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 Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]

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Aloisia Bateson
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MessageSujet: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Jeu 6 Mar - 21:35

Octavus & Aloisia
Let's fly away to a land where we'll be free



Le temps s'écoulait bizarrement depuis notre dernière rencontre. Un autre mois s'était achevé et pourtant, j'avais l'impression d'avoir passé la soirée d'hier avec Octavus. Et en même temps, les jours ne semblaient pas passer, si bien que les vacances n'approchaient que très lentement. Il était plus difficile de l'ignorer complètement lorsque je venais à le croiser dans les couloirs, surtout quand mon esprit s'amusait à me rappeler la sensation de ses lèvres sur ma joue à chaque fois que je le voyais. C'était la première fois qu'il m'embrassait. Ça n'avait rien de romantique, c'était pourtant déjà plus que je n'avais jamais eu. Il ne semblait plus si rebuté à l'idée de me toucher, ne réagissant plus comme si cela avait été mal. Je ne lui en voulais pas de ne pas m'accorder du temps, je comprenais qu'il n'en avait tout simplement pas. Je me contentais des sourires que l'on pouvait s'échanger dans la Grande Salle. Je n'étais plus aussi jalouse qu'avant, j'apprenais à lui faire confiance. Il avait tellement fait d'efforts pour me prouver que je comptais un minimum, je lui devais bien ça. Même si ce n'était pas simple. Je me faisais violence pour ne pas exploser à chaque fois que les filles se mettaient à exprimer certaines idées qu'elles avaient sur lui, ou plutôt, certains scénarios totalement impossibles. J'étais allée récupérer les bouquins dont il m'avait parlé quelques jours après ma retenue mais je n'avais pas pu m'attarder. C'était la première fois que j'allais dans son bureau en pleine journée et je constatais que réellement, toutes les sorcières du château semblaient en avoir après lui. J'étais donc partie rapidement pour ne pas effectuer une deuxième attaque incontrôlée. Et je m'étais jetée plutôt corps et âme dans l'apprentissage du russe. J'y passais beaucoup de temps, je profitais même des cours de Défense contre les Forces du Mal pour m'entraîner. J'espérais pouvoir l'impressionner un minimum une fois là-bas. J'avais beau continuellement penser à lui, je devais aussi reprendre le cours de ma vie d'étudiante. Je n'étais plus la même que les deux mois précédents, et je crois malheureusement que mes amis l'avaient remarqué. J'étais bien plus pétillante, toujours d'humeur à tout, et je riais bien plus facilement. J'étais détendue. Savoir que mon fiancé était à quelques étages de moi ne me tracassait plus, même si j'avais souvent envie de le rejoindre. Même les avances de Basil Williams me paraissait moins exaspérantes. La seule ombre au tableau était le fait que je ne savais toujours pas si mes parents avaient accepté de me laisser partir en sa compagnie ou non. Je n'avais pas eu la possibilité de lui demander en personne et je n'échangeais que très rarement, et par nécessité pure et simple, des courriers avec eux. Savoir que je n'allais pas passer autant de temps que ça en leur compagnie était un réel soulagement. Ils en profiteraient sûrement pour me reparler du bal de mes dix-sept ans à venir. Ils prévoyaient d'en faire un énorme événement, certainement dans le seul but de montrer la richesse et la place des Bateson dans la société magique. Je n'attendais cet événement qu'avec une impatience mitigée. Cette soirée ne m’enchantait pas, mais être officiellement et aux yeux de tous une femme majeure faciliterait beaucoup de choses. Mais avril n'était pas encore là.

Je courrais dans les couloirs tout en finissant d'enfiler mes baskets. J'étais en retard pour l'entraînement de Quidditch. Le match contre les Serdaigles approchait et notre capitaine ne laissait rien au hasard, j'avais passé mes dernières soirées sur le terrain, pour mon plus grand plaisir, même si c'était épuisant. J'écoutais le long speech servit avant le début de l'entraînement, comme à chaque fois, d'une oreille distraite, nouant mes cheveux en chignon grossier pour ne pas être gênée une fois sur mon balais. Ça n'était que ma deuxième année dans l'équipe mais je ne craignais pas pour ma place, j'étais rapide et n'hésitais pas à me montrer teigne pour garder le souaffle. Je le prouvais une fois encore lorsqu'enfin, je pris mon envol. Le ciel était des plus sombres et le vent ne nous ménageait pas. Les batteurs non plus. C'était habituel, ils étaient des plus rudes avec nous pour que l'on puisse ne pas être surpris une fois sur le terrain. Un d'eux m'envoya un cognard qui me filait à la trace, m'obligeant à passer la balle à un de mes coéquipiers. Je filais le plus vite possible sans qu'il ne se résigne à me lâcher. En désespoir de cause, je fonçais sur le joueur qui me l'avait envoyé, piquant à la dernière minute pour qu'il se prenne le coup qu'il m'avait lancé. Je repartais vers les buts en souriant. Il n'y avait pas de place pour la politesse au Quidditch.

Deux heures plus tard, le coup de sifflet était lancé. J'étais littéralement crevée mais fière de moi. Serdaigle n'aurait définitivement aucune chance contre nous. Il faudrait marquer le plus possible, Chang étant une attrapeuse plutôt douée. Je plaisantais avec une coéquipière sur la tête du batteur lorsqu'il se prit son propre cognard pendant le débriefing dans les vestiaires, si bien que je prenais du retard sur les autres. Je riais bien trop pour être capable de me changer. On proposa de m'attendre pour rentrer au château, je préférais rester seule et prendre mon temps. Je n'étais jamais très pressée de rentrer après une séance, j'aurais pu voler des heures s'il l'avait fallu, même sous la pluie et la neige. J'enlevais ma tenue de joueuse pour renfiler mon jean, attrapant mon sac et mon balais. Je retournais sur le terrain pour déposer mon balais dans le bureau de Madame Bibine qui se trouvait de l'autre côté des vestiaires. Je m'arrêtais pourtant en croyant voir une silhouette sur la pelouse. Soit j'étais folle, soit il y avait bien quelqu'un et à cette heure-ci, ça n'était pas normal. Je n'avais pas peur, j'étais juste surprise. C'était quelqu'un de grand, un homme de toute évidence. Il portait lui aussi un balais sur son épaule. Sûrement Basil, encore. Il était remplaçant dans l'équipe et participait aux entraînements, l'occasion pour lui de retenter sa chance.

«- Par Merlin, je te promets Basil que si tu essaies encore une fois une de tes approches foireuses, je t'explose le balais sur la tête, match contre Serdaigle ou pas ! »

J'approchais plus rageusement, prête à mettre ma menace en action. Mais pour la seconde fois, je m'arrêtais net. Ça n'était pas Basil. Ou alors, il était devenu bien plus attrayant en l'espace d'une vingtaine de minutes. Mon cœur reconnut son visage bien avant mes yeux. Je n'arrivais pourtant pas à croire que c'était lui. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Avait-il regardé l'entraînement ? Et pourquoi se promenait-il sur le terrain avec un balais ? Je souriais lorsque l'idée fit son chemin dans mon cerveau. J'avais peut-être la réponse à cette dernière question. Je trottinais jusqu'à lui, de bien meilleure humeur. Une fois à sa hauteur, je lâchais mes affaires et plaçais mes mains sur mes hanches.

«- Je vais finir par croire que tu ne peux plus te passer de moi Octavus. »


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Octavus McKenna
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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Jeu 6 Mar - 22:58


Let's fly away to a land where we'll be free





Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Un mois s’était écoulé depuis ton rendez-vous avec Aloisia. La seule fois où tu avais vu Aloisia de près, tu n’avais pas été seul. Vous sembliez maudits. Ta fiancée était venue chercher ses livres dans ton bureau comme promis, quelques jours après votre soirée sous les étoiles. Peut-être pour le mieux, tu n’avais pas été seul au moment où elle était arrivée. Tu hésitais encore sur ce point. Trois Gryffondors étaient venues te poser des questions sur un devoir que tu leur avais donné. Vu le temps qu’elles mettaient à s’attarder, tu doutais fortement que ce soit uniquement par amour du travail qu’elles aient été là. Tu avais bien remarqué qu’Aloisia semblait surprise de voir autant de monde. Tu n’avais pas plaisanté quand tu disais que ton bureau était le nouveau lieu à la mode dans le château, mais tu tenais parole, la terrasse était réservée à une seule personne. Quitte à ce que personne n’en profite du tout au final.

Comme tu n’étais pas seul dans ton bureau, tu n’avais pas pu lui dire tout ce que tu voulais. Tu avais dû faire semblant de ne pas la connaître, la traiter comme tes autres élèves, ce qui avait été beaucoup plus difficile que tu l’avais prévu. Si tes élèves s’étaient posé des questions sur l’intérêt d’Aloisia pour la Russie, elles n’avaient rien dit. Si tu avais su que ces filles allaient te tenir la jambe une bonne partie de l’après-midi, tu aurais au moins écrit une note dans le livre pour lui annoncer les dernières nouvelles. Fidèle à ta parole, tu avais écrit le lendemain de votre rencontre une lettre officielle adressée aux Bateson. Tu avais expliqué en détail la nécessité de rencontrer ta fiancée dans un contexte moins scolaire, surtout vu l’approche prochaine de votre mariage. Tu avais aussi mentionné l’intérêt pour elle de rencontrer tes collègues du Ministère de la magie russe, puisque tu risquais de retourner travailler là-bas dans le futur. Tout avait été soigneusement couché sur parchemin après trois essais ratés. Ton hibou zvezda était immédiatement parti avec la missive, mais tu n’avais pas eu de réponse immédiate. Tu avais crains pendant trois jours de recevoir une beuglante pour le fait d’avoir été présomptueux concernant ton attachement à Aloisia, qu’elle n’était qu’une mineure et que même fiancé, tu n’allais pas l’entrainer loin de sa famille sans chaperons pour vous surveiller. Trois jours après avoir envoyé zvezda, ton hibou était revenu apportant avec lui un parchemin cacheté du sceau des Bateson. Tu avais reçu la lettre en plein cours, mais avait été incapable de l’ouvrir devant tes élèves. Tu craignais trop de ne pas contrôler ta réaction en lisant la réponse.

Le soir venu, tu t’étais servi un verre de bourbon avant de décacheter la missive. Les mots s’étaient mélangés devant tes yeux avant que tu ne parviennes à comprendre qu’ils te donnaient leur accord pour enlever leur fille unique dans un pays inconnu. Mieux, ils semblaient ravis que tu décides enfin de prendre au sérieux vos fiançailles et présente Aloisia comme tel à tes connaissances. Le lendemain, Aloisia était apparue dans ton bureau, mais tu n’avais rien pu lui dire. Tu espérais que les légers sourires que tu lui avais adressés à chaque fois que tu l’avais croisé avaient suffi à lui indiquer que tout se passerait comme prévu pour les vacances. La bonne nouvelle, c’était que Murdoch n’était pas réapparue seule depuis son attaque de boutons. Elle rougissait à chaque fois que tu croisais son regard en cours et tu devais te retenir de toutes tes forces pour ne pas éclater de rire en repensant à la scène.

Tu n’avais pas cherché consciemment à éviter Aloisia cette fois, c’était juste les circonstances qui vous avaient empêché de vous revoir. Ombrage notamment était encore plus dangereuse et mégalo que tu ne l’avais prédit au départ. Elle avait été nommée grand inquisitrice et tu n’étais pas aussi libre de tes mouvements que tu l’aurais souhaité. Même si Aloisia était ta fiancée, tu préférais éviter d’attirer l’attention de la vieille peau plus que nécessaire. Ta mission avec Granger te prenait aussi beaucoup de temps. Tu continuais lentement de l’appâter à grands renforts de livres et de tasses de thé. Elle semblait cacher quelque cache, mais tu n’avais pas encore deviné ce que c’était. Tu étais frustré. Ce qui expliquait aussi en partie pourquoi tu avais attrapé ton balai de course dernier cri avant de tenter une percée pour sortir du château. Tu t’en étais tiré à moindres frais, évitant tes groupies pour sortir dans le parc. Tu savais qu’Aloisia avait normalement un entraînement de quidditch. Tu n’étais pas fier d’avoir demandé cette information à Rogue. Le regard goguenard qu’il t’avait jeté te restait encore en travers de la gorge. Mais au moins, tu savais où elle était.  Il t’avait répondu uniquement par politesse. Rogue connaissait bien les sangs purs. Il n’avait pas vraiment eu le choix.

En entendant où était Aloisia, tu avais repensé à votre conversation de la dernière fois. D’accord, c’était plutôt de la pure moquerie. Aloisia pensait que tu ne savais pas utiliser un balai et puisque tu comptais te détendre un peu en volant, autant faire d’une pierre deux coups. Elle allait regretter d’avoir rigolé. Elle avait peut-être l’avantage de la jeunesse, mais l’expérience allait l’emporter. Tu avais envie de la revoir, même si tu n’allais pas l’admettre. Tu n’étais pas encore prêt à analyser les sentiments contradictoires qu’elle faisait naître en toi. La fin de soirée d’octobre dernier semblait presque iréelle. Parfois tu te demandais si tu n’avais pas halluciné le fait que tu aies osé l’embrasser. Sur la joue, elle avait détourné la tête à temps. Tu préférais éviter de penser à la légère déception qu’accompagnait toujours ce souvenir. Ce n’était pas vraiment comme si tu étais attiré par une fille de seize ans, n’est ce pas ?

Tu avais fini par arriver sur le terrain de quidditch. L’équipe de serpentard était encore en plein entraînement. Peu enclin à te faire repérer, tu étais resté en retrait, au sol, accoudé contre l’une des tours pour les spectateurs. Il n’avait pas été difficile e repérer Aloisia dans le lot. Tu avais vite remarqué sa chevelure de feu. Tu n’avais sans doute pas choisi le meilleur temps pour te défouler un peu, mais au moins vous auriez l’avantage d’être tranquille. Avec un tel vent, il fallait être fou pour voler. Heureusement pour toi, les obstacles ne t’avaient jamais fait peur. C’était une source de motivation supplémentaire. Tu souris de fierté en voyant ta fiancée évoluer avec facilité vers les buts. Tu comprenais mieux ce que tu avais entendu sur la façon de jouer des serpentards. Ils ne se ménageaient pas, même entre eux. L’entraînement allait sans doute rapidement toucher à sa fin. Le ciel s’assombrissait. Tu étais même étonné qu’il n’y ait pas encore de neige à cette période de l’année. Finalement, les balais se posèrent au sol et tu te cachas dans l’ombre en attendant qu’ils ne rentrent dans les vestiaires. Tu ne savais pas trop comment tu allais aborder Aloisia. Elle risquait de sortir en même temps que toute son équipe. Être aussi peu prévoyant ne te ressemblait pas. Au pire, tu la laisserais partir. Tu voulais voler, en sa compagnie serait encore mieux, mais c’était surtout histoire de te défouler un peu. Fort heureusement, la chance semblait vous sourire pour une fois. Tu vis son équipe sortir membre par membre, mais toujours sans rousse dans le lot. Quand tu fus certain que tous les autres membres avaient disparus du terrain, tu quittas ton repère et marchas jusqu’au centre du terrain, t’imprégnant des émotions encore palpables attachées au lieu. Tu ne la vis pas arriver et fus surpris en entendant sa voix t’appeler Basil ? Qui était ce garçon ? L’énervant serpentard qui semblait coller d’un peu trop près ton Aloisia ? Tu te retournas lentement, robe rouge aux couleurs de Durmstrang soumise au claquement du vent, le balai toujours accroché à ta main gauche alors qu’elle avançait jusqu’à toi. visiblement, elle ne t’avait pas encore reconnu. Quand elle se stoppa net, tu lui fis un léger salut de la tête, un sourire au coin des lèvres. « Aloisia. Est-ce que je devrais être inquiet pour la sécurité de ce Basil ? » Tu regardas la rousse avancer jusqu’à toi, avec un sourire amusé aux lèvres. Tu reconnais bien là ton écossaise au caractère explosif. Tu haussas un sourcil devant sa remarque présomptueuse avant de lui répliquer avec un éclat de défi dans les yeux. « C’est peut-être vrai, mais il fallait bien que j’arrive à te croiser l’espace de quelques instants. J’ai obtenu une réponse de tes parents. Et j’ai repensé à ton défi inconscient. » Tu avais volontairement retenu l’information concernant ses parents. Tu étais assez curieux de voir ce qu’elle espérait sur le sujet. Quant au quidditch, tu allais bien évidemment l’écraser. L’échec n’était pas une option.




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Aloisia Bateson
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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Ven 7 Mar - 1:23

Octavus & Aloisia
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C'était presque irréel, mais c'était bien lui. Drapé dans une robe rouge foncée, couleur de Durmstrang, il tenait un balai dans sa main, ses cheveux volant au gré du vent. Il avait des allures de joueur de Quidditch et j'en étais surprise, sûrement un effet de la robe, il ne m'avait jamais parlé d'un quelconque intérêt pour ce sport. En même temps, je ne connaissais pas assez de choses sur lui pour me faire ce genre de réflexion. Je remarquais son sourire amusé et le mien apparut instantanément après ça. Je roulais des yeux en l'entendant, exaspérée rien qu'à l'entendre prononcer le nom du Serpentard. J'aurais bien aimé trouver le moyen de le faire cesser une bonne fois pour toute. L'attaquer serait assez direct comme approche : nous étions dans la même maison et jouions dans la même équipe. Il remplaçait au poste de batteur, je n'avais pas envie de risquer une vengeance en plein match. Je notais qu'il semblait plus inquiet pour le jeune homme que pour moi. Je fonçais les sourcils, au fond amusée par cette idée. Il connaissait mon caractère explosif, il avait même été témoin d'une de mes colères. Et contrairement à moi, l'existence de cet énergumène ne semblait absolument pas le rendre jaloux. Certes, je n'étais pas intéressée par Basil, mais il était plutôt beau garçon, il fallait lui accorder ça. Sa réputation de coureur de jupon le précédait, et il avait une confiance en ses charmes sans faille, ça le rendait insupportable à mes yeux. Ça et le fait qu'il n'arrivait clairement pas à la cheville de mon fiancé, mais bien sûr, Octavus n'avait pas à le savoir. Je devrais peut-être lui donner quelques faux espoirs, histoire d'éveiller une certaine rivalité en lui. C'était mal et sûrement inutile, il ne tomberait jamais dans le panneau. J'avais juste envie de croire qu'il ne pourrait accepter qu'un autre que lui s'approche de moi de la sorte. Je prenais un ton d'innocence surjouée avant de prendre un air faussement boudeur.

