elle se glissa vers les braises encore rougeoyantes sur lesquelles elle jeta plusieurs bouts de bois. La lueur ravivée permit à son champ de vision de s’élargir et, avec effroi, elle découvrit un tableau à la fois navrant et attendrissant : Mr. West.
Pour quelle raison avait-il fini par choisir la plage comme couchage n’était pas la priorité. Le fait est qu’il était en passe d’être sucé à fond par une affreuse nuée de moustiques. Prévoyantes, Angel et Opal avaient usé de répulsif pour les tentes, pas pour le dehors…
Vive, elle expédia quelques « répulso » puis sortit son vaporisateur dont elle entreprit d’asperger copieusement un dormeur agité qui n’apprécia pas du tout d’être éveillé de la sorte. Il l’apostropha avec une vigueur si offensante qu’Angel en demeura d’abord sans voix. Pas pour longtemps…


… Si ça vous plaît d’être dévoré vif, libre à vous ! Je ne me mêlerai plus de rien vous concernant, ça vous va ?


Elle n’écouta pas sa réplique, lui tournant le dos pour aller s’asseoir, tremblant de rage et de dépit, près du feu qu’elle fixa longuement. Son isolement ne dura pas. Mitigé comme quelqu’un qui n’a pas l’habitude de s’excuser, il tenta d’agiter un drapeau blanc. Tête basse, elle écouta, ne sachant pas trop elle-même pourquoi des larmes coulaient.

… non, je ne pleure pas, renifla-t-elle, crâneuse. Je ne voulais que vous aider, moi... D’accord, j’accepte vos excuses si… vous acceptez les miennes. Je… je ne sais plus où j’en suis ces temps-ci, il s’est passé trop de chose en trop peu de temps, je ne suis pas ainsi d’habitude.

Il se montra étrangement doux, amical. Après tout… Elle pouvait s’être méprise sur ses intentions et la communion supposée n’avoir été qu’une illusion. S’il ne cherchait que de l’amitié, comment refuser ? Un sursaut d’orgueil la força néanmoins à préciser certaines choses :

D’accord, je cesserai de vous battre froid si vous arrêtez de me prendre pour une couarde… Bien sûr que si vous l’avez dit, ou du moins suggéré ! Vous m’avez dit de partir alors que je parlais de la guerre ! … Oh…

Elle tomba des nues quand elle capta le sens réel des mots émis au bal. La confusion lui empourpra les joues et elle bénit la chaleur du feu proche à qui l’on pouvait attribuer de telles rougeurs.
Il n’avait donc souhaité que de sortir de la salle… Tant mieux, tant pis si elle avait mal interprété.
Que se serait-il passé dehors ? Mieux valait ne pas y penser et tourner une page qui resterait vierge.
Pour varier de sujet, ils parlèrent un peu de la situation actuelle :


Je pense que nous devrions explorer les alentours, demain. Ça t’ennuierait de nous indiquer la cascade ? On en aura besoin pour la toilette demain... Un bain ? Maintenant ?

Sa proposition était à la fois choquante et… tentante.
La nuit était chaude, moite. Se rafraîchir était alléchant, surtout avec l’odeur tenace du répulsif qui leur collait à la peau.


On ne va pas se risquer dans les bois de nuit, dit-elle avec un poil de malice dans la voix. La mer est proche. Tu viens ?

En rigolant, elle se redressa et courut vers les vaguelettes. Ôter ses vêtements ? Et puis quoi encore ? Depuis quand un chat enlevait-il sa robe ? L’animagus siamois se fichait de l’eau qu’il adorait autant que sa forme humaine. Mais Angel ne s’attendait pas à être rejointe par un autre félin…
Sous la lune, batifolèrent joyeusement un siamois et une once que seule la fatigue força à sortir des flots.
Assez essoufflée, Angel se reprit sur le sable humide :


Je… Cela fait longtemps que je ne m’étais pas amusée autant… J’ignorais que tu en étais un… Ah ? De naissance ? Moi j’ai appris à la dure. En tout cas, merci de cette belle soirée, bonne nuit.

Elle souriait aux anges en s’endormant d’un coup sous son drap.
Le lendemain, elle se leva d’excellente humeur, ce que ne rata pas Opal, mais se garda de lui raconter son étrange bain de minuit.
Guidée par l’afghan, elles purent goûter les délices de l’eau douce avant de se mettre en quête d’un petit déjeuner pour quatre. Des nids furent repérés dans des branches hautes. Descendus en douceur par sortilège, elles en prélevèrent plusieurs sans en vider complètement aucun.
Avec les restes de la veille, cela devrait suffire à satisfaire les estomacs.
De retour au campement, elles aperçurent J.O qui longeait le rivage en ramassant des coquillages. Lui aussi souriait en venant vers elles.


Nous allons faire une belle omelette, dit Angel. Erik est levé ?

J.O n’en savait rien, il le pensait encore endormi mais quand la toile fut soulevée, il fallut constater l’absence du Suédois.

Pas de quoi s’inquiéter. L’odeur des œufs va le faire rappliquer, rit Angel.

Ce en quoi, elle se trompait…
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 12 Aoû - 12:34

Erik ne comprit pas tout. Pas de sa faute mais tout allait très vite, peut-être trop. En quelques heures, il avait appris être un sorcier, déménagé, réclamé et obtenu des fonds, assisté à un bal masqué, touché un portoloin, failli être agressé par des Mangemorts, acheté une baguette, rencontré un demi géant, jeté des sorts, reçu certains autres avant d’être happé par un calamar géant et se retrouver dans un coin du monde tel qu’on en rêve via des images d’endroits idylliques du globe.
N’importe qui serait déboussolé après ça, non ?
Erik n’échappait pas à la règle.
Ses compagnons d’infortune semblaient prendre cela avec une telle nonchalance que c’en était presque vexant. Était-il le seul à trouver cette situation aberrante, à s’interroger sur ce lieu et le comment en sortir ?
Il n’avait pas été sans ressentir une certaine tension entre Angel et l’Américain. Ce dernier se défendait de tout intérêt vis-à-vis de l’Anglaise, c’était ses oignons, pas les siens… Il n’insista pas et fit tout ce que l’on lui demanda.
Deux tentes avaient été dressées, une pour les garçons, l’autre pour les filles : normal.
Il s’accommoda au mieux et s’endormit rapidement malgré les rouspétances de son compagnon obligé. D’accord, le chien prenait de la place et avait un sommeil agité, n’empêche que c’était son toutou, J.O aurait dû mieux supporter. Peut-être était-il tracassé par autre chose, allez savoir avec ce taiseux ?

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Erik roupilla comme un bienheureux jusqu’à 5 heures du matin quand toutou manifesta une envie pressante d’aller dehors. Tant qu’à faire… Il l’accompagna.
Non loin, il entrevit J.O qui, dormant sur le sable, semblait apaisé.
Le chien fureta partout aux abords avant de se soulager puis, brusquement, il s’enfonça en courant dans la forêt. Le jour se levait mais on ne distinguait pas encore nettement ses pieds surtout avec la densité de végétation. Marcher là-dedans sans chaussures se révéla assez ardu. Plusieurs fois Erik jura en tentant de suivre le fugueur. Le chien se fichait de sa poire, se faufilant dans des endroits pas possible. Son long poil accrochait tout sur son passage. Il serait dans un état épouvantable quand ils rentreraient au camp.
Tiens, le camp, où était-il celui-là ? Avec effroi, Erik réalisa qu’il courait depuis près d’une heure maintenant et qu’il n’avait pas du tout pensé à repérer son passage.


*Bah, le chien saura, lui !*

Encore fallait-il lui mettre la main dessus ! La chose était ardue. Facétieux, l’animal se jouait de lui. Dès qu’Erik s’en approchait, il repartait de plus belle, toujours plus loin dans la forêt.
Il devait faire plein jour maintenant mais sous les frondaisons, il faisait sombre encore.


SàP, cesse ce jeu stupide, tenta de le commander Erik.

Rien n’y fit, au contraire, jusqu’à ce que le chien se mette à gémir.


*M***e, il s’est blessé !*

Quand il put enfin rejoindre l’animal, il le trouva empêtré dans un épais taillis, prisonnier par des ronces dont une avait entamé ses coussinets.

T’es pas malin, toi ! dit Erik en commençant à dégager l’animal qui se laissa faire.

Avec des gestes très doux, le Suédois parvint à libérer SàP et lui examiner les pattes, une à une. Son don de guérison d’antan n’avait plus été employé depuis des lustres. Ses parents s’étaient acharnés à le lui faire oublier par des séances qui frisaient la torture. Néanmoins, Erik savait que cela dormait encore en lui. Aussi, il n’hésita pas à imposer ses mains sur la patte sanglante du chien. En se concentrant de toutes ses forces, il obtint le résultat voulu. Guéri, le toutou lui lécha copieusement le visage, se laissa arranger le pelage puis… reprit son jeu de cache-cache, au grand dam du jeune homme. Cette fois, SàP prit bel et bien la clef des champs (ou du bois) et Erik se retrouva complètement isolé en plein bois.
S’il avait été un sorcier plus aguerri, il aurait pu se servir de sa baguette comme d’une boussole avec un pointe au Nord ou lancer des étincelles de détresse dans les airs. Mais il n’avait pas appris cela.
Tout ce qu’il put faire fut de tenter de rebrousser chemin en se fiant à sa vue.
Souvent, dans son coin de Suède, Erik avait cru se perdre dans les bois. Il était rentré à chaque fois.
Bien sûr cette forêt ne correspondait à rien de connu mais son passage avait laissé des traces.
Il les observa et les suivit autant qu’il put.
Une soif intense le rongeait. On ne lui avait pas appris l’aguamenti non plus.
À un moment donné, Erik remarqua que ses traces se recoupaient. Il avait dû, sans s’en rendre compte, tourner en rond en cherchant le chien qui restait sourd aux appels multiples qu’il lança.
Allait-il errer ainsi indéfiniment ?


*Les autres verront bien que je ne suis pas là. Ils viendront !*

Convaincu, Erik se trouva un tronc accueillant et s’y adossa, accroupi.
Combien de temps dura cette attente, il n’en sut trop rien, sa montre bracelet n’avait pas résisté au bain du lac. Ce fut une truffe humide et des léchouilles qui le sortirent de la torpeur qui l’avait envahi. Peu après on lui força une gourde d’eau en bouche et le stimula avec un « revigor » bien appliqué. On l’engueula aussi, surtout Miss McLane. Erik haussa les épaules, se redressa et suivit le groupe.


*Pour qui se prend-elle, celle-là ? J’y peux rien, moi !*


Son humeur morose retomba un peu devant une assiette d’œufs aux fruits de mer gardée pour lui.
Il la dévora, but beaucoup d’eau, en silence.
Ce que les autres firent pendant ce temps ne l’atteignit pas. Perdu dans ses pensées, il demeura près du feu qu’il alimenta de temps en temps, fixant les flammes les yeux vides d’expression.
Un peu brusque, Opal le somma de se bouger de là, il fallait préparer le repas de midi.
Apparemment Angel, J.O et le chien se baladaient.
Erik obtempéra, regardant machinalement ce que fabriquait l’Australienne. Elle vidait des poissons avec agilité, semblant l’ignorer complètement.


Erik peut aider, demanda-t-il en ouverture.

Il ne s’attendait pas à un tel exposé mi-virulent mi- chagriné.
Peur, trouille ? On s’était inquiété de son sort ? Il finit par sourire :


… Erik avait confiance en amis, commença-t-il par habitude de langage, lui perdu à cause chien…

N’était-il pas temps de cesser ce petit jeu stupide de l’ignare de service ? Il risquait de se prendre une baffe mais tant pis, autant mettre les choses au clair. Il parla très distinctement :


J’ai commis la bêtise de suivre SàP qui, d’ailleurs, s’est fichu dans un sale pétrin, et moi avec, du reste. Si j’en connaissais plus sur les sortilèges, je n’aurais pas eu à vous effrayer de la sorte. Je suis désolé.

Marrant ! Opal, plongée dans son éviscération, ne remarqua pas le changement d’élocution. Erik en profita :

Je dois apprendre davantage. Au cas où tu ne l’aurais pas entendu, je parle correctement, là…

Arrêt sur image. Opal releva la tête, le dévisagea, les joues s’empourprant graduellement. Le Suédois s’écarta légèrement à la limite du fou rire :

Ne me frappe pas ! Je ne le faisais pas exprès au début. J’ai été très, euh, choqué, par tout ce qui m’est tombé dessus. Tu ne vas pas encore me brûler les fesses, hein ?... Opaline, maîtrise-toi, s’il te plaît !

Il était prêt à parer une attaque. Il eut raison. Deux baguettes s’affrontèrent. Vive le protego appris à Poudlard. Il en usa à en avoir le bras rompu mais ne put s’empêcher de rigoler devant la fureur déchaînée.
Elle l’abreuva de toutes sortes de noms d’oiseaux ou créatures inconnues, tenta de l’incendier, le balafrer, le couvrir de furoncles et autres gentillesses jusqu’à ce que la hargne s’apaise et que le rire la gagne aussi.


Merci pour leçon expéditive, s’esclaffa-t-il. Erik a appris beaucoup !

Il faillit recevoir une baffe mais s’en ficha car la demoiselle riait plus qu’autre chose. La paix fut signée.

Et si l’on s’occupait de ces poissons, maintenant ?

Pas besoin d’apprentissage, le Suédois avait pratiqué cela des milliers de fois. Par contre, assaisonnement et cuisson sous les doigts d’Opal tenait d’un art nouveau pour lui. Il copia le tout, elle le jugea doué.

Lorsque les autres revinrent en compagnie du chien, ils les trouvèrent en très bons termes. Ils avaient un peu exploré les environs et ramenaient quantités de fruits savoureux.
Installés à la dégustation, on fit le point. Pour le peu visité, ils étaient sur une île déserte. Aucune voile n’avait été vue, ni aucun avion dans le ciel. On se résolut à changer d’endroit.
Après une courte sieste, les tentes furent repliées et réduites. Peu de matériel restait à transporter, on se mit en route. Au bout d’une demi-heure à longer le rivage, Opal enguirlanda à nouveau Erik :


… Je boite ? Euh… j’ai mal au pied depuis cette virée en forêt mais…

C’était bon, nouveau, de se faire dorloter surtout par des mains si douces et attentionnées…
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Opal McLane
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Mer 22 Aoû - 17:46

Que serait la vie sans surprises ? Une fade suite de circonstances et un ennui total. C’était l’avis d’Opal. Soit, cette fois, la surprise avait failli la dépasser. Quand même une première de finir en jouant les Robinson sur une île au bout du monde, sans même être montés sur un bateau. Ce n’était pas cela qui l’empêcherait de jouir le moment.

Ils n’avaient pas trop de quoi se plaindre. En fin de comptes, ils s’en étaient tirés d’une pièce, toutou inclus, l’endroit était une invitation à l’aventure. Mais avant de penser à s’amuser ou se lancer à l’exploration des alentours, il fallait songer à s’installer convenablement. Ce qui ne posait aucun problème pour deux filles débrouillardes et leurs sacs à malices.


Dis, c’est mon idée ou tu lui en veux ?...À J.O, tiens, à qui d’autre ?

Angel bien sûr était prête à nier quoique ce soit.

Joue pas les finaudes avec moi, je te connais…qu’est ce qu’il t’a fait ou dit, pour que tu lui tires la tête comme cela ?

Elle finirait bien par savoir. Fallait juste savoir cuisiner son amie et en cela, Opal excellait.

Je sais que je suis barbante…mais faut savoir à quoi s’en tenir…s’il t’a fait quelque chose…je l’écorche vif, satisfaite ?

Angel devait l’en croire capable car elle ne tarda pas à avouer :

Non, il n’a rien dit de spécial, juste suggéré que si j’avais « peur » de la guerre, je ferais mieux de partir...

Hein ? T’es sûre que c’est ça qu’il voulait dire ?...Euh, non, je ne dis pas que tu sois bête et ne piges rien mais cela ne lui ressemble pas trop…enfin, dommage, vous sembliez vous entendre…

Soupir.

Oui, on s’entendait assez bien. Mais à quoi bon développer une relation ? Il ne rêve que de mitrailler en photo des conflits internationaux, il se moque complètement de ce qui arrive à notre monde !

Nouveau soupir.

Je disais simplement que vous sembliez bien vous entendre…je n’avais pas suggéré que tu l’épouses…mais enfin, passons…le mec sait que faire avec sa baguette…

De là à qu’Angel le voit en nouvelle recrue pour leur Cause, il n’y eut qu’un pas. Opal la laissa parler et mettre sans plus fin à la petite mise à jour.

*Elle est merveilleuse…merveilleusement têtue…*

Et hop. Changement de thème. On passa au niveau suivant : survie à la bonne franquette. Tenue en conséquence enfilée, la pêche n’attendait qu’elles.

Leur grillade de poisson frais sous les étoiles aurait pu être une expérience des plus agréables mais pour quelque raison biscornue cela n’allait pas. certes se mettre à chercher des solutions tirées par les cheveux pour s’en sortir, de leur paradoxe ou ce que cela voulut bien être, ne ragaillardit pas certains esprits. La faute à personne si le Portus essayé par Angel avait foiré, si on n’avait pas de bouteilles pour envoyer à la mer et autres solutions très moldues proposées par leur suédois avant que l’intérêt pour les poissons grillés ne l’emporte.

*Il ne pense qu’à bouffer celui là !*

Le sieur West boudait, pas besoin d’être sorcier pour s’en rendre compte. Angel contemplait les étoiles et râlait discrètement.

*La joie, naufrager avec ceux là !*

Que l’américain ose demander où il allait dormir faillit déclencher une crise internationale, de peu et la douce Miss Grisham ne l’envoyait pas se faire voir ailleurs.

*M***e…c’est quoi le sortilège pour apaiser les exaltations de l’esprit ?*

Vive l’ignorance.

Faute de mieux, on se retira dans les tentes en quête de sommeil. Dûment vaporisées de répulsifs anti insectes, on n’aurait pas à se préoccuper de se faire bouffer crus…par les moustiques, s’entend !

Pauvre type ! Il en tirait, une tête ! J’espère que tu ne vas pas lui en tenir rigueur jusqu’à la fin des temps…cela risque d’être vraiment tendu…Ben oui, il me plaît…pas comme cela…je le trouve sympa, c’est tout ! Je parle de J.O…en plus, vous faites un joli couple…

Et patati patata. Opal pouvait être une véritable plaie quand elle s’y prenait. Ce qui aboutit exactement où elle voulait arriver…l’explosion. Menu feu d’artifice, en fait. Tout y passa. En commençant par l’aveu principal :

Si tu veux tout savoir : il me plaît !

Et voilà…c’était pas si dur à dire, non ? Je savais !...et dans une échelle de 1 à 10…il a combien ?

Au début, elle n’en savait rien. Mais deux secondes plus tard s’étendait à loisir sur ce « rien » qui disait bien de choses.

Cela s’appelle symbiose, ma chérie…ni plus ni moins…du même genre que celle d’Erik avec la bouffe. Parfaite entente !

Logiquement, Angel se rebiffa de toutes ses forces, selon elle, l’américain pouvait disparaître, cela ne lui ferait ni chaud ni froid.

*Ouais, mon œil…*

Opal rigola en douce en se faisant rabrouer et faute de plus de confidences se mit á compter des moutons. Elle en était à 74 quand le sommeil la prit tranquillement…

Qui dit qu’une bonne nuit de sommeil ne fait pas de miracles ? Pas Opal, en tout cas et encore moins en découvrant son amie, pimpante et guillerette, de fort belle humeur, sourire resplendissant et regard pétillant.


*Ferme ta gueule et jouis le moment !*

Idyllique. Le noble toutou se chargea de les guider vers l’eau douce. Un poème. La quête des œufs. Un pillage distingué. La rencontre sur la plage avec le, jusqu’à la veille au soir, maussade J.O…de quoi se poser des questions.

*Et la paix soit sur Terre aux hommes de bonne volonté !*

Sauf qu’il en manquait un, là. Que justement lui n’accoure pas sitôt les effluves savoureux de l’omelette matinale se laissant sentir était digne d’un peu plus que de la simple suspicion.

Pour qu’un type comme lui ne se présente pas au petit dej il ne peut avoir que deux raisons…il est mort ou a eu un accident !

J.O et Angel lui décochèrent un coup d’œil de biais.

Ben, oui…lui et la fringale, ça ne fait qu’un…j’espère pour son bien et le nôtre qu’il ne sera pas mort…ce serait trop bête…ERIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIK !!!!

*Il n’est pas sourd comme un pot, quand même…diables ! Il s’est cassé la gueule par là…Qu’il soit pas mort, Bon Dieu…qu’il soit pas mort…le pauvre, je lui ferai n’importe quoi à manger…*

Finalement, ce fut le chien qui les mena au suédois égaré. Il n’était ni mort ni même mal en point, juste affamé, ce qui n’avait rien de bizarre, un peu assoiffé, tout compte fait normal par cette chaleur et assez paumé, mais chez lui cela semblait être presque une habitude.

Franchement, toi…ta spécialité, les emmerdes !?...Tu m’as fichu une de ces trouilles !

Sans plus de façons, elle lui fit avaler la moitié de sa gourde, sans arrêter de le seriner sur tous les tons sur les diverses dangers qu’entraîne courir une nature inconnue.

Et pieds nus, par-dessus le marché ? T’es pas aborigène, d’autant que je sache…t’as aucun flair, ni sens de l’orientation…alors, d’ores en avant, tu restes près de la civilisation ou de notre semblant de…ok ?

J.O, sorcier et homme pratique lui envoyait un bon Revigor, pour si jamais.
Le gars ne pipa mot mais son regard bleu était un peu ombrageux. Il alla même jusqu’à hausser les épaules, signe sans équivoque, qu’en plus, il se fichait de sa poire. Cela lui apprendrait à se faire de la bile pour son prochain.


Retour au campement où toute ombre de morosité disparut en voyant Erik dévorer son petit déjeuner comme qui a été privé longtemps de nourriture.

*Il doit avoir un ténia de dix mètres dans les tripes !*

Elle opta pour lui ficher la paix et aller s’occuper ailleurs. Les deux autres, qui, ô nocturne miracle, semblaient couler la parfaite entente, disparurent suivis du toutou. Elle mit un peu d’ordre par ci, par là. Apporta quelques changements à leur habitat puis s’en alla à la pêche du jour. Erik rêvait toujours face au feu.

*J’ai été méchante avec lui…j’aurais pas dû lui gueuler dessus…il a l’air si…tu parles, arrête de te mortifier…il est ravi et pimpant…lui et son ver doivent plutôt attendre le repas de midi !*

On aurait encore du poisson au menu, faute de mieux. Elle avait lu que les lévriers afghans étaient d’excellents chasseurs mis soupçonnait fortement que la faune ambiante ressemble en quoique ce soit avec celle de sa patrie lointaine. Faudrait savoir se débrouiller pour varier la nourriture sous peine de finir avec des écailles ou devenir végétariens, ce qui ne la tentait pas le moins du monde. Elle vidait machinalement le fruit de sa pêche quand elle le sentit s’approcher.

Erik peut aider ?

Sans lâcher le poisson elle le regarda, contrite.

Si tu veux. ..Tu sais, veux m’excuser pour tantôt…voulais pas te crier dessus mais j’étais sur les nerfs…Ça me fait enrager quand les gens font des bêtises qui les mettent en danger…tu devras faire plus attention…parce que peut être la prochaine fois il n’y aura personne pour t’aider…et tu pourrais mourir, tu piges ? Pas la joie…pas envie d’avoir à t’enterrer par là…mais si tu veux, on s’en fout et…c’est bon !

Elle était à point de se mettre à renifler comme la dernière des sottes alors préféra continuer avec sa labeur sanglante.

Erik avait confiance en amis, lui perdu à cause chien…

Lui et son baragouin. Elle commençait à s’y faire…c’était attendrissant et marrant aussi…en plus il essayait de disculper sa bêtise. La faute au chien…oui, pourquoi pas ?

J’ai commis la bêtise de suivre SàP qui, d’ailleurs, s’est fichu dans un sale pétrin, et moi avec, du reste. Si j’en connaissais plus sur les sortilèges, je n’aurais pas eu à vous effrayer de la sorte. Je suis désolé.

Elle balança le poisson vidé dans la carapace de tortue et en prit un autre du tas. Les excuses du suédois étaient plausibles…et vachement compréhensibles, du coup. Ses gestes mécaniques ralentirent et elle aiguisa l’oreille.

Je dois apprendre davantage. Au cas où tu ne l’aurais pas entendu, je parle correctement, là…

Lâchant bestiole et couteau, elle releva la tête et lui lança un regard meurtrier.

Tu…tu…t’es fichu de moi !!!

Tiens et il était à point de se mettre à rire, le triple goujat.

Ne me frappe pas ! Je ne le faisais pas exprès au début. J’ai été très, euh, choqué, par tout ce qui m’est tombé dessus. Tu ne vas pas encore me brûler les fesses, hein ?...

Te brûler les fesses ? Tu voudrais bien, satané bonhomme, tu vas voir de quel bois je me chauffe…on se fiche pas de la poire d’Opal McLane et s’en sort comme si rien…pare !

Opaline, maîtrise-toi, s’il te plaît !

Pare, j’ai dit !, hurla t’elle en brandissant sa baguette.

Toute à sa colère, l’australienne déploya toute la science qu’elle oubliait la plupart du temps. Furie déchaînée, elle se souvint de tous les sortilèges d’attaque même des plus sournois, sans arriver au trop méchants. Mais il se défendait bien, le bougre. Quel talent pour parer son attaque, encore heureux qu’on ne lui ait appris que ça…sans cela, qui sait si elle ne s’en serait pas pris une bonne paire en retour.
L’usage de la magie fatigue, c’est su mais ce fut son fou rire et l’éclat adorablement malicieux de son regard qui la vainquit. Pour la forme, elle usa de manière éhontée d’un vocabulaire très fleuri pour exprimer clairement la teneur de sa pensée avant de décider que cela ne menerait à rien…il rigolait toujours.

En plus, tu es un pitre !

Merci pour leçon expéditive, Erik a appris beaucoup !

Continue comme ça …et sais à quoi t’en tenir !

Et si l’on s’occupait de ces poissons, maintenant ?

Quel homme sage !

Il travaillait vite et bien. On ne pouvait nier que ce gars avait un talent incroyable pour le mimétisme. En un rien de temps, il avait copié ses faits et gestes et les poissons étaient prêts, exactement comme si elle s’en était occupé toute seule.

Tu sais, si on retourne…chez nous, tu as une place dans mon resto…pas comme invité, tu me ruinerais…comme aide cuistot !

L’idée ne sembla pas du tout lui déplaire. À elle, non plus. Tout en finissant de préparer le repas, ils bavardèrent à bâtons rompus. Il parla de lui. Opal écouta, attentive, trouvant dans ces aveux sans prétentions, l’explication à beaucoup de choses. En peu de mots, Erik était une espèce de génie en plus d’être un sorcier dont on avait prétendu ignorer sa nature. Vie simple et efforcée. Cœur pur et respectueux qui aimait ses parents même si ceux-ci ne lui avaient pas fait l’existence trop plaisante. Elle se garda de tout commentaire et quand ce fut son tour de se raconter, l’évidence de leurs différences lui sembla flagrante mais ne pipa mot á se respect, se limitant à évoquer quelques anecdotes dignes d’être tenues en compte, sans trop exagérer, selon son habitude.

