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 Until the stars are all alight [Jevendel]

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MessageSujet: Until the stars are all alight [Jevendel]   Mar 18 Déc - 11:16

Jev était en train de comater sérieusement devant un bol de céréales lorsque les hiboux et les chouettes débarquèrent dans un froissement d'ailes par les fenêtres de la Grande Salle pour apporter le courrier matinal aux pensionnaires de Poudlard. Le jeune homme ne leur prêta aucune attention. Il ne recevait jamais rien de toutes manières. Pourtant, lorsqu'une minuscule chouette blanche atterrit dans son lait, après s'être fait bousculer par un grand-duc de mauvaise humeur. Le Gryffondor sursauta avant d'aider le volatile à sortir de son petit-déjeuner. Ce dernier se secoua les plumes, arrosant ceux qui étaient à portée, et reprit son envol. La lettre qu'il transportait était tombée sur une tartine de confiture de fraise toute proche. Jev la saisit dans le dessein de rappeler l'oiseau pour la lui rendre mais ses yeux bleus se posèrent sur le nom du destinataire et il lut : Monsieur Jenova Kambrynski, Grande Salle, Poudlard.
Une lettre pour lui ? Ce n'était pourtant pas l'écriture de sa grand-mère. Qui pouvait bien lui écrire. Jetant un regard suspicieux autour de lui, le jeune homme nettoya un peu le courrier avant de l'ouvrir pour jeter un œil à l'intérieur. Il y avait un morceau de papier plié en trois. Quand il l'extirpa, il put voir que l'entête était frappé d'un blason qui lui rappelait quelque chose sans qu'il parvienne à se souvenir exactement quoi.

        Cher monsieur Kambrynski,

        Nous sommes au regret de vous informer que notre établissement a accueilli hier soir Madame Svetlana Kambrynski suite à un accident cardiaque survenu sur le Chemin de Traverse. Son état est pour le moment stabilisé mais nous avons des raisons de croire que, sans une surveillance médicale, il pourrait s'aggraver dans les jours à venir. Aussi nous la gardons en observation jusqu'à une date ultérieure.

        Nous vous prions de croire, monsieur, en nos meilleures salutations magiques,

        Amalric Scorpeta
        Directeur de Sainte Mangouste


Jev dut relire plusieurs fois la lettre avant de finalement pouvoir réaliser son contenu. Ses mains se mirent à trembler d'abord doucement puis plus violemment. Autour de lui, le brouhaha de ses camarades disparut dans un néant profond et noir. Il était seul. Seul comme il le serait si sa grand-mère, dernière parente à sa connaissance, venait à mourir. Son cœur fut soulevé par des sanglots et chercha instinctivement Hendel du regard. Le jeune homme était installé plus loin sur la table et semblait en grande conversation avec un de leurs camarades de classe. En le voyant sourire si naturellement à l'autre garçon, Jev se souvint brusquement qu'ils n'étaient plus amis et cette réalisation lui brisa littéralement le cœur une seconde fois. Il avait d'autres amis à Poudlard mais il n'y avait que Hendel qui aurait pu le soutenir dans ce moment difficile, il le savait. Alors quand il comprit qu'il allait devoir traverser cette épreuve seul, il se sentit vraiment mal et préféra quitter la pièce avant que quelqu'un ne puisse apercevoir les larmes qui commençaient à envahir ses yeux. Il bouscula son voisin en se levant du banc et partit en courant, la lettre froissée dans son poing.

