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 Running away will never make you free [Octasia]

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Aloisia Bateson
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MessageSujet: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyMar 11 Mar - 22:23

Octavus & Aloisia
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Les jours passaient et se ressemblaient inlassablement. Dénués de sens, sans intérêt. Je continuais de vivre mon quotidien d'étudiante machinalement. Il y avait pourtant un très net changement dans mon comportement. J'étais éteinte. Je me contentais d'être présente, de répondre aux questions que l'on me posait. J'allais en cours et je rentrais dans la Salle Commune, j'évitais les couloirs, l'extérieur du château et plus que tout, j'évitais la Grande Salle. J'avais l'impression de le fuir intentionnellement. C'était plus pour éviter de le blesser davantage. Je ne me rendais même pas compte du mal que je pouvais lui faire sans le vouloir. Je me rappelais de son regard lorsqu'il était parti, de sa colère, de sa haine. J'avais lu dans ses yeux tous les tourments que ce geste avait causé. Je l'avais poussé dans ses retranchements, l'obligeant à perdre le contrôle. Et je n'arrivais pas à me le pardonner. Je fuyais la compagnie de mes camarades, profitant de la solitude pour osciller entre crises de nerfs et crises de larmes. Et puis je réapparaissais, monstre d'impassibilité. Les preuves de mon état n'était que peu visibles. J'avais les traits tirés, le teint plus pâle que jamais, et de larges cernes encadrées mes yeux ternes. J'avais légèrement perdu du poids aussi, je n'avais plus d'appétit et je devais me faire violence pour entrer dans cette salle où il avait de fortes chances d'y être. Et j'étais fatiguée, le sommeil n'ayant plus rien de réparateur. Je revivais inlassablement son départ une fois endormie, toujours incapable de prononcer le moindre mot. J'avais voulu m'excuser, lui dire qu'il ne devait pas s'en vouloir, que j'étais la seule à blâmer. Je voulais qu'il comprenne que je souffrais plus de le voir dans cet état qu'à cause de sa réaction. Il ne m'en laisserait aucune chance. Les rares fois où nous nous étions croisés, il avait joué la carte de l'ignorance à la perfection, ou s'arrangeait pour tourner talons pour que je ne puisse pas le suivre. Tout ce que nous avions difficilement construit s'était envolé, à l'image d'un château de sables dont l'instabilité ne pouvait résister à l'assaut des vagues. Un baiser avait suffit à tout détruire.

Je me levais enfin, le soleil était déjà haut dans le ciel. J'avais raté le déjeuner. J'étais seule. Ce n'était pas un problème, bien au contraire. Je me préparais sans y penser, m'arrêtant un instant devant le miroir pour contempler les dégâts. Et comme à chaque fois, ma main passa sur mes hanches, explorant ma peau nue, dans un geste qui était devenu mécanique. J'avais gardé les traces violacées de l'empreinte de ses doigts pendant des jours, derniers témoins de cette soirée. Il n'y avait plus rien dorénavant. Ça ne m'empêchait pas de revenir à ce souvenir. Je sentais encore ses lèvres prendre durement les miennes alors qu'il me serrait toujours plus fort, dans une attraction douloureuse. Une larme roula sur ma joue, comme cette nuit-là et je l'essuyais rageusement. J'avais fini par pleurer tout contre lui en comprenant que cette violence passionnée n'était pas le signe de l'expression de sa volonté. Bien au contraire. Je savais que ça le pousserait à reculer, qu'il ne voudrait plus me voir après ça. Je n'avais pas eu tort. Et je n'avais pas su le garder auprès de moi. Les heures de bonheur et de légèreté passées à ses côtés me semblaient déjà bien loin. J'avais du rêver nos fous rires, nos jeux de gamins, notre complicité sous les étoiles. Décembre était déjà bien installé et pourtant, nous nous retrouvions dans la même situation qu'au début de cette année. Peut-être pire même, il n'avait pas semblait me haïr à ce point-là en Septembre. Et son absence avait été beaucoup plus gérable à l'époque. Il avait beau m'avoir embrassé, je ne retenais que la fin, lorsqu'il m'avait repoussé pour tourner les talons et disparaître. Ça n'était pas la première fois et pourtant, je n'arrivais pas à me relever, à lui montrer que je n'abandonnais pas. Je n'étais pas sûre d'en avoir la force cette-fois ci.

Je finissais par sortir, perdue dans un flot d'élèves comme dans mes propres pensées. Je marchais jusqu'à l'entrée principale de l'école puis m'arrêtais dans la file. Les vacances approchaient rapidement, c'était la raison de cette sortie à Pré-au-Lard. Autour de moi, tout le monde semblait ravis, heureux, discutant joyeusement des cadeaux qu'ils comptaient acheter ou des activités qu'ils avaient prévus. Je savais que mes propres projets étaient probablement réduits à néant. Mes parents avaient fini par m'envoyer un hibou, souhaitant avoir de plus amples informations sur le déroulement du séjour. J'avais tout bonnement omis volontairement de leur répondre. Il aurait fallu que je demande à Octavus qu'il me confirme ce que je savais déjà, je n'étais cependant pas prête à l'entendre de vive voix. Il était plus qu'évident qu'il ne souhaitait plus partager ce moment-là avec moi. Il avait voulu me laisser entrer dans sa vie, me faire découvrir son univers et j'avais tout gâcher en l'amenant à commettre l'irréparable. Le professeur McGonagall me ramena à la réalité, je ne m'étais même pas aperçue que c'était mon tour. « Vous avez une mine effroyable Bateson, il serait peut-être judicieux de rester vous reposer. » Ce n'était pas la première fois que le professeur de métamorphose faisait une remarque sur mon état, c'était pourtant toujours aussi insupportable. Cette bonne femme avait beau être la directrice de la maison rivale, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir un côté maternel envers ses élèves, ça en était écœurant. Je la rassurais vaguement, peu enclin à discuter de la chose, et lui passais devant pour prendre la route.

Je croisais certains amis en chemin et leur promettait de les rejoindre plus tard aux Trois-Balais. Je devais d'abord passer chez l'apothicaire, pour lui acheter une potion revigorante. Je me refusais à aller à l'infirmerie, cela pourrait remonter jusqu'à ses oreilles. Et l'idée d'aller demander directement à Rogue de me la faire aurait presque réussi à me faire rire. Ça ne me prit pas beaucoup de temps. Je flânais ensuite dans les rues, peu emballée de les rejoindre. Il fallait que je fasse un minimum d'effort cependant si je ne voulais pas les alarmer. Je poussais donc la porte du bar. L'endroit était bondé. Le calme paisible de l'extérieur enneigé laissa place à un brouhaha sans nom. J'hésitais un instant, l'envie de partir ne me quittant pas. Je capitulais néanmoins et m'engageais dans l'endroit, me frayant difficilement un chemin. Il n'y avait littéralement pas de place et j'étais ballottée plus que ce que je ne marchais. Quelqu'un finit de me bousculer et je heurtais le bar lourdement. C'en était trop. Je m'arrêtais, relevant la tête pour chercher un refuge plus calme. Et inévitablement, mes yeux accrochèrent les siens. Il semblait aussi surpris que moi. Le temps sembla se figer, le bruit s'atténuer. Octavus était là. Je retrouvais ses cheveux désordonnés, sa mâchoire forte et ses lèvres closes. L'image était si fidèle à celle que j'avais gardé en tête que c'était comme s'il m'avait quitté à l'instant. Ce n'était pas le cas. Une partie de moi voulait disparaître, jugeant ça trop dur de lui faire face. Je décidais pourtant de ne pas l'écouter. Je faisais un pas dans sa direction, mais déjà, il n'était plus là.

«- Attend ! »

La puissance de ma voix me surpris, je ne savais pas d'où me venait ce regain d'énergie. J'essayais de le suivre à travers les corps présents dans la salle et dès que je m'approchais assez, quelqu'un venait nous séparer. J'avais l'impression de me noyer, de lutter pour sortir de cette tempête. J'entendis le tintement de la porte d'entrée, et je sus qu'il annonçait son départ. Je jouais alors des coudes sans ménagement, mettant encore une bonne minute avant de sortir à mon tour. Mes pieds atterrirent dans la neige et le froid heurta durement mes joues. Je regardais de chaque côté, cherchant sa silhouette. Je remarquais une cape qui virevoltait au coin d'une rue, et je me lançais à sa poursuite, ignorant les regards surpris sur mon passage. Je refusais de le laisser partir, pas encore une fois. Il était cependant plus rapide, et cette pensée me blessa davantage. C'était si important à ses yeux que de m'éviter, il y mettait une telle ardeur. Je peinais à le suivre et lorsque j'arrivais au bout de mes forces, je m'arrêtais au milieu de la rue pour hurler, emprunte à une colère qui n'était que le reflet de ma douleur.

«- Tu vas me fuir encore combien de temps? Arrête ! »

J'en avais le souffle coupé, je n'avais pas été si virulente depuis des semaines. Mes mains cherchèrent un appui et elles se posèrent sur mes genoux tremblotants. Tout était différent, encore une fois. La culpabilité avait laissé place à l'amertume, j'étais animée d'une colère que je pensais la sienne. Je ne le laisserais plus se cacher, je voulais qu'il m'affronte, qu'il assume. Je ne pouvais plus me satisfaire de mes remords pour l'excuser de son attitude. Et finalement, j'explosais.

«- JE TE DÉGOÛTE AU POINT QUE TU NE PEUX MÊME PLUS ME REGARDER OU QUOI?! »



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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyMer 12 Mar - 11:36


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyMer 12 Mar - 15:23

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Je ne savais même pas pourquoi je lui courais après. Je savais qu'il ne voulait plus me voir, que ça ne ferait qu'empirer les choses. Et pourtant, il fallait que je l'affronte. J'en ressortirais plus mal, plus désespérée, mais je n'en pouvais plus de son silence. Je voulais comprendre, c'était même plus un besoin qu'une simple envie. Je me sentais devenir folle, à ressasser constamment cette soirée, à rêver d'une fin alternative qui n'arriverait jamais. Tout avait dérapé sans que je ne m'en aperçoive. Un instant, je riais aux éclats, tentant de me dégager de son étreinte et la minute d'après, j'essuyais une larme alors qu'il me repoussait loin de lui. Je ne savais plus comment réagir pour bien faire, y avait-il seulement une bonne réponse dans ce tourment ? Si je continuais à l'ignorer, j'allais en crever, lentement mais sûrement. Et si je l'affrontais, je risquais de le blesser, encore. Je me sentais si bête d'avoir cru que finalement, il appréciait ma présence. Ma naïveté m'avait perdu. Il se montrait gentil, disponible pour que cette situation indésirable pour lui se passe le mieux possible. Ça ne signifiait pas qu'il l'acceptait et de toute évidence, ce n'était pas le cas. Mon attitude l'avait fait se sentir obligé de m'embrasser et ce simple contact avait réveillé la haine qu'il nourrissait à mon encontre depuis douze années maintenant. J'étais sa fiancée, celle qui allait lui ôter sa liberté, qui l'emprisonnerait pour toujours dans une vie qu'il n'avait pas choisi. Ça n'aurait eu aucune importance qu'il me fuit si j'avais réussi à éprouver les mêmes choses que lui. J'aurais compris, j'aurais accepté et je l'aurais imité. Mais j'étais idiote. J'étais tombée amoureuse de ce prince abîmé, je m'écorchais à chacune de nos rencontres et pourtant, je ne pouvais m'arrêter de rechercher cette douleur puisqu'elle signifiait être avec lui, être à lui. Même s'il ne voulait pas de moi.

L'air froid ne calmait pas ma colère. Je ne comprenais pas d'où elle venait. Je m'en voulais à moi, certainement pas à lui. Durant toutes ces semaines, j'avais été rongé par les remords, torturé par l'envie de m'excuser. Et aujourd'hui, enfin face à lui, tout c'était effacé pour ne laisser que cette rage qui prenait le dessus. Je ne voulais plus disparaître, je me foutais d'être discrète. J'attirais l'intention des autres parce que c'était le seul moyen d'avoir la sienne. Il était responsable de mon attitude. Puisqu'il ne réagissait lui-même pas comme un adulte, comment pouvait-il s'attendre à ce que moi, je le sois ? Il me considérait comme une gamine, alors allons-y, je serais ce qu'il pensait de moi. Je ne voulais plus avoir à lui courir après, je n'en avais plus la force. Je m'arrêtais dans cette rue enneigée, les gens n'existaient plus autour de moi. Qu'ils apprennent tous qu'il était mon fiancé, ça m'était égal, de toute façon j'étais en train de le perdre. J'explosais. Je lui hurlais tout ce que j'avais sur le cœur et qui ne me quittait plus. Ma gorge se resserra lorsque j'eus fini, je ressentais la douleur de cet effort mais surtout de comprendre que je pensais vraiment ce que je lui disais. Je me sentais encore plus minable. Son regard lorsqu'il m'avait repoussé me revint et je fermais les yeux un bref instant pour le chasser. Du dégoût après m'avoir offert mon premier baiser. Voilà tout ce que je lui inspirais. Et ce que je m'inspirais dorénavant. Plus les jours passaient, plus il était difficile de supporter la vision de mon corps dans un miroir. Même Basil Williams ne semblait plus si intéressé, mon attitude et mon apparence l'avaient sûrement rebuté. Je fixais, impuissante, la ruelle dans laquelle il venait de disparaître. Mon coeur me disait de le suivre, mon corps ne le pouvait pas. Il finit par réapparaître, le visage fermé, impassibilité qui cachait bien des démons. Je le connaissais mieux qu'il pensait au fond, je savais qu'il n'accepterait pas cette attitude. Il attrapa mon poignet, j'aurais voulu l'obliger à me lâcher, j'étais bien trop surprise pour cela. Mon nom claqua comme un fouet dans sa bouche. J'avais encore atteint sa limite, le poussant jusqu'au point où fuir n'était plus une possibilité. Il m'entraînait dans une ruelle, je lui intimais l'ordre de me lâcher. Il ne parut même pas m'entendre. Octavus était là, sans vraiment l'être non plus. Lui aussi ne semblait être plus que colère. Ses doigts s'agrippèrent à mon manteau et il me plaqua sans ménagement contre un mur de pierres froides. Je grimaçais sous ce coup puis le fixais à nouveau, mes yeux plus noirs que jamais. Nous étions proches l'un de l'autre, cette proximité n'avait cependant rien de sécurisant, bien au contraire. J'avais l'impression de n'être qu'une poupée inanimée, ses cris et ses secousses m'atteignant sans que je n'y puisse rien. Il me faisait mal, la douleur de ses gestes était pourtant bien plus supportable que celle que j'avais affronté dernièrement. Celle assénée par son absence. J'avais beau savoir que je ne gagnerais jamais contre lui, je me lançais dans ce combat, incapable de me taire davantage :

«- Ça t'arrangerait bien, hein, que je me foute en l'air? Dis le moi Octavus ! Dis moi que tu veux que je disparaisse de ta vie ! »

Je ne voulais plus que la vérité. Il avait joué avec moi, me laissant croire qu'il m'appréciait de plus en plus. Je me rappelais de ses regards, de ses compliments, de la sensation de ses doigts sur ma peau. J'en frissonnais. C'était trop dur de comprendre que tout cela n'était que mensonge. J'étais la plus à blâmer cependant. C'était évident que je n'étais pas à la hauteur, j'avais préféré croire pitoyablement que tout était possible. J'avais cru à sa sincérité alors qu'elle n'avait jamais existé. Je perdais pied. J'abattais mes poings sur sa poitrine, j'y mettais toute ma force, toute ma rage, c'était la seule chose qui me permettait de tenir debout. Ça ne devait pas avoir un très grand impact et je regrettais de ne pas être en meilleure forme. Une partie de moi voulait le blesser, finir par le faire souffrir suffisamment pour qu'il m'achève. Je préférais ça à cette dépression. C'était injuste d'être seule dans cette douleur. Pourtant, plus je le frappais, moins j'avais l'impression de l'atteindre. Ça ne blessait que lorsque ça comptait. Et je ne représentais rien à ses yeux. Je mordais rageusement ma lèvre pour ne pas me remettre à crier. C'était trop me demander.

«- Pourquoi tu ne m'as pas laissé partir ? Pourquoi est-ce que tu m'as embrassé?! POURQUOI TU T'AMUSES A ME FAIRE ESPÉRER SI TU ME HAIS! »

Je ne me pensais pas capable de tant d'honnêteté. J'avais peur des réponses mais je ne pouvais plus vivre dans le conte de fées que je m'étais écrit. Ça n'était définitivement pas ma réalité et ça ne le serait jamais. J'étais piégée, je lui appartenais toute entière et j'étais condamnée à le voir me repousser jusqu'à la fin. Il n'y avait pas d'échappatoire, tout comme dans cette ruelle. Entre ce mur de pierres et son corps virulent. C'était être au bord du précipice, prête à tomber à tout instant et pourtant, avancer quand même. Il n'y avait plus de retour possible. Quitte à ne pas m'en sortir indemne, autant l'être suffisamment pour ne plus rien ressentir du tout.


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyMer 12 Mar - 18:18


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyMer 12 Mar - 20:22

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Il n'y avait plus rien a réparer. En fait, il n'y avait jamais rien eu. Cette pensée ne me quittait pas et me poussait à tout relâcher. Tous mes doutes, toutes mes craintes, mes peurs, mes questions. Je ne retenais plus rien puisque bientôt, j'allais tout perdre. Je le perdais. Un peu plus à chaque fois qu'il me laissait m'approcher. J'avais pensé que c'était un pas en avant, ça n'était qu'une étape de plus dans le chemin déjà tout tracé, soigneusement choisis par nos parents. Je n'avais pas d'alliés. Octavus n'était plus à mes côtés. Il était devant moi, trop loin, je ne l'atteindrais jamais. Et pourtant je recherchais toujours à le faire. Je voulais le toucher, me montrer que j'avais tort, que je pouvais encore l'atteindre. Ça ne pouvait pas être que ça. Toutes ces heures en sa présence, spécialement ces derniers temps, tout ça ne pouvait pas être qu'illusion. Ou alors il était trop bon acteur et moi trop stupide. Il fallait qu'il souffre, qu'il me montre que tout ça avait un tant soit peu d'importance pour lui aussi. J'étais perdue et je ne comprenais plus. Je n'avais jamais voulu le blesser, maintenant je cherchais à le faire pour me prouver quelque chose que j'acceptais comme n'étant pas réel. Ça n'avait aucun sens. J'étais en colère, je lui hurlais dessus, je m'en voulais pourtant davantage à moi-même. Et plus la fureur se lisait sur ses traits, plus la rage bouillonnait en moi. Sa main effleura mon cou avant de s'y attarder plus que de raison. Mes poings s'abattaient sur lui, pauvres coups sans importances qui se voulaient puissants. Je n'avais pas de force. J'étais dans un état lamentable. Et pourtant, je me dressais devant lui. J'étais debout, malgré la douleur, la peine, la fatigue, la lassitude. Je lui faisais face et je ne cillerais pas. Il pouvait gagner, ça ne me dérangeait pas. Mais il était hors de question d'abandonner. Je supporterais sa colère, sa violence. Ses doigts qui serraient toujours plus fort mon cou.