Aux dernières nouvelles rapportées par le duo en parfaite entente parti en virée avec le chien, leur île était déserte de chez déserte, sans espoir immédiat de sauvetage extérieur.

S’il se trouve…on est même hors toute route maritime ou aérienne…ou qui sait si même sur une île non répertoriée sur les cartes mais ne vous en faites pas, je suis sûre que le calamar géant sait exactement où nous sommes…je sais, cela ne sonne pas trop rassurant mais de rien ne sert se faire de fausses illusions.

Point final. La décision de changer d’endroit était issue après une courte discussion où le bon sens prima. Sans savoir exactement où se trouver, restait l’observation pour se guider. Selon J.O, qui avait vu plus de monde que le reste ensemble, ils se trouvaient quelque part dans le Pacifique Sud où parfois la météo peut changer d’un moment à l’autre, comme quoi, il valait mieux se bâtir un bon abri un peu plus à l’intérieur des terres.

Erik avançait devant elle. Impossible ne pas se rendre compte que quelque chose clochait chez lui.

Dis, toi…ça ne va pas trop bien ? , remarqua t’elle, avec une certaine brusquerie, tu boîtes !

L’innocence même, le jeune suédois reconnut s’être fait mal au pied lors de son aventure avec SaP.

Et tu ne pouvais pas le dire !?...Allez, assieds toi là, ordonna l’australienne en désignant une grosse pierre, laisse moi voir…ton pied ! Quoi d’autre…tu en as , des questions…Pas de souci, j’ai de l’expérience…tu sais les vaches, les moutons…pas futées, ces bestioles…

Le pauvre Erik devait se demander ce qu’il pouvait avoir en commun avec ces animaux mais déjà Opal examinait l’extrémité douloureuse d’un œil expert. Elle ne tarda pas à trouver la cause du mal.

Tu as une écharde, mon pote…faudra l’enlever et désinfecter cela…te bile pas, tu ne sentiras rien…

Petit fouille dans son fameux sac, pince trouvée, elle s’appliqua à retirer l’écharde adroitement.

Me regarde pas comme ça…Il y a sans doute un sortilège pour ceci mais moi…je préfère la bonne vieille méthode moldue…oui, je le sais, le fichu sort mais je ne suis pas aussi bonne qu’Angel avec la magie…ça foire et il se trouve que je te coupe le pied…donc…vive la pince !...Par contre celui de désinfection…

Petite démonstration plus tard, Mr. Nielsen était comme neuf et alla, dans sa gratitude jusqu’à lui planter une bise sur la joue qu’elle accepta, un peu prise de court mais se rattrapa avec une claque sur l’épaule, assez rustre.

De rien, voyons…entre amis, on s’aide !

Ils rattrapèrent Angel et son américain qui débattaient sur leur prochain domicile. Ils avaient trouvé l’endroit parfait. Une petite clairière dégagée, sur le chemin de la lagune, assez loin de la mer pour être à l’abri en cas de tempête et confortablement près de leur source d’eau douce. Ne trouvant rien à redire, on procéda de suite à s’y établir.

Faites joli…Erik et moi, on va à la chasse !...Euh, non, pas de carabine…mais j’ai ma baguette et…ça !

Et d’exhiber fièrement son boomerang. La question de J.O la fit tiquer.

Et toi, tu sais faire des photos ?, sans attendre la réponse, elle fit de mi tour et s’en fut, suivie d’Erik et de SaP qui ne voulait rien rater de l’action.

Chemin faisant, Erik voulut quand même savoir ce qu’elle comptait abattre avec son ustensile aborigène.


Laisse voir d’abord ce qu’on trouve…Il doit quand même avoir de la faune dans le coin…à part les oiseaux…mais ceux que j’ai vu jusque là valent pas le coup…on les laisse pour les œufs…

Elle étalait le large éventail de possibilités quand SaP, brave chasseur, s’arrêta net, l’air attentif, avant de filer comme une flèche.

Me dis pas qu’il a flairé une gazelle…

Cela n’y ressemblait guère. Sans atermoiements apparents Opal abattit la proie, si habilement traquée par le lévrier. Un marcassin de bonne taille serait au menu du soir.

S’il y avait un petit…il doit y en avoir des grands et ils seront pas si faciles à prendre…demain, on posera des pièges…Sais une paire de trucs, oui…la vie à la campagne, vous savez…

Depuis que l’Outback est considéré comme tel.

Ce fut un roulement de tonnerre phénoménal qui les tira tous du sommeil au deuxième soir…

Zut, il se gâte un peu, le temps !,
grommela l’australienne en pointant le nez hors de la tente, il pleut !
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Lun 27 Aoû - 8:45

Ça lui apprendrait à l’ouvrir et se mêler de ce qui ne le regardait pas ! Mais il était curieux, on n’y peut rien contre sa nature. Ce fait l’avait toujours mené à se retrouver au milieu de situations jugées extrêmes par tout autre qui ne fut aussi casse-cou que lui. Crise au Moyen Orient, conflit africain, révolte n’importe où…s’il y avait vraiment du grabuge, il se sentait presque l’obligation de roder à proximité. Cela avait son prix et il l’avait payé maintes fois, opportunité que Rose et Magnolia saisissaient au vol pour essayer, force câlins et menaces, de le ramener sur le chemin du bon sens. Il n’en avait cure.

Mais cette fois, c’était vraiment le comble. Pour une fois qu’il décidait se la couler en douce avant d’aller chercher quelque embrouille internationale où fourrer le nez et il fallait qu’un calamar s’en mêle et fiche tout en l’air…enfin…à l’eau ! Déjà que cela n’allait pas trop bien avant le plongeon, sauf peut être le petit jeu des sortilèges marrants, on pouvait dire que le futur immédiat s’annonçait décidément mal…

Oui, il était de mauvais poil…et puis quoi ? C’était bien son bon droit, après tout. Penser à tout le monde installé en tout confort à l’abri des tentes, le fit râler encore plus mais la fatigue de cette singulière journée finit par avoir le dessus et J.O s’endormit, enroulé dans sa couverture, à même le sable. Ce devait être le dur de son lit de fortune et allez savoir quelles idées lui trottant dans la tête qui donnaient à son rêve cette tournure de cauchemar…On le torturait pour enfin l’arroser d’essence…ou pas ? Brusquement réveillé, il resta là, assis sur le sable, pas trop sûr d’avoir vraiment proféré ces jurons à faire rougir un charretier…quoiqu’il suffit de voir la tête que tirait Miss Perfection pour savoir qu’encore une fois…elle était furieuse…un peu plus, si possible.

Si ça vous plaît d’être dévoré vif, libre à vous ! Je ne me mêlerai plus de rien vous concernant, ça vous va ?

Je…euh…en fait…c’est que…*et m***e*…je faisais un mauvais rêve !

Il aurait pu dire que le Diable en personne lui était apparu et fait des chatouilles, cela aurait été du tout au même. Elle alla s’asseoir face au feu ravivé, boudant ferme. Ne restait rien d’autre à faire qu’à essayer de sauver au moins les meubles avant qu’elle ne lui envoie un mauvais sort…un de très mauvais, vu son humeur actuelle.

Je ne voulais pas…*tu…vous ?*…vous crier dessus…je vous l’assure. C’est que…j’ai le sommeil nerveux…suis une boule de nerfs, en fait…et je faisais un rêve affreux…vous savez, du genre où va vous faire flamber comme un bonzo…pas agréable du tout…

La belle ne pipa mot. Tête obstinément baissée, force fut d’observer que ses épaules tressautaient.

*Tu l’as fait bonne, animal…elle pleure !*

Les femmes qui le faisaient le mettaient dans tous ses états, ne sachant trop que faire avec…enfin, il y avait toujours une paire de bonnes solutions mais il se voyait mal en train de les appliquer en ce moment. Ne resta qu’à faire la remarque la plus stupide de tous les temps :

Vous pleurez !

Bien sûr, une fille comme elle n’allait jamais l’admettre de bon cœur…pas du premier coup mais quand il insista sur le fait, la douce créature renifla :

Non, je ne pleure pas…

Mais non…vous avez l’air de vous marrer comme une folle…Allez, arrêtez de me bouder de la sorte…suis désolé si je semble un rustre…suis un peu bousculé par la situation…

Je ne voulais que vous aider, moi...

Son tour de baisser la tête tout en se massant la nuque, le temps de chercher ses mots. Il opta pour faire simple :

Excusez moi…ok ? Et merci de m’avoir sauvé des moustiques.

Elle le regarda enfin, ses adorables mirettes encore noyées de larmes.

D’accord, j’accepte vos excuses si… vous acceptez les miennes. Je… je ne sais plus où j’en suis ces temps-ci, il s’est passé trop de chose en trop peu de temps, je ne suis pas ainsi d’habitude.

J’accepte tout ce que vous voudrez, Angel mais arrêtez de pleurer…ou je me verrai dans l’obligation de vous raconter des blagues jusqu’à vous faire rire !

Elle n’avait que faire, de ses blagues et ne semblait pas plus rassurée pour autant alors il opta pour se montrer tout simplement gentil, genre grand frère consolateur et lui entoura les épaules de son bras.

On fait la paix ? Pour si jamais vous ne l’avez pas remarqué, on est à quatre dans ce coin perdu…si vous continuez de me traiter de la sorte…je pourrais faire une déprime sévère… et il me semble que vous n’êtes pas du genre à laisser souffrir votre prochain…et puis…suis un bon copain quand on ne me laisse pas tout seul…

Il aurait débité n’importe quoi pourvu de la voir sourire mais la miss avait encore une paire de points à mettre au clair.

D’accord, je cesserai de vous battre froid si vous arrêtez de me prendre pour une couarde…

De quoi retomber sur terre avec fracas.

QUOI ?...Mais voyons…d’où sortez vous ça ? Je n’ai jamais dit pareille chose…

Bien sûr que si vous l’avez dit, ou du moins suggéré ! Vous m’avez dit de partir alors que je parlais de la guerre !

Il souffla, énervé en secouant la tête.


Franchement, faut dire que vous entendez ce que vous voulez entendre, tant vous êtes prise dans votre idée. Pour votre information, Miss Grisham, la seule chose que je voulais dire, en ce moment là, est que nous pouvions partir du fameux bal, aller ailleurs pour vous changer les idées. Rien d’autre !

Oh…

Oui...OH ! C’est juste le moment de le dire…et puis j’en ai marre de te traiter de vous…va savoir si cela te donne encore des idées bizarres…On fait table rase et on recommence…disons au moment où tu n’avais pas encore envie de me trucider, d’accord ?

Elle ne trouva rien à redire. Encore heureux ! Pas question de s’éterniser sur le thème, de toute façon, il y avait pas mal de quoi parler, après tout dans une situation pareille…

Je pense que nous devrions explorer les alentours, demain. Ça t’ennuierait de nous indiquer la cascade ? On en aura besoin pour la toilette demain...

Pourquoi cela va m’ennuyer ? Si tu veux…je peux te montrer maintenant…avec la lune on y voit assez clair…on pourrait même prendre un bain…ça sent pas la rose, ton répulsif !

Un bain ? Maintenant ?

Ben oui…c’est une idée comme une autre, tu ne trouves pas ?

En tout cas, ce qui s’en suivit le fit presque tiquer.

On ne va pas se risquer dans les bois de nuit, dit-elle avec un poil de malice dans la voix, la mer est proche. Tu viens ?

Ce n’était pas exactement à ce qu’il avait pensé mais tant qu’à faire, il allait pas jouer les difficiles même si se disant qu’il devait avoir maldonne quelque part, impossible de s’y méprendre de la sorte avec une fille comme elle…Son avis changea en un temps record en découvrant…le chat siamois.

Tu veux jouer…et bien…on joue !


Elle ne s’était sans doute pas attendue à se retrouver nez à nez avec un minet bien plus gros qui émit un grognement satisfait en la reniflant avant de l’envoyer dans la flotte d’un petit coup amical de sa grosse patte. Singulière façon de finir leur soirée !

Redevenu humain, J.O gisait sur le sable telle épave, les yeux clos, en reprenant son souffle.

Je… Cela fait longtemps que je ne m’étais pas amusée autant…

Ni moi, qu’on me pende si je m’attendais à ça…

J’ignorais que tu en étais un…

Il se tourna vers elle pour la regarder, rieur.

Tu crois que c’est le genre de truc que je raconte à une fille lors du premier rendez vous ? …De plus que j’ai pas cherché à l’être…

Ah ? De naissance ? Moi j’ai appris à la dure. En tout cas, merci de cette belle soirée, bonne nuit.

Il ne bougea même pas de sa place, se contentant de lui cligner l’œil en rigolant.

Beaux rêves…minette !

Pas question d’essayer de déloger SaP de sa place, il ferait tout un foin, La brise marine avait rafraîchi la nuit, assez comme pour que l’once ne meure pas de chaleur. Reprenant sa forme animale, il s’éloigna vers le bois proche, chercha un bon arbre et grimpa se percher sur une grosse branche. À sauf des moustiques et autres bestioles nocturnes, l’once s’endormit placidement. Peu avant l’aube, il retourna au campement et de nouveau en mortel commun, poursuivit ses rêves sur le sable tiède. À peine s’il ouvrit un œil quand SaP vint lui présenter ses respects avant de se sauver à la suite de son nouvel ami…

Quand il se réveilla, plus tard, le petit campement était parfaitement calme. Soit tous dormaient, soit ils étaient partis se balader, le laissant jouer les souches en toute paix. Sans s’en faire un problème, il s’ébroua et s’en alla longer la plage en direction opposée à celle de la lagune, question de voir ce qu’il y avait de ce côté-là. Mer, sable et palmiers. Celui là semblait être le bout de l’île, en se retournant, J.O eut une assez bonne vue d’ensemble de leur nouveau domicile. Rien ne manquait pour compléter l’idée « paradis tropical parfait pour les vacances ». Tout y était, même le petit volcan qui surplombait le tout et laissait, charmant détail, échapper un discret panache de fumée de son cratère.

Génial…et quoi plus ?, grommela t’il en décidant ne rien dire sur la fumée suspecte, pas question de semer la panique dès le premier moment, supposant qu’un volcan peut fumer sans pour autant exploser à tout bout portant.

Il flâna sur le chemin du retour, prenant l’enfantin plaisir de ramasser quelques coquillages magnifiques, comme quand il était gosse et passait des vacances au bord de la mer. Tout à son passe temps J.O arrivait aux abords du campement quand il vit Angel et Opal venir vers lui en compagnie de SaP. Fraîches et pimpantes, elles avaient sans doute découvert les joies de la lagune. Et après celle de la quête aux œufs.


Nous allons faire une belle omelette, annonça Angel, radieuse, Erik est levé ?

Pas la moindre idée…j’ai vu personne en me levant !

En tout cas, pas de trace d’Erik.

À moment donné, il m’a semblé le voir sortir avec SaP…mais je dormais…Il doit être par là !

Pas dans les alentours immédiats, en tout cas, ce qui sembla préoccuper l’australienne qui émit, lapidaire :

Pour qu’un type comme lui ne se présente pas au petit dej il ne peut avoir que deux raisons…il est mort ou a eu un accident !

*Pas de rose, pour la miss…blanc ou noir !*

Angel semblait habituée aux commentaires radicaux de son amie, pour J.O, c’était encore un impact du moment…dépassé uniquement par la puissance de ses appels.

*Pas à dire, s’il entend pas ça…on peut se faire du souci !*

Le cher SaP devait savoir long sur la disparition du suédois parce qu’après les avoir fait poireauter par là, enjoué comme pas deux, il les mena tout droit vers l’endroit où Erik semblait attendre une intervention divine sauf que Miss Australia fondit sur lui, tout feu et flammes pour lui larguer un émouvant discours sur les dangers inhérents de l’existence sylvestre, thème sur lequel, elle semblait savoir un peu plus que le pauvre paumé. Question de faire un apport raisonnable à la situation, J.O se remit à lui envoyer un secourable Revigor.

Juste pour lui donner forces pour se défendre de ta copine…quel caractère !, souffla t’il à l’oreille d’Angel qui, en connaissance de cause, se marrait en douce.


Opal contrôlait la situation. Erik ne semblait pas bien malheureux après son sauvetage. SaP, lui, avait besoin de courir un peu par là .

Il est plein d’énergie…s’il ne se défoule pas…il nous rend dingues…alors, tu m’accompagnes ?…Je crois qu’Erik peut s’en tirer tout seul…

Angel ne trouvant rien à redire à sa proposition et le toutou prenant les devants, ils longèrent la plage. J.O prit spécial soin de ne pas regarder vers la montagne…pour ne pas avoir à se faire de la bile et surtout pour ne pas attirer l’attention de sa jolie compagne sur l’infime filet de fumée. Ils marchèrent un moment en silence.

C’est un peu ridicule de ne rien dire, tu ne crois pas ? …enfin…on pourrait profiter pour nous connaître un peu mieux , non ?...parce qu’à part danser avec moi et m’envoyer au diable…et quelques mots hier soir…on peut pas dire que je sache grand-chose sur toi…et je n’accepte pas la version : « je suis une fille comme les autres, avec une vie banale, etc »…Pourquoi ?...Ben parce que tu ne m’as pas du tout l’air d’être rien de cela…c’est tout !

Elle rosit doucement. Ses premières appréciations semblaient avoir été les bonnes, aucune femme n’est capable de feindre un fard : la douce enfant était timide même si en le dissimulant sous une cuirasse de délicate suffisance , de quoi décourager n’importe quelle avance fallacieuse. Il fit semblant de ne pas s’en être rendu compte et continua de bavarder comme si rien.

Alors, si j’ai bien compris, ta mère est potionniste…l’officine cramée lui appartient…c’est bien ça, non ? Et ton père ?...Dans la même branche ?...ah bon, …moldu. Ben oui, pourquoi pas ? Faut de tout pour faire un monde…Non…suis le seul sorcier chez moi…Rose et Magnolia sont on ne peut plus moldues…Mes sœurs ?...Non…mes mères…

Pareille assertion la surprit, une explication s’imposait.

J’ai vécu dans un orphelinat jusqu’à cinq ans et demi…Non ! Personne n’est venu m’adopter…j’ai fait le mur…non, on ne m’a pas rattrapé…mais le soir venu il faisait un froid de canard et j’avais faim…alors j’ai sonné à la porte de la première jolie maison sur mon chemin…le reste est histoire. Elles sont mes mères et je suis un type avec beaucoup de chance…Non, je n’ai jamais cherché à savoir qui était ma mère biologique…mon père ? Encore moins…ils n’ont pas voulu de moi. Leurs raisons ne m’intéressent pas…c’est leur histoire, pas la mienne !

Histoire qui sembla l’émouvoir outre mesure, si on en croyait à son regard noyé de larmes. Ce qu’elle narra par la suite, le laissa un moment sans paroles. Il s’imaginait bien ne pas être le seul orphelin au monde mais le cas d’Angel était atrocement différent. Enlèvement, meurtre, mensonges. Une intrigue tordue éventée quelques années auparavant en rencontrant, par hasard, sa sœur jumelle.

Mais tu as survécu à cette horreur et comme moi, même si de façon différente, as trouvé une famille qui t’aime… Tu vois…mine de rien, à part pouvoir danser ensemble, on a d’autres choses en commun…Pense pas au passé, ça ne rapporte rien…Ok, notre futur est un peu incertain pour le moment…mais si on voit bien…il y a pire !

SaP revenait avec un bâton. L’invitation au jeu était claire. Peu après, ils s’amusaient des courses folles du lévrier et de son insistance infatigable pour poursuivre à ce train de diable.

Comme son maître, il me crève…mais en once, je le laisse la langue pendue…c’est son jeu favori…qui fait ressortir sa nature de chasseur…sauf qu’il n’a jamais essayé de me pourchasser pour de bon…SaP ?...Ce n’est pas son vrai nom…cela lui vient de sac à puces, une fois où il en a chopé des tonnes…fallait le voir…le pauvre. Il s’appelle Khan mais fait la sourde oreille quand on lui dit comme cela…essaye, tu verras !

Mine de rien, en courant après SaP, ils avaient pu avoir un plus large aperçu de leur coin de monde. Force fut de reconnaître que plus désert que ça…impossible. Sans se laisser démoraliser pour autant, ils se mirent en quête de fruits pour le repas.

De retour au campement, ils trouvèrent leurs compagnons d’infortune en très bons termes. Opal avait concocté un repas sublime avec les moyens à bord et avec l’aide, reconnue sans emphase, du suédois, promu d’ores et déjà en cuistot assistant. Ils mangèrent en faisant le point de la situation :

On est seuls, ici…de toute la matinée, je n’ai vu trace d’avion, encore moins de bateaux…

L’australienne fit son apport, sans contemplations ni chichis. Fille sans détours, elle semblait très sûre qu’au moins le fameux calamar savait de leur étrange destinée. Ce n’est pas pour autant qu’on ne fit pas honneur au festin, tout en discutant sur leur installation finale. J.O se cru en devoir de partager ses diverses connaissances, après tout, sans être bien vieux, il était le plus âgé du groupe et avait vu pas mal de monde.

Je ne saurais dire avec exactitude où nous sommes…mais je parierais au Pacifique Sud quoiqu’il en soit, rester en bord de mer n’est pas trop sûr…une tempête est vite levée et on ne sait jamais à quoi s’en tenir…vaudrait mieux regarder un peu à l’intérieur des terres.

Ainsi fut fait. L’endroit fut assez vite trouvé et magie aidant, l’installation ne demanda pas de grands efforts. Les tentes furent rendues un peu plus confortables, surtout que dans celle qu’il partageait avec Erik, il y avait assez de place prévue pour SaP , ce qui, J.O le savait d’expérience, ne priverait toutou de vouloir, comme toujours, squatter le lit de son prochain. Profitant de la largeur gagnée, il agrandit son matelas, pour aller à la sure.

Le coup de tonnerre fut si tonitruant, qu’éveillé en sursaut, Mr. Westwood crut que le volcan avait décide faire des siennes et bondit hors de la tente comme diable de sa bouteille, suivi d’un Nielsen ensommeillé qui ne s’expliquait le pourquoi de pareil émoi. SaP, couard, resta là où il était, la tête sous ses pattes en gémissant.


Zut, il se gâte un peu, le temps !...Il pleut !, marmonnait Opal.

Voudrais pas jouer les alarmistes, messieurs dames…mais je crois qu’il ne s’agit pas d’un simple orage…Assurons les tentes !

Quelques sortilèges bien sentis et très ponctuels agirent efficacement et très à temps. Un vent furieux se déchaînait, hurlant entre les arbres, accompagné d’une pluie torrentielle.

Si ça dure, je crains que la lagune ne déborde…ce qui signifierait que l’endroit où nous nous trouvons se trouvera inondé !, hurla J.O pour se faire entendre entre les sifflements du vent, il faut trouver un lieu en hauteur !

On le regarda comme s’il était devenu fou. Partir en prospection en pleine nuit, sous le déluge ?

Il n’y a qu’une façon…Je reviens !

Agile, peu gênée par la rudesse de l’intempérie, l’once se déplaçait entre les rochers, comme supposé, le débit de la cascade avait augmenté rapidement, trop, en fait. Il ne s’était pas trompé, il y avait une grotte là dont l’entrée s’ouvrait presque derrière la chute d’eau. Là, ils seraient à sauf d’une possible inondation…

Sans magie, cette nuit aurait pu finir en tragédie. L’abri découvert par l’once était plus vaste que prévu et permit une installation hâtive mais confortable. Trop secoués, personne ne songeait à dormir. Réunis autour du feu sans fumée, ils écoutaient la tempête se déchaîner. SaP était mort de trouille…et n’était pas le seul à qui la foudre faisait cet effet…
Erik gratouillait l’oreille du toutou, l’apaisant. J.O était quasi sûr que le même traitement ne donnerait pas d’aussi bons résultats avec la brune sorcière anglaise qui sursautait à chaque coup de tonnerre, contrairement à son amie qui semblait très à l’aise. N’empêche que qui ne tente rien…

Allons, il ne va rien se passer !

Rassure t’on quelqu’un en débitant des trucs débiles ? Parfois ! Si on lui entoure les épaules d’un bras protecteur, cela peut aider…et si en plus la tempête rugit…

*Bénie soit la foudre !*
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Jeu 30 Aoû - 19:37

Miss Grisham avait merveilleusement bien dormi malgré la précarité de leur installation. Si des rêves de batifolages félins l’avaient habitée, elle ne s’en souvint que vaguement.
Des petites choses avaient été mises au point avec un beau photographe et cela l’avait apaisée.
Opal remarqua très certainement son changement d’humeur mais s’abstint de commentaires sauf quand elle constata l’absence du Suédois. Ses cris vibrèrent dans l’air matinal au point qu’Angel se demanda s’il n’y avait pas un soupçon de panique quelque part
:

*Elle tient plus à lui qu’elle ne l’imagine*


On retrouva l’égaré grâce au chien. Soins prodigués à l’assoiffé affamé, on revint au camp. J.O, voyant son fougueux afghan désireux de s’ébattre lui proposa :

Il est plein d’énergie…s’il ne se défoule pas…il nous rend dingues…alors, tu m’accompagnes ?…Je crois qu’Erik peut s’en tirer tout seul…

Je crois qu’il est entre de bonnes mains, oui ! rigola-t-elle en lui emboîtant le pas.

Longer la plage en regardant le chien batifoler, l’horizon sans fin et… un certain panache de fumée relativement inquiétant qu’elle fit semblant d’ignorer, ne meubla pas la conversation. Des pensées, Angel en avait beaucoup. La situation était si étrange. Pourquoi se retrouvaient-ils là ? Y avait-il un but à cela ou était-ce une pure facétie du destin ? Combien de temps allaient-ils moisir dans ce lieu qui semblait abandonné de tous ?

C’est un peu ridicule de ne rien dire, tu ne crois pas ?

Elle sursauta à ces paroles :

Excuse-moi, j’ai la tête ailleurs…

On pourrait profiter pour nous connaître un peu mieux , non ?...parce qu’à part danser avec moi et m’envoyer au diable…et quelques mots hier soir…on peut pas dire que je sache grand-chose sur toi…et je n’accepte pas la version : « je suis une fille comme les autres, avec une vie banale, etc. »

Elle battit des cils d’incompréhension qu’il clarifia aussitôt :

Pourquoi ?...Ben parce que tu ne m’as pas du tout l’air d’être rien de cela…c’est tout !


Se voir signifier ne pas être banale ne put que déclencher des rougeurs chez cette timide quasi maladive. Elle avait beau se soigner, Angel parvenait rarement à dissimuler ses troubles. Heureusement, J.O eut le bon ton de ne pas en rajouter, continuant sur sa lancée :

Alors, si j’ai bien compris, ta mère est potionniste…l’officine cramée lui appartient…c’est bien ça, non ? Et ton père ?...Dans la même branche ?

Non, pas du tout, rit-elle. Papa est un dentiste on ne peut plus moldu. Vous êtes tous sorciers chez toi ? … tes mères ?