«- Non, bien sûr que non voyons. Je devrais être vexée que tu m'imagines capable de violence. Ou encore que tu t'inquiètes plus du sort de mon harceleur que du mien. »

Je savais qu'il ne pourrait pas me délivrer de ce boulet, pas sans avouer qu'il était mon fiancé. Et je l'imaginais mal l'agresser au détour d'un couloir, même si j'aurais adoré ça. Je n'aimais pas particulièrement la violence, j'avouais cependant que j'en usais parfois, mais cela avait un côté assez plaisant de l'imaginer en venir à cet extrême pour moi. Très théâtral aussi, j'en convenais. J'étais ravie de le voir, et soulagée de constater qu'il n'était pas distant. Un mois aurait vite fait de réinstaller une certaine tension entre nous. Bien sûr, nous nous étions échangés quelques sourires discrets à l'abri des regards, ça ne m'assurait pas qu'il était toujours favorable à un rapprochement. Il s'était tellement ouvert cette nuit-là que j'avais craint qu'il ne le regrette et finisse par se renfermer. Mes craintes n'étaient pas fondées de toute évidence. Je ne voulais pas croire que cette rencontre n'était que le fruit du hasard. Qu'il choisisse de venir voler juste le soir où mon équipe venait s'entraîner était improbable. En même temps, comment aurait-il eu accès à ce genre d'information ? Je choisissais de croire qu'il venait pour moi, c'était toujours plus flatteur. J'avais beau n'avoir pas cherché à le voir, ce n'était pas l'envie qui m'avait manqué. J'avais pensé à faire un tour à son bureau pour que l'on puisse partager un moment mais à la seule pensée que je risquais d'y trouver d'autres de ses élèves me retenait. J'avais ensuite hésité à lui envoyer une lettre avec un lieu de rendez-vous par hiboux, la crainte que la missive ne soit interceptée l'avait emporté. J'avais donc attendu qu'il me fasse signe, mon attitude si raisonnable continuant de m'impressionner. Le problème était toujours le même avec Octavus, il fallait montrer une patience à toute épreuve. Mes yeux s’agrandirent en l'entendant, surprise. J'étais tellement contente de le voir que je ne pensais définitivement plus à eux. Et pourtant, leur potentiel refus m'avait tourmenté durant des heures. Ils n'avaient jamais su me faire plaisir, ne pas donner leur accord à ce voyage serait pourtant la pire chose qu'ils m'auraient jamais faite. Mes mains quittèrent mes hanches pour retomber le long de mon corps, et je faisais un pas vers lui comme pour le presser de tout me raconter.

«- Oh par Merlin dis moi qu'ils ont dit oui, dis moi que je vais en Russie!»

Dans le cas contraire, je ne leur pardonnerai jamais. Et je ne passerais pas les fêtes avec eux, inventant un prétexte pour rester au château. Il valait mieux encore supporter Ombrage plutôt que devoir ravaler ma colère en leur présence. Ce n'est qu'après ça que la fin de sa phrase m'interpella. Je repensais instantanément à cette fin d'après-midi sur cette terrasse. Je me revoyais, debout sur la balustrade, plaisantant sur ses possibles envies de meurtre à mon égard. Il avait répliqué que je n'agissais de la sorte que dans l'espoir qu'il ne vienne me sauver sur son balai, tel un preux chevalier. Mes yeux se posèrent alors sur cet objet qu'il tenait toujours dans la main et un sourire malicieux s'étira sur mes lèvres. Il n'avait pas oublié. Je l'avais mis au défi de me battre à la course et il avait accepté. Il n'avait de toute évidence pas oublié, ça expliquait sa présence sur ce terrain à ce moment précis. Il avait beau m'être supérieur dans bien des domaines, j'étais douée en vol et il allait en faire les frais. Je n'étais pas sûre qu'il apprécie de se faire battre à plate couture par sa jeune fiancée, mais il l'avait cherché, je ne le laisserais pas gagner pour satisfaire son égo. Je n'étais du genre compétitive qu'en ce qui concernait le Quidditch. Le Quidditch et lui désormais puisqu'il allait falloir que je fasse tout ce qui était possible pour concurrencer tout le reste du genre féminin, genre qui semblait n'avoir que pour seul but d'attirer l'attention du professeur d'Astronomie. Enfin. Je riais légèrement, moqueuse de sa prochaine défaite.

«- Tu n'aurais pas du me le rappeler, ça t'aurais évité d'avoir à affronter une défaite face à moi. Mais puisque tu insistes mon cher ! »

Je me baissais et attrapais mon balai. Si j'avais su, j'aurais gardé ma robe de l'équipe. Le jean était tout aussi confortable, je n'aurais aucun problème à le battre dans cette tenue. Je coinçais le manque entre mes jambes et me munissais de mon élastique. Mes mains attrapèrent mes longues mèches rousses pour les nouer une seconde fois au dessus de ma tête, dégageant ainsi ma nuque. Le vent n'avait pas cessé, bien au contraire, ça ne serait pas une excuse pour reporter ce défi. Il avait beau être plus lourd, ce qui était un avantage avec ce temps, j'avais de l'expérience et de l'assurance. Je tournais mon regard au loin pour visualiser les lieux et ainsi définir un parcours. À cette heure-ci, tout l'extérieur du château était libre. Il fallait une distance assez conséquente pour que cette rencontre en vaille la peine, on ne pouvait décemment pas se contenter de la longueur du terrain. Je reprenais mon balai en main, appuyant légèrement le bout dans l'herbe pour y prendre appui.

«- On va jusqu'au lac et on revient, le premier arrivé a gagné ? Bien sûr, il faudra passer à la lisière de la forêt pour être sûr de ne pas être vus. Tu feras attention de ne pas te manger un arbre. »

Je souriais de toutes mes dents, le taquiner était sans conteste une de mes activités préférées. Je pourrais en avoir d'autres s'il m'en laissait le loisir, mais c'était une toute autre histoire. Je remontais les manches de mon pull bleu marine avant d'enfourcher mon balai, attendant son feu vert. Il pouvait toujours renoncer s'il le voulait. Je savais qu'il n'en ferait rien pour autant.


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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Ven 7 Mar - 17:10


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tes cheveux volaient dans tous les sens, comme animés d’une volonté propre. C’était loin d’être inhabituel, mais avec le vent, impossible d’essayer de les contrôler. Tu te demandais si elle allait comprendre que tu portais des robes de joueur de quidditch. L’épaule était brodée du blason de Durmstrang, un aigle à double tête et un élan ainsi que du K indiquant tes insignes de capitaine. Avait-elle suffisamment progressé en russe pour comprendre la signification de ce blason ? Visiblement non. Tu avais envie de la tester pour voir si elle avait pris au sérieux son apprentissage. Tu trouverais bien une opportunité avant de la quitter.

« Oui, je ne vois vraiment pas d’où peut bien me venir cette idée… » Tu eus un sourire en coin en repensant à son attaque de Murdoch juste par jalousie. Ça restait l’un des meilleurs souvenirs que tu avais eu au château. Maintenant que tu y repensais, les seuls moments agréable que tu avais passé depuis ton arrivée étaient liés à ta fiancée. Tu n’allais pas lui avouer. Elle n’avait pas besoin d’augmenter son égo. Tu l’avais déjà vue en colère et même si elle faisait pâle figure face à toi, elle restait quand même une personne qu’il valait mieux ne pas trop pousser à bout. Elle s’intégrerait parfaitement en Russie où les femmes avaient des caractères de feu pour compenser la froideur du climat. Tu finis par tiquer en entendant ses derniers mots.  « Harceleur ? » Tes yeux se plissèrent et tu grognas, les poings serrés. Réaction instinctive à l’idée qu’elle se fasse importuner. Est-ce que c’était ce bouffon que tu avais déjà aperçu lors du repas de rentrée et qu’elle avait remis à sa place ? La harcelait-il vraiment ? Tu allais devoir vérifier si ce bouffon suivait ton cours d’astronomie. Si c’était le cas, il allait le regretter. Personne ne harcelait ta fiancée. Tu avais peine à croire qu’Aloisia n’ait pas dit qu’elle était déjà engagée à quelqu’un. L’idée qu’il la poursuive malgré tout te mettait dans une colère folle. Il avait de la chance de ne pas se trouver à proximité. Toute bonne humeur t’avait quitté. Tu te forças un inspirer l’air froid lentement pour te calmer. L’idée qu’un de ses camarades ne passe son temps à la harceler te rendait fou. Ce n’était pas un terme à employer à la légère. En plus de ça, ce garçon faisait visiblement partie de l’équipe de quidditch. Il devait passer beaucoup trop de temps à ton goût avec ta jolie rousse.

« Est-ce qu’il t’a importuné ? » Ta voix était dure même si tu avais repris un visage impassible. Tu ne plaisantais pas avec ce genre de choses. Tu préférais ne pas agir de manière inconsidérée sans avoir plus d’informations. Peut-être qu’Aloisia exagérait. Sinon, tu n’aurais aucun scrupule à retourner voir Rogue pour lui dire ta façon de penser sur cet élève. Même si tu n’étais pas amoureux d’Aloisia, tu comptais bien la protéger du mieux que tu pouvais contre ceux qui tenteraient de lui faire du mal. Si cela incluait un camarade un peu trop pressant, alors soit. Tu ne pouvais pas avouer que tu étais son fiancé. Cela aurait entraîné trop de complications, mais tu pouvais agir par l’intermédiaire de Rogue. Ton collègue allait finir par t’éviter comme la peste si tu continuais de lui demander des services. Tu étais sûr que tu parviendrais à t’arranger avec lui, superviser certaines de ses retenues en échange pour ses informations. Il était évident que rien n’était gratuit avec lui. Mais, si tu reconnaissais une chose sur Rogue, c’était qu’il prenait soin de ses élèves, surtout quand il s’agissait d’un sang pur. En tant que mangemort,  il ne pouvait pas se permettre le contraire. Tu allais te débrouiller pour savoir de quoi avait l’air ce Basil. Si elle disait vrai, ce ne serait pas très compliqué, il risquait de la coller dans la grande salle. Si jamais tu le voyais trop proche à ton goût, tu allais agir. Tu savais qu’Aloisia pouvait prendre soin d’elle et tu ne voulais pas qu’elle se mette à dos tous ses camarades, mais il y avait des limites à ta patience. Le harcèlement en était une.

Dans un peu plus d’un mois, tu serais reparti en Russie. Aloisia viendrait avec toi. Tu étais assez étonné qu’elle ait eu la patience d’attendre que tu viennes la voir. Cela aurait pu prendre une éternité. Il suffisait de voir le temps que tu avais mis pour la recontacter après votre dispute. Tu t’attendais plutôt à ce qu’elle investisse ton bureau tous les jours jusqu’à ce que vous soyez enfin seuls pour savoir si ses parents avaient dit oui. Les Bateson étaient vraiment très spéciaux. Tu avais peine à croire qu’ils n’aient même pas mentionné à leur fille que tu comptais l’emmener en Russie, mais à en juger par sa curiosité, elle n’avait pas la moindre idée de leur réponse. Tu n’avais pas du tout évoqué qu’Aloisia était au courant de cette idée que tu avais eu. Tu avais jugé plus prudent de ne pas leur donner l’impression que tu tentais de monter leur fille contre eux. C’était plus ou moins le cas pourtant. Une nouvelle fois, ils t’avaient laissé le soin de lui transmettre leur décision. Heureusement, elle était positive. Tu ne savais pas comment tu aurais réussi à lui dire qu’ils avaient refusé qu’elle te rejoindre. Même si tu avais des rapports très difficiles avec ton père, il ne t’avait jamais laissé te débrouiller, il avait plutôt tendance à tout contrôler dans ta vie.  

En voyant le comportement d’Aloisia, tu eus un petit rire qui te trahit. Tu aurais aimé pousser le suspense jusqu’au bout pourtant. Elle pouvait vouloir que tu la traites comme une femme, ses comportements enfantins continuaient de la trahir. Tu gardas le silence pendant un temps, avant de finalement avouer du bout des lèvres leur réponse, et en russe pour la tester. Ce n’était pas une phrase bien compliquée à comprendre. « Они сказали да » Tu gardas un visage neutre, un sourcil haussé en signe de défi. Tu ne pouvais pas croire qu’elle ait oublié votre petit pari, même si cela faisait déjà un mois que vous aviez parlé pour la dernière fois. Elle semblait tellement sûre de gagner qu’elle avait peut-être pensé que tu allais la laisser oublier, effrayé par ta future défaite. Oh que non… Tu souris devant sa provocation. Si elle avait vu le paysage dans lequel était implanté Durmstrang, toutes montagnes escarpées et forêts difficiles d’accès, elle n’aurait pas eu à s’inquiéter pour toi. Au moins, elle serait encore plus surprise. Si on pouvait dire une chose de toi, c’est que tu avais l’esprit de compétition. Quel dommage qu’elle n’ait jamais l’occasion d’entrer dans ton ancienne école. Ça valait le coup d’œil. Elle avait un léger avantage sur toi en connaissant mieux le parcours, mais tu avais l’expérience et un balai plus rapide. Tu t’étais déjà promené en balai deux-trois fois depuis ton arrivée au château. « Ne t’en fais pas pour moi. Tu pourrais bien être surprise par mes talents multiples... » Et un sous-entendu, un. Ça commençait bien vu que vous aviez commencé de discuter depuis à peine deux minutes.

Tes yeux ne la quittèrent pas quand elle se pencha pour attraper son balai. Tu enfourchas ton balai, un sourire en coin sur les lèvres, murmurant un sortilège pour empêcher tes cheveux de t’aveugler durant la course qui allait prendre place. Tu visualisas rapidement dans ta tête la direction qu’elle voulait prendre pour la course. Le lac, tu repensas à la rencontre surprenante que tu avais fait là-bas. Amusant que vous ayez également été réunis par la passion du quidditch. Tu retins un sarcasme quand elle te conseilla de ne pas te manger un arbre. Elle souriait. Ça ne durerait pas longtemps. Elle était tellement persuadée qu’elle allait gagner que tu sentais une envie de rire monter dans ta gorge. Si elle savait que tu t’étais amusé à faire des courses avec tes camarades dans la forêt pendant tes huit années de scolarité, elle n’aurait pas dit ça. Le danger ne t’avait jamais fait peur. Tu avais été blessé à plusieurs reprises, mais le talent de l’infirmier t’avait permis de t’en tirer sans trop de casse. « C’est parfait. » Plus tu y pensais, plus tu avais envie de l’emmener visiter Durmstrang. Il te semblait bien que le nouveau directeur avait mis en place un système permettant d’emmener des visiteurs dans l’institut avant de les soumettre à un sortilège d’amnésie pour qu’ils oublient la localisation exacte de l’école. Ça vaudrait le coup que tu te renseignes. « Le perdant aura bien entendu un gage. Tu es sûre de vouloir prendre ce risque ? Je me réserve le choix du gage une fois que j'aurai gagné. Prête Aloisia ? » Ce n'était pas de l'arrogance, c'était juste de la confiance en tes habilités. Tu te moquais des risques à te faire prendre en train de faire la course en balai contre une élève. Tu avais juste besoin de t’amuser un peu et rien de tel qu’un enjeu amical pour rendre la course encore plus excitante. En entendant son assentiment, tu décollas rapidement du sol, les yeux focalisés sur ton objectif.




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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Ven 7 Mar - 19:12

Octavus & Aloisia
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«- Et oui, il ne me lâche pas depuis la quatrième année ! Je crois que non ne fait pas parti de son vocabulaire. »

Un son, semblable à un grognement, attira mon attention. Je tournais mon regard sur son visage et fus surprise en voyant une colère des plus palpables déformer ses traits. Ses poings étaient serrés et il semblait prêt à frapper quelqu'un. Je me rendais alors compte que j'avais pris son manque de jalousie trop à la légère. Il n'avait jamais montré de rivalité envers aucun jeune sorcier de l'école et quoi de plus normal, il les supplantait tous. Et j'imaginais qu'il savait qu'il n'avait pas de soucis à se faire puisse que je lui montrais de plus en plus l'importance qu'il avait à mes yeux. Contrairement à moi, il pouvait être sur de mon attachement à son encontre. Alors pourquoi se mettait-il autant en colère ? Ses yeux s'assombrissaient, me ramenant à cette soirée du début d'année dans ce couloir, lorsque la rage avait pris le dessus. Je pouvais réentendre son poing s'abattre sur le mur, à quelques centimètres de ma tête, sa respiration saccadée après avoir perdu le contrôle. La présence trop poussée de Basil à mes côtés le mettait dans cet état. Je n'arrivais pas à y croire. J'aimais l'idée qu'il se fasse du soucis pour moi, il me montrait davantage que je n'étais pas qu'indifférence pour lui. Mais j'étais assez grande pour me défendre toute seule. Et même si les avances du Serpentard n'étaient pas des plus subtiles, mais bien des plus pénibles, je pouvais encore le gérer. Je m'abstenais de lui dire que je lui avais pourtant fait part de nos fiançailles, incertaine à savoir si cette réflexion le calmerait ou non. Je ne cachais pas aux garçons trop collants l'existence de mon fiancé, même si je préférais éviter d'en parler, surtout depuis que ledit fiancé était devenu professeur à Poudlard. C'était normalement assez efficace pour les rebuter à retenter leur chance. Pour Basil, c'était une stimulation supplémentaire. Une femme fiancée était un trophée de chasse des plus imposants à ajouter à la longue liste des filles qu'il avait réussi à mettre dans son lit. Ça aussi, je me garderais bien de lui dire. Octavus n'avait peut-être pas la moindre envie d'envisager le plan physique de notre relation, savoir que d'autres l'imaginaient très bien ne l'emballerait certainement pas. Il prit une longue respiration, cherchant à retrouver son calme, avant de me demander s'il m'avait importuné. Bien sûr que oui, et constamment. Il avait les mains baladeuses, réagissait parfois comme si je lui appartenais et espérais toujours me voir à moitié nue après chaque fin de match, c'était sûrement pour ça qu'il ne manquait jamais de m'apporter le verre de la victoire. La voix de mon fiancé était rauque, dure, je savais que je devais répondre avec précaution. Une part de moi voulait le voir le remettre à sa place, ça n'était pas très judicieux pour autant. Je souris tranquillement, répondant avec légèreté pour ne pas l'inquiéter davantage.