Il hurlait autant que moi, ses yeux sombres me renvoyant une image de ma personne qui me faisait frissonner. J'étais touchée. Je revoyais ce dégoût qui m'avait hanté toutes ces semaines. Il semblait avoir une touche de différence, je ne la percevais pas totalement pourtant. Je continuais de le frapper inconsciemment, obsédée par l'idée d'avoir été trahi, dupé. Je sentais sa peau contre la mienne, dans une étreinte brutale, suffocante. J'arrivais pourtant à en être transporté. Je voyais les images défiler, ses sourires, ses regards pleins de bonté, ses baisers sur ma joue, ses mains dans mes cheveux, ses lèvres sur les miennes. Autant de souvenirs que de poignards. J'avais beau détester ce qu'il avait fait de moi, je n'arrivais pas à le haïr, lui. Du moins pas totalement. Ma voix se brisait sous mes cris d'interrogations. Et même s'il me hurlait de me taire, je ne l'écoutais pas, continuant à lui cracher ma peine au visage. Quitte à avoir atteint le fond, autant en obtenir les réponses tant désirées. Il était aussi responsable que moi dans cette histoire, alors pourquoi j'étais la seule à en porter les stigmates. Il me punissait d'un acte que j'avais cherché à éviter. J'étais peut-être celle qui avait craqué la première, mais fasse à ma fuite, il avait décidé de me rattraper. Il m'avait embrassé. Il m'avait embrassé avec passion et rage. Et il me détestait de la même façon. Je lui hurlais une dernières fois un pourquoi au visage, et il explosa encore un peu plus, me révélant la vérité. Sa réponse me fit l'effet d'une gifle. Mes mains retombèrent le long de mon corps, je ne le frappais plus, alors que mes yeux se noyaient dans le noir des siens. Parce qu'il en avait envie. Même ces mots étaient des tortures. J'avais peur de le croire et pourtant, c'était impossible. Il avait eu envie de m'embrasser. Ça n'avait aucun sens. Je ne bougeais plus, incapable de répondre quoi que ce soit à ça. J'arrêtais de respirer. Et puis l'air me manqua. Littéralement.

Mes mains se portèrent sur la sienne, il serrait toujours mon cou. De plus en plus fort, toujours plus loin. Il n'était plus là. Il ne criait plus et c'était à peine s'il me voyait. J'avais déjà pu entrevoir ce côté-là d'Octavus. Je me projetais quelques mois en arrières, lorsque son poing s'était écrasé à quelques centimètres de mon visage, se blessant au passage. Et puis j'étais plus jeune et je saignais. Je ne me rappelais plus comment ça c'était vraiment passé, il m'avait blessé parce que là encore, je l'avais poussé à bout. Plus rien ne semblait pouvoir l'arrêter aujourd'hui. Je tentais de desserrer ses doigts en vain. Mes mots paraissaient se perdre dans ma gorge, comme si la pression exercée les empêchait de sortir. Ma vision se brouillait, je n'étais plus sûre de sentir toujours ses mains autour de moi mais je ne pouvais toujours pas respirer. Mon cœur s'affolait, cognant dans ma poitrine, plus douloureux encore que le reste. Il avait tout pouvoir sur moi. J'avais beau me débattre, il ne s'arrêterait pas. Il me contrôlait. J'étais bel et bien à sa merci. J'étais enfin à lui. Cette pensée me frappa. J'avais toujours cherché ça, au fond. Mes mains retombèrent de nouveau contre mes hanches, mes yeux cherchant son regard. Je ne le trouvais pas. Le manque d'air m'empêchait de voir clairement. Sûrement de réfléchir clairement également. Lui appartenir, c'était accepter de souffrir. Ça n'était qu'à ce prix là qu'on me laisserait l'approcher. Je l'avais compris depuis bien longtemps. Je n'avais pourtant jamais soupçonné que ça nous mènerait là. Nos colères explosant l'un contre l'autre, la sienne m'avalant toute entière. Je ne protestais plus. Je sombrais. J'acceptais.

Mon corps réagit violemment, une toux incontrôlable causant des soubresauts impressionnants alors que l'air retrouvait le chemin jusqu'à mes poumons. Ses doigts avaient lâché au tout dernier moment, lorsque je m'étais fait une raison. Je mis un temps à comprendre qu'il s'était arrêté. Je restais droite, m'appuyant sur le mur pour ne pas tomber, laissant à mon corps le temps de se remettre un tant soit peu. Je ne le quittais pas du regard. La surprise n'avait plus sa place, ce n'était plus que compréhension. Et résignation. Voilà le prix de mon amour pour lui. Il pensait que je fuirais. J'aurais du, j'aurais voulu. Mais je ne le pouvais pas. Nous étions fiancés, c'était un fait. Avouer la vérité aurait vite fait de rompre ce fardeau qu'il avait sur les épaules. Ça n'entacherait en rien mes sentiments malheureusement. J'étais épuisée. J'étais vide. Je ne ressentais plus rien. Il ne m'aimerait jamais et je souffrirais éternellement. Mais je l'aimerais.

«- Tu n'aurais pas du lâcher... à deux doigts de la liberté. »

Ma voix était cassée, faible. Comme si je n'étais déjà plus là. Un sourire amer déforma mes lèvres, voilant à peine l'amertume de la vérité. Je l'avais tant voulu, je la regrettais maintenant. J'avais pensé qu'elle pourrait tout améliorer mais j'avais tort. J'étais vouée à le blesser par mon amour et lui à me détruire par sa haine. Il n'y avait qu'une seule fin possible. Octavus avait choisi pourtant de ne pas nous l'offrir. Nous n'étions que des monstres, à torturer l'autre jusqu'au point de rupture. Mes jambes flanchaient. Je ne me sentais pas bien. Je ne voulais pourtant pas lui montrer. Lui montrer ma faiblesse, c'était comme me tirer une balle dans le pied. Il réagirait de manière incontrôlée, contre lui, contre moi. J'aimais le fait qu'il soit imprévisible. Ça le rendait spécial. J'étais encore plus atteinte que je ne le pensais. Même après ça, je parvenais à souligner ces qualités. C'était forcément un sorcier incroyable puisque j'étais totalement et irrésistiblement sous son charme. Je tournais la tête sur le côté, incapable de soutenir plus longtemps son regard. Il lisait trop facilement en moi. Si j'avais eu cette faculté, tout aurait pu être différent.

«- Va-t'en Octavus... »

Triste écho à mon oreille. Mais les rôles étaient inversés. J'allais tomber, dans un sens, c'était déjà arrivé. J'avais besoin de m'écrouler et une partie de moi ne voulait pas qu'il assiste à ma chute.


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyMer 12 Mar - 21:33


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyMer 12 Mar - 23:03

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Je regrettais d'avoir assombri son existence. Lui qui me prenait pour un soleil, il avait bien tort. Je ne le rendais que plus sombre. Je n'avais brillé que par son regard, j'aurais aimé pouvoir lui faire comprendre ça au moins. Cet éclat, il me l'avait donné, je lui avais arraché à un prix bien trop grand à payer. Je ne le réalisais que maintenant. Il était peut-être ma fin, mais c'était bien moi qui nous avait mené à notre perte. En fin de compte, je n'étais pas si loin de la réalité. Il avait été mon prince charmant, je n'étais juste pas la princesse qu'il lui fallait. Ma vue se brouilla, je confondais la réalité et le rêve. Depuis toujours en fait. Il me souriait en me tendant une brioche. Ou en pointant du doigt une étoile. Je ne savais plus trop. Tout était confus. Je pensais trop, ou trop vite. Le temps n'avait plus de prise sur moi. Seule sa main comptait. Cette main si puissante, capable de tout arrêter. Mais l'air revint. La vie revint. Et c'était plus douloureux qu'autre chose. Il m'avait lâché. Je n'arrivais pas à comprendre ce fait. Il avait ma vie, au creux de ses mains, elle lui avait toujours appartenu. Il aurait pu me la prendre, reconquérir sa liberté. Il aurait été simple de cacher la vérité. Mais il ne l'avait pas fait. Et je ne comprenais tout simplement pas pourquoi. Tout aurait été bien plus simple après cela. Il n'aurait plus souffert à cause de moi. Moi non plus je n'aurais plus eu à endurer cette douleur. Je me serais contentée des brèves lueurs qu'il m'avait offert, les chérissant jusqu'au bout. Lui souhaitant une belle vie, une meilleure que celle que j'avais à lui offrir. Si c'était tout ce qu'il avait à me donner, je prenais.  

Je ne quittais pas ses yeux alors que mon corps se remettait difficilement en marche. Tout n'était plus que compréhension. Sauf la fin. L'air froid me brûlait. Je me sentais incroyablement vide. Après avoir subit les assauts de mes sentiments, je n'étais plus rien que cette coquille vide qui avait vu la mort de trop près. La peine, la colère avaient disparu. Je disparaissais alors qu'il revenait à lui. Il ne me regardait pas, semblait aussi mal en point que moi. Sa respiration sourde se mêlait à la mienne. Je tournais le visage, incapable d'en subir davantage alors qu'il tombait à mes pieds. J'en fermais les yeux. Il aurait du terminer tout ça. Je ne supportais pas sa souffrance. Et je m'en voulais presque d'être toujours plus préoccupée par lui que par moi. Il fallait que je sois forte. Pourtant tout mon être réagit en entendant sa plainte d'homme blessé. C'était trop. Il aurait du me sacrifier, je l'acceptais bien volontiers si ça pouvait lui donner l'absolution. A deux doigts de sa liberté... Cette phrase écorcha ma bouche, reflet d'une vérité bien triste que j'avais fini par accepter. Ça n'avait pas l'effet escompté sur lui. Il frappa le sol comme pour essayer de couvrir le bruit de mes mots. J'en sursautais. J'avais peur. Peur que cette violence qui sommeillait en lui ne finisse par l'engloutir complètement. J'avais réveillé ses démons, il fallait que je le sorte de cet enfer dans lequel il se laissait couler. Mais comment ? J'en étais la raison, je ne pouvais pas être la solution. Je toussais plus fort, et portais ma main sur ma gorge. C'était comme si ses doigts étaient toujours présents tellement ça faisait mal. L'air avait beau circuler de nouveau, tout était instable autour de moi. J'allais chuter, moi aussi. Il ne devait pas le voir. Il fallait le préserver. Parce que même s'il m'avait mis dans cet état, je restais la seule à blâmer. Je ne brillais pas d'intelligence. Je n'avais compris que trop tard. Il n'avait repoussé mon amour que parce qu'il finirait par réveiller le pire en lui. Il ne m'aimait pas mais il avait voulu me préserver. Et moi j'avais continuais, repoussant ses limites toujours plus loin. Je lui demandais de partir. Ma voix n'était qu'un murmure écorché. Il ne bougeait pas. Et je n'arrivais pas à lui redemander de me fuir, c'était au-delà de mes forces. Mon poids me semblait insupportable. Je finis par me laisser glisser contre le mur, atterrissant à mon tour dans la neige. Nous n'étions plus que des poupées brisées.

Les secondes s'écoulèrent. J'avais froid. C'était tout ce que je savais. La vision de mon fiancé, blême dans la neige, était une torture. J'étais proche de lui, il ne semblait même pas s'en être aperçu. Comment pouvait-il souffrir autant... souffrait-il autant que moi ? Je n'osais l'imaginer. Il passait d'un extrême à l'autre, encore et je peinais à le suivre. Il m'avait fuit, m'avait détruit et maintenant, il ne parvenait pas à me quitter. Octavus ou l'éternel énigme, insolvable. Il sombrait. Je devais le ramener à la vie. Il m'avait bien épargné, c'était pour une bonne raison. Mes mains attrapèrent les siennes, tremblantes mais certaines de leur geste. Sa peau était écorchée. Je me penchais pour embrasser ses blessures, comme une mère l'aurait fait pour un enfant après une chute. Je tremblais encore, toute entière cette fois-ci. Avait-il déjà fait aussi froid ? Mes doigts cherchèrent son visage et je l'obligeais à relever la tête en appuyant sur son menton. Quelque part derrière toute cette haine et cette brutalité se cachait mon fiancé. Je souriais en apercevant ses traits. Il n'était jamais loin.

«- Je suis fatiguée, les cours et tout ça... Pardonne moi d'être une imbécile... »

Je souriais davantage. Je prononçais à peu de chose près ses mots, prononcés des mois auparavant. La boucle était bouclée. C'était un moyen de lui signifier que c'était terminé. Qu'il fallait avancer, qu'il avance lui, du moins. Rien ne me semblait plus important que de le faire sortir de sa torpeur. J'avais réussi à le faire sourire par le passé, je pouvais le faire encore, même dans cet état. J'étais gelée, je n'étais même plus sûre de tenir encore ses mains. Je me contentais de le regarder d'un air apaisé. Tout cela pour un baiser... Un baiser qui cachait bien plus. Il ne pouvait pas me fuir. J'étais la seule à pouvoir prendre la décision de le quitter. J'étais seulement trop lâche, trop égoïste, pour m'exécuter.


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyJeu 13 Mar - 11:53


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyJeu 13 Mar - 15:00

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Son silence était assourdissant. Il semblait absent, comme perdu. Seules nos respirations saccadées venaient briser cette tranquillité pesante. Nos souffles, et ses poings qui s'abattaient encore et encore sur le goudron gelé. De temps à autre, il ne pouvait contenir une plainte irrépressible, l'expression d'une douleur innommable. Je n'étais pas certaine qu'il avait conscience de tout ce qui l'entourait. De mon corps affaibli près du sien, du sang qui perlait sur sa peau. C'était comme s'il cherchait un remède dans chaque coup qu'il s'infligeait. Une autre souffrance pour atténuer le mal qui le rongeait intérieurement. Le choc de ses phalanges sur le sol retentissait à chaque fois au plus profond de mon être, comme un cri qu'il ne pouvait pousser. Une part de moi aurait voulu le laisser s'infliger tout ça, qu'il extériorise cette violence une bonne fois pour toute. J'en étais incapable. Il allait finir par se blesser de manière irréversible. Mes mains attrapèrent les siennes avant qu'il ne recommence. Je ne me souciais pas du sang qui les recouvrait. Ni même du fait qu'elles aient été l'instrument de ma torture passée. Peut-être qu'il me repousserait, encore. Si ça l'empêchait de se détruire davantage, je l'acceptais. Mais il ne me repoussa pas. Il ne réagit pas vraiment non plus. Mes lèvres effleuraient sa peau abîmée et je fermais les yeux. Chaque contact me faisait réagir irrésistiblement. J'avais envie de m'effondrer à ces côtés, de laisser la peine me rongeait toute entière. Mais alors il ne se serait jamais plus relevé. Il allait falloir tenir le coup, être forte, et si ce n'était pour moi, ce serait pour lui. Je scrutais son visage, et redécouvrais ses traits, comme si c'était la première fois que je le voyais. Je prenais conscience d'une nouvelle facette d'Octavus. Et sa désolation m'atteint en plein cœur. Ses yeux étaient vides, plus de colère, ni de haine, aucune trace de sentiment. C'était comme si je fixais un cadavre. Cette pensée me fit froid dans le dos. Je me forçais à sourire, à lui insuffler le peu de vie que je pouvais. Il ne bougeait pas. Je n'abandonnais pas. Je ne le lâchais pas du regard même si cette vision m'était insupportable. Mes mots n'eurent pas l'impact espéré. Ce n'était que de piètres excuses, pourtant elles étaient sincères. Je n'aurais pas du le suivre jusqu'à cette ruelle. J'aurais du comprendre qu'il me fuyait pour une bonne raison. Je recherchais constamment sa présence alors que la mienne l'éloignait toujours un peu plus de la lumière. Il avait passé douze années à essayer d'être celui qu'on attendait qu'il soit. Un bon fils, un homme respectable, un fiancé à la hauteur. Je n'avais été qu'un fardeau supplémentaire à la pression déjà si forte sur ses épaules. Il avait raison, je n'étais qu'une enfant. Je réagissais de manière irréfléchie, l'obligeant à supporter ma compagnie sans me soucier de ses propres envies. Je me réfugiais derrière nos fiançailles, me permettant de le pousser à bout puisqu'à la fin, il serait tout de même présent à l'autel. J'avais déjà accepté que mon existence se ferait à ses côtés et je m'étais reposée sur cette vérité. Il ne m'aimait pas, mais il serait à moi. Je ne pouvais plus réagir comme ça. Je ne pouvais plus penser à mon bonheur personnel seulement. Ce n'était pas le chemin qu'il devait prendre, il finirait par y laisser sa peau. Pourtant, m'y résoudre était un réel calvaire. Ça ne me quittait pas, mais je n'étais pas encore prête à l'accepter. Je voulais encore y croire. Ma stupidité n'avait aucune limite. Même après ça, je croyais être capable de lui suffire, de l'apaiser.

Des larmes coulèrent sur ses joues blêmes, silencieuses traces de ses remords. J'aurais voulu les chasser et j'hésitais à porter mes doigts gelés sur sa peau. Je m'abstenais. C'était nécessaire, il en avait besoin. J'avais envie de l'accompagner, de laisser mes larmes se mêler aux siennes, je ne le pouvais pas. Je déglutis, consciente que j'aurais besoin d'un moment pour laisser exploser toutes ces émotions qui fourmillaient en moi. Mais pas maintenant. Il revenait à lui, il reprenait pas dans cette réalité si difficile à accepter. Sa voix se brisa, il mit un moment à trouver ces mots. Je ne bougeais pas, j'étais là. J'étais là pour lui, malgré tout. Et il s'animait enfin. Ses excuses retentissaient en écho inlassablement alors que ses bras vinrent m'envelopper toute entière, dans une étreinte nécessaire, comme un besoin de sentir enfin quelque chose. Mon souffle se coupa. J'avais peur de tout briser, encore une fois. Il répétait inlassablement ces trois mots à la manière d'une prière, et j'y croyais. Rien n'avait semblait plus vrai. Après un moment, mes mains trouvèrent leur place et je serrais aussi fort que je le pouvais. J'avais l'impression que ça nous empêcherait de nous disloquer tous les deux. Je caressais ses cheveux rebelles, mon visage se perdant dans sa nuque. Tout semblait se remettre à sa place une fois dans ses bras. Il ne fallait pas que je m'y habitue pourtant. Un soupir s'échappa de mes lèvres tremblantes sans que je ne puisse le réprimer, se perdant contre sa peau. Mon corps entier me faisait mal et pourtant je me sentais apaisée.

