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 You were right from the start {Octasia}

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Octavus McKenna
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MessageSujet: You were right from the start {Octasia}   Jeu 27 Fév - 20:29


You were right from the start





Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu l’attendais dans ton bureau comme prévu. L’horloge marquait chaque seconde qui te rapprochait un peu plus de dix-neuf heures. Après son départ, tu avais terminé de corriger tes copies, les devoirs semblant empirer au fil que les noms d’élèves défilaient. Tu n’étais plus sûr que ce soit une bonne idée. Qu’est ce qui t’avait pris d’aller la mettre en retenue, enfin de la convier à un rendez-vous ? Tu avais passé tant d’années à l’éviter et il suffisait de deux rencontres pour que tu ne saches plus où tu en étais. C’était ridicule. Tu passas une main lasse dans tes cheveux désordonnés. Non, le plus pathétique était sans doute que tu t’étais préparé avec soin à cette soirée. C’était tellement formel que ça en devenait ridicule. Elle ne s’attendait certainement pas à ça. Vrai, tu portais constamment le costume cravate, mais certainement pas noir et aussi classe. Ce n’était pas un smoking, mais ça s’en rapprochait fortement. Tu avais l’impression de donner raison à ton père en essayant de tirer le meilleur parti de cette situation dans laquelle on vous avait forcés et c’était intolérable. Mais Aloisia n’y était pour rien. Elle voulait vraiment être avec toi. Tu ne pouvais pas lui briser encore le cœur en reculant. Tu l’avais tellement fait souffrir que tu ne comprenais même pas pourquoi elle continuait de t’approcher. Tu ne méritais pas qu’elle te pardonne.

Ça aurait été très tentant de l’accueillir dans ton bureau comme si de rien n’était et de lui ordonner de faire ses devoirs ou quelque chose qui l’aurait occupée jusqu’à la fin de l’heure, faisant comme si ce que tu avais dit plus tôt n’avait jamais eu lieu. Une heure de ta vie, ce n’était pas la mort. Tu lui devais bien ça. Tu n’avais pas le droit de flirter avec elle et de l’ignorer l’instant d’après. Tu étais un homme bon sang, pas une demoiselle rougissante ! Tu devais porter cette relation. Tu aurais compris qu’elle cherche à t’éviter à tous prix, dégoûtée par ce mariage imposé à un homme plus âgé et qui ne voulait même pas d’elle. Au lieu de ça, c’était toi qui refusais de considérer cette adorable jeune femme avec qui le destin t’avait lié.

Tu posas les yeux sur ton bureau métamorphosé en table de repas, avec nappe blanche et abritant deux couverts et de la nourriture à foison. Il n’aurait plus manqué que les chandelles et la musique romantique pour compléter ce cliché ridicule. Les elfes avaient été ravis de pouvoir t’aider quand tu avais dit que tu aurais un repas privé ce soir. Ton absence dans la grande salle serait certainement remarquée, tu t’en moquais. Les gens feraient peut-être le rapprochement avec la disparition subite d’Aloisia, tant pis tu laisserais les suppositions courir. Tu n’avais pas à te justifier de tous tes faits et gestes. Maintenant, si elle avait encore le moindre petit doute sur la nature de votre rencontre, cet étalage aurait vite fait de lui donner une réponse ferme. Tu soupiras, les yeux posés sur le ciel étoilé. Déjà, la lune brillait. Il faisait un temps parfait pour rester dehors. Tu te sentirais tellement mieux sur tu étais hors de ces quatre murs qui semblaient vouloir t’étouffer. Est-ce que c’était ce que tu voulais, un dîner guindé comme ceux auxquels tu avais dû assister avec elle durant ces longues semaines dans son manoir ? Bien sûr que non, tu voulais par tous les moyens que vous oubliiez tous les deux ces souvenirs.

Impulsivement, ta baguette fit disparaître ce décor ridicule que tu n’étais pas prêt à assumer de toute façon. Vu la température, tu avais une meilleure idée. Vous n’alliez peut être pas voler ce soir ni sortir dans le parc, mais c’était ce que tu pouvais lui offrir qui s’y rapprochait le plus. Tu transfiguras la nappe en couverture écossaise et la posas sur le sol de la terrasse, avant d’installer la nourriture et les assiettes dessus. Ça te ressemblait déjà plus. Si elle t’aimait vraiment, tu n’aurais pas besoin de jouer un rôle avec elle de toute façon. Tu devais lui montrer qui tu étais vraiment. Ce serait le meilleur cadeau que tu puisses lui faire. Sur la même lignée, tu te débarrassas d’un geste vif de ta cravate, l’envoyant valser sur le bureau avant de déboutonner le premier bouton de ta chemise pour être plus à l’aise. Enfin, tu finis par ôter la veste. Il faisait chaud en cette soirée d’octobre. Le froid n’avait pas encore envahi l’Écosse à cette période de l’année. Le temps parfait pour un pique nique nocturne avec pour seuls témoins la lune et les étoiles.

Tu espérais vraiment que personne ne viendrait vous déranger ce soir. Tu n’étais pas d’humeur à supporter les questions stupides de tes élèves. Tu craignais que ce soit pourtant le cas, tes groupies se demandant sans doute pourquoi tu n’étais pas paru dans la grande salle. Aloisia n’apprécierait pas d’être dérangée, toi non plus. Tu mettrais le sort répulsif le plus fort possible sur ta porte de bureau. Tu étais fébrile. Tu te stoppas en réalisant que tu avais commencé de faire les cent pas dans ton bureau. Pour t’occuper, tu cachas ta cravate et ta veste dans l’armoire qui te servait de rangement. Tu les porterais de nouveau pour donner ton cours tout à l’heure.

Elle ne devrait plus tarder maintenant. Ta fiancée… Un léger rire nerveux sortit de ta bouche. Personne n’aurait pu croire que tu avais eu des dizaines de rendez-vous avant ça. Tu avais l’air du parfait novice. Tu n’avais jamais été aussi peu sûr de toi. Il ne s’agissait pas de n’importe qui cette fois, c’était la femme que tu allais épouser et que tu avais fui le plus possible pendant douze longues années. Si tu ratais cette première rencontre sans la surveillance étouffante de vos parents, tu savais que c’était foutu pour la suite. Tu n’aurais pas la force de te rattraper. Faire ce pas en avant te demandait déjà un effort surhumain. Tu repris un peu confiance en toi en te rappelant de ce qu’Aloisia t’avait dit un peu plus tôt dans la journée. Elle t’appréciait déjà, malgré tous tes gros défauts et toutes les fois où tu l’avais faite souffrir. Même une tentative de faire une ample connaissance ratée n’allait pas l’éloigner de toi. Elle s’était accrochée suffisamment longtemps pour que tu sois sûr qu’elle n’allait pas laisser tomber maintenant.

Sûrement trop tôt à ton goût; quelqu’un frappa à ta porte. Tu espérais vraiment qu’il s’agissait bien d’Aloisia et pas de quelqu’un d’autre que tu n’avais pas envie de voir. Tu avais eu raison de te débarrasser de toutes ces choses inutiles, comment l’aurais-tu justifié à un élève ou un de tes collègues ? Tu te félicitas de ne pas l’avoir invitée dans tes appartements. Ici, tu pouvais encore prétendre, malgré le repas prévu, que vous étiez simplement élève et professeur, pas fiancés. Tu allas personnellement ouvrir la porte, sans utiliser ta baguette, bien décidé à cacher l’intérieur du bureau si jamais il ne s’agissait pas d’Aloisia. Son parfum trahit son identité avant même que tu ne l’ai vue. Tu lui fis un sourire légèrement nerveux avant de t’effacer pour la laisser entrer. Aussitôt qu’elle eut franchi le seuil, tu lanças ton repulso sur la porte. « J’espère que tu n’as pas mangé. Je ne plaisantais pas quand j’ai dis qu’on souperait. » Les elfes vous avaient préparé des plats succulents, à base de potiron, puisqu’Halloween approchait à grands pas. « J’ai pensé qu’on pouvait profiter du clair de lune vu qu’il fait bon ce soir. » Tu passas une main derrière ta nuque pour cacher ta nervosité. Si la situation avait été inversée, tu lui aurais sans doute ri au nez. Tu fis quelques pas sur ta terrasse avant de te tourner vers elle, soudainement curieux de voir ce qu’elle avait décidé de porter pour votre soirée. Il y avait peu de chance que ce soit le même genre d’uniforme que Murdoch, mais c’était peut être préférable pour que tu gardes la tête froide…





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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Jeu 27 Fév - 22:18

Octavus & Aloisia
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À ce soir... L'aiguille qui tournait inexorablement dans ce cadran me rapprochait de lui, beaucoup trop lentement à mon goût. J'avais passé du temps avec Octavus, loin de tous regards et de toutes obligations. Juste lui et moi sur un balcon à l'abri du monde extérieur. Cela avait été un moment parfait, il m'avait fait rire, je me sentais plus proche de lui. Et il voulait me revoir, ce soir. Il aurait pu se contenter de cet échange et j'en aurais été satisfaite, c'était inespéré après ses deux mois de silence. Il m'offrait encore de son précieux temps, une chance d'être à ses côtés. J'avais craint la présence de mon fiancé au sein de mon école. Je savais qu'il ne le faisait pas de gaieté de cœur, il me l'avait lui-même dit à la rentrée. Et il ne le faisait absolument pas pour moi. J'en avais été blessé, bien évidemment, mais comment lui en vouloir ? Ce terrain-ci n'était pas le plus favorable à un quelconque rapprochement. Il ne creusait qu'encore nos différences. Il était en âge d'enseigner et moi je n'avais pas fini d'apprendre. Il devait repousser toutes ses étudiantes mais apprendre à me laisser entrer à la fois. J'avais peur qu'il ne craigne encore plus ma compagnie. Ce ne serait jamais pire qu'au manoir en y réfléchissant. Nos parents traînaient toujours un œil sur nous, j'avais l'impression d'être chaperonnée. Être seule avec lui m'avait plu. Il était drôle et mordant, je me retrouvais bien plus en lui que ce que j'avais imaginé. Je repensais à nos échanges assez évocateurs et ne pus m'empêcher de rougir, attrapant un coussin pour me couvrir le visage. Sur le moment, j'avais eu toute l'assurance dont j'avais besoin mais en y réfléchissant, le message que j'avais essayé de lui faire passer avait été plutôt clair pour le coup. Pour mon plus grand plaisir, il était entré dans mon jeu. Ça ne signifiait pas pour autant qu'il était prêt à envisager un rapprochement plus poussé. Cette retenue était déjà largement inattendue. Il faisait un pas vers moi, je ne devais pas tout foutre en l'air. J'avais la fâcheuse tendance à l'énerver autant qu'à le faire rire. Une parole, un geste suffisait. C'était une relation compliquée, instable et rythmée de déceptions et de souffrances. Mais les choses les plus belles n'étaient jamais faciles. Il fallait se battre pour les obtenir, encore plus pour les conserver.

Je me relevais, assise sur mon lit. Le dortoir était vide, tout le monde était dans la Salle Commune à se préparer pour le repas à venir. J'avais prétexté être réellement souffrante pour ne pas éveiller les soupçons, mes amies n'avaient rien dit, elles étaient habituées à mes abandons fréquents. J'avais besoin d'être seule pour débriefer mentalement ce que j'avais vécu et ce qui m'attendait. Et puis pour me préparer loin des yeux indiscrets également. Je n'allais définitivement pas arriver en mode Murdoch, j'estimais valoir plus que ça et je comptais bien utiliser cette carte pour le rendre jaloux si l'envie m'en prenait. L'uniforme me semblait inapproprié aussi, déjà qu'il ne me voyait pas comme une femme, la tenue d'écolière n'aiderait pas du tout. Une petite voix me soufflait de me faire la plus belle possible, de me mouler dans une somptueuse robe et d'enfiler mes plus beaux talons. J'aurais cependant bien l'air bête s'il se contentait de garder son costume. Il me rirait certainement au nez en répliquant que ce n'était pas la tenue adéquate à une retenue, même si lui comme moi savions pertinemment que ce n'était qu'un prétexte. Il était encore trop tôt pour qu'il puisse considérer ça comme un réel rendez-vous. J'espérais qu'un jour il le pourrait. Je repensais à ses mains sur ma taille, mes lèvres près de son visage. S'il seulement il trouvait la force et l'envie de combler ces quelques centimètres... Je posais mes mains sur mon front en soupirant. Un pas après l'autre, ne pas brûler les étapes. J'attrapais un pull assez grand pour être considéré comme une robe, une paire de collant, des sous-vêtements et filais sous la douche. À force de tout ressasser de la sorte, j'allais finir par arriver en retard et il serait capable de tout annuler de contrariété. Je n'allais pas lui donner cette chance.

Je sortais discrètement du couloir des Serpentards et passais sans un regard devant la Grande Salle. J'espérais qu'il ne plaisantait pas pour le dîner, j'avais une faim de loup. La chance me permit de ne croiser personne sur mon chemin, il n'y avait que le bruit de mes bottines noires pour m'accompagner jusqu'à son bureau. L'idée qu'il ai changé d'avis me traversa et je priais pour qu'il ne l'ai pas fait, j'en prendrais un coup sérieux. Je repoussais nerveusement une de mes mèches rousses, ondulés par manque de temps d'entretien et m'apercevais que j'étais déjà devant sa porte. J'allais mordiller mes lèvres, manie qui ne me quittait pas depuis l'enfance, avant de me rappeler que j'étais maquillée : ma bouche était rosée et mes cils d'un noir de jais, ressortant la couleur noisette de mes yeux. Discret, rien qu'il ne remarquerait sûrement. Je prenais une grande inspiration et frappais trois coups sûrs à sa porte. Il m'ouvrit l'instant d'après et la vue de son visage fit perdre au mien les dernières traces d'inquiétudes qui déformaient mes traits, lui offrant alors un sourire sincère et soulagé. Il n'était pas parti. J'entrais dans son bureau, regardant autour de moi pour découvrir ce lieu que je ne connaissais pas. C'était sobre et élégant, à l'image du propriétaire. Je l'entendis à peine enchanter l'entrée, une odeur alléchante venait d'attirer mon attention. Notre premier dîner en tête à tête, je n'avais même pas réalisé jusqu'à alors. Je me tournais vers lui pour l'écouter mais fut incapable de faire vraiment attention aux mots qui sortaient de sa bouche. Il était encore plus beau qu'à l'accoutumé, comment était-ce possible ? Il avait troqué son célèbre costume pour une tenue plus décontractée. Une chemise blanche et un pantalon sombre, la classe naturelle. Ses cheveux étaient désordonnés, lui donnant un look négligé des plus alléchants. Je finis par détourner les yeux un bref instant pour m'arracher à cette contemplation et revenir sur terre. Je m'en voulais d'avoir fait si peu d'effort. J'avais l'air fine dans mon pull beige. Je le suivais des yeux jusqu'à la terrasse, il avait eu une merveilleuse idée.

«- Il n'y a rien de mieux... et c'est toujours meilleur lorsqu'on le partage avec un ami. »

Je le rejoignais à l'extérieur, m'extasiant sur les efforts qu'il avait fait. Cette phrase, il l'avait prononcé lorsque j'avais dix ans et je ne l'avais jamais oublié. Il avait su être là malgré l'âge et la différence, aujourd'hui encore il le prouvait même si c'était difficile. Il avait raison, il faisait incroyablement bon dehors, il aurait été dommage de se priver d'une nuit si belle. Je pouvais sentir sa nervosité, il ne fallait pas que je le laisse comme ça. Je m'asseyais en prenant garde de ne pas me découvrir trop, laisser sa place à l'imagination, et remplissais les deux coupes présentes sur la nappe de jus de citrouille avant de lui tendre un verre, l'invitant à me rejoindre. Il fallait porter un toast, l'occasion était à célébrer.

«- Aux piques-niques improvisés, il n'y a pas de meilleures choses que les plus simples ! Mon premier toast au jus de citrouille, qu'elle émotion ! »

Je portais une main sur mon cœur, comme émue de la scène. Je l'étais au fond, l'imaginer sur cette terrasse à préparer tout cela pour moi m'emplissait d'une émotion indescriptible. Peut-être qu'il n'était pas si indifférent au fond... J'avais envie de profiter de ce moment, de ne plus penser à nos obligations, au mariage à venir, de me concentrer sur lui, sur moi. De n'être plus qu'une jeune femme en compagnie d'un bel homme et d'apprécier cette nuit si étoilée.


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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Ven 28 Fév - 22:56


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Elle était là. Tu n’aurais pas dû en douter, mais cela restait quand même une petite surprise. Tu n’avais même pas baissé les yeux pour voir ce qu’elle portait, concentré sur son visage. Quand tu l’aperçus, tu vis immédiatement qu’elle avait pris soin de son apparence. Ce n’était pas très voyant, discret comme tu le préférais et tu l’aurais sans doute raté si tu n’avais pas cherché les signes sur son visage. Ses lèvres étaient encore plus rosées que d’habitude et auraient appelées en d’autres circonstances au baiser. Tu fermas les yeux brièvement. Tu ne voulais pas te distraire plus que nécessaire. Ses cheveux roux étaient lâchés, légèrement ondulés et tu les trouvas encore plus beaux que d’habitude. Tu faisais vraiment une fixette sur ce détail de son physique, mais elle n’avait pas besoin de le savoir. Tu étais déjà assez fébrile sans la regarder trop en détail. L’air pur te fit du bien et te rendit les idées plus claires. Une fois plus calme, tu te permis de l’observer des pieds à la tête, du coin de l’œil. Elle avait aussi troqué son uniforme pour une robe. Tu préférais ça. L’uniforme pouvait être amusant sous certaines circonstances, mais tu voulais éviter de penser que même ta fiancée, elle restait aussi ton élève. Elle n’était pas trop habillée ce qui te rassurait sur ses intentions. Tu aurais été mal à l’aise de la voir arriver parée comme une princesse. Ce genre de tenue était réservée aux soirées au manoir, cela n’avait pas sa place ici. L’ambiance semblait tellement magique que tout semblait possible ce soir. Tu ne la voyais plus uniquement comme une jeune fille, tu étais bien assez nerveux pour être à ton premier rendez-vous de toute façon. Elle était si jolie, une vraie poupée et pour cela, elle n’avait pas besoin de se maquiller comme une prostituée. Aloisia aurait beaucoup de leçons à donner à ses camarades. Trop était parfois l’ennemi du bien.  

En entendant ses mots, les tiens, tu souris en te remémorant avec nostalgie ce souvenir, le premier qui avait vraiment compté quand vous étiez beaucoup plus jeunes. C’était l’exacte réplique que tu lui avais sorti quand tu avais partagé un petit déjeuner avec elle pour la première fois, dans la cuisine de son manoir. Elle s’en était souvenue après tout ce temps, six ans plus tard. C’était la première fois que tu avais commencé de la considérer comme une victime innocente, tout comme toi. C’était l’instant où tu avais entendu sa mère lui crier des critiques au visage et tu avais décidé d’être plus gentil avec elle. Ton côté protecteur s’était réveillé. C’était comme si une éternité s’était écoulée depuis. Tu n’étais plus la même personne que dans cette cuisine. « C’est vrai. La personne qui a dit ça doit être vraiment un sage. » Tu eus un petit rire amusé, tes yeux emplis de tendresse en la regardant. Elle finit par te rejoindre dehors et la lune et les étoiles éclairaient ses traits de manière irréelle. Elle semblait translucide. Le temps serait idéal pour ton cours de tout à l’heure. Dommage que vous ne puissiez pas prendre vos balais pour aller vous promener au clair de lune. C’était peut-être cliché, mais très séduisant. Enfin, Aloisia ne pensait pas que tu savais voler et tu étais trop intéressé qu’elle découvre son erreur lors de votre petit pari. Tu la laissas s’asseoir sur le sol et te fis la réflexion que tu n’avais peut être pas eu la meilleure idée qui soit de vous installer au sol alors qu’elle portait une robe.

Elle finit par trouver une position qui la couvrait suffisamment et tu t’installas en face d’elle, tes longues jambes posant une nouvelle fois un problème pour que tu sois confortable. Tu finis par te poser en tailleur sur la couverture pour éviter de renverser quelque chose par maladresse. Elle te tendit un verre de jus de citrouille et tu t’en emparas dans l’intention de porter un toast, comme il était coutume de le faire. Ce fut Aloisia qui prit la parole en premier et tu trinquas avec elle, un sourire au coin des lèvres avant de rajouter : « Quoi ? Je ne peux pas croire que tu n’as jamais célébré avec du jus de citrouille en compagnie de tes amis ?! » Tu haussas les sourcils de manière comique. Tu te sentais rassuré et pas qu’un peu fier de voir qu’elle appréciait tes efforts. D’ordinaire, ça ne t’aurait rien fait du tout de voir sa réaction, mais pas cette fois. Cette fois, tout comptait. Elle semblait rejouer une scène que tu avais interprétée cet après-midi et tu ris légèrement. Tes sourcils se froncèrent de stupeur. N’avait-elle jamais été célébrer à Pré-au-lard avec ses amis ? Tu savais de source sûre qu’ils n’étaient pas autorisés à boire de l’alcool, contrairement à toi qui avait bien profité des bienfaits de la vodka quand tu étais à l’école, l’avantage d’être en Russie.  