Arrivé dans le dortoir complètement vide des Gryffondor, il se jeta sur un lit et se mit à sangloter bruyamment, comme il n'avait pas fait depuis très longtemps. C'était comme si toutes les douleurs qu'il avait supporté ces derniers mois jaillissaient hors de son corps. Instinctivement, c'était le lit d'Hendel qu'il avait choisi pour recueillir son chagrin. Ses mains tremblantes attrapèrent l'oreiller qui avait l'odeur apaisante de celui qui avait été son meilleur ami et il le serra dans ses bras avant de coller son visage dessus pour étouffer ses gémissements et ses larmes.
Pourquoi est-ce que le sort s'acharnait contre lui ? Qu'est-ce qu'il avait fait ? Il pensait à sa gentille grand-mère clouée sur un lit d’hôpital où il ne pouvait pas aller lui rendre visite. Il pensait à sa brouille avec Hendel et il s'en voulait beaucoup de penser que c'était peut-être en plus grave dans son cœur que ce qui était arrivé à sa seule parente. La lettre de Sainte Mangouste était tombée sur le sol au pied du lit. Il ne s'en souciait même plus. Il pleurait trop. D'ailleurs, il ne savait plus pourquoi au juste. Peut-être pour tout, tout simplement. Pour sa vie qui était devenue tellement misérable depuis qu'il ne arpentait plus les couloirs avec son ami de toujours. Si sa grand-mère mourrait, il serait vraiment seul au monde.
Seul au monde.
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MessageSujet: Re: Until the stars are all alight [Jevendel]   Mar 18 Déc - 16:21

Apprendre à mentir et à faire semblant commençait à devenir une inquiétante manie chez Hendel. Il avait l’impression, depuis quelques temps, de se forcer pour tout et que le visage qu’il arborait sans cesse dans la journée n’était en réalité qu’une sorte de masque. A l’intérieur de lui il pouvait presque sentir la petite flamme de joie s’éteindre tout doucement et ça le paniquait littéralement de ne pas savoir la rallumer. Ça ne pouvait pas être à cause de lui, c’était impossible. Comme si lui seul était capable de rythmer ses journées et ses humeurs. Non, définitivement il y avait autre chose… Il devait y avoir autre chose. Hendel n’aurait pas supporté de devoir s’avouer aussi dépendant de Jev.

Après avoir avalé un copieux petit-déjeuner pendant lequel Hendel et Rwendal (avec qui Hendel pasait maintenant le plus clair de son temps, quand il n’était pas avec Marcie) s’étaient préparés psychologiquement à affronter deux heures de potions, ils s’engagèrent dans les couloirs, suivant leurs camarades rouges et ors à travers la masse d’élèves. Soudain, Hendel s’arrêta net, provoquant ainsi un mini carambolage d’étudiants. Etudiants qui ne manquèrent pas de montrer leur agacements en vociférant mais Hendel n’écoutait même pas, farfouillant à vive allure dans son sac de cours. « J’ai oublié mon livre de potion dans le dortoir ! » Il poussa un soupir d’agacement en relevant la tête, imaginant sans peine la joie que Rogue se ferait de lui mettre une retenue à cause de cet oubli. « Bon, je reviens ! » Sans plus attendre, il s’élança dans la direction opposée des cachots, sans écouter les cris de Rwendal. « T’auras jamais le temps de montrer et de revenir à l’heure ! Il va quand même te mettre deux heures, alors à quoi bon ! »

Mais Hendel voulait quand même prendre le risque. Pas qu’il voulait éviter les heures de retenues – au point où il en était de toute façon, une de plus une de moins – mais il voulait juste avoir la sensation d’avoir accompli quelque chose de pas trop mauvais dans cette journée. Au moins ça. Il courait en slalomant entre les élèves, ralentissant lorsqu’il entendait les recommandations des professeurs ou qu’il leur passait devant, et continuant sa course lorsqu’il arriva au grand escalier. Il grimpa les marches quatre à quatre et arrive finalement dans la Salle Commune des Gryffondor, tout essoufflé. Il fila directement dans le dortoir des garçons et se précipita vers son baldaquin…. Avant de s’arrêter net une nouvelle fois. Les rideaux étaient tirés et Hendel entendait parfaitement des sortes de gémissements ou de pleurs sortir de derrière. Quelqu’un – ou quelque chose – était visiblement en train de squatter son lit et de pleurer à chaudes larmes dedans. Hendel se retourna par pur réflexe, ne sachant pas quoi faire et voulant trouver un quelconque soutient, avant de se rappeler qu’il était censé redescendre dans les cachots avec son livre, et ce en moins de 53 secondes.