Son histoire était touchante. Ça ne s’inventait pas des trucs pareils et, à moins de vouloir gagner un oscar d’acteur, Mr. West était sincère en avouant un parcours aussi peu commun. Sans le vouloir - comment aurait-il pu savoir ?- J.O venait de rouvrir une blessure secrète d’Angel qui dut prendre sur elle pour avouer à son tour un part de son histoire :

Je porte le nom de Grisham parce que je suis adoptée ; je devrais m’appeler Erin Gloss. J’ai vécu dans l’ignorance totale de mes origines jusqu’en cinquième à Poudlard où j’ai rencontré… ma sœur jumelle. J’avais trois ans quand après un accident de balançoire on m’a déclarée morte. Il s’agissait d’un trafic d’enfants… Mes parents actuels n’étaient pas au courant. Mais de ma famille biologique, il ne me reste que Meredith et… c’est elle qui, sous imperium, a tué nos autres sœurs et nos vrais parents.

Quelques larmes s’échappèrent involontairement. J.O, embarrassé, se montra docte :

Mais tu as survécu à cette horreur et comme moi, même si de façon différente, as trouvé une famille qui t’aime… Tu vois…mine de rien, à part pouvoir danser ensemble, on a d’autres choses en commun…Pense pas au passé, ça ne rapporte rien…

Comme si notre avenir était idyllique, s’énerva-t-elle un peu.

Ok, notre futur est un peu incertain pour le moment…mais si on voit bien…il y a pire !

Certes, en y pensant bien, il y avait effectivement pire. Ils auraient pu tomber sur un lieu où toute magie serait fermée ou se retrouver cerné par vingt mangemorts…

SàP se fichait des considérations du couple : il voulait jouer. Le voyant courir vers son bout de bois et revenir tout fier en le rapportant, dérida Angel.


C’est pas Alba qui ferait ça !... C’est ma chatte angora. Elle rapporte les boulettes de papier, note ! Pourquoi ce nom SàP ? Ça sonne bien mais…

Ce n’est pas son vrai nom…cela lui vient de sac à puces, une fois où il en a chopé des tonnes…fallait le voir…le pauvre. Il s’appelle Khan mais fait la sourde oreille quand on lui dit comme cela…essaye, tu verras !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Elle eut beau appeler sur tous les tons le chien, il ne répondit qu’à SàP.
Mine de rien, ils en parcoururent du chemin à discuter et jouer.


Je n’ai vu aucune fumée*À part celle du volcan* ni de tracé dans le ciel. On est vraiment paumés !


Un demi-tour s’imposait puisque ce coin n’offrait aucun intérêt immédiat.
Au retour, ils cueillirent quelques fruits qui agrémenteraient le repas qu’Angel était certaine de trouver succulent avec Opal en cuisine. Il le fut.


*Au moins, elle n’aura pas écharpé Erik…*


Le point fut établi sous les conseils du seul vrai baroudeur du lot : J.O.
Selon lui, il fallait changer de lieu pour camper. Au pacifique Sud, les tempêtes pouvaient se lever vite et se montrer très dévastatrices.
On plia donc bagages et s’installa plus loin du rivage tout en gardant un œil sur la seule source d’eau potable rencontrée jusqu’alors.
O prit son temps pour aménager au mieux le nouveau camp mais quand le tonnerre éclata, les choses furent moins glorieuses.
D’après J.O, cela risquait de dégénérer fortement.


Il faut trouver un lieu en hauteur !

*Zut !* pesta Angel qui regretta de ne pas avoir le temps de fouiller son bouquin sur les sortilèges portant sur la météo.

J.O disparut un moment, sans doute transformé en Once à la recherche de l’abri parfait.
Misère, l’eau montait ! Un transplanage express les expédia dans une grotte aux dimensions très… confortables.
Dehors, le déchaînement des éléments était affreux. Le plus à plaindre fut le pauvre chien qui tremblait de tous ses membres, trempé comme une soupe. Erik veilla à le rassurer.

*Il en a de la chance, ce chien !*

Opal semblait sereine, elle.
Qu’elle le veuille ou non, Angel n’aimait pas la foudre et ses roulements sinistres. Chaque éclair la faisait sursauter. Recroquevillée sur elle-même, genoux serrés contre son torse, elle calculait le temps entre flash et bruit.


Allons, il ne va rien se passer !

J’aimerais te croire mais...

Cela craqua si fort qu’elle rapetissa davantage, crispée de haut en bas. Soudain, un bras secourable lui entoura les épaules, elle cacha son visage contre le cou si galamment offert.
Angel connaissait les potions dont l’amortensia. Ce philtre était d’odeur différente selon celui qui vous attire. Elle savait très bien ce que sa composition personnelle fleurait : un soupçon de musc, des feuilles de chêne, et de la poudre chinoise. Malgré la douche subie par la tempête, la peau de J.O suintait ce parfum particulier, unique. Elle l’huma comme un drogué son rail de poudre. Était-ce possible ?


*Tu dérailles !*

Au bal, elle n’avait rien ressenti. Pourtant la promiscuité avait été présente. Peut-être une eau de toilette chic avait-elle faussé la donne ? Là, elle ne pouvait s’y méprendre et en fut… perplexe.
Malgré les sursauts de l’orage, Miss Grisham raisonnait :


*Concours de circonstance… Des points communs mais rien de décisif… Illusions… Stress*

Quoiqu’il en soit, elle apprécia grandement le soutien de l’Américain sans se monter la tête pour autant. Cette proximité n’était cependant pas convenable à ses yeux. Elle se redressa pour constater qu’Erik ne gratouillait plus un SàP calmé. Béat, il regardait dehors, flanqué d’une Opal ravie.

J’ai été dépassée. Je vais arranger ça !

Du précieux sac à malices dont elle ne se serait séparée pour rien au monde, Angel sortit un livre assez épais où elle trouva vite le sortilège voulu. S’approchant à son tour de l’ouverture, elle agita sa baguette en direction du ciel et prononça la formule adéquate. Le Suédois fut pantois devant le résultat. Les affreux nuages se débandèrent à la vitesse grand V, une nuit claire et paisible régna à nouveau sur la nature calmée. Évidemment, Erik s’empressa de demander la permission de consulter le bouquin. Comment le lui refuser ? On devina à quoi il allait passer le reste de nuit.
Sous leurs tentes séchées avec quelques sorts, Angel n’arriva pas à retrouver le sommeil. La révélation dans la grotte, la tourmentait trop. Opal, que les retournements de son amie empêchaient de dormir, fit une remarque sur le tableau offert par le couple dans la caverne.


… mignon tout plein ? Tu en as de ces expressions, toi, grinça Angel. C’était juste… gentil… Non, je ne pense pas à lui ! Arrête de vouloir me caser à tout prix. Néanmoins, c’est assez… étrange. Tu sais qu’il a été adopté ? Il a deux mères ! …Mais, puisque tu veux papoter, raconte-moi plutôt comment il se fait qu’Erik parle si bien l’anglais, maintenant. Tu lui as donné un cours express ?


Ce que narra sa copine la fit rigoler. Angel la félicita de ne pas l’avoir écorché vif après une « blague » pareille !
En évitant soigneusement de revenir sur le cas J.O, Miss Grisham s’appesantit sur la manière de se sortir de là. Elles explorèrent plusieurs pistes sans parvenir à aucune solution réelle. La fatigue finit par avoir raison d’elles mettant fin au débat.

Au matin, encore un peu dans le brouillard du sommeil, elles sortirent de leur abri pour constater que le camp était vide : les mâles avaient déserté.


Faudra leur dire de laisser un mot quand ils partent, rouspéta Angel, contrariée.

Il n’était pas temps de se ronger les sangs en se croyant abandonnées. Ces messieurs étaient trop galants pour leur faire un coup pareil.

Ils sont sans doute allé chasser. Moi j’ai envie de me laver !

La crasse de leur virée nocturne avait été en partie effacée, n’empêche que rien de mieux qu’un bain, même froid, pour se mettre en train.
La toilette terminée, un scénario identique à celui de la veille se déroula. Œufs et fruits au petit déjeuner, pourquoi pas ?
Les hommes ne tardèrent pas à les rejoindre. D’après leurs dires, Erik avait absolument tenu à s’exercer à la baguette avec les nouveaux sortilèges appris dans la nuit. En preuve de son talent neuf, son incendio sur le bois préparé pour le feu fut très bien exécuté. Ils n’avaient pas fait que jouer et ramenaient derrière eux, maintenu en l’air par levicorpus, un futur festin : un sanglier de belle taille proprement égorgé. La narration de cet exploit fit beaucoup rire les demoiselles. SàP avait levé et rabattu l’animal vers eux alors qu’ils ne s’y attendaient pas. Au lieu de décamper, les chasseurs avaient usé d’un wingardium leviosa sur une grosse bûche qui n’avait pas raté sa cible après un waddiwasi fulgurant.


On a de la viande pour trois jours ! Mais il va falloir la préparer pour la garder, constata Angel hésitant entre abattement et joie.

Élevé en milieu forestier, Erik se dévoua pour dépecer la bestiole. J.O lui refila un coup de main sans rechigner. Pendant ce temps, les demoiselles jetèrent quelques sortilèges ménagers puis allèrent se balader sur le rivage.

On pourrait faire un grand feu, ou faire un grand SOS avec des cailloux, dit Angel sans conviction... oui, un radeau aussi mais… pour aller où ?

Prise d’inspiration, Angel agita sa baguette. Son patronus se matérialisa aussitôt en pensant à une certaine personne...
La stupéfaction la plus totale se peignit sur les traits d’Angel car, au lieu de la gentille hermine connue depuis des années, voilà qu’un splendide albatros s’inclinait devant elle.
Le changement de patronus n’est pas exceptionnel, elle le savait. Mais quand cela se produisait, cela était très significatif… Opal ne pouvait pas rater ça ! Angel rougit un peu mais ne releva pas le commentaire. Elle s’adressa à l’oiseau :

Va aux quatre points cardinaux ! Reviens nous dire à quelle distance sont des hommes civilisés ! Si tu trouves un sorcier, préviens-le de notre situation.

Se tournant vers une Opal un peu hilare, elle dit :

C’est plus rapide qu’une bouteille à la mer, non ? Et ce serait encore plus rapide si tu faisais pareil !

Opal s’exécuta non sans se marrer et deux patronus s’évaporèrent dans les airs.

Ramasser des coquillages, décrocher des noix de palme, ramener de l’eau douce et racines aromatiques leur prit un certain temps. Au moins la boucherie était terminée au camp et les hommes partirent se laver les laissant s’occuper de la viande fraîche.
Angel était perturbée, d’abord le parfum envoutant, maintenant le changement de patronus. La conclusion était claire ; elle refusa de l’admettre.
À quoi bon tomber amoureuse d’un homme qui ne pensait qu’à courir le monde ?


*Dès que l’on sera rentrés, si on rentre, il retournera photographier ses carnages… Grand bien lui fasse !*

Soupir.

Opal n’avait rien manqué du silence révélateur de son amie qu’elle évita cependant de charrier là-dessus.
Un beau cuissot rôtissait gentiment quand les garçons, propres et nets, reparurent. Angel tenta de se montrer enjouée à leur retour. Erik, qui était en verve, s’empara du crachoir en croquant un fruit. Selon lui, la magie était fabuleuse. Il la trouvait illimitée. J.O, un peu las, avoua à demi-mot en avoir un peu marre de jouer au professeur. Il semblait aussi assez tendu, inquiet.

*Il a vu le volcan ! *

Angel aussi avait remarqué que le panache de fumée au-dessus du cratère avait augmenté en densité.
On tenta de plaisanter autour du repas en échangeant divers souvenirs ou impressions.


Nous avons envoyé nos patronus en reconnaissance, dit Angel quand la conversation tomba à plat.

Ils eurent aussitôt droit à une leçon récitée en règle par le néophyte de service.

… Oui, Erik, tu as bien compris. On sait produire un patronus quand on est heureux, et…

Opal, l’air de rien, dit ce qu’Angel aurait voulu ne pas entendre. Agacée, elle répliqua :

Je suis stressée ! ça te va comme explication ? … Non, J.O, ils ne sont pas encore revenus… et ce n’est pas bon signe !

Un autre mauvais signe ne tarda pas à se manifester. D’abord SàP délaissa son os pour se mettre à gémir et tourner en rond puis tous ressentirent la même chose et se consultèrent d’un regard mitigé. Si elle n’en avait jamais connu, Angel comprit :

Ça vient de vibrer !

Se levant, J.O fila en direction de la plage. Réflexe général d’alerte ? Les autres entreprirent aussitôt de rassembler leurs effets. Feu étouffé, ils rejoignirent l’Américain sur le rivage et se figèrent face au spectacle peu engageant en panorama. Aucun doute : le volcan s’éveillait.

*Si ça pète, on est cuit !*

J.O prit les choses en main en lançant des ordres précis. Pas besoin d’être devin pour capter ses intentions. Erik ne posa pas de questions, s’affairant au rythme des autres. Lianes, petits troncs légers, furent débités et assemblés dans la hâte sous des directives précises.
Vive la magie ! Ils la dépensèrent sans compter d’autant que les secousses du sol s’affirmaient plus violentes et prolongées. Dans la fébrilité de l’activité, nul ne pensa au pauvre afghan terrorisé.
Ce ne fut que lorsque l’embarcation fut quasi achevée que l’on constata sa disparition. Au même instant, le volcan cracha autre chose que de la fumée. Le sol vibra tellement que tous s’affalèrent le nez dans le sable.
J.O devint dingue, il s’époumona à rappeler son chien.


Envoie ton patronus le chercher !
lui conseilla Angel en lui prenant le coude.

Un aigle à tête chauve, symbole de la grande Amérique, s’envola bientôt.
Opal et Erik empilaient les affaires à l’intérieur de la barque tandis que J.O et Angel attendaient au bord du rivage.


Ils arrivent ! cria la jeune femme en pointant le chien poursuivi par un rapace. SàP ! Viens, mon chien ! Cours !

Ils étaient presque arrivés qu’une secousse terrible ébranla à nouveau le sol. Sans J.O, Angel aurait fait un autre vol-plané.
En catastrophe, on embarqua bête et gens. Des rames de fortune entrèrent en action, la voile se gonfla. Tous les visages se tendirent vers le spectacle d’apocalypse présenté par une force indomptable…


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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 2 Sep - 18:26

Erik n’était pas Anglais mais possédait un flegme à toute épreuve. Il acceptait les choses sans trop se demander le pourquoi de leur venue et essayait de faire avec, simplement.
Perdu dans la forêt ? On allait le retrouver, pourquoi s’en faire ? Comme de juste, ses nouvelles connaissances le ramenèrent au camp. Miss McLane lui passa un savon verba ? Et alors ?
Lui avouer sa « blague » au sujet d’une langue bien maîtrisée rapidement l’avait bien fait rigoler malgré que la jolie demoiselle ait voulu le réduire en charpie.
Elle était marrante, Opaline ! Très attentive à lui, en plus… Chose absolument inédite pour le Suédois. Ses parents l’aimaient, le choyaient à leur façon rustaude, mais la vraie fraternité était un sentiment neuf et très… agréable.
Ainsi, s’ils rentraient, Erik aurait un boulot chez Opal ? Il jugea cela intéressant.
Travailler en compagnie d’une bonne sorcière serait certainement instructeur et pas déplaisant du tout.
Elle tint à en savoir un peu plus sur lui, il n’avait pas grand-chose à raconter. Il narra sa vie sans en rajouter en évitant les passages douloureux des exorcismes infligés pour le libérer d’un soi-disant démon dont il connaissait à présent la nature. Opal, de son côté raconta un peu de son histoire d’Australienne déracinée. Il aurait aimé en connaître plus, notamment sur ses raisons de rester en Angleterre ses études finies, mais n’insista pas. La Miss parlerait quand elle le jugerait bon.

Quand J.O et Angel revirent au camp, ils s’entendaient à nouveau bien, ce qui rassura Erik. La cohabitation obligée ne pouvait fonctionner que si tous y mettaient du leur.

Il fallut déménager, J.O prétendant que sur ces rivages le temps pouvait se gâter à tout moment.
Là encore Erik bénéficia de l’attention d’Opaline qui lui ôta la vilaine écharde chopée en courant après SàP. Elle l’obligea à s’asseoir et n’usa pas de magie, le comparant à une vache ou un mouton. Bah, du moment qu’elle le soigne, Erik était content. Un bisou sur la joue en signe de gratitude ? Elle le lui retourna par une bourrade rude sur l’épaule accompagnée d’un :

De rien, voyons…entre amis, on s’aide !

Elle avait raison. N’empêche qu’Erik commença à la regarder différemment.
L’endroit pour un campement idéal fut trouvé, il ne restait qu’à l’installer :


Faites joli…Erik et moi, on va à la chasse !


Pas de carabine mais une baguette et… un drôle d’engin nommé boomerang. On verrait bien. Toujours prêt à de nouvelles expériences, Erik suivit le mouvement.

C’est une arme, ce truc coudé ? osa-t-il demander. Quelle sorte de gibier ça peut abattre ?


Laisse voir d’abord ce qu’on trouve…Il doit quand même avoir de la faune dans le coin…à part les oiseaux…mais ceux que j’ai vu jusque là valent pas le coup…on les laisse pour les œufs…

Avec le lévrier en pisteur, la traque ne dura guère. Il avait levé un marcassin que, sans faillir, Opal abattit d’un coup net et précis.


*Vaut mieux être son ami que son ennemi à celle-là !*

Après le festin, on se retira sous les tentes.
Erik ne dormait pas, trop absorbé par diverses pensées quand le tonnerre gronda.
J.O, réveillé en sursaut, prit la direction des opérations de sauvetage. Cela tombait dru dehors, de quoi noyer le camp rapidement. Le temps de ramasser un peu de matériel, ils transplanèrent dans une cavité naturelle.

*Pauvre SàP !*

Le chien était terrorisé, il n’était pas le seul d’ailleurs. Miss Grisham n’en menait pas large. Vu son affinité habituelle avec les animaux, Erik parvint facilement à calmer l’afghan. Opal n’avait besoin d’aucun secours :

*Dommage*

Il la rejoignit à l’entrée de la grotte d’où ils purent assister au spectacle des foudres célestes :


J’aime les orages, dit-il. Chez moi, on dit que la nature est revigorée après leur passage. La première fleur qui éclot ensuite portera bonheur à celui qui la verra.

Il eut envie d’entourer les épaules de la jeune femme comme J.O ne se privait pas de le faire avec Angel, mais n’osa pas. D’ailleurs Miss Grisham reprit du poil de la bête et, bouquin en main, baguette dans l’autre, elle fit cesser l’enchantement qui la dérangeait.


*Zut ! On était bien, là !*

Pour combler sa frustration, Erik s’intéressa au gros livre de sortilèges que sa détentrice lui accorda dès sa demande.

La nuit complète, sous lumos, y passa. On était sauf, au sec, que demander de plus sinon d’en savoir plus ?
Erik se savait doué en lecture et mémoire express. Il dévora le grimoire et se crut mage patenté en moins de deux. Restait à concrétiser son étude studieuse.

On sort ! secoua-t-il un J.O endormi. Erik veut, je veux voir si ces trucs fonctionnent.

Mal luné d’être dérangé, l’Américain agréa pourtant et accompagna cet élève exalté.


Incendio ! lança Erik sur un tas de branchage trempés.

Las, J.O lança un aguamenti en l’engueulant de son peu de sérieux.

… Non ! Je ne veux pas faire cramer le coin, juste m’entraîner. Je retiens l’aguamenti.


Il visa un tronc déraciné par la tempête :


Wingardium leviosa !

Rien ne bougea, le rendant perplexe. Avec patience, l’Américain corrigea diction et geste. Erik goba tout en un clin d’œil.
De démonstration en correction, Erik évolua.

Dans le livre, j’ai lu un chapitre que je n’ai pas trop pigé. C’est quoi les sorts impardonnables ? … Ah ! Pas de mon niveau et peu recommandables ? *Si tu le dis…*
Et Spero patronum, ça sert à quoi ?... Ok, je capte. Tu crois que je pourrais en faire un ?
...

Concentration et explication aidant, Erik parvint à créer la forme argentée qui le caractérisait : un dogue allemand.


J’adore ce toutou ! Il sert à quoi ?

Pas le temps de le savoir, SàP rabattait sur eux un énorme sanglier très fâché. Ensemble, ils firent front. La bête rendit son âme à Merlin
.

Les filles seront contentes d’avoir de la viande ! On la ramène comment ?


Erik enregistra le levicorpus.
Un sale boulot les attendit au camp. Opaline semblait fâchée, Angel fatiguée. On leur délégua la boucherie, pas de souci.
Avec une proie à portée de baguette, Erik s’exerça à nouveau sous la houlette de son mentor.


Diffindo !


Hop ! Un cuissot tranché.


Videntrailles !

Il ne fallut pas longtemps pour que le porc sauvage soit réduit à matière consommable.
Des giclées sanglantes les maculaient quand les demoiselles revinrent chargées de fruits de mer et autres :


Nous pas nets… (fichue habitude de langage) On va se laver, tout est prêt.

Erik apprit le récurvite mais apprécia mieux le plongeon forcé par l’Américain.
La nudité ne gênait pas le Suédois, pas devant un garçon en tout cas. Ayant pour habitude les bains bien plus glacés, il trouva cette eau tiède. J.O l’ayant rejoint, il ne put résister à satisfaire sa curiosité :

Toi et Angel, ça marche fort, on dirait ?... Ok, je le ferme si tu y tiens. Mais j’ai l’œil et tes silences sont très révélateurs.

Il évita la noyade de peu pour son audace verbale. Ils rigolèrent bien mais quand J.O tenta de savoir ce que lui pensait d’Opal, il sourit :

C’est… ma sœur ! On s’entend très bien, je crois.

J.O faillit se noyer d’un rire incompréhensible pour le Suédois. Aurait-il capté des choses invisibles ?

Retour au camp. Impossible pour Erik de ne pas narrer ses expériences récentes :


La magie est géniale. Avec des profs tels que vous, je vais avancer vite. Je devrais passer des tuyaux et des gelées ? … J’ai entendu parler de buses et aspics ! Ah, c’est donc ça ? Pas de souci. J’espère qu’on reviendra vite à Poudlard.

Il était très emballé, inutile de le cacher. Cependant, il nota une certaine nervosité chez ses amis. Etait-ce en raison du panache qui surmontait la montagne ?
Quand le sol vibra, il se tint coi puis obéit aux injonctions.

Ils voulaient un radeau ? Erik appliqua les récents sortilèges assimilés en faisant confiance à son professeur américain.

Il faillait se dépêcher. Les contractions du volcan augmentaient dangereusement.
Assez grande, la barge montée en hâte les accueillerait tous à l’aise. Pourquoi Angel et J.O tardaient-ils à embarquer :


SàP doit être mort de trouille, le pauvre ! Je vais…

Les autres l’avaient devancé et bientôt tous furent à bord.
La voile tendue, rames en action, on s’éloigna du rivage en ébullition.
C’était beau. Terrifiant, mais beau. Dès que la voilure se gonfla, on cessa de souquer pour regarder l’accouchement du volcan. Là, Erik osa étreindre Opaline d’un bras protecteur :

Je suppose qu’aucun sortilège ne peut calmer cela. On va s’en sortir.

L’embarcation de fortune roula sagement des heures durant. Au loin, leur île sombra doucement. Ils allaient droit vers le néant.
Alors qu’ils s’organisaient sur le bateau, deux créatures argentées apparurent au rapport.


*Le kangourou est celui d’Opal*

Selon les patronus, la civilisation la plus proche se situait à 200 milles marins, près de 400 kilomètres. Le rafiot tiendrait-il le coup ?
On adapta l’orientation de la voile. En tirant 10 milles à l’heure, c’était possible.
Lui et J.O s’y connaissaient en navigation. Il suffisait de rester vigilant dans le cap et le lendemain, ils arriveraient à bon port.
Mince, Angel était malade comme un chien, Opal ne valait pas mieux. Heureusement, J.O veillait ; il les soulagea, empressé.
Souvent Erik enfant avait accompagné les pêcheurs nordiques dans leur travail. Il se déplaçait donc aisément sur ce bateau précaire.
L’ennui était qu’en comptant bien, il n’avait pas fermé l’œil depuis… longtemps. Etudier lui avait pompé l’énergie, ajoutez à cela une dépense magique inédite, la fatigue prit le dessus alors qu’il était censé tenir le cap.
Un paquet d’eau de mer lui tomba dessus. Y avait-il une autre tempête ? Dans un sens oui : Opaline était furibarde.


… ben oui, je dormais. Qu’est-ce qui se passe ? La terre est là ?

Apparemment non mais ils étaient seuls à bord.

SàP est tombé à l’eau ?...

J.O avait sauté le récupérer, Angel avait agité sa baguette puis s’était jetée par-dessus bord aussi.
Complètement réveillé, Erik s’approcha la petite rambarde du rafiot, sondant du regard la faible houle bleutée où aucune tête n’émergeait.

C’est pas possible ! Ils ne peuvent pas s’être noyés tous les trois en moins de cinq minutes.

Opal était au bord de la crise de nerf. Il lui secoua les épaules :

ILS NE SONT PAS MORTS, TU M’ENTENDS ! Prends tes affaires, je ramasse les leurs... FAIS CE QUE JE TE DIS !


Elle obéit, comme en état second. Quelques minutes plus tard, les revoilà côte à côte près de la rambarde.


On va plonger aussi… Non, je ne plaisante pas du tout. Si on se noie, je t’autorise à me tuer… après !


Sans lui laisser le temps de dire ouf, il l’accrocha et sauta…
Où l’avait-il entraînée ? S’était-il trompé ? Ils coulaient proprement. Opal paniqua, l’air devait lui manquer. Étant très sportif, Erik ne souffrait pas en apnée, pas encore. L’unique façon de faire tenir Opal sous l’eau fut d’un naturel commun. La rapprochant de lui, Erik s’empara de sa bouche et y insuffla une part de sa réserve l’air.
Elle ne se débattit pas et le Suédois se sentit étrangement bien. Couler soudés ainsi ? Quelle belle mort !
Ce qu’il avait pressenti se produisit alors. Un immense tentacule les cerna, les immergeant davantage.
Ce fut des clameurs extérieures qui les ramenèrent à la réalité alors qu’ils s’embrassaient encore.
Décollé, Erik prit du recul et même si les yeux d’Opal ne flambaient pas, il bredouilla :


C’était juste pour… sauver toi. Ils sont là, tu vois !

Effectivement, Angel, J.O et SàP les hélaient de la berge. Ils n’étaient pas seuls. Le demi-géant portait une lanterne et une sévère sorcière brandissait sa baguette illuminée d’un lumos.
Quand ils furent à sec, la directrice temporaire de Poudlard ne les félicita pas :


Miss McLane ! Vous nous aviez déjà fait voir des vertes, maintenant des pas mûres ! Tous les quatre dans mon bureau, sur le champ !

Et SàP ?


Taisez-vous, garnement ! Le chien sera bien soigné par Hagrid. Venez !


Tels des collégiens pris en faute, ils suivirent le train.
Pour se rassurer, Erik ne trouva que la main d’Opal. Gelée, elle ne le repoussa pas et ce fut avec joie qu’il perçut un semblant de réconfort de sa part.

Assis près d’un âtre ravivé, un plaid sur les épaules, les deux couples attendirent la sentence de Mrs McGonagall.


Si j’ai bien compris, il s’agissait d’une sorte d’initiation envers ce jeune homme qui ignorait être sorcier…

Erik sait maintenant. Il voudrait…


Un coup de pied dans la cheville lui coupa la parole. Opal le fusillant du regard, il se tint coi.