Tu relevas ton verre avant de dire : «  A la beauté. Je suis ravi d’être ton premier… toast au jus de citrouille. » Tu as rajouté la fin de ta phrase au dernier moment, réalisant après avoir parlé le côté tendancieux de cette déclaration. Tu jouais vraiment avec le feu si tôt dans la soirée. Mieux valait éviter de passer pour un pervers. Elle semblait réellement touchée par ta préparation et tu te félicitas d’avoir abandonné le dîner prévu au départ pour être un peu plus spontané pour une fois dans ta vie. En plus, cela faisait un joli clin d’œil à la rencontre de cet après-midi qui avait donné lieu à cette soirée. Cela devait la changer du ciel artificiel de la grande salle. L’occasion de respirer de l’air pur était également agréable. Et puis, si elle venait à avoir froid, tu pourrais lui tenir chaud en la serrant contre toi.  Elle serait tellement surprise que tu avais presque envie que ce soit le cas pour voir sa tête. Seulement, tu devrais être sûr d’en être capable, tu ne voulais pas rendre les événements inconfortables. Vous aviez presque trois heures devant vous avant que tu ne doives la quitter pour aller faire cours à une bande de cornichons. C’était à la fois trop peu et déjà beaucoup trop. Tout dépendait de la façon dont se déroulerait la soirée. Pour une personne qui aimait avoir le contrôle, c’était déstabilisant de ne pas pouvoir prévoir à l’avance l’issue de cette rencontre.

« Je crois que les elfes ont voulu rendre hommage à la future fête d’Halloween avec ce repas. » Tu faisais remarquer l’évidence, ne sachant pas quoi dire, comment aborder la conversation. C’était différent maintenant. Elle était vraiment là et tu n’avais pas à jouer un rôle, te sachant observé. Tu pouvais être toi et cela n’avait jamais été aussi effrayant. Pourquoi étais-ce si difficile avec Aloisia alors que tu n’avais aucune difficulté à l’être avec d’autres ? La réponse était simple, Aloisia te connaissait, tu avais un lourd bagage derrière toi. Elle avait une attente de ce que tu serais et tu ne voulais pas la décevoir comme tu l’avais fais si souvent par le passé. Tu ne voulais pas parler de ses études, de ses camarades sous prétexte de t’assombrir en sachant le nombre de règles que tu brisais par ce rendez-vous. Même si elle était ta fiancée, elle restait ta responsabilité. Tu avalas une gorgée de jus de citrouille pour garder contenance. Un bon whiskey n’aurait pas été de refus, mais te saouler en pleine rencontre, avant de devoir donner cours aurait été d’une irresponsabilité affligeante. Tu préféras continuer sur ta lancée même si la question semblait presque déplacée. Peut être que cela te préoccupait autant parce que tu n'avais pas eu l'occasion de célébrer les morts en Russie. Ce n'était pas aussi répandue qu'ici. « Tu comptes fêter Halloween cette année ? »  




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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Sam 1 Mar - 2:00

Octavus & Aloisia
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Je me contentais d'un sourire discret à sa réplique. Effectivement, les paroles d'un sage, elles avaient eu le don d'illuminer ma vie. Quelqu'un était là pour moi. Il avait été jusque là ce grand garçon bizarre qui me regardait d'une manière étrange, qui affichait souvent triste mine et qui se moquait de moi plus que de raison. Et puis il était devenu mon allié dans ce manoir si sinistre. Il avait illuminé mes étés, apaisé ma solitude. Sans grande envie ni conviction, mais il avait été là. Je pris un instant avant de le rejoindre, perdue dans cette image passée de lui-même. Je me revoyais partager ce petit-déjeuner en sa compagnie sans ressentir aucune honte à manger en sa présence. Je m'étais sentie libre. Encore aujourd'hui, je pouvais me rappeler ce sentiment. Il mit un moment à trouver la position adéquate, il semblait mal à l'aise et ça ne le rendait que plus attachant. Il voulait me faire plaisir, je pouvais le voir à chaque seconde. Comment imaginer que toutes ces attentions étaient l’œuvre de mon fiancé, le même qui m'avait fui pendant des années ? Je lui tendais un verre de jus de citrouille, persuadée que ce n'était pas ce qu'il préférait. Je l'imaginais plus avec quelque chose de plus fort, d'aussi coriace qu'il l'était. Il le prit néanmoins et se permit un sourire en m'entendant. Porter un toast avec du jus de citrouille... Il n'était définitivement pas allé à Serpentard ! La plupart des verts et argents venaient de familles nobles et fortunées, comme la mienne. Cette boisson n'était pas assez distinguée pour ce genre d'occasion à leurs yeux. J'adorais ça pour ma part, j'aurais pu en boire des litres et j'en profitais une fois à l'école puisque c'était prohibé chez moi. Je soupirais longuement en entrechoquant mon verre au sien. Il était si naïf. Bien sûr que l'alcool était interdit dans l'enceinte du château, mais quel étudiant suivait scrupuleusement toutes les règles ? Bon, Granger étant l'exception qui confirmerait sûrement la règle. Je savais que Blaise Zabini avait ramené de sa dernière visite à Pré au Lard des bouteilles de Whisky pur feu et autres alcools qu'il «réservait pour les grandes occasions ». J'avais moi-même trinqué lors de nos victoires en Quidditch  mais j'avouais que je n'étais pas experte en la matière, encore une fois. Je n'aimais pas perdre le contrôle, enfin je ne doutais pas que cela pouvait être amusant, mais en présence d'une personne de confiance, ce que je n'avais malheureusement pas. Je le regardais d'un air malicieux, ne voulant pas m'épancher sur le sujet. Vraiment une descente dans notre maison de mon futur mari serait des plus malvenue.

«- A ta beauté ! Si j'avais su que tu serais aussi beau j'aurais certainement essayé d'être à ta hauteur ! »

Se moquait-il de moi pour mon manque de sophistication ? J'aurais du prévoir qu'il serait aussi élégant. Mon pull incroyablement grand et large ne devait pas avoir l'attrait à ses yeux de sa tenue aux miens. Je portais la coupe à mes lèvres et bus une gorgée pour m'empêcher de le regarder plus que nécessaire. Je ne relevais pas son hésitation, elle ne m'avait pas échappé pour autant. Mon premier et mon dernier à tous les niveaux. Le premier ami, le premier fiancé, le premier amour.  Je me concentrais alors sur notre repas, et acquiesçais en posant mon verre sur notre table improvisée. Je jetais un œil aux différents plats, amusée de voir toute cette couleur. C'était alléchant, indéniablement. Mais c'était surtout évident comme affirmation. Je levais les yeux au ciel en passant une main distraite dans mes cheveux. Je m'en voulais de le taquiner autant, je voulais juste qu'il comprenne que je n'allais pas lui sauter dessus, même si ce n'était pas l'envie qui manquait. J'étais plus jeune mais pas idiote, je voyais bien qu'il avait besoin de temps. Mes doigts s'amusèrent à tortiller une de mes mèches rousses déjà ondulées.

«- Et moi qui pensais que c'était un hommage à ma superbe chevelure ! Cette couleur ne devrait te faire penser qu'à moi pas à Halloween...  Oh du carpaccio de citrouille, j'adore ça !»

Je me munissais d'une des deux verrines et attrapais le céleri planté dedans pour le croquer à pleines dents en poussant une exclamation satisfaite. Manger le mettrait peut-être en meilleur condition, j'attaquais donc les festivités. Tout en l'écoutant, je levais un sourcil mitigé. J'adorais fêter Halloween, c'était une excuse formidable pour faire la fête. Et j'adorais me déguiser, même si cette tradition faisait enrager la plupart des vieux sorciers. Mes parents n'en savait rien, ça ne les aurait pas enchanté. L'occasion qui se rapprochait le plus d'une fête à proprement parlé au manoir était le bal masqué des Bateson, organisé tous les ans. C'était devenu un événement mondain incontournable dans les familles de sangs purs pour bien se faire voir, l’événement avait même était couvert par un magasine l'année précédente. Mais les tenues étaient somptueuses et n'avaient rien d'amusantes. L'auto-dérision ne me faisait pas peur et contrairement à la plupart de mes amies, le ridicule était pour moi de mise à Halloween, un échappatoire aux règles trop strictes de mon foyer peut-être. Souvent, les étudiants préparaient une fête à l'insu des professeurs. Cette année cependant, les réjouissances n'auraient certainement pas lieu. Ombrage nous surveillait tous à chaque instant et les risques étaient trop grands. Même nous, les Serpentards, favorisés par le bonbon rose, n'étaient pas à l'abri. L'année allait être définitivement moins sympathique que les dernières...

«- Je ne pense pas, certains parlent d'organiser une soirée mais avec l'autre hystérique, ce serait plutôt risqué. Je garde donc mon costume pour une autre occasion ! Et toi, une petite fête de prévue dans les appartements d'un de tes collègues ? Rogue déguisé, ça doit être un événement à ne manquer sous aucun prétexte !»

Je m'empêchais de rire en imaginant le ténébreux maître des potions dans une tenue des plus ridicules. C'était le directeur de ma maison, mais j'avouais qu'il n'était pas des plus aimés même parmi nos rangs. Mais il faisait enrager les Gryffondors comme personne et ça n'avait pas de prix. Je reprenais une bouchée de l'entrée en changeant de position pour étendre mes longues jambes le long de la couverture et croiser mes bottines l'une sur l'autre. Si j'avais su que nous dînerions à l'extérieur, je n'aurais pas misé sur les collants. Je repensais au bal masqué qui aurait lieu au début des vacances d'hiver, il me faudrait une tenue. Si j'avais pu y aller habillée de la sorte, je l'aurais fait. Soudain je pensais à Octavus, il avait toujours été occupé ou à l'étranger pour cette occasion, serait-il présent cette année ? Je me refusais de lui demander, ça ne le mettrait pas de bonne humeur d'en venir à parler de ça, et moi non plus d'ailleurs. Profiter de cette occasion pour parler de tout sauf du manoir, nous y avions déjà assez de souvenirs et pas des plus chaleureux. Je voulais en apprendre plus sur lui, sur sa vie, ce qu'il avait vécu, ce qu'il aimait. Il fallait que je le découvre davantage, j'étais déjà un livre ouvert pour lui, il était impératif que je rééquilibre ça.

« - Et à Durmstrang, tu pouvais fêter Halloween ? Les garçons de l'année dernière avaient l'air si sévères que je les imagine pas célébrer quoi que ce soit ! »


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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Sam 1 Mar - 15:46


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu te demandas avec quoi elle faisait ses toasts d’habitude. Le jus de citrouille était l’une des seules boissons que les ados pouvaient consommer sans modération. Elle était encore mineure et n’était pas autorisée à boire de l’alcool normalement. Enfin, ce n’était pas ça qui arrêtait les adolescents d’ordinaire. Et si une maison bravait l’interdiction, ça ne pouvait être que les serpentards. Tu lui fis un sourire amusé. Tu avais bien acquis le goût particulier du whisky lors de tes seize ans après avoir remporté la coupe de quidditch donc tu n’étais pas l’exemple à suivre en la matière. Tu avais une tolérance assez élevée à l’alcool grâce à tes camarades russes. Tu avais plutôt intérêt si tu ne voulais pas perdre connaissance. C’était naïf de penser que les anglais seraient plus sages, même si vous étiez considéré comme des gens super coincés à l’étranger. Tu avais du mal à imaginer Aloisia boire de l’alcool pourtant. Encore une idée ridicule qui s’envolait. Elle n’était définitivement plus une petite fille. Si tu en avais encore douté, elle te le prouvait maintenant. Elle avait ce regard espiègle qui cachait tout un tas d’infractions au règlement. Tu étais peut-être son professeur, mais pas en cet instant. Tu fermas les yeux sur sa presque confession et décidas d’agir comme un petit ami le devrait. Une chose était sûre, ce ne serait pas toi qui la ferait boire. Tu n’avais pas besoin d’avoir une Aloisia pompette sur les bras. Elle était déjà suffisamment séductrice sobre, tu n’étais pas sûr comment tu réagirais si elle te faisait des avances encore plus poussées, sans être en pleine possession de ses moyens ou tu savais exactement ce que tu ferais et ça ne devait jamais se produire.  

Elle te surprit une nouvelle fois. Ta beauté. Bon sang, parfois tu aimerais te voir dans ses yeux. Tu avais l’impression qu’elle percevait des choses différentes. Elle te renvoyait une image tellement irréaliste que ça te faisait un peu peur. Tu pensais surtout à elle quand tu avais fait ton propre toast. Elle ne semblait même pas se rendre compte qu’elle était adorable. Tu n’avais pas besoin d’artifices pour qu’une femme te plaise. Et d’ailleurs, depuis quand la considérais-tu comme une femme ? N’était-elle pas il y a peu cette jeune fille que tu ne pouvais pas voir comme ton égale ? Tu ne savais pas ce qui avait changé, mais tu la voyais différemment. Tu avais laissé tomber tes barrières et tu n’aimais pas ça. Tu étais incertain, maladroit et mal à l’aise, tout le contraire de ton comportement habituel. Tu pouvais imaginer d’ici les critiques de ton père s’il te voyait en cet instant. « Tu plaisantes ? Tu es plus qu’à la hauteur. Tu… » Tu avalas une nouvelle gorgée pour te donner du courage. « Tu es magnifique Aloisia. Je ne te l’ai jamais dit, mais ça ne veut pas dire que je ne le pense pas… » Tu baissas les yeux, incertain de ta confession. Tu rajoutas une légère plaisanterie ce qui te ressemblait déjà plus. Tu n’étais pas habitué aux grandes confessions. D’habitude tu n’en avais pas besoin pour séduire. Ce n’était pas ça qu’elles recherchaient en venant te voir. « Tu pourrais porter un rideau et le transformer en nouvelle tenue à la mode. » Tu ne relevas pas les yeux, occupé à regarder sans vraiment les voir les plats disposés sur la couverture.

C’était plutôt toi qui devrais te sentir ridicule en étant trop habillé. Vous n’étiez pas en soirée mondaine. D’un autre côté, tu avais toujours adoré bien t’habiller. Tu partais du principe que l’important était de se sentir bien dans ses chaussures. La prochaine fois, vous vous mettriez d’accord sur le dress code avant de vous rencontrer. Bon sang, cela faisait dix minutes qu’elle était là et tu pensais déjà à la  prochaine rencontre. Tu étais complètement instable. Tu préférais presque qu’elle soit habillé aussi simplement tout en restant très jolie, tu n’étais pas sûr de savoir comment tu aurais réagi si elle était apparue très chic. Les gens se seraient aussi posé des questions. Elle ne te regardait pas et tu en profitas pour l’observer un peu plus librement. Elle n’avait rien dit sur la suite de ta phrase. Tu en fus soulagé. Tu ne pouvais pas surveiller toutes tes paroles, mais tu ferais plus attention à l’avenir. Tu serais son premier, et elle sera ta dernière… Enfin en théorie. C’était comme si vos existences étaient à contre-sens, un début et une fin. Elle se touchait les cheveux et tes yeux se fixèrent sur cette mèche rousse, complètement distrait par ce geste anodin. Elle mentionna le rapport entre ses cheveux et le thème de la soirée et tu pouvais lui donner raison. Tu faisais une véritable fixette sur ses cheveux. Inconsciemment, tu avais pu être distrait et repenser à ça pour votre repas. Tu avais demandé quelque chose de saison, de coloré, de volcanique. Tu pris une brusque inspiration en entendant sa réponse et fit un petit sourire. « Je n’ai pas besoin de cette couleur pour penser à toi. Enfin, je veux dire… c’est juste une coïncidence. » Tu tentas d’avoir l’air convaincu par tes paroles.

Elle avait déjà tourné la tête vers le carpaccio de citrouille. Tu avais chaud. Tu passas une main dans tes cheveux pour te débarrasser de la mèche qui te tombait sur le front. Tu n’étais pas doué pour la romance, vraiment pas doué du tout. Ça te semblait ridicule. Quand tu en viendrais à revoir cette soirée dans ta pensine, tu étais presque sûr que tu te cognerais la tête contre le mur devant ta stupidité. Tu finis par te servir un peu de nourriture quand elle en fit autant, distrait par ses dents blanches avant de baisser les yeux vers ton propre en-cas. Ça te permettrait de te changer un peu les idées. Tu avais changé le sujet de conversation, tu préférais aller vers un sujet plus banal. Tu adorais Halloween. C’était une fête qui avait toujours donné lieu à un bal costumé durant ton enfance. C’était l’un des seuls instants où tu étais un peu libre, anonyme parmi les anonymes, même si vous étiez tous l’élite du monde sorcier. Durmstrang le considérait comme un jour comme un autre. Tu n’étais pas le seul anglais à étudier là-bas, mais fêter ça en petit comité n’était pas la même chose qu’organiser une fête géante. Tu espérais qu’il y ait un petit quelque chose cette année, malgré la présence anxiogène d’Ombrage. « Je pense qu’elle ne peut pas entrer dans les salles communes. Ce serait toujours le meilleur moyen d’en profiter discrètement… » Tu te demandas de quel costume elle parlait. Tu l’imaginais bien en costume de chat. Non mauvaise idée de penser à ça. Tu écoutas le reste de ses paroles, effaçant de ta tête l’image d’une Aloisia avec des oreilles de chat et une combinaison moulante.

Tu te mis à rire quand elle mentionna Rogue. « Tu veux dire qu’il ne fête pas Halloween toute l’année ? » C’était déplacé de rire sur le dos de tes collègues, mais bon, tu devais aussi faire l’objet de ragots de la part du sombre mangemort. Et puis, c’était le directeur de maison d’Aloisia. Vous aviez une relation plutôt étrange à cause de ça. Il était au courant de tes fiançailles avec elle et tu sentais qu’il n’approuvait pas. Il ne l’avait pas dit clairement, mais son regard en disait long. « Plus sérieusement, je n’ai entendu parler de rien. Je pense que j’irai sur Pré-au-lard pour fêter un peu ça. On verra si des collègues veulent me suivre. Je ne suis pas sûr qu’ils aient le cœur à la fête… » De toute façon, la plus grosse fête aurait lieu à ton retour à St Petersburg pour le nouvel an. Ce serait grandiose. Tu repris une bouchée de l’entrée. C’était délicieux. Les elfes étaient peut-être vos esclaves, mais ils avaient du talent. Tu finis la verrine et tu la fis disparaître d’un coup de baguette. Tu relevas la tête vers elle en l’entendant te poser une question. Ce serait sans doute la première fois que tu lui parlerais de toi. « Non, pour les russes, il s’agit juste d’un jour comme un autre. Ils déposent des fleurs sur les tombes de leurs morts, mais c’est tout. Je fêtais ça avec d’autres expatriés anglais, mais ça n’était pas pareil. Ça n’a pas cette atmosphère de fête tant attendue comme ici. Mes parents organisaient toujours un bal masqué à cette occasion et j’adorais ça. » Tu eus un sourire nostalgique à cette pensée. A cette époque, tout était beaucoup plus facile.



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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Sam 1 Mar - 18:41

Octavus & Aloisia
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Je mis quelques instants à comprendre le sens de ses mots. Je les avais tellement imaginé sortir de sa bouche que je crus un instant rêver, mais ce n'était pas le cas. Il me trouvait belle, non mieux, il avait dit magnifique. Tu es magnifique Aloisia... Même le son de mon prénom semblait plus beau lorsqu'il était celui qui le prononçait. Il ne me regardait pas, je scrutais son visage, comme pour être sûre et certaine qu'il ne mentait pas, que ce n'était pas un compliment destiné à améliorer nos relations. On m'avait souvent dit que j'étais belle mais c'était la première fois que ça avait de l'importance, jusque-là ça ne m'avait jamais interpellé. Il finit par détendre l'atmosphère en plaisantant, c'était la première fois qu'il me complimentait de la sorte, c'était un énorme effort qu'il venait de faire. Je souris légèrement en l'entendant. J'aurais aimé pouvoir lui rétorquer quelque chose d'aussi drôle mais j'en étais incapable. Je le fixais avant de détourner le regard et de murmurer un merci dans lequel je n'avais pas réussi à maîtriser l'émotion dans ma voix. Durant des années, mon apparence avait été ma plus grande peine et la plus grande honte de ma mère. J'avais changé lorsque j'avais abandonné tout espoir d'un jour être à la hauteur de ses espérances et maintenant que je devenais une femme épanouie, elle me détestait pour ça. Le fait qu'il m'ait connu enfant m'avait fait souvent douter de mes possibilités d'attraction à son encontre: en ayant le souvenir de la fillette rondelette, comment pouvait-il jamais me trouver plaisante ? Ces mots, c'était comme pouvoir enfin tourner la page définitivement sur cette partie de ma vie, sans en fermer le livre complètement. J'étais toujours cette enfant mais je n'étais plus torturée. Je me permis de rire en l'entendant répliquer après mon allusion à ma chevelure. Il avait l'expression des enfants pris sur le fait et qui tentés de se justifier du mieux qu'ils le pouvaient. Je n'avais jamais eu l'impression d'être le vrai mais son attitude me donna un doute. Et puis je réalisais ce qu'il venait d'avouer à demi-mots : il n'avait pas besoin de ça pour penser à moi. L'éternelle flamme d'espoir s'alluma en moi, venait-il de m'avouer que j'occupais parfois ses pensées ? Ça ne serait que justice puisqu'il avait prit ses quartiers dans les miennes depuis bien longtemps maintenant. Je me contentais de sourire de toutes mes dents en lui lançant un rapide d'un clin d’œil. Je n'ajoutais rien, il avait déjà tout dit.