Hésitant, il s’avança un peu et tendit la main, n’osant pas vraiment tirer les rideaux, lorsqu’il sentit quelque chose se froisser sous son pied. Baissant les yeux, il entrevit un morceau de papier dépasser de sous sa chaussure et se pencha pour le ramasser. Lorsqu’il en fit la lecture, ses yeux s’écarquillèrent au fur et à mesure qu’il arrivait à la fin. Il resta un instant interdit puis reposa le regard sur son lit et tendit la main avec plus de détermination. Se pourrait-il que… Bingo. Tirant d’un coup sec, le brun sentit son cœur faire un bond en découvrant Jev, étaler de tout son long, déversant sa peine sur l’oreiller de son ancien meilleur ami. L’espace d’une microseconde, les larmes montèrent aux yeux d’Hendel devant la scène qu’il avait sous les yeux. Jev, allongé sur son lit, les yeux remplis de larmes… Il ne savait pas si c’était la beauté ou la tristesse que dégageait son ami qui le faisait se sentir si ému. Peut-être un peu les deux.

Le brun s’approcha doucement, sachant qu’il était sur le point de franchir une barrière qu’il avait lui-même forgé il y avait quelques semaines de cela. Il aurait très bien pu prendre son manuel et s’en aller mais quelque chose l’en empêchait. Le reste d’humanité et tout l’amour qui lui restait pour Jev, sans doute. Le gryffon vint donc doucement s’asseoir sur le bord du lit, pas trop près de Jev mais pas trop loin non plus. Il ne faisait aucun doute qu’il avait reçu cette lettre aujourd’hui, sinon pour qu’elle autre raison serait-il en larmes… Hendel resta silencieux pendant quelques secondes, ne sachant pas trop comment s’y prendre. Il ne pouvait pas laisser Jev dans cet état, mais d’un autre côté il ne voulait pas non plus voir le fruit de son travail réduit à néant cette après-midi-là. Il posa doucement et avec hésitation sa main sur l’épaule de Jev. « C’est pas si grave. » Il avait dit ça d’une voix sèche, un peu trop même et se dépêcha de rectifier le tir. « Ils sont compétents. S’ils veillent sur elle, il n’y a aucun risque, elle sera sur pied très bientôt. »

Il savait que Jev n’avait plus que sa grand-mère et pouvait comprendre la peur que ressentait le blond de la perdre définitivement. Il pensa furtivement que lui, il serait toujours là mais il ravala ses paroles avant qu’elles ne sortent malencontreusement de sa bouche. Il allait falloir doser le degré de gentillesse. « T’inquiète, ça va aller… C’est une Kambrynski… Ils sont tenaces ceux-là. » Tentative d’humour, bonjour. Hendel se trouva ridicule à essayer de le consoler alors qu’il faisait tout pour l’éviter depuis des jours et des jours. C’était complètement absurde comme retournement de situation et il s’en voulait. Un combat commençait à faire rage dans sa tête et il n’aimait pas du tout ça. Hendel lâcha l’épaule de Jev pour venir saisir sa main, comme il le faisait avant. Il voulait lutter contre les sentiments qui l’envahissaient, mais Jev n’avait pas besoin de ça, pas maintenant.

« Hendel ? » La voix de Rwendal le pris complètement au dépourvu, et le brun se releva d’un bond en fixant l’entrée du dortoir. C’était pas bon, pas bon du tout ! Si son camarade le trouvait là, avec Jev dans son lit… Non non non. Hendel tourna la tête dans tous les sens puis sauta dans son lit en faisant attention de ne pas écraser Jev et tira les rideaux du lit à baldaquin tout autour d’eux. Il posa sa main sur la bouche du blond, lui faisant signe d’essayer de faire le moins de bruit possible.