Ses mots mirent quelques secondes à faire leur chemin jusqu'à mon esprit. Je n'avais plus pensé à la Russie. J'avais attendu ce moment avec une impatience dévorante, comblée à l'idée de pouvoir passer des jours entiers avec Octavus sans avoir à nous cacher. Je voulais découvrir son monde, rencontrer ses amis. Avoir enfin l'impression de faire partie de son existence. D'apparaître aux yeux de tous comme sa fiancée, de marcher en ayant l'impression de lui appartenir. Cette proposition avait eu un goût de liberté. Il me donnait l'occasion de m'évader, de ne plus subir le poids du sang et du nom. Je ne serais plus qu'Aloisia. Mais même n'être qu'Aloisia était peut-être trop à supporter pour lui. Je m'éloignais, quittant le refuge de ses bras, pour pouvoir le regarder, mes mains se plaçant naturellement sur son visage. Mes pouces essuyèrent les larmes qu'il avait versé mécaniquement. J'avais peur qu'il n'ai plus envie de me voir après ça. Mais une partie de moi considérait qu'annuler ce voyage était comme lui porter un coup supplémentaire. Je finissais par lui souffler d'une voix moins assurée que je l'aurais voulu :

«- И пропустить встречи с вами в меховой шапке? »

Sa langue d'adoption lui arracherait peut-être un sourire. Ou une esquisse de joie. Je n'avais pas besoin de plus. C'était une phrase toute faite et sûrement que je ne l'avais pas prononcé correctement. Ça m'était égal. Je voulais l'amener loin de cette ruelle, de ce souvenir si présent encore. Mes lèvres s'étirèrent de nouveau, je portais un masque de légèreté pour cacher la douleur physique. Octavus émergeait des ténèbres, c'était l'important. Mes mains le quittèrent pour revenir sur mes genoux, blanches comme neige et à la fois rouges de son sang. J'avais beau ne pas vouloir le quitter, j'accepterais de rester en retrait s'il le désirait. Je baissais légèrement la tête et mon visage fut encadrer par ma chevelure flamboyante. Il n'était plus celui qui avait cherché à me faire disparaître quelques instants auparavant, ça ne signifiait pas pour autant que ce besoin l'avait quitté. Mon absence pouvait lui être bénéfique, salvatrice, alors que la sienne était synonyme de ma fin.

«- Je ne veux plus t'obliger à rien, ni te faire souffrir. Si tu as besoin de partir seul, je comprendrais. Par contre tu devras me ramener un souvenir. »

Je finissais sur une note d'humour, essayant de retourner à nos anciennes habitudes. Elles m'apparaissaient comme hors de portée, sans conviction. Comment pourrais-je jamais rire encore si je venais à le perdre. J'avais confiance en Octavus. Il était fort, il se remettrait. Je n'étais pas certaine de le pouvoir personnellement.


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyJeu 13 Mar - 19:01


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Son étreinte te réchauffait, te soulageait. Elle se raccrochait à toi et tu savais que son impassibilité n’avait été qu’une façade. Elle restait forte pour toi. Tu avais l’impression de retourner à la maison entre ses bras. Une bulle de sérénité dans cette violence qui t’entourait. Tout semblait possible. Elle restait à tes côtés, malgré tout. Pour le meilleur et pour le pire. Tu savais que si elle ne reculait pas maintenant, elle te suivrait jusqu’au bout pour tout le reste. Tu t’étais comporté de façon si terrible que beaucoup auraient abandonné depuis longtemps. Tu ne savais pas ce que tu avais fait pour mériter une personne comme elle pour future épouse. Tu ne le saurais sans doute jamais. Peut-être que ton père avait vu ce potentiel chez Aloisia dès le départ, cette capacité à rester à tes côtés malgré tous tes défauts. Tu ne savais pas de quoi demain serait fait, mais ce serait en sa compagnie.

Elle quitta ton étreinte et tu ne la retins pas. C’était déjà plus que tu n’avais mérité après ton comportement. Tes paupières papillonnèrent quand elle essuya tes larmes. Sois fort Octavus. Aloisia tentait de te remonter le moral, et tu ne voulais pas réduire ses efforts à néant. Tu ne voulais pas qu’elle se sente mal alors que ça aurait dû être toi qui devrais la consoler. Tu t’étais effondré alors que c’était elle qui avait frôlé la mort. Ses mots finirent par t’arracher un léger frémissement des lèvres. Tu ne t’étais pas attendu à l’entendre parler russe. Elle avait continué d’étudier visiblement. Elle était capable de faire des phrases bien plus longues qu’avant. Le temps où tu la testais semblait bien loin. Elle semblait vraiment très intéressée par les chapkas. Tu lui répondis de la même façon. « Я собираюсь купить вам один. Вы, кажется, зацикливаться на. »

Tes yeux se fixèrent finalement sur cette partie que tu avais tenté d’éviter. Des traces noires de tes doigts souillaient sa peau pâle. Elle devait souffrir. Tu ne savais pas comment agir, la soigner et faire disparaitre cette marque, mais pas son souvenir, ou qu’elle conserve ce rappel jusqu’à ce qu’il s’efface de lui-même. Un soupir s’échappa de tes lèvres alors que tu relevais les yeux vers les siens. Elle baissa la tête. Ta voix s’empreint d’émotion alors que tu t’exclamais : « Qu’ai-je pu faire de bien pour te mériter ? » Tu devais lui dire à quel point elle était merveilleuse. Elle n’avait pas compris la situation, pas totalement. Tu avais si bien joué ton jeu par le passé qu’elle pensait que tu la haïssais. Les choses étaient beaucoup plus compliquées. Le jour où tu l’avais rencontrée, tu l’avais détestée, c’était vrai. Tu la tenais pour coupable de ces fiançailles. Tu avais vite réalisé qu’elle n’y était pour rien, que si ça n’avait pas été elle, une autre aurait pris sa place. Tu avais eu envie de la protéger, de la préserver en voyant le comportement de ses parents. Tu l’avais considérée comme une petite sœur, pas comme une partenaire. Tu avais fait comme si elle n’était qu’une connaissance, elle était si jeune. Ton regard avait eu du mal à changer. Avec le recul, tu finissais même par douter de tes intentions à cette époque. Tu te demandais si tu n’avais pas été effrayé de la voir comme une adulte parce que tu savais que tu ne serais pas capable de te contrôler. C’était ridicule et pourtant, tout le temps que tu avais passé à l’éviter, avait disparu dès que tu t’étais retrouvé à Poudlard. Votre relation avait progressé à toute vitesse, trop rapidement après douze ans de stagnation.

Tes yeux glissèrent sur le sol, sur la neige tâchée de ton sang. Le froid ne te faisait pas d’effet, il t’anesthésiait. Ton esprit pratique t’ordonna de tout nettoyer, d’effacer toute trace de ta présence ici. Tu n’aurais su dire combien de temps s’était passé depuis que tu l’avais attrapée pour l’entraîner dans cette ruelle. Il aurait pu s’agir d’une heure ou d’une minute. Elle te répondit, te laissant le choix, supportant la faute. Tu n’avais pas fait cette proposition sur un coup de tête, mais tant avait changé depuis. Tu ne pensas pas à ce qu’on attendait de toi, aux convenances. Tu ne pensas pas au fait qu’annuler si proche de la date serait très mal vu auprès des Bateson. Tu cessas de calculer et réfléchis à ce que tu souhaitais vraiment à la place. Nier tes envies n’avait jamais été très bon. C’était à cause de ça que vous en étiez là aujourd’hui. Tu te demandas si tout ceci aurait eu lieu si jamais elle n’avait pas tourné la tête la première fois où tu avais voulu l’embrasser. Certainement pas maintenant, mais à la fin oui. Tu étais infecté par le mal. Ça n’aurait été qu’une question de temps. Qui sait si ça n’aurait pas été pire ? Ce n’était pas juste d’espérer changer le passé. Le temps ne pouvait pas être réécrit.

Quand tu avais invité Aloisia, tu avais vraiment voulu partager avec elle cette partie de toi que les autres ne connaissaient pas. Tu avais eu envie de lui offrir le monde. Tu n’avais pas menti. Aleksei était réellement impatient de la rencontrer et tu avais annoncé que tu serais accompagné sitôt la réponse favorable des Bateson. Serais-tu capable de te conduire correctement seul avec elle ? Qu’est ce qui pourrait t’arrêter s’il se passait quelque chose de mal ? Tu ne pouvais pas continuer de vivre comme ça, à craindre que le moindre évènement fasse de toi une bombe à retardement. Tu repensas aux moments agréables que tu avais passé avec elle, les boutades échangées, la course en balai, le repas à la lumière de la lune… C’était ce que tu voulais avec elle, pas des larmes et du sang.

Tu ne voulais pas partir seul. Rester seul, même en retrouvant quelques temps tes amis ne ferait que te permettre de ressasser encore et encore cette journée. Tu savais que ce serait la pire chose que tu pourrais faire. Quand tu étais seul, tu ne faisais que te monter la tête et cela donnait des situations ou tu finissais par exploser à la moindre contrariété. Une part de toi avait aussi envie de savoir si tu étais capable de vivre à deux avec Aloisia, ne serait-ce que pour une semaine. Ce serait une grande première pour tous les deux. Tu avais toujours eu ton espace personnel et aucune de tes conquêtes n’avait jamais eu le droit d’y entrer, c’était toujours l’hôtel ou son appartement à elle. Tu n’allais cependant pas lui avouer cela puisque cela aurait nécessité que tu avoues ton infidélité.

Ce n’était pas sa présence en tant que tel qui te faisait souffrir, c’était les choses que tu avais envie de lui faire alors que ce n’était pas le moment. Tu avais toujours eu des difficultés à te contrôler avec Aloisia. Elle ne devait pas savoir ce que tu commençais de ressentir pour elle. Tu avais peur des fluctuations de ton cœur quand elle était près de toi. Comment pouvais-tu l’aimer quand tu avais peur de quoi tu étais capable ? Tes sentiments ne devaient pas entrer en compte dans sa décision de rester avec toi, malgré tous tes défauts, ou de s’échapper tant qu’elle le pouvait encore pour trouver un garçon qui serait parfait pour elle. Plaisanter en de pareilles circonstances semblait presque être un sacrilège, mais tu reconnaissais son intention et lui en était reconnaissante. Un léger sourire apparut sur tes lèvres alors que tu lui répondais. Ce cadeau, qui n’en était pas vraiment un, il t’était venu il y a un certain temps. Tu espérais qu’elle serait contente. Cela scellerait votre destin. « Pour le cadeau, je sais déjà quoi te rapporter. Tu l’auras que tu viennes ou non… » Tu gardas pour toi de quoi il s’agissait. Si elle décidait de partir, tu ne la retiendrais pas.

Le temps semblait s’être figé. Tu regardais ses traits parfaits, les traces sur son cou, peinture grotesque sur un chef d’œuvre. Tu allais être brave et te battre pour elle. Elle avait foi en toi. « J’aimerai que tu m’accompagnes en Russie, si tu le souhaites toujours. Je ne veux te forcer à rien. Je ne veux pas que tu aies peur de moi. Je sais que j’ai tout gâché et rien de ce que je ferais ne changera ça. Si tu le souhaites, je suis même prêt à m’effacer, tu resterais dans un hôtel à St Petersburg et nous ne nous verrions que pour la soirée du Ministère. » Ton cœur s’était apaisé. Le monde retrouvait ses couleurs et ses promesses. Elle ne t’avait pas quitté. Elle risquait de le regretter, mais tu n’avais pas la force d’être brave et juste une seconde fois. Tu ne pouvais pas tourner les talons cette fois-ci. La laisser seule ici dans ce lieu de désolation effaçait tous les doutes que tu pouvais encore avoir. Vous n’aviez pas le choix, vous alliez surmonter cette épreuve, ensemble.  Et bien loin de vous diviser, elle vous rapprocherait.





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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyJeu 13 Mar - 21:22

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Une partie de moi, une bien trop grande partie de moi, me soufflait de ne pas quitter ses bras, de laisser la fatigue et la douleur m'envahir, de sombrer dans l'inconscience contre lui et le laisser me ramener en sécurité. L'idée était bien plus que tentante. Je regrettais mon manque de force de ces dernières semaines, cet incident me portait le coup de grâce. Pourtant, il ne fallait pas flanché, pour lui. Je quittais mon refuge et me perdis un moment dans la contemplation de son visage. Même dans la peine, il était d'une beauté consternante. Il avait beau être plus pâle qu'à l'accoutumé, ses traits ravagés par le chagrin, ses yeux embués par les pleurs, il gardait son charme si attractif qui m'avait fait chavirer depuis bien longtemps. C'était d'une injustice incroyable. Il gardait toute sa splendeur alors que je n'étais qu'une vision d'horreur. Je pouvais être jolie mais j'avais perdu tout attrait petit à petit depuis notre dernier rendez-vous, ça devait être bien pire encore maintenant. J'essuyais ses larmes tout en me disant que ça ne serait pas un geste que je répéterais souvent dans ma vie, il ne me le permettrait certainement pas. Jamais il ne s'était livré de cette manière, je savais que ce n'était du qu'à sa perte de contrôle. Il cherchait toujours à se contenir, à se montrer fort et assuré. Enfant, il me paraissait indestructible, inatteignable. Je n'imaginais pas à quel point un jour, je pourrais le toucher. Cela avait un côté aussi grisant qu'effrayant. J'aimais sentir que je pouvais avoir un certain pouvoir, mais ce n'était pas ça que je recherchais. Je voulais compter pour lui, avoir une quelconque importance à ses yeux. Il avait été celui qui m'avait blessé tout au long de ces années, avec plus ou moins d'impact. Je découvrais aujourd'hui que je le pouvais, moi aussi. Et j'aurais préféré qu'il garde le monopole. Je n'aimais pas être en position de faiblesse, surtout face à Octavus. Mais c'était inévitable. J'étais forcément plus faible puisqu'il était si important à mes yeux. Ses lèvres eurent un mouvement imperceptible quand je lui répondis en russe et mon cœur manqua un raté. J'étais tellement heureuse de le voir revenir vers la lumière que je mis un temps considérable à comprendre qu'il me répondait dans cette même langue. Je lâchais un sourire plus franc en comprenant ses mots. Je n'étais pas beaucoup sortie de mon dortoir ces derniers temps, et entre les crises de nerfs et les crises de larmes, je m'étais plongée toute entière dans cet apprentissage pour oublier le reste, une petite voix venant constamment me souffler que c'était sûrement vain. J'aimais l'idée qu'il m'achète un de ces chapeaux, qu'il me fasse des cadeaux. Ça n'était jamais arrivé, l'occasion ne s'était jamais présentée. J'adorais les surprises et la princesse que j'avais un jour été appréciait qu'on ait des attentions de ce genre à son égard. Surtout si cela venait de son prince. Je souriais encore plus à cette pensée mais me gardait bien de la partager.

Ses yeux finirent par se poser sur mon cou et je me figeais, comme si ce simple contact, seulement visuel, devenait physique et par là-même, douloureux. Je m'empressais de baisser la tête, laissant mes cheveux me cacher un tant soit peu. De par ce que je ressentais, je devinais qu'il devait y avoir des traces, des preuves de son accès de colère, comme pour lui rappeler que l'irrémédiable avait failli être commis. Il venait à peine de sortir de sa torpeur, j'avais peur que cette image ne l'y replonge. Il soupira, son souffle chaud laissant une buée visible par ce temps glacial. Il parlait, mais je ne comprenais pas où il voulait en venir. C'était le soucis avec Octavus, à force de passer d'un extrême à un autre, je ne savais plus sur quel pied danser. J'aurais aimé croire que cela signifiait qu'il réalisait sa chance, même s'il n'en avait aucune à mes yeux. Je me rappelais de sa haine et ça primait sur le reste. Il s'en voulait de m'avoir torturé, rien de plus. Ça ne changeait rien. Je restais celle qui l'emprisonnait. Mon regard se releva vers lui, comme si c'était plus facile de le comprendre en le regardant. L'émotion qu'il dégageait remuait quelque chose en moi. Une envie d'y croire. Une envie à ne pas écouter. Je voulais lui répondre que j'étais la chanceuse de l'histoire, que c'était incroyable qu'une fille comme moi puisse être avec un homme tel que lui. Que grâce à lui, je me découvrais un peu plus chaque jour, qu'il me permettait de me sentir vivante, de me sentir à ma place. Je m'abstenais. Ni lui ni moi n'étions prêt à entendre tout cela à voix haute. Lui dire quelque chose d'aussi vrai qu'un simple je t'aime pourrait finir de tout détruire.

Octavus semblait réfléchir soigneusement, pesant le pour et le contre d'une éventuelle réponse. J'évitais de le fixer, observant aussi la neige rougeâtre près de nous. Je ne voulais pas lui mettre la pression. Bien sûr que j'avais envie d'aller en Russie avec lui, de voir de nouveaux horizons, de profiter pleinement de mes vacances, pour une fois, loin de l'emprise néfaste de mes parents. L'idée de rester au manoir pendant toute la durée des fêtes était pesante. Mes parents n'avaient pas accepté que je reste à Poudlard, trop soucieux des quand dira-t-on. Son invitation avait été un véritable soulagement, en plus d'une occasion inespérée de le connaître mieux. Mais si après tout ça, il ressentait le besoin de se retrouver, de vivre sa vie sans interférence de ma part, je n'irais pas à l'encontre de ce choix. Je me réjouirais pour lui, m'effaçant pour le laisser profiter de ce répit loin d'ici. J'affichais une moue surprise lorsqu'il parla enfin. Je plaisantais en parlant d'un souvenir, lui semblait avoir déjà réfléchi à un présent à m'offrir. Il ne répondais pas totalement à la question pour autant. Ça ne m'aidait pas à savoir s'il souhaitait que je l'accompagne dans son monde, mais ça éveillait ma curiosité. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser follement que même s'il m'avait ignoré et fui, ces pensées avaient pu dévier jusqu'à moi s'il savait déjà quoi m'offrir. Incorrigible espoir qui ne me quittait jamais, me faisant chuter toujours d'un peu plus haut quand je réalisais que j'avais tort. Je lui rendais son sourire, touchée malgré moi, ce que j'essayais de dissimuler.

«- Ne me couvre pas trop de cadeaux, je pourrais m'y habituer... »

Ses yeux scrutais mon visage et j'en aurais presque rougi. J'avais envie d'échapper à son regard, mal à l'aise en imaginant à quoi je ressemblais. La situation avait beau être ce qu'elle était, je restais une femme, et j'aimais plaire. Du moins je voulais lui plaire, à lui. Et ce n'était ni mes cernes, ni ma silhouette amaigrie, encore moins ces traces sur ma gorge, qui allaient me mettre à mon avantage. J'étais à deux doigts d'enfouir mon visage dans mes mains quand il se mit à parler, me faisant oublier ma gêne. J'aimerais que tu m'accompagnes en Russie... Après cette affirmation, le reste semblait me parvenir de très loin, le son de sa voix comme atténuée par du coton. Il ne me laisserait pas seule ici, il ne revenait pas sur sa parole malgré tout. Je refrénais l'envie de lui sauter au cou, de laisser la pression redescendre en fondant en larmes, retournant à l'abri dans ses bras. Un souffle empli d'émotions brisa le silence, provoquant un autre tremblement de mes lèvres. J'étais rassurée, apaisée. Tout n'était pas brisé.