Par Merlin, c'était vraiment succulent. La gourmande en moi en avait pour ses papilles, ce dîner était vraiment une idée des plus fantastiques. Il me permettait aussi de découvrir une nouvelle facette de sa personnalité : après le torturé, le taquin, je rencontrais l'attentif. Ses efforts pour notre rencontre me montrait que j'avais tort, il pouvait se montrer romantique. Même si ça ne semblait pas dans ses habitudes, il n'aurait pas pu mieux faire à mes yeux. J'acquiesçais lorsqu'il parlait des Salles Communes, effectivement ce serait le moyen de faire ça loin des regards indiscrets d'Ombrage et sa clique. Mais ce n'était pas beaucoup mieux de déclencher la colère de Rogue. Il n'appréciait pas le bruit, qu'on le prévienne que les élèves de sa maison perturbaient la tranquillité du château l'aurait mis hors de lui. Il n'avait pas tort d'ailleurs, c'était sinistre ce style vestimentaire qu'il s'imposait à longueur de temps. Lorsque l'on m'avait dit l'âge du professeur des potions, je ne l'avais pas cru. Je riais à sa remarque, surprise de le voir faire de l'humour sur le dos de ses collègues. En même temps, il n'avait certainement pas eu le temps de lier des liens d'affinités avec eux et en plus, il n'était pas là de son propre chef. Je m'interrogeais souvent sur les raisons de sa venue, je n'avais aucune idée que le professorat l'intéressait mais à y penser, je ne connaissais pas beaucoup ses ambitions. J'avais entendu dire que son poste en Russie était important et il semblait bien plus passionné par son travail que par ses visites au manoir. Pourquoi donc quitter tout cela ? J'essayais de ne plus y penser et me concentrais sur ce qu'il venait de dire. Pré-au-Lard, j'avais totalement oublié la sortie dans le village sorcier prévue ce week-end. Je n'étais pas sûre d'y aller mais mes amis me pressaient pour qu'on profiter de respirer hors du château et des pressions qu'on y subissait. Ce n'était pas une si mauvaise idée après tout.

«- Oui ce serait l'occasion de sortir du château... Poudlard ne m'a jamais semblé aussi étouffant que cette année. »

Et pourtant, je considérais cette endroit comme ma maison. Dans moins de deux mois, je devrais retourner au manoir pour les vacances d'hiver et ça ne me réjouissait pas. D'abord, parce que je n'avais vraiment pas envie d'assister aux événements mondains, d'être traînée de famille de sang-purs à personnalités importantes. Je ne devais qu'être une poupée, belle et muette, mais c'était long et ennuyant. Ensuite, parce que je ne verrais pas Octavus pendant cette période, je le savais. Il ne m'avait peut-être pas parlé depuis deux mois, j'avais néanmoins pu le voir au détour d'un couloir ou bien assis à la table des professeurs dans la Grande Salle. Et je ne doutais pas qu'il me manquerait d'autant plus après cet après-midi et cette soirée. Je reposais la verrine sur la nappe écossaise en attrapant mon verre pour en prendre une gorgée. Il ne m'avait jamais parlé de ses années à Durmstrang et je n'avais sympathisé avec aucun des bulgares présents l'année dernière, malgré leur sollicitation pour le bal. Je m'imaginais un endroit sombre, plutôt sinistre, sans vie où il ne serait pas étonnant que les étudiants en sortent si endurcis. Je faisais les gros yeux en apprenant que ses parents aussi organisés des bals masqués. J'imaginais mal son père, si froid, si strict, organiser une fête chez eux. D'ailleurs, je n'y étais jamais allée.

«- Ça n'avait pas l'air très joyeux comme école... Mes parents aussi organisent un bal masqué mais pour le début des vacances d'hiver mais ça n'a malheureusement rien d'aussi joyeux et festif que Halloween. »

Je ne partageais pas le sourire nostalgique qui étira ses lèvres à ce souvenir. Pour moi, c'était plus une épreuve. Tout le monde se mettait dans des états impossibles, une couturière venait s'occuper de nos tenues pendant des jours, je n'avais aucune chance d'avoir la paix. J'étais présentée à tous les jeunes hommes invités par ma mère, il fallait que je me charge moi-même de rappeler que j'étais fiancée, comme si elle voulait que j'en rencontre un qui me plaisait pour me voir souffrir de l'impossibilité de notre amour. Elle ne savait probablement pas que je n'étais pas malheureuse du mariage à venir, encore moins des sentiments que j'éprouvais envers mon futur époux. Mais que savait-elle de l'amour, elle qui ne vivait que pour les apparences. Je reposais mon verre avec moins de délicatesse que je n'espérais. Penser à elle ne me mettait jamais en de bonnes conditions. Je me retournais vers Octavus et lui souriait.

«- J'aurais tellement aimé pouvoir célébrer Halloween comme il se doit ! Tu ne sais pas à quel point j'ai besoin d'une fête, d'une vraie fête, pas d'une soirée petit-fours champagne. »

J'avais envie d'évasion, de voir de nouveaux horizons, tout semblait terne ici ces derniers temps. Octavus avait illuminé ma journée mais les autres étaient vides de sens, plus personne n'avait à cœur de vivre avec légèreté. J'adorais l'école et apprendre me plaisait, pourtant je sentais que j'avais besoin de plus maintenant. Je voulais vivre de nouvelles choses avant de ne devenir qu'une femme au foyer, de parcourir le monde, peut-être avec lui mais je n'étais pas certaine qu'il supporterait autant ma compagnie pour cela. Je regardais les étoiles comme pour me projeter.

«- Ma vie se limite à Poudlard et au manoir, rien de palpitant hein ? Enfin, j'ai vécu quelques péripéties aujourd'hui ! J'ai attaqué une élève, reçue une retenue consistant à un dîner en charmante compagnie, qui l'aurait-cru ? »






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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Sam 1 Mar - 20:02


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu venais de lui faire un compliment et rien que pour sa réaction, tu regrettas ne pas l’avoir fait avant. Tu lui avais laissé l’impression qu’elle ne te plaisait pas, que tu ne t’intéressais pas à elle. En vérité, tu avais passé tout ton temps à essayer de l’oublier, de ne pas penser à elle. Ca avait été difficile, plus qu’elle ne pouvait l’imaginer. Elle te torturait. Tu aurais préféré être indifférent à son égard. Comme certains disaient de la haine à l’amour, il n’y avait qu’un pas. Tu ne la haïssais pas bien sûr, c’était juste compliqué.  Tous ces détails n’auraient pas dû compter. Ça n’avait jamais été une question d’attirance. Tu avais fais un nouveau pas vers elle. C’était déjà plus que tu te pensais capable quelques jours plus tôt. Quand tu trouvas la force de redresser les yeux vers elle, elle souriait. Elle semblait illuminée par cette vérité qui était sortie de tes lèvres. Tu sentais qu’elle était émue. Tu avais envie de la serrer dans tes bras, mais tu ne bougeas pas, ton cœur envahit d’une étrange chaleur. Tu te sentais bien, heureux de faire plaisir à cette femme assise en face de toi. Si tu n’avais pas si bien su te contrôler, tu aurais rougi après ton admission sur le fait que tu pensais à elle. C’était la vérité. Tu ne rêvais peut-être pas de votre futur mariage, mais tu pensais toujours à elle, même si c’était dans le but de chercher à l’éviter. Elle se contenta de répondre par un clin d’œil et tu souris d’un air amusé, rassuré de voir qu’elle ne répondait rien.

Tu savais que la rencontrer à Pré-au-lard serait toujours exclu, pas si vous y alliez avec vos apparences actuelles. A moins de prendre du polynectar pour déguiser Aloisia, tu ne pourrais pas sortir du château en sa compagnie sans attirer les regards soupçonneux et les rumeurs. Tu comprenais parfaitement ce qu’elle disait concernant l’atmosphère du château. Même si tu n’avais pas connu Poudlard sans Ombrage, les choses semblaient avoir bien changé. Il ne fallait pas être un habitué des lieux pour en faire le constat. Quand elle mentionna Durmstrang, tu souris, envahi de nostalgie. Tu ne regrettais pas à proprement parler le fait d’être un étudiant, mais c’était l’ambiance russe, le climat, un tout indescriptible qui te faisait être chez toi. Ce n’était plus le cas avec l’Écosse. Inverness te manquait pour les souvenirs que tu avais dans le parc, avec le Loch Ness, mais certainement pas pour ton père. « Au contraire, j’adorais Durmstrang. Je suppose que je ne suis pas objectif quand je dis que c’était mieux que Poudlard, mais c’était fantastique. Tout était fait pour qu’on réussisse plus tard, le climat entre étudiants était peut-être compétitif, mais il régnait une bonne camaraderie. En plus, l’endroit où on était situé était vraiment superbe. » Tu constatas que tu t’étais encore enflammé et te calmas légèrement avant d’avaler une gorgée de liquide pour te désaltérer. Il ne fallait pas te lancer sur Durmstrang sinon tu avais du mal à t’arrêter. Si elle avait pu voir l’endroit, elle aurait compris. Dommage que chaque école s’entoure d’autant de secret et de mystère. Tu étais sacrément chanceux d’avoir eu la chance d’en découvrir deux.

« Oui, j’imagine… J’ai toujours aimé les bals masqués, mais pas en compagnie de ces gens guindés qui te scrutent en espérant que tu fasses une erreur. Tu passes donc les fêtes chez tes parents? Tu n’avais pas envie de rester au château ? » Justement, tu assisterais à un bal masqué pour le nouvel an. Tu avais été invité par le Ministère russe et tu comptais y aller avant de rejoindre la fête des tes amis. Olaf donnait toujours les meilleures soirées et ses bals masqués étaient renommés. Vous seriez en petit comité ce qui était parfait. Est-ce qu’Aloisia pourrait s’intégrer parmi eux ? Ils avaient exprimé de nombreuses fois la volonté de rencontrer enfin ta fameuse fiancée. Ironique puisqu’ils t’accompagnaient dans tes tournées dans les bars où tu finissais rarement la soirée seul. « Oui, moi aussi. Pour la première fois depuis plusieurs années, ça aurait été une occasion en or. Et je suppose que quitter le château est exclu. Il doit y avoir pas mal de soirées à Londres. Dommage… » Tu l’aurais emmenée avec toi si ça avait été possible, mais ce n’était pas le cas. C’était un jour de classe comme un autre, d’autant plus que ce n’était pas en fin de semaine. Tu l’écoutas dévoiler ce pan de personnalité dont tu n’avais pas idée. Elle était beaucoup plus similaire à toi que tu ne l’avais pensé au départ. Cette même envie de découvrir le monde, de s’échapper. Peut-être qu’elle était faite pour toi, finalement. « Tu as encore la vie devant toi. » Une vie qu’elle allait partager avec toi, tu aurais ton mot à dire dans ce qu’elle deviendrait. Tu avais du mal à le croire. Tu n’aimais pas parler de votre future vie commune, mais tu voulais la rassurer. « Tu pourras voyager si tu le souhaites. Il n’y a rien de plus enrichissant de toute façon… C’est vrai, c’est la naissance de ton côté d’aventurière et ça paye. Cela dit, la prochaine fois, je te déconseille d’attaquer un élève. Je t’emmènerai plutôt à la découverte de la forêt interdite. »

Ses paroles n’étaient pas tombées dans les oreilles d’un sourd. Tu n’étais pas sûr de ce que tu allais lui dire. Tu n’avais pas pensé aussi loin. Les vacances de noël n’étaient pas si proches. Beaucoup de choses pouvaient se passer entre temps. Qui savait si dans deux mois, tu n’aurais pas reculé derrière tes principes une nouvelle fois ? Tu étais tellement compliqué que c’était fatiguant même pour toi. Ce serait pourtant une occasion en or. Tu pouvais comprendre quand elle disait qu’elle en avait marre de ne pas sortir. Elle était traînée de soirée en soirée comme une jolie décoration qu’on exhibait pour attiser la jalousie des autres. Tu avais longtemps été dans la même situation et tu avais détesté ça. Voir le monde était ton ambition première. Tu serais mort asphyxié si tu n’avais pas eu la chance de faire tous ces voyages. C’était une telle évidence pour toi d’avoir un métier te permettant de te déplacer. Si ça n’avait pas été la coopération magique, tu aurais trouvé autre chose. Tu n’étais jamais bien quelque part trop longtemps. Un de tes amis t’avait un jour fait remarquer qu’on n’était pas bien quelque part, mais avec quelqu’un. Tu lui avais ris au nez. Mais si c’était vrai, Aloisia était-elle ce quelqu’un ? Tu voulais quelqu’un qui soit capable de te suivre peu importe où tu déciderais d’aller. Elle semblait avoir ce tempérament. Rester à Poudlard un an serait un challenge. Heureusement que tu repartais en Russie pendant les vacances de noël. Ce qui te ramenait à ton idée première.

C’était à la fois une idée tout à fait logique et intéressante, mais effrayante. Allais-tu vraiment oser l’inviter à venir quelques jours chez toi en Russie pour le nouvel an ? Il y avait deux jours, tu passais ton temps à oublier sa présence et vos fiançailles. Pouvait-on vraiment changer d’avis si rapidement ? Tu n’étais pas une girouette et tu ne voulais surtout pas faire une promesse que tu ne tiendrais pas en définitive. C’était bien là tout le problème. Tu n’avais pas envie de lui proposer de venir, qu’elle dise oui et qu’ensuite tu regrettes, mais que par culpabilité, tu ne dises rien, mais fasse de son premier séjour en dehors de l’Angleterre un enfer. Tu reposas les yeux sur elle, ta jolie fiancée dont les yeux brillaient quand tu lui faisais un compliment. Elle serait bientôt à toi à tout jamais. Si tu avais des difficultés à être à l’aise ici, alors l’emmener ailleurs semblait logique. En Russie, tu ne serais pas son professeur, tu ne serais qu’un homme retournant dans sa patrie et souhaitant faire découvrir ce pays que tu aimais tant à ta fiancée. St Petesburg était là où était ta vie, tes amis. Tu avais envie de lui faire découvrir cette facette de ta personnalité, qui tu étais vraiment et pas qui elle pensait que tu étais. Peut-être qu’après ce séjour, elle réaliserait que tu n’étais pas du tout l’homme pour elle. Tu ne doutais pas qu’elle pourrait trouver quelqu’un qui lui convenait mieux. Toi, la vie de célibataire t’aurait parfaitement convenu si tu n’avais pas eu une telle pression à devoir transmettre le nom McKenna et ton sang à un futur héritier. C’était la chose à faire. Aussi loin de l’Écosse, vous seriez juste deux personnes qui faisaient connaissance. Vos noms, votre sang ou votre âge n’entrerait pas en ligne de compte. Rien ne disait que ses parents diraient oui de toute façon. Tu aurais pu attendre la fin de la soirée pour lui proposer, quand vous seriez assis sur le bord de la terrasse, les yeux perdus dans les étoiles et sa tête posée contre ton épaule, mais le moment semblait tellement approprié que tu n’en voyais pas l’intérêt. « Tu sais, je passe les fêtes de noël et du nouvel an en Russie comme chaque année. J’ai hâte d’y être !» Tu marquas une pause, inspirant longuement avant de poser les yeux sur elle. Elle rêvait de liberté et de dépaysement, tu pouvais lui offrir tout ça. C'était sans doute la seule chose positive que tu pourrais lui apporter. «Je me disais que ce serait peut-être bien que tu viennes passer quelques jours avec moi pour le nouvel an. Tu pourrais découvrir la Russie... » Tu retins ton souffle, incertain de sa réaction à cette proposition soudaine. C'était probablement trop tôt.




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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Dim 2 Mar - 0:23

Octavus & Aloisia
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Il me parlait de son école et c'était un tout autre homme que j'avais devant moi. Ses yeux pétillaient d'un bonheur que je ne lui avais jamais connu, son regard perdu au loin semblait se rappeler des souvenirs heureux, une nostalgie douce qui montrait combien cette époque de sa vie avait compté. C'était un spectacle merveilleux que de le voir si passionné au sujet de son école, lui qui était constamment dans le contrôle, je ne le pensais pas capable d'un tel débordement. J'aurais aimé pouvoir comprendre à quel point cela avait été fantastique pour lui, mais je ne le pouvais pas. Je pouvais toujours comparer sa scolarité avec la mienne, ce serait pourtant différent, c'était certain. Il avait vécu en toute liberté là où chacun de mes faits et gestes pouvaient être rapportés à mes parents. J'aurais aimé être plus âgée et avoir vécu tout cela avec lui, revivre ses moments qu'il chérissait avec tant de force. Je me rendais compte que j'aurais pu l'écouter parler de cette période pendant des heures, pour la simple et bonne raison qu'elle semblait le métamorphoser. Il ne m'avait jamais dit un mot dessus, comme si c'était un secret qu'il fallait préserver et je voulais en apprendre plus parce que cela avait fait de lui l'homme qu'il était aujourd'hui. Mais il s'arrêta et je continuais de le regarder ébahie. C'était comme s'il me racontait une histoire, je ne connaissais pas ce lieu où il avait vécu et mon imagination faisait déjà un travail incroyable pour l'imaginer dans un endroit magnifique, plus jeune, encadré d'amis forcément moins beau que lui. Je restais suspendue à ses lèvres, ne remarquant qu'il s'était arrêté que lorsqu'il prit une gorgée de jus de citrouille. C'était presque frustrant d'en entendre si peu. Mais il s'était dévoilé bien plus que jamais, je ne devais pas le pousser à aller plus loin. Il y viendrait de lui même avec le temps, je l'espérais du moins. J'attrapais une potatoes de citrouille avant d'en prendre une autre. J'oubliais presque que nous étions supposés manger, nos assiettes allaient refroidir, ça m'aurait semblé pourtant tout aussi alléchant puisque nous partagions ce repas ensemble. Je m'empêchais de pousser un soupir résigné en l'entendant me parler des fêtes. J'aurais bien sûr préféré les passer au château, il n'y avait rien de très festif à rentrer chez mes parents. Mais évidemment, ils n'étaient pas favorable à cette idée, ils ne l'avaient jamais été. Ma présence ne les réjouissait absolument pas, ils étaient plus dérangés par les qu'en dira-t-on si les familles de sang-purs des environs apprenaient que la fille Bateson restait à Poudlard pour Noël ?

«- Je vais effectivement passer les fêtes chez mes parents et tu te doutes que cela n'a rien à voir avec mes envies... L'avantage c'est que je ne fais jamais aussi bien mes devoirs qu'au manoir, un moyen comme un autre de faire passer le temps ! »

Je m'en voulais presque de me montrer si peu réjouie à l'idée de les revoir. Devant quelqu'un d'autre, je serais certainement apparue comme la pire enfant au monde. Octavus, lui, comprendrait, je le savais, il connaissait ce monde froid et il les connaissait, eux. Nous ne parlions jamais de nos parents, ce n'était ni plaisant pour lui, ni pour moi. J'avais souvent rencontré les McKenna, son père était imposant si bien qu'il ne laissait pas beaucoup de place à sa femme qui semblait charmante, même si elle m'intimidait, je devais bien l'avouer. Ma mère ne l'aimait pas, il ne fallait pas s'en formaliser pour autant, elle détestait par essence toute autre femme dont la beauté était incontestable. J'en faisais moi-même les frais. J'avais souffert de nombreuses années en voyant des mères enlacer leur enfant avec tant d'amour, si malheureuses de leur départ. Je n'avais jamais connu ça, un assistant me déposait à la gare pour chaque rentrée depuis toujours. Je me disais juste que tout ces gens n'avaient pas notre sang, qu'ils ne sauraient jamais ce que c'était que faire partie de l'élite. Des pansements bien inefficaces je ne le craignais. Cela m'avait endurci, j'avais le cœur plus solide. Jusqu'à ce que mon fiancé ne vienne y faire des ravages.

«- J'en serais presque à croire que tu me pousses à faire le mur dis moi ! L'idée ne me dérange pas, l'interdit a un goût assez excitant ! »

Je le regardais d'un air très sérieux, comme si je m'attendais à ce que nous partions dans l'instant avant de finir par éclater de rire. Je savais qu'il ne pensait pas à ça. Je nous imaginais mal nous échapper hors des remparts pour faire la fête à Londres toute la nuit et rentrer au petit matin dans un état approximatif. Pourtant cela m'aurait plu, j'aurais certainement accepté. Agir, vivre, et réfléchir aux conséquences une fois qu'il n'y avait plus de retour en arrière possible. J'aurais aimé être cette personne, malheureusement j'étais bien trop enchaînée pour cela. La vie devant moi... J'avais effectivement l'avantage de la jeunesse mais on m'avait déjà tracé un chemin sur lequel il n'y avait pas de modification possible. Mes yeux fixaient le ciel étoilé, je ne parvenais pas à le regarder. Nous allions sur un terrain glissant puisqu'il s'agissait de notre futur. Notre vie ensemble. Nous n'en parlions jamais, ni du mariage, ni de l'après. J'avais déjà une petite idée d'à quoi cela ressemblerait et je l'acceptais puisque c'était le seul moyen d'être auprès de lui. Je savais pourtant que j'allais devoir consentir à faire des sacrifices. Je ne voulais pas lui confier mes craintes, s'il venait à penser que j'avais des regrets sur ce qui m'attendait, je ne pourrais pas me le pardonner. Malheureusement rien ne semblait lui échapper. Et lorsqu'il me rassura, je continuais à regarder les étoiles, mettant un moment pour me permettre de croiser son regard. Comment faisait-il pour répondre à toutes mes interrogations muettes ? Il comprenait ce que c'était qu'être enfermé dans une prison dorée. Je l'aurais accepté puisque je l'aimais. Il ne voulait pas m'enfermer pourtant. Et je lui en étais reconnaissante. J'aurais une vie et je ferais partie de la sienne. C'était trop beau pour y croire, personne n'avait le droit à autant de bonheur. Je ne prenais pas tellement attention à son avertissement sur une possible récidive. Il venait d'ouvrir de nouvelles perspectives à mon avenir, des portes que j'avais appris à sceller à contrecœur au fil des années.