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MessageSujet: Re: Until the stars are all alight [Jevendel]   Mar 18 Déc - 19:39

Bien que ses oreilles lui rapportèrent l'arrivée de Hendel en reconnaissant le son de sa voix, Jev ne broncha pas d'un pouce. Il était sûrement en train de rêver. Il n'y avait plus que dans ses rêves que son ancien meilleur ami lui adressait la parole désormais. Le matelas s'affaissa un peu du coté où le beau brun prit place mais là encore il crut l'imaginer. Le visage toujours enfui dans l'oreiller, le jeune homme sanglotait assez bruyamment, signe que son chagrin était grand. La main qui s'était glissée sur son épaule lui semblait au fil des secondes de plus en plus réelle. Il hésitait à présent à porter une de ses mains à ce niveau, juste pour voir si c'était le cas. Cependant, il n'en fit rien, préférant imaginer qu'Hendel était bel et bien près de lui plutôt que de se faire prendre conscience qu'il était seul. Inconsolable, il resta donc prostré, sans force ni volonté de faire autre chose que pleurer, jusqu'à ce qu'une autre voix intervienne dans le lointain.
Jev ne la reconnut pas mais il se demanda immédiatement il se faisait que son imagination permette l'intervention d'une autre personne. D'habitude, il modelait seulement ses désirs et cela ne pouvait pas y correspondre. Il sentit de l'agitation autour de lui, de l'agitation qui avait l'air bien réelle. Au moment où il sortait la tête de l'oreiller pour voir de quoi il s'agissait, sa vision fut entravée par un poids qui tombait sur lui et la demi obscurité, résultante des rideaux du baldaquin qu'on tirait. Quand une paume s'écrasa sur sa bouche, lui intimant l'ordre de se taire, il s'exécuta sans y penser. La surprise avait fait cesser ses sanglots et, le visage à présent tourné vers le haut, il attendait que ses yeux s'habituent à la faible lumière qui perçait entre les mailles du tissus pour savoir qui venait de le plaquer contre le matelas. Le lit n'étant pas très large, ils étaient parfaitement l'un sur l'autre.
Ce fut son nez qui lui rapporta le premier l'identité de la mystérieuse personne, bien avant ses yeux, en reconnaissant tout bonnement son odeur familière. Hendel. Sa mâchoire se décrocha de surprise et ses lèvres satinées glissèrent sur la peau de son camarade en s'entre-ouvrant. Son cœur s'était emballé et, une poignée de secondes avant que Rwendal ne débarque dans le dortoir, Jev avait gigoté suffisamment pour pouvoir dégager ses bras et les avait refermé autour de celui qui était toujours indispensable pour lui et sans le contact duquel il dépérissait depuis plusieurs semaines. Son étreinte était si étroite qu'il y avait fort à parier qu'Hendel n'aurait pas pu s'y soustraire même s'il avait eu la liberté de se débattre et de révéler leur position à celui duquel il les avait caché. Le visage humide enterré dans le cou du gryffon brun (ce qui n'était forcément confortable pour ce dernier vu que sa main était toujours sur la bouche du blondinet), Jev ferma fort les yeux. Hendel pouvait sentir son corps trembler de chagrin contre le sien. Certes, il avait un peu l'impression de profiter d'une situation qu'il n'avait pas encore entièrement comprise mais la tentation avait été trop forte. Il étreignait son camarade comme il l'aurait fait avant qu'ils ne s'éloignent l'un de l'autre, sans aucune autre intention que celle d'être consolé. Et il espérait qu'Hendel le saurait et ne l'éjecterait pas comme un malpropre à la première occasion qui lui sera donnée.