«- Je n'ai pas peur de toi Octavus. J'ai confiance en toi. Bien plus qu'en moi. »

Bien sûr, j'avais peur de ces colères, mais elles n'apparaissaient que par ma faute. Alors irrémédiablement, j'avais plus peur de ce que je provoquais de ce qu'il devenait. Un mot, un geste, et je pouvais lui rappeler combien il me détestait au fond. Il savait bien mieux que moi se contrôler. J'étais trop impulsive, je ne réfléchissais pas assez. Ma colère m'aveuglait facilement et je le poussais toujours plus loin, consciente au fond qu'il pouvait exploser sans m'en soucier. Et lui tentais de se contenir, encore et encore, alors que je devenais toujours plus insolente, toujours plus présente. Je baissais de nouveau la tête, pas fière de cette constatation. Je serrais les doigts pour me réchauffer et préférais me concentrer sur ce geste plutôt que le regarder. Je n'imaginais pas un seul instant rester dans un hôtel alors que St-Petersburg tout entier signifiait être chez lui. De manière plus inconsciente, je voulais être totalement avec lui. Ressentir sans interruption ce sentiment de sécurité qui ne résultait que de sa présence à mes côtés.

«- Je veux être avec toi Octavus... La Russie, tes amis, ça n'est important que parce que c'est ta vie. Et c'est ça, que je veux. Découvrir ta vie. Pouvoir te découvrir, toi. Je n'ai pas envie que tu t'effaces. Bien au contraire, j'aimerais que tu sois présent. Et que tu ne le fasses pas par obligation parce que nous sommes... fiancés. »

Je gardais la tête baissée vers le sol, à l'abri derrière ma chevelure flamboyante. Ma voix était faible mais certaine. Chaque mot m'écorchait un peu plus, douleur physique et émotionnelle. Je ne lui avais jamais parlé aussi ouvertement. Et j'évitais aussi soigneusement de rappeler notre statut. C'était mon fiancé, c'était un fait établi. Mais ni lui ni moi n'en parlions. Et j'avais du mal à me sentir comme telle vis à vis de lui. Je ressentais pourtant cette jalousie incompréhensible lorsqu'une femme l'approchait. Il était un bel homme, il attirait les regards. Mais c'était mon homme. Je ressentais une possessivité étrange à son encontre, je n'étais pas sûre qu'il pouvait le comprendre. S'il oubliait notre engagement, peut-être accepterait-il enfin de me voir comme une femme. Et de me laisser l'être.


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyJeu 13 Mar - 23:33


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Les émotions vécues si rapidement et si violemment t’avaient vidé et tu soupçonnais qu’il en était de même pour Aloisia. Tu avais envie de t’allonger dans la neige et de ne plus y bouger. Le froid ne t’atteignait pas, mais elle si. Tu finis par remarquer qu’elle avait froid. Vous deviez bouger. Tu n’étais même pas certain d’en être capable. Te lever à la force des bras semblait être au dessus de tes forces. Pourtant, il le fallait bien. Tes poings malmenés finirent par ressentir la douleur des blessures que tu leur avais infligée. Tu sifflas de souffrance quand tes mains poussèrent contre la neige. La comparaison avec la poupée disloquée était juste. C’était comme si tes membres ne t’appartenaient plus. Tu n’arrivais plus à les faire fonctionner correctement. Ton immobilité prolongée dans la neige avait fini par engourdir tes muscles déjà épuisé par ta violence. Tu relevas la tête vers Aloisia, toujours à terre. Vous étiez deux navires échoués par la tempête. Tu abandonnas temporairement ta tentative pour essuyer tes yeux, dont les larmes qu’Aloisia n’avait pas chassées commençaient de cristalliser sous l’effet du froid.  

Poser les yeux sur ses blessures semblait admettre que tu avais réellement fait ça. Elle se figea et tu ne pus t’empêcher de le remarquer. Avait-elle peur que tu recommences le travail sans t’arrêter cette fois-ci ? Elle baissa la tête, comme honteuse et tu te fis violence pour ne pas lui relever le visage. Elle n’était coupable de rien, tout était ta faute, pleine et entière. Elle n’avait pas à baisser les yeux face à toi. Tu n’en méritais pas tant. Tu avanças une main légèrement tremblante vers elle, passant dans ses cheveux avant de frôler la courbe de sa mâchoire, sans forcer, frôlement plus que contact. Tu lui enjoignais silencieusement de redresser la tête, ta princesse guerrière. Elle ne semblait pas comprendre tes mots, à quel point tu les pensais, ce qu’ils signifiaient. Leur poids était pourtant insoutenable et maintenant qu’ils étaient dits à voix haute, tu te sentais mieux. Tu ne savais pas si tu allais un jour réussir à lui dire que tu l’aimais, mais tu espérais que tes gestes parleraient à ta place. Elle redressa les yeux, finalement et tu ne cachas rien des émotions qu’elle faisait naître en toi à cet instant, tendresse, frayeur, culpabilité.

Tu allais devoir apprendre à communiquer, à lui dévoiler ce que tu ressentais au lieu de fuir par facilité. Tu n’avais pas pu la protéger de cette façon. Tu devais être adulte et diplomate. Une relation à deux ne fonctionnait que sur une base saine et pas sur des mensonges. Tu avais tant de cadavres dans ton placard que tu ne savais même pas par où tu devais commencer. Cela attendrait. Elle sourit en entendant ta réponse en russe. Elle avait compris. Son niveau avait grandement progressé. Tu supposais qu’elle avait eu le temps de s’y mettre, espérant que tu ne changerais pas d’avis quand ton seul but était de l’éviter pour ne plus repenser à ce baiser. Pourtant, tu en étais incapable. Tu pouvais encore te remémorer le goût de ses lèvres, même après avoir enfermé ce souvenir dans ta pensine. Elle te torturait par sa simple présence à tes côtés et tu n’étais plus sûr de vouloir rester noble la concernant. Un an semblait à la fois si proche et si terriblement loin.

Tu t’étais bien vite rendu compte que la simple obligation de passer du temps avec elle s’était changé en plaisir quand vous aviez découvert vos points communs. Tu avais recherché sa compagnie, en la rejoignant sur le terrain de quidditch, en la conviant en ‘retenue’. Ce n’était plus uniquement parce que vous aviez été fait fiancés. C’était plus que ça. Tu ne voulais pas lui donner de faux espoirs, des illusions. Tu continuerais de reculer quand les choses iraient trop vite. Tu n’étais pas dans une position facile. Ton poste de professeur modifiait considérablement la donne. Dans ta tête, et dans la tête des autres, se montrer trop proche d’une élève, même si c’était ta fiancée, était inapproprié, surtout quand elle était encore mineure. En Russie, vous n’auriez plus toutes ces étiquettes à porter comme un fardeau. Tu avais hâte d’y être et tu étais heureux qu’elle veuille toujours t’accompagner. Ses mots te réchauffaient intérieurement, soignant les séquelles de tout à l’heure.

Tu te sentais mieux de la voir plaisanter avec plus de cœur que précédemment. Tu avais pensé à tellement de choses pour son voyage. Certaines événements sembleraient déplacés vu ce qui venait d’arriver, tu reverrais tes plans. D’autres choses en revanche devaient avoir lieu. Ce serait une façon de repartir à zéro, rien que vous deux sans vos noms de famille et vos destinées déjà tracées. « все для принцессы » Tu lui fis un léger sourire alors que tu la détaillais, prenant en compte en détail toutes les manifestations que tu avais causées bien avant de l’attaquer. Tu l’avais torturée psychologiquement, l’empêchant de dormir correctement, de manger, d’écouter en classe. Tout ça par lâcheté et par peur de ce que tu ressentais pour elle. Aloisia l’avait pris pour du dégoût, mais c’était bien la passion qui t’avait poussé à fuir cette nuit là. Ton envie de l’avoir à tes côtés sembla l’emplir d’émotion et tu ne compris pas pourquoi. Tu ne serais jamais revenu sur ta parole. Vous aviez dépassé le stade de la fuite quand vous vous croisiez.  

Elle n’avait pas peur de toi. Devais-tu en rire ou en pleurer ? Tu ne savais pas si tu devais être soulagé ou la secouer pour qu’elle réalise à quel point tu étais dangereux pour elle. Vous étiez capables du pire comme du meilleur ensemble. Tu avais envie de lui dire que la confiance était une notion bien futile te concernant. Qu’elle aurait dû avoir peur parce que le grand méchant-loup mangeait toujours les petites filles. Ses derniers mots t’emplirent d’interrogations. Elle ne se faisait pas confiance. Tu ne comprenais pas où elle voulait en venir. Elle n’était pas celle qui venait de tenter de te tuer. A cet instant, elle ne t’avait jamais sentie aussi désirable. Elle n’était pas apprêtée, les stigmates de vos rencontres ayant laissé leur trace sur son visage et pourtant, tu n’avais jamais été aussi attiré par elle. Tu avais envie de lui dire à quel point tu la trouvais belle, mais ce n’était pas ta place. Elle ne t’aurait sans doute pas cru, pensant que tu cherchais à te moquer, à la blesser par tes mots après avoir utilisé la force. Elle voulait être avec toi. Tu sentis de nouveau une chaleur traitresse se propager dans ton cœur à cette annonce. Tu ne savais pas comment aimer. Tu n’avais pas eu de très bons exemples sous les yeux. Elle t’apprendrait. Rarement, très rarement, les étoiles et le soleil cohabitaient. C’était fugace, mais c’était d’autant plus précieux.

Sa vision de votre voyage en Russie te remplissait de trépidation et de crainte. Tu lui fis un pauvre sourire, la sensation de ne pas être à la hauteur de ses attentes te rongeant intérieurement. « C’est ce que je souhaite aussi. Je ne l’aurais pas proposé sinon. Je veux essayer de faire les choses proprement, ne pas prendre cette union comme une raison de ne pas chercher à avoir une relation  comme des personnes normales, loin de cette école et de nos familles. » Tu ne savais pas si elle comprenait ce que tu essayais de lui expliquer; que pour toi les fiançailles n’étaient qu’un facteur et pas une cause. Tu reposas les yeux sur les traces noirâtres. Tu n’arriverais jamais à les effacer de ton esprit et ils agiraient comme un avertissement sur toi dès que tu commencerais de perdre le contrôle. Une telle chose ne devait plus jamais arriver contre Aloisia. Tu ne supportais pas de les regarder et ton côté pratique savait que tu ne pouvais pas la laisser repartir comme ça sans déclencher des soupçons et des rumeurs. Cependant, tu n’osais plus la toucher sans sa permission. Tu avais l’impression d’être en présence d’une poupée de porcelaine qui risquait d’éclater si tu la touchais trop fort. Tu redressas les yeux vers les siens avant de désigner d’un coup de tête discret sa gorge, acquiesçant ton œuvre pour la première fois depuis que tu avais repris pied. « Est-ce que tu veux que je… » Tu ne savais même pas quel mot employer, effacer, supprimer. Ce ne serait que superficiel, elle continuerait de ressentir la douleur, de repenser à cette sensation d’étouffement. Tu n’osais même pas prononcer ces mots, conscient que tu ne méritais pas d’effacer si facilement les séquelles que tu avais faites.  « Est-ce que tu veux que je te soigne ? » Tu n’osas pas sortir ta baguette. Tu étais tellement prudent avec elle. Malgré ses mots de réassurance, tu avais peine à croire qu’elle ne prendrait pas ses jambes à son cou dès que tu tendrais la main vers elle un peu brusquement. C’était comme apprivoiser un animal sauvage et blessé. Il vous faudrait du temps pour reprendre vos marques et être de nouveau à l’aise. Tu sortis ta baguette, effaçant les traces de ton sang dispersé sur la neige et attendant sa réponse.

Tu reposas les yeux sur ses doigts qui semblaient bleuir et décida de te lever une bonne fois pour toutes, douleur ou pas. Tu reposas tes mains à plat dans la neige et poussa pour redresser tes jambes. Elles semblaient être faites de plomb et tu manquas de retomber comme une pierre sur le sol avant de prendre appuie contre le mur pour te redresser péniblement. Tes yeux tombèrent sur Aloisia avant que tu ne lui tendes une main blessée pour la relever, si elle t’y autorisait.






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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyVen 14 Mar - 10:46

Octavus & Aloisia
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Mon corps n'avait plus la priorité. Il me criait pourtant qu'il était à bout, qu'il allait lâcher. J'avais froid et si Octavus n'avait pas été là, je n'aurais plus eu la moindre idée de ce qu'était la chaleur. La neige paralysait mes jambes, l'air frais finissait le travail, chaque respiration me gelant de l'intérieur. C'était comme si tout mouvement était impossible, j'avais l'impression de devenir réellement une poupée inanimée. Je ne bougeais qu'au prix d'un effort incommensurable, et je n'avais plus assez de forces pour cela. Je ne m'en souciais sûrement pas assez. Lui aussi, devait avoir froid. Il tenta de se relever mais cette simple tentative lui arracha un sifflement de souffrance et je grimaçais à ce son, comme s'il venait se répercuter sur la mienne. La colère, l'adrénaline, avaient du agir à la manière d'un anesthésiant jusqu'à là. Il avait réussi à sortir de cet état second et les conséquences s'en faisaient ressentir. Ses poings étaient dans un état lamentable, je regrettais de ne pouvoir rien y faire. Je repensais au foulard que j'avais noué autour de ses phalanges la première fois. Une solution bien inutile, mais qui avait permis à son précieux sang de ne pas se gaspiller trop. Je n'avais rien pour recommencer cette fois-ci. J'étais partie trop peu couverte. Il ne parvint pas à se lever. J'aurais préféré qu'il puisse partir, se mettre à l'abri, loin de moi, pour qu'il n'ai plus à fixer l'objet de sa perte de contrôle. J'avais beau vouloir rester avec lui, je savais que ma pittoresque vision devait lui être insupportable. Je fuyais son regard et je ne vis pas sa main s'approcher lentement. Il la perdit un moment dans mes cheveux, ses doigts finissant par venir frôler ma mâchoire. Tout mon être demandait davantage, je voulais réellement sentir sa peau entrer en contact avec la mienne. Un faible soupir franchit mes lèvres alors que je relevais finalement la tête. Son regard était encore plus enivrant qu'à l'ordinaire. Il ne pleurait plus, mais me laissait lire en lui d'une manière si clairvoyante que c'était comme si je ressentais moi-même tout cela. Et au final, c'était plutôt la vérité.

Il me répondit dans un sourire, sa voix grave réveillant en moi des souvenirs indécents en cet instant. Je repensais à la première fois où il m'avait parlé en russe, sur cette terrasse qui avait abrité la plus belle soirée de toute ma vie. À sa tendresse, à notre complicité. A ses lèvres sur ma joue. En comprenant ses mots, je souris une nouvelle fois. J'aimais qu'il m'appelle princesse, c'était comme si j'étais importante, que je comptais. Ce surnom me ramenait à une époque sombre de ma vie où il avait réussi à rétablir la lumière. Il le pourrait de nouveau, il était le seul à en être capable. Il me détailla encore et je dus me faire violence pour ne pas fuir son regard une nouvelle fois. J'avais l'impression de me mettre à nue devant lui, je baissais la garde, craignais d'être encore plus détruite en lui avouant tout ça. Je me cachais constamment derrière des phrases remplies d'humour, de sous-entendus. Je préférais nous éloigner des pentes glissantes, des discussions trop sérieuses. Nous n'avions jamais été aussi honnête, et c'était effrayant. Une petite voix me suppliait de me cacher, de retrouver assez de force pour lui apparaître moins fragile, mais c'était impossible. C'était bien trop dur. Et inutile puisqu'il avait toujours eu le pouvoir de me briser.

Pourtant plus il parlait, plus je voulais y croire. Je voulais le croire, lui. C'était bien mieux de vivre dans l'illusion plutôt que d'affronter la dure réalité en cet instant. Mes yeux s'agrandirent en entendant le mot « relation ». Je ne voyais pas où il voulait en venir. Contrairement à moi, il n'y avait que nos fiançailles pour le pousser à agir de la sorte, à faire tous ces efforts. J'en venais presque à croire que c'était mes paroles sorties de sa bouche. Je calmais mon romantisme exacerbé et comprenais qu'au fond, cela voulait juste dire qu'il voulait apprendre à me connaître, peut-être même devenir amis pour nous éviter à tous deux la vie pénible de couple marié entre parfaits étrangers. Il voulait encore faire des efforts pour arranger au mieux les choses, malgré tout. Il accepterait ma présence, la tolérait. Il était bien plus altruiste que je ne l'étais. Si j'avais été moins égoïste, je lui aurais épargné tout cela et aurait appris à le laisser seul, loin de moi, mais plus heureux. Je ne répondais rien, partagée entre soulagement et honte. Je ne voulais pas qu'il réalise que la promesse scellée entre nos parents était une aubaine pour moi. Que je remerciais Merlin de l'avoir lié à moi quand lui ne supportait pas d'être forcé d'épouser une gamine comme moi.

«- Octavus et Aloisia, des personnes normales... Ce serait bien la première fois. »

J'avais perdu mon regard dans le sien et j'essayais de dissimuler ce que j'éprouvais, il avait le don de me comprendre trop facilement. Il désigna d'un signe de tête mon cou et spontanément, mes doigts vinrent effleurer mes blessures, m'arrachant une grimace au passage. Il était mal à l'aise et moi aussi. Je comprenais que ça ne devait pas être facile, il avait failli commettre l'irréparable et cela par ma faute. Je n'étais pas sûre qu'il en prenne réellement conscience, se blâmant plus lui que moi. Je réfléchissais à sa proposition, incertaine. Est-ce que j'avais réellement envie d'être soignée ? Pas vraiment. Je méritais de conserver ses traces noires, de ressentir cette douleur atroce à chaque fois que je ne viendrais dépasser les bornes, ses limites. Il serait plus judicieux pourtant de le laisser faire. Il était hors de question de se rendre à l'infirmerie, je l'avais déjà esquivé toutes ces dernières semaines de peur que mon état s'ébruite jusqu'à ses oreilles. Je ne voulais pas cette fois-ci lui attirer d'ennuis. Les gens allaient se poser des questions, et même si personne ne savait qu'il était mon fiancé, j'allais finir par attirer l'attention. Je pouvais toujours porter des cols roulés et des écharpes pour les jours à venir mais il fallait encore rentrer jusqu'à l'école. Je ne savais d'ailleurs pas comment j'allais m'y prendre, je me sentais déjà incapable de quitter cette ruelle.