«- Tu peux m'emmener où tu veux. J'ai tellement hâte de voir à quoi ressemble le monde. »

Les deux années à venir me semblerait encore plus longue maintenant qu'il me faisait rêver. Conserverait-il son poste de professeur une fois marié ou reprendrait-il ses anciennes fonctions ? Et moi, est-ce que je pourrais envisager de travailler ? Je me contenterais de le suivre s'il le fallait puisqu'il me promettait une liberté que je n'avais jusque-là jamais osé imaginer. Il me redonnait un regain de bonne humeur. Je repensais à tous les livres que j'avais lu, à tous ces lieux que je n'avais pu qu'imaginer et à tout ce que je ne connaissais pas. Je mangeais de meilleur appétit sans y penser en l'écoutant. Il repartait en Russie, cet endroit qui avait été son refuge pendant si longtemps. J'avais pensé que cette nouvelle me rendrait malheureuse, mais non. Au contraire, l'imaginer dans ce lieu si cher à son coeur me réjouissait pour lui. Je ne répondais rien, la bouche pleine, me contentant d'un sourire sincère. Je n'avais plus aussi peur de le voir partir qu'avant et je comprenais petit à petit que son bonheur était-là bas. Ce n'était pas tant pour me fuir que pour retrouver sa liberté qu'il y allait et je pouvais le comprendre, mieux encore je l'enviais pour avoir trouver un tel havre de paix, loin de toute cette pression qui nous entourait constamment. Après une hésitation, il finit par parler sans que je ne comprenne où il voulait en venir. Je n'étais pas sûre que mon cerveau puisse interpréter correctement ce qu'il venait de me dire, si bien que mon corps entier sembla se tétaniser. J'avalais de travers, manquant de m'étouffer alors que ses paroles faisaient leur chemin en moi. Je levais un regard surpris, choqué, vers lui, une main posée sur ma bouche. Partir en Russie, avec lui... Les secondes passèrent et je ne savais pas quoi dire de peur que la bulle éclate et que je ne me rende compte que je m'étais endormie sous cette lune si apaisante. Mais ça ne semblait pas être le cas et il était toujours là, à me regarder en attente de ma réponse.

«- Octavus... »

Je n'aurais jamais osé lui demander une telle chose, cette partie de sa vie semblait trop importante à ses yeux pour que je me permette d'y faire intrusion. Il le voulait pourtant. Et moi aussi, de tout mon cœur. Je finis par réaliser pour de bon, mes lèvres s'étirant avec une telle force que cela en devenait presque douloureux mais qu'importait. J'allais partir loin d'ici. Je me mettais alors à genoux face à lui, prête à lui sauter dessus alors que mes mains se posaient sur mes joues. Des milliers de choses me passaient en tête, des paysages inconnus, des bâtiments vus dans des livres et des sorties incroyables à ses côtés. J'avais envie d'hurler mais ma gorge était trop serrée sous le coup de l'émotion pour me le permettre.

«- Oui, oui et oui ! Mon dieu la Russie ! Pour le nouvel an en plus, ça va être super ! Oh par Merlin, il va falloir que je m'achète une chapka. Il me semble que c'est ce que les russes portent. Tu en as une toi ? Je crois bien n'en avoir jamais vu en vrai ! »

Je débordais d'enthousiasme et une petite voix me disait de ralentir, de ne pas l'effrayer, mais j'étais incapable de m'y résigner, bien trop heureuse pour être rationnelle. J'avais envie de filer faire ma valise tout de suite tellement j'étais impatiente. Moi qui craignait de ne voir arriver trop tôt les vacances d'hiver, elles semblaient bien trop loin à mon goût dorénavant. Je ne réalisais pas encore la globalité de la chose. J'allais vivre avec lui totalement pour quelques jours, découvrir l'endroit où il vivait, partager une certaine intimité. Je ne voyais que les paysages enneigées et les bâtiments colorés. Je refluais les larmes qui menaçaient. En plus de me promettre une liberté future, il me l'offrait sur un plateau d'argent et tout de suite. J'avais l'impression que tout était possible, que la vie telle que je l'avais imaginé n'était plus qu'un lointain souvenir qui ne refléterait jamais ma réalité.

«- Je ne sais même pas comment te dire merci... Octavus c'est vraiment la chose la plus incroyable qui puisse m'arriver et c'est grâce à toi. »


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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Dim 2 Mar - 17:22


You were right from the start





Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu continuas de picorer dans la nourriture, conscient que même si la température n’était pas froide, les plats ne resteraient pas chaud éternellement. Tu pourrais toujours les réchauffer, les joies d’être un sorcier. Tu étais tellement préoccupé que tu n’avais pas vraiment d’appétit, mais tu avais encore une longue soirée devant toi, mieux valait que tu te remplisses l’estomac. Tes petites escapades nocturnes dans les cuisines commençaient de devenir un peu lassantes. Les gens ne l’auraient pas cru puisque tu étais mince, mais tu étais capable de manger pour deux. Tu aimais les bonnes choses. Tu souriais, heureux d’avoir proposé cette soirée. Pour l’instant, tout se passait parfaitement bien. Tu n’avais pas envie que ça se finisse et surtout pas pour aller retrouver tes élèves incompétents…  

Tu sus immédiatement que tu n’aurais pas du mentionner les vacances de noël quand tu vis le visage d’Aloisia s’assombrir. Tu fis une grimace devant ton manque de considération. Penser à ses parents n’avait jamais été particulièrement agréable et tu remuais le couteau dans la plaie. Il était évident qu’elle n’avait pas le choix sur le lieu de ses vacances. Contrairement à toi, elle était encore dépendante de ses parents. Même si elle avait voulu rester ici, elle n’aurait pas pu. Les apparences comptaient beaucoup trop pour les familles de sang pur, tu en savais quelque chose. Pour être honnête, tu devais avouer que tu étais soulagé de ne pas avoir à les revoir à noël. La semaine que tu passais à faire des ronds de jambes chaque été te suffisait amplement. Avec un peu de chance, ton retour en Angleterre permettrait de supprimer cette tradition. Tu n’étais plus un enfant, tu n’avais pas besoin de supervision. Parfois, tu te demandais s’ils n’étaient pas inquiets pour la vertu de leur héritière. De toute façon, maintenant tu avais des occasions tous les jours, donc ça n’avait plus aucun sens. A la place, tu préférerais largement enlever Aloisia et lui faire découvrir Paris ou le lieu de son choix pendant une semaine.

En l’entendant parler de son retour au manoir, tu sus que tu avais eu raison de lui faire cette proposition. Tu t’y prenais peut-être un peu tard, il était possible qu’ils aient déjà fait des plans avec leur fille, mais tu savais qu’elle n’en avait pas envie. Au moins, elle aurait quelques jours loin d’eux et loin de l’école. Tu étais excité à l’idée de montrer à quelqu’un ton havre de paix. C’était assez ironique que tu te sois réfugié en Russie alors que les sangs de bourbe vivaient littéralement dans une dictature. Tu n’avais jamais compris comment le Ministère de la magie et le gouvernement russe faisaient pour s’entendre d’ailleurs. « Je peux l’imaginer. J’ai eu la chance de prévoir suffisamment tôt mon retour pour la Russie et mon père n’a pas voulu faire un scandale sur mon absence aux fêtes vu que je suis invité à la soirée du Ministère de la magie. »

Tu étais presque étonné qu’elle soit restée aussi sage. Aloisia était une vraie bombe à retardement. Elle souhaitait tellement s’échapper que tu t’attendais presque à ce qu’elle t’attrape par la main et t’entraîne hors du château. Ce côté imprévisible se plaisait. Toi-même, tu n’étais pas connu pour être un modèle de stabilité.  Elle finit par rire et tu te permis un sourire. « Moi te pousser à enfreindre le règlement ? En tant que professeur, ce serait très déplacé… » Sortir à Londres serait totalement irresponsable malheureusement. S’il arrivait quelque chose ou si l’absence d’Aloisia était découverte, tu risquais le renvoi. Voldemort te tuerait de colère, sans nul doute. Néanmoins, rien ne t’empêchait de mettre cette proposition à exécution de façon différente dans le futur. Hagrid faisait bien ses retenues dans la forêt interdite. Personne ne soulèverait trop les sourcils si tu faisais pareil tant qu’il n’arrivait rien de grave. Quand tu étais à Durmstrang, tu avais passé des heures à explorer la forêt qui bordait un côté de l’école. Apparemment, celle de Poudlard était un peu plus dangereuse. Si les rumeurs que tu avais entendues étaient vraies, il y avait un nid d’araignées géantes.

Elle détourna les yeux quand tu parlas de son futur. Tu en oubliais presque qu’elle allait s’enchaîner à toi. Tu ne comptais pas la transformer en femme trophée. Si elle le souhaitait, ce mariage n’en serait qu’un pour les apparences. Une fois votre héritier conçu, tu la laisserais vivre sa vie comme elle le voulait. Tu ne savais pas ce qu’elle espérait de votre union. Vous n’en aviez jamais parlé. C’était tabou. Si elle souhaitait te suivre, tu la laisserais, mais si elle voulait partir voyager dans le monde entier, alors tu la laisserais aussi. Tu ne voulais pas te comporter comme ses parents et que sa vie ne soit qu’une succession de cages plus ou moins agréables. Tu ne voulais pas qu’elle ait à abandonner toutes ses aspirations parce qu’elle était née en tant que femme. Si elle voulait travailler, tu n’allais pas t’y opposer. Elle n’était pas ta propriété. Tu te demandais souvent si elle avait pensé à ce qu’elle voulait pour plus tard, sans penser à t’ajouter dans l’équation. Elle devait penser avant tout à elle, tout comme tu pensais à toi. Un jour prochain, vous alliez devoir vous asseoir devant un thé et discuter sérieusement de votre future vie commune, vos attentes sur ce mariage. Tu n’étais pas pressé de te faire passer la corde au cou, c’était vrai. Tu étais prêt à attendre quelques années. Tu ne considérais pas qu’à dix-sept ans, sitôt sortie de l’école, une personne soit en mesure de savoir ce qu’elle voulait faire de sa vie. Les mariages si jeunes étaient stupides. De toute façon, vous étiez fiancés, attendre un ou deux ans de plus n’allait rien changer du tout.

En entendant sa réponse, ton souffle se coupa. Elle te confiait le reste de son avenir, sans réfléchir, sans même te connaître réellement. Elle ne savait pas que tu avais vendu ton âme à Voldemort, que tu cachais un côté très sombre en toi qui ne demandait qu’à sortir. Tu lui jetas un long regard, cherchant à déceler ses motivations. Était-ce uniquement lié à son envie de découverte ? « Je me ferai un plaisir de te faire découvrir le monde si c’est réellement ce que tu souhaites. » Tu ne rajoutas pas que tu parlais de toi. Dans ta tête, elle partirait seule pendant un an formateur comme tu avais fais plus jeune. Elle ne se connaissait pas encore, elle devait apprendre qui elle était et quelles étaient ses vraies aspirations dans la vie. Tu ne voulais surtout pas l’influencer, c’était beaucoup trop important. Tu piochas un peu de nourriture, pensif. C’était le problème avec votre différence d’âge. Vous auriez rapidement des envies différentes. Elle te sourit quand tu mentionnas ton retour en Russie. Elle ne semblait pas triste que tu ne passes pas les vacances en sa compagnie. Tu supposais que ce n’était pas pareil maintenant que tu pouvais la croiser tous les jours. Un jour, elle aussi trouverait ce lieu qui lui permettait de s’échapper et d’être heureuse.

Si elle partait en Russie avec toi, tu aurais tout le temps de lui raconter des histoires sur ta vie là-bas. Tu avais tellement de souvenirs. C’était comme si ta vie était divisée en deux. La première partie regroupait ta vie en Écosse jusqu’à tes dix ans, soumis aux ordres de ton père et la seconde était uniquement due à tes choix, en Russie. Tu voulais lui montrer que tout n’était pas perdu. Elle était comme toi, les ailes restreintes alors qu’elle ne cherchait qu’à s’envoler. Tu avais réussi à prendre ton envol et tu ne comptais pas ré-atterrir un jour. Maintenant, tu étais libre. Elle aspirait aux mêmes choses que toi, ce serait plus facile. Tu n’aurais pas à lui faire du mal, à lui imposer une vie qu’elle n’aimerait pas. Cela te rassura. Il y avait tant d’endroits fantastiques que tu voulais lui montrer. Aloisia pouvait bien sûr changer d’avis par la suite, mais pour l’instant, vous aviez les mêmes aspirations et c’était rassurant. Tu pouvais imaginer de quoi ta vie serait faite. Elle te suivrait par amour et par envie de découverte. Vous seriez loin de l’atmosphère pesante de vos familles. Bien sûr, dans ton petit plan parfait restait encore une grosse inconnue, Voldemort. Te laisserait-il t’échapper de ses griffes pour repartir à l’étranger ? Tu pourrais lui être utile si tu reprenais ton ancien poste. Ce ne serait pas de gaité de cœur, mais pour survivre, tu le ferais. C’était la première fois que tu te projetais si loin dans l’avenir. Tu n’avais jamais osé imaginer ce que ton futur mariage entraînerait comme changement. Tu aurais peut-être dû envisager que ce ne serait pas aussi drastique que tu le craignais. Aloisia avait eu raison dès le départ.

Quand tu commenças de mentionner ton idée qu’elle t’accompagne quelques jours, tu guettas chacune de ses réactions. Elle ne semblait pas réagir, figée en plein geste. Elle manqua de t’étouffer et tes yeux s’agrandissent légèrement, sa bouche continuant de parler sans s’arrêter, même si en voyant sa réaction, tu te décomposais. Tu aurais dû t’y attendre. Qu’est ce qui t’avait pris de dire ça ? Bien sûr qu’elle n’avait pas envie de passer plus de temps avec toi dans un pays inconnu. Elle semblait choquée que tu ais même mentionné cette idée. Les secondes défilaient et elle ne répondait rien. Aloisia ne savait sûrement pas comment te dire non. Tu te sentais stupide d’avoir ouvert la bouche en premier lieu. Tu baissas les yeux, te sentant ridicule d’avoir même mentionné cette proposition. Ne supportant plus une seconde supplémentaire de silence, tu rouvris la bouche, un flot de parole s’échappant de tes lèvres avant que ton esprit n’ait le temps d’analyser ce que tu disais. Tes mains passèrent nerveusement dans tes cheveux pour te détendre. Tu te crispas. « C’était juste une idée comme ça. Je ne t’oblige à rien. Je comprendrai tout à fait que tu refuses. Tu ne me connais pas, rester seule avec moi dans un pays qui t’est inconnu… Tes parents diront certainement non de toute manière. Oublie ce que j’ai… » Tu t’arrêtas brusquement de parler quand elle prononça ton prénom et tu relevas les yeux, le temps semblant se figer. Ton cœur se stoppa, attendant l’estocade finale. Elle ne vint jamais. En voyant le sourire immense qui déformait son visage, tu ne compris pas où elle voulait en venir. Elle s’approcha de toi et en entendant ce qu’elle avait à dire, tu te détendis brusquement.

Ton cœur se réchauffa devant son enthousiasme. Elle ne t’avait pas repoussé. Elle disait oui. Un sourire aussi grand que le sien apparut sur ton visage. Tu te voyais déjà lui montrer les merveilles de St Petersburg. En voyant son agitation, tu te permis un rire ravi avant de l’attirer impulsivement vers toi, pour la serrer fort, ton nez enfouit dans ses cheveux parfumés. Tu finis par la relâcher et répondre à sa question. « Au moins maintenant je sais quoi t’offrir pour noël. Oui j’en ai même plusieurs. » Tu lui souris de manière indulgente. Le froid n’avait jamais été un obstacle pour toi, mais tu n’avais pas envie d’atterrir à l’hôpital avec une oreille en moins. Tu avais toujours entendu dire que c’était très douloureux à faire repousser…

Son enthousiasme était contagieux et tu te sentais entraîné dans sa bonne humeur, bien qu’un peu gêné par ses remerciements. Cela te montrait à quel point tu avais été cruel avant ça. Il était temps que tu lui montres un peu ce qu’était ta vie. Tu aurais dû le faire depuis bien longtemps. « Ne me remercie pas encore… Je suis sûr que tu aurais fini par y aller. Mes amis sont impatients de te rencontrer et puis, je crois qu’il est temps de t’ouvrir un peu la porte de mon jardin secret, non ? Et quoi de mieux que d’accueillir ensemble la nouvelle année pour ça ? »







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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Dim 2 Mar - 21:51

Octavus & Aloisia
You were right from the start



J'avais appris que la naissance d'une femme d'un rang tel que le mien n'était pas une bénédiction. Mes parents ne souhaitaient de moi qu'une seule chose : que je fasse un mariage qui les honorerait. Et le reste de ma vie aurait pour but de donner un héritier à mon époux, de transmettre un nom des plus prestigieux. Je n'avais jamais réfléchi à la maternité, je savais seulement que ce n'était pas une option. Et avec l'exemple que j'avais eu, je craignais réellement de ne pas être une bonne mère. Bien sûr, je me disais constamment que je ne ferais jamais subir à mon enfant ce que j'avais vécu, ça semblait pourtant bien plus facile à dire qu'à faire. Répéter les erreurs commises par nos parents, devenir ceux qu'on avait haï, cela me terrifiait à vrai dire. Plus le temps avançait, plus notre union se rapprochait et plus ces questions me tourmentaient. Une fois la bague au doigt, tout le monde guettera mon ventre, attendant un signe de l'heureux événement. Après je n'aurais plus d'intérêt pour quiconque, mon rôle ne sera que factice. Mais je ne me sentais pas capable de donner la vie aussi vite. Je commençais à peine la mienne et je ne voulais pas avoir à me sacrifier si tôt, plus que je ne devais déjà le faire. C'était sûrement égoïste. Je ne m'imaginais pas faire un enfant à Octavus pour le moment, et ce même si je lui portais un amour indiscutable. Je n'étais pas sûre que cela soit une priorité pour lui, il était encore jeune et sa carrière semblait être importante à ses yeux. Même si je ne doutais pas qu'il devienne un père merveilleux un jour ou l'autre. Et moi aussi, je voulais travailler. Me sentir utile, pouvoir montrer ce dont j'étais capable et avoir un but personnel pour m'élever, c'était important. J'étais une fille intelligente, une existence de femme au foyer me serait insupportable. Je ne savais cependant ce que je voulais faire plus tard. Une partie de moi voulait se pencher sur la question mais ma raison avait toujours pris le dessus. Se fixer sur un choix en sachant pertinemment que je ne pourrais jamais suivre cette voie était une douleur qui n'était pas utile de m'infliger. S'il avait réellement une vision différente de notre vie que celle programmée par nos parents... peut-être serait-il judicieux que je me planche sérieusement sur la question. Je n'avais pas l'intelligence de mon fiancé, il aurait pu embrasser pour sa part toutes les professions après la fin de ses études. Il fallait que je découvre ma voie.

Tout prenait une tournure à laquelle je ne m'attendais pas. Je savais qu'il était imprévisible et surprenant. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit à ce point-là. Il ne m'avait pas adressé la parole depuis deux mois et notre dernière rencontre avait été virulente, entre colère et douleur. Aujourd'hui ce n'était que légèreté et complicité. Il était comme ça, je l'étais également même si il avait une tendance à se refermer que je ne lui partageais. Quand je m'ouvrais à quelqu'un, je le faisais totalement. C'était sûrement pour cela que je n'avais que très peu de gens auprès de moi. Il n'y avait pas de retour possible, même si je prenais le risque d'être blessée. Et c'était souvent le cas avec lui. Je pouvais donc comprendre qu'il soit si prudent. Mais je n'avais aucunement l'intention de le blesser, pas intentionnellement du moins. Je savais qu'il ne me prenait pas au sérieux, pour lui je n'étais que sa très jeune fiancée, une enfant qui ne savait pas dans quoi elle s'embarquait. Je ne doutais pas un seul instant qu'il soit encore plus sombre au fond que ce qu'il m'avait laissé entrevoir à contrecœur, dans des accès de rage incontrôlables. Il n'était pas parfait objectivement. Je savais qu'il l'était juste pour moi. Il était assez fort pour me canaliser, il n'aurait de cesse de me surprendre aux moments où je m'y attendrais le moins et il saurait comment me faire rire quand j'en aurais besoin. Je ne doutais pas de lui, seulement de moi. J'espérais être la femme qu'il lui fallait ce qui semblait être de moins en moins le cas.