Pas banal… On devrait pouvoir remédier à certaines choses…

Le ton de la vieille dame s’était adouci. Derrière ses lunettes carrées, le regard devint bienveillant :


La rentrée scolaire est proche. Une exception peut être envisagée. Mr. Nielsen, je m’engage à vous faire passer vos ASPIC en un temps record, d’accord ?


Comment refuser ? Il plaida cependant :


Mes amis ne sont pour rien dans le dérangement causé. S’il faut punir quelqu’un, c’est moi !

Punir ? rit McGo. Cela faisait longtemps que l’on n’avait plus ri ici. Vous êtes entre de bonnes mains, Mr. Nielsen. Vos amis peuvent rentrer chez eux, sans souci.


Ainsi fut fait…
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Mar 25 Sep - 8:36

Cette tempête commençait à lui faire un drôle d’effet et à lui faire imaginer des choses.

*Elle me flaire ?...tu radotes, West…*

Pas qu’il s’en plaigne, la sensation était plus qu’agréable d’autant qu’elle semblait le trouver à son goût et restait blottie contre lui, son joli nez humant son cou. Dûment éduqué, dans les meilleures règles de l’art par deux mères soucieuses de ses manières, James Oliver Westwood fit comme si ce n’était pas avec lui et continua de jouir de la sensation de chaleureux bienêtre qui l’engourdissait doucement. Mais, c’est su, les bonnes chose…ça dure peu ! La belle reprenait le poil de la bête, dominait ses trouilles et abandonnait ses bras, décidée à mettre fin à ces moments délectables…Un sortilège, très réussi et spectaculaire plus tard, c’en était fait de la merveilleuse tempête.

Il n’y avait que SaP et Angel qui semblaient ravis avec la solution. Opal et Erik qui, en toute évidence, autant que lui, n’avaient aucun problème avec les déchaînements de la nature, eurent un petit air dépité mais on ne dit rien et chacun alla trouver son coin pour passer ce qui restait de la nuit. Comme compagnie, J.O rêvait mieux que son chien mais SaP, le grand douillet, vint s’accommoder en toute confiance tout contre lui.


Sois un chien normal…allez…pousse toi…suis pas ta mère !, grogna t’il mais l’autre se contenta de lui donner un coup de langue affectueux , sans bouger d’un pouce.

On sort ! Erik veut, je veux voir si ces trucs fonctionnent !

La paix !!!

Mais le jeune suédois était insistant. C’était sa chance, d’abord SaP et maintenant cet enragé du savoir.

Veux dormir, moi…, quoiqu’en y pensant bien, cet exalté était capable de n’importe quel malheur avec ses connaissances frais acquises, attends…j’arrive !

Il se leva, sans aucune envie et sortit à la suite du suédois fringant, en traînant les pieds. SaP, éveillé au quart de tour, ne voulut rien manquer des réjouissances à venir. Et cela commença à peine ils furent descendus de leur abri.

Incendio !

Le sortilège eut assez de puissance pour mettre le feu aux branchages pourtant détrempés.

AGUAMENTI !!!, lança t’il, fatigué, écoute moi bien, avantagé…la magie, c’est sérieux…c’est pas un nouveau joujou qu’il faut essayer pour s’amuser...pigé !?

*Tu parles !*

L’autre enregistrait, ravi, tout ce qu’il disait et continuait de n’en faire qu’à sa tête. Que si lever un tronc, que si ceci, que si cela…tout attirait son attention, aiguisait son avidité de savoir et bien malgré lui, J.O se vit promu en instructeur de ce néophyte talentueux…et excité comme une puce. Entre une explication et une démonstration, il commençait néanmoins à y prendre plaisir. Travailler avec un esprit aussi brillant devenait presque un défi.


Dans le livre, j’ai lu un chapitre que je n’ai pas trop pigé. C’est quoi les sorts impardonnables ?

Arrêt sur image. Profonde inspiration. Se tournant vers Erik il posa la main sur son épaule.

Apprends d’abord à marcher avant essayer de courir, ok ?...Ces sorts là sont une autre paire de manches. Tu sauras assez tôt de quoi il en va. Si on les nomme Impardonnables, c’est bien pour une bonne raison…ils ne sont utilisés que par les forces du Mal, compris ? Alors…tu oublies et on passe à autre chose.

Ah ! Pas de mon niveau et peu recommandables ?

Tu as tout bon !

*Mais dès qu’il en aura l’occasion…ce gars est un danger potentiel !*

Après un court silence réfléchi, l’autre sourit et passa à la suivante question.

Et Spero patronum, ça sert à quoi ?

La belle colle. J.O soupira et se gratta activement le crâne en cherchant une explication assez claire.

Euh…disons que c’est une prolongation visible de ton esprit…Utile pour éloigner les Détraqueurs…transmettre des messages…aller en prospection…Angel saura mieux t’expliquer…

*C’est ça…passe le flambeau !*

Mais ce n’était pas cela qui freina les élans de l’infatigable.

Ok, je capte. Tu crois que je pourrais en faire un ?

Hein ?...Suis pas prof, moi…mais si tu insistes…on essaye…

*Il va me claquer, celui là…*

De toute façon, s’il ne faisait pas l’essai, Erik ne donnerait paix autant s’y mettre. J.O donna les indications pertinentes le mieux qu’il put et le laissa s’arranger. Quel puissant esprit supérieur assistait Erik ? Il n’était pas pour le savoir, en tout cas, après deux ou trois essais déjà prometteurs, il réussit à matérialiser un superbe dogue argenté.

Dis donc, toi…j’ai mis bien plus de temps à réussir le mien…après pas mal d’efforts…

J’adore ce toutou ! Il sert à quoi ?

Mais déjà une apparition bien moins agréable leur fonçait dessus avec des grognements furieux très peu engageants. Poursuivi par le grand chasseur afghan, un sanglier de bonne taille cavalait en leur direction. Un belle leçon de défense impromptue qui leur rapporta un cochon mort , un SaP, orgueilleux et un Erik qui voulait en savoir encore plus.

Les demoiselles, qui dormaient si bien à leur départ, avaient déjà le petit déjeuner en attente.

*Scène domestique mode Neandertal…femme-foyer…mec-chasse…retour aux sources !*

Il se garda le commentaire et laissa Erik le plaisir de conter leurs aventures. D’autres soucis lui trottaient dans la tête. Le panache de fumée émanant du volcan avait pris des tonalités guère engageantes. Soit, jusque là aucun autre signe précurseur ne s’était manifesté. Pas de grondements suspects, pas de secousses sismiques mais il valait mieux garder à l’œil leur petit Vésuve particulier. Perdu dans ses réflexions vulcanologiques, il rata toute la conversations jusqu’à ce que les paroles d’Angel le fassent retomber dans leur réalité du jour.

On a de la viande pour trois jours ! Mais il va falloir la préparer pour la garder.

*Trois jours…faudra avoir sacrément faim pour bouffer tout cela si vite…quoique…avec l’appétit d’Erik…enfin…*

On les laissa aux plaisir du dépeçage de la proie. Magie aidant cela alla sans grand mal et fut encore une bonne leçon pour l’ apprenti sorcier. La bestiole était déjà en pièces quand les jeunes femmes revinrent avec les provisions recueillies. Leur état de bouchers patentés ne se prêtant pas trop aux échanges sociaux, le suédois et lui décidèrent d’aller se laver. Leurs vêtements faisaient de la peine à voir, giclés de sang comme ils étaient. Sans faire des chichis, les deux se déshabillèrent et J.O apprit le Recurvite à son élève qui s’émerveilla, encore une fois en demandant si cela servait aussi pour retrouver un aspect net, eux aussi.

Normalement oui…mais rien n’égale un bon bain…allez, à l’eau !

Erik ne se plaignit pas d’être propulsé si cavalièrement dans la lagune, au lieu de ça il y barbota, aussi joyeux qu’un gamin en assurant que l’eau était tiède.

Sûr…comparée à celle des lacs de ton coin…


Tant qu’à faire, bavarder un peu était de mise. Si la curiosité de J.O était banale celle de Mr. Nielsen dépassait presque les limites permises par la bienséance, à l’avis de l’interrogé.

Toi et Angel, ça marche fort, on dirait ?

En restant poli, je te dirai que ce ne sont pas tes oignons !


L’autre rigola, malicieux.

Ok, je le ferme si tu y tiens. Mais j’ai l’œil et tes silences sont très révélateurs.

En riant, il lui enfonça la tête dans l’eau.

Pense ce que tu voudras…et puisqu’on en est, aux confidences….qu’y a-t-il avec Opal ?

Avec un sourire d’ange, Erik admit :


C’est… ma sœur ! On s’entend très bien, je crois.

C’était trop fort ! Ce fut le tour de J.O de pleurer de rire, manquant de peu de se noyer tant cet aveu si naïf et sincère était tordant.

Bon sang, mon pote…il n’y pas que sur la magie qu’il faut te dire une paire de choses…ta sœur !?...Elle est vraiment bonne celle là !

Il rigolait encore sur le chemin du retour à leur abri. Les effluves savoureux du cuissot mis à point pour le repas, leur mit l’eau à la bouche. J.O retrouva son sérieux, pas question de mettre les demoiselles au parfum de sa conversation, si marrante, avec Erik. De toute façon, même si elles avaient l’air tranquilles et de bonne humeur, tant Angel comme Opal semblaient tracassées par quelque chose. Il aurait pu jurer que la raison était la même que la sienne : le volcan. Le seul qui avait l’air de n’avoir le moindre souci était le suédois. Il pérora à tort et á travers sur les bontés de la magie, ses récentes découvertes, etc.

Ouais…vous auriez dû le voir…depuis ce matin qu’il me traîne à sa suite…mais ça aura valu le coup…superbe repas, Opal…je ne manquerai pas de recommander ton restaurant à mes amis…

Et ainsi de suite, tous donnaient le change mais il ne fallait pas être bien malin pour sentir le manque d’entrain. Ils étaient tous tendus, aux aguets, sachant que quelque chose pouvait se passer…

Nous avons envoyé nos patronus en reconnaissance, annonça Angel.

Nielsen ravi d’avoir réussi à en faire un, se lança aussitôt dans une dissertation sur le thème. Ce lâcha l’australienne, mine de rien, laissa J.O pensif.

*Comment ça que son patronus a changé ?...*

La plausible explication que donna une Angel agacée ne lui sembla pas satisfaisante du tout mais le moment n’était pas à approfondir les diverses hypothèses, surtout que les messagers n’étaient pas revenus, ce qui n’était pas exactement un très bon signe.

Et puis cela arriva…


Ça vient de vibrer !, assura Angel, surprise.

L’Angleterre n’étant pas pays sismique, sans doute une première pour elle. J.O, lui, en savait long sur le thème. Appréhendant le pire, il fila vers la plage. Un simple coup d’œil suffit pour confirmer ses craintes. Une vilaine et épaisse volute sombre se dégageait du sommet du volcan. Ses compagnons ne tardèrent pas à le rejoindre. Bénis soient ils, ils avaient déjà songé à emballer leur barda.

Bon, les enfants, pas que je veuille vous effrayer mais là…la seule alternative qui nous reste est foutre le camp au plus vite. Nous allons faire une embarcation…le plus vite possible.

Miracle. Aucun ne céda à la panique. Comme des braves petits scouts bien entraînés, ils suivirent les indications qu’il pensait être les bonnes.

Je n’ai construit qu’un radeau de ma vie…et encore on avait du temps !, avoua t’il à Angel alors qu’elle lui présentait une gourde, mais ça doit marcher… on va s’en sortir, ma belle…on va s’en sortir…Erik amène toi avec ces troncs là…magnifique tressage, Opal…oui, Angel on aura besoin de réserves d’eau…on ne sait pas combien de temps on sera en mer…

*On sait même pas si on va quitter cette foutue île avant que ça pète pour de bon !*

La terre tremblait chaque fois avec plus de force et à intervalles chaque fois plus courts. Magie à tout va, l’embarcation prit rapidement forme et on put la mettre à l’eau. Elle flottait.

Où est SaP ?

Dans la folie des préparatifs, personne n’avait fait attention à lui.

Il doit crever de trouille !!!, et de l’appeler à tout azimut, sans résultat, alors qu’un mouvement trépidatoire très violent les jetait tous à terre, tous à bord…SAAAAAAAAP !!!

Il ne quitterait jamais cet endroit sans son compagnon de tant d’aventures et perdait presque la tête lorsque Angel lui conseilla d’envoyer son patronus à sa recherche. C’était à SaP qu’il pensait en invoquant l’aigle qui déployant majestueusement ses ailes fendit l’air déjà trop chaud…

Merci…suis si…j’arrive presque plus à penser…je peux pas le perdre…pas lui…

Il aurait pu en pleurer, sachant que retarder le départ pouvait signifier leur perte.

Va à bord…

Mais déjà SaP, ventre à terre sortait de la forêt, sans doute terrorisé par les cris perçants du rapace qui le survolait à le toucher. Une secousse terrible ébranla l’île, il retint à temps Angel avant de la pousser vers l’embarcation d’où Opal et Erik, passablement affolés, lui tendaient les bras. Il accrocha son chien fou et les rejoignit.

Souquons ferme…on doit s’éloigner…Erik, la voile…

La terre gémit, se convulsa…tordue des douleurs d’un enfantement d’apocalypse…le flanc de la montagne se fendit et une coulée de lave se précipita vers la mer…embrasant tout à son passage.

C’est la première fois que je vois un truc pareil…si rapide, je veux dire…rien ne laissait supposer que cela arriverait…comme ça…heureusement que le vent nous éloigne rapidement…Inouï…

La férocité de la nature leur offrit un spectacle de fin de monde d’une beauté effrayante et les laissa dans un état proche à l’hébétude pendant un bon moment, alors que leur esquif fendait les vagues à bonne allure. Ils étaient tous passablement claqués mais il fallait bien s’organiser. Une de tentes fut fixée sur le pont pour offrir un abri soit du soleil soit de la pluie au cas où. Il n’y avait pas de place pour plus, faudrait se contenter de cela. C’était ce qui les occupait quand un kangourou et un albatros argentés firent leur tardive apparition.

*Inutile se demander qui est à qui…*

S’il n’avait pas été si crevé, il en aurait rigolé. Avant de se diluer, les créatures de lumière livrèrent leur information : à 200 milles marins, direction Sud Est, ils trouveraient un groupe d’îles habitées.

Si la mer reste calme…on peut y arriver. Suffit de maintenir le cap…

Vu ainsi, on pourrait presque penser à une gentille balade en mer. Erik barrait bien, lui s’en tirait très convenablement. Miss Grisham n’avait décidément pas le pied marin et Miss Australia était sans doute plus à l’aise sur un cheval qu’à bord d’un glorieux rafiot comme le leur. Il fallut jouer de petits sortilèges anti mal de mer pour les remettre d’aplomb.
Que diables vit SaP qui attira si puissamment son attention ? Il ne le sut pas mais le chien se mit à aboyer comme un dingue.


Mais…qu’est ce qui lui prend ?...Tu vois quelque chose, toi ?

Angel qui s’était approchée assura n’apercevoir rien de spécial, à part de la flotte à perte de vue mais voilà que SaP perdait la boule pour de bon et se lançait à la mer comme qui saute dans la mare aux canards. Jusque là rien de trop grave….mais quand subitement, après un jappement affolé, le chien disparut, comme happé par une main invisible, J.O ne le pensa pas deux fois et sauta par-dessus bord…

La suite fut trop vertigineuse comme pour être saisie avec clarté. Happé, à peine à quelques mètres de l’embarcation, par une force monstrueuse, il fut entraîné vers les abysses. Fondu au noir. Reprise des sens, allongé sur l’herbe de la berge alors qu’on lui tapotait les joues avec vigueur…un peu trop de vigueur, quand même…

Réveillez vous, jeune homme !


Impossible ne pas obéir à cette intonation sévère. Il ouvrit un œil, puis l’autre avant de, très impoliment, recracher toute l’eau avalée, aux pieds d’une très auguste dame qui le considérait, pleine de censure.

Hum ! Bienvenu de retour !

Il se redressa sur son séant pour réaliser se trouver quelque part, en pleine nuit, avec cette dame inconnue et…le demi géant qui tapotait avec immense douceur les joues de…

Angel !!!, il rampa vers la jeune femme qui reprenait conscience, Angel…ça va ?

Vraisemblablement, oui. Elle se reprenait rapidement et J.O, encore confus, songea un instant à la prendre dans ses bras pour la rassurer mais un autre « Hum », plein d’humeur, à son dos, le fit déchanter de ses intentions, d’autant plus qu’il venait d’apercevoir, tout près d’eux, la corps flasque de son chien.

SaP !!!...Mon Dieu…SaP…il….il est… ?

Un peu dans les vapes, assura le demi géant avec un sourire, et affolé….mais cela ira pour lui aussi !

Comme pour le prouver, l’afghan, avec une allure de serpillère dégoulinante, se redressa sur les pattes tremblantes et jappa, éperdu. Il le rejoignit et eut droit à un beau coup de langue.

C’est très bien, tout ceci, reprit Madame Sévérité, mais il faudra fournir quelques explications !

Si j’en avais, grommela J.O que tant de sympathie mettait mal à l’aise.

Il frictionna activement le pauvre SaP qui tremblait de tous ses membres, en lui débitant des encouragements, en faisant des efforts pour ne pas claquer lui aussi des dents. Les nuits écossaises étaient frisquettes, même en été. Un réconfortant sortilège de séchage les atteignit, les laissant presque aussi fumants que le volcan de leur île engloutie.


Merci !...Comme ça…on est revenus à l’école…il a l’habitude de faire ce genre de choses…votre bestiole ?

Notre « bestiole » comme vous l’appelez est le dernier de son espèce, un Calamar Magique, intervint le demi-géant, outré, un spécimen magnifique…majestueux…

Ouais…qui joue des tours pendables aux…

À ceux qui ne suivent pas les consignes établies et pourtant très claires. Vous devriez le savoir, Miss Grisham. Je suis étonnée qu’une jeune personne si pleine de bon sens que vous se trouve mêlée à ceci….mais comme si je comprends bien votre amie Miss McLane est de la partie…

Angel défendit son amie et J.O était tout prêt à dire son mot mais Madame haussa son sourcil et le considéra par-dessus ses lunettes carrées.

Il me semble, jeune homme, que vous n’avez pas eu l’attention de vous présenter !

Rabroué comme un garnement de sept ans, J.O se leva.

Veuillez excuser ce manque de manières, Ma’am…

Mrs. Minerva McGonagall !, coupa t’elle.

Mrs. McGonagall, donc…je suis James Oliver Westwood, promotion 1985, Salem. Désolés de vous causer tant d’inconvénients mais nous avons eu une paire de problèmes, dont on se serait bien passés et je ne pourrai dire que la faute doive échoir sur quiconque…à part sur votre magnifique spécimen de calamar magique. Nous avons été enlevés, à moitié noyés et obligés de survivre sur une île déserte qui a fini par exploser…et tout cela parce que votre bestiole des enfers joue au paradoxe…excusez moi de vous le dire…mais vous avez une drôle de façon de faire les choses !

Nous retiendrons vos doctes remarques, Mr. Westwood.

Si elle lui avait collé une retenue, cela ne l’aurait pas du tout étonné mais déjà Hagrid avisait de l’arrivée des deux manquants à l’appel. Ils étaient là, à quelques mètres de la berge, à flotter gentiment tout en s’embrassant comme si leur vie en dépendait.

Mais bien sûr, commenta J.O à l’oreille d’Angel, il la voit comme sa sœur…enfin…c’est une autre histoire !

Il rigolait encore en douce quand on ramena les pseudo noyés à terre ferme où Opal se fit rabrouer par Miss McGonagall avant que l’ordre ne soit donné de suivre tous au bureau.

*Te jure…tu vas te prendre une colle…*

J.O suivit le mouvement, flanqué de SaP, taraudé par la vilaine sensation d’avoir raté une case de long en large. Angel, le semblant fermé ne lui accorda pas l’aumône d’un regard.

Sagement assis face au professeur McGonagall on y alla avec les pertinentes explications, assez embrouillées, faut le dire, cette chère dame tira rapidement ses conclusions.

Si j’ai bien compris, il s’agissait d’une sorte d’initiation envers ce jeune homme qui ignorait être sorcier…

Ce qui prouve que les meilleures intentions peuvent foirer !, grommela t’il, renfrogné.

Angel lui fourra le coude dans les côtes et il baissa le nez, soudain très intéressé par les dessins du tapis, n’ayant qu’un désir : se tirer de là le plus vite possible et prendre le large.

Désir exaucé. Après les mesures éducationnelles prises à l’égard de l’enfant prodige qui resterait là, Angel, Opal, SaP et lui, se retrouvèrent de retour à la grille. Le jour se levait…


Je ne sais pas vous, mais moi, je suis claqué…j’attends le bus…le train…

Le train. Pas n’importe lequel : le Poudlard Express…cela aurait pu être un inter city quelconque ou le transibérien, pour J.O cela revenait du tout au même…à peine installés dans leur compartiment, avec SaP, soupirant d’aise, sa noble tête sur ses genoux, il se déconnecta de ce bas monde et s’endormit. Ce n’était sans doute pas très attentionné envers ses compagnes de voyage mais il ne pouvait pas autrement…

Ce fut la sensation d’être observé qui le tira de sa placide sieste. Deux paires d’yeux, au regard légèrement ironique l’un, passablement amusé l’autre le fixaient. Il se redressa, réveillant en passant SaP qui grogna, outré.

Quoi ?...ah, bon ? On arrive déjà ?...Wow ! Faut dire que j’étais sacrément fatigué…Suis un piètre compagnon de voyage…est ce que je peux me rattraper en vous invitant ce soir…un dîner à trois ? Je jure laisser SaP à l’hôtel !...

L’australienne assurant qu’elle devait être à son restaurant, il fallut bien s’y faire. Ils se retrouveraient là, à 20 :00…avec SaP. Le trio se sépara à la gare… Mais encore cette fois, il eut la certitude d’être en train de gaffer pitoyablement.
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Mar 25 Sep - 8:39

Éruption volcanique, fuite éperdue à bord d’un radeau-rafiot construit à la vitesse grand V, île qui sombre au milieu d’un éclat d’apocalypse locale et les voilà en train de naviguer dans le vaste océan sans trop savoir où se diriger...

Et puis ça…

Mais…eh ! Vous…Ça va pas la tête…

Même pas le temps d’espérer une réponse. D’abord le chien, après son maître et sans hésiter Angel à la suite. Tous à la flotte. Et Mr. Nielsen roupillant comme un ange, accroché à la barre qu’il était censé de tenir. Instants de flottement, sans trop savoir où en donner de la tête.

C’est quoi ça ?...L’heure du lemming…on saute tous ?...Bon sang, toi….réveille-toi !!!, et pour appuyer l’idée, lui envoya un seau plein d’eau de mer en hurlant, accusatrice, TU DORMAIS !!!!

Et l’autre de s’ébrouer en la regardant avec une innocence désarmante.

Ben oui, je dormais. Qu’est-ce qui se passe ? La terre est là ?

La terre ! La Terre ! Tu en vois de la terre quelque part, toi !!!!? Non…les autres ont sauté !

Comme explication claire on y repasserait. Avec un petit…gros effort, elle essaya de lui éclairer la lanterne.

Le poilu y est allé d’abord, J.O est devenu dingue et a sauté…Angel a fait sais pas quoi avec sa baguette et lui a couru après…Et elle va m’en raconter, des histoires…elle a sauté par-dessus bord après un mec inconnu au bataillon il y a pas une semaine…Et toi…tu ronflais !!!

L’autre inconnu au bataillon il y avait exactement le même temps, l’écoutait, assez éberlué.


SàP est tombé à l’eau ?...

NON !!!!Le père Noel vient de passer avec son traîneau….OUI…C’EST-CE QUE J’AI DIT, IL ME SEMBLE !!!!

Sans perdre son calme proverbial, ce digne descendant des vikings, écumeurs des mers, balaya les flots d’un regard de connaisseur.

C’est pas possible ! Ils ne peuvent pas s’être noyés tous les trois en moins de cinq minutes.

Pas noyés !!!Pas noyés !!! Et ils sont où ?...Parce que je les vois nulle part, MOI !!!

Elle pleurait, trépignait, piquait sa crise en beauté, perdant la tête, la contenance, comme jamais auparavant et voilà que le paisible Erik la prenait des épaules et la secouait.

ILS NE SONT PAS MORTS, TU M’ENTENDS ! Prends tes affaires, je ramasse les leurs... FAIS CE QUE JE TE DIS !

Impossible résister à tant de détermination, elle fit ce qu’il disait et le rejoignit en serrant son précieux sac contre elle. Reniflant, elle voulut quand même savoir de quoi allait son idée.

On va plonger aussi…

HEIN !? Tu plaisantes !?

Non, je ne plaisante pas du tout. Si on se noie, je t’autorise à me tuer… après !

Il en avait, des bonnes mais avant de pouvoir placer un mot, il l’entraînait par-dessus bord. Opal n’était pas peureuse mais la situation la dépassait un peu. Soit, il semblait avoir sa petite idée derrière la tête mais ne le connaissant pratiquement pas, difficile y déposer, déjà, une confiance aveugle. Et pour les effets…l’air lui manquait…Erik avait solution à tout…Il eut l’illumination de lui passer un peu de …son air. Juste une manœuvre d’urgence…sauf qu’elle dura, la manœuvre…Qu’un tentacule immense les happe et les entraîne vers le fond obscur…Peu de chose…

L’air était frisquet…Tiens, elle pouvait respirer mais pour l’instant cela n’avait aucune importance. Il l’embrassait toujours ! On criait par là…cela lui parvint comme en songes…et il se sépara alors qu’elle restait là, comme la dernière des pâmées, à le regarder.

C’était juste pour… sauver toi. Ils sont là, tu vois !

Brusque atterrissage dans la vie réelle. Reprise du poil de la bête. Petit air entendu.

Bien sûr…juste sauver moi…sûr…pas d’embrouille…

Et de rejoindre la berge en quelques énergiques brassées. Hagrid la tira au sec, d’un coup de main rassurant et McGo la fustigea d’un regard sévère.

Miss McLane ! Vous nous aviez déjà fait voir des vertes, maintenant des pas mûres !

Ouais…parce que c’est ma faute, maintenant !, ronchonna t’elle, toujours pareil…

Tous les quatre dans mon bureau, sur le champ !

*Super…tu as quitté l’école et McGo te fait toujours le même effet…*

Le cher Erik eut l’heur de s’enquérir sur le devenir de son copain SaP mais on le rabroua, comme s’il était un deuxième année.

Taisez-vous, garnement ! Le chien sera bien soigné par Hagrid. Venez !

Petit coup d’œil en biais vers Angel et l’américain qui semblaient se porter comme un charme. On n’échangea pas un mot et suivit le mouvement comme des sages mioches pincés in fraganti delicti d’allez savoir quoi…S’il chercha sa main pour se rassurer, c’est fou ce que ce simple geste la rassura, elle, sans rien dire, ses doigts serrèrent les siens.
Dans l’émotion des retrouvailles, on avait semblé oublié leur triste condition de victimes du calamar mais juste avant de pénétrer dans le sacro saint bureau de McGo, on pensa qu’ils ruineraient le tapis à ruisseler comme ils le faisaient. Séchage express. Cela fumait drôlement.