«- Rien que je ne puisse gérer Octavus. »

Il changea de sujet et je ne rajoutais rien. Je m'intéressais bien plus à nos prochaines vacances qu'à Williams. Mon cœur était sur le point d'exploser, j'étais à deux doigts de lui arracher littéralement les mots de la bouche lorsqu'il parla, enfin. En russe. Je mis une très longue seconde à comprendre. J'affichais un air perdu avant qu'un sourire de plus en plus large ne s'étire sur mes lèvres. Ils avaient dit oui. Le fait d'avoir réussi à traduire cette phrase, simple mais tout de même, ne me choquais même pas, j'étais bien trop ravie d'apprendre leur réponse. Ils n'avaient pas tout gâcher. Pour la première fois de ma vie, j'avais envie d'embrasser mes parents. Je me mis à applaudir, incapable de cacher ma joie. C'était maintenant une certitude, j'allais passer le nouvel an en sa compagnie, très loin d'ici. J'allais entrer dans son monde, il m'y invitait bien volontiers. Il m'offrait déjà le plus beau cadeau de Noël possible, et à l'avance en plus. J'allais devoir le lui rendre. J'étais incapable de répondre quoi que ce soit, mes yeux pétillants comme s'ils étaient emplis de larmes parlant pour moi. Oui, j'allais vraiment devoir lui montrer ma gratitude. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, j'allais lui faire mordre la poussière. Je le taquinais, soulignant le fait qu'il aurait du faire comme s'il avait oublié le défi. Sa réponse me laissa sans voix. Les sous-entendus devenaient de plus en plus fréquents. Il ne s'y serait peut-être pas risqué avec autant de légèreté s'il avait su ce qu'il y avait dans ma tête. Je me contentais de jouer des sourcils en mordillant ma lèvre. S'il me cherchait un peu trop, il finirait par me trouver. Ma patience avait des limites et je n'étais qu'une femme, sujette à mon âge aux aléas des hormones. J'enfourchais mon balai, ravie d'avoir un occasion de lui montrer mes talents. Il ne fallait pas que j'y aille trop fort, je ne voulais pas abîmer mon beau professeur. Mais il cherchait les problèmes, il était trop confiant. Il avait beau être un homme, mon homme, il n'avait pas l'avantage sur moi en ce qui concernait le vol. Il l'apprendra à ses frais. Je ris quand il évoqua la possibilité d'un gage. Décidément il me tendait le bâton pour le battre.

«- L'enjeu est encore plus attrayant. Je serais devant toi Octavus si tu me cherches. »

Je lui lançais un clin d’œil et puis partais comme une fusée au top départ. Autant lui montrer son erreur dès le début. L'air froid fouettait mon visage alors que je prenais de l'altitude et quittais le terrain de Quidditch en direction du pont reliant le château et l'entrée principale. Je pouvais sentir sa présence derrière moi mais j'étais confiante, je connaissais l'extérieur du château comme ma poche. Je n'hésitais pas à me permettre quelques figures, gardant une vitesse importante cependant. L'impressionner était trop tentant, je n'en avais jamais eu la possibilité auparavant. J'étais peut-être trop sûre de moi. Il me passa devant à l'entrée de la forêt et je compris mon erreur. Entre les arbres, il serait difficile de le doubler, les branches basses nous obligeant à voler l'un derrière l'autre. Nous volions trop bas pour que je ne passe en-dessous de lui. Et pour le coup, si je me mettais à son flanc, j'allais définitivement me manger un arbre, la forêt étant trop dense pour se le permettre. Mais il fallait tout de même que je reprenne l'avantage, c'était impensable qu'il me batte à domicile. Je montais alors en flèche, accélérant au passage. Une brancha me heurta au visage et je sentis ma joue se couper sans que je n'y porte aucune attention. Je me rabattais brutalement devant lui, le forçant à ralentir pour éviter une collision. C'était une de mes grandes qualités au Quidditch, un de mes plus gros défauts dans la vie : j'étais imprudente. Il m'arrivait souvent de me blesser, préférant gagner plutôt que d'en ressortir en un morceau. Ça avait au moins le bénéfice d'avoir marché. Je repassais en tête. Je sentis mon élastique s'envoler, lâchant mes cheveux en toute liberté. Ça ne serait pas non plus un problème, je ne me laisserais pas déconcentrer pour si peu. Je pouvais voir les prémices du lac se dessiner au loin. Il y avait pourtant ce tout dernier virage que je n'avais pas anticipé. Je fus forcée de freiner et il en profita, filant à mon côté, si près que l'espace d'un instant son parfum flotta devant moi. Il m'avait dépassé. J'accélérais pour arriver à mon tour près de l'eau alors que déjà, il rebroussait chemin. Je comprenais alors qu'Octavus savait voler. Il m'avait caché ça, je mettais pourtant ma main à couper qu'il avait fait partie de l'équipe de Quidditch de son école. Il avait des réflexes dignes d'un très bon joueur. Ça ne me donnait que plus envie encore de le battre.


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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Ven 7 Mar - 21:54


Let's fly away to a land where we'll be free





Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Cela faisait deux ans maintenant qu’elle se faisait coller par ce minable. Tu sentis la colère monter. Elle n’en avait jamais parlé dans ses lettres. Ce n’était pas parce que tu ne lui avais jamais répondu que tu ne lisais pas ce qu’elle te racontait. C’était peut-être préférable. Tu ne savais pas comment tu aurais réagi si elle t’avait annoncé sur un parchemin qu’un de ses camarades avait des vues sur elle. Aloisia devait penser que tu t’en serais moqué, mais c’était loin d’être le cas. Tu étais influencé par la situation de ta mère, tu le savais. Même si elle ne l’avouerait jamais parce qu’elle s’était convaincue qu’elle aimait son mari, elle restait à sa merci. Tu n’avais que des soupçons sur le fait qu’il se montre violent avec elle, mais tu tenais bien tes pulsions meurtrières de quelqu’un. Rien ne t’avait prédisposé enfant à devenir ce monstre, en sommeil pour l’instant. C’était un sujet sensible pour toi. Tu n’avais pas envie de t’expliquer sur ta réaction primale. Si Aloisia n’avait pas refusé les avances de ce garçon, tu n’aurais pas réagi de la même façon. Tu aurais été énervé qu’elle se moque de vos fiançailles, même si toi aussi, tu en avais bien profité de ton côté, mais pas en colère, pas dans cette colère noire. Le fait que les sentiments de ce garçon soient à sens unique, mais qu’il continue de s’accrocher malgré tout te remplissait de fureur. Tu avais envie de lui faire retenir la leçon de manière définitive. Si tu t’étais écouté, tu serais allé chercher cet avorton par la peau du cou et aurait embrassé fougueusement Aloisia devant lui pour bien lui montrer à qui elle appartenait. Tu lui aurais craché au visage que s’il touchait une nouvelle fois à ta fiancée, il risquait de lui arriver un malheur. Si ça n’avait pas suffi, un doloris aurait sans doute permis de lui mettre un peu de plomb dans la cervelle. Tu n’étais pas un mangemort pour rien en ce sens. Tu avais une part d’ombre en toi, une violence qui ne demandait qu’à sortir. Tu ne faisais pas confiance à ta voix pour le moment. « Très bien. Mais s’il te colle de trop près, ne me demande pas de rester à regarder sans rien faire. » La discussion était close. Tu savais qu’Aloisia était capable de prendre soin d’elle. Elle le faisait déjà depuis deux ans, elle n’avait pas besoin d’un sauveur. Mais, si ce n’était pas le cas et qu’il devenait de plus en plus entreprenant, tu interviendrais. Il le paierait. Tu voyais déjà rouge en l’imaginant en train de zieuter ta fiancée dans les vestiaires pour les matchs de quidditch.  

Tu retrouvas à peine ton enthousiasme pour lui annoncer que ses parents avaient dit oui. Tu vis le moment de pause dans sa tête devant tes mots. Cela te fit rire intérieurement. Au final, elle avait quand même travaillé. Elle avait compris ta phrase. Tu lui fis un léger sourire, la mâchoire toujours tendue. Pourtant, sa réaction te sortit de tes idées noires. Tu sentis tes lèvres s’étirer en réaction à son sourire. Tu lâchas un léger rire en voyant qu’elle applaudissait. Ça ne durerait pas. Tu doutais qu’elle réagisse de la même façon quand tu aurais gagné cette petite course. Ton sourire se fit vorace. Tu voulais augmenter les enjeux, que cette victoire ait un sens plus important que le simple fait de dire que tu avais gagné. Les possibilités étaient immenses. Un gage semblait approprié. Elle était tellement sûre de l’emporter qu’elle accepterait sans aucun doute cette idée. Maintenant qu’ils avaient dit oui, tu avais réfléchi à ce que tu comptais faire de cette semaine de vacances en sa compagnie. Tu avais préféré ne pas faire de plan en avance au cas où ce serait non. Plus rien ne t’empêchait de prévoir son séjour maintenant. Tu n’étais même pas sûr de savoir par où commencer. Tu ne savais pas ce qui allait se passer, mais tu sentais que cette semaine serait bien différente de celle que tu avais passée en sa compagnie au manoir Bateson. Tu commençais de la voir sous un nouveau jour. Tu n’étais pas encore certain que ce soit bien. Elle semblait réceptive, peut-être même trop à ton goût. Tu jouais un jeu dangereux.

Comme tu t’en étais douté, Aloisia fut plus qu’enthousiaste au fait de rajouter un enjeu à votre course. Ce n’était plus uniquement pour la gloire. Tu n’avais pas d’autre alternative que gagner. Tu aurais sans doute dû mettre des conditions, délimiter les possibilités de ce gage. Que se passerait-il si jamais, chose improbable, elle l’emportait et te demandait quelque chose que tu ne pouvais pas lui donner ? Ce n’était pas envisageable. Tu osais à peine imaginer les pires cas de figure, un baiser ou encore plus. Merlin, tu allais finir par te déconcentrer. Toutes ces émotions n’allaient que diminuer tes réflexes. Quand tu montais sur un balai, tu vidais ton esprit, grâce à l’occlumentie pour te concentrer uniquement sur ton but, ici la ligne d’arrivée. Tu lui souris de manière amusée en entendant son ton arrogant. Elle se surestimait. Tu ne voulais pas faire la même erreur. Même si les statistiques étaient logiquement en ta faveur, hors de question de te montrer trop présomptueux. « L’important, c’est d’y croire. Que le meilleur l’emporte ! » Tu lui lanças un regard de défi. Tu étais encore en colère contre cet imbécile de Basil ce qui expliqua qu’Aloisia passa facilement devant lors de votre départ. Tu perdis une seconde à faire le vide dans ton esprit, mais tu te rattraperais. Aloisia pensait sans doute qu’elle allait rapidement te semer. Erreur. Tu te concentras, oubliant tes soucis pour ne penser qu’à la course. Elle devait sans doute penser que la victoire était déjà acquise. Grossière erreur. Tout était toujours possible, il fallait y croire jusqu’au dernier moment. Ne faisant plus qu’un avec ton balai, le vent fouettant ton visage, tu grimpas dans les airs, le terrain de quidditch devenant de plus en plus petit. Aloisia était devant toi, pour l’instant. Tu n’étais qu’à quelques centimètres derrière elle. Elle connaissait bien les lieux, tu t’étais douté que cela t’avantagerait. Cependant, elle avait fait l’erreur de proposer de passer en forêt. C’était là que tu reprendrais l’avantage.

Tu n’étais pas pressé de la doubler. Le champ était libre. Aloisia était tellement en confiance qu’elle se permettait de se lancer dans des acrobaties. Tu te contentas de la suivre à la trace. L’heure viendrait bientôt où tu pourrais lui montrer qui était le chef. Elle se débrouillait bien, tu devais le reconnaitre. Mais elle avait encore des progrès à faire si elle voulait espérer te battre. Tu gardas ta courbe, prenant de plus en plus de vitesse sur ton balai, peu dérangé par les rafales de vent qui menaçaient de vous faire basculer. Heureusement pour toi, la forêt approchait rapidement devant vous. Tu donnas un coup d’accélération au moment d’y pénétrer, conscient qu’elle ne pourrait pas te doubler entre les arbres sans risquer un accident. Tu lui passas devant, un sourire victorieux aux lèvres. Tu te déplaçais avec une vitesse et une facilité surprenante pour slalomer entre les arbres. Tu étais comme à la maison. Tu avais baissé ton altitude, volant proche du sol, peu conscient des branches qui te frôlaient. Tu la vis repasser devant toi et roulas des yeux en ralentissant pour éviter de l’emboutir. Tu préférais attendre le bon moment plutôt que perdre du temps à retenter une technique similaire à la sienne. Ses cheveux se libérèrent de leur prison et tu fus un instant ébloui par un mur de feu avant de reprendre pied dans la course. Le lac approchait. Vous sortîtes de la forêt à quelques secondes d’intervalle, le lac pour objectif. Tu marquas avec aisance le virage pour longer le lac, ton corps basculant sur le côté gauche pour tourner plus rapidement. Aloisia était de nouveau derrière toi. Tu ne crias pas victoire trop tôt. Elle était pleine de surprise. Tu fis un demi-tour pour retourner vers la forêt, apercevant du coin de l’œil ta fiancée en sens inverse. Tu replongeas entre les arbres, zigzaguant rapidement entre les branches, l’oreille tendue à l’écoute d’Aloisia.

Elle ne tarda pas à revenir à tes trousses. L’adrénaline de la course t’enivrait. Tes yeux étaient fixés sur les pièges potentiels que représentait le bois. Tu l’entendis arriver à ta hauteur, mais ne tournas pas la tête. Tu n’étais pas aussi facile à duper.  Pourtant, même aux aguets, tu fus surpris de voir un enchevêtrement de branches se dresser devant toi, t’obligeant à faire un salto avant pour éviter de t’écraser, conscient que tu perdais de précieuses secondes. Tu retomberas souplement sur ton balai dans une figure qui te rappelait avec nostalgie la Charge de Chelmondisto, une figure que tu avais appliquée à ton poste de gardien. Aloisia avait dû bifurquer au sol. Son léger retard lui avait permis de mieux anticiper cet obstacle naturel. Tes yeux se fixèrent sur ta fiancée laissant une traînée de cheveux roux derrière elle et de nouveau en tête. Tu lâchas un petit rire avant de pousser ton balai à accélérer. Tu la doublas de nouveau à la sortie de la forêt, le stade de quidditch se rapprochant à toute vitesse. Elle remonta, vos deux balais au coude à coude. Cela se jouerait à la vitesse pure. Elle était plus légère, mais le vent fouettait vos deux corps. Tu t’allongeas totalement sur ton balai, gagnant de précieux centimètres. La ligne d’arrivée invisible que vous vous étiez fixée fut franchie avant même que tu ne le réalises vraiment. Tu fis un brusque demi-tour, tourné vers Aloisia, un sourire amusé aux lèvres. Quand tu étais sur un balai, tu avais l’impression de redevenir un adolescent. Tu haussas un sourcil. La course avait été serrée, mais le plus important, c’est que tu avais gagné. Maintenant, tu allais devoir rapidement penser au gage que tu étais censé lui attribuer. Ce n'était pas gagné. Ton esprit était encore rempli d'endorphines liées à la victoire et tu étais incapable de penser à autre chose.




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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Sam 8 Mar - 10:38

Octavus & Aloisia
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Il anticipait le terrain avec une facilité déconcertante, ce n'était pourtant pas un endroit qui devait lui être très familier. Chaque obstacle, chaque virage, il les appréhendait avec aisance ce qui lui permet de remonter dans la course. Il accéléré dans ce tournant alors que j'étais obligée de freiner, et accéda le premier au lac. Je croisais son regard alors qu'il revenait en sens inverse, et ce sourire moqueur, ravi de son effet de surprise, raviva la hargne en moi. Je freinais brusquement tout en me penchant de tout mon poids sur l'avant de mon balai. J'effectuais un demi tour rapide après avoir eu brièvement la tête en bas, et repartais de plus belle dans le sens opposé. J'avais sous-estimé mon adversaire. Il ne m'avait jamais parlé de Quidditch, je ne savais même pas qu'il aimait ce sport. Mais il volait avec une telle précision et une rapidité assurée, j'étais sûre qu'il y avait joué pendant un moment. Je comprenais mieux pourquoi il semblait si amusé, cette après-midi là, lorsque j'avais assurais qu'il ne me serait d'aucune aide sur un balai. Il ne comptait pas oublier ce petit pari, bien au contraire, il tenait à ce qu'il se réalise au plus vite. Et ce dans le but de me montrer l'étendue de ces capacités, se gardant bien de m'avouer ce talent indéniable. Il avait été fort. J'avais cru la victoire déjà mienne, cela lui avait donné un avantage certain. Il avait du ce douter que j'agirais de cette manière. Je ne referais plus la même erreur. Et je comptais bien tout faire pour ne pas lui donner raison. Je me réengageais entre les arbres et le talonnais au maximum. La forêt nous abritait du vent, ma trajectoire était plus précise et ma vitesse plus importante. Je me calquais sur ses mouvements, profitant de ses réflexes pour garder une bonne allure. L'espace entre les troncs d'arbres étaient plus large, j'en profitais pour remonter à ses côtés du mieux que je le pouvais, mon regard braqué devant moi. Un amas de branches allait nous barrer la route, je descendais au sol, si près que j'en remuais la poussière. Il allait trop vite, j'étais persuadée qu'il n'allait pas pouvoir éviter l'obstacle. Pourtant il y parvint. Il sauta avec force, s'élevant dans les airs un instant, avant de retomber sur son balai et de reprendre la cadence. Je ne l'avais admirer qu'une seconde, profitant de cette technique acrobatique pour reprendre la première place. Lui non plus n'avait définitivement pas froid aux yeux. J'étais bien contente qu'il soit derrière moi, je n'aurais voulu pour rien au monde qu'il ne voie le petit sourire admiratif que sa prouesse avait déclenché. Je voyais une sortie se dégager entre les arbres, et je prenais garde de voler en zigzag pour ne lui laisser aucune manœuvre possible jusqu'à la fin, profitant au maximum de ce terrain. Enfin les arbres disparurent et nous étions de nouveau dans le parc. Le vent me prit de court dès ma sortie, je faisais un écart sur le côté qui ralentit mon allure, et il en profitait pour prendre de nouveau la tête. Il était plus lourd, sa direction allait être plus précise. Je cramponnais le manche avec force, les jointures de mes mains devenant blanches sous cet effort. Je m'abaissais totalement sur mon balai, à la manière d'un serpent entortillé sur une branche comme pour ne faire plus qu'un. Mes yeux fixaient le stade de Quidditch qui se rapprochait inexorablement. J'accélérais encore et tellement que je sentais l'objet trembler sous l'effort, prêt à céder à tout moment. Mais c'était nécessaire et bénéfique, il se trouvait juste à côté de moi, je pouvais sentir sa présence. J'étais frigorifiée, ma joue me lançait, c'était pourtant comme si je savais tout cela sans le ressentir réellement. Mon sang battait à mes tympans, j'étais corps et âme dans cette course. La ligne d'arrivée se faisait de plus en plus visible et je pensais pouvoir l'atteindre la première, il le fallait. Pourtant il donna une dernière accélération qui le lança dans un bond, creusant une courte distance entre nous à la toute dernière minute. Je n'avais plus le temps d'agir, il avait déjà atteint l'objectif. Il avait gagné. Je ralentis finalement alors qu'il faisait un demi-tour pour se retrouver face à moi, un sourire vainqueur sur les lèvres. Je restais surprise, j'avais perdu. Je l'observais froidement, mes sourcils froncés, les lèvres pincées. Octavus avait été un ennemi durant ce défi et il m'avait battu, c'était assez pour que j'en oublie un moment mes sentiments à son égard et le maudisse d'avoir gagné. Une partie de moi, la mauvaise perdante sûrement, essayait de me consoler en me disant qu'il ne m'avait pas averti de ses capacités, que les temps ne m'avait pas semblé crucial alors que finalement, il avait été un obstacle à ma réussite. Il n'avait pas été le plus fort, juste le plus chanceux. C'était de piètres excuses, je m'en rendais compte, et je me faisais violence pour ne pas pester à voix haute. Il semblait déjà tellement heureux de m'avoir donné une bonne leçon, je n'allais pas non plus le distraire davantage.