Pourtant il faisait un pas vers moi, l'un après l'autre. Et aujourd'hui, il me laissait même entrer dans sa vie. Il aurait fallu que je sache ce qui l'avait faire revoir son jugement sur moi pour pousser encore plus cet aspect de ma personne. Ou alors il subissait des pressions de sa famille, j'en doutais cependant. C'était un homme maintenant, il n'était plus l'adolescent qu'on avait fiancé d'autorité à une enfant haute comme trois pommes. Bien sûr, un nom comme McKenna ne cessait d'amener son lot quotidien d'obligations. Une requête comme celle qu'il venait de me soumettre ne pouvait pas en faire partie, c'était spontané, incertain, comme lui. Et c'était soudain, je n'étais absolument pas prête. Je m'en voulais presque de mon manque de réaction immédiate, c'était cependant compréhensible. Pour le coup, c'était moi cette fois-ci qui avait eu besoin de temps pour comprendre totalement ce qu'il me demandait : partir en Russie avec lui, découvrir cette vie qui l'avait toujours poussé à partir si loin de moi, passer les vacances avec lui, des jours entiers où plus rien ne nous empêcherait d'être nous. Le son de sa voix m'apparaissait si faiblement que les mots étaient confus, indistincts, je comprenais juste que mon silence l'avait fait douter de mon envie. Et c'était ce qui m'avait poussé à parler. Je ne voulais pas qu'il pense que cette proposition était indécente à mes yeux, loin de là. Et puis, comment oublier ? C'était impensable, je n'allais penser qu'à ça jusqu'à notre départ, j'en étais certaine. Je notais qu'il passa sa main dans ses cheveux, comme à chaque fois qu'il se sentait mal à l'aise et je trouvais ça touchant. Le mettre dans cet état me donnait l'impression de compter et c'était indescriptiblement libérateur après l'avoir pensé indifférent à ma personne durant tout ce temps. Le soulagement qui détendit les traits tendus de son visage me fit fondre, il partageait mon sourire heureux, je ne pensais pas qu'il s'inquiétait autant de mon refus. J'étais dans un état fébrile, je pouvais sentir cette excitation dans chaque centimètre de ma peau, irréfrénable bonheur. Et lorsqu'il m'attira brusquement contre lui, je crus que mon cœur ne le supporterait pas, mais mon corps savait comment accueillir ce geste. Je plaçais mes mains spontanément sur sa nuque, ma tête nichée dans sa nuque comme s'il n'y avait jamais eu un autre refuge possible. Son odeur m'enivra, j'aurais aimé pouvoir en profiter plus souvent. Les battements de mon cœur cognaient si fort contre ma poitrine que je craignais qu'il ne les entende, nous étions si proche l'un de l'autre après tout. Il finit par me relâcher, s'éloignant de moi, mes yeux scrutant son regard alors que ma main se posa sur sa joue sans que je ne sache pourquoi. Je savais qu'il fallait que je dise quelque chose, j'allais finir par l'effrayer pour de bon. Mes yeux étaient presque fiévreux de ce qui pourrait se passer, après tout les surprises n'en finissaient plus de pleuvoir. Je ne savais pas si il était judicieux de laisser mes lèvres s'exprimer, la joie pourrait me faire dire des bêtises. Pourtant sous cette lune et ces étoiles qui illuminaient le ciel, je me sentais plus courage. Le ton de ma voix était suave, profond, lorsque je lui annonçais comme si c'était un secret que je n'avais jamais osé avouer.

« - Vodka spasiba. »

Je finissais pas éclater d'un rire franc, ma main reprenant sa place sur ma hanche. Je lui faisais face et je pouvais voir combien il ne s'attendait pas à ça. J'aurais pu dire autre chose, mais ce n'était pas le moment, nous n'étions pas prêt, ni lui ni moi. Et je ne voulais pas tout gâcher en me précipitant. Mes doigts étaient comme engourdis après avoir pu caresser sa peau, j'essayais de ne pas y penser. Je me rasseyais, mes jambes étendues sur le côté, mais j'étais bien plus près qu'au début du repas. J'attrapais joyeusement quelque chose à manger, puis remplissais de nouveau ma coupe avant de m'occuper de la sienne.

« - L'étendu de mes connaissances en russe ! Il va falloir que tu me fasses deux-trois pense-bête au cas où. »

L'imaginer avec une chapka sur la tête avait quelque chose de comique, lui qui passait son temps à remettre ses mèches indisciplinées en place. Je lui fis les gros yeux en entendant la suite. Ce n'était ni le jardin secret, ni la nouvelle année qui m'interpella. C'était autre chose, quelque chose de bien plus important. Ses amis me connaissaient, enfin ils savaient que j'existais quelque part. Il ne cachait pas le fait qu'il était fiancé, il parlait de moi même si je n'étais pas là. Et maintenant, j'allais les rencontrer. Je n'y avais même pas pensé. C'était bien plus qu'une visite de son lieu de vie, c'était une invitation à partager un peu de son existence quotidienne. Faire des choses ensembles, apparaître vraiment au grand jour comme des fiancés ordinaires, ça ne nous était jamais arrivé. Je cachais ma bouche de mon verre pour qu'il ne voie pas le sourire en coin du à cette révélation. Une nouvelle année, une toute nouvelle vie. Une vie où l'autre avait son importance. Je mordais ma lèvre inférieure, gênée et à la fois rassurée de voir qu'il ne niait pas mon existence, comme une honte à cacher. Je repoussais mon assiette puis posais ma main sur ma cuisse, traçant un rond imaginaire par dessus mon collant machinalement. Mes yeux se plantèrent dans les siens, j'avais tout le loisir de contempler ce vert sombre maintenant. Cette couleur était ma préférée par sa faute.

«- Tu m'offres la Russie et une soirée avec tes amis dans la foulée. Tu as d'autres cadeaux sous la main dis moi ? Je te préviens, à part la chance incroyable de partager un repas en ma charmante compagnie, je ne t'ai rien amené ! »


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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Lun 3 Mar - 17:29


You were right from the start





Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Vous étiez bien tous les deux. Tu avais prévu tout un tas de choses pour que la soirée se passe mieux, mais vous n’en auriez pas besoin. C’était une surprise pour toi. Tu avais fais des concessions. Maintenant cette rencontre avait pris un tournant inattendu. Tu n’aurais jamais pensé l’inviter en Russie. C’était sorti comme ça, sur le moment. Et pourtant, tu trouvais que c’était une bonne idée. Peut-être que cesser de réfléchir sans cesse et écouter ton instinct allait te permettre d’améliorer la situation entre vous. Il pouvait se passer tant de choses en une année. La Russie pouvait soit vous rapprocher, soit vous éloigner. Aloisia allait voir ta vraie vie, qui étaient tes amis. Elle ne pouvait que s’imaginer ce que tu avais fait de ta vie là-bas.

Tu avais tendance à toujours vouloir garder le contrôle, à réprimer tes émotions. Tu réfléchissais beaucoup trop, préférant prendre du temps, trop de temps, pour agir au lieu de laisser tes émotions prendre le dessus. Tu ne te faisais pas confiance, tu te faisais peur. Ecouter tes instincts pouvait être la meilleure chose à faire ou la pire selon la situation. Tu avais perdu le contrôle lors de ta première rencontre avec Aloisia deux mois plus tôt. Tu aurais dû t’éloigner et réfléchir à une façon d’agir au lieu de rester l’affronter. Pourtant, aujourd’hui encore, tu avais balayé tes principes à la poubelle pour surfer la vague. Tu n’aurais pas pu prendre un meilleur exemple. Tu avais cessé de réfléchir une fois, te laissant porter par la situation et c’était loin d’être une catastrophe. Tu n’étais pas assez naïf pour penser que tu n’allais pas regretter ton comportement irréfléchi une fois rentré seul dans tes appartements. Il y avait peut-être même un pourcentage de chance que tu commences de te plaindre de ta réaction durant la classe.

Tu n’étais pas vraiment un type câlin, mais tu te fis la réflexion que tu pourrais facilement t’habituer à la tenir dans tes bras. Cela ne semblait pas forcé, c’était comme si tes bras avaient été fait pour la tenir contre toi. vos cœurs semblaient battre à l’unisson. Ses mains se glissèrent derrière ta nuque et tu te dis que le moment était vraiment parfait. C’est comme ça que tu aurais aimé demander en mariage la femme que tu aimais. Tu n’étais pas un romantique, mais tu aurais fait un effort pour cette occasion. On t’avait privé de tout ce qui comptait. On t’avait annoncé tes fiançailles comme si tu apprenais le décès d’un parent. Aloisia n’avait dû se rendre compte de rien, trop jeune pour comprendre de quoi il retournait. C’était ridicule. Vous aviez tout fait à l’envers. Tu espérais que vous pourriez faire les choses correctement à l’avenir, reprendre à zéro. Vous alliez apprendre à vous connaître, vous alliez partir ensemble en voyage. Tu l’avais relâchée, mais elle restait proche, sa main posée sur ta joue. Tu n’étais pas prêt à l’embrasser même si elle semblait en avoir envie. Elle te regardait avec une telle passion que tu déglutis. Tu étais incapable de faire un geste pour l’encourager. Tu n’avais pas imaginé que la soirée prendrait cette tournure là. Tu finis par poser ta main sur la sienne, curieux de savoir ce qu’elle allait dire.

Elle prononça deux mois en russe. Tu haussas un sourcil interrogateur. Tu mis un instant à comprendre pourquoi elle te demandait de la vodka avant d’entendre ses explications et de rire légèrement. Effectivement, ses connaissances ne pouvaient que s’améliorer. Même si vous alliez très certainement aller dans un bar au moins une fois durant son séjour, il y avait des mots plus utiles à connaître d’abord. Elle finit par enlever sa main et tu reculas légèrement ton buste. Tu ne t’étais pas attendu à entendre une telle phrase sortir de sa bouche. Tu craignais plutôt une confession d’amour vu le ton de sa voix. Tu fus soulagé et aussi un petit peu, déçu ? « Brava Aloisia ! » Tu étais long à la détente ce soir, heureusement que tu n’avais pas bu d’alcool. Tu étais assez fébrile comme ça, même si tu te sentais mieux maintenant qu’elle ne t’avait pas ridiculisé. Tu te serais refermé comme une huître si tel avait été le cas. Peut-être qu’elle s’en était douté et avait accepté par gentillesse. Sitôt cette pensée, tu te traitas d’imbécile. Il paraissait évident qu’elle était ravi à l’idée de partir. Personne ne pouvait jouer aussi bien la comédie. Quand elle se réinstalla, elle était plus proche de toi qu’au départ. Tu eus un sourire espiègle avant de lui répondre en russe toi aussi. Tu aurais pu dire n’importe quoi, elle n’aurait rien compris. « Eto khorosheye nachalo, no u vas yeshche yest' progress , chtoby sdelat' »

Tu lui fis un sourire complice. Tu avais un gros avantage sur elle, tu parlais cinq langues. Ça t’avait toujours servi, si ce n’était pour te faire comprendre, au moins pour pouvoir exprimer ta frustration de manière colorée sans attirer l’attention de tes fréquentations. Jurer en danois avait toujours été extrêmement libérateur d’ailleurs. Tu ne serais pas contre essayer cette méthode sur Ombrage d’ailleurs… Aloisia ne t’avait pas demandé de lui apprendre le russe, enfin pas comme tel. Tu n’avais pas à t’imposer une mission qu’elle n’avait pas mentionnée. Et pourtant, cela serait tombé sous le sens. Tu voulais repartir en Russie dès que possible et tu n’allais pas pouvoir la laisser ici. Elle devrait apprendre le russe. Pour le moment, ce n’était pas urgent. Elle allait venir pour quelques jours. Les russes que tu fréquentais parlaient tous anglais de toute façon et tu pouvais toujours parler pour elle si ce n’était pas le cas. Elle pouvait apprendre les bases, et encore ce n’était pas obligatoire. Il n’y avait rien de mieux que de se trouver en situation pour s’améliorer de toute façon.

Est-ce que tu avais envie de prendre un peu plus de ton temps pour lui donne toi-même des cours ? Mieux valait laisser passer quelques jours avant de répondre à cette question. Tu préférais ne pas prendre d’autres décisions hâtives, deux en l’espace d’une journée avaient suffi. Tu aurais le temps de réfléchir plus tard si tu voulais l’aider un peu dans son apprentissage du russe. En attendant, tu avais toujours des livres que tu pouvais lui prêter si elle manifestait de la curiosité à cet égard. Tu ne voulais l’obliger à rien. « Tout le monde commence à zéro quelque part. Pas de problème pour les pense-bêtes, je peux même te prêter quelques livres si tu veux te documenter un peu avant de partir. Tant que tu ne refuses pas un verre, ça devrait aller... » Tant qu’elle ne comprenait pas les conversations en russe que tu entretiendrais avec tes amis, ça irait. Tu te doutais bien qu’elle serait l’un des sujets de conversation principal. Tu avais fait tant de mystères sur elle. ils connaissaient ton côté volage, infidèle. Ils l’étaient tout autant avec leur propre fiancée. Ils savaient que tu la trouvais trop jeune, que tu ne l’aimais pas, qu’elle te rattachait à un passé que tu voulais fuir. Ils risquaient d’être surpris en la rencontrant. Aloisia avait toujours la capacité à illuminer la pièce dans laquelle elle entrait. Peu importait où elle se rendait, tu voyais à quel point elle plaisait aux gens. Ils l’entouraient comme si elle était la reine. Ils allaient sans doute être séduit par son charme et te traiter de bezumets de chercher à la fuir.

Tu pouvais parfaitement l’imaginer dans son élément une fois là-bas. Elle était tellement curieuse de tout, ce serait comme emmener un enfant sur le chemin de traverse pour la première fois. Tu étais impatient de voir sa réaction. Tu l’observas un instant. Aloisia risquait d’attirer l’attention. Les rousses n’étaient pas très nombreuses chez les russes et elles étaient loin d’être aussi spectaculaires. Sans compter que les étrangers avaient un attrait certain. Tu avais intérêt de garder un œil sur elle. S’il arrivait quelque chose à l’héritière Bateson, ses parents risquaient de te tuer. « J'enverrai un courrier à tes parents demain pour leur faire ma proposition. J'espère qu'ils diront oui. » Tu ne comptais de toute façon pas passer les fêtes en Angleterre. Tu espérais juste que malgré leur froideur, ils accepteraient de faire plaisir une fois à leur fille et la laisserait te rejoindre à St Petersburg.

Tu posas les yeux sur la lune, l’oreille tendue vers ses paroles. Elle te remerciait encore une fois. Tu ne pouvais plus retourner en arrière maintenant, non pas que tu en ais envie. Tu avais fait un immense pas en avant. C’était pour le mieux. Tu n’ouvrais pas ton antre à n’importe qui. Aloisia savait ce que tu ressentais. Elle avait les mêmes difficultés avec sa propre famille. Elle ne te trahirait pas. Tu finis par la regarder quand elle te demanda si tu avais d’autres cadeaux à lui offrir. Ça suffirait pour ce soir. Tu ne voulais pas abuser des bonnes choses. Tu haussas les sourcils de manière comique. « Ça dépend… Je ne dévoile pas toutes mes cartes en une seule fois. J’aime laisser planer un peu le mystère. » Tu ne quittais pas son regard des yeux. Tu gardais un air incroyablement sérieux même si tu avais envie de rire. « Oh crois moi, j’ai conscience de l’immense privilège que tu me fais en ayant accepté de me combler de ta présence ce soir. » Tu plaisantais à moitié. Tu étais conscient que tu avais de la chance qu’elle soit là. Beaucoup se seraient découragées devant ta froideur et ton absentéisme, mais pas elle. Elle avait continué de s’accrocher, malgré toutes les fois où tu l’avais repoussée et blessée. Tu n’allais pas t’excuser. La situation n’était pas juste. Mais, tu avais de la chance. Tu voulais le lui montrer par ces actions. Tu voulais essayer de te rattraper. « J’espère que la soirée est à votre convenance printsessa. Sinon, nous pouvons toujours nous divertir en regardant le souvenir de l’attaque de Murdoch… »








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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Mar 4 Mar - 1:39

Octavus & Aloisia
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J'avais bien vu l'anxiété qui l'avait habité l'espace d'une seconde lorsque je m'attardais plus que de raison sur sa joue, mes yeux perdus dans les siens. Il craignait sûrement que je ne m'enflamme, que je fasse un pas de trop, un pas qui le pousserait à revenir en arrière. J'avais appris de mes erreurs. J'avais toujours été celle qui allait vers lui, à le pousser dans une relation dont il ne voulait rien. Et j'avais beau essayer de me rapprocher, il restait de marbre, mal à l'aise devant mes tentatives ridicules pour le séduire. Aujourd'hui, je comprenais que ce n'était pas la manière dont il fallait procéder. Nous ne pouvions pas passer d'inconnus fiancés à amoureux. Il fallait que l'on apprenne à ce connaître, qu'on laisse le temps faire les choses, profiter de nos rencontres pour devenir ami. C'était le plus important après tout, puisqu'il y avait de grandes chances pour que mon fiancé ne parvienne jamais à m'aimer. On ne choisit pas de tomber amoureux. En tout cas, je n'avais pas choisis, moi. Est-ce que je serais capable de vivre à ses côtés en sachant pertinemment qu'il ne partageait pas mes sentiments ? Je n'en avais aucune idée. J'étais une romantique, malheureusement rêveuse. J'avais passé trop de temps dans les bouquins, ils avaient été une véritable porte de sortie enfant. Les histoires utopiques racontées avaient laissé leurs marques en moi, bien que j'avais vite compris que la réalité, ma réalité du moins, était loin d'être aussi rose. Les princes n'étaient pas parfaits et les princesses se retrouvaient souvent seules et abandonnées. Il fallait que j'apprenne à le laisser venir. Je ne voulais pas le forcer bien que je ne doutais pas qu'il le ferait pour ne pas me froisser. Mais j'avais une dignité. Je préférais ne rien avoir plutôt que de n'obtenir que sa pitié.

Il se détendit en entendant ma réponse alors que je riais légèrement. Il mit un temps fou à réagir, si bien que j'en venais à douter du sens de ma phrase, lorsque finalement, il me félicita comme on le faisait avec un enfant qui venait de finir un coloriage. Ce n'était certainement pas brillant, je le concevais. Je n'avais appris que le français, ma mère ayant un moment hésité à m'envoyer à Beauxbâtons «dans l'espoir qu'ils parviennent à faire de moi une vrai femme », mais mon père avait refusé. Serpentard de générations en générations, il attachait une grande importance à ce que les Bateson lèvent haut les couleurs vert et argent. Si j'avais fini dans une autre maison, j'étais certaine qu'il m'aurait changé d'établissement juste pour ne pas subir l'affront d'avoir une Poufsouffle ou pire, une Gryffondor. Le russe m'avait toujours paru bien plus difficile, il fallait apprendre un nouvel alphabet et beaucoup de tournures de phrase liées à la politesse. Et je trouvais que la mélodie était plutôt dure à l'oreille. Sauf lorsqu'il était celui qui le parlait. Les graves de sa voix ressortaient davantage, j'aurais pu en frissonner tellement ce son rauque m'électrisait. Je le regardais avec des yeux ronds lorsqu'il prononça une phrase complète en russe, incapable de savoir ce qu'il venait de me dire. Effectivement, j'allais avoir un problème de compréhension. Je me cachais une nouvelle fois derrière ma coupe, répondant rapidement avec une assurance ironique :

«- Oui évidemment, je suis tout à fait d'accord avec toi Octavus ! »

Je n'étais pas contre l'idée qu'il me parle russe, bien au contraire, mais j'allais devoir apprendre quelques rudiments si je ne voulais pas en subir les conséquences. Après tout, j'allais me retrouver au milieu de tous ses amis et je savais comment les hommes étaient entre eux, même si mon expérience était pittoresque. Ils allaient forcément parler de moi, que ce soit en mal ou en bien. Si je ne voulais pas paraître stupide à leurs yeux, je devais savoir répliquer un minimum, en deux mois je ne serais certainement pas bilingue, ce serait toujours mieux que rien. Je rougis légèrement en entendant son offre. Des livres sur la Russie, j'en avais déjà quelques uns. Quand j'avais appris que c'était son pays de résidence, j'avais voulu en savoir plus sur le sujet, dans l'espoir de l'impressionner un jour peut-être. Et puis, ma passion de l'inconnu avait pris le dessus, j'avais admiré les paysages gelés, l'architecture si particulière. Je ne voulais pas qu'il le sache pourtant, aujourd'hui ça ne me semblait pas une bonne idée que de lui dire, j'aurais trop peur qu'il me prenne pour une réelle folle furieuse, à épier chaque instant de sa vie. Et je connaissais bien sûr cette coutume particulière, l'hospitalité bien propre aux russes. Moi qui n'avait jamais bu qu'un whisky pur feu et quelques coupes de champagne, je craignais pour ma survie. J'allais devoir trouver une solution, il était hors de question que je finisse dans un état lamentable devant Octavus, j'en serais morte de honte pour le restant de mes jours.