Bon feu, couverture sur les épaules, manquait un petit grog…mais c’était trop rêver. On y alla des explications de rigueur que le professeur McGonagall, esprit éclairé, élucida au quart de tour. Mr. Westwood ne se priva pas de donner son avis. Ce devait être ce côté absolument démocratique des citoyens américains mais enfin…comme prévu, McGo, l’ignora, impériale et d’avoir pu l’aurait envoyé en retenue. Mais bien sûr, il fallut que l’infaillible de service l’ouvre :

Erik sait maintenant. Il voudrait…

Elle lui acheva la cheville d’un coup de pied plus un regard plus significatif, impossible. Il capta illico.

Pas banal… On devrait pouvoir remédier à certaines choses…

*Tiens, elle prend cet air sympa que j’aime bien…on l’a à la bonne !*

Apparemment, c’était dans la poche ! Ils pourraient rentrer à Londres, elle préparerait une dîner fastueux, après avoir pris un bon bain et le lendemain la vie aurait repris son cours…sauf que…

La rentrée scolaire est proche. Une exception peut être envisagée. Mr. Nielsen, je m’engage à vous faire passer vos ASPIC en un temps record, d’accord ?

*Hein !?....Elle veut le recruter ?*

Et l’adorable innocent de plaider :

Mes amis ne sont pour rien dans le dérangement causé. S’il faut punir quelqu’un, c’est moi !

Punir ?, rit McGo, cela faisait longtemps que l’on n’avait plus ri ici. Vous êtes entre de bonnes mains, Mr. Nielsen. Vos amis peuvent rentrer chez eux, sans souci.

*Zut alors !*

Deux temps, trois mouvements. Ciao, Erik…on se voit. Il resta. Ils partirent. Sans plus.

Je ne sais pas vous, mais moi, je suis claqué…j’attends le bus…le train…

Elle se sentait étrangement désolée et se serait même sacrifiée pour partager ces temps studieux avec Erik, du coup cela ne lui ferait aucun mal mais bien sûr, personne n’avait demandé son avis et voilà que Mr. America se plaignait de fatigue. Angel demeurait gentiment coite.

Fais pas de foin…on va jusqu’au Pré au Lard et on prend le train…On est tous claqués, je t’informe…, soupir,…tu crois qu’il sera bien ?

Angel sourit, rassurante. J.O se permit même de rigoler.

Parce que là…tout seul…le château peut être sinistre quand il n’y a personne…et McGo restera pas lui faire causette et tu sais…il adore parler…il arrête pas de parler…au moins, pour nourriture il sera gâté…De quoi tu te marres tout seul, toi !?

J.O jura être innocent de quoi que ce soit et ils se mirent en chemin vers la gare. Balade silencieuse ponctuée de soupirs. Le seul qui semblait s’amuser, comme toujours, était le chien. Le Poudlard Express…que de souvenirs...sauf qu’en ce moment, Opal McLane ne se sentait pas le cœur à l’évocation. Ils trouvèrent un compartiment sans aucun problème. Rien à voir avec le train bondé de leurs rentrées. Là, ils avaient l’embarras du choix.

J.O ronflait. SaP aussi.

Tu sais, Angel…tout ce qui nous arrive…tu crois qu’il y a une bonne raison…enfin je veux dire….le destin et tout le toutim ?...Erik…euh…quoi avec lui ?...Ah…le baiser…, soupir, euh…mesure de sauvetage…juste pour me passer de l’air…tu sais…j’ai un peu perdu la tête quand voua avez sauté par-dessus bord…au fait…pourquoi tu l’as fait ?...

Angel prit sa tête de « sais pas de quoi tu parles ».

Allez…on va pas se raconter des histoires, elle baissa la voix en décochant un regard entendu au placide dormeur face à elles, parce que pour petit et démuni…celui là, il repasse…il a pas l’air d’être de ceux qui se noient…tu avais peur qu’il file ?

Si les regards tuaient, elle serait tombée raide morte de la banquette, en fait, elle faillit en tomber…morte de rire. Angel contrattaqua en voulant des précisions quant à ses soupirs navrés.

Bof, y a pas de mystère…il est tout mimi avec ses questions, sa façon de dire les choses...de vouloir tout savoir…il est doux et a le cœur pur…comment je le sais ? Je sens ces choses là…mais…j’ai aussi peur de son génie…Il ira très loin…quand une personne est aussi douée, tous les chemins sont ouverts…et quand je dis tous…enfin…il passe le chariot ou pas ? Je meurs de faim !

Ils ne tarderaient pas à arriver à Charing Cross, force fut de réveiller le dormeur de la plus élégante des façons : en le fixant intensément.

Ça marche à tous les coups, rigola Opal en le voyant s’ébrouer, coucou, la belle au bois…bien dormi ? On est presque là !

Quoi ?...ah, bon ? On arrive déjà ?...Wow ! Faut dire que j’étais sacrément fatigué…Suis un piètre compagnon de voyage…est ce que je peux me rattraper en vous invitant ce soir…un dîner à trois ? Je jure laisser SaP à l’hôtel !

Homme à réflexes rapides…bien ça…Merci pour l’invitation mais…j’ai un restaurant à tenir, moi…venez plutôt chez moi…à moins que…

Le coude d’Angel avait toujours été un moyen infaillible de dissuasion.

Mais je veux régaler…ce soir…20:00 et tu peux amener SaP…il est de la famille déjà !

Soirée calme. Opal put s’asseoir avec ses invités sans aucun problème et prendre part active à la conversation. Son fort. Puisque sa chère amie était trop discrète pour passer directement à la question, elle ne vit pas le besoin de se gêner. Après tout, elles venaient de partager avec ce charmant jeune homme et son toutou une aventure plus qu’épique…paradoxale, pour ainsi dire…quel besoin de s’encombrer de tant de chichis.

C’est tout bête…on a passé tant de temps ensemble…et en sais pas plus sur toi qu’au premier jour…enfin, à part une paire de petits détails…

Il devait bien se douter qu’Angel lui avait raconté quelque chose mais fit galamment cas omis de cette possibilité. Mr.West avait eu et avait, à ne pas le douter, une vie singulière. Ce charmant casse cou, sans froid aux yeux, poursuivait le risque comme d’autres les soldes de janvier et apparemment n’avait aucune intention de varier ses habitudes d’un poil.

Petit coup d’œil de biais à Angel suffisant pour savoir que son amie broyait du noir, très poliment, mais en broyait quand même. Sous la table, SaP soupira. James Oliver Westwood avait l’horizon large…

*Cet oiseau n’a pas l’intention de faire de nid…et m***e avec ces deux là !*

La soirée était condamnée…sauf un miracle. Mais bien sûr on sait bien que les miracles n’arrivent jamais à point nommé et parfois même n’ont pas du tout l’air d’en être un…
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Angel Grisham
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Mer 26 Sep - 9:50

Pourquoi tous ces bouleversements ?
Une rencontre fortuite, un bal, un apprenti sorcier à aider puis un calamar géant qui les avait entraînés sur une île en train d’exploser : la belle affaire !
Angel était chamboulée à plus d’un titre.
Le changement de patronus avait signé la révélation ultime : elle était amoureuse.
L’affaire était loin de lui plaire car la raison primait chez cette ancienne Serdaigle.
À quoi bon bâtir des plans sur la comète ? J.O avait un idéal qui ne cadrait absolument pas avec le sien. Il avait beau être mignon, charmant, et si… Cette relation était vouée à l’échec. Ce qui ne l’empêcha pas de sauter à l’eau depuis l’embarcation de fortune bâtie à la hâte.
Si J.O coulait pour récupérer son chien, elle coulerait aussi, point barre.
Elle l’entrevit sous l’eau, tentant d’attraper une masse de poils en piqué. Puis quelque chose frappa Sàp, en même temps que J.O. Elle-même se sentit happée irrémédiablement vers le fond, l’abîme, la paix…
Elle toussa, recracha moitié salé, moitié doux, sous des claques bonaces distribuées par un Hagrid vaguement inquiet.


J.O ? émit-elle en semi-conscience.

Il était là, et s’occupait… de son chien. Ce dernier ressemblait à… une carpette détrempée, mais se portait bien.
Une quatrième personne était présente, et non des moindres : Mrs. McGonagall.
Son œil sévère derrière ses lunettes carrées ne présageait rien qui vaille, ses dires non plus.
Des sortilèges de séchage express revigorèrent les ex-noyés. Bien sûr, il faudrait s’expliquer.
Hagrid avait dû lui dire qu’ils étaient passés devant lui plusieurs jours auparavant.
J.O se plaignit du calamar que défendit le demi- géant avec vigueur. Puis Mrs McGonagall en rajouta. Angel, visée, tenta :


Ce n’est pas de notre faute, professeur. Avec Opal, on essayait d’instruire un novice, et il est tombé dans le lac…

Cela ne semblait pas intéresser le prof de métamorphose qui « obligea » J.O à se présenter. Marrant, on aurait dit qu’elle l’impressionnait.
Il déclina son identité, expliqua un peu leurs mésaventures et Angel aurait juré que la vieille dame se bidonnait, en douce.
Hagrid annonça bientôt l’arrivée des absents.
Les voir sauter tels un bouchon, très soudés l’un à l’autre, déclencha une sorte d’amertume chez la jeune fille.


Mais bien sûr, commenta J.O à l’oreille d’Angel, il la voit comme sa sœur…

*Idiot !*

Sans compromis possible, le groupe fut « convié » au bureau du professeur.
Angel ne fut pas sasns remarquer qu’Erik et Opal se tenaient la main. Elle, elle n’avait rien à qui se raccrocher, rien qu’une sorte de chagrin indéfinissable.


Si j’ai bien compris, il s’agissait d’une sorte d’initiation envers ce jeune homme qui ignorait être sorcier…, dit la sévère Mrs. McGonagall. Quant à votre histoire de plusieurs jours sur une île déserte, sachez qu’Hagrid vous a vu… ce matin même !

J.O essaya d’en placer une, Angel se fit plaisir en lui fourrant le coude dans les côtes pour qu’il la boucle.
Erik eut droit au même genre de traitement de faveur sur sa cheville de la part du pied d’Opal.

Avec les sept années passées à Poudlard, Angel avait appris à cerner la vieille dame. Sous des dehors austères, elle dissimulait un cœur d’or. De plus, elle possédait un esprit curieux et était certainement émoustillée par le défi que représentait le cas d’Erik.
Cela ne rata pas : elle lui proposa de l’instruire.
Le jeune Suédois sembla planer de joie incrédule tandis qu’Opal se renfrognait. J.O, lui, ne désirait que de s’échapper. Chose accordée.

Pour rentrer à Londres, rien de mieux que le vieux Poudlard Express.
Le trajet fut silencieux jusqu’à la gare après qu’Opal ait beaucoup soupiré en imaginant son beau Suédois enfermé dans l’antique château ayant abrité tant d’apprentis sorcier. Angel ne se faisait aucun souci pour Erik. Un gars pareil s’adaptait à tout ! Elle espéra juste que personne ne lui donne le truc pour aller aux cuisines.
Peu de gens attendaient à la gare de pré-aux-lard. Ils n’eurent que l’embarras du choix du compartiment. De manière très « galante » J.O refusa toute communication et se mit à ronfler dans un coin, comme son chien.
Opal, elle, était énervée :

Tu sais, Angel… tout ce qui nous arrive… tu crois qu’il y a une bonne raison…enfin je veux dire… le destin et tout le toutim ?

Comme le fait d’être bleue d’un beau blond ?

Erik…euh…quoi avec lui ?

Enfin, Opal ! Vous vous embrassiez dans le lac !

Ah…le baiser…, soupir, euh…mesure de sauvetage…juste pour me passer de l’air…tu sais…j’ai un peu perdu la tête quand voua avez sauté par-dessus bord…au fait…pourquoi tu l’as fait ?...

Angel haussa les épaules. Elle s’était comportée comme une idiote, et le regrettait. Opal ne voulut pas en rester là :


Allez…on va pas se raconter des histoires, parce que pour petit et démuni… celui là, il repasse… il a pas l’air d’être de ceux qui se noient…tu avais peur qu’il file ?


Il filera de toute façon, grinça-t-elle, mordante. Au fait, pourquoi tu joues les soufflets désespérés depuis qu’on est partis de Poudlard ?


Miss McLane se débrouilla bellement pour lâcher quelques confidences tout en cherchant à noyer le poisson :

…Il passe le chariot ou pas ? Je meurs de faim !

Il passa, Opal s’empiffra de sucreries, Angel regarda le paysage défiler, pensivement, par la vitre.
La somnolence la gagna également et elle fut presque aussi surprise que Mr.West quand il daigna émerger.
Son excuse de ne pas avoir participé à la conversation : être mauvais compagnon de voyage et être claque. Son rattrapage : une invitation à dîner.


*Tous ensemble, évidemment…*


Opal se prépara avec un entrain entrecoupés de soupirs. Angel ne soupira pas, affrontant, après son bain, le miroir de sa coiffeuse.
Il fallait que ça lui tombe dessus : tomber amoureuse d’une chimère. J.O était beaucoup plus sympa que ces êtres, pas de doute. Des affinités se partageaient, mais… si peu. Opal était aveugle avec Erik ; Angel savait…
Ça lui faisait mal, plus que voulu, plus que prévu.
Sa brosse en action, elle démêla et lissa son épaisse chevelure, presque rageuse.
Ce dîner serait le dernier avec lui. Une façon comme une autre de mettre un terme à une histoire qui n’avait même pas commencé.
Assez fermée, elle donna un coup de main en cuisine à une Opal souvent tête en l’air.
J.O arriva à l’heure prévue, sans apporter quoique ce soit d’autre que le fidèle SàP qui se coucha sous la table garnie.


*Même pas une fleur… La galanterie n’est pas son fort non plus…*

Opal crut détendre l’atmosphère un peu guindée en versant des apéritifs corsés et elle se lança dans un questionnaire en règle envers le journaliste :


C’est tout bête…on a passé tant de temps ensemble…et en sais pas plus sur toi qu’au premier jour…enfin, à part une paire de petits détails…

Mr. West resta sobre, tant en paroles qu’en boisson. Il dévoila peu de choses qu’elle ne savait déjà et elle commença à s’ennuyer doucement. Il avait ses rêves, elle les siens.
À l’entendre, à part son travail, ses mères, son chien, il était satisfait et ne demandait rien d’autre à la vie.


*Heureux homme !*

Elle aurait bien aimé pouvoir participer davantage à la conversation mais le cœur n’y était pas vraiment. J.O était ouvert et sympathique, pas de doute, et les sujets évoqués intéressants. Quant à Opal, dès qu’elle en avait l’occasion, elle parlait… d’Erik.

*Toi, ma vieille, t’es foutue !*

La nourriture était délicieuse. Rien de tel qu’un bon steak, des frites et une salade pour changer les idées de rescapés tropicaux. Tous, avec entrain, ils attaquèrent le pavé de leur assiette.
J.O lui posa une question qui lui donna presque l’envie de pleurer :


… l’avenir ? Euh… finir ce steak, peut-être une promenade digestive à pied, rentrer… Demain ? En principe, préparer des potions en espérant qu’aucun événement fâcheux n’intervienne. C’est la guerre J.O, tu as oublié ?

Il est vrai qu’à voir les choses telles qu’elles, on ne se serait pas trop cru en péril. Opal et Angel savaient que les apparences étaient trompeuses. En temps « normal », à cette heure, le chemin de traverse aurait grouillé de sorciers gais, animés du désir de se distraire; le restaurant aurait été bondé. Là… calme plat. Soudain fébrile, Angel s’énerva :

On aurait dû baisser les grilles, Opal ! Je suis idiote de ne pas y avoir pensé !

Quelques jours hors du temps et des lieux communs lui avaient fait perdre la notion de la triste réalité des choses. Opal réagit au quart de tour. Elle pointa sa baguette vers la commande des volets mais trop tard.
Ils furent cinq à entrer, goguenards, comme en terrain conquis :


Salut tout le monde ! C’est pas prudent de ne pas respecter le couvre-feu, rigola grassement le plus grand des hommes masqués. Qu’est-ce qu’on a, là… Dis donc, toi, tu t’ennuies pas ! Deux demoiselles, rien que pour toi ! On va remédier à ça. Hé ! Bouge pas un cil, compris !

La baguette d’Opal tremblait légèrement. On la désarma en un clin d’œil. J.O serra les dents, Angel réfléchit à toute pompe. Leurs baguettes furent aussi confisquées.
Le cuistot en second pointa son nez, il se prit un répulso qui le renvoya en travers de la cuisine, avec fracas. Opal fulmina des imprécations fleuries à l’encontre des malfrats qui n’en rigolèrent que plus :


T’es la patronne de ce gourbi ? Alors, sers-nous ! On veut bâfrer un max, hein les gars ?

Que voulez-vous manger ? demanda Angel, impénétrable. Nous pouvons vous préparer à peu près tout ce que vous désirez.

On n’est pas difficiles. D’abord sers la gnole. Et toi( vers J.O) joue pas au héros. T’as décidément une tête qui me revient pas. ENDO…

Angel s’interposa :

Faites pas ça ! C’est le meilleur barman du siècle ! Il va vous préparer des trucs jamais goûtés.

Veux voir ça, rigola un comparse.

Va au bar, sers-nous, ordonna le chef à J.O. Vous deux, accompagnez ces demoiselles aux fourneaux. Si elles font un pas de travers… couic ! Nous, on surveille le « barman »

Dans son regard, Angel tenta de faire passer un message à l’Américain :

*Ne fais rien ! Plie-toi !*


Pour elle-même, elle pensa :

*J’espère que tu t’y connais en cocktail !*

Sur un ton, quasi badin, Angel s’adressa aux gardes-chiourmes et à son amie :

Nous avons de beaux travers de porc ou encore de l’agneau. Il reste du bœuf, Opal ?

Ils hésitaient ; elles s’en fichaient. L’une comme l’autre savait que dans une armoire dormaient certaines épices, très… spéciales.
Elles s’activèrent, plaisantant au passage, comme s’il s’agissait d’une commande banale à traiter.


Ils voudront que l’on goûte avant eux. N’oublie pas la fiole bleue ! souffla-t-elle à sa copine.

PAS DE MESSE BASSE ! gronda un masque.

Opal se conforma aux instructions insufflées.

Je boirais bien un peu d’eau. Il fait chaud, non ?

Les autres n’y virent pas d’inconvénients, et les filles purent boire leur verre additionné en douce par le contenu du flacon bleu.


Angel « sala » la viande, Opal « sucra » sa sauce.

Avec des petites cuillères, les jeunes femmes prélevèrent de chaque ingrédient qu’elles savourèrent, réjouies.


Délicieux ! assura Angel. J’en connais qui vont se régaler. Vous désirez la primeur, messieurs ? C’est quoi vos petits noms ?

Deux masques se relevèrent, dévoilant des mines patibulaires à souhait. Sans méfiance, lesdits Marvin et Ted s’empiffrèrent joyeusement avant de tomber... raides.
Deux de moins, c’était bien. En restaient trois dans la grande salle.


Habille-toi ! ordonna Angel en dépouillant le plus petit des Mangemorts de son costume… non, pas de polynectar, on n’a pas le temps ! Entre, fais l’idiot. Prends cette baguette, passe l’autre à J.O !... moi ? Tu verras bien !

Dès qu’Opal masquée alla en salle, Angel devint un chat siamois qui se glissa à la suite de son amie, vers un autre ami, resté sous la table occupée avant par le trio de convives. Entre animal, on se comprend, sans mot.
Avec son allure royale, Angel-chat parada ouvertement entre les Mangemorts qui avaient déjà bien éclusé.

Z’avez vu cette bestiole ? J’aime pas les chats. Avada…

Tout alla très vite. Bondissant du dessous de la table, SàP courut sus au siamois qui se hérissa, dos rond, oreilles couchées avant de sauter, comme pris de panique irrépressible, sur l’un puis sur l’autre Mangemort. Déstabilisés par cette intervention, les ivrognes lancèrent des sorts imprécis. Deux baguettes fermement actives réglèrent le différend.
Angel reprit forme humaine :


On les ficèle et on appelle les Aurors.

Cela fait, elle s’affala sur le premier siège disponible :

Merci pour le dessert, Opal ! Je me passerai de promenade digestive ce soir.

J.O s’approcha d’elle, lui tendant un verre de spiritueux. Elle esquissa un sourire triste en remarquant des traces évidentes de coups sur le visage ami :


Bienvenue au club ! dit-elle en avalant sa boisson d’un trait, lasse à en mourir.
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 30 Sep - 16:44

De quoi se serait-il plaint ?
En fait, Erik Nielsen baignait dans la béatitude. Pas qu’il soit simple d’esprit ! Seulement, tout prenait enfin un sens maintenant.
Dire que ses parents l’avaient cru possédé d’un démon… Alors qu’en réalité, il était sorcier. Son talent personnel était peu banal, selon les autres de son « espèce »: imitateur. De quoi ouvrir de larges perspectives. Mais de cela, Erik se moquait un peu. Son avenir, il l’envisageait très différent de celui prévu dans l’ignorance de sa condition.
Apprendre ayant toujours plu au Suédois, quoi de plus normal que de souhaiter maîtriser son don, le développer, trouver ses limites, les dépasser ? Encore fallait-il sortir de cette île où un calamar facétieux les avait entraînés.
En attendant que cela survienne, Erik savait qu’il « agaçait » la compagnie obligée des autres sorciers. C’était plus fort que lui : il devait apprendre plus, toujours plus.
Ce dont personne ne lui avait parlé était que les dépenses magiques avaient un prix : l’épuisement.
Il en fit les frais en s’endormant à bord de l’embarcation de fortune bâtie à la hâte pour échapper à un volcan très éveillé, lui.
Réveillé par une Opaline disjonctée, il dut l’obliger à le suivre sous l’eau, lui passer de l’air…
Il crut nécessaire de préciser les choses même s’il pensait le contraire pendant ce « baiser » prolongé plus que la normalité l’aurait voulue.
La dame, accompagnée du demi-géant entrevu, avait l’air terriblement incommode. Quelque part, elle lui rappelait un de ses professeurs de l’école élémentaire qui n’admettait pas son « génie ».
Les doigts d’Opaline mêlés aux siens le réconfortèrent avant d’affronter la sentence.
Il s’était attendu à tout, mais pas à cette proposition de passer ses ASPIC rapidement.


*C’est quoi ASPIC ? Association Secrète Pour Idiots Convaincus ? Attardés Soumis Par Incapacité Congéniale ? Assemblée Secrète Permise Illégalement aux Con… fédérés ? Aspiration Soudaine Particulièrement Idiote et Complète? *

Quoiqu’il en soit, Mrs. McGonagall semblait désireuse de lui apprendre le BàBa du parfait sorcier.
Comment refuser ?
Opaline… Il aurait voulu lui dire le genre de trucs qu’espèrent les filles, en général.
Il se retrouva tout bête à lui donner un baiser sur la joue en prenant congé alors qu’elle rentrait chez elle.

Directement les « adieux » achevés, le professeur de métamorphoses le prit en main :


Les états d’âmes n’ont aucun lieu, ici ! Voyez cet arbuste. Il est banal, n’est-ce pas ?

Une agitation de baguette suivant, la plante innocente devint une tentacula vénéneuse.

Geste et esprit ! Vous copiez, dit-on ? Essayez donc.

Même avec la tête un peu ailleurs, Erik s’appliqua. McGo tiqua devant le résultat impeccable.

Le soir tombé, Nielsen était lessivé après avoir ainsi passé de nombreux tests.


Vous apprendrez à doser, lui tapota l’épaule son professeur. Nos elfes ont été heureux de compter un invité de plus à nos tables. Vous vous régalerez autant que vous le souhaitez après une petite formalité.


La grande salle était… bizarre. Un plafond magique, des bougies volantes, plein de bancs vides… Hormis l’un ou l’autre élève sans famille ou en retenue, Erik ne dénombra que quinze personnes en ces lieux.


Mesdemoiselles, messieurs, nous comptons parmi nous un nouvel élève, dit Minerva après s’être éclipsée quelques instants derrière l’estrade destinées aux professeurs. Approchez Mr. Nielsen et veuillez vous asseoir.

Sous le regard ahuri de ses condisciples, qui échangèrent remarques et coups de coude en raison de la carrure athlétique et de l'âge du novice, Erik avança près du tabouret posé sur le parquet ciré à la perfection.
Que lui voulait-on ? Il le sut rapidement quand Mrs. McGonagall le coiffa d’une sorte de chapeau pointu, rapiécé et sale. Elle dit :


Ne chante pas, s’il te plaît.

Erik crut d’abord qu’elle s’adressait à lui. Qui aurait eu envie de chanter dans de telles conditions ? La prenant pour un peu dingue au départ, le Suédois comprit son erreur lorsqu’une voix ensommeillée murmura à son oreille :

Ce n’est pourtant pas le jour !

Le jour de quoi ? s’écria-t-il tout haut en sursautant, yeux ronds.

Sa réaction en fit rire plusieurs. Mrs McGonagall lui lança un regard bienveillant, il se rassura d’autant que la voix poursuivait :

Pense, simplement. Je lirai mieux en toi que si tu brailles. HMM ! Ton cas n’est pas commun…

*Si vous le dites… Qui êtes-vous ? Pourquoi… euh...? *

Je suis le Choixpeau magique. Depuis des siècles je répartis les jeunes sorciers dans la maison qui leur convient le mieux.

*Je vais où alors ? *

Laisse-moi voir… Ne me brusque pas! Je croyais avoir encore quelques jours avant la nouvelle répartition : on vient de me sortir de ma sieste.

*Vous ne faites cela qu’une fois par an ? Que faites-vous le reste du temps ?*

C’est gentil de t’intéresser à mon cas ; c’est rare, ça aussi… Je réfléchissais sur la meilleure façon de mettre en garde l’école… Voyons… je vois en toi tant de choses… Poufsouffle ? Pourquoi souhaiter cette maison ?... Je sais : une fille !

Erik râla que l'autre lise si bien en lui:

*Vous n’avez pas le droit de…*

Quelle fougue ! rigola la voix. Non, je ne clamerai pas à tous la direction de tes soupirs. Mais Poufsouffle n’est pas pour toi, ni Serdaigle, du reste, quoique… J’hésite. Tu as toutes les qualités d’un bon Gryffondor… Brave, intelligent… Mais non, décidément non.

La seconde suivant, la voix emplit la salle :

SERPENTARD !

Erik se sentit effondré sous ce verdict. Il connaissait peu le monde magique, cependant assez pour savoir que la majorité des élèves admis dans cette maison tournait mal.
Le seul qui applaudit chaleureusement à sa répartition fut un sombre personnage. Cheveux noirs et gras, la mine renfrognée au possible, le professeur lui jeta un étrange regard.
Dans ses petits souliers –même en chaussant du 46 – Erik se leva, rendit le chapeau à Minerva, salua gauchement la ronde, et alla s’asseoir, seul à la table indiquée.
Il était déçu, honteux. Que dirait Opaline quand elle saurait où il avait été envoyé ?
Heureusement, la vue des plats matérialisés devant lui effaça tout !
Il dévora ce qui tomba à portée de sa fourchette dorée. Jamais il n’aurait pu rêver à telle profusion d’aliments aussi divers que savoureux. Après un régime peu varié suite aux facéties d’un calamar géant, n’importe quoi lui aurait semblé délectable.
Les choux à la crème empiffrés faillirent être recrachés lorsqu’une voix doucereuse retentit dans son dos :


Mr. Nielsen, je suis satisfait de vous compter parmi les élèves de la maison que je dirige. Demain matin, sept heures, aux cahots, sans faute !