«- Enlève moi ce petit sourire satisfait de tes lèvres McKenna avant que je ne m'en charge. »

J'étais mauvaise, je le savais mais je n'avais pas l'habitude de perdre dans ce domaine. Pourtant, si mes yeux étaient noirs, je me faisais violence pour ne pas sourire et ça devait se voir. Au fond, il avait peut-être gagné, mais j'avais adoré ce moment passé en sa compagnie. Octavus aimait voler et il était doué, comme moi. C'était un nouveau point commun, une passion à partager. Je me redressais pour m'asseoir plus confortablement sur mon balai, passant sans y penser ma main sur la coupure de ma joue. C'était la première fois de ma vie que je ne l'avais pas vu comme mon fiancé mais juste un ami, ou ici un adversaire. Je n'avais pas cherché à lui plaire et il ne s'était absolument pas montré gentleman. Cette compétitivité nous avait poussé à abandonner nos efforts liés aux obligations des fiançailles pour n'être plus que deux joueurs avides de victoires. Je ne comblais pas la distance entre nous, restant éloignée, le temps d'avaler la pilule. Il n'allait pas me lâcher avec ça, me rappelant cette défaite pour les dix prochaines années au moins. J'avais été trop confiante, j'avais même été ravi à l'idée de pouvoir lui donner un gage. Cette idée me frappa de plein fouet. Il avait gagné et j'allais devoir en subir les conséquences. Je mordais ma lèvres inférieures pour ne pas hurler contre ma propre stupidité. Il était joueur, de plus en plus, je n'avais absolument aucun indice sur ce qu'il me réservait. Après tout, cette petite compétition m'avait encore démontré qu'il était un homme plein de surprise. Il m'avait prévenu, je l'avais pris trop à la légère. Mes bras vinrent se croiser sur ma poitrine, encore passablement énervée, mais aussi pour me réchauffer. J'aurais aimé avoir la robe qu'il portait, il ne devait même pas sentir le froid avec ça. Cette pensée sur ce vêtement ne fit qu'accroître ma rage à mon encontre. C'était clairement une tenue de sport, et j'avais bien remarqué qu'elle était aux couleurs de l'Institut Durmstrang. Je n'avais même pas fait le lien avant maintenant. Il était évident qu'il avait joué durant sa scolarité, c'était une certitude. Il n'était pas seulement bon en vol, il avait de la technique, des réflexes que l'on acquérait seulement lorsque l'on devait affronter d'autres joueurs. Il faisait déjà craquer toutes les filles de l'école en étant seulement beau, intelligent et drôle. Si elles apprenaient qu'en plus de tout cela, il était sportif, je ne doutais pas qu'elles camperaient toutes devant son bureau jusqu'à la fin de l'année scolaire. Je prenais une longue inspiration, mes cheveux fouettant mon visage sans que je m'en soucie. Il allait falloir reconnaître sa victoire. J'allais détester ça.

«- Bravo, belle victoire, petit cachottier. Je suppose que je mérite amplement le gage du vainqueur. »


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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Sam 8 Mar - 15:05


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Ça avait été une belle course. Tu sentais encore l’adrénaline courir dans tes veines et était prêt à recommencer à l’instant une nouvelle course. Tu observais ta fiancée, sombre et froide devant la défaite. Elle semblait se retenir de pester d’avantage. C’était purement par orgueil. Tu étais sûr que tu risquais de te montrer encore plus démonstratif si elle geignait. Mais vu la lueur meurtrière qui brillait dans ses yeux, il valait peut-être mieux que tu restes sobre dans la victoire. Tu évitas de te lancer dans ta figure favorite, signature de chacune de tes victoires au quidditch, l’étoile de mer. Elle n’apprécierait pas trop. Tu ne cachas pourtant pas le sourire qui te déformait le visage. Tu étais goguenard. Ça avait été un beau duel, mais tu avais vaincu.  Vous feriez une revanche un de ces jours. Aloisia était douée, tu devais le reconnaître. Elle ne devait pas être trop habituée à perdre. Tu ne doutais pas qu’elle aurait le pouvoir de te battre à la course dans le futur. Mais pas aujourd’hui et c’était tout ce qui comptait.  Tu ne cachais pas que tu aimais gagner beaucoup plus que tu n’aimais perdre. Le fait de dire que l’important était de participer était un mensonge qu’on sortait aux gens pas suffisamment doués pour gagner quelque chose. Dans la vie, tout était une question de victoire. Personne ne se souvenait des perdants. L’histoire était écrite par les vainqueurs. Tu ne savais pas pourquoi cette réussite semblait si importante. Peut-être qu’inconsciemment, tu savais que si tu avais été battu, votre relation aurait pris un tournant différent. Elle aurait pu se vanter de te dépasser en quelque chose. Tu étais loin d’être parfait, mais l’important était qu’elle pense que tu l’étais.

Ses premiers mots depuis le début de votre course ne te déçurent pas. Exactement ce à quoi tu t’attendais de la part de l’écossaise volcanique. Elle ne semblait pourtant pas être aussi en colère qu’elle le montrait. Tu vis les coins de ses lèvres se soulever légèrement. Ta bonne humeur devait être contagieuse. Tu ne pus pas t’empêcher de la taquiner, sûr qu’elle n’oserait pas mettre sa menace à exécution, du moins pas avec violence. Ne ce serait-ce que parce que tu lui avais montré de quoi tu étais capable quand tu perdais le contrôle. « Tout dépend comment tu comptes t’y prendre pour ça… » Parfois, tu étais pire qu’un enfant. Le quidditch avait toujours eu le don de te rajeunir, te transformant en ce gamin bourré d’ambition qui était prêt à se tuer pour gagner. Lui faire des allusions sexuelles n’était peut-être pas la plus brillante idée que tu avais eue. Elle t’avait prouvé à maintes occasions qu’elle ne serait pas contre avoir une relation plus poussée avec toi. Tu n’étais plus sûr de savoir où tu te situais sur cette idée. Des souvenirs des fins de matchs que ton équipe avait remportés se manifestèrent. Tu n’allais pas finir la soirée de la même façon avec Aloisia. Du moins pas pour le moment. L’occasion se manifesterait bien assez tôt.

Voler contre quelqu’un t’avait permis de te vider totalement la tête. Tu te sentais délicieusement vide de soucis et plein d’enthousiasme et d’excitation. Tu aurais dû faire ça bien avant, même si ce n’était pas du tout pareil de voler seul. Tu te sentais détendu pour la première fois depuis des semaines. Un cocktail détonnant qui t’empêchait de réfléchir à tête froide au gage que tu allais lui donner. Une petite voix te soufflait que la présence d’Aloisia n’était probablement pas étrangère à ton sentiment de contentement actuel. Tu préféras éviter d’analyser plus en profondeur cette idée. Tu n’avais pas oublié l’enjeu supplémentaire que tu avais rajouté au dernier moment. Tes yeux s’étaient assombris, imaginant l’étendue du pouvoir que tu détenais sur elle en cet instant. Tu pouvais lui demander n’importe quoi. Ton côté possessif te soufflait des idées qui te faisaient froid dans le dos. Aloisia devait s’en être rendu compte. Il n’y avait pas la moindre restriction, tu pouvais tout lui demander. Tu ris intérieurement en imaginant ta tête si tu lui ordonnais de complimenter pendant une journée tous les Gryffondors qu’elle croiserait en plus d’être habillée de leurs couleurs. Amusant, mais puéril. Tu envisageas aussi la possibilité qu’elle se débrouille définitivement pour éloigner ce Basil qui t’avait tant distrait au départ de la course. Mais elle avait dit qu’elle s’en chargerait et tu la laisserais faire pour le moment. Tu voulais que ce gage compte. Une telle occasion ne se représenterait pas de sitôt. Tu devrais pourtant veiller à ce que ça ne pose pas de problème avec son statut d’étudiante. Ombrage commençait d’imposer tout un tas de règles stupides soit disant approuvées par Monsieur le ministre et tu ne voulais pas qu’Aloisia ait des problèmes à cause de toi. Tu te demandas brièvement ce qu’elle t’aurait demandé de faire dans l’optique où elle aurait gagné. Tu étais censé lui demander quelque chose qui l’ennuierait, mais aussi qui soit à ton avantage à toi. Pour l’instant, tes seules pensées étaient tournées vers le fait de lui enlever cette moue boudeuse du visage. Et la façon de faire ça que tu avais dans la tête était loin d’être désagréable si tu en croyais les nombreuses allusions qu’elle t’avait faites.

Tes yeux la détaillèrent, les joues rougies par le froid et la vitesse, les cheveux décoiffés, la joue… en sang ? Tes sourcils se froncèrent et tu avanças jusqu’à elle, assez proche pour la toucher. Elle avait dû se blesser en forêt. Tu sortis ta baguette de son boitier accroché à ton bras et fis disparaître la plaie, ton doigt effaçant le sang séché toujours sur son visage. Tu ne devais pas avoir meilleure allure. Tu n’osais pas imaginer de quoi tes cheveux devaient avoir l’air après ta petite acrobatie. Ils avaient toujours été complètement incontrôlables, comme animés d’une vie propre. Tu comprenais Granger sur ce point. Tu avais apprécié cette opportunité de passer du temps avec Aloisia sans devoir surveiller ce que tu disais ou contrôler ton corps. Après votre repas, c’était une nouvelle opportunité pour que tu te rendes compte qu’elle n’était pas si terrible que tu le craignais. Tu te montrais parfois si jeune dans ta tête… Tu avais été libre l’espace de quelques instants et Aloisia avait partagé ce moment avec toi. Vous alliez définitivement profiter de la Russie pour refaire ça plus souvent. Tu étais heureux d’avoir eu l’opportunité de voler avec quelqu’un d’autre. Aleksei te manquait rien que pour les duels complètement fous dans lesquels vous vous lanciez pour vous décontracter durant le week-end. Tu venais de trouver une autre compagne de choix en la personne d’Aloisia. Il s’en était passé des trucs durant ces journées. Tu allais devoir jurer Alek’ au secret avant qu’il ne rencontre Aloisia. Avec ta chance, une fois quelques verres avalés, il deviendrait une vraie pipelette et raconterait des souvenirs de toi bien humiliants à ta fiancée. Voilà qui briserait l’image que tu t’étais construire à ses yeux.

Aloisia semblait inquiète de ce que tu allais lui demander. Sauf que tu n’avais aucune idée de ce que tu allais lui demander. Tu fis comme si tu avais une idée terrible dans la tête, ton sourire se transformant de fier à vorace, presque sur le point de te frotter les mains. Elle te félicita ce qui agrandit ton sourire. Elle saurait maintenant qu’il ne fallait plus présumer de rien te concernant. « Merci. Je reconnais que tu t’es bien battue. Mais, ne me sous-estime plus jamais à l’avenir… » Tu lui fis un clin d’œil. Il faudrait que tu lui racontes tes matchs de quidditch un de ces jours. Tu étais sûr qu’elle devait aussi avoir son lot d’aventures à avouer. « Alors, qu’est ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? » Tu posas une main sous ton menton, prenant un air songeur. Tu passas en revue tous les gages que tu avais eu à faire quand tu avais perdu un pari et un sourire amusé finit par faire son apparition alors que tu repensais à un souvenir en particulier. Tu venais de trouver le gage parfait. « Très bien, jusqu'à minuit demain, tu devras chanter et effectuer quelques pas de danse à chaque fois que tu voudras parler, sauf quand tu es en cours et si un de tes professeurs t'adresse la parole évidemment. Ton gage commence maintenant. » Tu cachas un léger rire. Tu espérais au moins qu'elle chantait juste pour le bien de ses camarades de classe...




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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Sam 8 Mar - 21:36

Octavus & Aloisia
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Il avait l'art et la manière de faire disparaître toutes traces de colère à son encontre. J'avais beau lutter pour afficher une moue boudeuse, le sourire me guettait. Cette victoire le mettait dans un état de joie indescriptible. Je n'avais pas compris que les enjeux étaient si importants pour lui. Peut-être avait-il craint de perdre, de peur que je ne lui impose un gage qui le gênerait ? Je ne savais absolument pas ce que je lui aurais fait faire. Même si la victoire m'avait paru indéniable, les idées de s'étaient pas bousculées dans ma tête. Une petite voix me soufflait que j'en aurais profité pour avoir, enfin, mon premier baiser. Cette pensée remua quelque chose en moi. J'avais beau en rêver, je ne voulais pas qu'il me l'offre par obligation, mais bel et bien par envie pure et simple. Si ça continuait comme ça, j'allais pourtant finir par ne jamais l'obtenir. Le sujet était déjà assez sensible comme ça pour que je m'y mette à y penser maintenant. J'avais seize ans et je ne connaissais absolument pas ces choses-là, alors que des filles beaucoup plus jeunes que moi auraient pu se prévaloir d'être experte. J'étais toujours mal à l'aise lorsque les conversations déviaient sur ce sujet et je m'arrangeais pour ne pas en parler. Certaines personnes savaient que j'étais fiancée et présumée donc que la chose était réglé. D'autres me prenaient pour une sainte-nitouche. Les derniers s'amusant à penser que mon silence cachait des choses. C'était bien sûr pesant mais il n'y avait pas d'alternative, je ne me résignerais pas à utiliser un Serpentard pour combler mon retard. J'avais bien trop de respect pour mon engagement envers Octavus. Et de toute façon, je ne voulais personne d'autre que lui. Il ne se doutait certainement pas de ces désagréments, et je ne comptais définitivement pas lui en parler. Bien qu'il devait s'en douter, j'aurais été mortifié de devoir lui avouer à haute voix mon incompétence dans ce domaine. Et il serait capable de se sentir encore plus mal à mon encontre. Il commençait à peine à utiliser l'art des sous-entendus pour aborder le sujet. Je n'avais pas vu celui-là venir d'ailleurs. Il finit par réussir à me faire sourire franchement et je baissais la tête, laissant mes cheveux cacher un tant soit peu mon visage pour qu'il ne s'en aperçoive pas. Qu'il ne se plaigne pas après si je lui saute dessus... Je pris une seconde pour reprendre un air sérieux et me contentais de pointer un doigt menaçant vers lui.

«- Ne dis pas des choses comme ça, tu pourrais le regretter. »

Il me regardait de haut en bas et j'étais presque gênée d'apparaître comme ça devant lui. Je ne devais pas être très belle à voir, mes cheveux totalement défaits, en jean et débraillée de la course. Je n'étais pas à mon avantage, bien loin des robes finement sélectionnées par mes parents pour nos entrevues annuelles. Mes mains vinrent tirer sur mon pull qui remontait sur mon ventre pour le remettre en place. Il fronça les sourcils et fonça vers moi. Je ne bougeais pas, le laissant combler la distance entre nous, surprise. Sa baguette vint effleurer ma joue endolorie, me rappelant la branche qui m'avait heurté. Il finit par y passer son pouce pour effacer les traces de sang et je frissonnais, ressentant le coup, mais également par ce simple geste. C'était idiot, il allait bien falloir que je m'habitue à de simples contacts de la sorte. Mes yeux se plongèrent dans les siens, son côté protecteur m'étonnait encore. J'approchais ma main de son visage, comme pour le toucher, avant de remonter vers ses cheveux pour y enlever une feuille jaunies, riant légèrement en lui montrant. Vraiment, nous devions avoir l'air de deux sauvageons. Je finis par laisser mes doigts se perdre affectueusement dans ses mèches brunes désordonnées avant de reprendre le manche de mon balai à deux mains. Je n'aurais jamais osé un tel geste l'été dernier. Mais tout semblait avoir changé en si peu de temps. Douze ans de fiançailles et il aura fallu être vraiment seule avec lui quelques heures pour qu'un réel rapprochement n'arrive. Je repoussais la petite voix en moi qui se demandait ce que ça allait donner alors une semaine entière de vacances chez lui si loin de tout.