«- Oui oui, c'est une bonne idée, je pense que je passerais te les emprunter pour ne pas être trop perdue. Et je te promets d'être très respectueuse, je ne refuserais aucun des verres que l'on me proposera ! À tes risques et périls par contre McKenna... »

Je lui lançais un clin d’œil aguicheur. Je voyais mal mon fiancé me laissait boire plus que de raison, même entourée de tous ses amis. Enfin, je ne l'avais jamais vu dans ce contexte, peut-être se laisserait-il prendre par la soirée et me laisserait seule à mon sort. J'espérais que non. Je n'étais pas timide et même si j'avais peu de réels amis, je me sentais vite à l'aise, même entourée d'inconnus. Mais je voulais passer ce temps avec lui, comme si nous étions vraiment ensemble. Tout cela n'était que dans l'hypothèse où mes parents accepteraient ce voyage de toute façon. Je ne savais pas trop comment ils réagiraient, je n'avais jamais réfléchi à la question puisque la simple idée qu'Octavus ne m'invite à le suivre ne m'avais pas traversé l'esprit. Ils étaient néanmoins plus qu'impatients de notre union prochaine, savoir que leur futur gendre m'emmenait avec lui afin de me présenter en tant que sa fiancée à tout le gratin russe leur plairait sûrement. Je ne pouvais même pas concevoir qu'ils disent non, surtout s'il leur demandait lui-même. L'idée qu'ils aient autant de pouvoir sur moi et sur cette histoire devenait de plus en plus insupportable. L'avantage de devenir rapidement une femme mariée, c'est que je n'aurais plus à subir leur néfaste influence.

«- Dans le cas contraire, je pourrais toujours fuguer pour te rejoindre. Mais si tu mentionnes deux, trois noms de personnes importantes, ça ne devrait vraiment pas être nécessaire d'en arriver-là. »

Je n'excluais pas cette possibilité pour autant. Maintenant que je savais qu'il voulait que je parte avec lui, c'était inconcevable que ça ne se fasse pas. Mon mystérieux Octavus. Comment laissez échapper une telle occasion d'en apprendre plus sur cette énigme ? Je souriais en le regardant répondre, refrénais l'envie de rire une nouvelle fois. Je m'accoudais contre le sol, étendant mes jambes, le visage pointé vers le ciel. C'était une soirée parfaite. Je savais absolument combien j'étais chanceuse d'être là. Mais en voyant son air si sérieux, tendant vers une ironie maîtrisée, lorsqu'il affirmait comprendre le privilège que je lui faisais, je ne pus m'empêcher de répliquer par une moue boudeuse, comme faussement vexée. Ça ne dura qu'un instant, je finissais par lui tirer la langue avant de sourire à nouveau. Nous étions comme deux gamins, toujours à vouloir amuser et taquiner l'autre. J'avais l'impression que notre complicité s'était accrue de manière inexplicable en si peu de temps. Je l'avais toujours connu mais je le découvrais. Il me laissait à peine rentrer, pourtant c'était comme si j'avais toujours été là. Et mon sourire s’accrut en entendant le surnom qu'il m'attribuait. Je devinais un princesse qui me plaisait et me ramenait douze ans en arrière. J'avais porté une couronne jusqu'à mes six ans, il m'avait donc connu avec, s'en souvenait-il? Je m'étais toujours sentie l'âme d'une princesse, je ne savais juste pas à l'époque ce que cela signifiait d'être à ce rang. Je levais ma main et l'agitais à la manière des souverains, prenant une voix mielleuse, hautaine, avant de continuer plus sérieusement :

«- C'est parfait mon brave, vous aurez bonne pitance ! Même si revoir cette pauvre Murdoch pleurer sous la couche de pustules est tentante, je préfère de loin rester là. Je te rappelle que je n'ai pas pris Astronomie, je n'ai donc pas le loisir de contempler les étoiles très souvent.»

C'était une bonne chose finalement. Je n'aurais probablement pas supporter d'assister à ses cours en étant obligée de faire comme si je ne le connaissais pas. Pire encore, j'aurais du contempler toutes les tentatives ridicules de ces bécasses pour attirer son attention. Elles n'auraient eu pour réponse que ma baguette, ou une gifle, moyen assez sauvage mais je n'étais pas contre de temps en temps. J'allais devoir apprendre à contrôler cette jalousie, même si elle n'était que le reflet de mon insécurité à son égard. Cela allait peut-être passer, ou bien empirer. Après cette soirée, qui sait ce qu'il se passera. J'aurais été incapable de dire depuis combien de temps j'étais arrivée, entre une minute et une éternité sûrement. Il s'était passé tellement de choses et en même temps, tout semblait passer si vite en sa compagnie, que j'étais perdue. Perdue mais heureuse, apaisée.

«- Tes retenues sont toujours aussi agréables ou c'est seulement pour moi ? Et attention à ce que tu vas répondre. »

Je plissais les yeux, suspicieuse, en tendant un doigt menaçant vers lui. Je connaissais déjà la réponse à cette question. C'était juste un moyen de lui dire que j'appréciais ce moment. Le repas avait été succulent, même si nous n'y portions pas grande attention, et le cadre était idyllique. Je regrettais juste le choix de ma tenue. Il faisait plus froid qu'à mon arrivée et je ne pus retenir un frisson. Frisson qui ne me pousserait pas à m'arracher à cette nuit si belle.


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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Mar 4 Mar - 19:16


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬


Tu avais des égards pour elle. Tu aurais pu facilement jouer la comédie, la séduire, l’utiliser et lui briser le cœur quand elle se serait rendu compte que tu n’avais aucun sentiment pour elle. Tu avais préféré être dur avec Aloisia, la repousser parce que tu ne voulais pas faire semblant. Tu ne voulais pas jouer la comédie. Tu avais eu un minimum d’égards pour elle. En contrepartie, tu t’étais rattrapé ailleurs. Elle ne pouvait pas tout avoir. Tu avais aussi des besoins à satisfaire. Aloisia n’avait bien sûr rien compris des mots que tu avais prononcé et tu ris quand elle fit semblant d’avoir saisis tes paroles.  Contrairement à ce qu’elle imaginait, le russe n’était pas si compliqué que ça. Il s’agissait de reprendre à zéro plutôt qu’utiliser son alphabet d’une façon différente. « Je n’en doute pas. Tu approuverais tout ce que je dis, n’est ce pas ? » Tu pris un air goguenard. Tu allais pouvoir t’amuser à son dépend avec ça. Rien de tel qu’une petite incompréhension pour qu’elle se mette sérieusement à son apprentissage. Tu ne doutais pas que si elle avait la volonté, elle progresserait rapidement.    

« Aucun problème. Je les apporterai ici demain. Passe les prendre quand tu veux. » Tu n’étais pas encore prêt à la recevoir dans tes appartements. Cela pouvait sembler ironique puisque dans deux mois, tu allais l’accueillir dans ton véritable appartement. Il ne fallait pas chercher à comprendre ta logique. Ton bureau était un endroit plus neutre et plus adapté à l’école. Tu tiquas un peu quand elle annonça qu’elle ne refuserait aucun verre. Tu allais devoir préciser à tes amis qu’elle n’avait que seize ans et qu’il était hors de question de la souler pour s’amuser. Ils n’oseraient sans doute pas comme tu étais son fiancé, mais mieux valait mettre les choses au clair dès le départ. Tu ne connaissais que trop vos habitudes lorsqu’une fille vous accompagnait et qu’elle ne faisait pas partie de votre cercle. A la fin, l’un de vous finissait toujours par repartir accompagné. Tu ne voulais pas qu’Aloisia soit mal à l’aise, forcée de boire verre sur verre. Tu comptais garder un œil sur elle de toute façon. Elle risquait d’engager la conversation avec les filles, mais tu ne serais jamais trop loin. Elle serait ta responsabilité en Russie. Tu ne voulais pas la voir en état d’ébriété. Qui sait comment elle se comportait dans ces moments là ? Serait-elle séductrice, triste, colérique ? Tu n’avais pas envie de découvrir cette réponse entouré par tes amis. Tu craignais qu’elle soit séductrice… Tu n’étais pas sûr de pouvoir gérer une Aloisia qui se jetait dans tes bras après avoir bu un verre de trop. Tu n’étais qu’un homme.  « Il s’agit juste d’avoir toujours un verre plein dans la main. Si tu ne vides pas ton verre, ils ne t’en proposeront pas un autre. » Tu lui fis un clin d’œil. C’était souvent comme ça que tu t’en étais sorti. Tu détestais perdre le contrôle, donc il paraissait évident que tu n’allais pas finir ivre mort. Maintenant, tu avais d’autres secrets à protéger. Tu ne pouvais pas laisser échapper une information cruciale juste parce que tu aimais boire. Tant que tu avais toujours un verre plein dans la main, ils ne faisaient pas attention. Ils finissaient complètement ivres et toi, tu écoutais leurs confidences lâchés dans un moment de faiblesse. Ils étaient tes amis donc tu gardais le silence jusqu’au jour où tu aurais besoin de cette monnaie d’échange.

Tu allais devoir réfléchir sérieusement au problème potentiel que représenteraient les Bateson. Tu utiliserais tous tes dons de manipulation pour les convaincre sans difficulté. Elle serait prête à fuguer pour te rejoindre. Tu avais du mal à le croire. Les répercussions seraient sévères si jamais la situation vous poussait dans de telles extrémités. Ils pourraient même rompre vos fiançailles. Tu pourrais retrouver ta liberté. L’idée était séduisante. Rien ne t’empêchait de fréquenter Aloisia en dehors de ce cadre qu’on vous avait imposé. Si vos fiançailles étaient rompues, vous pourriez tout recommencer à zéro si ses parents l’autorisaient. Peu de chance que ça arrive…  « Je crois que si tu fuguais, ils estimeraient que je suis une mauvaise influence… » En revanche, mentionner l’importance d’une telle rencontre pour leur rayonnement international risquait de facilement les convaincre. Les sangs pur étaient tous les mêmes, obsédé par leur prestige. Tu étais suffisamment lucide pour ne pas tomber dans ce piège. « Tu as raison, mentionner l’invitation au bal du Ministère de la magie devrait suffire pour les convaincre. Ils n’ont pas besoin de savoir que nous y ferons simplement une brève apparence. » Tu voulais bien sûr revoir tes anciens collègues, ne serait-ce que dans l’hypothèse où tu reviendrais travailler au ministère au bout d’un an. Tu avais quand même été chef du département de la coopération magique dans tes dernières années, ce n’était pas rien. Tu étais conscient qu’à côté, devenir professeur était bien piètre, même si gratifiant dans une certaine mesure.

Tes yeux se posèrent sur les jambes féminines étendues vers toi avant que tu ne redresses les yeux. Ce surnom te rappelait sa lubie enfantine de porter la couronne. Elle avait fini par cesser l’année suivant votre rencontre. Tu t’étais toujours demandé si tu avais joué un rôle dans cette décision. Elle avait l’attitude parfaite pour être une princesse, la famille aussi. Rien qu’en te rappelant Murdoch, tu sentis un fou rire te gagner avant de reprendre ton calme. Effectivement, elle ne suivait pas ton option. C’était pour le mieux. Tu ne savais pas comment tu aurais géré de l’avoir dans ta classe. Tu n’aurais pas à le découvrir. Elle voulait contempler les étoiles. Ça t’allait parfaitement. Ça avait toujours été une action relaxante. Regarder le ciel et les étoiles à des milliers d’années lumière vous remettait à votre place. Tu n’étais qu’un petit grain de poussière insignifiant dans cet univers. Lord Voldemort devrait peut-être contempler plus souvent le ciel pour calmer ses idées de grandeur… « Ça me convient parfaitement aussi. »

Tu eus un sourire un peu moqueur devant sa nouvelle manifestation de jalousie, seulement à moitié sur-jouée. Tu étais d’humeur joueuse. Prenant une voix rauque, tu lui répondis : « Non, j’ai l’habitude de sortir le grand jeu pour tous mes élèves. Une retenue aussi inoubliable a le don de dissuader quiconque de faire de nouvelles bêtises par la suite, non ? » Tu la taquinais. Si la rumeur venait à courir que tu accueillais tes retenues en costume avec un petit diner, tu risquais d’avoir beaucoup de punitions à distribuer. Tu pouvais toujours t’arranger pour les refiler à Rusard, ça leur passerait l’envie de rechercher ta compagnie s’ils voyaient que tu n’assurais pas toi-même tes retenues. Tu n’étais pas assez stupide pour croire qu’aucune élève n’allait essayer ce petit plan foireux. C’était déjà étonnant qu’elles n’y aient pas encore pensé alors que tu enseignais ici depuis déjà deux mois. En tout cas, cela prouvait qu’elle appréciait ta compagnie. C’était une bonne nouvelle.

Tu faisais attention au moindre détail, toujours minutieux. Tu la vis frissonner. Tu t’en voudrais si elle finissait par attraper froid. D’un coup de baguette, ta veste rangée dans l’armoire de ton bureau vola jusqu’à toi. Tu te penchas en avant et enveloppas Aloisia dedans. Même si la soirée était douce, votre immobilité et la fraicheur de la nuit avaient fini par se faire sentir. Tu n’avais plus vraiment faim. « Tu as encore de l’appétit? » Tu allais tout faire disparaitre si elle te disait non. Tu avais envisagé de lui proposer d’aller s’asseoir sur le bord de la terrasse, endroit où elle s’était amusée à faire des acrobaties un peu plus tôt dans ta salle de classe. Mais, puisqu’elle voulait observer le ciel, autant le faire bien. Vous pouviez toujours vous coucher sur la couverture et regarder les étoiles. Ce serait le plus confortable. Tu ne demandas comment tes élèves régiraient si tu leur demandais de s’allonger au sol pour regarder le ciel. Une méthode d’enseignement pour le moins originale, mais pas forcément mauvaise tant que ça ne se finissait pas comme une occasion de peloter son petit ami.

Devant sa réponse, tu fis disparaitre tous les plats et les verres d’un coup de baguette, nettoyas la couverture avant de t’allonger dessus, les yeux fixés sur la voûte étoilée. Rien de mieux pour voir les étoiles que d’être à l’horizontale, comme si rien d’autre n’existait que ces astres lumineux. Tu poussas un soupir de détente. Rien de tel pour pouvoir se sentir mieux avant de donner un cours jusqu'à minuit à des élèves peu intéressés. « C'est beaucoup mieux comme ça. »




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Aloisia Bateson
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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Mar 4 Mar - 22:17

Octavus & Aloisia
You were right from the start



Je ne pus m'empêcher de lancer une exclamation surprise et dubitative en l'entendant. Octavus avait beau avoir un effet sur moi, cela ne m'empêchait pas d'avoir une opinion sur ses paroles et gestes. Et aussi, et malheureusement, d'exprimer cette opinion. Je n'approuvais pas toujours et je lui faisais remarquer, pas toujours de manière très diplomate, je le concevais. Me mettre à lui hurler dessus dans les couloirs par exemple n'était pas très malin. J'étais comme ça, je ne savais pas me taire quand il était évident que je ne pouvais accepter quelque chose. J'avais du caractère, assez pour lui tenir tête en tout cas, jusqu'à en arriver au moment où l'un de nous deux explosait. J'allais apprendre le russe. Juste pour pouvoir rétorquer s'il venait à dire des choses qui ne me plaisaient pas. Je passerai prendre ses bouquins, évidemment. Je ne pus m'empêcher de me faire la réflexion qu'il préférait les emmener ici plutôt que de me laisser découvrir ses appartements. Je ne savais même pas où ils étaient situés, si j'avais besoin de le voir, pour quelque chose de vraiment important, ou si j'avais un problème, je ne saurais même pas à quelle porte frapper si ce n'est celle de son bureau. J'allais finir par croire qu'il craignait que je ne m'en prenne à sa vertu, ce qui était assez comique au fond. En apprenant nos fiançailles, beaucoup avaient du penser qu'il serait celui qui me courrait après, mais non. Il était peut-être pris depuis ses dix-sept ans, je serais tout de même étonnée d'apprendre qu'il n'avait pas profiter de sa jeunesse avant d'être emprisonné avec moi pour boulet. Enfin, je ne voulais pas non plus en savoir trop, je serais capable d'être jalouse de toute cette partie là de sa vie également. J'avais beau en sous-entendre beaucoup, et il pouvait bien répliquer, je savais qu'il ne me toucherait pas, pour le moment en tout cas. Une partie de moi espérait que notre voyage à St-Petersbourg pourrait changer ça, même si j'en doutais beaucoup. Il faisait froid là-bas et s'il m'interdisait la vodka, j'allais bien devoir trouver un moyen de me réchauffer.

«- Oui mais si je ne bois pas, qui est-ce qui va me garder au chaud ? Tu ne vas pas me laisser mourir de froid, non ? »

Je jouais de mes sourcils et me mordais la lèvre dans une attitude aguicheuse mais comique également. C'était la seule solution pour lui faire comprendre que j'étais intéressée sans non plus y aller trop franchement. Le voir prendre ses jambes à son cou serait agaçant et vexant, même si j'étais tenace, j'avais mes limites et de la fierté. Je n'allais pas non plus chercher à le faire boire plus que de raison ce soir-là pour profiter de lui, la situation serait sûrement gênante le lendemain et l'idée qu'il doive boire pour me toucher me dérangeait. J'avais beau plaisanter sur le sujet, je ne me réfugierais pas dans la vodka une fois là-bas. J'accepterais un verre, bien sûr, mais j'appliquerais sa précieuse technique le reste du temps. Je ne connaissais pas ma résistance à l'alcool et notre premier voyage ne sera pas l'occasion de la découvrir. Je voulais faire bonne impression à tout le monde en plus, je partais déjà de loin vu mon âge et les différences culturelles, leur montrer une version amorphe ou complètement déjantée de moi-même n'était pas la meilleure façon de marquer les gens. Même à des milliers de kilomètres, j'avais la lourde responsabilité de représenter mon nom. Il mentionnait de nouveau le bal, précisant que nous n'y resterions qu'un bref moment. J'allais devoir me trouver deux tenues, assez époustouflantes pour qu'il n'ai pas honte en ma compagnie. Autant le bal masqué serait une cérémonie pompeuse et je parvenais à visualiser le genre de robe qu'il me faudrait amener, autant la deuxième partie de soirée restait un mystère. Nous irions chez ses amis, ça ne m'en disait pas beaucoup plus sur le dress code. Ce serait aussi l'occasion de me vêtir comme j'aimais, sans l'intervention de mes parents ou l'obligation du port de l'uniforme. J'aurais moins l'air d'être plus jeune que lui lorsque je pourrais porter les vêtements que j'arborais d'habitude.

«- Ils seront ravis même. Même si je t'avoue que la deuxième partie de soirée m'enchante plus . »

J'essayais de lui lancer un regard noir lorsqu'il me répondit que c'était le traitement réservé à tous les élèves qu'il punissait. Difficile à faire quand il utilisait cette voix si roque qui me faisait frémir à chaque fois. Je pouvais toujours mettre ça sur le compte de la température extérieure en tout cas. Pas très dissuasif, j'allais sûrement agresser toutes les élèves du château après cette soirée. Au moins, en l'obligeant à me mettre une retenue par jour, j'aurais la certitude que personne si ce n'est moi profiterait de ce cadre idyllique. Personne n'était au courant qu'il était mon fiancé, ou bien même que j'étais collée dans son bureau ce soir. Je n'allais pas non plus pouvoir filer en douce sans explication aussi facilement toute l'année. Le voir allait être compliqué, c'était évident. Ce serait toujours mieux que cette semaine annuelle au manoir.

«- Oui c'est certain ! Aussi dissuasives que celles d'Ombrage ! Il va falloir que je guette ta présence dans la Grande Salle maintenant, histoire de m'assurer d'être la seule à profiter de cette terrasse. »

Je finissais par m'allonger pour de bon, posant mes mains sur mon ventre. Je me faisais violence pour ne pas le chercher déjà dans chaque couloir et c'était le premier visage qui m'apparaissait au moment des repas. Je ne le regardais pas plus d'une seconde, savoir qu'il était présent dans la salle suffisait à me retourner. Ça ne serait plus le cas dorénavant, pas en sachant qu'il allait m'accorder des jours entiers. Avant même de réaliser que j'avais vraiment froid, il fit apparaître sa veste et l'attrapait pour finir par se pencher vers moi. J'arrêtais aussitôt de respirer, le laissant faire tout en le regardant, surprise de son geste. Il me couvrit avec, son parfum m'embaumant instantanément. Je n'étais vraiment pas habituée à autant d'attentions, de la part de n'importe qui. Il me demandait si j'avais encore faim et je mis un instant avant de hocher négativement la tête. Il se débarrassa des restes du repas avant de préparer la couverture et de s'installer dessus, dans un soupire de bien-être. Nous étions tous les deux allongés à regarder les étoiles, profitant de cette tranquillité si rare. J'aurais pu passer le restant de mes jours comme cela, à ses côtés, sous un ciel aussi beau. J'avais passé des heures enfant à admirer le ciel, en quête d'évasion. Je souriais en repensant à ces souvenirs. Des moments de solitude qui ne m'apparaissaient plus aussi douloureux qu'auparavant.

«- Quand j'étais petite et que je regardais le ciel comme ça, j'imaginais que quelque part dans le monde, quelqu'un d'autre faisait pareil et que du coup, peut-être que lui aussi pensait à moi. »

Il était toujours plus réconfortant d'imaginer qu'on était pas les seuls à être seul. Cette solitude m'avait rendu plus forte, je ne la craignais plus désormais et j'avais appris à l'apprécier avec les années. En arrivant à Poudlard, je ne m'imaginais pas devenir aussi populaire, aussi appréciée, malgré mon côté peste. Je gardais mes distances avec les autres, je n'aimais pas m'attacher sans être sûre de la personne, et pourtant j'étais entourée à chaque instant ici. J'aurais aimé pouvoir prévenir la petite fille que j'avais été, lui dire qu'un jour, ce sentiment passerait. Que je me retrouverais sur cette terrasse avec mon fiancé après une soirée des plus parfaites, que j'allais pouvoir découvrir le monde et être une femme active. Une femme amoureuse, même si ce ne serait pas un conte de fée. Je tournais la tête vers Octavus en souriant.