Avec sa cape le faisant ressembler à une étrange chauve-souris, le professeur Rogue s’éloigna, laissant Erik pantois. Qu’avait-il bien pu faire pour déjà mériter la prison ?
La journée avait été très longue d’autant qu’il lui semblait ne pas avoir fermé l’œil depuis des lustres. Aussi, il fut absolument ravi de s’écraser comme une masse sur le baldaquin qu’un élève du même bord lui désigna sans désirer entrer en grande conversation : ouf. Tout ce qu’Erik demanda fut comment se lever à l’heure et où se trouvait le cachot de Rogue avant de tomber dans un lit comme il n’en avait jamais vu.

À six heures, une pendulette genre coucou suisse- version sorciers- ordonna au dormeur de s’activer.
Erik était complètement largué. Il ne connaissait rien à l’organisation de lieux et personne ne semblait s’en soucier. Une toilette était impérieuse, mais où ? En ouvrant des portes au hasard, il trouva le local d’aisance des Serpentard et s’y doucha. Ses vêtements auraient bien eu besoin d’un rafraîchissement, eux aussi. Mais quelqu’un y avait songé. Une robe noire avec des écussons verts était posée sur un coffre près du baldaquin.
L’enfilant à la hâte, Erik jugea de l’effet dans un haut miroir. Il n’aima pas son apparence mais haussa les épaules. Il lui restait une demi-heure avant de se rendre au cours de potions. Largement le temps d’aller à la grande salle y déjeuner. Néanmoins, une sorte de trouille lui nouant les tripes, il renonça préférant se repérer dans le labyrinthe des couloirs souterrains où nichaient les Serpentards et la classe renseignée par son « collègue ».


La porte était là. Erik poireauta devant de longues minutes. Le professeur aurait-il oublié ?
Las d’attendre l’arrivée de Rogue, Nielsen se décida à pénétrer dans l’antre des potions.
Ayant pu voir l’officine de Miss Grisham, il ne s’étonna pas trop du décor sinon que celui-ci était beaucoup plus lugubre. Des établis, des chaudrons, des étagères bourrées de fioles au contenu incertain… L’odeur y était déplaisante mais moins que la voix qui l’accueillit :


Mr.Nielsen ! La ponctualité n’est pas votre fort dirait-on ? Il est 7h 10 !

Excusez-moi professeur, j’étais devant la…

Au travail ! Voici un livre qui devrait vous aider. Suivez les instructions de la recette numéro 10 point par point, vous avez trente minutes.

*Allumer le foyer…* Incendio ! *Mettre le chaudron à chauffer, y ajouter 1 litre d’eau avec trois racines pelées de marguerite, tourner rapidement dans le sens des aiguilles d’une montre…*

Erik se démena comme un fou. Trouver les ingrédients, de quoi agiter son mélange sans le cramer, comment couper des verracrasses, le fit beaucoup transpirer.

Le temps est écoulé ! Voyons voir ce que ça donne… C’est… digne d’un T. Avouez que vous êtes nul et restons-en là, voulez-vous.

Non !

Si le teint de Severus pouvait être plus cireux, il le devint. Les yeux noirs le fusillant, Erik ne se démonta pas pour autant :

Vous, montrer à moi ! Si vous professeur, vous devez !


Vous en perdez l’anglais… intéressant. Je vais vous montrer, une fois, la seule !


Vifs, précis, des gestes et formules s’exécutèrent devant un Suédois très concentré.

Voilà, ricana Rogue. Un sorcier aguerri met environ 15 minutes à réaliser cette potion de lecture express. J’en ai mis 13… À vous !

L’apprenti se lança avec une précision effarante. Répétant avec exactitude le moindre geste entrevu, il coupa le feu en… 12 minutes et cinquante-sept secondes.
Rogue demeura de marbre, commentant simplement :


Demain, même heure. On vous attend au cours de botanique, je crois.

Erik eut l’impression de courir un marathon. En une journée, il accumula plus de connaissances qu’en un an d’études normales.
Anéanti, il s’affala sur son lit. Peut-être aurait-il dû écrire à Opal ? Trop claqué, il roupilla.

Dix jours plus tard, Erik dominait énormément de choses. Il avait, par trois fois, trouvé l’occasion d’écrire quelques lignes à Opal, via hibou prêté par la volière. Elle lui manquait et, apparemment, il lui manquait aussi même si ce n’était pas franchement dit. Son dernier message fut :


Chère Opal, aujourd’hui j’ai réussi à me transformer en coussin. C’était si réussi qu’Hagrid m’a presque étouffé en se posant sur moi. Sans McGo, tu devines que je ressemblerais à une carpette.
Le professeur Rogue m’a fait faire un poison et son antidote. Il m’a obligé à boire les deux. Si tu lis ces lignes, tu vois que je vais bien. Comment te portes-tu, comment vont nos amis ?
Sincèrement à toi : Erik.


Il ne reçut pas la réponse car, ce jour-là, il commit une gaffe : LA gaffe !
Rogue l’avait laissé seul au laboratoire. La potion à préparer était… subtile. Cette fois, Severus se déclara trop occupé pour en faire la démonstration. Livré à lui-même, Erik s’appliqua du mieux possible.
Ses scarabées réduits en poudre fine avaient été ajoutés à sa pâte d’ellébores concassées additionnée de jus de citrouille et de larmes de licorne quand une mouche – saleté de bestiole – vint plonger direct dans la mixture chauffée à point. Le mélange d’un mauve satisfaisant vira au rouge alarmant. Rien à faire, une réaction en chaîne s’était déclenchée. Nielsen n’eut que le temps que de piquer sous une table quand le labo explosa.
Sa carrière s’achevait là. Jamais Rogue ne tolérerait un tel échec. Couvert de souillures et fumées, un peu brûlé, le front tailladé méchamment, Erik vida les lieux au galop. Dès les grilles franchies, il transplana.


Elle était penchée sur des livres de comptes, attentive, merveilleuse… lui était pitoyable :

O... Opaline… j’ai échoué ! Je suis désolé…


Il s’attendait à l’opprobre total, un déni. Ce qu’il advint le laissa… marri.
D’abord, elle sursauta, le vit et l’engueula vertement :


… j’ai fait sauter le laboratoire du professeur Rogue. Je suis foutu, banni… euh, je saigne ?

Elle lui sauta dessus, baguette en action, parlant si vite qu’il ne saisit pas la moitié de ses dires.
Son ton reflétait plus l’inquiétude que la colère, Erik crut même y déceler beaucoup de sympathie.
Elle voulut qu’il s’assoie, un peu fébrile à s’informer tout en soignant ses bobos.
Qu’est ce qu’il lui prit ? Il ne réfléchit pas. L’interrompant, il l’attira sur ses genoux et lui clos le bec de la plus tendre façon. Raidie puis détendue, Opal répondit à ce baiser qui était bien plus qu'amical.


Tu m’as manqué Opaline… J’ai pensé à toi tout le temps… je…

Soupirs…
Quelques minutes plus tard, un peu chamboulée – du moins, il l’espéra – Miss McLane reprit du poil de la bâte. Elle insista pour qu’il boive quelque chose et affronta les faits sereinement. Selon elle, ce serait idiot d’abandonner ses cours de manière aussi abrupte.


… je veux bien essayer… s’ils veulent encore de moi après ce coup-là !

Elle désira le raccompagner à l’école et fabriqua un portoloin à cet effet.
Main dans la main, ils remontèrent l’allée vers le château puis allèrent frapper à la porte du bureau de la directrice temporaire.


Ah ! Vous voilà, dit-elle en les accueillant l’air sévère. On a cru que vous aviez été pulvérisé, Mr. Nielsen. Mais je vois que vous nous ramenez Miss McLane. Seriez-vous avocate, jeune fille ?

Rien de tel quoiqu’Opal plaidât avec ferveur.


… je vois… Une mouche, dites-vous ? Il est vrai qu’un assainissement des sous-sols est nécessaire.
Bon, la journée étant trop avancée pour travailler, nous irons dîner. Vous vous joignez à nous, Miss McLane ?


Erik pas renvoyé ?


Le sourire amusé du professeur le soulagea :

Le professeur Rogue a été un peu… fâché mais il n’avait pas à vous laisser sans surveillance dans le laboratoire. Allons en bas.

L’homme aux cheveux gras leur accorda un bref signe de tête tandis qu’ils s’asseyaient côte à côte à une table. Durant les vacances, le protocole était relâché et nul ne vit d’inconvénient à ce qu’une poufsouffle et un Serpentard mangent ensemble.

Opal, mutine, posa la question redoutée. Soudain très mal à l’aise, Erik chipota dans son assiette sans oser regarder la jeune femme :

… oui, j’ai été réparti… ( profond soupir) Il paraît qu’Erik… que je… je suis Serpentard…

Il redoutait un éclat, un rejet qui ne vint heureusement pas. Au contraire, Opaline jugeait cela super. Elle lui expliqua de long en large de quoi il en retournait. Soulagé à l’extrême, Erik aurait bien voulu l’embrasser encore. Les conditions ne s’y prêtant pas, il résista. Néanmoins, la vie était belle !

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Max Von Falkenberg
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Jeu 4 Oct - 8:03

Comme fin de soirée on trouvait mieux. Comme miracle salvateur celui-ci repasserait parce qu’il est assez difficile d’associer une visite de Mangemorts avec une intervention divine mais bon an mal an, on avait paré au plus vite. Jouer de l’improvisation s’imposait dans des circonstances si adverses. Angel et Opal excellaient dans cet art confus. S’entendant à demi mot ou pas de mot du tout, y mêlant un peu d’audace et pas mal de chance, l’affaire avait été expédiée en deux temps trois mouvements. Cinq Mangemorts de deuxième zone, ficelés comme des saucissons, avaient été remis aux Aurors et les jeunes gens avaient pris place pour faire le bilan…À part quelques coups endurés vaillamment par J.O et l’hyper activité de SaP, réveillé en beauté par tant d’action, il n’y avait rien à déplorer. Laconique, Angel avait mis le ton.

Bienvenue au club !

Succincts mais suffisants, ces trois mots, adressés à l’américain voulaient tout dire.

*T’es dans le bain, mon pote…veuilles ou pas !*


Elle s’était gardé le commentaire et attendu patiemment, ce qui n’était pas du tout évident, la suite des évènements. La soirée ne se prêtant plus à de grandes déclarations, personne n’en fit. Le restaurant fermé, J. O, très galant, les avait escortées jusqu’à chez elles et…seconde phase du miracle, avait tout de même accepté de monter prendre un dernier verre. La discrétion même, l’australienne avait « pacifié » le chien fou et avait été soudain prise d’un irrépressible besoin d’aller dormir. Congé pris sans plus de préambules, Opal s’était enfermée dans sa chambre pour soupirer à souhait en pensant à un certain blond…

Erik ! Opal y pensait tout le temps même en essayant de distraire ses pensées et les occuper à autre chose. Force soupirs et deux nuits de parfaite insomnie, une première chez un loir patenté de son acabit, elle avait supposé, sans jamais vouloir l’admettre de vive voix, que le jeune suédois commençait à prendre de la place dans sa vie.


*Sois pas nouille…cherche pas midi à quatorze heures…un copain, juste ça…camarade d’aventure…oui, c’est ça !*

Elle en restait positivement convaincue pendant quelques heures, jusqu’au prochain assaut de ces soupirs inexplicables et la péremptoire nécessité de se jeter à corps perdu dans le travail, avec une imagination culinaire exacerbée qui permit de mettre à jour une carte sublime, pour le grand bonheur de la clientèle de « Chez McLane ».

J.O et son toutou à queue en trompette faisaient leur apparition, de plus en plus souvent et sans préavis, toujours avec quelque idée digne d’être tenue en compte. Visiter les sites d’intérêt de la ville, qu’il assurait ne pas du tout connaître, aller au Kent faire un pique nique au sommet d’une falaise par un jour où le temps s’avérait splendide, faire ceci ou cela, chamboulant l’emploi de temps d’Angel qui rouspétait mais finissait par s’y plier. Opal, elle, promue volontairement en Cupidon d’office, se retrouva plus d’une fois à jouer les dog-sitter de la menace poilue avec qui elle avait fini par très bien s’entendre, pour permettre quelque sortie nocturne de son amie et son américain globe-trotter. Angel étant réticente à l’heure des confidences, il ne resta à Opal qu’à s’imaginer de quoi allait l’histoire.


*Pas exactement comme voulu, vu leurs têtes de circonstance…*

Miss Grisham restait ancrée dans ses croyances, James Oliver Westwood, dans les siennes. Elle rêvait sans doute du jour où il lâcherait tout pour embrasser la juste Cause de leurs multiples déboires et lui semblait ne penser qu’à ses horizons lointains où d’autres se déchiquetaient pour des causes tout aussi justes aux retombées encore plus sauvages et sanglantes. Jouer les arbitres dans une joute pareille pouvait être éreintant et Opal finissait par ne plus trouver des arguments convaincants, d’autant plus que deux messages, via hibou, étaient arrivés en provenance de Poudlard, la laissant rêveuse, flottant légèrement au dessus de la réalité.

*Il a pensé à toi !...ouais, poliment, tout comme il se doit à un bon ami reconnaissant !*

C’est vrai que les deux missives n’étaient pas précisément ce qu’on pourrait qualifier d’aveux d’amour ni rien de trop semblable. Erik, dans un style net et sans fioritures, racontait tout simplement ses aventures à l’école, ce qu’il avait appris et qui n’était pas quantité négligeable, demandait comment elle se portait de même que leurs amis. Elle avait répondu, en faisant l’effort de se montrer claire et mesurée, observant le même style bon enfant poli et sans épanchements du genre « tu me manques…je pense à toi…etc… ».

Ce jour là, Angel, J.O et le chien étaient partis à Stonehenge en virée touristique et Opal disposait de tout son temps pour réviser ses livres de comptes, faire des modifications à la carte et se plaindre, force soupirs enragés, de la baisse de clientèle vu la recrudescence des méfaits mangemorts dans le coin. Elle était là, attelée à la tâche quand une apparition très inattendue, la fit sauter de sa place, le cœur à mille, en proie d’un fol émoi.

O... Opaline… j’ai échoué ! Je suis désolé…

À deux pas d’elle se tenait un Erik, couvert de n’importe quoi, sentant le roussi, cheveux en bataille, coupure au front et un air de total désarroi. En un bond, Opal fut sur lui, affolée.

Bonté divine… tu devrais être à l’école ! Qu’est ce qu’il s’est passé ? Que t’est il arrivé !?...D’où tu sors dans un état pareil ?...Tu es dingue !

L’explication fournie était, aux yeux d’Opal, quasi satisfaisante.

J’ai fait sauter le laboratoire du professeur Rogue. Je suis foutu, banni…


Tu as…Bon sang, Erik…on peut dire que tu sais t’y prendre…Mince…tu saignes !!!

Euh, je saigne ?

Et en plus tu te seras pris un coup de chaudron sur le crâne, dirait on…oui, c’est ce que je viens de dire…Laisse moi regarder…Assieds toi…Ohlala…la belle entaille…mais qu’est ce que tu concoctais…du TNT ?...Episkey…Voilà cela devrait aller…As-tu mal à la tête ?...Tu vois double ?...Sommeil ?...En plus tu es cramé…ça a dû être énorme…Tout a sauté ?...Rogue écumera de rage…tant pis pour lui…Non, pas mon prof préféré, il m’en a fait voir des vertes et des pas mûres, celui là…Raconte donc comment tu as fait…j’ai fait sauter mon chaudron deux ou trois fois mais rien de si splendide…Alors, tu as plongé sous…

Le reste de sa phrase se perdit en une exclamation de stupeur quand, sans doute las de l’entendre pérorer, Erik s’arrangea pour lui fermer le clapet d’une manière très efficace. L’attirant sur ses genoux, il l’embrassa, pur et simplement. Le premier réflexe d’Opal fut de se rebiffer face à ses manières si cavalières mais la douceur entêtante du baiser lui fit oublier toute autre intention qui ne fut y répondre, avec une ferveur qui la surprit elle-même.

Tu m’as manqué Opaline… J’ai pensé à toi tout le temps… je…


Vraiment !?, s’enquit elle, tout bêtement en se noyant dans ce regard d’un bleu profond, euh…moi aussi…j’ai pensé à toi…

Tout le temps. Tous les jours. À toute heure…mais il est des choses qu’une fille bien née n’avoue pas coup sur coup, juste après le premier baiser…enfin le second si on pouvait compter le premier comme tel. S’en suivirent quelques autres pour enrichir l’expérience mais Opal n’était pas du genre à rester indéfiniment à se bécoter et oublier la réalité pressante de la vie. Reprenant en main ce qui lui restait de bon sens, elle passa à l’action. Les cheveux un peu ébouriffés et le cœur gonflé d’un sentiment inédit, elle alla servir quelque chose à boire pour Erik puis revint s’asseoir face à lui, très sérieuse.

Tu sais, Erik…tu dois retourner à l’école…oui, je sais que tu as fait sauter le gourbi de Rogue mais si on devait renvoyer tous les élèves qui l’ont fait…ça ferait foule…et puis tu as tellement avancé que je ne pense pas que McGo te laisserait aller si facilement…ce n’est pas tous les jours qu’elle aura un élève aussi avantagé que toi…

Je veux bien essayer… s’ils veulent encore de moi après ce coup-là !


On verra ça dans un moment…je donne des indications à Kitty, envoie un message à Angel, prends mon sac et vais avec toi…oui, c’est bien ce que j’ai dit, je t’accompagne…

*Mais à quoi tu penses, ma vieille ?*

Trop tard pour les réflexions de dernière minute, ils étaient déjà face à la porte du bureau de Minerva McGonagall. Prenant son courage à deux mains, elle toqua discrètement le solide panneau de bois. On leur somma d’entrer. Opal se revit, gamine de 12 ans après une de ces bêtises qui méritaient confrontation directe avec la loi. L’accueil de la Directrice temporaire ne fut pas délirant de joie. La mine sévère, elle les jaugea puis émit…un poil ironique et amusée ?

Ah ! Vous voilà. On a cru que vous aviez été pulvérisé, Mr. Nielsen. Mais je vois que vous nous ramenez Miss McLane. Seriez-vous avocate, jeune fille ?

Euh…non, professeur, mais Erik est un ami…et il est arrivé chez moi, accablé de remords en croyant avoir provoqué une catastrophe terrible…alors que tout est de la faute de cette fichue mouche qui a plongé dans sa potion, la faisant exploser. C’est quand même le comble qu’il y ait des insectes volant par là, alors qu’on n’en a pas besoin pour les préparations…le prof. Rogue doit bien avoir du papier à mouches dans son attirail, non ?

Elle aurait juré que McGo retenait un sourire, en tout cas son regard si vif, pétillait derrière ses lunettes carrées. L’illustre professeur de Métamorphose trancha sur l’affaire de la mouche et Opal fut très surprise en l’écoutant l’inviter à dîner. Erik ne serait pas renvoyé ni rien de semblable, Rogue ne ferait pas de foin. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Aux côtés d’Erik, elle attendait que le festin commence en remémorant, un peu émue, toutes les années passées là. Cela faisait un peu bizarre de se trouver dans cette énorme salle presque déserte. Il n’y avait que quelques élèves et peu de professeurs à rester pendant les vacances, ce qui changeait beaucoup de l’ambiance bruyante dont elle gardait le souvenir. Pour meubler le silence d’église qui régnait là, ils bavardèrent de tout et de rien…jusqu’à ce que le service commence. Erik semblait ne rien avoir perdu de son bel appétit.

Mais raconte…cela s’est passe comment ?...Il y a eu Répartition pour toi ? Ou tu es là comme agent libre ?

Tiens, la question sembla le rendre un tantinet nerveux, très en fait, si on tenait compte de sa façon de chipoter dans son assiette, l’air penaud.

Oui, j’ai été réparti… ( profond soupir) Il paraît qu’Erik… que je… je suis Serpentard…

WOW, un Vert et Argent !...mais pourquoi tu tires cette tête ?...Être à Serpentard n’a rien de mauvais, crois moi…oui, je sais qu’on dit sur ceux de cette maison mais c’est de la pure bêtise…enfin, il doit avoir quelque chose de vrai mais on s’en fiche….Cela veut dire que tu es intelligent, rusé, déterminé et ambitieux…tout cela ajouté à ton talent peu ordinaire…on peut assurer que tu iras loin…

Ce qui lui donnait de quoi penser était le fait que, par règle générale, Serpentard n’admettait que des sorciers de Sang Pur, ce qui, d’autant qu’elle sut, n’était nullement le cas d’Erik Nielsen…à moins, bien sûr, que le Choixpeau n’en sache plus long qu’elle. Rassuré sur son acceptation sur sa nouvelle filiation sorcière, le suédois récupéra l’appétit et se régala allègrement du festin servi.

À la fin du repas, Opal se disposait, le cœur lourd, à regagner ses pénates londoniennes quand le professeur McGonagall l’appela à part, pour lui parler.

Je pense qu’il est un peu tard pour entreprendre le retour, Miss McLane. Je crois que vous retrouverez avec joie vos anciens quartiers de Poufsouffle pour cette nuit.

Vraiment !? Wow…c’est génial…euh, je veux dire, que c’est très gentil de votre part d’y penser, Professeur.

Petit sourire bienveillant.

Je pense aussi que vous exercez une influence bienfaisante sur Mr. Nielsen. Il n’a pas semblé trop ravi d’être envoyé à Serpentard mais là, si j’en juge par son sourire radieux, vous l’avez calmé à ce respect.

J’ai…fait de mon mieux. C’est vrai qu’il n’en était pas trop content…en fait je me demande bien pourquoi il a fini chez les Serpents…euh…à Serpentard…c’est assez inusuel, non ?

Le Choixpeau sait ce qu’il fait, Miss McLane, nous ne pouvons qu’accepter sa décision pleine d’incommensurable sagesse.

Elle réprima un soupir bruyant en se demandant quelle sagesse millénaire pouvait avoir un chapeau mité qui l’avait envoyée tout de go chez Poufsouffle alors que tous, dans sa famille sorcière, s’étaient repartis entre Gryffondor et Serdaigle. Pas la peine de discuter sur le thème, McGo la laissa rejoindre Erik non sans lui rappeler l’heure à laquelle elle devait se trouver à ses quartiers et le mot de passe pour y accéder.

En quoi occuper cette douce soirée d’Août ? Le temps avait été particulièrement beau ces derniers jours, l’air était encore tiède avec des senteurs d’été se balançant dans la brise. De son temps d’écolière, Opal avait souvent entraîné Angel dans des balades aventureuses, juste là où il ne faut pas aller parce que selon sa simple façon de voir les choses, ne faire que ce qui est permis n’a rien d’amusant, cela lui avait rapporté réprimandes et retenues, McGo s’étant toujours refusé de supposer qu’une élève d’aussi exemplaire sagesse que Miss Grisham fut capable d’avoir tant soit une idée pendable, en quoi elle n’avait pas tort. Opal se reconnaissait coupable à tous les coups, l’air si ravi, que personne ne put jamais penser que l’ombre d’un remords pouvait l’habiter.


Je te proposerais bien d’aller faire un tour à la Forêt Interdite mais partant de l’idée que tu as eu déjà assez de problèmes pour un jour, on se limitera à faire un tour par là…pas besoin de s’approcher du lac…va savoir si le calamar voudrait nouer des nouveaux liens d’amitié !

Ils finirent assis sur un rocher , admirant les dernières clartés du jour se confondre dans la nuit, parlant à bâtons rompus. Erik racontait ses expériences scolaires, Opal les siennes, culinaires. Elle le mit au courant de l’intempestive visite des Mangemorts au restaurant, d’un ton si festif et humoristique qu’on aurait pu croire qu’elle s’était follement amusée.

J.O et Angel ? Bonne question…on dirait qu’ils sont bons amis…enfin, c’est Angel qui veut le voir comme ça…Lui ? Qu’est ce que je vais en savoir, moi ? Le mec est secret sur ce point…mais je sais que s’il part…mon amie va souffrir pas mal…Quoi si tu partais ?...Et où irais tu ?...Ah bon…retourner chez toi, bien sûr…Ben…tu me manquerais, à coup sûr…Moi aussi ?...Merci de le dire…on se manquera alors, que veux tu que je te dise ?

*Que cela me foutra le cœur en miettes et que je vais saler mes petits plats à force de leur pleurer dessus ?...Cours toujours !*

Heureusement qu’il se dépêcha d’assurer que partir n’entrait pas dans ses plans immédiats et pour la conforter de l’idée de sa présence, prit gentiment sa main. Opal soupira et lui sourit. Alors, sans rien dire, il se pencha vers elle pour lui effleurer la bouche d’un baiser d’abord très doux, se faisant plus intense par la suite, sans qu’ils en perdent la tête pour autant. La nuit finissait de tomber, irrémédiable quand ils regagnèrent le château. Ils se quittèrent dans le hall, après un chaste « bonne nuit » et chacun se dirigea vers les quartiers de sa maison.

Opal se réveilla de très bonne humeur. Qu’il fut assez tôt ne la dérangeait pas le moins du monde. La veille au soir, elle avait flotté sur un nuage rose et s’était endormie avec un nom au bout de chaque soupir : Erik. Cette sensation de bienêtre céleste qui l’emplissait toute était une première sur toute la ligne. Elle fut prête en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et courait presque en gagnant la Grande Salle pour le petit déjeuner, sûre d’y trouver Erik, face à une pile de pancakes nageant dans du sirop. Cela ne rata pas. Il attaquait le premier repas du jour avec bel entrain quand elle débarqua, les joues rosies et le sourire éclatant.

Bonjour, toi…et alors ? Quels cours, ce matin ?

Défense contre les Forces du Mal. Métamorphose et Potions. Elle fit la moue en rigolant.

Je te souhaite bien du bonheur…Ben oui, je finis mon petit déjeuner et file…il te reste encore combien de temps, dis ?...Ah…tu te présentes déjà aux ASPIC ? Wow…dis donc, ça va plutôt vite !

Elle finissait son café matinal quand Mrs. McGonagall fit acte de présence. Opal se leva d’un bon, assurant qu’elle s’en allait déjà.

Du calme, Miss McLane, vous pouvez rester autant que vous le voudrez. En fait c’est justement ce que je désirais vous demander. Comme vous l’avez certainement remarqué il n’y a qu’un nombre restreint d’élèves et peu de professeurs, ce qui nous oblige à nous y prendre à bouchées doubles pour finir l’instruction de Mr. Nielsen. Votre collaboration nous serait précieuse.

Hein !?, yeux ronds d’incrédulité, je…moi…enfin…je me demande à quoi je serais bonne ?

Quand le besoin prime, on fait table rase des obstacles. Le fait qu’elle n’ait jamais été une élève spécialement douée ne semblait poser de problème à quiconque. Ses connaissances devaient suffire largement à si noble cause car avant d’avoir pu donner vraiment son avis, elle se vit promue au grade d’instructeur assistant…de qui ? Restait à savoir…On mit à sa disposition parchemin et hibou pour dépêcher à Londres les instructions conséquentes en vue de son absence qui durerait encore quelques jours.