«- J'essaierais de m'en rappeler lorsque tu me dévoileras enfin tes autres talents cachés. »

Je lui rendais son clin d’œil, ravie de ce petit pique. S'il voulait jouer, j'étais partante. Il savait que ces avances et ces sourires ambiguës me mettaient dans tous mes états. Je n'étais pas sûre de savoir le faire autant cogiter. Je sortais de mes pensées et remarquais alors le sourire étrange qui déformaient ses traits, lui donnant une allure diabolique des plus irrésistibles. Mon fiancé était sûrement en train d'élaborer des scénarios inimaginables pour choisir le gage parfait. Je cessais pour ma part de respirer. Je connaissais Octavus, il était capable de tout. J'avais beau en rêver, je savais qu'il ne se permettrait pas d'utiliser sa victoire en remerciement physique. Et puis, ce serait trop facile, il n'allait pas me laisser m'en tirer comme ça. En l'entendant, je prenais l'air le plus adorable possible, plaçant mes mains auprès de mes joues, les yeux ronds comme des billes. La séduction ne marcherait pas, ça valait tout de même le coup d'essayer. Au pire des cas, ça le ferait rire et c'était déjà ça de pris. J'étais prête à tout, sauf à ça. Mon regard s'agrandit encore davantage en entendant la punition qu'il me réservait. Mes mains se raccrochèrent machinalement à mon balai alors que les mots qu'il venait de prononcer commençaient à prendre un sens. Il n'était pas sérieux quand même ? Je le regardais hébétée, attendant sans espoir qu'il ne change d'avis. Le rire qu'il refoulait n'était de toute manière pas bon signe. Je soupirais longuement. Ça m'apprendra à partir trop confiante. C'était une erreur que je ne referais plus, c'était certain. Tout aussi certain qu'il me le paierait la prochaine fois. Je comptais bien prendre ma revanche.

«- Tu ne perds rien pour atteeeeeendre ! »

Je décidais de le prendre avec humour, me mettant à gesticuler dans de grands mouvements ridicules, prenant une voix forte de chanteuse d'opéra. Ça allait être les vingt-quatre heures les plus longues de ma vie. Pour moi et pour tous mes camarades. Il était tout de même assez sage pour m'éviter la corvée durant les classes. Je me sentais ridicule et, après un léger rire, enfouies ma tête dans la paume de mes mains pour dissimuler mon rougissement massif. J'avais beau avoir un aplomb déconcertant, je n'en restais pas moins une serpentarde dont la dignité était primordiale. Dignité qui venait d'en prendre un sérieux coup.  


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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Sam 8 Mar - 23:09


Let's fly away to a land where we'll be free





Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu voyais peut-être des sous-entendus partout, possiblement parce que tu ne cessais d’en faire, volontairement ou non, mais Aloisia était clairement moins innocente que tu ne l’avais pensé. Tu ne t’étais jamais vraiment posé la question des ses fréquentations masculines. Une chose était sûre, elle n’était pas intéressée par ce garçon qui la poursuivait assidûment depuis quelque temps.  A ton époque, tu avais été assez similaire à son Basil, sauf que toi tu n’avais pas besoin d’harceler des filles pour qu’elles tombent sous ton charme. Généralement, tu avais plutôt l’embarras du choix. L’uniforme de quidditch avait un certain pouvoir sur la gent féminine, tu avais eu l’occasion de t’en rendre compte à plusieurs reprises. Tu commençais d’envisager ta fiancée comme une créature sexuelle, plus que comme une petite fille. Il y avait un certain progrès dans la façon dont tu la voyais. Elle restait pourtant toujours ton élève et ce changement d’opinion était loin de faire ton affaire. Tu tentais de te raccrocher à ton contrôle, mais il filait entre tes doigts comme l’eau de pluie insaisissable. Tu aurais pu profiter de ce gage pour lui demander une faveur en lien avec vos fiançailles. Cela aurait été si facile, le justifier par ce pari perdu. Tu n’étais pas ce genre d’homme. Tu savais que votre premier baiser serait inévitable. Il ne tenait qu’à toi qu’il ait lieu avant votre mariage, où des regards avides épieraient vos faits et gestes. Tu voulais que le moment soit parfait. Et puis, tu n’étais pas prêt. Tu avais encore trop de doutes, trop de questions dans la tête. Le moment viendrait naturellement à vous. Tu ne savais pas si Aloisia avait de l’expérience dans ce domaine, ton avis sur la question était mitigé. Tu t’en voudrais toujours de lui voler ces moments qui n’appartenaient qu’à elle, tu voulais qu’elle choisisse la personne qu’elle estimait digne de son attention, sans se préoccuper du fait qu’elle soit fiancée à un ‘vieux’, mais d’un autre côté, tu te sentais possessif de ta jeune fiancée. Tu voulais qu’elle t’appartienne entièrement. Il te suffisait d’imaginer ce Basil poser les mains sur elle pour que tu ressentes une envie de tuer.

Elle sourit, se cachant derrière ses cheveux. Tu savais bien qu’elle n’était pas vraiment en colère, même si son orgueil avait pris un léger coup. Quand elle releva la tête, son regard avait changé, plus mature, plus assuré. Tu ne voyais pas ce que tu pouvais regretter, bien au contraire. Elle flirtait avec toi, tu en étais maintenant convaincu. Tu avais lancé plusieurs attaques et elle avait renvoyé la balle au bond à chaque fois. Tu ne pouvais plus te méprendre. Tu avais flirté en retour, tu ne pouvais pas le nier. Tu étais un séducteur, c’était inscrit dans ton sang. Même inconsciemment, tu aimais attirer les regards et les compliments de la part des femmes, peu importait l’âge qu’elles avaient. Que tes élèves te trouvent sexy t’ennuyait parce qu’elles te suivaient à la trace, mais tu étais aussi ravi de l’effet que tu leur faisais, sans pour autant penser à entraîner les choses plus loin. Avec Aloisia, c’était différent. La fin était déjà écrite, il ne tenait qu’à toi d’écrire les péripéties de l’histoire. Mais pas aujourd’hui. Reculer était la chose la plus sûre. Trop la pousser pour voir jusqu’où elle serait prête à aller n’allait rien apporter de bon sur le long terme.  « Très bien, je me rends. » C'était très rare que tu rendes les armes. Elle ne devrait pas s'y habituer. Tu n’avais pourtant pas pu t’empêcher de la toucher en voyant qu’elle était blessée. Ce n’était qu’une coupure de rien du tout, une excuse pour passer ta main sur sa joue peut-être ? Tu avais senti un frisson passer le long de sa peau avant que tu ne retires ta main. Tu cachas un léger sourire, flatté qu’elle soit si réactive à ton contact. Tu ne bougeas pas en voyant sa main approcher à son tour. Tu ne devais pas avoir fière allure. Ses doigts passèrent dans tes cheveux et ta respiration se coupa. Tu laissais rarement les gens approcher leurs mains de ta chevelure d’habitude. Cette fois-ci, le contact était très agréable. Elle finit par te montrer une feuille et tu te doutas qu’elle était sans doute le résultat de ta petite cascade. Tu allais devoir vérifier ton apparence avant de retourner au château. Il ne manquerait plus que les gens pensent que vous aviez été batifoler dans la forêt. Tu croisas son regard brièvement, une compréhension silencieuse passant entre vous avant que le silence ne soit brisé par une autre allusion. « J’attends ce moment avec impatience. » Un sourire en coin avant que tu ne retrouves ton sérieux.

Pendant que tu réfléchissais au gage parfait, les yeux toujours rivés sur elle, Aloisia avait dû comprendre ce qui l’attendait. Elle avait pris un air angélique qui contrastait farouchement avec son comportement usuel. Tu ne pus t’empêcher de rire en la voyant. Sans doute espérait-elle pouvoir faire fléchir ton cœur de glace par cet air adorable. Non, tu ne venais pas de penser adorable. Tu fis une pause dans ton raisonnement, le regard troublé. Comprendre qu’Aloisia pouvait t’attirer physiquement était une chose, la trouver adorable en était une autre. Même enfant, tu ne l’avais jamais trouvé ‘ça’. Tu préféras faire comme si tu n’avais jamais eu cette pensée et passer à autre chose. Tu avais l’idée parfaite, drôle, mais légèrement humiliante. Bien sûr, la solution de facilité serait qu’elle se taise pendant 24 heures. Tu étais sûr qu’elle n’y penserait même pas. Elle écarquillait les yeux, surprise par ce choix, incapable de prononcer un mot. Tu vivais pour la surprendre. La laisser sans voix était bien rare. Cela se méritait. C’était un moment à graver d’une pierre blanche. Tu sentis un rire te monter à la gorge en l’imaginant dans ta tête, tes yeux se plissant de rire contenu. Tu allais devoir t’arranger pour t’approcher de ta fiancée l’air de rien demain. Tu n’étais pas certain de pouvoir garder ton sérieux en l’entendant chanter ou même en la voyant exécuter des pas de danse quand elle ouvrirait la bouche, mais ça vaudrait le coup d’œil. À moins que tu décides de la convoquer dans ton bureau sous un prétexte quelconque pour en profiter en privé et donner libre cours à ton hilarité.

Tu te demandas ce qu’elle pensait de ton gage. Était-elle déçue que tu ne lui ai pas demandé quelque chose qui soit en lien direct avec toi ? Tu aurais pu lui ordonner de te servir toute une journée entière, de t’appeler Octavus le grand durant la journée à chaque fois que vous vous croiseriez. Ça aurait permis de nourrir ton égo, mais ça n’aurait pas été amusant. Grâce à toi tous ses camarades allaient pouvoir en profiter. Tu te demandas si Basil prendrait la poudre d’escampette en la voyant se comporter de la sorte. C’était préférable pour lui de toute façon… Tu pressentais que la vengeance serait terrible si tu avais le malheur de perdre contre elle une prochaine fois. Mieux valait que tu fasses attention à tes arrières. En attendant, elle serait obligée de te répondre, ne serait-ce que pour dire au revoir. Tu étais curieux de savoir si elle savait chanter. A défaut de pouvoir t’échapper du château demain avec ton balai, le fait de savoir qu’Aloisia était sujette à ce gage te remonterait le moral. Tu te demandas un instant comment elle allait expliquer à ses amis la raison de son comportement inhabituel. Elle ne pouvait décemment pas te mentionner. Tu lui faisais confiance, elle trouverait bien quelque chose.

Elle finit par ouvrir la bouche, appliquant sa contrainte. Tu ne contins pas ton rire cette fois-ci. Elle avait décidé de prendre ce gage à la rigolade et dansait d’une manière très personnelle. Quant à sa voix de Castafiore, tu plaignais déjà les camarades qui auraient le malheur de lui adresser la parole. A moins qu’Aloisia ne t’ait réservé la primeur de ses talents de cantatrice. On t’avait déjà dit que tu dansais comme une girafe bourrée, ce qui était loin d’être vrai, du moins quand tu n’avais pas bu, mais tu venais peut-être de trouver ton homologue. « Quel don tu as ! Oh je sens que ça va être amusant. Il se pourrait bien que tu me croises souvent demain. Vu la situation actuelle dans le château, on a bien besoin de rire un peu… » Tu omis de rajouter "à ton dépend". Elle finit par rougir et tu la trouvas, de nouveau, ‘le mot’. Ton cœur se réchauffa à la vue de ta fiancée gênée. Tu te penchas vers elle, passant tes bras autour de tes épaules pour lui donner une petite tape en guise d'excuse pour sa gêne à venir.  




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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Dim 9 Mar - 11:02

Octavus & Aloisia
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Octavus avait beau être quelqu'un de droit, c'était aussi un joueur invétéré. Et il aimait gagner, j'en avais eu encore la preuve à l'instant. Il connaissait ses atouts, l'impact qu'il avait sur moi et s'amusait à jouer avec à mes dépends. Et lorsque nous dérivions trop, jusqu'à une certaine limite qui pouvait devenir dangereuse, il se rétractait. Il baissait les armes, ce n'était pourtant pas son genre. Il ne voulait pas que ça aille plus loin, je ne savais pas comment je devais le prendre. Après tout, cela avait beau n'être que des insinuations, je savais parfaitement de quoi nous parlions réellement. Une partie de moi voulait continuer de l'entraîner sur cette pente glissante contre sa volonté, mais pousser Octavus alors qu'il ne voulait pas aller plus loin pouvait être dangereux. Et je n'étais pas assez assurée pour ça. S'il s'arrêtait, c'est que je ne lui faisais certainement pas l'effet qu'il me faisait dès qu'il s'approchait de trop près. J'attendais constamment qu'il fasse un geste, prononce une parole, qui me rassurerait et me donnerait plus de courage. Mais même quand il me complimentait, une partie de moi continuait de douter. Je me reposais totalement sur lui, préférant attendre indéfiniment qu'il n'accepte de se rapprocher plutôt que prendre le risque d'être encore repoussée. J'avais beau revenir à chaque fois, j'en ressortais toujours un peu moins confiante. Et cette fois-ci, tout semblait plus sérieux. Nous n'étions plus que les enfants McKenna et Bateson. C'était Octavus, j'étais Aloisia. Et ça nous avait mené bien plus loin que je ne l'avais soupçonné. Je continuais d'en apprendre plus sur mon fiancé qui se complaisait dans une perfection d'opposés. Il était charmeur mais ne voulait pas me séduire. Doux pour mieux cacher une violence latente qui le rongeait. Protecteur envers moi, je ne parvenais pas à me décider s'il l'était à l'instar d'un frère, d'un ami ou d'un homme. Et j'arrivais encore moins à le comprendre lorsqu'il me touchait de la sorte, ce simple contact me rendant incapable de la moindre réflexion. C'était presque douloureux parce que je savais que ça allait finir rapidement. Mon regard se perdait dans ses yeux sombres et j'avais l'impression de pouvoir y lire des promesses muettes, comme s'il comprenait rien qu'en me voyant tous les doutes qui m'habitaient. Il finit par lancer une nouvelle phrase lourde de sens, j'étais incapable d'y répondre. Je me contentais de lui sourire, plus faiblement que je ne l'aurais voulu. Je mis une seconde avant d'étirer mon sourire, chassant toutes ses pensées hors de ma tête. Ça ne servait à rien d'y penser, il fallait que j'apprécie cet instant qu'il m'offrait. C'était si rare de pouvoir profiter de lui sans craindre d'être surpris.  Il parvint à me changer les idées du tout au tout lorsqu'il m'expliqua enfin en quoi mon gage consistait.

J'avais beau avoir une certaine dignité, je n'avais aucun problème à jouer la carte de l'auto-dérision. Je préférais prendre ces prochaines vingt-quatre sous le signe de l'humour, sinon j'allais traîner cela comme un réel boulet. Ça allait être plus compliqué lorsque je serais avec mes camarades. Ils allaient finir par croire que j'étais devenue folle et je ne pourrais même pas leur expliquer la signification de mon attitude. Avouer que j'avais perdu un pari soulèverait trop de contraintes et je savais d'avance que je ne pourrais pas répondre à leurs questions. Je n'étais pas prête à être la fiancée du professeur d'Astronomie. Quant à lui, je pouvais déjà le voir prendre ses jambes à son cou si cela venait à s'ébruiter que sa promise n'était encore qu'une élève. Les gens étaient idiots, ils aimaient parler sans savoir. Ils le regarderaient de travers et me verraient comme une pauvre chose, alors que c'était tout le contraire. Octavus était celui à plaindre, j'étais celle à blâmer. Il était forcé de m'épouser, j'avais fini par n'attendre plus que ça. Il éclata franchement de rire en m'entendant et je ne pouvais pas lui en vouloir, je devais avoir l'air parfaitement ridicule ainsi. Par Merlin, il allait finir par ne plus rien me trouver d'attirante si je continuais à me mettre dans de telles situations. Mes joues s’enflammèrent et je baissais la tête, plaçant mon visage dans mes mains pour fuir son regard. J'aimais rire et l'idée que la joie revienne dans les couloirs me plaisait. Je préférais juste trouver un autre moyen que de me ridiculiser pour y parvenir. J'aurais pu lui faire croire que j'avais exécuté mon gage comme il se devait et au final, faire comme si de rien était. Mais j'honorais mes promesses. Et puis, il allait s'arranger pour me croiser, histoire d'en profiter un peu et la pensée de le voir demain me consolait un tant soit peu. Il se rapprocha encore plus de moi, passant ses bras autour de mes épaules dans un geste qui se voulait réconfortant. Je finissais par relever le visage, une lueur malicieuse dans le regard.

«- Je te hais Octaaaaavuuuuus ! »

Je reprenais ma voix de castafiore, allant dans les aigus pour prononcer son prénom, alors que j'amorçais quelques pas de danse façon égypte antique. Il allait encore rire, j'en étais sûre. Je n'attendais même pas que ça arrive et réagissais, le petit insolent qu'il était méritait bien une correction ! Mes mains attrapèrent les siennes pour les dégager des mes épaules alors que je m'inclinais sur mon balai de manière à me retrouver face à lui mais toujours à ses côtés. Je le repoussais en jouant, alors que nous étions toujours perchés sur nos balais à des mètres de hauteur. Je tentais de l'éloigner de moi, mais il était bien plus fort que je ne l'avais imaginé. Ou alors, mes bras avaient encore moins de force que je ne le pensais. On aurait dit deux gamins en pleine bataille, mes doigts étroitement liés aux siens. Contrairement à ce que j'avais osé dire plus tôt, je ne le haïssais pas en cet instant. J'appréciais cette promiscuité, cette possibilité de rire et de partager autre chose que des moments romantiques ou formels. Ça ne me faisait que l'aimer davantage. Un sourire s'étira sur mes lèvres alors que je mettais toutes mes forces à le repousser, une petite voix me soufflant qu'il était plus fort et qu'au fond, j'attendais seulement qu'il prenne le dessus, encore.


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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Dim 9 Mar - 18:02


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu riais, incapable de t’en empêcher. Tu étais encore assez enfant dans ton esprit par moments. Tu repensais à un gage que tu avais eu à faire parce que tu n’avais pas pu tenir aussi bien l’alcool qu’Aleksei. Cet imbécile n’avait rien trouvé de plus intelligent que t’interdire de prononcer la voyelle a pour les 24h suivantes. Tu étais déjà employé au ministère à cette époque. Heureusement pour toi, tu avais réussi à éviter de rencontrer tes collègues. Aloisia n’aurait pas cette chance, mais tu avais quand même été un peu plus gentil avec elle. Chanter était moins dramatique que parler de manière incompréhensible. Tu avais hâte qu’elle rencontre ton crétin de meilleur ami. Tu étais sûr que les deux allaient bien s’entendre. Tant qu’ils ne se liguaient pas contre toi, tout irait bien.  En supporter un était déjà largement suffisant, mais deux serait au-delà de tes forces. Il n’était pas question que tu te laisses entrainer dans tes paries quand Aloisia serait avec toi en Russie.