«- Je penserais forcément à toi maintenant lorsque je contemplerais les étoiles... Enfin, comme toutes les élèves que tu as réussi à ensorceler j'imagine. »

Je riais légèrement, toujours mal à l'aise après ce genre de déclaration. En plus d'être incroyablement beau, il devait être un professeur formidable, nul doute qu'il serait à l'origine de nombreuses vocations dans l'Astronomie.


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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Mer 5 Mar - 16:58


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu aimais bien l’ennuyer. Tu ne comptais pas la mettre dans l’embarras. Tout se payait par la suite. Tu étais conscient des cadavres que tu cachais dans ton placard et qui pourraient poser de gros problèmes si elle les découvrait. Tu allais tenter au maximum de réduire tes mauvaises habitudes. Ce ne serait pas facile. Tu avais passé vingt ans à penser juste à toi. Tu n’étais pas prêt à l’accepter totalement dans ta vie. Ça devait être progressif, sinon tu risquais de te rebeller. Tu ne voulais pas voir ce rapprochement comme quelque chose de totalement négatif. Tu commençais seulement de l’accepter dans ta vie. Au bout de douze ans de fiançailles, ce n’était pas trop tôt. Certains pourraient même se poser des questions sur ta sexualité. Tu avais de la chance qu’Aloisia ne pense pas que tu étais un homosexuel non assumé vu le nombre de fois où tu l’avais fui quand elle avait commencé de se rapprocher de toi. Il n’aurait plus manqué que ça. Une chose était sûre, en Russie, ils savaient bien que tu étais loin d’être prude. C’était comme si tu avais une autre personnalité quand tu étais avec Aloisia. Mieux valait pour elle que tu ne redeviennes pas toi-même. Tu aurais dû voir que tu lui avais offert une opportunité pour te charrier. Elle te donnait envie de rire quand tu la voyais en train de faire l’imbécile comme ça. Tu haussas un sourcil, un sourire en coin. Au lieu de reculer et faire comme si tu n’avais pas compris ce qu’elle sous-entendait, tu sautas à pieds joints dedans. Tu approchas ton visage du sien, ne quittant pas ses yeux et te stoppa à quelques centimètres d’elle pour lui répondre. « Bien sûr que non. Tes parents m’étriperaient. Je suis sûr qu’on pourra trouver quelque chose… Un manteau de fourrure par exemple. » Tu savais qu’elle pensait plutôt au partage de chaleur corporelle. En d’autres circonstances, tu n’aurais pas dit non. Tu me mordis la lèvre pour ne pas rire devant sa tête avant de reculer comme si de rien n’était. Tu préférais prendre cette attitude à la rigolade. Penser qu’elle était sérieuse était encore trop délicat pour toi. Tu ne comptais pas faire de promesse que tu n’étais pas sûr de pouvoir tenir. La situation avec Aloisia était confuse dans ta tête. Tu devais faire le point sur la situation avant qu’elle n’arrive à St Petersburg. Heureusement, tu avais encore quelques mois devant toi. Cela passerait vite, tu devrais t’obliger à réfléchir à ce que tu ressentais. Il était si facile de te laisser distraire par d’autres choses sans importances. Tu étais lâche sur ce point.

Une part de toi espérait que la voir loin de l’Écosse, rien que tous les deux t’éclairerait un peu les idées. Tu étais énervé par tes changements constants de sentiment la concernant. C’était pire que les humeurs d’une femme enceinte. Tu allais devoir te faire une raison. À part renoncer à ton héritage pour partir vivre en Sibérie en tant qu’ermite, tu ne pouvais pas dire non à ce futur mariage. Plus l’échéance approchait et plus ton instinct te hurlait de t’enfuir en courant. L’argent ne faisait pas tout. Le sort d’Aloisia était secondaire. Tu savais que si tu la repoussais, elle ne trouverait sans doute aucun parti qui accepterait de l’épouser par la suite. Sauf si ses parents faisaient porter toute la faute sur toi, ce qu’ils feraient sans nul doute. Oserais-tu tout risquer pour être heureux ? Si Aloisia te le demanderait, tu l’emmènerais avec toi, en tant qu’amie éprise de liberté. Tu voulais juste te libérer de tes chaînes. C’était aussi pour ça que tu ne buvais pas. Tu n’étais pas du tout de bonne compagnie quand tu avais trop bu, pathétique créature qui se lamentait sur son sort. Tu racontais tous tes malheurs et ils étaient liés aux secrets que tu devais garder. À moins de te faire avaler du véritasérum, tu n’ouvrirais pas la bouche. Tu préférais t’arracher la langue que parler.


Tu pensas d’ailleurs qu’il faudrait que tu lui annonces le code couleur du bal du nouvel an. C’était noté sur ton carton d’invitation, mais tu ne l’avais pas en tête. Le privilège d’être un homme, c’était d’être toujours élégant en smoking noir. Les soirées à thème étaient incontournables pour impressionner. Ça ne te dérangeait pas. L’avantage du bal masqué, c’était de pouvoir éviter certaines personnes si tu le souhaitais. « Oui je peux comprendre. L’atmosphère sera beaucoup plus sympathique et décontractée. Les soirées officielles en Russie sont très différentes de celle que tu connais ici. Les russes sont beaucoup moins coincés… » Façon élégante de dire que les soirées internes prenaient presque continuellement une tournure scabreuse. Comme tu lui avais déjà dit, les russes aimaient boire et au fil des verres, leurs inhibitions diminuaient. Tu en avais vécu de belles. Nul doute que si des étrangers avaient connu le contenu des soirées, les Bateson seraient beaucoup moins enthousiastes à y envoyer leur fille unique. C’était aussi pour ça que tu ne resterais pas longtemps. Aloisia ferait une proie de choix avec ses cheveux roux et sa pâleur nordique. Tu ne comptais pas l’initier à ça. Certains secrets devaient le rester. « Mes amis assisteront aussi au bal du ministère de toute façon. On partira en même temps. Ce sera beaucoup plus décontracté chez Aleksei, c’est lui qui nous recevra. On se rejoindra chez lui après s’être changé. On risque de finir la soirée en club ou dans un bar donc prévoit en conséquence. » Tu connaissais ton meilleur ami. Il aimait faire la fête. Quand vous commenciez une soirée, c’était jusqu’au lendemain matin. Tu avais un certain nombre de souvenirs à raconter sur le sujet. Vos responsabilités de chef de département ne vous avaient pas calmé pour autant.

Tu vis bien que l’idée que tu traites toutes tes retenues de la même façon l’ennuyait. Tu cachas un sourire. De toute façon, les gens finiraient par se poser des questions si elle disparaissait régulièrement et toi aussi. Les rumeurs allaient si vite dans un château bourré d’adolescents travaillés par leurs hormones. Si tu voulais la rencontrer à nouveau en tête à tête, tu allais devoir faire travailler ton imagination. C’était un challenge que tu embrasserais à bras le corps. La solution de facilité aurait été de la rencontrer de nuit, mais elle n’allait pas pouvoir tenir longtemps sans dormir. Tu ris légèrement quand elle te compara à Ombrage. « Content de l’entendre dire. J’y mets beaucoup de cœur. » Elle te surveillerait. Tu devais admettre que tu jetais toujours un coup d’œil à la table des serpentards quand tu arrivais dans la grande salle. Tu ne savais pas si c’était dans le but de l’éviter ou juste par envie de la voir. Tu n’allais cependant pas lui avouer ça. « Je te promets que l’accès à la terrasse te sera réservé. »

Vous étiez tous les deux allongés côte à côte, les yeux perdus dans les étoiles. Tu avais rêvé de l’espace plus jeune, rêvé que tu quittais cette planète à la découverte de mondes inconnus. Une utopie. Vous partagiez cette capacité à rêver envers et contre tout. L’espace te donnait l’impression d’être seul au monde, protégé par toutes les étoiles. Quel dommage qu’Aloisia ait dû arrêter l’astronomie. C’était ce genre de caractère qui donnait des bons chercheurs. En entendant ses souvenirs, tu eus un petit sourire. Elle avait eu une imagination débordante. « Qui sait, peut-être qu’un jour nous trouverons une autre forme de vie dans l’espace… » En entendant ses paroles suivantes, tu te sentis envahi par une drôle d’émotion. Tu ne répondis rien, ce n’était pas nécessaire, enfin jusqu’à ce que tu entendes sa petite plaisanterie. « J’espère que tes souvenirs seront un peu plus profonds que les leurs… » Tu attrapas sa main droite dans la tienne et pointa un ensemble d'étoiles au dessus de vos têtes. « Tu vois cette constellation ? C’est Auriga. Une de ses étoiles s’appelle Dolones Octavus. J’ai toujours aimé penser qu’on l’avait nommée en mon honneur » Tu eus un petit rire, mais n’avait toujours pas relâché sa main, son pouce passant de manière relaxante sur le dos de sa main.




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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Mer 5 Mar - 22:12

Octavus & Aloisia

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Je jouais un jeu dangereux avec Octavus. Je le faisais pour le taquiner, pour le voir surpris de mon attitude. Mais au final, j'étais toujours choquée lorsqu'il répondait à mes sous-entendus. J'avais beau afficher une assurance sans faille, il suffisait qu'il s'approche trop près de moi pour que je perde la tête. Il devait s'en rendre compte et il cherchait à me rendre folle, il n'y avait pas d'autres explications. J'aurais aimé avoir ce pouvoir sur lui également, mais ce n'était pas du tout le cas. Dès que je devenais trop proche, il était mal à l'aise et se renfermait. Nous n'étions définitivement pas à armes égales dans ce combat. Il mordait sa lèvre pour s'empêcher de rire, j'imaginais que la tête que je devais tirer à ce moment précis devait être mémorable. Je fixais sa bouche après ce geste si anodin qui mit à mal tous mes sens, sans pour autant comprendre de suite le sens de ses mots. Je n'avais plus envie de rire, parfois c'était difficile de continuer sur cette voie alors que j'étais sincère la plupart du temps. Je me forçais tout de même, un sourire gêné étirant mes lèvres alors qu'il s'éloignait, me permettant de reprendre mon calme. Il savait que ce n'était pas vraiment de cette manière que je voyais les choses, je préférais largement ses bras aux manteaux de fourrures aussi efficaces soient-ils. Il en avait conscience, encore fallait-il qu'il accepte que derrière l'humour se cachait la vérité. Et comme tout le reste, cela prendrait du temps. Il m'était réservé pour la vie, du temps j'en avais à revendre. Je saurais être patiente, même si la frustration commençait à me torturer. Il fallait que je lui montre que j'étais devenue une femme, et que je lui appartenais de surcroît. Ce voyage serait le moyen parfait pour jouer de mes atouts sans pour autant tomber dans l'aguichement à la Murdoch. C'est sûr qu'avec mes pulls je n'allais pas aller loin. Cela allait constituer un réel défi, je n'avais jamais recherché à être sexy auparavant puisqu'il n'était jamais auprès de moi. J'allais devoir vite apprendre. Je ne répondis rien, mon sourire gênée se muant en un beaucoup plus espiègle, cette idée s’incrustant dans mon esprit. Il avait dit me trouver belle, pour attirer son attention je devrais obtenir plus. Je m'extasiais légèrement en imaginant la soirée du nouvel an à venir. J'étais déjà emballée à l'idée de ce bal masqué puisque j'adorais ce concept, mais je l'imaginais comme un des dîners mondains longs et ennuyeux dont j'avais l'habitude. Ça ne semblait pas être le cas. La seconde partie non plus. Je n'aurais jamais crus qu'il sache autant faire la fête. Il m'avait habitué à tant de contrôle et de froideur que le visualiser dans un bar ou pire, un club où il se mettrait à danser, m'était tout bonnement impossible. J'avais hâte de voir ça et de partager ce moment avec lui. Je n'avais jamais pu vivre ce genre d'expérience. Les soirées organisées à Poudlard n'étaient pas comparables même si parfois elles pouvaient prendre une certaine ampleur. Et comme je n'aimais pas attirer l'attention des jeunes sorciers, j'avais appris à éviter de danser. J'allais pouvoir ressortir mon déhanché de placard, en espérant qu'il fasse ses preuves.

«- Compte sur moi McKenna, je ne te ferais pas honte ! D'ailleurs, je serais tellement belle que je ferais grimper la température de tout St-Petersbourg ! »

Je m'amusais à croiser mes jambes et à les décroiser, comme le ferait des tops models sur la plage pour prouver leur pouvoir de séduction. Pour le coup, j'avais beau le dire sur le ton de l'humour, je comptais bel et bien l’époustoufler ce soir-là. Ce serait peut-être ma seule chance de le faire, ça allait être bien plus compliqué au château. Je cessais de penser aux vacances prochaines pour revenir à l'instant présent. J'avais beau ne pas encore l'attirer physiquement, il était incontestable que notre complicité s'était accrue et j'en étais heureuse. Il comptait beaucoup pour moi, c'était bien sûr mon fiancé, mais Octavus était surtout mon ami de toujours, malgré ses absences et nos conflits. Il avait su être un soutien lorsque j'en avais eu besoin enfant, à sa manière bien sûr, puisqu'il n'était pas du genre à consoler ouvertement les autres. Je me mordis l'intérieur des joues pour m'empêcher de sourire bêtement quand il m'annonça qu'il me réservait la terrasse. Je continuais à observer le ciel, sa veste me couvrant toujours. J'espérais qu'il me réserve bien plus que cet endroit magnifique dans le futur. Je gardais cette pensée pour moi et me contentais de répondre le plus sérieusement possible :

«- Évidemment que tu me réserves la terrasse, tu sais que je serais capable de faire passer tes élèves par dessus la balustrade si elles venaient à empiéter les lieux. »

Je n'avais pas l'habitude de lui ouvrir autant mes pensées, c'était nouveau mais pas désagréable. Je prenais trop attention à ce que je lui disais dans le passé, pour l'impressionner et ne pas paraître idiote. Aujourd'hui, j'avais plus confiance en moi et en lui aussi. Je pouvais être franche puisqu'il commençait à l'être. Et puis, il savait la solitude qui m'avait entouré dans mon enfance, il la connaissait puisqu'il avait pu la constater de ses propres yeux. Je ris légèrement en l'entendant. Je n'aurais certainement pas les mêmes souvenirs que toutes les autres puisqu'il n'était comme ça qu'avec moi. À leur différence, je ne pensais pas au jeune homme qu'à un professeur sexy. Je le voyais comme l'homme formidable et d'une beauté incomparable qu'il était. Je pourrais me rappeler fidèlement de ses yeux puisqu'ils avaient montré autant de joie que de tristesse. Les traits de sa mâchoire n'avaient plus de secrets, je la connaissais tendue par la colère dévorante mais aussi apaisée par la tranquillité de la nuit. Elles pouvaient bien le contempler à leur guise, jamais elles ne pourraient lui rendre justice comme j'en étais capable. J'observais la constellation qu'il me désignait, ne réalisant qu'en voyant nos doigts entrelacés au-dessus de nos têtes qu'il avait pris ma main. Ce geste me paraissait naturel. Réconfortant et surtout évident. Je me sentais plus forte, plus libre. Il était là. Je rapprochais ma tête de la sienne pour suivre la trajectoire de son regard et je finis par repérer la constellation en question. En l'entendant, je tournais mon visage vers lui pour l'observer. À chaque fois que je me rendais compte que nous étions si semblable, je ne pouvais m'empêcher d'en prendre un coup. Était-il possible de tomber encore et encore amoureuse de la même personne, un peu plus à chaque fois ? Nos bras retombèrent sur le sol mais il ne lâcha pas ma main, traçant un passage de feu sur ma peau de son pouce. Instantanément, je resserrais ma prise sur ses doigts, comme effrayer de la voir me quitter.

«- C'est la seule possibilité. Tu connais beaucoup d'autres Octavus qui vaille la peine qu'on les immortalise dans les étoiles ? Je n'en vois qu'un personnellement. »

Je plongeais mon regard dans le sien, plus sérieuse que jamais. Si il y avait bien un homme sur cette planète qui méritait sa constellation, c'était lui. Il était le seul à exister pour ma part. Je finissais par tourner le visage vers le haut, ne voulant pas le gêner avec plus d'émotions qu'il n'y en avait déjà. Comme les étoiles, mon fiancé était loin et inaccessible et pourtant toujours présent dans mon ciel. Je finissais par sourire à cette idée, lui répliquant joyeusement :

«- Si tu es une étoile, alors je suis la lune. Histoire d'être persuadée que tu ne peux briller qu'en ma présence. »


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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Mer 5 Mar - 23:18


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« Je sais que tu ne me feras pas honte. Tu n’as pas besoin de faire grand-chose pour faire bonne impression. Tu peux attirer tous les regards que tu veux tant que tout le monde sait que tu repars avec moi. » Une touche de possessivité. Tu souris de manière amusée. La température risquait effectivement de grimper en flèche avec l’écossaise fougueuse. Ça ne faisait pas le moindre doute.  Elle bougea ses jambes et tes yeux s’y fixèrent automatiquement. Elle aurait pu être mannequin. Tu t’étais fait la réflexion de nombreuses fois avec des mensurations pareilles. La terrasse, tes appartements pouvaient lui appartenir si elle le souhaitait, la Russie aussi. Elle serait la première à entrer dans tes sanctuaires. C’était un privilège, même si elle ne le réalisait pas encore. Tu n’étais pas du genre à t’ouvrir facilement, peu importait l’identité de la personne. En repensant à sa jalousie, tu ris légèrement, pas trop fort pour ne pas déranger le calme qui s’était installé. « Ça ne fait aucun doute. Je devrais alors expliquer pourquoi mes élèves disparaissent à tour de rôle. »

Tu avais la tête dans les étoiles dans tous les sens du terme. Tu te sentais bien, sur le sol, tenant la main de ta fiancée. Tu ne savais pas pourquoi ni comment, mais dans cette position, tu arrivais plus facilement à penser à elle comme ta future femme. Tu ne la voyais plus comme une simple adolescente. Il était temps. Tu n’étais pas naïf au point de penser que tu n’allais pas de nouveau douter. Les doutes tourmentaient ton esprit de façon régulière quoi que tu fasses. Mais en cet instant, avec pour seule témoin la lune et ses compagnes les étoiles, le futur semblait être à portée de main et tout était possible. Ton pouce n’avait toujours pas cessé son manège. Tu avais arrêté de réfléchir et ressentais tout simplement. Tu te rendais compte que tu n’avais jamais eu une telle relation avec quelqu’un. Tu ne l’avais pas forcément cherché non plus. Les coups d’un soir et les femmes faciles étaient bien suffisantes pour satisfaire tes besoins. Tu ne voulais pas de stabilité émotionnelle, tu n’aurais pas pu puisque tu étais fiancé. Tu n’étais pas aussi cruel. Tu ne savais pas à quel jeu tu jouais avec Aloisia. Tu ne voulais pas la blesser intentionnelle et c’est pourtant ce que tu risquais de faire à reculer dès que tu commençais d’avoir des doutes. Tu étais l’adulte dans l’histoire et pourtant, au lieu de te comporter comme tel, tu fuyais comme un enfant capricieux. Tu prenais enfin tes responsabilités au sérieux. Tu ne fuyais plus. La ligne d’arrivée était à portée de regard. Il était trop tard pour faire demi-tour. Tu avais été trop loin pour ça. La fin n’était qu’un état d’esprit. Tu voyais la fin, mais Aloisia voyait un commencement de votre vie à deux.

C’était simple pour toi de la taquiner, de la séduire parce que tu n’avais pas encore engagé tes sentiments dans la bataille. Tu voyais qu’elle était déjà perdue. Elle s’était convaincu qu’elle était amoureuse de toi. Tu n’étais pas sûr qu’elle aime la vraie personne que tu étais. Il y avait quelque chose dans l’air ce soir. Tu aurais pu croire qu’on t’avait drogué si tu n’avais pas apporté toi-même tous les plats du repas. C’était compliqué de définir ce que tu ressentais. Tu n’avais jamais été amoureux de ta vie. Sur ce point, Aloisia et toi étiez sur un pied d’égalité. Ton cœur était devenu ton propre ennemi. Tu n’étais pas habitué à te dévoiler autant à quiconque. Tu aurais aimé savoir ce qu’elle pensait à l’heure actuelle. Tu te sentais stupide. Est-ce que c’était censé être ça l’amour ? Tu ne te voyais pas poser la question à ta mère. Pour toi, l’amour restait une faiblesse. Tu en oubliais presque les raisons qui t’avaient emmené ici, Voldemort et ta mission d’espionnage. Tu ne portais pas la marque, mais si jamais le lord perdait la guerre, tu risquais Azkaban pour ton aide. Tu chassas immédiatement cette pensée négative de ton esprit. Ce genre de sentiment n’avait pas sa place par une si belle nuit. Tu ne voyais pas Aloisia, mais tu étais conscient de sa présence à tes côtés, de sa chaleur, de son odeur. Tu te perdais. Tu lui racontais des secrets que tu n’avais jamais dévoilés à personne. Tu t’ouvrais à elle. Elle te comprenait. Vous étiez beaucoup plus semblables que tu ne l’avais imaginé. Peut-être qu’un jour, vous aviez été en train de regarder les étoiles en même temps, rêvant à un futur meilleur. Une partie de toi était un peu gênée de lui avouer tes sentiments. Combien de fois avais-tu souhaité que ton père te dise que tu étais nommé à partir de cette étoile parce qu’il savait que tu l’atteindrais un jour. Bien sûr, ce n’était jamais arrivé. Tu n’avais jamais parlé à quiconque de cette découverte que tu avais faite durant tes études d’astronomie. Tu préférais chérir ce souvenir dans ton cœur. Tu ne croyais pas au destin. Tu préférais penser que tu étais libre de ton futur, mais parfois la pensée que le destin vous avait destiné l’un à l’autre t’effleurait. Sinon comment expliquer tous ces points communs que vous vous découvriez quand tu ouvrais un peu ta coquille ?