McGo avait souri, ravie d’avoir vaincu si facilement toute hésitation de la part d’Opal. Par la suite, tant que la préparation de la rentrée du 1er Septembre le lui permettait, avait suivi, très attentivement, l’instruction de la singulière recrue qu’était Erik Nielsen. De sa longue carrière d’éducatrice, Minerva avait été confrontée à quelques talents superlatifs, dignes d’être tenus en compte mais le cas du jeune suédois les dépassait. Il possédait une force magique qui surgissait, naturelle, comme eau de source, après avoir été ignorée, réprimée et endiguée au fond de lui-même. Sa faculté innée pour le mimétisme avait une grande incidence mais McGo savait que ce n’était pas tout. Copier les faits et gestes de ses instructeurs n’était qu’une voie pour canaliser ce qu’il portait déjà en lui. Et voilà que ses observations révélaient un autre fait surprenant. Si Erik les avait déjà tous épatés les jours précédents, ses présentes prestations secondées par cette tête folle qu’était Opal McLane, dépassaient toutes les prévisions, c’était comme si la compagnie de l’australienne agissait comme lénitif pour un énervement naturel et décuplait son talent.


*Hum…le complément de la force, l’équilibre parfait…qui l’aurait dit !*


Cette idée s’affirma en assistant, de loin, à la leçon de vol en balai. Le prof. Bibine donna quelques instructions, assez sommaires, suivant les indications de Minerva puis s’était retirée, laissant Erik et son instructrice improvisée. Tous ceux qui connaissaient Opal savait qu’elle n’aimait pas du tout voler même si dominant efficacement son balai.

Bon, tu as écouté Mme. Bibine…c’est pas trop difficile, tu te concentres un peu…et…super, tu as déjà ton balai et es dessus…je me demande à quoi cela sert…du coup tu t’y prends mieux que moi !, avec un soupir résigné, Opal enfourcha son balai, là…suffit de frapper le sol avec ton pied et…oui…tu as tout bon !

Erik planait déjà doucement à deux mètres du sol, elle le rejoignit.

C’est comme monter à cheval…c’est toi qui guides ton balai en lui faisant bien sentir que c’est toi qui commandes…compris ?...On fait un essai ?

Elle préférait le cheval mais le principe étant le même, se débrouillait sans problème. S’élevant de quelques mètres, elle entreprit un virage puis un autre, imprima de la vitesse à son vol et fila vers les tours mais avant d’y arriver fit un virage serré et revint vers lui, qui planait toujours, placide, à la même place.

Pas à dire…tu as soumis ton balai…le voilà aussi docile qu’un poney !

Dès sa fenêtre, Minerva McGonagall sourit, satisfaite, en les voyant s’élancer dans un vol synchronisé. Elle prit note.

Sorcier talentueux, très doué pour le vol.

L’expérience aérienne s’avéra enrichissante et très agréable pour Opal qui n’avait jamais pu trop apprécier ce mode de déplacement. Ce n’était pas pour autant qu’elle était prête à l’adopter, trouvant qu’il n’y avait aucun besoin d’alimenter la légende des sorcières en balai. Elle préférait de loin les moyens de locomotion moldus. De retour au terrain d’entrainement, ils trouvèrent y Mme. Bibine qui les félicita, sans trop d’effusion et envoya les balais se ranger dans leur appentis, en leur communiquant que Mrs. McGonagall les attendait dans son bureau.

Bon travail, Miss McLane et Mr. Nielsen ! Je pense que l’instruction est achevée, jeune homme, demain commenceront les preuves pour les ASPICs. Vous avez cet après midi libre, détendez vous, visitez les alentours, je suis sûre que Miss McLane se fera une joie de vous servir de guide.

Après le déjeuner, ils quittèrent le château et prirent le chemin à Pré-au-Lard.

J’espère que cette fois on ne rencontrera aucun Mangemort…ah ! Tu sais comment t’y prendre maintenant…excuse moi, je ne m’habitue pas encore au fait que tu sois un sorcier patenté…Tiens…et pourquoi ça allait me déranger ?...Tu en as, des questions, toi…je suis très contente au contraire…Angel et J.O n’en reviendront pas…et puis…ça me fait sentir plus sûre…ben oui, imagine toi, les filles, ça aime qu’on les protège, le cas étant…Tu vas venir travailler au resto, n’est ce pas ?...Non, ce n’étaient pas des mots en l’air…Je suis très sérieuse quand il s’agit de parler affaires !

Lui aussi, vraisemblablement. Ils ne revinrent plus sur le point. Découvrir les farces et attrapes chez Zonko, leur changea les idées, leur laissant le loisir de redevenir des enfants émoustillés par tous les tours plus ou moins pendables qu’ils pourraient faire. Ils en sortirent avec un bel assortiment contenu en deux paquets de tailles appréciable qu’Erik se dépêcha de réduire pour les fourrer dans se poches. La deuxième étape, mémorable, de leur virée, était la visite obligatoire de Honeydukes. Opal pensa que son compagnon allait perdre carrément la tête, avec des friandises à en donner le tournis. Encore là, ils dévalisèrent pratiquement l’établissement. Après un petit tour de rigueur dans les alentours plus que pittoresques, le temps d’une bièreaubeurre aux Trois Balais et il était l’heure de rentrer. Ils étaient près de l’école quand Erik la ceignit en étroite étreinte, comme si tout à coup quelque chose le mettait au désespoir. Elle lui retourna ses baisers avec toute la science tout frais découverte puis s’écartant un peu, le regarda droit aux yeux.

Tout va aller bien…ne t’en fais pas, je serai là…Tu as si hâte d’en finir ? …Ok…j’ai pigé…tu finis et on se taille !

Quand McGo le convoqua à son bureau, après les examens, Erik ne voulut rien savoir d’y aller seul. Pour Opal, il avait suffi de voir la tête des membres du jury pour savoir que son suédois les avait laissés pâmés d’admiration mais lui semblait ne pas y croire. Le professeur McGonagall n’y alla pas par quatre chemins et le félicita de long en large, avec une effusion qu’Opal ne lui connaissait pas. Avec les notes obtenues, Erik pouvait opter pour n’importe quelle carrière dans le monde magique. Medicomage, professeur, Auror…

*Ouais…et je lui offres un boulot comme cuistot…t’as perdu la perspective, ma vieille…un petit poste comme ministre lui irait mieux !*

Retour à Londres via portoloin. Un crachin impénitent noyait la fin de l’été et les nouvelles, en arrivant étaient tout, moins bonnes. La réalité les rattrapait au détour d’un rêve.

Angel est à Ste. Mangouste…une mission foireuse…Faut que je contacte J.O…où diable peut être cet américain ?

Où qu’il voudrait bien être le resplendissant kangourou argenté de Miss McLane saurait le trouver…

Et toi, tu viens avec moi…elle sera ravie de te voir !
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Jeu 4 Oct - 8:22

De retour à son hôtel, J.O fonça sous la douche, les effets lénitifs de l’eau chaude sur son corps, perclus de soleil, fatigue et émois divers, n’atteignirent néanmoins pas son esprit. La sensation d’aller de gaffe en gaffe avec Angel le taraudait. Cela ne lui ressemblait guère se faire tant de bile pour une fille. Mais Miss Grisham était spéciale, de cela, pas le moindre doute. C’était sûrement la raison de l’attirance qu’elle exerçait sur lui. Timide, sécrète, farouche et idéaliste, le mélange parfait pour la rendre inaccessible…du moins pour un type comme lui.

*Stabilité…voilà ce dont elle a besoin et toi, tu sais même pas comment ça s’écrit, crétin !*

Cela et plein d’autres choses. Une fille comme celle là méritait qu’on soit à ses côtés pour l’aimer, la protéger des avatars désagréables de la vie, pour être défendue de ces ennemis indésirables qui hantaient si bien son monde, pour être flattée, chérie. Elle avait besoin d’un homme présent à toute heure pour la seconder et la rassurer.

*Ouais et toi tu cours le monde à la suite de la mort…*

Propre comme un sou neuf mais avec le moral à plat, il tournait en rond en se demandant comment s’y prendre.

*M’y prendre…à quoi ?...Elle semble avoir un certain faible pour toi, imbécile…Et ?...*

Sa conscience eut l’heur de se taire, sans doute par manque de repartie, le laissant en pleine confusion. Le plus sensé, à son avis et après des longues réflexions, serait tout simplement jouer les goujats, ne pas se présenter au dîner de ce soir , quitter Londres, l’Angleterre, l’Europe et disparaître de la vie d’Angel Grisham.

20:00 tapantes il poussait la porte de « Chez McLane ». SaP fit les effusions. Lui, n’avait même pas pensé à apporter autre chose que sa personne et son chien.

*Abruti !*

En apparence, on ne lui tint pas rigueur de ce manque absolu de galanterie mais, sans trop d’effort, il devina avoir ajouté une gaffe de plus à la déjà longue liste. Angel ne souriait même pas et Opal semblait avoir la tête ailleurs. SaP squattait le dessous de la table et il avait envie de l’y rejoindre à défaut de pouvoir s’évaporer. Un apéritif bien tassé fut servi dans l’espoir, assez vain, de détendre l’ambiance. Miss McLane revenant de ses limbes, reprit avec aisance le poil de la bête et se lança, sans aucune diplomatie, dans un interrogatoire, tout compte fait, assez légitime.

Tout y passa. Dès sa fugue de l’orphelinat à sa scolarité à Salem, en passant par son adoption par Magnolia et Rose Westwood, son stage dans la Marine et plus tard son métier comme photographe de guerre qui le menait d’un coin à l’autre du globe, toujours là où il y avait quelque action brutale et sanglante. Miss Grisham tordit délicatement le geste. Impossible ignorer ce qu’elle pensait de pareille occupation.

Je sais ce qu’on peut penser de mon travail…la plupart est sûre que je le fais juste par un besoin irraisonné d’adrénaline mais cela va bien plus loin. C’est vrai que l’aventure me tente…suis de nature casse cou, mes mères peuvent le dire…La première fois qu’on m’a demandé de me déplacer à une zone de guerre, cela a été pour remplacer un photographe qui venait de se faire descendre…non, il n’est pas mort, mais amoché comme il était, impossible de couvrir l’histoire…je me suis retrouvé dans un fossé avec les cadavres de cinq gosses égorgés…Ils avaient refusé de se joindre à l’armée rebelle qui sévissait dans le coin…plus loin leur village brûlait…femmes, enfants, vieillards…même les poules et les chèvres, avaient été massacrés…le monde devait voir cela…Ce n’est pas un boulot pour estomacs délicats…

*C’est ça…raconte plus et tu te prends un plat sur la tête !*

Changement de thème. Il avait quand même fait des jolies photos, sans besoin de se trouver en plein champ de bataille. Opal assura avoir envie de les voir. Il supposa qu’Angel aussi pourrait y jeter un coup d’œil et peut être après changer un peu son jugement mais le silence poli de la jeune femme sapa assez ses espoirs. Acte suivi, l’australienne parla du suédois enfermé à Poudlard pour parfaire son instruction. Le tout pointé de soupirs révélateurs. La conversation se poursuivit gentiment. Pour résumer le tout, il donnait l’impression d’un type parfaitement satisfait de sa vie et ses retombées, pour scabreuses qu’elles puissent sembler, il est vrai que deux fois sur quatre, on le ramenait chez lui en pièces à peine jointes mais le vieux démon le reprenait sitôt il pouvait tenir à nouveau sur ses jambes, au grand dam de ses mères chéries. Les bêtises de SaP, quelques rencontres avec des personnages importants de l’actualité et autres histoires dans le genre, meublèrent une conversation qui traînait de la patte depuis le début. Angel faisait des efforts pour ne pas bailler. Il se demanda si le moment n’était pas venu de prendre congé mais fit un dernier effort.

Tu n’as pratiquement rien dit, Angel…


*Idiot ! Tu n’as pas arrêté de déballer des conneries !*

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

*Étouffe toi et crève !*

L’avenir ? Euh… finir ce steak, peut-être une promenade digestive à pied, rentrer…

*Ok…l’avenir, c’est peut être trop demander…*


Et demain ?

Demain ? En principe, préparer des potions en espérant qu’aucun événement fâcheux n’intervienne. C’est la guerre J.O, tu as oublié ?

*Elle y tient, à sa guerre !*

Non ! Je ne l’ai pas oubliée. Excuse moi si je n’ai pas l’air d’y penser mais elle est un peu différente à celles auxquelles je suis habitué !

Et le ton fut un peu excédé. Parler de cela l’agaçait. Miss Grisham était définitivement fixée sur sa petite idée : il se fichait des problèmes locaux comme de sa première chemise. Or ce point de vue était faux mais là, il n’avait aucune envie de débattre sur ce thème épineux. La suite fut une savoureuse mise en couleur de la situation. La paix trompeuse de la soirée avait fait que les demoiselles oublient de fermer les volets de sécurité, ce qui donna lieu à l’irruption de clients hautement indésirables. Il suffit d’une mise en bouche goguenarde et avinée pour deviner qu’ils allaient avoir droit à un mauvais quart d’heure. Malheureusement, J.O ne se trompa pas. Les méchants leur prirent les baguettes, demandèrent à être servis, non sans avoir décidé que sa tête ne leur revenait pas.

*Génial…*

Suivant les consignes muettes d’Angel, il afficha profil bas et sauva la peau mais se prit quand même une volée de coups qu’il n’avait pas mérité. Néanmoins, prenant son air le plus idiot, il joua le barman accompli et servit une ronde de cocktails de son crû, mélange audacieux de tout ce qui lui tomba sous la main, pendant que les filles disparaissaient dans la cuisine, suivies de deux malabars masqués. Tout en faisant des mélanges bizarres d’alcools sans affinité apparente, il essayait de capter quelque bruit suspect venant de la cuisine mais rien d’étrange ne lui parvint. La mort dans l’âme il poursuivit son petit manège. Ses clients en redemandaient. Il servit, satisfait de les voir écluser sans méfiance.

*Pas l’élite, ceux là !*

Mais pour si jamais chercha désespérément n’importe quoi susceptible de lui servir comme arme. Pas de magie, soit, mais ayant participé à plus d’une bonne bagarre à la moldue, il pensait avoir une petite chance de s’en tirer…en supposant que les autres soient assez sonnés par ses cocktails. Un bon vieux pic à glace devrait faire l’affaire.

*Ouais…contre un Avada égaré…t’es fin, mon pote… *


Que firent elles ? Il n’était pas pour le savoir, le fait est que le dénouement de cette festive rencontre se joua en deux temps trois mouvements. Magie et autres artifices á fond de train, un chat siamois mit le feu aux poudres, J.O récupéra une baguette de main d’une Opal travestie en Mangemort, SaP participa aux réjouissances en cours et les méchants furent réduits en moins de temps qu’il ne faut pour y penser. On appela les autorités pour leur remettre le cadeau du soir. Opal s’affaira à fermer tous les volets. Il servit un cognac et le tendit à Angel, pâle et défaite, affalée sur un siège.

Prends ceci…cela te fera du bien !...Tu as été superbe en chat…une idée magnifique.

Elle avait remarqué les traces de coups sur son visage, son sourire fut un crève cœur.

Bienvenue au club !

Il hocha la tête sans se trouver l’esprit de faire un commentaire quelconque, du coup, il se sentait affreusement vide et fatigué. Servant un verre à Opal et un autre pour lui, il alla prendre place face à Angel.

Drôle de soirée…je crois qu’il est temps de rentrer…je vous accompagne chez vous !

Dieu merci, elles ne trouvèrent rien à redire. Trop las pour essayer de trasplaner, ils marchèrent, comme des braves citoyens et ressortis du côté moldu, prirent un taxi jusqu’à l’adresse indiquée par Opal, la même qui, arrivés à destination, insista pour qu’il monte chez elles boire un verre, question de calmer les esprits. Une fois là, juste après avoir assuré le service et calmé SaP qui menaçait de faire des ravages en courant après les chats de la maison, la miss bailla sans aucune retenue en décrétant qu’elle était claquée et allait dormir. Sans plus.

Je sais que peut être le moment n’est pas le plus indiqué mais je crois que toi et moi…on doit parler…Non ! Ne me dis pas de m’en aller…juste un moment…je te ficherai la paix après…

Il eut droit à un regard insondable mais ne se découragea pas. Elle resta assise dans son fauteuil, lui dans le sien. SaP ronflait sous la table. La chatte angora lui sauta sur les genoux et il lui gratta l’oreille, distrait.

Tu es tout chose depuis notre retour…et j’ignore la raison. Pas la peine de me regarder de travers…que veux tu, je suis idiot et si on ne me dit pas les choses…j’ai du mal à saisir…Écoute, Angel…on a beau être sorciers tous les deux mais nous venons de mondes différents…Oui, crois moi…c’est autrement chez moi…ce qui ne veut pas dire que je ne comprenne pas ce qui se passe ici…La guerre ! Oui, je sais…et non…je n’ai pas dit TA guerre…ni la VÔTRE…c’est ça qui te turlupine, non ?

À n’en pas douter un instant. Il avait touché le point algide. Elle ne semblait pas plus à l’aise que lui.

Je me disais bien…mais on ne va pas en parler…pas ce soir…tu finirais par m’arracher les yeux et je ne veux pas me disputer avec toi…À l’île…il m’a semblé que…nous étions plus proches…je me trompe ?...Il y a pourtant plus d’une affinité entre nous…et tu le sais aussi bien que moi…Je ne vais pas te raconter des histoires, ce n’est pas mon genre…mais tu me plais…et pas un peu ! Non…je ne veux aucune aventure de vacances, où diables vas tu chercher une idée pareille ?...Je vais partir, c’est vrai…je dois le faire….il y a des engagements que je dois honorer…tout comme tu honores les tiens…mais cela ne veut pas dire que je ne reviendrai pas…et tu sais que je le ferai…à moins bien entendu de ne pas pouvoir le faire…Oui, il y a des risques. Il y en a toujours, on va pas se mentir…je te promets de ne pas me faire descendre par là…

Il lui sembla percevoir l’esquisse d’un sourire mais préféra s’en tenir là. La soirée avait déjà trop duré, sans jamais avoir été idéale, pas la peine de la gâcher encore plus.

Je pense qu’il est grand temps de partir, dit il en se levant, après avoir déposé Alba par terre, j’espère te revoir…quand même !

Elle ne dit ni oui ni non, il faudrait donc le prendre comme un de ces « peut-être » ambigus que les femmes manient avec tant d’aise. Tirer SaP de son sommeil n’alla pas sans protestes et grognements mais il finit par l’extirper de sous la table et l’entraîner vers la porte. Elle tint à l’y accompagner.

Mes vacances durent encore quelque temps, se trouva t’il en train de dire en guise d’information, bonne nuit, Angel…on se voit !

Il hésita quant à la suite mais finit par se contenter de lui flatter doucement la joue et s’en aller sans plus, en supposant que tout autre chose aurait été déplacé. Son hôtel était trop loin de là comme pour envisager une balade surtout avec SaP qui était d’humeur grognonne. Un petit trasplanage régla l’affaire, le laissant sur les rotules, avec l’unique idée de dormir deux jours d’affilé, ce qui s’avéra mission impossible. Écrasé de fatigue, il fut incapable de fermer l’œil, les tenants et aboutissants de cette étrange soirée lui tournaient dans la tête, chassant vilement tout propos de repos.

Le lendemain, il se défendit rageusement d’aller faire un tour au Chemin de Traverse. Son humeur morose n’arrangea rien pas plus que ses réflexions voulues sensées. Plus il essayait d’y voir clair, plus il s’empêtrait. Le soir venu, une seule idée perçait et n’était pas pour le rendre fou de joie : Miss Grisham n’avait que faire d’un casse cou comme lui, le contraire irait presque contre ses principes établis. Il n’avait rien à offrir, à part la constante angoisse de le savoir en train de risquer la peau dans quelque bled perdu. Au plus, ils pourraient être amis. De ceux qui échangent des cartes postales et vœux de Noël. Point barre.

« Bienvenue ! Détendez vous »

Se détendre, elle en avait des bonnes, la fichue clochette. Il était plutôt à cran mais s’engagea à sourire comme si rien ne le détendait plus que passer dire bonjour, comme par hasard. Angel apparut, venant de l’arrière boutique, sanglée dans son tablier et ôtant ses gants de peau de dragon.

Salut ! Je vois que tu es en plein travail…si je dérange, tu me dis !...Je promène ma bête poilue et voulais aller chez Fleury & Boots…Ça va ?...Ah ! pas trop de clientèle… oui, je comprends, par les temps qui courent…

Ce jour là on joua à la modalité : « Tiens, il fait beau…Ca te dirait de m’accompagner faire un tour en ville, faire du tourisme solitaire n’est pas trop tentant ! ». Sans clients sur le pas de la porte ni commandes en cours, la miss consentit à lui servir de guide. SaP trouva son bonheur dans un coin de la cuisine de Chez McLane. Il joua à fond son rôle de touriste désabusé, camera en main, le parfait camarade.

Le lendemain, il faisait toujours beau. Ce fut le tour à l’idée d’un pique nique quelque part dans la bucolique campagne du Kent. Le toutou fut de la partie. Ils bavardaient à s’en fatiguer. Il racontait ses péripéties. Elle le laissa découvrir sa facette guerrière en avouant son appartenance à un Ordre qui combattait, efficacement, l’ennemi. Admirable. Effroyable. On compara les guerres. Le résultat était prévisible : le mal est partout et les tyrans se ressemblent à s’y méprendre, peu importe leur couleur ou croyance. Encore là, il était le copain détendu, sympa et compréhensif. Elle, idem.

Puis il l’invita dîner. Pas chez Opal. Celle-ci, bonne âme et amie plus que dévouée, adopta encore SaP. Question d’épater un peu la galerie, il avait choisi le nec plus ultra des restaurants et se présenta, sapé comme un prince, suivant au pied de la lettre les rigoureux enseignements de Rose et Magnolia, quant aux manières que doit avoir un gentleman accompli. Elle était délicieuse dans son fourreau noir. Le dîner fut exquis, la conversation prenante mais devint terrain miné quand le thème avenir fut touché.


Ben oui, j’y pense, quand même…ah bon ? J’en donne pas l’impression ?...tu vas m’excuser mais toi non plus…enfin, à aucun autre qui ne soit l’éradication du Mal…mais et après ?...Oui, je peux comprendre ça : les guerres sont incertaines et on ne sait jamais comment ça finira…pour chacun !...Moi ?...Tôt ou tard, j’arrêterai de courir de conflit en conflit…Magnolia et Rose ont insisté que j’étudie…donc cela devra servir à quelque chose…sais pas…je peux devenir un type ennuyeux qui écrit un bouquin…ou photographie des jardins…

Sourire de travers avant d’avancer la main et la poser sur la sienne avec une espèce de soupir désenchanté.

Mais nous savons bien, tous deux, qu’on n’est pas du genre à rester à contempler les fleurs ou les petites bêtes du Bon Dieu. Tu as l’air d’être une douce âme paisible mais il n’en est rien…je ne me trompe pas, hein ?...Il y a beaucoup de fougue et courage derrière tes façons si rangées…en plus d’un fichu caractère, si je puis me permettre de le dire ! Nous avons un idéal…un but…toi le tien, moi le mien, quoique si tu regardes bien, ils se ressemblent énormément. Tu luttes contre la tyrannie de Voldemort avec des armes magiques…mon arme à moi est une caméra… livrer un témoignage si direct et cru éveilles les consciences…C’est une façon de combattre le mal…c’est ça…fronce le nez ! Qu’est ce que tu veux que je fasse ?...Devenir mercenaire ne me tente pas du tout, c’est bien payé mais le risque de s’en sortir est encore plus minimaliste qu’en leur courir après pour photographier les ravages…Dommage que je ne puisse documenter ce qui se passe ici mais tu vois le genre de nouvelle que ça donnerait et je finirais enfermé dans un hôpital psychiatrique moldu, avec une carrière ruinée et un futur fichu en l’air…

Elle y alla de son commentaire, grave et plein de bon sens, sans pourtant écarter sa main. Sans les mâcher, en quelques mots choisis, elle établit clairement les frontières de leur relation. Les mêmes qu’il avait entrevues dans un sursaut de clairvoyance : amitié, un brin d’affection, pas de compromis. Il eut un de ses sourires en coin et lui tapota la main.

Ok…je respecte ça…on est amis !

Curieusement, il n’y croyait rien et eut la sensation qu’elle non plus mais on passa un trait sur le thème et le dîner se termina en se racontant n’importe quoi et rigolant, un peu faux.

Et si on allait danser ?...Me regarde pas comme ça ! Il n’y a aucune loi qui dise que les amis ne peuvent pas danser ensemble…Ça te pose un problème ?

Son regard fut tout un poème où passaient reproche, complaisance, déni et cet éclat farouche qu’il commençait à craindre mais dont il raffolait. J.O resta comme si rien, angélique et patient. Dès la première danse, il resta clair que celle là n’était pas la meilleure idée du siècle pour cimenter les bases d’une amitié voulue platonique. Communion unique, harmonie céleste. Si leur prestation lors du bal avait résulté surprenante, ce soir là, elle fut révélatrice en extrême. Peu importait le rythme, ils s’accordaient avec fluide perfection, ignorant le reste du monde, oubliant tout autre chose qui ne fut la magie du moment.

*Amis…on est amis !...Bons amis…très bons amis…*

L’embrasser sembla la chose la plus naturelle du monde. Sans préméditation ? À d’autres…il y avait pensé depuis le début…pas de la soirée, pas de celle-ci…cette envie le taraudait depuis le fameux bal où elle l’avait quitté sans explication. Elle ne se déroba pas et l’instant magique dura…le temps d’un baiser. De tacite accord, la soirée finit là, sans reproches ni mots inutiles.

On doit répéter ça…le dîner, bien sûr…fais pas de chichis…on a passé une magnifique soirée…dis rien, je sais…mais, entre amis, on se comprend !

Il lui flatta le bout du nez et lui vola un petit baiser de rien du tout juste avant qu’Opal, tout sourires, n'apparaisse à la suite d’un SaP déchaîné. Cette nuit, James Oliver Westwood s’endormit en pensant aux merveilleux bienfaits de l’amitié.

À leur retour de Stonehenge les attendait la nouvelle du départ intempestif d’Opal dont le message, plutôt confus, laissait entendre qu’elle retournait à Poudlard avec Erik. SaP fut leur fidèle compagnon des prochains jours partagés entre balades de découverte aux alentours de la capitale. Puis vint l’appel de Jeff Morrison sollicitant la présence de J.O à la résidence de campagne d’un important personnage du milieu éditorial.

Suis désolé mais je dois y aller…ce sera au maximum deux jours, Jeff tient à organiser une exposition de mon travail à Londres peut être en même temps qu’une célébrité du milieu…Yates, le journaliste…tu as entendu parler de lui ?

Vraisemblablement oui mais Angel changea vivement de thème. Il ne posa pas de questions et le lendemain, avec SaP comme co-pilote, prenait la route pour aller à son rendez vous. C’était flatteur de savoir que son travail était si bien apprécié . Jeff était un agent d’incalculable talent, il lui devait pas mal de sa carrière météorique et du succès si bien joui. La réunion s’avérait fructueuse au plus haut point et on discutait les derniers détails de la prochaine exposition quand J.O, sorti un moment promener SaP, faillit tomber à la renverse quand un kangourou argenté apparut devant lui, livrant un message qui eut l’heur de le faire flipper pour de bon.