Il y eut des pas dans la pièce et Jev cessa presque de respirer en agrippant plus fermement le vêtement du jeune Rosenwald au dessus de lui. Le bout de son nez caressait involontairement le cou d'Hendel. Ainsi bercé par cette odeur rassurante qu'il aimait, le gryffon blanc faillit s'endormir. Ils patientèrent ainsi jusqu'à ce qu'un nouveau bruit leur signale qu'ils étaient de nouveau seuls. Ayant déjà l'impression de sentir son camarade s'éloigner de lui, Jev paniqua et agrippa sa chemise avec désespoir en criant presque :
_ Hendel ! Hendel ! … Attend ! Pardonne-moi, s'il te plaît. Il faut que tu me pardonnes.
Il se redressa en position assise, une main toujours refermée sur la cravate de son interlocuteur pour l'empêcher de s'enfuir avant qu'il n'ait terminé ce qu'il avait à lui dire. Les rideaux cachaient encore un peu les sillons laissés par les larmes qui avaient roulé sur ses joues. Ses yeux étaient plus clairs que jamais.
_ J'ai... Je... Je veux qu'on redevienne amis ! Je ferai n'importe quoi, je... Je demanderai à un professeur de te lancer un sortilège d'Oubliettes. Oui, c'est ça ! Et comment ça, on sera amis comme avant, d'accord ? … D'accord ?
Il devait avoir l'air un peu dingue à parler entre deux sanglots. Il lui fallut quelques secondes pour se calmer un peu plus. Après quoi, il lâcha misérablement :
_ J'ai... J'ai besoin de toi, Hendel. J'ai vraiment besoin de toi... Grand-mère est à Sainte Mangouste et... et si tu continues à m'éviter, il n'y a vraiment aucune chance pour que je puisse surmonter ça tout seul.
Il baissa subitement la tête, lâcha totalement prise sur le jeune Rosenwald pour enfouir son visage dans ses deux mains et se laissa de nouveau submerger par les larmes de son chagrin. Il n'aimait pas du tout l'image de faiblesse extrême qu'il devait donner, lui qui avait l'habitude d'être si fort pour tout le monde, mais il ne pouvait plus déguiser son désespoir. Il était trop grand maintenant.
_ Tu me manques tellement, hoqueta-t-il presque inaudiblement.
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MessageSujet: Re: Until the stars are all alight [Jevendel]   Dim 30 Déc - 15:40

Etonnamment, Jev n’avait pas bronché et ses gémissements avaient cessé aussitôt que la main d’Hendel s’était abattue sur sa bouche. La peur ou la surprise de se faire violement agresser de la sorte avaient sans doute aidé à le faire coopérer mais Hendel ne put s’en empêcher de lui en être tout de même reconnaissant. Dans sa tête, des scénarios tous plus terribles les uns que les autres commençaient à naître et il dû faire un gros effort pour garder son sang-froid... tout en priant très fort. Si jamais Rwendal venait à regarder derrière les rideaux du lit et qu'il trouvait les deux Gryffondors dans cette position... Hendel sentit quelques cheveux se dresser sur sa nuque rien que de penser aux conclusions qu'il pourrait en tirer.

Dans l'agitation du moment, en voulant se dépêcher de les cacher à les vue de leur camarade, Hendel s'était retrouvé bloqué, à moitié allongé à moitié à califourchon sur Jev. Les pas de Rwendal venaient de résonner dans la pièce, l'obligeant à rester ainsi sans faire de bruit. Il avait le bras complètement plié du fait que sa main était toujours sur la bouche du blond et ses adducteurs commençaient à le tirer sévèrement, mais la peur d'être vu lui donnait une volonté de fer. Ils entendirent Rwendal faire quelques pas de plus dans le dortoir et Hendel eut l'impression qu'il était là depuis une éternité, lui donnant ainsi bien le temps de sentir la peau de Jev sous lui. Ses cheveux d'un blanc décoloré venaient se mêler au cheveux noirs du jeune Rosenwald, et son nez était venu se cacher dans le cou du brun, faisant ainsi inévitablement monter le rythme cardiaque de ce dernier. Jev et lui n'avaient pas eu une telle proximité depuis... longtemps. Peut-être trop longtemps.