Le soleil avait baissé, laissant place à un coucher de soleil de toute beauté. Tu pouvais en profiter à ton aise de cette hauteur, sans obstacle pour t’obstruer la vue. Ton adrénaline retombait, te laissant dans un état de calme. Tu n’aurais voulu changer cet instant pour rien au monde. C’était parfait. Tu te demandais parfois comment tu avais pu passer d’un tel extrême à un autre. Fuir Aloisia pour au final rechercher volontairement sa compagnie. Ces deux mois avaient été riches en évènements. Tu n’avais peut-être pas avancé dans ta mission, mais tu pouvais dire que ta vie personnelle se transformait. Tu avais fait des efforts pour t’améliorer, pour elle. Cela aurait dû t’ennuyer, mais ce n’était plus le cas. Tu t’étais résolu, tu t’étais comporté en homme au lieu de fuir comme un enfant capricieux.  Tu n’avais pas eu tort. Inconsciemment, tu te demandais si tu n’avais pas eu peur de ce qui pourrait arriver entre vous. Tu avais économisé les gestes envers elle au maximum, maintenant tu la touchais sans y penser. Et c’était loin d’être aussi répugnant que tu préférais le penser. Malgré la différence d’âge, elle te plaisait. Tu ne l’avais toujours pas lâchée d’ailleurs. Tu sursautas presque quand elle te chanta dans l’oreille ces mots doux, tes muscles du visage tressautant. Bon sang, elle t’avait sans doute déchiré un tympan. Au moins tu savais à quoi t’en tenir, Aloisia n’était pas une chanteuse. Tu étais sur le point de lui suggérer d’aller voir le portrait de la grosse dame qui semblait rencontrer des difficultés similaires, mais jugeas plus sûr de te taire. Tu n’avais pas envie de la provoquer. Elle disposait maintenant d’une arme de choix pour t’ennuyer et c’était par ta propre faute. Tu aurais peut-être dû te contenter de lui interdire de prononcer le ‘a’ au final.

Elle te détestait, mais bien sûr. Tu étais certain qu’elle n’en pensait pas un mot. Ton amusement grandit. Tu t’apprêtais à répliquer "moi aussi, je t’aime" avant de te stopper. Il y avait certains mots qu’il était préférable d’éviter vu votre lien. Elle pourrait les comprendre de travers. « Pareillement sweetie. » Un sourire moqueur démentait tes paroles, mais elle ne devait sans doute pas pouvoir le voir dans votre position. Ce n’était pas forcément mieux que ‘le mot’, mais elle semblait si enfantine en cet instant que tu étais obligé de le souligner. Tu devais constamment faire attention à la façon dont tu te comportais avec elle. C’était presque épuisant et c’était pourquoi ces petits moments rares où tu pouvais être toi-même sans repasser en boucle dans ta tête ce que tu disais étaient si appréciables. Tu aimais avoir le contrôle, mais paradoxalement tu étais aussi assez spontané. Ce côté-là, peu de gens pouvaient se vanter de l’avoir vu, Aleksei étant l’un des rares avec qui tu te montrais tel que tu étais vraiment, défauts et qualités confondus. Vous aviez vécu tant de choses ensemble, bonnes et mauvaises que plus rien ne pouvait vous surprendre sur l’autre. Avec Aloisia, tu marchais sur des œufs. Tu avais peur de lui dévoiler tout ce qui n’allait pas chez toi. Elle avait déjà été témoin de tes accès de violence occasionnels, ce dont tu n’étais pas fier. Tu n’avais pas envie qu’elle ait peur de toi. Vous n’étiez même pas mariés, elle pouvait toujours tenter de se sortir de ces fiançailles si jamais tu perdais le contrôle totalement. Tu ne voulais pas devenir ton père.

Elle finit par te détacher de force les bras et tu te laissas faire, trop surpris pour réagir. Tu n’avais même pas réalisé que tu la tenais encore. C’était la fatigue, le contrecoup de la course rien d’autre. Tu lui jetas un regard, elle avait changé de direction. Tu ne t’attendais pas à ce qu’elle t’attaque physiquement et tu lâchas un léger son de surprise, le haut du corps reculant face à sa poussée et la brise qui soufflait toujours. Tes yeux s’arrondirent, ton cerveau préparant déjà ta revanche. Comme si une brindille comme elle faisait le poids contre toi... Vous étiez toujours en altitude ce qui était préférable au cas où quelqu’un serait en train de vous regarder.  Cela dit, si jamais l’un de vous tombait, vous auriez du mal à donner des explications convenables. Les risques du métier sans doute. Vos mains se cherchaient sans intention de faire mal. Tu te rappelas soudainement d’une fille qui adorait te donner des tapes sur l’épaule à chaque fois que tu ouvrais la bouche. C’était un peu pareil en cet instant, sauf que tu participais. Tu étais finalement plus enfantin à tes trente ans que tu ne l’étais durant ta jeunesse. Tu n’étais jamais le dernier à reculer quand on te cherchait. C’était d’ailleurs un gros défaut. Tu avais toujours eu l’esprit de compétition. Au lieu de reculer sagement quand on te faisait une critique, tu fonçais tête baissée. C’était grâce à ce caractère difficile que tu avais été élu capitaine de ton équipe. Tu ne reculais jamais quoi qu’on te dise. « Tu veux te battre avec moi ? Tu es sûre ? Je croyais que tu avais décidé de ne plus me sous-estimer… » Pourtant, son attaque surprise était loin de te déplaire. Elle était si proche, c’était un jeu d’enfants, mais avec une connotation bien différente. Tu bloquas ses poignets d’une main ferme, ton corps poussant en avant contre elle pour annuler sa force, un sourire amusé sur les lèvres. Tu aimais bien l'idée de la contrôler. Ton visage était proche du sien dans cette position, mais tu ignoras toute pensée romantique, concentré sur ce nouveau jeu. Comme tu l’avais déjà décidé plus tôt, c’était encore trop tôt pour envisager sereinement de pousser votre relation vers cette facette là. Tu avais toujours aimé jouer avec le feu en bon inconscient. Il en faudrait beaucoup pour te mettre de mauvaise humeur aujourd’hui. Tu avais passé une bonne journée en fin de compte. Et c’était uniquement grâce à Aloisia.





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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Lun 10 Mar - 0:22

Octavus & Aloisia
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Je ne me rendais pas tout de suite compte que ses bras étaient venus encadrer mes épaules, bien trop occupée à cacher mon embarras dans le creux de mes mains. J'avais beau être gênée, mortifiée même, j'étais bien, j'étais avec lui. Et la sensation de son corps contre le mien n'avait rien d'autre qu'un aspect des plus naturels à mes yeux, comme si cela n'avait pu se passer autrement. Ce n'était que paradoxe, la vie avec Octavus. Même si je trouvais cela normal, presque instinctif, ma peau ne pouvait s'empêcher de réagir à chacun de ses contacts. Je relevais alors la tête, la penchant légèrement sur le côté pour confirmer sa promiscuité. Je ne pouvais voir que sa nuque et l'os de sa mâchoire puissante, c'était assez pour me déstabiliser. Il était beau, sous tous les angles, ça en était rageant. Il avait probablement toujours été aussi beau mais je n'aurais pas pu l'affirmer. Je n'étais qu'une enfant à l'annonce de nos fiançailles et notre première rencontre m'avait poussé à le détester avant même de le connaître, lui, ce «vieux » qui n'avait vraiment rien d'un prince. Si seulement j'avais su que justement, c'était bel et bien lui. J'aimais pouvoir dire que je connaissais Octavus depuis toujours. Il m'avait vu grandir, littéralement. Il avait pu se rendre compte de mon caractère bien plus de n'importe qui puisqu'il le supportait depuis mon plus jeune âge, lorsqu'il n'existe aucune limite, aucun non-dit. Si j'avais su l'importance qu'il aurait aujourd'hui à mes yeux, j'aurais essayé de me faire plus supportable, plus mature. J'aurais essayé de lui plaire davantage. C'était l'inconvénient de l'avoir toujours eu dans ma vie, je n'avais pas eu le temps d'apprendre à faire semblant d'être quelqu'un d'autre. Bien sûr, mes parents avaient essayé de me tempérer, me forçant à jouer à la fille précieuse, mais c'était trop tard. Il connaissait mes défauts, j'avais aperçus quelques uns des siens aussi. Et pourtant nous étions là, perchés sur nos balais, à rire insouciamment.

Il eut comme un sursaut lorsque je me mis à chanter tout contre lui avant de se contrôler. Ce contrôle qu'il cherchait constamment, de peur que tout ne vole en éclat. Je ne le haïssais pas, même si parfois cela m'arrivait. J'avais l'impression qu'il me poussait à le détester, comme pour lui donner finalement raison. Ça aurait été plus facile si je n'avais ressenti que cela à son encontre, de la haine et de la colère. Mais ce n'était pas le cas. Ces sentiments ne ressortaient que parce qu'ils étaient l'expression de quelque chose de plus profond. Quelque chose qui était né en moi il y avait des années maintenant et qui me dévorait toute entière, à un point où cela en devenait douloureux. Je me savais dores et déjà condamnée puisqu'il était le seul remède contre ce mal. Octavus avait mon destin entre ses mains, ce n'était pas nouveau puisqu'il allait devenir mon mari. Je n'étais pas sûre qu'il se rende compte combien c'était vrai. Je souriais faiblement en entendant sa réponse. Pour le coup, ça me semblait plus probable, qu'il me déteste, lui. Moi, la gamine de quatre ans qu'il devait supporter depuis douze ans, celle pour qui il était obligé d'abandonner sa liberté, son refuge, sa vie. J'avais beau être torturée par toutes ces idées, je ne pouvais m'empêcher de sourire bêtement en l'entendant. Il m'avait appelé sweetie. Rien de palpitant et pourtant, c'était la première fois qu'il me donnait un surnom. Il s'était toujours cantonné à «Aloisia», tout comme le reste du monde. De rares amis m'appelaient Aly, prétextant que mon prénom me donnait encore plus des allures de princesse. Ils n'avaient pas tort, de toutes les choses que mes parents m'avaient donné, c'était bien celle que je préférais. Je m'en voulais de réagir de manière aussi puérile. Et je ne voulais pas lui montrer que cette attention, aussi petite et non recherchée soit-elle, me touchait. Je préférais alors le repousser, repartir dans un jeu pour ne pas se perdre dans les émotions. Sa surprise me ravie et me permit de prendre le dessus, je savais que ça ne durerait malheureusement pas, alors j'en profitais. Je le poussais tout en m'accrochant à lui. Il commença à me chercher à son tour et je riais en redoublant d'efforts pour le tenir à distance. Je n'avais jamais pu jouer de la sorte durant mon enfance, bien trop seule pour cela. Et une fois arrivée à Poudlard, le nom des Bateson m'interdit tout enfantillage de ce genre. J'essayais de lui répondre en chantant, gardant son gage, originaire de ce petit manège, bien en tête. Mais ça devait être encore moins mélodieux que précédemment, l'effort se faisant ressentir dans ma voix :

«- C'est... toi qui me sous-estimes... tu vas voir ! »

Je tentais alors de le repousser de nouveau mais maintenant qu'il était préparé, c'était une toute autre histoire. Ses mains vinrent encercler mes poignets rapidement et il bascula son corps vers le mien, me coupant dans mon élan. Je riais malgré moi en voyant qu'il prenait l'avantage, mais n'en démordait pas pour autant. Malgré tout, plus je forçais pour reprendre le dessus, plus il me montrait combien il avait le contrôle sur moi. J'étais proche de lui, bien plus que précédemment, pourtant il n'y avait rien de romantique dans mes pensées. Ce n'était qu'un jeu innocent pour le coup. J'essayais de dégager mes bras mais c'était impossible, il me tenait trop étroitement. Je finis par tenter le tout pour le tout, posant ma poitrine contre la sienne, ma tête prenant appui contre sa joue. Je continuais de rire, livrant une bataille sans merci pour reprendre le dessus. J'en oubliais presque que j'étais toujours sur mon balai et qu'il fallait que je prenne garde un tant soit peu à mon équilibre. J'étais presque plus sur lui qu'autre chose de toute façon et je ne me rendais même pas compte du danger que je pouvais courir. J'oubliais aussi que j'aurais du me retrouver dans ma Salle Commune à l'heure qu'il était, que malgré l'altitude, quelqu'un aurait pu nous surprendre. Je profitais de cet instant, de ce bonheur simple, peut-être un peu idiot, mais tellement parfait.

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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Lun 10 Mar - 17:12


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu ne réalisas pas l’impact que tes mots avaient eu sur ta fiancée. Tu les avais prononcés en plaisantant, mais ton comportement dans le passé tendait à justifier que tu les pensais. Tu espérais qu’elle réalisait que si tu n’avais pas eu envie de passer du temps avec elle, tu ne l’aurais pas fait. Les convenances pouvaient bien aller voir ailleurs, tu te moquais de salir ton nom de famille. Tu considérais que le comportement abject de ton père suffisait déjà à le faire. Dire que quand tu étais plus jeunes, tu avais été obsédé par l’idée d’obtenir la fierté et l’approbation de ton paternel, conscient que le nom de McKenna était lourd à porter et prêt à tout pour continuer d’apporter la gloire et le prestige sur votre vieille famille. Aujourd’hui, tu réalisais à quel point les enfants étaient naïfs. Tu ne savais même pas pourquoi tu l’avais appelée sweetie. C’était sorti comme ça, peut-être parce qu’elle faisait ressortir un certain côté protecteur en toi. Visiblement, cela lui avait plu. Tant mieux. Tu n’étais pas du genre à donner des surnoms au gens, à part Aleksei, mais c’était uniquement parce qu’il t’en avait donné un en retour et que tu avais voulu te ‘venger’ en l'appelant jelly fish. Dans les familles de sang pur, ça ne faisait pas d’écorcher un prénom, même dans le but de marquer son affection. Tu avais toujours été Octavus pour tous, stupid face pour Aleksei. Il avait intérêt de tenir sa langue et d’éviter de révéler ce détail à Aloisia quand ils allaient se rencontrer. Sinon il allait le payer…

Tu n’avais jamais été un homme affectueux. Tu ne savais pas comment te montrer tendre avec quelqu’un. Tu apprenais avec Aloisia. Quand tu voyais le modèle que tu avais eu en grandissant, tu craignais de devoir devenir père. Tu faisais tout pour t’éloigner du chemin tracé et pourtant, indéniablement tu finissais par devenir exactement ce que tu avais haït. Ta poigne se resserra imperceptiblement sur elle. Tu te faisais peur. Elle t’intoxiquait et tu ne savais pas quel était la bonne décision à prendre. Tu sombrais. Aucun échappatoire possible cette fois-ci. Tu n’étais pas sûr de pouvoir revenir en arrière. Ta vision d’elle avait été modifiée. Enfouie entre tes bras, elle n’avait plus rien d’une petite fille. Tu pris une inspiration, le nez enfoui dans ses cheveux. Les émotions trop puissantes avaient toujours été difficiles à gérer pour toi. Ton cœur était envahi d’émotions sur lesquelles tu ne parvenais pas à mettre un nom, compassion mêlée à autre chose. Tu avais peur de faire une introspection. Tu allais devoir réfléchir sérieusement, peut-être faire un tour dans ta pensine et regarder tes souvenirs avec elle pour tenter de comprendre ce qui avait bien pu changer si soudainement.  

Tu lâchas un petit rire en voyant ses intentions. Elle pensait encore pouvoir te surpasser, malgré sa défaite cuisante de tout à l’heure. Elle faisait preuve de courage, tu te retins de lui dire qu’elle aurait peut-être eu sa place à Gryffondor, insulte suprême vu les rivalités ancestrales entre ces deux maisons. Au moins, cette action avait eu le mérite de lui faire stopper sa voix haut perchée au profit d’une voix un peu plus normale. C’était déjà beaucoup plus supportable, notamment pour tes tympans malmenés. « J’attends avec impatience de voir ça effectivement. Tu me diras quand tu commences… » Tu te mordis la lèvre, attendant sa réaction. Elle tenta de te repousser sans succès. Son rire brisait le silence environnant, le vent le portant comme un écho. Tu la contrôlais. Un rictus aux lèvres, tu la regardais se débattre gentiment, un jeu d’enfant. Pourtant, ces taquineries infiltraient ton cœur d’un venin que tu avais tenté de réprimer. Ton cœur était corrompu, le mal s’était infiltré il y a longtemps déjà et ne demandait qu’à se propager. Aloisia était à la fois celle qui te permettait d’aller mieux, mais aussi qui ravivait tes plus bas instincts. Ton côté dominateur se gorgeait qu’elle se débatte sans pouvoir réussir à t’échapper. Elle t’appartenait. Tu te forças à ne pas serrer trop fort ta poigne, repensant aux marques que tu avais laissées sur elle lors de vos retrouvailles, refusant de la blesser de nouveau même si l’animal enfoui en toi réclamait du sang. Aloisia était inconsciente de tes démons intérieurs. Elle ne devait plus jamais être témoin de ces pertes de contrôle. Tu y veillerais. Il y avait deux facettes d’Octavus  McKenna, le garçon charmant et confiant qui attirait les regards des femmes, les séduisait par ses mots et son apparence, et il y avait la bête tapie dans l’ombre qui prenait le contrôle. Tu n’avais jamais été intéressé par les relations sérieuses parce que tu savais au fond que personne ne voudrait d’un homme comme ça. Si, il y en avait eu une il y a quelques années, aussi pervertie que toi. Elle était dangereuse, te poussait de plus en plus dans les ténèbres. Après, tu t’étais contenté de ramener des filles trouvées dans les bars, n’allant pas jusqu’à te rabaisser à aller dans des bordels pour satisfaire tes pulsions. Aloisia était tout le contraire. Elle rayonnait comme le soleil. Sa présence t’était bénéfique, même si le mal continuait de te ronger.  