L’infirmière essaya de l’arrêter mais J.O la fusilla d’un regard furibond.

Je dois la voir et ce n’est pas vous qui allez m’en empêcher !

Trois personnes se trouvaient dans le couloir, juste à la porte de la chambre indiquée dans le message. Comme un seul homme, tout ce beau monde se retourna pour le considérer d’un œil suspicieux. Rapide analyse de la situation. Il reconnut Erik et déduisit que la vieille dame au regard espiègle devait être la grand-mère d’Angel et le monsieur à l’aspect un peu coincé, son père. Ils avaient l’air tranquilles, ce qui le calma un peu. Le suédois eut la bonne idée de prendre les devants et s’approchant le rassura. Opal et la mère d’Angel l’accompagnaient en ce moment.

Mais…que c’est il passé ?...Elle…


Erik ne connaissait pas les détails mais avait cru comprendre qu’il s’était agi d’une mauvaise rencontre avec des Mangemorts, la nuit d’avant. Sans rien écouter de plus, il fonça… Pâle comme un linceul, un gros bandage lui entourant la tête, un méchant hématome sur sa joue, un bras au plâtre, elle semblait dormir…Opal bondit à sa rencontre.

Je…je suis venu aussi vite que possible…qu’a t’elle ? Comment va Angel ? Dis moi…

Veuillez sortir d’ici, jeune homme, ma fille a besoin de repos !, interrompit la femme assise près du lit, en lui jetant un regard peu commode.

Excusez moi, Madame…je…suis un ami d’Angel et…viens de savoir que…

Elle ne voulait rien entendre et l’aurait mis à la porte, sans contemplations, si l’australienne n’était intervenue, conciliante et après quelques mots soufflés à l’oreille de la mère cerbère ne l’avait entraînée dehors, en avertissant J.O qu’il comptait avec exactement cinq minutes.

Hey, toi…ça te prend souvent de foutre des trouilles pareilles à tes amis ?...Il te faut un garde du corps, dis donc…si tu ouvres les yeux et me dis quelque chose…je me dévoue pour ce poste…vas-y…tu vois pas que je crève de trouille…

Il prit sa main, froide et inerte et la serra doucement avant de la porter à ses lèvres.

Tu sais…je t’ai menti l’autre soir…peux pas être ton ami…pas comme tu veux…pas comme il faudrait…c’est fichu pour les bonnes intentions…les sentiments, ma douce…ça ne se laisse pas commander…

Il me semble, jeune homme, que vos cinq minutes sont passées !

Pendant une seconde, il lui sembla que ses doigts serraient à peine les siens mais déjà James Grisham, très composé et rigoureux, le mettait poliment à la porte…
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MessageSujet: Re: 2+2=4 [FE]   Dim 7 Oct - 13:55

Beau gosse ? Erik se fichait de l’image, de son image. Élevé presque en ermite, il avait été tout surpris et penaud quand des filles s’étaient mises à lui tourner autour à l’école.
Les hormones le travaillant, comme tout garçon de son âge, il avait fait quelques expériences sans lendemain par… curiosité. Il ne cherchait pas les aventures qui semblaient vouloir s’accumuler et préférait… la fuite.
Opal était différente. Elle ne lui courait pas après, et lui non plus. Mais…
Il est de ces raisons que la raison ne connaît pas, et puis voilà…
Au départ, il s’était un peu « fichu » de sa poire en jouant de son accent maladroit mais il avait réellement été troublé et c’était devenu une façon de se défendre vis-à-vis de tout ce qui lui tombait dessus en même temps. En peu de temps, une communion s’était établie avec cette jeune femme dynamique. Qu’elle l’envoie au diable, le houspille, le dénigre ou… le conforte ne faisait que renforcer des sentiments jamais éprouvés pour qui que ce soit avant elle.
Solitaire et complètement largué dans un monde auquel il n’était pas censé appartenir, Erik trouva en Opal son ancre.
Peu doué en romantisme, il se demanda comment amener Opal à regarder dans la même direction que lui mais espéra que, si les choses devaient évoluer, elles le feraient… naturellement.
À tout prix, il voulait monter dans son estime, gagner des points, la mériter.
Aussi avait-il été très affecté par l’explosion du laboratoire de potions qui ruinait bien plus à ses yeux que ses études en cours.
Contre toute attente, Opal s’était montrée plus que compréhensive. Tellement qu’il n’avait pas pu résister, dans un élan irrépressible, à l’embrasser à perdre haleine et commencer à lui avouer que…
Cependant, même si Opal ne parut pas du tout fâchée, elle resta pratique, l’obligeant à retenter sa chance à l’école où tout se passa au mieux.
Après avoir avoué à quelle maison le Choixpeau l’avait envoyé et, surtout, constaté que Miss McLane n’y voyait pas d’inconvénient, le soulagement d’Erik fut complet. Il fut d’autant plus agréablement surpris lorsque Opal lui annonça avoir l’autorisation de rester pour la nuit : invitation spéciale de Mrs McGonagall.
Opaline proposa une promenade, mais pas au bord du lac, ouf ! Elle parla de forêt interdite ce qui intrigua fortement le jeune homme qui ne reçut, hélas, aucune indication là-dessus.
Un rocher finit par les accueillir sous les étoiles après avoir un peu erré dans l’immense parc.


Mrs McGonagall est une mère pour moi, sais-tu ? On la croirait sèche et revêche mais son cœur est… tendre. Sans elle, et sa patience, je n’aurais pas progressé si vite… Le professeur Rogue me surveille tout le temps… ou presque ( rire de souvenance de l’explosion)… Mr. Binns m’a fait peur, la première fois que je l’ai vu, mais moins que le baron sanglant et Nick quasi-sans-tête !... Mrs. Chourave trouve que j’ai les doigts verts, j’ai eu beau les regarder, je les trouve normaux mes doigts, moi !

Quand Opal riait, la lune brillait davantage. Elle raconta un peu ses modifications apportées au menu de son restaurant en émettant un « détail » qui alarma Nielsen.


Une attaque ? Des Mangemorts ? s’effara-t-il, soudain énervé, perdant son bon anglais, comme à chaque fois dans cette situation. Erik aurait dû être là pour défendre !

La manière dont s’y prit Opal pour narrer les faits décrispa Nielsen.

Et nos amis, que deviennent-ils ?

D’après elle, ils allaient bien mais ne s’accordaient pas trop sur leur relation.

…mais je sais que s’il part… mon amie va souffrir pas mal…

Et si moi, je partais… ? … Il faudra que j’aille voir mes parents… Tu me manquerais affreusement, Opaline.

…on se manquera alors, que veux tu que je te dise ?


Elle n’avait pas besoin de parler, ses yeux le faisaient pour elle. Erik sourit :

Je te rassure, je ne suis pas pressé, alors là pas du tout !


Il ne lui confia pas qu’avoir quitté la Suède, et surtout son père, avait été un soulagement. Seule elle importait à présent. L’embrasser allait de soi afin de lui transmettre sa foi.
Merlin, qu’elle lui faisait de l’effet, la miss ! Si le bon sens n’avait pas régenté leur être…
Cette nuit-là, Erik ronfla, le sourire aux lèvres.
Il déjeunait avec entrain quand Opal pénétra, vrai rayon de soleil, dans la grande salle silencieuse encore pour quelques jours :


Bonjour, toi…et alors ? Quels cours, ce matin ?

Le programme du jour était chargé, hélas.

J’ai beaucoup de théorie à étudier, fronça-t-il le nez. La pratique directe me convient mieux.


Il n’osa pas soupirer trop fort mais ne put s’en empêcher d’autant qu’Opal allait s’envoler dans la demi-heure suivante. C’est fou ce que cette charmante présence lui donnait des ailes.

Un nouvel aparté eut lieu entre Mrs McGonagall et l’ex-pousouffle. Les observant de loin, Erik s’interrogea :


*Que lui veut-elle encore ?*

Secrètement, il se mit à espérer une bonne nouvelle et ne sut cacher sa joie lorsque, de la délicieuse bouche d’Opaline, il apprit la nouvelle : elle restait jusqu’au verdict des A S P I C.

Si seul Erik se débrouillait déjà bien, avec Opal à ses côtés, il devint excellent. Il abattit deux fois plus vite sa besogne, histoire de glaner ne fût-ce que quelques heures de liberté en agréable compagnie.
Le professeur Rogue ne le ménagea pas, le poussant à se dépasser, encore et encore, jusqu’à quasi épuisement.

Qui eut l’idée d’insinuer que sa formation ne pouvait être complète sans maîtrise de l’art de voler ?
Erik n’en sut rien mais les nouvelles expériences l’attiraient invariablement.
Cela vint… tout seul, comme si le balai n’attendait que ses instructions pour obéir. Opal, qui avait marqué une légère réticence à enfourcher le sien, effectua une démonstration dans les airs avant de revenir vers lui. Elle avait l’air ravi, lui aussi :

Pas à dire… tu as soumis ton balai… le voilà aussi docile qu’un poney !

De sa vie, Erik n’était monté sur un animal, mais si Opaline le disait, c’était sûrement vrai.
La suite fut des plus agréables, les sensations… époustouflantes !
Il résista à l’idée de quelques acrobaties de son cru, préférant se laisser griser par le vent décoiffant.
Minerva McGonagall les fit mander dans son bureau où elle ne cacha pas sa satisfaction :


Bon travail, Miss McLane et Mr. Nielsen ! Je pense que l’instruction est achevée, jeune homme, demain commenceront les preuves pour les ASPICs. Vous avez cet après midi libre, détendez vous, visitez les alentours, je suis sûre que Miss McLane se fera une joie de vous servir de guide.

Une visite à Pré-Au-Lard suivit le déjeuner.
Chemin faisant, Opal dit :


J’espère que cette fois on ne rencontrera aucun Mangemort…

Cette fois, ils n’auront qu’à bien se tenir ! Le professeur Slughorn est content de moi…

Ah ! Tu sais comment t’y prendre maintenant… excuse moi, je ne m’habitue pas encore au fait que tu sois un sorcier patenté…

Tu es contrariée ? s’inquiéta-t-il, alarmé.

Tiens…et pourquoi ça allait me déranger ?...Tu en as, des questions, toi…je suis très contente au contraire…Angel et J.O n’en reviendront pas…et puis…ça me fait sentir plus sûre…ben oui, imagine toi, les filles, ça aime qu’on les protège, le cas étant…Tu vas venir travailler au resto, n’est ce pas ?


Je croyais que tu blaguais en disant ça…

Non, ce n’étaient pas des mots en l’air…Je suis très sérieuse quand il s’agit de parler affaires !


* Autrement, tu le l'es pas?* Je suis sûr que ça va rouler, rit-il, à moitié détendu.

Calme, et sans Mangemorts à l’affut, le village sorcier offrait des possibilités très divertissantes.
Le magasin Zonko se révéla l’antre des farces et attrapes magiques. Bombabouses, tasses mordeuses, etC. Tout plut à Nielsen qui régla quelques achats avec l’argent échangé à Gringott’s.
Le palais des gourmandises fut aussi dévalisé avec une joie enfantine. La boutique Honeydukes proposait autant de friandises magiques que d’autres plus « ordinaires », de quoi donner le tournis à un garçon privé de douceurs pendant des années.
Erik fit aussi la connaissance des Trois Balais et goûta sa première bièraubeurre qu’il trouva délicieuse.
Le retour vers le château s’effectua en silence. Soudain, une sorte d’angoisse étouffa Erik qui chercha le réconfort instantané auprès de la seule capable de le lui procurer. En elle résidait sa force, il en était persuadé. Elle ne fut pas dupe de ce qui le tracassait ainsi :


Tout va aller bien…ne t’en fais pas, je serai là…

J’ai une chance incroyable que tu me soutiennes à ce point mais… j’ai peur de… de tout foirer…

Elle comprenait parfaitement et le rassura au mieux.

Les A.S.P.I.C… Maintenant, Erik savait qu’il s’agissait d’Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive, et cela portait bien son nom. Des cinq matières principales, les professeurs les enseignants ne pouvaient assister à l’examen s’y rapportant mais bien aux autres sous la houlette d’examinateur venant du ministère. Aussi Mrs McGonagall assista-t-elle aux exploits de son poulain en botanique sous la surveillance d’un ancêtre chauve du nom de Tofty. Il n’y eut aucun souci, chaque plante désignée fut traitée comme il se devait après un écrit soigneux.
En métamorphose, sous le regard bienveillant du professeur Slughorn, Erik réussit sans mal à transformer son rat en bouledogue. La pomme ridée de Griselda Marchebank apprécia apparemment beaucoup. En sortilèges et enchantements, la course organisée entre œufs et cure-dents en fit sourire plus d’un.
Midi sonna, les professeurs demandèrent poliment au candidat s’il souhaitait une pause-déjeuner. Erik aurait bien refusé, tant il était pressé d’en finir mais, vu l’état des vieux croûtons, il accepta. Il aurait pu profiter de ce répit pour réviser des notes, cependant il était tellement à cran que même la nourriture présentée ne passa pas. Il ne pensa qu’à Opal, ses yeux, son sourire, y puisant les forces nécessaires à la poursuite de son but.
Une heure plus tard, Nielsen fit la connaissance d’un professeur qu’il n’avait pas encore vu quoiqu’il en ait entendu parler : Sibylle Trelawney. Vêtue avec extravagance, la voyante le dévisagea gravement derrière ses énormes verres de lunettes :


Ooohhhhh ! Je vois… de grandes choses, s’ébaubit-elle face à un Suédois un peu perplexe. Une Aura d’exception mais aussi des troubles…

Hum, hum ! Cessez donc vos simagrées, ma « chère », vous en devenez ridicule ! grommela une petite dame potelée toute vêtue de rose bonbon qui flanqua un méchant coup de coude à sa voisine. Tout le monde sait en quoi consiste votre don, Sibylle. Ainsi donc, voici notre jeune prodige venu du Nord… Je me présente : Dolorès Ombrage, sous-secrétaire du Ministre, obligée – par défaut - d’évaluer un prétendu sorcier dans l’art complexe des potions. En principe, je devrais vous laisser tirer au sort une potion à exécuter mais, étant certaine que Severus vous a parfaitement éduqué, nous ne procéderons pas ainsi. Nous savons que vous n’êtes qu’un pâle imitateur, Mr. Nielsen…


Erik rougit puis pâlit en serrant les dents.

… Et une forte tête aussi, apparemment ! Pendant la pause, j’ai fait amener ici différents ingrédients. Voyons donc, ce que vous pourriez nous CRÉER de NOVATEUR avec tout cela. Il va sans dire que les explosifs sont proscrits… pas de mouche non plus pour voler à votre secours, cette fois ! Ah… j’ai oublié d’étiqueter les fioles, pardon. Vous avez une heure.

Confronté à cette mission presque impossible, Erik crut qu’il allait jeter l’éponge mais le souvenir des baisers d’Opaline le remit sur les rails. Assez sûr de lui, il utilisa tous ses sens afin d’identifier les substances proposées. Cela prit de précieuses minutes. Restait à concocter quelque chose d’inédit.
Pendant un moment, il demeura inerte face au plan de travail dont il avait allumé le chaudron.


Hum, hum… le cadran tourne, mon ami…

*Comme si je ne le savais pas, face de crapaud !*

Bon, sur la table se trouvait toute une panoplie du parfait potionniste allant du jus de citrouille au sang de salamandre en passant par diverses mixtures assez infâmes.
D’abord, il pensa à créer un veritaserum vaporisable… il avait tant et tant lu de parchemins, qu’il se sentait capable de cette prouesse avec ce dont il disposait, sauf que… le temps allait lui manquer.


*Une potion d’invisibilité ? Zut ! Pas de poils de demiguise ! *


Hum, hum…

Il se concentra un maximum sans parvenir à tenir l’idée de génie qui satisferait cette exigeante petite bonne femme. Un peu déboussolé, son cerveau brassa la foule d’informations apprise fraîchement, y mêlant sans le vouloir, des connaissances acquises chez les moldus.
Il lui sembla que, hélas, tout avait déjà été inventé par d’autres, bien avant lui. Puis, enfin, la lumière fut !
Avec empressement, se jetant au passage un sortilège d’accélération du mouvement, Erik s’activa sous les yeux ébahi des deux femmes. La demi-heure suivante fut laborieuse et productive entre vapeurs du chaudron, plongeons d’ingrédients, refroidissements et tours de baguettes.


TERMINÉ ! clama Miss Ombrage, un sourire de méchante satisfaction aux lèvres. Que pensez-vous avoir... créé ? Voyons ça !

Elle s’approcha de la fiole emplie in extremis par un Nielsen fébrile qui tentait de calmer la vivacité de ses gestes.

Hum… Couleur myosotis… parfaitement limpide… sentant, hum… le lilas ? Qu’est-ce ?

Goûtez, vous le saurez !

Impertinent personnage, se rebiffa l’ex-grande inquisitrice. Vous mériteriez quelques heures de colle pour cela. Miss Trelawney sera notre cobaye.

Non ! se récusa la voyante. Cela pourrait troubler mes visions.

Vos visions… On sait ce qu'il en va... Hum… Alors, il ne nous reste que vous, Mr. Nielsen…

Je… je ne peux pas. Cela n’aurait aucun effet sur moi…

Ben voyons ! Chercheriez-vous à nous empoisonner ?

Pas du tout ! Cette potion est destinée aux personnes ayant dépassé la quarantaine…

Insolent ! fulmina Dolorès. Je vais donc vous noter d’un T, c’est tout ce que vous méritez.

J’aimerais tester cette potion, toussota une voix dans leur dos.

Griselda Marchebank, soutenue du coude par Mrs McGonagall fit son entrée, suivie des autres professeurs et examinateur. Rogue éleva un sourcil en accent circonflexe en contemplant la fiole toujours dans les mains d’Ombrage mais n’intervint pas.

Si je puis me permettre, Griselda, ceci n’est pas très prudent… S’il ne s’agit pas de poison, c’est peut-être une de ces drogues dont raffolent certains moldus… D’ailleurs, pourquoi êtes-vous ici ?

Ne soyez pas stupide, Dolorès ! Les elfes nous ont prévenus des réquisitions « anormales » exigées par vous ! Quels sont les effets prévus, Mr. Nielsen ?… Non ! Ne dites rien. Après tout, on verra bien !

Avec une agilité à laquelle on ne se serait pas attendu de la part de cette antiquité ambulante, la petite sorcière s’empara du flacon dont elle avala une gorgée.
En quelque seconde, le visage ridé comme une toile d’araignée se lissa. La voussure du dos s’effaça, le corps entier se modifia.


Par Merlin ! sursauta Trelawney dont les lunettes churent.

Vous… Vous avez vingt ans, bredouilla McGo, légèrement envieuse.

Vingt-cinq, pour être exact, rectifia Erik. J’appellerais cette potion, la potion de la gloire. Elle rajeunit et enrichit la personne qui en boit.

Enrichit ? Vraiment ? s’extasia Marchebank en contemplant, extatique, sa juvénile apparence dans le miroir tendu à la hâte par Sibylle.

Un patronus en forme de chèvre argentée bondit vers Gringotts vérifier les comptes.

Euh… prévint Erik, embarrassé de l’enthousiasme déclenché, je n’ai pas eu le temps de peaufiner les détails… L’effet ne devrait durer qu’un quart d’heure !

Aucune importance, rigola Griselda. Pour moi, riche ou pas, vous méritez un O. On se passera des épreuves écrites. Severus, vous tenez vraiment à faire passer la DCFM à ce sorcier ?

Le staff s’éclipsa, laissant Nielsen sur les rotules.
D’un pas lourd, il rejoignit Opal qui l’attendait, sagement, dans la grande salle.
À ses questions, il soupira :


Je ne sais pas. Je suis lessivé.

Peu après, il était convoqué au bureau de Minerva qui d’emblée, le rassura : O sur toute la ligne.

Je ne vous cacherai pas ma surprise et ma profonde admiration, Mr. Nielsen. Je serais curieuse de connaître vos prochaines aspirations. Il est plus que probable que demain, je doive céder ma fonction de directrice… Le poste de professeur de potions vous tenterait-il ? Ste Mangouste se ferait sûrement un plaisir de vous former en médicomage mais si vous préférez, la carrière d’Auror vous irait également…


Je… Merci, professeur. Je suis engagé comme assistant au restaurant McLane. Cela me convient parfaitement.

Minerva était-elle déçue ? Tant pis ! Lui était plus que satisfait.
Il n’avait qu’une idée en tête : faire la fête. Avec Opaline, s’entend. Hélas, à peine de retour…


Angel est à Ste. Mangouste…une mission foireuse…Faut que je contacte J.O…où diable peut être cet américain ?


Elle voulait qu’il l’accompagne voir son amie : il y alla.

Était-ce possible qu’un hôpital se cache derrière cette vitre miteuse d’un magasin fermé depuis sans doute des lustres en plein cœur de la capitale ?
Lorsque le mannequin vêtu de nylon vert cligna de l’œil suite à la requête d’Opal, Erik serra plus fortement la main de la jeune femme, d’autant qu’il leur fallait… traverser la vitre.
Un hall immense fit place à la devanture voulue pour berner les moldus. La surprise d’Erik face aux bizarreries entrevues sur place ne prit pas le pas sur son inquiétude.
Tandis qu’ils faisaient la file devant le bureau des renseignements, il souffla :


Que voulais-tu dire par mission foireuse ?

Il n’obtint qu’une réponse vague de la part d’une Opal tracassée.
À défaut, histoire de ne pas paraître impoli en dévisageant trop ouvertement les sorciers qui circulaient ( oreilles inversées, nez à la place de la bouche, certains couverts de pustules, d’autres avec la peau verte ou rouge) Nielsen s’intéressa au plan du bâtiment, détaillant des différents étages :


*Accidents matérielles, blessures par créatures vivantes, virus et microbes magiques, empoisonnements par potions et plantes, pathologie des sortilèges… *
J’espère qu’Angel est ici en bas,
murmura-t-il à nouveau.

La préposée au guichet semblait fatiguée, elle jeta à peine un coup d’œil au couple et dit :

Grisham : chambre 123. Par cette porte, à gauche, au fond.

Lorsqu’ils arrivèrent dans le couloir désiré, un homme austère et une vieille dame accorte stationnaient devant la porte. Cette dernière courut embrasser Opal :


J’espère que mon hibou ne t’a pas trop effrayée, ma chérie… Oui, Angel va bien. Ce n’est pas trop grave… pour cette fois !... Tu es venue avec ton ami ? Chaque couvercle a son pot, rit-elle. Mr. Nielsen, je suppose ? Je suis mamy Rose, la grand-mère d’Angel. Elle a peu de secrets pour moi, savez-vous ?

Enchanté, madame…

Pas de madame ! Je suis Mamy ! Et alors, ces études ?

Force fut de lui donner un minimum d’infos. Le grand bonhomme à l’air peu commode, près du radiateur, ne se présenta pas. Rose souffla :

James a eu très peur, excusez-le ! Mary est actuellement au chevet de la pauvre petite. Des Aurors sont venus l’interroger tout à l’heure, ma belle petite-fille. Tout le monde dit qu’elle s’en sort bien. Elle aurait croisé La Lestrange !


Erik vit Opal pâlir un peu et s’enquérir d’un droit de visite que la grand-mère lui accorda :


Allez-y, mon enfant ! Mais ce jeune homme restera ici, il ne faut pas fatiguer notre chérie.


Opal lui offrit un clin d’œil complice avant de disparaître dans la chambre. Le voilà livré à deux personnes inconnues, l’une conciliante, l’autre fermée. Cela ne rata pas, l’interrogatoire débuta :


Alors vous avez réussi vos A.S.P.I.C en un temps record ? Félicitations ! Que comptez-vous faire à présent ?

Erik va travailler avec Opaline au restaurant…

Opaline, s’émut la vieille dame, comme c’est touchant ! Mon petit doigt me dit qu’il se passe des choses entre vous, n’est-ce pas ?

Erik ne put nier que, peut-être… Intervint alors James Grisham :

Ma fille nous a dit héberger un Suédois sous son toit. C’est vous ?

Oui, monsieur ! En tout bien tout honneur, soyez en sûr…

Si vous fricotez avec Miss McLane, j’exige que vous déménagiez !


Je… oui, naturellement… Erik trouvera un logement, et…


Ouf ! Tel Zorro surgissant au bout du couloir, un J.O assez décomposé accourait vers eux. Belle planche de salut sauf qu’il ne fallait jeter de l’huile sur le feu.
Laissant là le papa ronchon, Erik s’avança vers le photographe :


Elle va bien ! Sa mère et Opal sont avec elle.

Mais…que c’est il passé ?...Elle…


Euh… Mission foireuse, rencontre avec La Lestrange. Je ne sais pas qui c’est…

Inutile de vouloir contenir J.O qui se rua dans la chambre sans rien demander à personne. James Grisham faillit le suivre, Erik le retint :

C’est un ami d’Angel. Il s’inquiète, lui aussi…

La Mamy en rajouta une couche :

Elle m’a parlé de lui, c’est quelqu’un de bien.


Renfrogné comme pas deux, Mr. Grisham arpenta le couloir. Bientôt Opal, suivie de la mère d’Angel, apparut. Il se précipita vers elle :


Alors ? Elle va bien… Et J.O ?


Que se raconta-t-il dans cette chambre, il n’en sut rien mais le père d’Angel ne semblait pas apprécier qu’un jeune homme aille tenir la main de sa fille chérie. Il ne tarda d’ailleurs pas à l’en faire décamper. Mr. West avait un drôle d’air en sortant de la chambre. Erik crut bon d’aller le réconforter :


Elle est forte… ça ira ! Et si nous allions boire quelque chose. J’ai vu qu’il y avait un salon de thé en haut…

Poliment, ils demandèrent à la famille si elle désirait quelque chose avant de s’éloigner. On avança en silence dans le couloir où ils croisèrent plusieurs personnes. Devant une porte, deux hommes semblaient monter une garde sévère. L’un d’eux adressa un petit salut à Opal.

Tu les connais ?

Tout alla ensuite si vite qu’Erik en eut le tournis. Un individu masqué mené par une femme déterminée fonçait droit vers eux.


*Ils reviennent chercher Angel !*
pensa Erik avec effroi.

Les stupefix volaient ! Par réflexe, Erik plaça Opal derrière lui et dégaina sa baguette tandis que J.O faisait de même. Au même moment, venus de l’autre bout du couloir, deux autres masqués faisaient irruption et bravaient toute opposition.

BOMBARDA MAXIMA ! tenta Erik.

Il perçut vaguement un « finite » avant de se sentir soulevé de terre. Tout devint noir…

Une image floue se précisa dans le plus magnifique des sourires :

…O… Opaline ? Que… ?


Ah ! Apparemment, il avait une belle bosse, sans plus. J.O qui, lui aussi avait cru à une attaque contre Angel, se trouvait sur le lit voisin du sien avec un œil poché.
Selon Miss McLane, les Mangemorts avaient voulu récupérer l’un des leurs. Attaque éclair, sans dommages collatéraux, une veine.


Et si on allait boire ce thé… ou si on allait manger ?

Tiens ? Opal riait. Alors, Erik fut heureux.
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