«- Oui s'il te plaît. »

Sa baguette effaça les dernières traces de sa colère, la neige redevenant d'un blanc éclatant. Je n'étais plus que la dernière preuve de cet accès de rage. Il réussit à se mettre debout et je le regardais, levant les yeux vers lui. Si grand, si fort. Si loin. Mon étoile inaccessible. Il tendait une main vers moi et je voulais la prendre, pour me sentir plus proche. Ma main trouva la sienne difficilement, mes doigts cherchant à s'agripper sans trouver assez de prise. J'avais peur de ne pas m'accrocher assez fort, mais il me tenait, lui, c'était suffisant. Mes jambes cherchèrent à se remettre droite, poussant sur le sol. C'était douloureux et je ne pus retenir une faible exclamation de souffrance alors que je vacillais, trop épuisée pour supporter mon propre poids. J'allais tomber et je voulais le lâcher, de peur de l'entraîner dans ma chute, encore.


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyVen 14 Mar - 18:21


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Les mots semblaient superflus. Tu savais que vous alliez devoir discuter des détails du voyage en Russie, maintenant que tu avais l’assurance qu’elle viendrait bien avec toi. Ça n’aurait sans doute pas dû t’importer autant et pourtant c’était comme si cette réponse avait été la clef de votre futur. Tu savais que rien n’aurait été possible si elle avait fini par refuser. Tu espérais qu’elle avait compris ce que tu voulais dire, que tu n’avais plus besoin de te forcer à la fréquenter parce que vous aviez été fiancés. Ce n’étaient pas tant ses mots que sa réaction, que son regard quand tu parlas de normalité qui importa. Tu ne cessas pas de la fixer quand tu lui répondis. « Quelqu’un m’a dit un jour que la normalité n'était qu'une question de consensus. Autrement dit, si la plupart des gens pensent qu'une chose est juste, elle devient juste. »

Des personnes normales, l’image semblait difficile à croire en effet. Votre sang pur considéré comme l’élite du monde sorcier ne faisait pas de vous des gens normaux. Vous étiez une minorité qui régnait en maître. Vous ne seriez jamais comme les autres, mais vous pouviez en rêver. Peut-être qu’un jour, vous pourriez être normaux  vous aussi. Tu lui fis un sourire triste. Vous saviez tous les deux que vous étiez damnés. Elle n’avait encore aucune idée que tu avais dû prêter serment et accepter de servir Voldemort. Tu ne savais pas quelle était son opinion sur le sorcier. Elle se battait pour la suprématie des sangs pur tout comme vous, mais de là à accepter de servir quelqu’un d’autre… Tu avais toujours été stupéfait de constater que ces sangs purs qui ne supportaient pas les sangs de bourbe acceptaient de s’abaisser à servir un autre sorcier, de se prosterner à ses pieds, l’appeler maître et subir son courroux si leur service n’était pas adéquat. Tu n’avais eu aucune envie de le servir, refusant de devenir cet esclave sans contrôle ni libre-arbitre. Ta situation était un peu plus enviable.

Tu cachas le sursaut nerveux de ta paupière droite en voyant ses doigts passer délicatement sur les marques que tu avais laissées et sa grimace. Évidemment que c’était douloureux. Personne ne t’avait jamais étranglé, mais ça ne devait pas être une partie de plaisir. Tu accepterais sa décision, quoi qu’elle réponde. Si elle voulait conserver ses marques, tu ne t’y opposerais pas. Tu n’en avais pas le droit. Peu importe les ennuis que tu pourrais avoir. Les professeurs risquaient de toute façon d’avoir vent de la crise d’Aloisia. Tu t’étais même demandé si tu n’allais pas d’avoir une réunion d’intervention dans le bureau de Dumbledore sur votre comportement à tous les deux. Les vacances vous feraient du bien, c’était une certitude. Du moins, si tu ne gâchais pas tout une fois qu’elle t’aurait rejoint en Russie. Tu serais forcément plus à l’aise, moins préoccupé une fois chez toi. Tu avais à peine réalisé qu’elle avait parlé, perdu dans tes pensées. Elle t’avait dit oui. La baguette toujours emprisonnée dans ta main, tu lanças l’incantation, heureux de connaître quelques maigres sorts de médicomagie.

Une fois les marques effacées, tu baissas les yeux. Faire disparaître les traces n’allait pas te permettre d’oublier pour autant. Tu avais encore l’impression qu’elles se superposaient à ta vision actuelle d’Aloisia. Tu fixas le sol qu’il allait également falloir nettoyer. Tu ne voulais pas être paranoïaque, mais tu n’aimais pas particulièrement laisser ton ADN derrière toi. Tu avais toujours considéré la neige comme un symbole de pureté, de calme. Le sang qui la tâchait t’était insupportable. Tu le fis disparaître d’un geste de baguette. Tu aurais aimé que ce soit aussi simple d’effacer les circonstances qui entouraient cette manifestation de colère. Une fois toute trace de lutte effacée, tu rangeas de nouveau ta baguette.

Tu finis par réussir à te redresser sur ta seconde tentative, ignorant la douleur de tes membres. Il te sembla que tu restais la main tendue vers elle pendant des heures, mais il ne s’écoula qu’une seconde ou deux. Aloisia attrapa finalement ta main et tu la serras avec force pour l’empêcher de glisser, sa force la quittant et ta peau rendue glissante à cause du sang que tu avais versé. Tes muscles protestèrent contre le poids qui cherchait à t’entraîner vers le bas avant que tu ne la tires en avant, gardant toujours ton appui sur le mur au risque de t’écrouler. Ses jambes semblaient être atteintes du maléfice de jambencoton. Elle cherchait une prise qui ne vint pas. Tu ne lâchas pas, plus jamais. Ton bras continua de la soulever, attendant qu’elle trouve son appui, ta main attrapant fermement la sienne, ne te préoccupant pas de la douleur provoquée par la pression sur tes coupures. Tu la méritais de toute façon, c’était ta mortification pour tes péchés. Le bruit qu’elle poussa t’arracha le cœur. C’était à cause de toi qu’elle avait mal. C’était ta faute. Elle vacillait, mais tu ne la laisserais pas tomber. La méthode était inefficace. Tu n’avais pas assez de force pour maintenir un poids mort de la seule force de ta main gauche. Tu lâchas sa main rapidement, tes bras attrapant sa taille à la place avant qu’elle n’ait eu le temps de retomber. Le mouvement la plaqua contre toi et ton dos heurta le mur pour t’empêcher de tomber avec elle. « Je te tiens. » *Je ne te lâche plus.* Tu expiras bruyamment, cette démonstration physique t’ayant un peu plus épuisé. Vous ne risquiez pas de retourner au château dans ces conditions. Vous aviez l’air d’avoir été attaqué et auraient à répondre à beaucoup de questions. Tu aurais voulu la faire entrer aux trois balais pour que vous puissiez vous reposer, mais les risques étaient grands. Plus grand que tous les gens qui vous avaient aperçus partir ensemble dans la rue ? Non. Si le secret de tes fiançailles avec Aloisia devait être découvert alors soit. Tu n’avais pas relâché ta prise, incertain sur sa capacité à tenir seule sur ses jambes. Elle s’était rendue malade par ta faute, parce que tu avais préféré t’échapper sans un mot au lieu de lui expliquer exactement pourquoi tu devais partir avant de commettre l’irréparable. Tu lui devais bien ça. Tu pourrais toujours le justifier en disant qu’elle avait eu besoin de parler à quelqu’un si un imbécile se posait des questions. Il suffisait juste que tu fasses attention à ne pas avoir de geste ou de comportements inappropriés en public. Il y avait beaucoup de monde, cela pouvait jouer en votre faveur ou bien contre vous. « Est-ce que tu veux aller aux trois balais récupérer ? ... Et discuter ? »




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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyVen 14 Mar - 23:13

Octavus & Aloisia
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Ces mots me laissèrent perplexe. Notre condition n'avait certainement rien de normal pour la plupart des gens. Les sang-pur la comprenait, c'était habituel, voire banal, que l'on fiance les enfants de bonnes familles entre eux. Évidemment, il n'y avait pas souvent de différence d'âge aussi grande que la notre, mais ça arrivait. Ce qui était plus exceptionnel, c'est que le fiancé devienne le professeur de sa future épouse. Cela faisait beaucoup de préjugés à vaincre : les mariages arrangés, la barrière de l'âge et maintenant, les amours interdits entre enseignants et étudiants. Que pouvait-il encore nous tomber dessus ? J'avais déjà la chance d'avoir un prétendant qui n'avait aucun lien de parenté avec moi, je n'étais pas sûre que j'aurais pu un jour accepter cette union le cas échéant. Nous serons constamment jugés. Même si tout me paraissait juste en étant à ses côtés. J'étais à ma place, je désirais y rester plus que tout au monde. Tout l'univers pouvait bien me voir comme une pauvre enfant obligée d'épouser un homme plus vieux, je m'en fichais. Ils ne le connaissaient pas. Ils ne me connaissaient pas. Si la vérité éclatée, Octavus serait blâmé, pointé du doigt. C'était insupportable à imaginer. J'étais celle qui profitait de lui, la seule à trouver un avantage dans cette histoire. Le seul qui vivait une injustice, c'était lui. Privé de son libre-arbitre. Privé de connaître un jour l'amour. Il fallait se rendre à l'évidence, il était entouré de monstres qui le plongeait sans cesse dans un tourment sans fin. Et je faisais parti de ces démons. Il me sourit tristement, résigné. Je ne pouvais plus soutenir son regard, c'était trop me demander. Plus le temps passait et plus je l'aimais, pourtant je m'imaginais de moins en moins devenir sa femme. J'en avais toujours envie, je ne pouvais appartenir à personne d'autre. Mais comment pourrais-je lui demander un tel sacrifice, tout en l'aimant autant ? J'avais peur qu'un beau jour il ne réalise tout ce qu'il avait perdu par ma faute et me haïsse encore plus qu'actuellement. Il m'avait fui seulement pour me protéger, je le réalisais après avoir failli le pousser au pire. J'étais comme une cicatrice pour lui, toujours présente même si on parvenait à l'oublier un temps, indolore mais parfois des plus douloureuses. Il fallait vivre avec puisqu'elle ne s'en irait jamais. Je ne voulais pas devenir un fardeau. Ni être un mauvais souvenir. La réalité me rattrapée pourtant. Ce n'était pas un conte de fée, ça ne le serait jamais. Il y avait plus de chances pour que nous finissions comme nos parents, cohabitant sous un même toit mais évoluant dans deux mondes différents. Ne partageant rien d'autre qu'un nom et peut-être un enfant.

Je vis le sort m'atteindre mais ne ressenti rien. Ou plutôt, je continuais de sentir ma peau tiraillée mais je ne disais rien. Je me contentais de le remercier en souriant, ne voulant pas le faire regretter davantage. C'était comme si rien n'était jamais arrivé. Personne n'en apprendrait rien, jamais, j'en faisais la promesse muette. Nous serons les deux seuls à devoir vivre avec ça. Je ne réalisais pas encore ce qu'il s'était passé dans cette ruelle. Je restais forte, préférant penser à tout sauf à ça. Mais j'avais peur du contre coup. Mes nuits, déjà agitées, n'allaient pas s'arranger. Ou alors, j'allais peut-être sombrer dans un sommeil sans fin, c'était envisageable. Après tout, je n'avais jamais connu une telle fatigue. Il se releva difficilement. Lui aussi était à bout de forces. Je le savais, c'était ce qui me faisait tenir. Ma main glissa dans la sienne, et je sentis sa pression importante autour de mes doigts. Je n'étais pas sûre d'y arriver, tout mon corps me faisant bien trop mal pour lui demander un tel exploit. Mais j'étais sûre de lui, c'était suffisant pour essayer. Je nous surestimais peut-être. J'avais eu envie de le lâcher lorsque je compris que l'effort demandé était trop important. Pourtant il ne me laissa pas faire. J'avais peur de lui faire mal, ma peau venant appuyer sur les blessures de ses phalanges qu'il avait lui-même provoqué quelques instants plus tôt. Je fixais sa mâchoire, tendue sous l'effort. Je me sentais tomber quand même, mes jambes cédant sous mon poids. Ses bras vinrent enserrer ma taille rapidement, sûrs de leur prise, et je finissais par finalement me remettre debout. Enfin, il me portait plus qu'autre chose. Mes mains s'accrochèrent à ses épaules, attendant de retrouver un semblant d'équilibre. Il me tenait, j'avais envie de lui demander de ne plus me lâcher. Je ris faiblement en le voyant soupirer de la sorte, comme s'il venait de courir un marathon. Deux épaves, nous n'étions plus que ça.

«- J'ai la chance d'avoir un fiancé sportif. Merci. »

Je repoussais une de ses mèches brunes barrant son regard, mes doigts se perdant un instant contre son front. J'avais beau savoir que ce n'était pas une bonne idée, je ne pouvais pas m'empêcher de le toucher. Lorsqu'il était si près de moi, je ne savais simplement plus réfléchir convenablement. Les secondes passaient mais il ne retira pas sa prise sur ma taille. J'aurais tenu debout, je m'abstenais de lui signaler, parfaitement comblée dans cette position. Il finit par proposer de rejoindre les Trois-Balais et j'ouvrais grand les yeux, étonnée de sa proposition. Ce devait être l'endroit le plus bondé de Pré-au-Lard, tout le monde nous verrait, à coup sûr. Si nous arrivions comme deux rescapés de guerre, les gens allaient se poser des questions. Le professeur d'Astronomie, arrivant en soutenant la fille Bateson, alors qu'elle ne suivait même pas ses cours. Je ne voulais pas le mettre dans cette position délicate, même si l'idée de me retrouver au chaud était bien plus qu'alléchante. Je ne sentais plus le bout de mon nez, il aurait peut-être été temps de s'alarmer. J'avais oublié que mes amis m'y attendaient. Ça me semblait tellement surréaliste de penser à eux dans une situation comme celle-là. Ma vie avec Octavus avait réellement du mal à se coupler à mon existence d'étudiante. Je pouvais lire les remords encore sur ses traits. Il le ferait. Il accepterait de révéler la vérité à tout Poudlard s'il le fallait. Parce qu'il ne supportait pas d'être allé si loin contre moi. Même si je ne lui en voulais pas, il s'en voulait assez pour deux.

«- Tu n'as pas peur d'être vu... avec moi ? »

Je réalisais combien ma phrase pouvait paraître stupide mais elle m'avait échappé, bien trop surprise pour contrôler mes paroles. Il avait beau vouloir me présenter à ses amis, j'avais encore du mal à comprendre qu'il n'avait pas honte d'être affiché à mes côtés. Encore plus en ayant l'aspect que je devais avoir, là maintenant. Je n'étais pas sûre de pouvoir faire le chemin jusqu'au château seule, mais je ne voulais pas l'inquiéter plus que de raison. Il n'avait pas à se sentir obligé de m'aider, pas au prix que coûterait la vérité. Je souriais faiblement en fermant les yeux, ma tête hochant de manière négative, comme si cela suffisait à effacer ma dernière réplique.

«- Je veux dire que... je ne veux pas te causer d'ennuis. Je vais bien, ne te fais pas de soucis pour moi. »


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptySam 15 Mar - 11:41


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Elle continuerait de souffrir pendant un certain temps. Tu n’étais pas médicomage, mais il y avait des chances qu’elle ne puisse rien avaler à part du liquide pendant plusieurs jours avant que sa trachée ne se remette du choc reçu. Tu n’avais fait qu’effacer ce qu’on voyait à l’œil nu. Tu n’étais pas assez bon pour réparer l’intérieur du corps humain. Tu savais aussi qu’elle ne pourrait pas aller à l’infirmerie se faire soigner par ta faute. Tu pouvais toujours aller faire un tour chez l’apothicaire pour lui acheter un remède. Ce serait la moindre des choses. C’est ce que tu ferais dès que tu l’aurais quittée. Tu ne voulais pas qu’elle souffre plus par ta faute. Tu avais déjà été assez cruel par ton absence, ton silence et ton mépris.

Elle semblait si fragile ta fière écossaise. Tu avais réussi à la mettre à genoux. Tu continuais de l’enserrer sans serrer, t’attendant à ce qu’elle se libère, souhaitant la protéger de toi-même, mais pourtant incapable de la lâcher. La tristesse clouait ton cœur au mur, peine impalpable. Cette douleur était pire, bien pire que celle de tes doigts. Elle était méritée. Vous étiez beaux tous les deux, les héritiers de deux prestigieuses familles écossaises battus et fatigués, vaincus. Tu l’entendis à peine à te remercier. Elle n’aurait même pas dû le faire, puisque tu l’avais poussé à la chute. Tu essayais juste de réparer un peu tes dégâts. Mais en sentant ses doigts sur ton front fiévreux, tu finis par poser les yeux sur elle. C’était une position parfaite pour l’embrasser. Amusant comme le destin était joueur avec vous. Tu n’osas pas, conscient que si tu t’étais contrôlé la première fois, rien de tout cela ne serait arrivé. Tu ne méritais pas de la toucher de cette façon. La pénitence serait un chemin long et ardu. Tu doutais qu’un an serait suffisant. Tu voulais ne jamais te pardonner d’avoir levé la main sur elle. Cela prouvait que tu étais encore un peu humain. Malgré tout ce que tu avais fait, elle continuait de rechercher ton contact. Dans quoi l’avais-tu entraîné ? Tu devais la distraire, te distraire. Tu proposas d’aller aux trois balais. Le pub était proche de là où vous vous trouviez et il était inconcevable de parvenir à retourner au château dans votre état actuel. Elle sembla étonnée malgré tout. Tu imaginas immédiatement qu’elle ne voulait pas être vue avec toi, encore moins après ça. Ses mots inversèrent la situation. Elle n’était pas inquiète pour elle, mais pour toi ? Ton expression te détendit. Elle aurait pourtant été en droit d’attendre que son fiancé soit présent pour elle. Tu avais tant à rattraper que vous voir en cachette serait insuffisant et risquait d’augmenter le danger. La voir en public contribuerait à t’aider à garder la tête froide. Ces rencontres interdites, loin de tout, avec le danger d’être découverts à tout moment t’avaient grisé, rendu imprudent. Tout avait été possible, aucunes limites.

Sa question était pourtant légitime après toutes les précautions que tu avais prises pour garder ton lien avec elle secret. En cet instant, tu n’en avais pourtant plus rien à faire. Qu’ils sachent tous que tu étais son fiancé, qu’elle allait devenir ton épouse même si c’était ton élève. Tu en avais marre de te cacher. Bien sûr, Ombrage restait une menace conséquente et tu n’avais pas vraiment envie d’avoir d’ennuis avec le Ministère, mais si les choses tournaient mal, ton père avait de bonnes relations là-bas grâce à son poste au Magenmagot. Enfin, tu n’avais pas à imaginer le pire. Rien n’indiquait que cela tournerait mal.