Tes pensées sombres disparurent comme neige au soleil quand elle se colla à toi. Tu ne t’étais pas attendu à une telle réaction de sa part et la surprise te fit relâcher légèrement ses mains. Tes yeux se relevèrent vers les siens, animés d’un feu impossible à cacher. Ses mains étaient bloquées entre vos deux poitrines, toujours tenues dans ta main gauche. Tu posas ta main libre contre sa tête, dans un geste de tendresse inhabituel alors qu’elle continuait de gesticuler et de rire. Le vent s’était légèrement calmé, mais ça n’en restait pas moins dangereux. Tu étais presque tenté de la passer sur ton balai, sa position précaire appelant à la chute. Si l’un de vous d’eux n’avait pas un accident, ce serait vraiment un miracle. Tu n’avais aucune intention de la laisser tomber. Tu préféras penser que c’était la raison pour laquelle tu t’accrochais à elle de manière insistante, au cas où... « Attention, je n’ai pas envie que la soirée se termine à Ste mangouste… J’en suis à envisager de te passer sur mon balai pour être sûr qu’il ne t’arrive rien. » Aloisia était parfois tellement enfantine et inconsciente du danger. Tu t’imaginais déjà ce que tu devrais dire à l’infirmerie. Même en étant un sorcier, une chute d’une telle hauteur ne se ferait pas sans casse. Tout le château n’avait pas besoin de savoir que tu étais fiancée à une élève. Tu voyais déjà d’ici les jugements, entre élèves envieuses et parents te traitant de pédophile et refusant que tu t’approches de leur fille. Certaines choses devaient être passées sous silence. La vérité se saurait bien assez tôt. Le couvre-feu était très certainement passé depuis un certain temps. Tu raccompagnerais Aloisia pour lui éviter des problèmes. Ombrage avait décidé de patrouiller dans le château et tu savais que Rusard était à sa botte. C’était ta propre faute si elle n’était pas dans son dortoir, alors tu n’allais pas lui attirer des ennuis. Tu libéras ta main coincée entre vos deux corps, pour l’accrocher autour de sa taille, pour sa sécurité évidemment…





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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Lun 10 Mar - 19:40

Octavus & Aloisia
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La liberté émanant de sa simple présence était enivrante. Avec Octavus, ou plutôt, grâce à lui, je pouvais être moi, totalement et sans restriction. Mes parents avaient longtemps pensé que pour me rapprocher de lui, il était nécessaire que j'apprenne à devenir une femme distinguée, une beauté froide, une poupée émanant l'intelligence sans faculté de parler pour autant. S'ils savaient combien ils avaient tort. Il n'avait jamais été autant à moi que depuis que je ne me cachais plus derrière des robes hors de prix ou des discussions toutes choisies au préalable. Dorénavant, il ne fuyait plus nos rencontres, cherchait même à apprendre à me connaître et le temps passé avec lui m'en apprenait plus sur moi également. Je me découvrais bien plus joueuse que je ne le pensais, séductrice lorsqu'il le fallait. J'avais grandi à ses côtés et maintenant, je m'épanouissais grâce à lui. Si je voulais devenir femme ce n'était que dans le seul but d'être un jour la sienne. J'étais consciente que les instants que nous vivions ces derniers temps ne pourraient durer, il y aura toujours quelque chose pour nous ramener à notre dure réalité. Le poids de nos noms se ferait de nouveau ressentir, les obligations envers nos familles ou même nos statuts ici même bien trop différents. Je savais qu'être avec lui, c'était accepter de le voir douter, de se montrer patience parce qu'il reculerait de nouveau. Je savais aussi que j'allais souffrir. Je volais trop près du soleil, de mon soleil, ça ne serait pas sans conséquences. Tout ce que je ressentais, ce n'était pas partagé. Il avait beau faire tous les efforts du monde, il ne serait peut-être jamais totalement à moi. Et cette violence qui le rongeait de l'intérieur, il ne pourrait pas toujours la contrôler, j'en ferais les frais. J'acceptais tout cela puisque c'était la seule manière d'avoir l'impression d'être en vie, d'être à lui. Bien sûr, j'avais peur de lui, peur de ses réactions mais seulement parce que je pouvais en être la cause. Je craignais de ne lui faire plus de mal que de bien, et cette idée me hantait. Il était fait pour moi, mais peut-être n'étais-je pas faîte pour lui.

Je le regardais mordre sa lèvre, dubitatif face à ma déclaration. Je ne pus qu'afficher qu'une mine outrée, sur un visage où l'on pouvait toujours lire l'amusement. Il riait aux éclats, distrait par mes piètres tentatives pour le dégager. Octavus était définitivement un sportif, il ne sortait pas toute cette force du néant. Il allait falloir qu'il me raconte avec précision ses années d'études à Durmstrang, je m'étais ma main à couper qu'elles avaient été étroitement lié à ses capacités au Quidditch. Il aurait certainement pu occuper un poste de batteur, il en avait la poigne en tout cas. Les réflexes fassent aux obstacles évités dans la forêt me poussaient à penser que ce n'était pourtant pas la place qu'il avait eu. J'évitais d'y penser plus, préférant me concentrer sur la bataille à livrer en cet instant. Il n'avait eu aucun mal à emprisonner mes poignets dans une seule de ses mains, il avait donc la deuxième disponible alors que moi, je me débattais sans succès. Il ne pouvait pas encore gagner, pas par deux fois ce soir ! Il allait finir par croire qu'il avait tout pouvoir sur moi. Ce qui était malheureusement le cas, mais il n'était pas censé être au courant de ce fait. À force de gigoter de la sorte, je ne ressentais même plus le froid de cette soirée de fin novembre, alors que je n'étais qu'en pull et jean. Je finis par m'appuyer contre sa poitrine, ma tête prenant position sur sa joue dans un geste désespéré pour me libérer de son emprise. Ça n'était pas beaucoup mieux, à présent, nos deux corps n'étaient séparés que par sa main gauche détentrice de mes poignets. Mon regard fut accroché par ses yeux, illuminaient d'une flamme indescriptible. Je ne m'y attardais pas, persuadée que ce serait suffisant à finir de me déstabiliser. Il posa sa main sur ma tête dans un geste qui n'avait rien de joueur malgré que mon attitude à moi le restait. J'en souriais davantage encore, ses mots révélant ses instincts protecteurs qu'il avait de plus en plus à mon égard. Il n'avait pas tort, ce n'était pas une position très sécurisante, à moitié sur mon balai et à moitié dans le vide, appuyée contre lui. J'étais au bord du précipice, mais c'était un sentiment que je ressentais à chaque fois qu'il était là alors à force, j'avais appris à ne plus trouver ça si dangereux. Je lui répondais alors dans un rire, qui ne chantait peut-être pas assez :

«- C'est dommage, tu serais sûrement parfait dans le rôle de l'infirmier sexy. Que veux-tu qu'il m'arrive, tu es là. »

Le jeu semblait être moins important que ma sécurité pour lui et il lâcha finalement mes poignets pour avoir de nouveau sa main de libre. Malgré mes mots, il passa son bras autour de ma taille et ce fut comme un électrochoc. J'arrêtais de rire et mon sourire se figea sur mes lèvres. Je réalisais alors la situation, sous un angle totalement différent. Sa main était toujours posée sur ma tête et mon visage était tout contre le sien. Il n'y avait plus rien pour séparer nos deux corps, et je crois bien que je m'étais rapprochée encore plus, de manière inconsciente, lorsqu'il en était venu à m'agripper de la sorte. Je sentais alors tout mon corps réagir. Son parfum embruma mon esprit, divine flagrance qui m'embaumait totalement. Le grain de sa peau contre ma joue me donna des frissons, son souffle au creux de mon oreille ne devait pas être totalement étranger à cette réaction également. Je sentais mon cœur s'arrêter, comme si tout avait pu être gâché par le bruit de ses battements trop forts. Comment m'étais-je retrouvée dans cette situation ? Je n'en avais aucune idée. Une de mes mains se posa sur son torse, consciente qu'elle aurait du le repousser pour remettre entre nous une distance de sécurité, et pourtant incapable de briser cette attraction inexplicable. Je fermais les yeux en soupirant malgré moi. Je le maudissais d'avoir cet effet sur moi, il était sur le point de faire éclater toutes mes bonnes résolutions. Je pivotais légèrement le visage, mon nez traçant sur sa peau un parcours pour arriver jusqu'au sien. Je rouvrais les yeux et ne voyais plus que ses lèvres entrouvertes qui semblaient m'appeler à l'image des irrésistibles sirènes. J'aurais aimé sentir une pression plus forte sur ma taille. J'aurais aimé qu'une fois de plus, il prenne le contrôle de la situation et décide de me faire esclave de sa volonté. Je voulais sa force, sa fouge, sa violence, sa détermination, et tout cela dans un baiser qui me ferait totalement chavirer, qui me prouve que je lui appartenais. Et pourtant, il n'était pas temps de tout cela... Je m'arrachais à son emprise après un moment qui me parut interminable, luttant pour ne pas sombrer de nouveau. Je me remettais droite sur mon balai, incapable de le regarder après avoir perdu le contrôle.

«- Je devrais y aller, il est tard. »

J'en oubliais également le gage. Je pris la direction du terrain, descendant toujours plus bas vers le sol, incapable de savoir s'il me suivait ou non. Bon sang, j'avais perdu les pédales. Que ce serait-il passé si je l'avais finalement embrassé ? Il m'aurait certainement repoussé, aurait pris peur et n'aurait plus voulu de moi en Russie. J'avais été à deux doigts de tout gâcher. J'atterrissais plus brutalement que je ne le pensais tout à côté de mon sac que j'attrapais machinalement sans y penser. Il fallait que je parte avant d'atteindre un point de non retour qu'il ne désirait pas.

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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Lun 10 Mar - 23:01


Let's fly away to a land where we'll be free





Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu avais l’impression d’être dans un rêve. C’était comme si tu n’étais plus vraiment toi. Ton corps agissait sans attendre l’autorisation de ton cerveau, et c’était peut-être ça qui changeait tout. Tu ne t’étais jamais senti aussi bien qu’en arrêtant de tout vouloir contrôler. Le plus ironique dans tout ça était que plus vos familles avaient tenté de vous rapprocher, plus tu avais cherché à t’échapper. Maintenant qu’ils ne vous observaient plus, tu recherchais la compagnie d’Aloisia. Certainement l’esprit de contradiction, mais tout s’arrangeait pour le mieux. Finalement le destin avait joué un rôle dans votre relation. Voldemort aussi, mais tu ne te voyais pas le remercier lors de votre prochaine rencontre pour t’avoir rapproché de ta fiancée. Tu avais tant de choses à apprendre d’elle, tant de choses à lui raconter sur toi. Vous deviez partir à zéro, sans pouvoir vraiment compter sur vos rencontres annuelles pour bâtir la base d’une relation solide. Tu voulais faire les choses à ta manière. La Russie serait seulement la première étape pour voir si vous étiez possible. Tu riais, librement pour une fois. C’était un son auquel tu étais peu habitué. Tu jouais si bien la comédie la plupart du temps que tu avais presque oublié ce que tu ressentais quand tu étais véritablement amusé. Tu étais assez étonné qu’elle ne t’ait pas encore interrogé sur les raisons de tes capacités en quidditch. Elle devait se douter que ce n’était pas dû à la chance du débutant.

Tu n’avais aucun moyen de voir l’heure qu’il était, mais les étoiles étaient déjà hautes et brillantes dans le ciel. Il était clair que le couvre-feu était dépassé depuis longtemps. Tu t’en moquais. Tu trouverais un moyen de la ramener à bon port discrètement. Une part de toi était assez étonnée que personne ne se soit inquiété de la disparition d’Aloisia. Ses camarades de quidditch l’avaient quittée au moins une heure auparavant et personne n’avait trouvé bizarre qu’elle ne soit pas revenue au château à l’heure qu’il était. Bien sûr, tu n’allais pas te plaindre que la cavalerie ne soit pas arrivée, ça t’arrangeait au contraire, mais tout de même, c’était plus que bizarre. Tu espérais réellement te tromper en pensant qu’un de ses camarades était venue voir si elle était toujours ici et vous aurait surpris. Tu n’imaginais même pas comment tu réagirais si tel était le cas. Il n’était pas certain que tu ais été reconnu d’ici évidemment, mais dans tous les cas, cela pouvait poser un problème. Tu n’hésiterais pas une seconde à utiliser un sortilège d’amnésie si tu le devais. Ta couverture devait être protégée à tous prix, tu ne devais pas attirer trop l’attention.    

Tu souris quand elle parla d’infirmier sexy. L’inverse serait également vrai. Tu détestais les moldus, mais il fallait reconnaître qu’ils savaient s’amuser pour Halloween. Ils avaient toujours des costumes passablement décadents. « Et bien nous aurons peut-être l’occasion de tester cette théorie dans le futur, mais pas ce soir. » Sa confiance en toi était touchante. Déplacée mais touchante. Tu espérais ne pas la décevoir, mais sans pouvoir faire la moindre promesse. Les promesses étaient toujours faite pour être rompues de toute façon. Tu raffermis ta place sur sa taille, la serrant plus fort comme pour répondre à ses envies exprimées sans un mot. Son rire stoppa brutalement et tu sentis que tu l’avais surprise. Tu finis pas réaliser pourquoi elle était si bizarre. Votre position était plus que compromettante à l’heure actuelle. Tu la tenais d’une façon qui annonçait plus qu’une simple camaraderie. Elle était totalement collée contre toi, vos deux cœurs battant à l’unisson. Tu sentais le tien entamer une cavalcade effrénée. Tu respirais vite et fort, mais le froid ne t’affectait pas, tes lèvres incapables de rester immobiles alors que ta tête tentait de t’obliger à ne rien faire pour l’encourager, ou pour la dissuader ? Tu ne savais même plus. Elle finit par poser une main sur ton torse et tu sus qu’elle ne pouvait pas manquer de noter ton trouble. Ça aurait été impossible dans cette position. Elle ne s’éloignait pas et tu étais incapable de la relâcher. Elle lâcha un soupir et tu te demandas ce que tu devais faire ou dire. Pour la première fois, tu étais incapable de parler, les mots te manquaient. Tu avais presque l’impression de ne pas être là et d’être spectateur de ta propre situation. Son nez toucha ta joue, glissant vers le centre de ton visage et tes yeux se fermèrent, les jointures de tes doigts blanches contre son corps. Tu l’agrippais comme pour la retenir, mais la retenir de quoi ? Ton souffle se figea entre tes lèvres. C’était injuste de lui demander de prendre une initiative, n’importe laquelle alors que tu étais l’adulte dans cette histoire. Et pourtant… Tu étais dominateur, mais elle avait réussi à te dépouiller de ça en cet instant. Tu aurais du la repousser brutalement ou l’étreindre jusqu’à l’étouffer. Tu ne fis rien et elle finit par s’éloigner. Ton cœur saigna, mais tu ne dis pas un mot. Tu étais lâche. Elle se redressa sur son balai et tu la regardas, l’air totalement perdu, hors contrôle. Toujours pas un mot de ta part. Tu la laissais assumer, porter le poids de la responsabilité de ce qui venait de se passer.

Tu ne t’attendais pas à la voir descendre presque brusquement jusqu’au sol, mais ce n’était pas surprenant. Tu lui laissais l’impression qu’elle avait fait quelque chose de mal, alors que c’était toi. C’était toujours toi le problème. Le gage était oublié, les plaisanteries aussi. Elle s’éloignait et tu finis par réagir après quelque secondes de flottement. Tu ne devais pas la laisser partir comme ça. Tu te demandas un instant ce que tu avais fait pour la faire fuir, mais tu n’avais rien fait du tout. Était-ce bien là le problème ? Avait-elle souhaité que tu l’embrasses ? Tu avais failli succomber la dernière fois que vous vous étiez vu, l’échec encore cuisant quand elle avait tourné la joue. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même si elle attendait aujourd’hui ce premier baiser. Ta raison savait que c’était finalement pour le mieux. Tu étais préparé cette fois-ci à ne pas te laisser avoir une seconde fois, peu importe ce que tu pouvais ressentir. Cela faisait maintenant trois mois que tu étais au château, ce qui voulait aussi dire trois mois de célibat. Ça ne t’était jamais arrivé. Tu préférais penser que tes pulsions envers ta jeune fiancée venaient d’un manque et d’une certaine frustration qui n’avaient rien à voir avec elle. Elle était simplement avec toi et si tentante avec ses regards intéressés. Seul un saint aurait pu résister et une chose était certaine, tu n’en étais pas un. Tu ne te voyais pas non plus confier à Aloisia ta frustration. Elle n’y était pour rien, c’était toi qui n’avais été fidèle à vos fiançailles dès le départ, quand elle s’était sans doute réservée pour toi. Tu ne la méritais vraiment pas.

Tu la poursuivis jusqu’au sol, ton balai atterrissant devant elle pour lui couper sa retraite. Tu ne savais pas ce que tu allais faire ou dire. Tes sentiments étaient si violents que tu n’étais pas sûr de pouvoir te contrôler quoi que tu fasses. Tu avanças vers elle d’un pas rapide, ta robe claquant derrière toi, la mâchoire contractée, le regard fixé sur elle. Ta fiancée fuyante. C’était ta faute. C’était sa faute. Tu finis par arriver devant elle, envahi par la certitude de ce que tu allais faire. Tu aurais bien incapable de te stopper maintenant. Tu n’étais plus mettre de tes mouvements. Elle t’avait poussé à bout de tes retranchements. Tu n’avais pas prévu que ça se passe comme ça, tu avais voulu un moment romantique, peut-être en Russie. Tu avais préféré te laisser du temps. Tu n’étais pas prêt, mais peut-être l’étais-tu en fait depuis longtemps. Elle ne te laissait pas le choix. Ce serait sa punition, ta punition pour ta lâcheté. Tu étais vibrant d’émotion, le corps tremblant, mais pas uniquement de colère, de passion aussi. Tu t’emparas de sa tête brutalement, la main emprisonnée entre ses cheveux roux avant de la tirer vers toi. Vos lèvres se heurtèrent, violence et supplice délicieux. Tes yeux restaient ouvert, comme stupéfaits par ce que tu venais de faire. Ta main libre remonta le long de son corps pour se poser possessivement derrière sa nuque au cas où elle chercherait à se dégager. Elle ne se débattait pas. Elle l’avait cherché. Tu étais son professeur, elle était ton élève. Si quelqu’un vous apercevait, ennuis. Ton esprit te mettait en garde, mais tu n’écoutais plus. Ton cœur s’assombrissait, consumé par la douloureuse étreinte que tu partageais avec une jeune fille. La tienne. C’était un poison qui coulait dans tes veines. Intoxiqué par elle. Tu aurais voulu lui offrir un moment magique, tendre, un premier moment de conte de fée, tu n’étais que brutalité. Tes lèvres punissaient. Ta respiration sortait par saccade de ton nez, ton cœur battait si vite que tu étais presque sûr qu’il allait exploser. Tu finis par la relâcher, la respiration haletante, les yeux assombris, la pupille presque entièrement noire. Tu étais une bête et elle était devenue ta proie.







