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 [Concours St. Valentin] - La St. Valentin pour les nuls.

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MessageSujet: [Concours St. Valentin] - La St. Valentin pour les nuls.   Ven 22 Fév - 13:25

    Quand on a été seule pendant très longtemps, la présence constante d'un proche peut sembler envahissante. Parce qu'on a pas l'habitude de parler, de partager ses affaires, de penser à quelqu'un d'autre que nous-même. Alors pour une personne très solitaire qui a une phobie des gens, partager la vie d'un homme s'avère être un exploit. C'est pourquoi ce jour-là je n'étais pas vraiment dans mon assiette. J'avais toujours détestée cette date ridicule parce qu'elle mettait clairement en évidence mon incapacité totale à socialiser. Maintenant que j'étais en couple, je ne savais pas comment agir. Bien sûr j'avais eu le temps d'observer les divers aspects de cette coutume annuelle, mais je n'avais jamais songé à laquelle adopter avec Alistair. D'abord parce qu'il n'était sûrement pas au courant du jour qu'on était, puis parce qu'il n'était pas tellement le genre d'homme à ouvrir son coeur. M'y incruster un minimum m'avait demandé beaucoup d'efforts et de patience, et encore je n'étais pas certaine qu'il soit bien sincère dans ses sentiments. La saint valentin, on ne la fête pas de la même manière dans tous les pays et chacun a sa propre idée de ce qu'elle est censée représenter. Alors dans ce cas, pourquoi est-ce-que j'étais là, affalée sur un fauteuil, à me casser la tête ? Quand on sort avec un mangemort alcoolique, l'idée du cadeau passe plutôt en arrière plan. La véritable difficulté, c'est de réussir à faire une phrase assez claire pour ne laisser aucun doute sur ses sentiments et assez courte pour qu'il arrive à la retenir. Et je vous parle même pas du risque de crise colérique assaisonnée de répliques cinglantes à propos de l'inutilité totale de l'amour dans la vie. Autrement dit : j'étais profondément dans la merde.

    N'ayant aucune expérience affective digne de ce nom ni aucune meilleure amie gnangnan à contacter pour me sauver la mise, je fut forcée d'aller en ville me procurer un quelconque manuel sur les bases d'une saint valentin réussie. Après avoir visité le quartier des librairies en long en large et en travers, l'évidence de mon échec commençait vaguement à m'énerver. Comme ma recherche d'indices ne donnait rien, je pris sur moi d'aller consulter une personne que j'espérais ne plus jamais croiser : une ancienne camarade de classe de style gryffondorienne bavarde et extrêmement insupportable. Il fallait vraiment que j'aime Alistair pour faire un tel sacrifice. La dernière fois que cette peste avait croisée ma route, c'était déjà mon sombre petit-ami qui m'avait extirpée de ses griffes dans un pub. Arrêter devant l'antre du démon, j'avais la gorge nouée par une furieuse remontée de bile. Rien que la baraque me mettait l'estomac à l'envers. C'était une petite bâtisse toute mignonne avec des murs roses, des rideaux blancs en dentelle et une porte en bois blanche. Je savais que le heurtoir central en argent et en forme de nounours allait hanter pas mal de mes cauchemars pendant les quinze prochaines années. Au premier choc donné sur la porte, celle-ci s'ouvrit bien grand sur une petite blonde tout mince enroulée dans un tablier à fleurs. Mon système nerveux était en ébullition, mais ce n'était rien comparé à l'état de mon système auditif lorsqu'elle fit usage de cette voix stridente et joyeuse de petite fille.

    « Jessicaaaaaa !!! Oh mon dieu ça faisait trop longtemps, qu'est-ce-que tu deviens ?! »

    Pour le moment, je deviens malade de dégoût.

    « Euuh... Pas grand chose. Dis-moi, tu aurais quelques conseils pour faire une saint valentin réussie ? »

    La lueur qui s'alluma dans les yeux de cette morue n'avait rien pour me rassurer. Elle s'en alla dans sa maison de poupée en sautillant comme une gamine, se gardant bien de m'inviter à entrer ( dieu merci ). Elle revint accompagnée d'un gigantesque bouquin qui faisait presque deux fois la taille de sa tête vide. La couverture était jaune avec une grande étiquette noire où était écrit : La St. Valentin pour les nuls. Devais-je prendre ça pour un compliment ou une insulte ? Avec elle, impossible à savoir. Prétextant un rendez-vous très important, je pu m'échapper de son perron au bout d'une ou deux heures de monologue intensif sur la différence entre le vieux rose et le rose poudré. Sûrement un rapport avec la couleur de ses murs. Note personnelle : rayer le vieux rose ET le rose poudré des couleurs existantes. De retour à la maison, je n'avais pas plus de solution qu'en la quittant, mais j'avais une nouvelle conviction concernant la légalisation de la peine de mort pour les personnes atteintes de folie. Avec un peu de chance, ça pourrait arranger le problème de surpopulation de la planète. En rentrant, je m'étais arrêtée pour acheter une bouteille de collection de whisky de seize ans d'âge. Au moins il y aurait une compensation à tout ce temps perdu à endurer un tel supplice. Lorsqu'Alistair revint de je ne savais où, il avait l'air assez bougon et renfrogné, ce qui dans son cas signifiait qu'il était d'assez bonne humeur. Il s'approcha et saisit la bouteille sur la table. Puis son regard glissa vers moi.

    « T'as pas trouvé plus simple ?
    - Si t'es pas content je peux la rapporter.
    - Tu t'es levé du pied gauche ?
    - Je me souviens pas, je me suis levée quand tu t'es mis à ronfler. »


    Bon, notre discussion n'avait rien d'unique. C'était comme ça à chaque fois qu'il passait une journée dehors. La gentillesse revenait après quelques minutes. Finalement, il sembla se calmer. Il soupira en s'ébouriffant les cheveux et grommela.

    « Merci.
    - Je t'en prie.
    - Mais je n'en veux pas pour le moment.
    - Pardon ? »


    Mon désintérêt habituel laissa place à l’hébétude. C'était bien la première fois qu'il refusait une aussi bonne bouteille d'alcool. Était-il malade ? La dernière fois qu'il avait eu ce genre de comportement, il s'était lancé dans une tirade sur les sentiments qu'il avait pour moi. Sauf qu'il était bourré ce jour-là.

    « Je ne veux pas de whisky.
    - Mais pourquoi ?
    - Parce que t'es plus intéressante. »


    Et soudain tout s'éclaira dans mon esprit. Il savait quel jour on était, il y avait pensé. Bon ce n'était pas vraiment la déclaration la plus romantique au monde, mais venant d'Alistair, ça valait presque une demande de fiançailles. Un bonheur infini inonda mon coeur. Il préférait passer la soirée avec moi plutôt qu'avec une bouteille de whisky. J'étais la femme la plus heureuse du monde. Et comme si ça ne suffisait pas, cette nuit-là, dans le lit, il partagea même la bouteille avec moi. Bref, je venais de trouver la recette un peu alcoolisée d'une saint valentin réussie.
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