Tu parlais et pouvais sentir son regard posé sur le côté de ta tête. Tu ne dévias pas les yeux de cette étoile qui te symbolisait, située à des années lumière de cette planète. Votre main entrelacée reposait maintenant sur la couverture. Aloisia serra ta main. Tu compris ce qu’elle craignait sans qu’elle n’ait besoin de le formuler. Elle pensait que tu allais faire un pas en arrière une nouvelle fois. Non, pas aujourd’hui. Tu resserras tes doigts de manière rassurante. Tu regardais ton étoile, rêvant de partir loin d’ici, d’emmener Aloisia et de lui offrir la lune. Vous le méritiez bien, comme tout le monde. Sa tête était plus proche que tout à l’heure. Tu ne bougeas pas. Sa proximité ne te gênait pas, au contraire, tu l’accueillais comme un homme assoiffé en plein désert. Ce qu’elle te disait résonnait au fond de ton âme. Elle apaisait tes peines secrètes sans la savoir. « Je ne sais pas, je suppose qu’il y en a bien un qui a dû être célèbre un jour ou l’autre. En attendant, je préfère me dire que c’est mon étoile à moi. » Tu eus soudainement l’illumination. Tu savais le cadeau que tu lui offrirais pour les fêtes. Cela semblait tellement évident maintenant que tu étais allongé ici. Tu ne lui avais jamais rien offert avant. Tu voulais te rattraper. Tu sentis son regard de nouveau posé sur toi et finis par tourner la tête, tout sourire évanoui devant le sérieux du moment. Elle était si proche, si parfaite. Tu fixas ses lèvres immobiles. Il suffisait d’un simple geste de la tête, avancer de quelques centimètres. Sa respiration te caressait le visage. Tu n’avais pas lâché sa main. En d’autres circonstances, tu aurais reculé. Tu aurais dû reculer, mais tu ne le fis pas. Tu finis par avancer ton visage avec lenteur, peu sûr de la façon dont Aloisia allait réagir. Elle n’avait jamais caché que tu l’attirais, mais tu avais peine à le croire. Tu t’imaginais plutôt prendre une gifle. Elle tourna la tête au moment où tu ne t’y attendais pas et tes lèvres entrèrent en contact avec sa joie froide. Tu sentis un courant électrique te traverser. Si proche et pourtant si loin. Un soupir t’échappa avant que tu ne caresses sa joue de ta main libre et reprenne ta position initiale. Tu sentis tes joues rougir légèrement. Heureusement elle ne le verrait pas dans le noir. C’était sans doute pour le mieux. Tu avais été entraîné par l’ambiance. Contempler le ciel t’avait toujours rendu étrangement romantique. Ironique vu ton caractère usuel. Elle sourit et tu sentis tes lèvres s’étirer à leur tour. Ce qu’elle disait était si kitsch et pourtant… Tu la contredis, ta tête ne filtrant pas vraiment ce qui sortait de ta bouche. Tu étais encore préoccupé par le fait que tu avais failli l'embrasser. Que se serait-il passé si elle n'avait pas tourné la tête ? Tu ne le saurais jamais maintenant. « Tu es un soleil, brillant et superbe. La lune nuirait à ton éclat. » C’est pour ça qu’il lui faudrait une étoile. Deux astres lumineux morts il y a des milliers d’années, mais montrant leur éclat pour vos yeux seulement aujourd’hui.







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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Jeu 6 Mar - 14:53

Octavus & Aloisia
You were right from the start



Octavus montrait de la possessivité à mon égard pour la toute première fois. J'avais déjà du mal à réaliser qu'il avait révélé mon existence à ses amis de Russie alors apprendre qu'il voulait que tout le monde sache que je lui appartenais ce soir-là me faisait l'effet du bombe. Bien loin d'être outrée, j'étais totalement et inconditionnellement favorable à cette idée. Je n'avais jamais osé dire qu'il était le seul homme qui occuperait jamais mes pensées puisque cela serait revenu à l'emprisonner davantage dans cette relation dont il n'avait aucune envie. Je ne voulais pas le gêner, qu'il se sente trahi. Tout le monde finirait par l'apprendre bien assez tôt comme ça. Cette marque d'intérêt me flattait. Contrairement à moi, il ne serait pas jaloux puisqu'il ferait en sorte que tout le monde sache que j'étais inaccessible. Je devais pour ma part me battre pour attirer son attention, rivaliser avec d'autres bien plus belles que moi. Je ne répondais rien. J'aurais dit des bêtises, des choses qu'il aurait mal interprété. Je lui aurait expliqué que c'était tout ce que je demandais, de n'être qu'à lui, d'en informer la Terre entière, qu'aucun regard ne comptait lorsque le sien était posé sur moi. Je lui aurais fait comprendre combien j'avais besoin de sentir qu'il m'accordait de l'importance, qu'il ne voulait pas qu'un autre occupe mon esprit. Mais il n'aurait pas compris. J'avais déjà assez de mal à l'expliquer moi-même. Il avait tendance à tout attribuer à mon jeune âge, il le ferait également avec mes sentiments si d'aventure je venais à lui confesser. Certaines fois, j'avais l'impression qu'il mettait tout en œuvre pour que je le haïsse et il y parvenait. Il pensait que ça me pousserait à m'éloigner, à ne plus rechercher sa compagnie. Il avait peut-être même le fol espoir que j'en supplierais mes parents d'annuler nos fiançailles. Il n'avait jamais eu aussi tort de sa vie. Je ne ressentais une telle haine qu'envers lui puisqu'il était le seul que j'aimais si fort. La douleur qu'il savait m'infliger me prouver juste la profondeur de mes sentiments. Je voulais encore croire que ça suffirait à un jour nous rendre heureux. J'avais peur d'être égoïste et de l'éteindre progressivement, l'étouffant de tout cet amour dont il ne voulait pas. J'avais déjà pensé à l'éventualité qu'il ne parvienne jamais à aller plus loin. J'avais le pouvoir de l'enchaîner à jamais à moi, j'aurais aimé pouvoir dire que j'avais assez de courage pour lui rendre sa liberté. Malheureusement j'en doutais. Il serra plus fort ma main, promesse de sa présence jusqu'à son prochain départ. Il me quittait toujours, il ne savait pas rester. Sa présence à Poudlard n'avait rien à voir avec moi, j'en avais pleinement conscience, même si je n'osais pas lui demander la véritable raison, de peur d'être blessée. Il se rappellerait que je lui étais imposée, qu'on ne nous avait pas laissé le choix. Il me pensait victime, moi aussi, de la décision de nos parents. Je l'étais mais cela avait tourné à mon avantage. Si l'on nous avait pas forcé, je n'aurais peut-être jamais connu tout ça, je ne serais pas celle que j'étais devenue. Une décision, une personne, et toute votre vie étant chamboulée.

Je préférais me dire aussi que c'était son étoile, il m'offrait un refuge parfait à l'abri de tout regard. Je saurais où le trouver lorsqu'il me manquerait. Sans que je ne m'en rende compte, je me perdis dans la contemplation de son visage alors qu'il admirait pour sa part les étoiles. J'avais l'impression de le découvrir pour la première fois. Il finit par tourner à son tour son visage vers moi et me sourit. J'étais tellement subjuguée par sa présence, son accessibilité, son honnêteté, que je ne bougeais pas, de peur que le mirage ne s'évanouisse. J'avais envie de redessiner de mes doigts chaque contour de son visage, de l'arrête de son nez jusqu'à sa mâchoire. Je n'osais pas le toucher, cette petite voix qui me disait constamment qu'il me repousserait ne me quittant pas d'un instant. Je n'étais malheureusement pas libre de mes mouvements en présence d'Octavus. Je finis par tourner la tête à nouveau, m'arrachant à cette divine contemplation pour regarder de nouveau le ciel à contrecœur. C'est alors qu'il m'embrassa sur la joue, tendrement, avec une hésitation exquise. Ses lèvres m'électrisèrent et je fermais les yeux en sentant ce contact si imprévu, comme pour immortaliser les sensations qu'il m'offrait. Il s'éloigna et soupira, son souffle heurtant ma peau à la manière d'une brise chaude. Cette barrière qui se dressait entre nous semblait de moins en moins insurmontable. Ce n'était qu'un geste banal pour les autres, un baiser sur la joue, de simples caresses dénuées de tout sens. C'était plus que je n'avais jamais obtenu, de n'importe qui. Je ne connaissais pas la tendresse même si j'en rêvais souvent. Je finis par sourire, émue plus que je ne l'aurais pensé. Je pouvais bien être ce qu'il voulait du moment qu'il me laissait faire partie de sa vie. Si j'étais vraiment un soleil, je voulais l'éclairer et le réchauffer, chasser tous les doutes qui le tourmentaient. Je n'étais pas certaine d'avoir ce pouvoir pourtant. Pris d'une audace liée à cette atmosphère si propice au rapprochement, je me rapprochais légèrement, appuyant ma tête contre son épaule, mes cheveux se mêlant à ses mèches brunes. J'étais si bien contre lui. Pourquoi fallait-il se battre autant alors que ça me semblait si naturel d'agir ainsi ? Je soupirais à mon tour, torturée par l'idée qu'il faudrait bientôt partir sans savoir quand est-ce qu'un moment ainsi se représentera.

«- Je vais finir par m'habituer aux compliments si tu continues. »

Je m'épanouissais à chacun de ses mots, ils me donnaient le courage nécessaire de continuer à briser cette carapace si épaisse qu'il s'était forgé. C'était nouveau, ça aussi. Il n'était pas du genre à s’épancher sur ce qu'il pensait de moi mais je voulais savoir comment il me percevait réellement. J'avais toujours peur qu'il ne se sente pousser à agir de la sorte par les obligations auxquelles il était lié. J'étais franche, je ne jouais pas avec lui. Mon but n'était pas de satisfaire nos parents, c'était plutôt d'assouvir ce désir qui m'habitait lorsqu'il n'était pas loin. J'avais l'impression d'être mise à nue quand je cessais de me cacher derrière l'humour. Et j'étais effrayée à l'idée qu'il ne découvre l'étendu de mes sentiments et qu'il ne trouve ça risible. J'avais baissé les armes bien avant lui, il pourrait me détruire si facilement s'il le voulait. Tout aurait été plus simple si j'avais vu ce mariage comme une simple transaction, un échange de bon procédé. Ce serait sûrement la réaction que j'aurais eu si l'on m'avait uni à quelqu'un d'autre. Mais il avait choisit Octavus. Mon prince imparfait, hanté par l'idée qu'un homme comme lui ne pourrait rien amener de bon à une jeune fille comme moi. Si c'était si mal à ses yeux, pourquoi cela semblait normal aux miens ? Je n'avais plus froid, je n'avais plus peur des jours à venir allongée contre lui, loin du reste du monde. Je ne voulais plus être ailleurs qu'ici.

«- Tu m'avais caché que tu étais si confortable. Mon qui n'arrive jamais à dormir, si j'avais su. »

Je fermais les yeux en souriant. Je posais mon nez sur la peau de sa nuque, son odeur m'enivrant totalement. Au fond de moi, je ressentais le besoin de partir maintenant avant que ça ne devienne trop dur. Je m'attachais un peu plus à chaque seconde. Et même s'il faisait des efforts, je voulais toujours plus. Je le voulais lui, en entier, sans limite. C'était brûlé les étapes, prendre le risque de tout détruire. Une lutte intérieure commença en moi et la raison l'emporte. Après quelques instants, je me relevais, m'asseyant à ses côtés. Ma main serrait toujours la sienne, comme incapable de le lâcher. Je plongeais mon regard dans le sien, essayant de cacher la tristesse qui m'envahissait. C'était idiot de réagir ainsi, il m'avait offert la soirée la plus fantastique de toute ma vie. De ma main libre, je remettais une mèche de cheveux derrière mon oreille en soupirant. Toute bonne chose avait une fin. Aussi déchirante soit-elle.

«- Je devrais y aller. Maintenant avant de t'obliger à annuler ton cours. »

J'avais beau sourire, je devais admettre que cette idée m'avait effleuré l'esprit. Ce n'était pas envisageable, c'était même imprudent. Et je ne voulais pas lui attirer d'ennuis. Il fallait que je sois patiente, j'allais l'avoir pour moi toute seule, sans interruption, pendant des jours au Nouvel An. Et il se faisait tard, quelqu'un allait finir par remarquer mon absence. Je me répétais ces raisons comme pour me persuader que c'était la bonne chose à faire. Je n'arrivais pas en mon convaincre pour autant.


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MessageSujet: Re: You were right from the start {Octasia}   Jeu 6 Mar - 18:34


You were right from the start





Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tes yeux étaient fermés quand tes lèvres entrèrent en contact avec sa peau. Tu ne vis pas sa réaction et tu le regrettas. Avait-elle eu l’air horrifiée que tu prennes de telles libertés ? Tu aurais voulu savoir si elle t’avait vu venir et avait tourné la tête de manière réfléchi en le voyant approcher ses lèvres ou si c’était le fruit complet du hasard. Tu préférais ne pas penser à la malchance. C’était déjà tellement plus que tu n’avais jamais osé faire avec Aloisia. Tu lui avais pris la main sans contrainte et avait tenté de l’embrasser. Par la barbe de Merlin, c’était totalement inattendu que tu te demandais si on ne t’avait pas ensorcelé. Tu voulais te rassurer en te disant que ce genre de contact existait aussi entre deux bons amis. Ça ne voulait rien signifier de plus. Et pourtant, ton cœur te trahissait déjà. Cet organe qui te maintenait en vie semblait avoir des idées bien à lui, des idées auxquelles ta tête n’adhérait pas. Tes yeux se rouvrirent à temps pour voir Aloisia sourire. Tu voulais qu’elle soit aussi heureuse tous les jours, t’excuser pour toutes les larmes que tu lui avais fait verser.

Tu ne savais vraiment pas ce qui t’avait pris de l’embrasser. Heureusement, elle avait tourné la tête avant que tu ne commettes l’irréparable. Aloisia ne saurait jamais rien de ta tentative avortée et tu en étais soulagé. Tu réalisais que si tu étais parvenu à tes fins, vos relations n’en auraient été que plus inconfortables par la suite. Tu n’étais pas encore prêt à franchir ce pas et surtout pas à l’école, avec ton statut de professeur et elle d’élève. Vous embrasser serait le développement naturel de votre relation, mais ça ne devait pas se faire maintenant. C’était trop tôt. Les choses seraient différentes en Russie. Tu ne devais pas t’inquiéter qu’elle te courre après. Tu l’avais fais pour elle. Tu voulais montrer qu’elle t’appartenait, la marquer. C’était un sentiment contradictoire avec ton envie de la fuir. Tu ne savais plus vraiment où tu en étais. Les vacances allaient te faire le plus grand bien. Revenir en Angleterre te donnait l’impression de régresser à l’état d’adolescent.

Tu fus terriblement surpris de la voir se rapprocher et poser sa tête sur ton épaule. Un sourire heureux vint pourtant prendre place sur tes lèvres. Tes doutes et tes peurs t’avaient quitté pour la soirée. C’était comme si Aloisia avait le pouvoir d’effacer tout ça rien que par sa présence. Tu n’avais jamais été indifférent à elle depuis votre rencontre. Que ce soit de l’énervement, de l’attirance, de la sympathie, elle avait toujours réussi à te faire réagir là où avec d’autres, tu restais impassible. Tes capacités en occlumentie ne te servaient pas vraiment quand tu la rencontrais. Tu inspiras l’odeur de ses cheveux, finalement en paix avec toi-même. Tu étais tellement zen que tu en avais oublié ton cours qui approchait à grands pas. Nul doute que ton calme ne durerait pas avec tes jeunes élèves. Tu étais tellement bien que tu savais que tes réticences initiales n’avaient pas eu lieu d’être. Tu allais vraiment te battre contre ton pessimisme naturel et ne pas laisser de nouveau deux mois passer avant de la revoir. Ta main libre passa entre les tresses rousses dans un geste apaisant pour toi. Ses cheveux étaient tellement doux, tu avais eu raison tout le long. Une part de toi avait espéré pouvoir un jour te permettre ce geste sans penser que cela prendrait place. Parler sembler superflus et tu étais tombé dans une sorte de transe quand la voix d’Aloisia te remis les pieds sur terre. Tu avais tellement gardé le silence sur ce que tu pensais d’elle, elle allait mettre un certain temps avant de s’habituer aux compliments. Tu eus un léger rire. « Par merlin, voilà qui serait terrible... »

Tu n’avais pas envie de te lever. Ton horloge interne te soufflait que ton cours n’allait sans doute pas tarder de commencer. A force de leur faire observer le ciel toutes les semaines à la même heure, tu le connaissais par cœur. Ce soir pourtant, c’était comme si tu le découvrais pour la première fois. Tu n’aurais pas pensé que la présence d’une autre personne puisse changer à ce point les choses. Peut-être que pendant toutes ces années tu avais eu tort de repousser toute émotion et de te contenter de contacts sporadiques avec le genre humain. Ce type de contact était en réalité loin d’être désagréable. « Comme je te l’ai dit, je garde toujours plusieurs tours dans mon sac. Je dois admettre que la position n’est pas inconfortable. » Vous pourriez être amis tous les deux. Est-ce qu’elle était prête à être beaucoup plus que ça ? Si vous n’étiez pas fiancés, serait-ce seulement envisageable ? Tu montrais rarement ton vrai visage. Elle avait eu de brefs aperçus, mais quand elle serait en Russie, elle réaliserait à quel point elle ne te connaissait pas. Tu n’étais pas sûr qu’elle allait aimer la véritable personne que tu étais. Tu passais tant de temps à jouer un rôle que parfois tu ne savais plus qui était le vrai Octavus McKenna. Son souffle te chatouillait la nuque, un sourire content s’étirait sur tes lèvres. Tu aurais pu t’endormir. Son nez froid entra en contact avec ton cou et tu sursautas légèrement, surpris par le changement de température. Elle finit par se redresser, ton bras la libéra et tu repris conscience de la situation. Tu t’assis également. Elle n’avait pas lâché ta main. Tu eus un petit sourire. Elle avait raison, il était temps que la soirée se termine même si tu n’en avais pas envie. Tu avais un cours à donner. Tu jetas un coup d’œil à la montre accrochée à ton poignet, mais n’arriva pas à distinguer les chiffres avant de l’approcher de tes yeux. Dix heures moins dix. Tu avais pile le temps de te rendre en cours. « Tu as raison. Arriver en retard risque de soulever un peu trop de questions à mon goût. Je n’avais pas fait attention à l’heure. Je vais devoir y aller. »

Annuler ton cours était inconcevable avec Ombrage qui était sur le dos de tous les professeurs. Elle venait d’arriver, mais se prenait déjà pour le chef. Tu lui rendis un petit sourire avant de lui serrer la main et de la relâcher pour te remettre debout. Tes jambes étaient engourdies et tu les secouas rapidement. Tu jetas un coup d’œil à la couverture, seul vestige de cette soirée. Un coup de baguette la plia rapidement avant que tu ne l’envoie dans ton armoire. Elle pourrait toujours resservir. Tu finis par rentrer dans ton bureau. Aloisia portait toujours ta veste. Tu n’avais pas envie de lui enlever, mais les gens risquaient de se poser des questions si elle arrivait dans sa salle commune avec une veste d’homme. Tu soulevas ses cheveux avant de t’emparer de l’objet en question. Tu allais éviter de la porter ce soir. Tu sentais d’ici les effluves féminins qui s’étaient mêlés au tissu. Tu n’avais pas envie d’entendre des questions dérangeantes de tes élèves. Tu la posas sur le dossier de ton fauteuil avant de t’emparer de ta cravate et de la nouer rapidement. Tes cheveux devaient être en bataille, comme d’habitude. Tu les peignerais rapidement en te rendant à la tour d’astronomie. Tu espérais juste que tu n’aurais pas l’air débauché. Tu t’approchas de ta jeune fiancée, ennuyé de la mettre à la porte, mais sans avoir de solution.  Ses amies risquaient de s’interroger quand elle allait rentrer. « Passe une bonne soirée Aloisia. Je te verrai bientôt. » Tu te penchas en avant afin de l’embrasser sur la joue, un léger sourire aux lèvres. La terre ne s’est pas écroulée la première fois, tu pouvais bien le refaire. « Fais de beaux rêves… »

Tu finis par refermer la porte de ton bureau et te diriger vers la tour d’astronomie après un dernier regard vers Aloisia. En arrivant dans le couloir de ta tour, tu vis les élèves rassemblés devant la porte. Tu l’ouvris d’un coup de baguette. « Entrez en silence  et sortez vos télescopes. » Quand tu contemplerais les étoiles ce soir, tu penserais à une certaine rousse.


The end





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