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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Mar 11 Mar - 1:36

Octavus & Aloisia
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Plus je m'éloignais, plus mon esprit réalisé ce que j'avais fait. Et j'en étais mortifiée. Je pouvais me revoir, si proche de lui, mes lèvres frôlant dangereusement les siennes. Je ne pouvais même pas dire à quel moment le jeu s'était arrêté pour devenir cette tension physique si douloureuse. Je n'avais pas réfléchi, je n'avais pas pu, il m'avait ôté toute capacité de réflexion. Je pouvais ressentir encore la force de son bras autour de ma taille, cette étreinte qu'il n'avait cessé de raffermir, me faisant perdre totalement pied. J'avais aimé qu'il me tienne de la sorte, je me rendais compte que la possessivité dont il pouvait faire preuve à mon égard me mettait dans tous mes états. Je me rappelais de la chaleur de sa peau, réchauffant instantanément la mienne, de son souffle qui ne cessait de me procurer des frissons incontrôlables. Son parfum flottait encore dans l'air, dernier témoin de cette scène si incroyable. Pourtant, j'avais réussi à retrouver la raison, et j'avais fui, craignant qu'il ne me repousse. J'avais entendu son cœur s'emballer, sa respiration s'arrêter. Il avait fermé les yeux, les miens étaient rivés sur ses lèvres. Sa bouche semblait vouloir protester mais jamais les mots ne sortirent. Alors j'avais reculé à sa place, parce qu'au fond, je me doutais bien que c'est ce qu'il aurait fait. Je m'en voulais d'en être arrivée là. Si je l'avais embrassé, il se serait peut-être senti obligé de ne rien dire pour ne pas me froisser. Il avait beau se montrer plus proche qu'auparavant, je sentais toujours cette barrière entre nous, limite qu'il s'imposait. Je savais qu'il se refusait à un rapprochement trop poussé, il en serait honteux puisque contrairement à moi, il estimait que ce n'était pas moral. J'avais l'avantage, enfin c'était discutable, de l'aimer plus à chacune de nos rencontres, et ce depuis des années. J'avais rêvé de ce contact, banal pour des fiancés et pourtant si délicat pour nous, tellement de fois que je ne les comptais plus. Et dans mes songes, ça ne se passait pas ainsi. Ce n'était pas après un entraînement de Quidditch, alors que je me sentais si peu attirante, pas après une défaite et certainement pas après lui avoir bassiné les oreilles pour honorer mon gage. Je ne l'avais jamais imaginé comme ça, pourtant l'instant m'avait semblait parfait. Mais pour lui, c'était différent. Il commençait peut-être à tolérer ma présence, ça ne balayait sûrement pas douze années passées à me fuir. Je représentais la fin de sa liberté, le pouvoir de son père sur lui, toute une vie déjà tracée sans qu'il ait eu son mot dire. Comment le blâmer de ne pas partager mon impatience ? Contrairement à moi, Octavus avait vécu avant de me connaître. Il avait connu autre chose que la prison dorée de nos fiançailles. Il avait vu le monde et le monde avait pu profiter de l'homme beau et intelligent qu'il était. Et maintenant, il devait retrouver sa réalité, se confronter à sa gamine de fiancé. Son silence me torturait, et je ne parvenais pas à parler non plus. Ma culpabilité m'oppressait tellement que même respirer était difficile. J'aurais aimé qu'il en plaisante, qu'il me rassure, je savais pourtant qu'il ne le pourrait pas. Tout en descendant vers le terrain, mes dents mordant rageusement mes lèvres pour ne pas hurler ma stupidité, je me sentais idiote et terriblement repoussante. Et c'était encore plus stupide de ma part. Il n'avait rien fait de mal, j'étais la seule fautive dans cette histoire. Je savais qu'il aurait besoin de temps, j'avais décidé de faire preuve de patience et cela avait marché. Il continuait de venir vers moi, pas à pas. J'avais l'impression d'avoir réduit à néant tous ses efforts. Mon égoïsme me rongeait toute entière, j'avais voulu qu'il m'embrasse, quitte à ce que ça le torture après. Je n'avais pas réfléchi à ses tourments, focalisée sur mon désir pour lui. Et maintenant, j'étais celle qui fuyais.

Mes pieds heurtèrent brutalement la pelouse et je laissais mon balai tomber à terre. J'étais prête à le laisser là, et tant pis si je ne le retrouvais pas le lendemain. Il fallait que je parte, le plus vite possible. J'aurais été incapable d'affronter son regard en cet instant. J'aurais même transplané si cela avait été possible. C'était lâche et pourtant, c'était une réaction de survie compréhensible. Je préférais nier la réalité plutôt que d'accepter ma bêtise. Je partais en direction du château, le cœur au bord des lèvres, lorsqu'il atterrit à quelques pas de moi, me prenant par surprise. Il me coupait la route et je m'arrêtais, figée sur place, passant ma main dans mes cheveux dans un geste qui trahissait mon agitation. Je ne voulais pas de cette conversation, de cette confrontation. Son pas était rapide, assuré, et sa mâchoire tendue alors qu'il me fixait sans ciller. J'aurais voulu disparaître et je fermais les yeux, prête à subir sa colère. Il aurait fallu que je m'excuse, que je m'explique, mais pour lui dire quoi ? Que je le désirais et que parfois, je n'arrivais pas à me contrôler ? Ça me semblait déjà absurde en pensée, ce le serait davantage exprimé à haute voix. La seconde d'après, tout bascula. Je sentis sa main se placer derrière ma tête et me pousser vers lui avec autorité. Ses lèvres attrapèrent les miennes, mélange de férocité et de fougue, et je chavirais toute entière à chaque assaut. Ses doigts parcoururent mon dos, traçant un chemin embrasé jusqu'à ma nuque qu'il attrapa sans ménagement, comme pour éviter que je ne prenne la fuite, encore. Mais comment aurais-je pu. Je me serais certainement écroulé s'il ne me maintenait pas si vigoureusement.

«- Octavus... »

Je prononçais son prénom dans un souffle suppliant, l'espace d'une seconde où ses lèvres ne frappaient pas ma bouche avec cette passion dévorante. J'aurais voulu lui dire qu'il fallait qu'il arrête, tout de suite avant que je ne trouve plus la force d'accepter son départ. Qu'il me tuerait s'il venait à reculer encore après ça. Mais j'en étais incapable puisque déjà, je me laissais entraîner par ce baiser qui ne m'avait jamais paru cesser. J'en venais à rechercher avec avidité ce contact, comme si ma bouche n'avait que pour seul but de retrouver la sienne. Je sentais le sang pulser contre mes lèvres mises à mal, me délectant de cette souffrance passionnée. Sa respiration chaude heurtait mon visage, je gémissais en ressentant cette chaleur. Et puis, il me relâcha, m'arrachant presque à cet échange aussi inattendu qu'inespéré et je rouvrais les yeux. Sa poitrine se soulevait dans un effort saccadé. Ses traits étaient encore tendus, reflet d'une colère que je n'expliquais pas. Mais c'était son regard qui m'interpella le plus, si sombre et en même temps si fiévreux. Je sentais mes sourcils se froncer sans que je ne l'explique. J'étais frustrée, frustrée qu'il ai décidé de mettre fin à ce moment. Il n'y avait plus de retour possible maintenant, je l'avais poussé à commettre l'irréparable. Alors à quoi bon s'imposer des limites maintenant ? Ma main se posa à nouveau sur son torse, cette-fois ci nullement dans le but de le repousser. J'agrippais sa robe de Quidditch, l'obligeant à se pencher vers moi pour l'embrasser à mon tour. J'y mettais toute ma fougue et tout mon désir, explorant sa bouche avec avidité. Je l'embrassais comme si cela était crucial et au fond, ça l'était. Je voulais lui faire comprendre qu'il n'y avait rien de mal, que j'étais la seule à blâmer, qu'il n'était pas responsable. Je l'imaginais déjà en proie au remord et cette pensée était un réel supplice. Je fermais les yeux si fort que mes paupières en tremblaient, je ne voulais pas qu'il voie les larmes affluer. Tout était si confus. Il me faisait ressentir des choses que je n'avais jamais ressenti auparavant, mon corps appelant le sien comme si cela allait apaiser mes souffrances. Et en même temps, j'étais désolée de l'avoir poussé à agir de la sorte. Tout allait changer après cela et il ne le voulait pas. Je voulais croire que je l'embrassais pour le réconforter, lui, alors qu'au final, c'était plus pour moi. Je tentais de me persuader que ce n'était pas un geste de pitié qu'il avait eu, je ne m'en serais jamais relevé le cas échéant. Je cherchais des réponses dans ce baiser, des choses qu'il n'avait jamais voulu, ou pu, me dire. Et quand je comprenais que ce contact, si enivrant et vital, ne faisait que compliquer les choses pour lui, je libérais ses lèvres. Mon front s'appuyait sur son torse pour reprendre mes esprit, loin de son regard si perturbant de paradoxes. Je ne savais plus qui jouait avec l'autre, qui gagnait et qui perdait. J'avais l'impression que nous n'allions pas en ressortir indemne tous les deux. Et ainsi contre lui, je me sentais plus petite et plus faible que jamais alors que la sensation de ses lèvres sur les miennes me faisait me sentir vivante pour la première fois de ma vie.


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MessageSujet: Re: Let's fly away to a land where we'll be free [Octasia]   Mar 11 Mar - 17:21


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu étais en colère ça oui, mais pour une fois au lieu d’utiliser tes poings, tu avais préféré utiliser tes lèvres comme arme ultime. Vous étiez tous les deux à bout, mais pour des raisons différentes. Elle avait choisi la fuite, mais ce n’était plus suffisant pour toi. Pas ce soir. Tu avais tenté d’être correct, et elle avait continué à pousser, pousser jusqu’à ce que tu ne puisses plus garder tes bonnes résolutions. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même si tu avais craqué. Détermination, contrôle et domination, voilà les émotions qui prenaient le dessus. Elles avaient attendues leur heure, tapies dans l’ombre jusqu’au bon moment. Une petite voix ressemblant à s’y méprendre à celle de Desideria te soufflait que vous étiez seuls, aucun témoin. Personne n’en saurait rien. Elle était à toi après tout, non ? Ton visage était dur, déterminé. Tu risquais de le regretter, tu le savais déjà, mais tu n’avais pas la force d’être bienséant. Elle avait prononcé ton prénom. Tu n’étais pas sûr si elle te suppliait d’arrêter ou t’encourageait à continuer. Ton prénom sortant de ses lèvres ne faisait que t’inciter davantage. Tu ne répondis pas. Tu n’arrivais pas à t’arrêter et elle ne bougeait pas. Elle aurait dû se débattre, elle ne le faisait pas. Ça devait être un encouragement. Elle l’avait voulu, tu avais exaucé son vœu. Tu n’étais pas certain que si elle avait tenté de se libérer, tu aurais pu t’arrêter de toute façon. Tu aurais sans doute été encore plus violent. Tu te rendis à peine compte qu’elle commençait de participer, aveuglé par l’envie de la punir. Seuls ses gémissements finirent par briser les sensations qui avaient pris possession de ton cerveau. Ça n’allait pas du tout. Elle n’était pas censée apprécier. Elle devait te supplier d’arrêter cette folie. Tu finis par t’arracher brusquement à elle, la respiration haletante. Le fait qu’Aloisia ne lutte pas était encore plus dangereux. Elle ne te connaissait pas. Elle ne savait pas de quoi tu étais capable quand on te poussait trop. Ça ne devait pas se passer comme ça. Tu allais la détruire, c’était maintenant une certitude. Et elle, pauvre naïve, t’encourageait à la briser. C’était grisant, c’était trop.

Tu avais encore du mal à croire que tu venais de l’embrasser. Tu l’avais relâchée brusquement, mais le mal était déjà fait. Tu avais goûté à ses lèvres. Elle t’avait empoisonné. Tu ne t’attendais pas à ce qu’elle t’attrape passionnément pour te rendre la pareille. Tu aurais sans doute dû, après réflexion. C’était exactement le genre de choses qu’Aloisia ferait. Tu étais censé lui avoir fait peur de ce que tu pourrais lui faire et au lieu de ça, elle se jetait dans tes bras. Elle avait apprécié ce baiser. Ton corps se pencha en avant de lui-même sous son action, tes lèvres répondant voracement aux siennes. La main qui tenait sa nuque glissa jusqu’à ses hanches, la rapprochant brusquement de toi, collant vos deux corps des pieds à la tête. Elle avait sans doute attendu ce moment depuis longtemps, peut-être même des années. Et pourtant, elle n’avait rien tenté quand elle en avait eu l’occasion. Elle avait préféré te laisser porter ce poids, te contraindre à agir. C’était toi l’adulte, vrai, mais plus maintenant. Tu détestais qu’on te force. Tu te détestais d’avoir succombé à cette tentation et tu étais en colère contre elle pour t’y avoir poussé. Tu avais envie de lui hurler ta fureur au visage. Et pourtant, tu lui rendis son baiser, dans l’intention de lui faire faire mal, dans l’intention de lui faire regretter de t’avoir poussé de telles extrémités. Tu la tenais serrée, certain que tes doigts devaient laisser une empreinte dans sa chair. Tu voulais la marquer, qu’elle voit la trace de tes mains sur elle quand elle se regarderait dans un miroir. Tu sentis de l’humidité et ton cerveau finit par comprendre de quoi il s’agissait. Elle pleurait. Elle relâcha tes lèvres et appuyas son front contre toi. Tu ne bougeais pas, procédant dans ta tête ce qui venait de se passer. Tu étais incapable de la réconforter. Vous étiez tous les deux responsables. Tu finis par la repousser, pour l’empêcher de recommencer, t’empêcher de recommencer aussi, parce que tu aurais été incapable de continuer à te contrôler si tu avais continué cette mascarade.

Elle l’aurait mérité. Elle t’avait poussé à perdre le contrôle. Tu avais pensé qu’elle aurait une influence positive sur toi, mais il s’avérait qu’elle était aussi dangereuse que l’autre. Quand tu étais avec elle, tu n’étais plus capable de rester calme, de te contrôler. Tu reculas d’un pas, essoufflé et comme fou. Tu étais incapable de réfléchir, ton esprit était brumeux, partagé entre toutes ces émotions fortes. Tu n’étais plus toi-même. Tu te rappelas de Liberia, Liberia qui t’avait fait ressentir ce même genre de sensation. Tu t’étais trompé sur Aloisia. Elle avait allumé un brasier ardent qui te consumait, et n’aurait de cesse de te tourmenter que quand ta fiancée serait finalement tienne. Et tu avais peur. Tu savais que si tu ne partais pas immédiatement, tu étais capable de la jeter dans l’herbe et de la prendre là. Tu te moquais si elle était consentante ou non. Tu voulais juste la dominer entièrement. Tu avais fait un pas en avant, tu l’avais invitée en Russie. Ses parents avaient accepté. Vous ne pouviez plus revenir en arrière sur ça aussi. Tu devais le prendre en compte dans tes agissements présents. Tu n’osais imaginer ce qui se passerait à St Petersbourg si tu la maltraitais ici. Tu avais déjà été trop loin. Qu’allait-il se passer quand tu devrais l’accueillir chez toi, la croiser dans les couloirs pendant le mois suivant ? Qu’adviendrait-il si quelqu’un vous avait aperçu, si on voyait l’état d’Aloisia ? Tu étais professeur bon sang. Si tu étais incapable de te comporter comme un homme, tu devais au moins respecter tes vœux d’enseignant ! Tu passas une main nerveuse dans tes cheveux, ta langue léchant une goutte de sang, le sien ou le tien, tu n’étais pas sûr. Tu lui jetas un long regard, un regard qui disait beaucoup sur tes tortures actuelles. Tu ne pouvais rien dire. Les mots ne suffisaient plus à réparer cette situation. Elle ne comprendrait sans doute jamais ce qui t’avait retenu, ce qui te freinait autant. Elle ne pouvait pas si tu ne lui disais rien. Tu avais tant de démons à combattre. Tu avais essayé d’être un homme bien pour une fois, un homme bon. Tu voyais où ça avait bien pu te mener. Tu étais bon pour les ténèbres et tu n’aurais pas dû en sortir.

Tu tournas les talons, ta robe claquant derrière toi. Tu ne te retournas pas. Tu en oublias presque ton balai avant de t’en emparer d’une main tremblante, bien décidé à retourner au château. Elle rentrerait par ses propres moyens, tu te moquais totalement si elle se faisait arrêter par un professeur. Tu étais incapable de passer une seconde de plus avec elle à l’heure actuelle. L’envie de quitter ce château pour disparaître te traversa. Tu te moquais que Voldemort veuille ta tête parce que tu n’avais pas obéit. Ce qui t’arrêta, ce fut cette fille rousse à quelques pas qui risquait de faire les frais d’une colère qui était dirigée contre toi. Heureusement pour toi, tu n’avais aucun cours à assurer, tu en aurais bien été incapable dans la situation actuelle. L’air froid ne t’éclaircit pas les idées cette fois-ci et tu fus soulagé de ne croiser personne sur le chemin de tes appartements, un miracle en soit puisque tu n’avais même pas eu la présence d’esprit d’utiliser un sort de désillusion et que ton allure actuelle appelait aux soupçons. Comment la soirée avait-elle pu tourner de cette façon, de jeu d'enfant à violence d'adulte ?

The end





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