Elle finit par prendre conscience de ce qu’elle avait dit et souris sans éclat. Tu te retins de lui dire que, de toute façon, tu avais déjà été vu avec elle quand elle s’était mise à hurler dans la rue, vous voir tous les deux aux trois balais ne pourrait pas forcément faire plus de mal… Tu ne voulais pas qu’elle se sente coupable, juste lui montrer ton point de vue sur la question. Tu oubliais parfois qu’elle était si jeune, alors que dans d’autres tu brandissais son âge comme un étendard pour te justifier de garder tes distances. Elle avait raison. Ce serait risqué de s’afficher ensemble, peut-être encore plus après que vous ayez été vus dans la rue. Certains avaient-ils remarqué qu’aucun de vous n’avait été vu depuis un certain temps ? Tu ne pouvais pas exclure que la rumeur de ton aventure secrète avec Aloisia circule déjà parmi le corps étudiant. Cela dit, elle te donnait tout de même une petite idée. Afin de prendre quelques précautions, rien ne t’empêchait de changer un peu son apparence pour qu’on ne la reconnaisse pas. Si elle t’y autorisait évidemment. Tu aurais volontiers changé la tienne, mais comme tu ne pouvais pas te lancer le sort… Tu avais prouvé que tu étais encore capable de pratiquer la magie malgré ta fatigue musculaire, elle ne craindrait rien. Tu n’allais pas la défigurer. « Je crois que beaucoup de gens nous auront déjà vu dans la rue. Mais si tu le souhaites, je peux toujours altérer ton apparence avec un sort pour qu’on ne puisse pas te reconnaître. » Tu ne voulais pas la forcer. Enfermé dans ton égoïsme, tu n’avais pas pensé une seconde à ce que les gens ressentiraient si jamais Aloisia était vue en tête à tête avec un professeur. Ce serait gênant pour elle. Tu savais à quel point les adolescents pouvaient se montrer cruels entre eux. Entre les filles jalouses qu’elle puisse t’approcher quand tu ne leur accordais aucune attention et celles qui se feraient un plaisir de faire les mauvaises langues en lançant de fausses accusations, il était en effet sans doute préférable que l’un de vous n’apparaisse pas tel qu’il était. Heureusement pour toi, tu maîtrisais les sorts de métamorphose corporelle comme ta poche. Si elle l’acceptait, ton changement légèrement la forme de son visage, la couleur de ses cheveux et le tour serait joué. Ce sortilège t’avait déjà sauvé la mise de nombreuses fois. Tu ne te sentais pas non plus de rentrer seul, tu devais l’admettre. Le trajet te semblait insoutenable. « J’ai besoin de récupérer un peu aussi. Tu peux te joindre à moi… ou non. » Le choix lui appartenait.

Il était de toute façon hors de question qu’elle rentre seule. Tu la raccompagnerais s’il elle le souhaitait ou tu la laisserais rejoindre ses camarades, mais après un tel choc elle ne serait pas laissée sans surveillance. Tu ne savais pas ce qu’elle dirait à ses amis, mais elle devait être entourée. La pire chose serait qu’elle se retrouve seule. Tu préféras ne pas penser que tu t’isolerais dès que tu en aurais l’occasion. Tu n’avais personne à qui parler. La seule pensée d’avouer ton acte abject à ta mère te remplissait de dégoût et de honte. Comme elle serait déçue. Tu ne serais plus jamais capable de la regarder en face. Tu avais pourtant besoin de te confier avant que ce lourd secret ne te ronge de l’intérieur et l’image d’Aleksei s’imposa immédiatement dans ta tête. Comme tu aurais aimé qu’il soit proche et pouvoir le rejoindre d’un coup de cheminée. Tu n’avais pas confiance dans le courrier, pas avec Ombrage dans les parages. Tu pouvais toujours écrire en russe, mais rien n’indiquait qu’un interprète ne déchiffrerait pas tes mots. Tu devrais tout garder pour toi encore quelques jours. Ensuite, ça irait mieux.  





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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptySam 15 Mar - 18:51

Octavus & Aloisia
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J'agissais spontanément sans réfléchir à l'attitude que je devrais avoir envers lui. J'étais perdue, je ne savais pas ce qu'il voulait vraiment au fond. Il faisait des efforts pour se rapprocher de moi, je le sentais, mais ça n'était sûrement pas une envie spontanée. Mes doigts effleuraient tout de même son front avec tendresse, naturellement.  Ses bras avaient beau reposer toujours autour de ma taille, il ne fallait pas que je vois cette position comme un quelconque rapprochement. Il se contentait d'être présent, de m'épauler parce que je n'étais pas en état de me relever toute seule. Sa colère, poussait à l'extrême, avait été le signe que je ne devais pas croire que tout était acquis. Loin de là même. Ses yeux se posèrent sur moi et je me sentis gênée. Il allait falloir que je me surveille, je n'étais plus réellement maître de moi-même lorsqu'Octavus était dans les parages et ça devenait un problème des plus sérieux. Si je voulais lui prouver qu'il pouvait avoir confiance en moi, que je pouvais être plus mature que ce que je montrais, ça commençait par accepter de faire quelques pas en arrière. Il n'avait jamais aimé que je le touche, sans me repousser totalement, il avait su me le faire comprendre. Ces derniers mois avaient été heureux, les contacts plus présents. Voir où cela nous avait mené me persuadait qu'il fallait que je change d'attitude. Je reposais ma main sur son épaule avant de faire la moue, mordant ma lèvre inférieure comme pour me repentir de mon acte.

«- Désolée... »

Sa proposition m'étonnait, c'était un nouveau virage imprévu. Après avoir passé les dernières semaines à nous éviter, jouant à la perfection l'indifférence, il me proposait de me rendre dans le bar le plus bondé de la ville en sa compagnie. Tous les élèves, les professeurs présents et sûrement même les gens du coin allaient nous regarder, nous épier et bien évidemment, nous juger. Surtout en arrivant dans cet état. J'aimais pourtant l'idée d'arriver à son bras, de jeter un regard triomphant à toutes les jeunes sorcières qui seraient présentes pour leur signifier qu'elles avaient beau en rêver, c'était à moi qu'il appartenait. Je souhaitais même secrètement que Murdoch soit dans les parages, elle comprendrait peut-être enfin que le sortilège lançait ce jour-là ne résultait pas que de la haine ancestrale entre Gryffondor et Serpentard. Il m'avait fait quelques remontrances quant à cette attaque, plus amusé qu'outré, inquiet tout de même que l'on en vienne à se poser des questions sur mon comportement. J'étais évidemment préoccupée par ce que les gens diraient, lui diraient plus précisément. Il agissait par remord, j'en avais conscience, mais cela ne nécessitait pas pour autant qu'il sacrifie à tous jamais sa tranquillité. Après ça, ce ne serait plus que questions déplacées et commentaires acerbes. Je ne savais même pas si les autres membres du corps professoral avaient été mis dans la confidence. Je me doutais bien que Dumbledore l'était, ce vieux fou savait tout de toute façon. Mais quand était-il des autres ? J'espérais que non, Rogue avait beau être mon directeur de maison, il pourrait toujours ressortir cette information à mes dépends. Même si je me souciais plus de son sort que du mien, il fallait avouer aussi que ça compliquerait les choses de mon côté. Rien que je ne puisse accepter pour autant. La plupart de mon entourage ne connaissait pas mon engagement, rares étaient ceux qui connaissaient l'existence de mon fiancé sans rien savoir de son identité cependant. Je ne doutais pas qu'ils tomberaient des nues en apprenant que c'était leur professeur d'Astronomie qui allait me passer la bague au doigt. Enfin, pure métaphore, il n'avait jamais été question d'anneau jusque là. La plupart de mes amies s'étaient permises quelques plaisanteries graveleuses sur ce nouvel enseignant, ne comprenant jamais mon détachement face à leurs remarques. Il serait forcément très amusant de voir leurs têtes dépitées.

Mon sourire s'effaça bien vite en entendant sa réponse, laissant une expression perplexe, honteuse. Il n'avait pas tort. Je n'y avais même plus pensé, mais je n'avais pas fait dans la discrétion en me lançant à sa poursuite comme ça, sur un coup de tête. Je me rappelais même l'avoir entendu prononcé mon nom de famille, préférant m'appeler Bateson plutôt qu'Aloisia pour sauver un minimum les apparences. Les promeneurs nous avaient-ils reconnus ? Et si oui, comprenaient-ils que ma colère avait été dirigé vers lui ? Après tout, il ne me semblait pas l'avoir interpellé par son prénom. Je regrettais pourtant d'avoir foncé tête baissée, sans penser aux conséquences d'un tel emportement. C'était pourtant la seule et unique manière d'avoir son attention. J'aurais du me montrer plus patiente, mais j'étais arrivée au bout. J'aurais voulu m'excuser, encore, mais je restais sur la fin de sa proposition. Elle me semblait idéale dans notre cas. Je n'étais pas du genre à me proposer spontanément en tant que cobaye dans les cours de métamorphose, bien au contraire, je refusais catégoriquement de laisser mon visage entre les mains maladroites de mes camarades. Je savais qu'Octavus était un sorcier accompli, je ne craignais rien entre ses mains. Et puis, j'espérais qu'il s'appliquerait, s'il venait à me défigurer définitivement, ce serait à lui d'en subir les conséquences. C'était un homme amateur de belles choses et qui aimait se mettre en valeur. Présenter un fiancée aux allures de monstre lui déplairait sûrement.

«- Tu ne vas pas en profiter pour m'enlaidir encore plus hein ? »

Lui aussi semblait épuisé mais il était capable de magie c'était certain. Il fallait qu'il se repose également, je n'avais même pas envisagé que sa proposition puisse être un signe de sa fatigue et je m'en voulus instantanément. Il ne m'obligeait à rien. Et je n'avais pas envie de le quitter. À chaque fois que je le voyais, il me fallait ensuite attendre des semaines pour espérer une prochaine rencontre. J'étais certaine qu'après ça, je n'aurais plus aucune occasion avant les vacances en Russie et même si elles approchaient rapidement, ce n'était pas assez à mon goût. Bien sûr, c'était toujours plus fréquent qu'auparavant. Je me demandais comment j'avais pu supporter d'attendre un an avant de le revoir durant tout ce temps. C'était quelque chose que je ne pourrais plus faire à présent, j'en étais certaine. Je savais pertinemment que je n'étais pas en mesure de rentrer dans l'absolu au château, la tête me tournait encore légèrement et j'avais bien trop froid pour entreprendre ce retour. Et puis, j'avais peur au fond de me retrouver seule. Tant que j'étais avec lui, je tenais le coup. Je savais qu'il était hors de question de m'effondrer en sa présence. Seule, j'allais réaliser ce qu'il s'était passé dans cette ruelle, ce que ça signifiait. Et j'allais m'effondrer. Autant essayer de reprendre quelques forces avant que cela n'arrive.

«- Si tu me vieillis assez, je te laisserais peut-être me payer un verre... »

Je le regardais amusée. Une blague pour lui signifier mon accord. C'était toujours plus simple que d'avouer que j'avais envie d'aller me réchauffer en sa compagnie. Même s'il était conscient de mon attachement pour lui, j'essayais de me montrer détachée, moins intéressée que je ne l'étais vraiment. D'une manière pitoyable, j'en convenais. Il ne devait pas être dupe. Difficile de cacher quoi que ce soit à ces beaux yeux verts sombres...


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptySam 15 Mar - 22:03


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu allais devoir lui dire d’arrêter de s’excuser. C’était surprenant alors qu’elle avait un caractère volcanique avéré. Elle n’avait pas réfléchi, aveuglée par la colère. Tu ne pouvais pas lui en tenir rigueur vu que la même chose t’était arrivée. Tu fis un vague signe de tête indiquant que ça n’avait pas d’importance. Ce qui était fait était fait, vous deviez avancer et oublier vos erreurs. Tu fus content de voir qu’elle acceptait ta proposition même si elle ne le dit pas clairement. Cella permettrait d’y contribuer. Tu aurais fini par t’échouer aux trois balais avec ou sans elle, mais tu étais soulagé de voir qu’elle ne serait pas seule pour le moment. Elle trouverait sûrement des camarades à rejoindre quand elle t’aurait quitté et n’aurait pas le temps de s’isoler.

Tes lèvres s’étirèrent en un sourire sincère quand elle blagua de ne pas la transformer en moche. Oh non, tu n’étais pas vain, mais tu n’avais pas envie d’être vu en compagnie d’une femme mystérieuse et laide. Les McKenna aimaient les jolies choses. Ça aurait aussi nuit à ta réputation. Encore que cela aurait permis de rassurer des témoins de la scène sur la nature platonique de votre relation. Et puis, il y avait le petit pourcentage de risque que le sort devienne permanent. Non pas que tu comptais le lui avouer. C’était uniquement si le lanceur du sort ratait quelque chose et ça n’arriverait pas. Tu avais tellement utilisé cette incantation que tu aurais pu le faire les yeux fermés. Tu ne savais pas encore le visage de qui tu allais lui donner, mais il serait capable de te faire succomber sans nul doute. Tu espérais aussi un peu que tes soupirantes arrêtent de te coller 24h/24 en te voyant accompagné par une femme adulte et séduisante. Elles n’avaient pas besoin d’en savoir plus. Tu doutais qu’elles viennent t’aborder si tu étais en galante compagnie. Certes, depuis ton changement de comportement, elles te harcelaient moins, sauf Murdoch que tu n’avais pas repoussé. Quand tu repensais au fait que tu avais failli succomber à ses charmes… Tu en avais froid dans le dos. Tu aurais vraiment touché le fond cette fois-ci. Mieux valait qu’Aloisia ne l’apprenne jamais. Ce ne serait pas un sort de pustule qu’elle lui enverrait le cas échéant.

Tu pris un air songeur. Tu ne comptais pas lui dire le visage de qui tu allais lui donner. Elle ne le découvrirait jamais de toute façon. Il suffisait juste que tu modifies la couleur de ses cheveux en un brun passe-partout et change légèrement ses traits. Ce serait dans tes cordes. Tu aurais été incapable de la changer entièrement en quelqu’un d’autre, mais de petites touches par-ci, par-là, oui. Tu verrais bien la nouvelle tête que tu allais lui donner. Le plus simple aurait sans doute été de visualiser une femme que tu avais connue en Russie. Il n’y avait aucun risque qu’elles se croisent un jour, Olga ne serait pas présente au nouvel an, ou que les gens ne soient soupçonneux. « Spoilers. » Cela dit sa seconde suggestion n’était pas mauvaise. La vieillir soulèverait moins de questions de la part d’éventuels observateurs. Si on te voyait en train de prendre un verre avec une adolescente même inconnue, ce serait mauvais pour toi. Tu n’avais jamais caché qu’une des issues principales de ton union avec Aloisia était votre différence d’âge. Tu étais curieux de voir comment ce serait si elle prenait l’apparence d’une femme de ton âge pour changer. Même si elle resterait toujours Aloisia, tu étais sûr que tu serais plus à l’aise. Les regards des autres ne t’avaient jamais dérangé, mais tu ne supporterais pas de soulever des murmures à chaque apparition publique avec ta si jeune fiancée. « Me laisser te payer un verre ? Tu es bien optimiste. Je vais voir ce que je peux faire. » Tu plaisantais bien sûr, tout comme elle. L’atmosphère s’était brusquement allégée. Tu n’osas pas jusqu’à lui demander de te faire confiance. Vu où cela vous avait mené la dernière fois…

Tu relâchas légèrement tes bras pour vérifier qu’elle parviendrait à tenir debout seule. Quand tu fus certain que c’était bien le cas, tu sortis ta baguette de son boitier et recula de quelques pas pour bien visualiser Aloisia et le résultat que tu voulais obtenir. Cela te donnait aussi une occasion rêvée pour l’observer en détail sans qu’elle ne se doute de rien. Tu en profitas, mémorisant ses traits dans ta mémoire. Tu réfléchis rapidement à ce que tu allais modifier. Elle devait avoir l’air la plus banale possible ce qui ne serait pas si facile considérant qui elle était. Aloisia conserverait son port royal même en haillons. Tu repensas au visage de Liberia. C’était comme si elle avait été là avec toi durant ta perte de contrôle. Tu n’allais certainement pas souiller Aloisia avec cette apparence séduisante qui cachait un serpent venimeux prêt à mordre. Tu préféras utiliser la sœur d’Aleksei comme modèle. Elle était adorable, un bon modèle. « Changing Corporis. » Ta baguette effectua un arc de cercle gracieux avant de pointer les cheveux roux d’Aloisia pour les colorer en riche marron glacé. Tu relanças l’incantation pour changer cette fois-ci ses traits, allongeant et affinant son visage, lui donnant des traits plus adultes et en meilleure santé. Elle était totalement transformée. Cette fois-ci, personne ne serait en mesure de la reconnaître, sauf s’ils remarquaient ses vêtements, mais personne n’était aussi observateur surtout vu le monde aux trois balais. Il faudrait juste que tu penses à annuler les sorts avant de la quitter sinon cela pourrait poser quelques problèmes quand elle rentrerait au château.

« Et voilà, c’est fait. » Tu connaissais la sensation du sort, c’était comme si on t’avait cassé un œuf sur la tête, une sensation étrange à laquelle on se s’habituait jamais vraiment. Tu ne lui dis pas à quoi elle ressemblait. Tu aurais pu conjurer un miroir pour lui montrer son nouveau reflet, mais tu ne le fis pas. Elle était toujours aussi séduisante, mais tu préférais la laisser dans le flou. C’était plus amusant ainsi. Vous alliez pouvoir vous montrer en public sans avoir à garder un comportement guindé autre que dû à votre sang pur. Tu avais toujours une tête à faire peur et des poings laminés, mais au moins personne ne pourrait vous associer. D’ailleurs, en parlant de tes poings, tu lanças un sort pour nettoyer le sang séché qui tâchait tes doigts, laissant les plaies à vif. Tant que les gens ne pensaient pas que tu t’étais débarrassé d’Aloisia après sa colère puisqu’elle avait disparu depuis que tu l’avais attrapée par le bras, tout irait bien. « Prête mademoiselle ? » Tu lui tendis le bras, libéré pour la première fois d’être en sa compagnie sans avoir à penser au regard des autres. C’était grisant. Vous prîtes la direction du bar, le corps battu, mais le cœur vaillant.