Il sentait les mains de Jev s'agripper à sa chemise dans son dos et il déglutit, se demandant combien de temps il pourrait encore tenir dans cette position et surtout, dans ces conditions. Il essaya vainement de contrôler sa respiration et les battements de son cœur dont il était certain qu’on pouvait l’entendre battre à l’autre bout de Poudlard. Au bout d’un moment - enfin ! - les deux rouges et ors entendirent Rwendal faire demi-tour et sortir du dortoir, leurs redonnant ainsi le droit de respirer. Hendel poussa un soupir de soulagement et amorça un geste pour se redresser lorsqu’il se sentit agrippé de force. Pendant un quart de seconde, il eût eu peur que Rwendal leur ait fait une feinte mais ce n’était que Jev. Ce qui n’était peut-être pas mieux, finalement. « Hendel ! Hendel ! … Attend ! Pardonne-moi, s'il te plaît. Il faut que tu me pardonnes. » Le brun sentit quelque chose qui se passait à l’intérieur de lui, quelque chose de pas agréable du tout. Comme si son estomac se tortillait et qu’on lui plantait pleins de petites aiguilles dans le cœur. Jev se mit en position assise, tenant toujours fermement la cravate d’Hendel, ce dernier à califourchon sur lui.

« J'ai... Je... Je veux qu'on redevienne amis ! Je ferai n'importe quoi, je... Je demanderai à un professeur de te lancer un sortilège d'Oubliettes. Oui, c'est ça ! Et comment ça, on sera amis comme avant, d'accord ? … D'accord ? » Hendel tenta par tous les moyens de garder un visage aussi impassible que le lui permettait son pauvre cœur. Un visage neutre, dans lequel ne transparaissait aucune émotion. Et pourtant, Merlin savait l’effort qu’il devait faire pour arborer ce masque dans un moment pareil. Au fond, Hendel se rendait bien compte que cette distance entre eux avait fait souffrir Jev, peut-être même plus qu’elle avait fait souffrir Hendel lui-même. Le blond semblait anéanti et le jeune brun fut ému par ses paroles, même s’il refusa catégoriquement de le montrer. Il était prêt à lui jeter sort d’Oubliette pour lui faire oublier cette nuit-là. Cette nuit où… Sa main se crispa et un nerf tiqua sur sa joue. Non, inutile de s’en souvenir. Il ne voulait pas s’en souvenir. C’était bien pour ça qu’il avait commencer à éviter Jev non ? Pour ne pas se rappeler. Pour ne pas avoir à faire à lui, pour ne plus le voir. « J'ai... J'ai besoin de toi, Hendel. J'ai vraiment besoin de toi... Grand-mère est à Sainte Mangouste et... et si tu continues à m'éviter, il n'y a vraiment aucune chance pour que je puisse surmonter ça tout seul. » « Je… »

Il quoi ? Qui avait-il à dire ? Il n’eut pas le temps de réfléchir à une tournure de phrase correct, ou même à ce qu’il allait bien pouvoir lui répondre, que Jev fondit en sanglots, la tête entre ses mains. Se fut trop pour Hendel qui dût serrer les poings afin de retenir les larmes qui lui montaient aux yeux. La vision d’un Jev à se point meurtri de douleur lui était presque insupportable, d’autant plus qu’il était au moins à moitié responsable de son chagrin. « _ Tu me manques tellement… » Hendel réussit à comprendre le mot « manquer » entre deux sanglots et n’eut même pas besoin de réfléchir au sens des autres mots. Il déglutit, baissa les yeux et nota que sa vision commençait à être trouble. D’un revers de manche, il essuya les quelques larmes qui perlaient à ses cils, profitant que Jev ne pouvait pas le voir.