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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyDim 16 Mar - 22:34

Octavus & Aloisia
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Son petit sourire quant à mon avertissement ne me rassurait pas. Je savais qu'Octavus aimait plaisanter, il n'aurait pas été étonnant dans un sens qu'il profite de cette occasion pour me charrier un peu plus. Je lui lançais un regard noir, même si au fond on y lisait facilement l'amusement, pour le dissuader de toutes tentatives malheureuses, voire désastreuses. J'avais beau avoir une part d’auto-dérision sur ma personne, je n'étais pas sûre d'être capable de supporter un visage trop repoussant. Le mien était loin d'être beau, mais il me convenait très bien. Même si je n'avais pas beaucoup eu l'occasion de lui montrer, j'étais plutôt coquette, j'aimais m'habiller et attirer les regards était toujours plaisant. La Russie serait également l'occasion de lui montrer ce côté-là de ma personnalité. Et de le séduire un peu plus, loin de l'uniforme d'écolière peut-être. Il fallait qu'il oublie mon image, c'est pourquoi j'acceptais malgré tout de modifier mes traits. Et dans un sens, c'était l'occasion rêvée de voir le genre de femme qui pouvait plaire à mon fiancé. Si nous allions véritablement aux Trois-Balais, il allait devoir s'exposer aux autres et il ne le ferait certainement pas en mauvaise compagnie. Son silence et son air songeur m'effrayaient, mais j'avais confiance en lui. Il se doutait de toute façon de ma réaction s'il venait à être trop méchant quant à ma transformation. J'étais prête à le gêner davantage et ce devant le bar entier, histoire que tout le monde pense que nous étions un couple, ce que nous étions plus ou moins en vrai même si c'était bien plus compliqué que cela. Et demain, tout le château ne parlerait que de cela : le beau et séduisant professeur d'Astronomie et sa petite amie bien loin d'être aussi charmante. Je fronçais les sourcils en entendant sa réponse, ou mieux, sa non-réponse. Il n'allait de toute évidence pas me faire le cadeau de m'avertir de mon prochain visage.

«- Mais où est donc passé la galanterie ! Un vrai gentleman offre un verre à une lady telle que moi voyons ! »

Je feignais d'être outrée alors que je me détendais de plus en plus. L'atmosphère était diamétralement opposée à notre rencontre initiale. C'était une bonne idée finalement que de le suivre, ça permettrait de me donner l'occasion de le rassurer, de le pousser à oublier cet incident. Ce n'était rien d'autre que ça, un terrible incident, causé par mes erreurs de jugement. Je n'étais pas du genre à boire de l'alcool, bien au contraire, c'était même très rare. Je ne l'excluais pas, le whisky pur feu restait tout de même un moyen éclair pour se réchauffer. Je sentis ses bras me lâcher faiblement, et mes jambes tinrent le coup. Il desserra sa prise totalement et une petite voix me poussait à feinter de tomber pour qu'il me prenne contre lui une nouvelle fois. Je me fis violence pour ne pas l'écouter. Et je n'y pensais même plus l'instant d'après. Il s'était reculé de quelques pas après avoir sorti sa baguette pour m'inspecter de haut en bas. Il scrutait ma silhouette avec une telle intensité que je voulais en rougir, mais me retint. Le regardais-je de la même manière à chacune de nos séparations ? J'avais pris l'habitude de mémoriser ses traits puisqu'il me faudrait attendre un an avant de le revoir. Il n'avait jamais eu l'envie de le faire, lui. Je me mis à jouer au mannequin, passant ma main dans mes cheveux comme si je posais. Une manière de rendre tout cela moins inconfortable. Je m'arrêtais cependant lorsqu'il pointa sa baguette sur moi. La sensation fut des plus désagréable en je serrais les dents, attendant que cela passe. L'instant d'après, les mèches reposant sur mes épaules se foncèrent, mon roux éclatant devenant un brun intense. Je souriais comme une enfant, émerveillée. J'avais beau être fièrement rousse, devenir enfin une brune incendiaire était excitant. Mes doigts se posèrent sur mon visage après le second sort, il fallait que je sente mes traits. Je pouvais remarquer aisément la différence. Les os de ma mâchoire semblaient plus saillants, mon nez moins fin alors que l’ovale de mon visage était plus allongé. Je n'étais plus Aloisia. Et c'était très étrange.

«- Alors tu me trouves comment ? »

Il ne s'était occupé que de mon visage, je gardais la même silhouette et les mêmes vêtements. Et pourtant, j'avais l'impression d'être une personne totalement différente. J'aurais aimé me voir dans un miroir avant de partir, très curieuse de connaître ce nouvel aspect. Je me retenais de lui demander cependant, préférant attendre d'être au chaud pour cela. Plus le temps passait et moins je sentais mon corps, c'était plutôt inquiétant. Il se débarrassa rapidement du sang qui tâchait encore ses poings avant de me tendre son bras. Je souris devant tant d'attention. C'était comme un premier rendez-vous. Notre première sortie dans le «vrai monde» sans devoir supporter les regards ou porter l'étiquette de fiancés. Je passais mon bras autour du sien, acquiesçant joyeusement. Au fond, j'étais bien contente qu'il ait proposé de se reposer aux Trois-Balais. Je n'aurais certainement pas eu le courage de quitter cette ruelle. Et d'ailleurs, lorsque nous prîmes le chemin du pub, je sentais que mes pas étaient incertains, si bien que je le remerciais silencieusement de l'appui qu'il m'avait offert. Je n'aimais pas me sentir aussi faible, j'avais été stupide de me laisser aller à ce point-là. Mais je n'avais eu le cœur à rien. J'espérais retrouver plus d'entrain en sachant que tout espoir n'était pas perdu. Le vent s'était levé et nous ne parlions pas durant le court chemin menant à notre destination. Je rabattais même ma capuche pour me couvrir un maximum. J'en aurais soupiré de soulagement lorsqu'il poussa enfin la porte du Trois-Balais.

J'entrais la première et souris en voyant la foule joyeuse. L'endroit était toujours aussi bondé que précédemment, les conversations et les rires allaient bon train. Il entra à ma suite, fermant derrière lui et je me retournais spontanément, comme pour confirmer sa présence. Je ne remarquais pas tout de suite les nombreux regards posés sur nous, trop occupée à essayer de repérer une table. Je me sentais déjà bousculée de tous les côtés par les clients, et ma main se posa naturellement sur son bras pour trouver un appui. Tout au fond, près d'une fenêtre, restait une table. Je la pointais de doigt pour lui signaler. J'allais lui demander si cela lui convenait quand, finalement, les regards se firent trop pesants. Tout Poudlard semblait me dévisager, si bien que je craignais un instant que le sort ne se soit rompu. J'attrapais une mèche de cheveux pour me rassurer, mais j'étais toujours brune. Je tournais alors mon visage vers celui du jeune professeur. Il n'allait pas aimer ça, je le savais. Avec un visage autre que le mien ou non, Octavus n'aimait pas être le centre de toutes les conversations. Il allait vite regretter sa proposition. Mes yeux étaient désolés, même si j'avais conscience que ce n'était pas totalement de ma faute cette fois-ci. Il le faisait pour moi, oui, mais je ne pouvais rien contre la curiosité morbide des gens. J'aurais compris qu'il change d'avis.

«- Il y a une table tout au fond... On attirera peut-être moins l'attention qu'en restant au bar. »

Je n'en étais pas convaincue non plus. Le seul avantage, c'était de voir toute la gente féminine de l'école me fusiller du regard, jalouses à en crever. Pour une fois que les rôles étaient inversés, je n'allais certainement pas m'en plaindre.


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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyDim 16 Mar - 23:33


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu ne retins pas un petit pouffement de rire en entendant sa réplique. Tu posas une main choquée sur ta bouche, étonné d’être aussi joyeux après avoir été au plus bas. Tu étais un véritable lunatique aujourd’hui. Tu te retins de rouler des yeux quand elle se mit à poser comme un modèle alors que tu l’as regardait. Cela t’apprendrait à la reluquer quand elle pouvait te voir. Tu espérais au moins que tu n’étais pas en train de rougir. Ton examen devait sembler clinique et rien d’autre. Concentration Octavus. Le sort fut une réussite et tu te retrouvas devant la copie conforme d’Olga Solokov. Le plus incroyable à tes yeux fut sans doute la réaction enfantine d’Aloisia. Tu lui fis un grand sourire, ravi qu’elle soit si joyeuse à l’idée d’échanger sa tête pour une autre. Tu ne voulais pas qu’elle pense que tu cherchais à ne pas être vu avec elle, mais les risques étaient trop grands. Personne ne ferait attention à vous dans ces conditions. Vous étiez des inconnus, si tant est qu’un professeur puisse l’être dans un village où se trouvaient la moitié de ses élèves au moins. Elle semblait contente du résultat et tu eus presque pitié d’elle, prêt à conjurer un miroir pour lui montrer de quoi elle avait l’air. Presque étant le mot le plus important de la phrase. Quant à sa question, tu te contentas d’un petit sourire entendu. « Bien moins belle qu’en réalité. » Toc. Elle prendrait ça comme elle voudrait. Tu lui tendis ton bras et elle s’en empara à ta plus grande satisfaction. De toute façon, tu n’étais pas sûr que vous auriez été capables de marcher normalement sans ce soutien commun. Vous aviez l’air normal, du moins tu l’espérais. Tu n’avais pas envie d’attirer l’attention, les gens risquant de se demander s’ils te reconnaissaient où tu étais passé entre le moment ou tu avais été vu dans la rue et maintenant. Personne ne fit attention à vous durant le court trajet jusqu’au bar. Le vent froid fouettait ton visage, tentant de te mettre un peu de plomb dans la cervelle. Tu avais besoin de reprendre des forces et pas qu’avec un verre dans un ventre vide, un en—cas serait aussi de bon augure. Tu te figuras qu’Aloisia serait volontiers d’accord vu son apparence.

Tu laissas Aloisia entrer la première dans le bar, fermant la porte derrière vous pour couper le vent qui soufflait fort au dehors. Aussitôt les bruits t’irritèrent les oreilles, mais ton besoin de récupérer se fit le plus fort, et tu n’étais pas seul cette fois-ci. Ce n’est qu’en te retournant vers elle que tu pros conscience de l’attraction que vous avez attiré. Tu avais toujours eu le don de savoir quand on t’observait. Tu regardas Aloisia pour être sûr que rien ne sortait de l’ordinaire. Tout le bar n’était pas en mesure de reconnaître les vêtements de ta fiancée quand même si ? Soit la rumeur de ton apparition pour stopper Aloisia qui hurlait dans la rue s’était répandue à tout Pré-au-lard, soit ils pensaient réellement que tu avais fini par la tuer et cacher son corps dans un coin comme elle semblait avoir disparue, soit ils étaient curieux de voir qui accompagnait le fils McKenna. Tous ne devaient pas savoir que tu étais fiancé quand même, si ? Tu t’attendais à ce que les gens ne fassent pas attention, mais visiblement tu t’étais sous-estimé ou du moins tu avais sous-estimé l’attention de tes élèves pour un bon ragot. Du coin de l’œil, tu aperçus effectivement Murdoch en compagnie de trois autres pimbêches. Son regard semblait vouloir faire des trous dans la tête d’Aloisia. Tu retins un sourire moqueur. Aloisia finit par s’accrocher à toi et tu lanças un regard noir au type bourrin qui venait de la bousculer sans même s’excuser, sans doute un sang de bourbe vu ses manières.

Tu étais habitué aux regards et fit comme si de rien était. Le pire aurait été de montrer à quel point ils te dérangeaient. Tu n’avais rien fait de mal et ne comptait pas arrêter de fréquenter des gens juste parce qu’ils étaient curieux. Bien sûr, tu aurais préféré qu’ils se mêlent de leurs affaires, mais tu ne pouvais pas tout avoir. Te voir aussi banal finirait bien par les lasser. En tout cas, tu avais eu raison de changer l’apparence d’Aloisia. Il aurait été vraiment complètement irresponsable de l’emmener aux trois balais sans ce subterfuge. Dommage que tu n’aies pas pu faire pareil avec ton propre visage. C’est là que les dons de métamorphomage te seraient utiles. Encore que tu étais presque certain que Murdoch aurait été capable de reconnaître tes vêtements.  Tu évitas d’aller plus loin dans cette pensée, préférant oublier Liberia qui semblait te hanter ces derniers temps.

A la place, tu préféras placer ta main autour de la taille d’Aloisia, conscient que tu alimentais les rumeurs, mais incapable de t’empêcher de montrer à toutes ces filles qui cherchaient à te séduire que tu étais déjà intéressé par quelqu’un. Pas besoin qu’elles sachent qu’il s’agissait d’une de leurs camarades. Ce n’était pas une chasse aux sorcières. Tu regardas en direction de ce qu’elle te montrait et vit une table de libre. Vous auriez vue sur l’extérieur, mais ce serait sans doute plus discret. Ces gamines n’allaient pas sortir pour t’espionner à travers la fenêtre, enfin tu l’espérais… Tu savais que Murdoch était encore plus furax parce que tu avais été particulièrement avenant avec elle ces derniers temps. Une erreur que tu n’étais pas prêt de répéter. Aloisia t’indiqua de vive voix ce qu’elle t’avait déjà montré. Tu hochas la tête. « Oui, je l’ai vue. Tu veux t’y installer pendant que je vais chercher les consommations ? Whisky ? » Si tu avais eu la tête froide, tu n’aurais jamais proposé de lui commander ça. Même si son physique était majeur, elle restait ta charge, ton élève, fiancée et toutes les responsabilités qui y étaient attachées. De plus, tu n’étais pas sûr que la faire boire à jeun soit une bonne idée. Heureusement, tu avais une solution à ce problème et tu avais toi-même faim donc tu allais commander un apéritif en plus. Un petit verre ne la tuerait pas. Tu commanderais aussi une bieraubeurre pour qu’elle ait le choix. Tu finirais son verre si elle n’en voulait pas. Ces résolutions prises, tu l’accompagnas jusqu’à votre table, conscient des regards qui s’attardaient sur vos deux silhouettes. Tu étais sûr qu’elles cherchaient toutes désespérément à connaître l’identité de ta mystérieuse accompagnatrice. Elles ne risquaient pas de trouver un jour. Tu laissas Aloisia pour aller commander vos consommations auprès de Mme Rosmerta qui était débordée. Après quelques minutes d’attente, elle finit par te donner tout ce que tu voulais et tu retournas à la table avec un plateau. Miss Murdoch te barra soudainement le chemin et tu fis une halte brutale, manquant de renverser un des verres sur elle. Elle ne l’aurait pas volé. « Pardon, Miss Murdoch. J’aimerais passer. » Tu lui fis un léger sourire crispé, les sourcils haussés en signe de supériorité et elle finit par bouger, sa superbe semblant avoir fondu comme neige au soleil quand tu avais posé les yeux dans les siens. Riant intérieurement, tu arrivas devant votre table et posas tout sur la table, les yeux rieurs. Tu espérais qu’Aloisia avait vu la scène, curieux de voir sa réaction. « Et voilà, Whisky pur malt, bieraubeurre, tortillas et bretzels. »






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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyLun 17 Mar - 16:04

Octavus & Aloisia
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Son rire résonna avant même qu'il puisse le contenir. Il plaqua une main sur sa bouche, presque choqué, alors que je ris à mon tour de le voir si amusé. Le son de son rire, c'était ce que j'aimais entendre le plus. Ça et sa voix grave lorsqu'il m'appelait par mon prénom. Aloisia... rien ne sonnait avec autant de mélodie que cela. Ses intonations reflétaient à la perfection la force et le charisme qu'il dégageait constamment. J'aurais pu l'écouter parler pendant des heures, il n'était malheureusement pas le genre à s'épancher autant. Je devais passer pour une réelle pipelette à côté de lui. C'était peut-être ce qui rendait chacun de ses mots si importants. Et lorsqu'il me répondit, je ne pus de sourire franchement, touchée par ce compliment. Ça ne dura qu'un instant. Une partie de moi voulait penser qu'il voulait dire qu'il me trouvait bien plus belle en réalité, et donc pour faire court qu'il me trouvait belle de manière générale. En y réfléchissant, je pouvais être mieux d'ordinaire parce qu'il n'avait pas du tout été tendre quant à ma transformation. Je le regardais subitement avec une expression soupçonneuse. Je n'aurais aucune réponse maintenant. Et j'y pensais sur la route. Il ne manquerait plus que tout le monde se mette à rire de moi en entrant aux Trois-Balais... Même si au toucher, tout semblait assez harmonieux, je n'avais aucune idée du résultat final.

Bien qu'effectivement, l'ensemble des clients avaient les yeux rivés sur nous, je n'avais pas l'impression que c'était du à une difformité de cette apparence. Et je n'étais pas redevenue la jeune étudiante de Serpentard de toute évidence. Non, ce n'était qu'une curiosité sans nom. D'ailleurs, avant de me regarder moi, c'était Octavus qui avait été la cible principale de cette attention. Je savais qu'il avait un succès plus ou moins important auprès des jeunes sorcières, les garçons lui attribuant aussi beaucoup de mérite. Je ne réalisais pas à quel point la vie du jeune et nouveau professeur d'Astronomie pouvait être autant un sujet palpitant pour eux. Les conversations semblèrent s'arrêter un bref instant avant de reprendre avec une intensité des plus remarquable. J'essayais de ne pas trop y prêter attention alors que mes yeux cherchaient frénétiquement une table pour nous mettre à l'abri le plus vite possible. Mais c'était assez difficile. On me bouscula et je posais ma main sur Octavus pour trouver un appui. Ce simple geste mit le feu aux poudres. Les regards jusque-là curieux devinrent noirs pour beaucoup de jeunes femmes. Je pouvais sentir leur haine à mon égard. J'en fus d'abord choquée. Je lui montrais la table libre, peu convaincue du bien fondé de notre venue. J'avais peur qu'il ne s'énerve, que cette situation lui fasse regretter son intention première. Mais lorsque sa main se posa sur ma taille, j'oubliais mon appréhension. Le choc passé, j'étais même plutôt fière de tant de jalousie à mon égard. Même si elle n'était pas véritablement dirigé contre moi. J'aurais presque aimé reprendre mes traits à cet instant précis, un élan de possessivité m'envahissant. Si seulement je pouvais à toute leur montrer qu'Octavus m'appartenait, à moi. Et pas à ce visage factice. C'était pourtant mieux que rien. Si les élèves se mettaient à croire que cette brune était en couple avec lui, peut-être que le jeu de «qui pourra se vanter d'avoir eu McKenna » cesserait à Poudlard.