Si seulement il avait eu le courage de s’avouer à lui-même ce qu’il ressentait vraiment… Il contempla un instant Jev et sentit son cœur tomber dans sa poitrine. La vérité, c’est que plus rien ne pourrait être comme avant. Depuis cette nuit-là, il ne pouvait plus regarder son meilleur ami. Il ne le pouvait plus. Avant, quand il le voyait, il voyait le gryffondor qu’il adorait, le gryffondor avec qui il passait tout son temps et à qui il racontait tout. Mais maintenant, tout ce qu’il voyait c’était un homme. Un homme qu’il aimait. Avant il pouvait croiser le regard du blond et ce n’était qu’un regard complice, un regard plein de malice de leur prochaine connerie. Maintenant, il voyait un océan azur dans lequel il avait envie de plonger corps et âme. Maintenant, il voyait un champ de cheveux blancs en bataille qu’il se revoyait agripper. Sa vision avait totalement changé et c’était dangereux, autant pour l’un que pour l’autre. C’était ça la vérité, celle qu’Hendel se refusait à admettre depuis des mois.

Sans geste avant coureur, le brun attrapa la nuque de Jev et tira ce dernier contre lui, l’étreignant avec force. « T’as pas à t’excuser. C’est ma faute, tout ça. » Ce n’était qu’un murmure, mais Hendel ne se sentait pas la force de faire un grand discours en se disant désolé. Et pourtant il l’était. Jamais il n’avait eu l’intention de faire souffrir son camarade. Tout ce qu’il voulait c’était les protéger tous les deux. De lui. Mais maintenant, Jev avait besoin de lui et il ne pouvait pas l’abandonner ainsi. Il songea un instant qu’un Serpentard l’aurait sans doute fait. Le choixpeau était quand même sacrément doué. « On ira voir ta grand-mère, ok ? » Il passa timidement une main dans le dos de Jev, frottant celui-ci de haut en bas. « J’suis désolé… » Il se racla la gorge, constatant la tournure des évènements. Il se tut, ne laissant raisonner dans la pièce que les hoquets de sanglots de Jev.

« On va avoir une retenue. » lâcha finalement Hendel au bout de quelques minutes de silence, un léger sourire aux lèvres. A vrai dire il s’en foutait pas mal, mais il faudrait qu’il trouve une explication pour Rwendal. Il y réfléchirait plus tard.
Doucement, le brun se redressa et repoussa le jeune Kambrynski. Il n’osa pas ouvrir tout de suite les rideaux, ne se sentant pas totalement prêt à affronter les yeux clairs et remplis de larmes de son ami. « Tu… T’as besoin d’un truc ? » Il ne savait pas trop comment s’y prendre. Après tout, il venait de passer les dernières semaines à faire comme s’il n’existait pas et voilà qu’il se retrouvait maintenant à le prendre dans ses bras. Perturbant, quand même.
Il sentit un bruit de froissement sous ses cuisses et en retira la lettre de Ste Mangouste qu’il avait trouvé par terre et qui avait fait les frais de leur partie de cache-cache. Il la déposa à côté, les paroles de Jev lui revenant en mémoire. Il eut l’horrible impression qu’elles allaient même le hanter pendant un petit moment. « Ecoute… Je peux pas… je peux pas… » Il dut se reprendre à plusieurs fois avant de pouvoir enfin sortir un phrase compréhensible. « Je peux pas rester avec toi. Tu me manques aussi, tout me manque, mais je peux plus. Tu dois comprendre que c’est moi le problème, pas toi. » Ça ne devait pas avoir beaucoup de sens mais Hendel ne savait pas comme s’exprimer autrement.
Parce que oui, c’était lui le soucis dans l’histoire. C’était lui que cette histoire avait totalement chamboulé et qui ne passait plus une nuit sans rêver d’enlacer Jev. Alors que ce dernier ne semblait pas voir Hendel d‘une manière différente. Du moins à première vue. « Mais je voulais que ça prenne des proportions comme ça… »

Se rendant compte qu’il s’enfonçait de plus en plus, le brun se dégagea rapidement, ouvrit les rideaux et descendit du lit. « On ira à Ste Mangouste demain. Où même maintenant, si tu veux. De toute façon, au point où on en est, Rogue nous en voudra pas de louper son cours en entier. » Le lion commença à enlever son uniforme, cherchant des yeux un jean et un pull à enfiler pour sortir.
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