«- Surprends moi ! »

Je lui répondais en souriant, au fond persuadée qu'il n'irait pas jusque-là. Il avait constamment mon âge en tête et était incapable de me voir autrement qu'une enfant. Son poste de professeur devait certainement compliquer les choses. Mais ça m'amusait de jouer à ce petit jeu. Même si j'allais finir avec du jus de citrouille ou une bieraubeurre à coup sûr. Je me retournais pour m'avancer vers la table choisie mais m'arrêtais après seulement quelques pas. Je n'arrivais pas à me frayer un chemin et une drôle d’animosité régnait dans l'air. Personne ne semblait vraiment très enclin à me laisser passer, enfin les demoiselles surtout. Je serrais les lèvres, les yeux noirs, prête à jouer des coudes même dans cet état. Le groupe de sorcières semblaient ciller mais je sentais Octavus à mes côtés, se frayant un passage avec une aisance déconcertante. Je le suivis et m'assis finalement à la table alors qu'il repartait commander. J'affichais une expression digne, froide, une étincelle de défi pétillant dans ces yeux inconnus. Et alors que je regardais brièvement par l'extérieur, mon attention fut captée par le reflet de la glace. Je fixais une jeune femme plutôt belle et lorsque je lui souris, ses lèvres s'étirèrent également. Il m'avait rendu plus âgé, plus jolie aussi. Mes traits étaient fins, mes joues encore plus creuses qu'à l'accoutumée. Ma mâchoire était plus imposante et mes pupilles d'un chocolat sombre qui s'harmonisait parfaitement avec le brun intense de mes cheveux. Il était impossible que quelqu'un me reconnaisse. J'étais différente, mais jolie. Il ne s'était pas amusé à mes dépends. Je tournais vivement la tête, un fin sourire ornant ces nouvelles lèvres minces.

J'assistais malgré moi à une scène des plus déplaisante. Mon fiancé revenait vers moi, mais il fut brutalement interrompu par la plus vile de toutes ses groupies. Murdoch barra le passage, l'observant sans rien dire pendant quelques secondes, comme si elle voulait régler ses comptes avec lui en public. Instantanément, je perdais mon sourire. Je fronçais du sourcils et serrais les poings, prête à lui bondir dessus. Il la contourna après un moment et finit par s'asseoir à mes côtés alors que je ne quittais pas du regard la Gryffondor. J'étais tellement obnubilée par cette idiote que je ne l'écoutais pas. De toute évidence, elle n'avait pas perdu son aplomb après notre petite rencontre. Il fallait croire que les pustules n'étaient pas assez efficace pour faire fuir la vermine. Je continuais encore de la regarder lorsque je m'approchais d'Octavus, mes doigts caressant légèrement, mais de manière bien visible, sa main qui poussait vers moi un verre. Ce geste sembla l'énervait plus que tout et elle tourna la tête. C'était pas trop tôt. J'attrapais la boisson, furieuse. Ce n'était plus un simple béguin d'étudiante, un flirt innocent. Il semblait l'intéresser un peu trop à mon goût. Un deuxième tour à l'infirmerie lui ferait le plus grand bien.

«- Cette nouvelle tête n'a jamais eu l'occasion d'agresser Murdoch... il faudrait peut-être y remédier. »

Je portais le verre à mes lèvres et le vida d'une traite, la gorge serrée de contrariété. J'en oubliais presque la douleur physique. Je ne pus pourtant m'empêcher de toussoter en avalant l'étrange liquide. Ça n'était pas aussi sucrée que je l'attendais. Bien au contraire, la boisson sembla ravager ma bouche et tout l'intérieur, allumant un brasier sur son passage. Ma main se posa sur ma gorge, surprise. Je regardais alors enfin Octavus, ma main toujours sur la sienne s'accrochant plus fort sous le goût de l'alcool. Et ce qu'il avait devant lui. Un verre de whisky. Il ne plaisantait pas précédemment. L'instant d'après j'avais chaud, une chaleur étrangère retournant mon ventre. Je toussais encore un peu, ma gorge me rappelant le choc antérieur encore par ce geste, mais je n'arrivais pas à faire passer le breuvage. Puis j'ouvrais la bouche et prenais une grande bouffée d'air, comme si ça allait pouvoir éteindre l'incendie en moi. J'ôtais en même temps d'un geste fébrile mon manteau, hésitais même à retirer mon pull. Pour le coup, il m'avait définitivement surprise. Je tournais enfin un regard perlé de larmes vers lui, horrifiée et amusée à la fois, mais incapable de parler.

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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyLun 17 Mar - 18:22


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu étais sûr que loin d’apaiser tes élèves, t’avoir vu en galante compagnie ne ferait que dupliquer leurs ardeurs. Rien de tel qu’une petite compétition pour se prouver ce qu’on valait réellement. Il était vrai que personne ne savait que tu étais fiancé. Vous n’aviez rien à part une parole d’honneur pour le prouver. Tu préférais ignorer leurs regards. Tu ne comptais pas laisser cette opportunité unique d’être enfin dehors avec Aloisia être gâchée par les regards des autres. De toute façon, cela aurait été cent fois pire si tu étais entré avec la vraie rousse. Tu avais l’impression d’être normal pour la première fois et rien n’allait gâcher ça. Une part perverse de toi avait presque envie de faire un show de cette sortie anodine, l’embrasser fougueusement sur la bouche rien que pour les énerver un peu plus. Ce n’était pas comme si Aloisia risquait d’en subir des représailles. À part avoir les oreilles qui saignent en entendant toutes les insultes des filles qui te trouvaient mignon, elle ne craindrait rien du tout. Tu lui fis un sourire amusé, presque certain qu’elle partageait ton sentiment sur la question.

Tu lui demandas ce qu’elle voulait à boire, déjà plus ou moins fixé sur ce que tu allais commander de toute façon. Après ces émotions fortes, l’alcool ne semblait pas superflu. Elle voulait être surprise, elle allait être servie. Tu hochas la tête et lui fis un clin d’œil, signe que tu avais compris. Même si Aloisia avait plaisanté plus tôt que tu lu payes un verre, elle devait penser que tu n’oserais jamais lui commander de l’alcool. C’était pourtant ce que tu étais en train de faire. Un seul verre ne te ferait pas perdre le contrôle et tu en avais besoin pour te sentir mieux. Comparé à la quantité que tu avais ingérée depuis la dernière fois que tu l’avais vue, un verre était le cadet de tes soucis. Tu buvais juste pour oublier, tu n’étais pas alcoolique. Tu pouvais t’arrêter quand tu voulais. Maintenant que vous aviez réglé vos ennuis, tu n’avais plus de raisons de faire la tournée des bars, ni de ramener une fille différente tous les soirs. Alors que tu commandais, tu gardais un œil vers votre table. Tu aurais à peine été étonné de voir une de tes élèves l’aborder l’air de rien pour savoir qui elle était. Fort heureusement pour elles, aucune n’osa.

Tu finis par revenir sans trop de problème vers Aloisia. Quand tu t’installas à votre table, tu étais sûr qu’elle avait vue Murdoch t’accoster vu son attitude, prête à l’attaque. Elle ne semblait même pas avoir remarqué ta présence, les yeux toujours fixés sur ton élève. Tu fus presque surpris quand sa main caressa la tienne, mais tu ne réagis pas, à l’exception d’un petit sourire en coin. Tu ignoras totalement Emily qui continuait sans doute de vous regarder si cette sensation d’espionnage que tu ressentais indiquait la vérité. Tu voyais totalement son petit manège. C’était plutôt flatteur. Mieux valait qu’Aloisia n’apprenne jamais que tu avais failli coucher avec Murdoch dans ta détresse. Tu ne savais pas qui elle tuerait en premier, sans doute la brune, mais tu n’avais envie de prendre aucun risque.  

En entendant ses mots, tu te sentis sourire. « Oui, mais en tant qu’adulte, tu risques d’avoir des problèmes plus grave qu’une simple retenue. Et si tu lui relances à nouveau le même sort, elle risque de finir par se douter de quelque chose… Je pense qu’elle devrait comprendre la leçon sans avoir besoin de devenir physique. » Tu haussas les sourcils de façon comique. Tu l’imaginais parfaitement attaquer Murdoch. Aloisia était territoriale te concernant. Tu avais presque l’impression qu’elle tentait d’imposer clairement sa possessivité à ton égard en te touchant pour provoquer ces gamines. Tu la laissas faire, c’était loin de te déranger. Rien n’aurait pu être plus différent du début de votre rencontre.

Tu ne t’étais pas attendu à ce qu’elle vide d’un coup sec son verre de whisky, comme certains boivent un verre d’eau. Tes yeux s’arrondirent alors qu’elle toussait. « Bienvenue dans l’âge adulte! » Tu lui fis un clin d’œil taquin. Tu attendais de voir à quel moment elle allait se rendre compte de ce qu’elle avait bu. Tu doutais qu’elle soit habituée à l’alcool. Même si tu avais parfaitement en tête une conversation lors de votre première soirée où elle avait avoué n’avoir jamais bu le moindre jus de citrouille, préférant l’alcool. Sans doute pas de l’alcool fort comme ça. Au moins, elle saurait à quoi s’attendre quand elle serait en Russie. Elle ferait attention à ce que tu offrirais Aleksei. Finalement, tu eus la réaction que tu attendais. Elle porta la main sur sa gorge et tu grimaças. Peut-être que lui commander ça n’avait pas été ta plus brillante idée vu que sa gorge était déjà malmenée par tes doigts vengeurs. Pour un palais non averti, boire un alcool si fort n’était déjà pas une partie de plaisir, alors ça devait faire terriblement mal après avoir manqué d’être asphyxiée. Le whisky faisait un peu la même sensation. C’était si fort que l’air semblait cesser de circuler au passage de l’alcool. Tu aurais sans doute dû y réfléchir plus tôt. Tu ne lui demandas pas si ça allait. Il était évident que non et tu n’allais pas faire remarquer la certitude même.

Tu étais conscient que certains regards ne s’étaient toujours pas détournés de votre couple et devaient se poser encore plus de question de voir la compagne du professeur en train de s’étouffer après avoir bu du whisky. Murdoch notamment devait être en train de remercier son karma. Tu n’y fis pas attention, gardant ta main sous la sienne, tes doigts caressant doucement sa paume. C’était par ta faute que ça passait si mal. Heureusement, il lui restait la bieraubeurre pour essayer d’atténuer la sensation de feu. « Mange quelque chose pour faire passer la sensation. Ça devrait aller mieux. » Tu avais de l’expérience avec le whisky. Les russes tenaient bien leur alcool, toi pas vraiment. La première fois que tu avais goûté à ce liquide, tu avais eu envie de le recracher aussi sec. Seule l’humiliation de tes camarades t’en avait empêché. Tu attrapas avec ta main libre ton propre verre et avala une petite gorgée avant de piocher dans les bretzels pour te mettre quelque chose dans l’estomac. L’alcool ne faisait jamais bon ménage avec la fatigue et le fait d’être à jeun. L’alcool réchauffa ton corps rapidement, brûlant ta gorge sans que tu n’y fasses plus attention. Tu n’avais pas détourné les yeux de la rouquine, dorénavant brune. C’était de l’eau que tu aurais dû aller lui chercher. Tu attrapas ta baguette et lanças l’aquamenti pour faire couler de l’eau dans son verre maintenant vide. « C’est mieux ? » Tu laissas ton dos retomber contre la banquette, détendant tes muscles. Tu avais l’impression d’avoir été passé à tabac. Tu n’étais pas sûr d’être capable de te lever de cette place maintenant que tu étais assis. Tu avais gardé ton apparence irréprochable, cachant tes faiblesses avec talent. C’était ce que tu faisais de mieux personne n’avait besoin de savoir ce que tu avais fait avant de venir ici. « Tu m'avais donc menti la dernière fois que tu as parlé de boire de l'alcool avec tes camarades ? » Tu tournas la tête vers elle, curieux de savoir ce qu'elle avait voulu dire.




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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyLun 17 Mar - 20:01

Octavus & Aloisia
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J'avais grandi en étant fiancée, jamais je n'avais pensé que je devrais me battre pour un homme un jour dans ma vie. J'avais tort, de toute évidence. Depuis le retour d'Octavus, je réalisais que ses charmes n'agissaient pas seulement sur moi. À l'abri dans le manoir familiale, personne ne venait me faire de l'ombre, ici c'était une toute autre histoire. La concurrence était rude, je devais bien l'admettre. Poudlard regorgeait de jolies sorcières, je n'osais imaginer ce qui en était pour le reste du monde. Il avait donné sa promesse de m'épouser et il la tiendrait, je le savais. Mais je voulais plus que son nom. Je le voulais lui, entièrement. Je voulais surtout qu'il me veuille, moi, que notre union soit portée par autre chose qu'un accord passé entre nos deux familles douze années de cela. Il fallait parvenir à le séduire assez pour éclipser toutes les autres. C'était difficile vu les barrières qui faisaient obstacles. Et puis, je ne voulais pas le brusquer. J'avais beau me répéter encore et encore qu'il fallait que je prenne de la distance, que j'arrête de me montrer aussi tactile inconsciemment, je n'y parvenais pas. Et ce n'était pas dans cette situation que j'allais trouver la force d'écouter la voix de la raison.

Je préférais être flattée de toute cette attention, remplie d'orgueil à l'idée que l'on envie ma place. J'étais aux côtés d'Octavus aux yeux du monde entier pour la première fois de ma vie. Même si ce n'était pas avec mon visage, il y avait quelque chose de libérateur dans cette rencontre à découvert. J'avais l'impression de ne plus être un vilain secret qu'il fallait cacher coûte que coûte. Sûrement que les sorties en Russie m’exalterait encore davantage. Je laissais la fierté m'envahir, jusqu'à ce que la colère et la jalousie prennent le pas. Déclenchées par le visage ô énervant de Murdoch. La voir aussi près de mon Octavus, même pour un si bref moment, m'était insupportable. Elle osait là où tout le monde se contentait de regarder avec curiosité. Elle se plantait devant lui comme si c'était justifié, que quelque chose la rendait différente de toutes les autres groupies. Et mis à part le fait que son visage ai déjà subi ma colère, je ne voyais pas d'où elle sortait cette assurance. Un regard froid avait beau l'avoir fait plier, je ne décolérais pas. J'avais envie de me jeter sur lui, de l'embrasser avec fougue et possessivité, c'était un besoin instinctif, animal, de poser ma marque sur lui pour que plus personne ne le touche. Je me contentais de sa main, les yeux rivés sur la Gryffondore, espérant de tout mon cœur que lui me regarderait, moi, même si au fond, je n'avais pas conscience pleinement de sa présence. J'étais une peste au fond, je détestais que l'on vienne m'attaquer mais n'hésitais pas à rendre les coups. C'était une guerre, subtile et pourtant des plus intenses. J'avais un avantage qu'elle ne réalisait même pas. Elle avait beau ne pas savoir pour nos fiançailles, elle était impardonnable à mes yeux. Je voulais laisser éclater ma violence, lui faire comprendre physiquement qu'il fallait qu'elle déguerpisse et vite. J'en serais capable, il fallait qu'elle prenne garde à ne pas franchir une certaine limite. Il avait beau avoir raison, je restais persuadée que tout rentrait mieux dans sa tête en tapant dessus. Fort et plusieurs fois. Mais je m'abstenais de tout commentaire. Et elle finit par battre en retraite.

Ses mots firent leur chemin jusqu'à moi alors que je tentais de me remettre de la surprise. Boire un verre d'alcool comme l'on buvait de l'eau n'était jamais très agréable. C'était même tout à fait déstabilisant. Je comprenais mieux son clin d'oeil taquin maintenant. Octavus, ou l'art de surprendre au moment où l'on s'y attend le moins... Ce nouveau physique d'adulte aidait peut-être, j'appréciais en tout cas son entièreté. Il choisissait d'être lui, de ne pas se limiter en cet instant à ses obligations de fiancé, d'aîné et de professeur. Et même si j'en faisais les frais, ma gorge et mon estomac pouvant en témoigner, je préférais qu'il en soit ainsi. Je n'avais pas une grande expérience de l'alcool. Évidemment, j'étais habituée au champagne, c'était même la boisson première au manoir, ma mère ne jurant que par cela et pour toutes occasions. J'avais découvert les alcools moins nobles à Poudlard, mais jamais pur, toujours coupés à l'occasion de soirées d'après-match. J'avais trempé mes lèvres dans un whisky un jour pour faire plaisir à mes coéquipiers, me refusant d'en avaler la moindre gorgée cependant. Je ne voulais pas perdre le contrôle. Garder la tête froide avec un jus de citrouille arrangé, c'était une chose. Conserver ses esprits avec ce genre de boisson en était une autre. La maison Serpentard n'était pas réputée pour sa couardise pour rien, mes condisciples masculins en étant un parfait exemple. Ils profitaient largement de ce moyen peu glorieux pour parvenir à leurs fins. J'avais pu le constater en ramassant quelques unes de mes amies après des beuveries douteuses. Il me conseilla de manger, je m'en sentais incapable. L'alcool était encore en train de faire des ravages dans mon estomac, j'avais l'impression qu'ingurgiter la moindre chose serait une terrible idée. Mais il s'y connaissait sûrement mieux que moi. C'est en voulant attraper quelque chose à manger que je remarquais que ma main couvrait toujours la sienne, la seule différence étant que ses doigts caressaient ma peau maintenant. C'était léger, tendre, apaisant. À un tel point que j'en oubliais la brûlure du liquide un instant. Ma toux repris cependant et je posais de ma main libre le bretzels que j'étais sur le point d'avaler. Ma trachée ne supporterait certainement pas quelque chose de solide de toute façon. Il du le comprendre puisqu'il finit par faire apparaître de l'eau dans le verre vide. Je m'en emparais et me mis à boire, hochant la tête positivement, quelque peu soulagée.

Je réprimais un léger rire en l'entendant. Je ne lui avais absolument pas menti. Il oubliait peut-être qu'à mon âge, et surtout coincés dans une école assez stricte, les jeunes n'avaient pas la possibilité de se procurer des boissons aussi fortes. Et puis, j'étais une femme, lui un homme, c'était forcément différent. Surtout en effectuant sa scolarité à Durmstrang, boire semblait la seule option pour survivre au froid. Je pris exemple sur lui, me laissant aller contre la banquette, sentant mon dos me faire mal un instant, me rappelant ainsi ma fatigue. Je plongeais mon regard dans le sien, surprise même qu'il se rappelle de cette brève conversation sur ce sujet durant le dîner sur la terrasse.

«- Les Serpentards ne sont pas raffinés au point d'investir dans ce genre d'alcool pour pousser les filles dans leur lit tu sais. »

Je souris faiblement puis me rappelais de sa jalousie subite lorsque j'avais évoqué Basil et ses envies salaces à mon égard. Aussi surprenant qu'il soit, Octavus avait semblé vouloir passer ses nerfs sur le jeune homme à ce moment-là. C'était bien plus dangereux que mes envies meurtrières vis à vis de Murdoch. Bien que les miennes soient plus justifiées. Il était inutile de l'informer des tentatives pitoyables des garçons pour me saouler durant ces beuveries. Je rajoutais rapidement, comme pour me rattraper.

«- Enfin, je me contente de verres plus légers... Je serais peut-être plus expérimentée si je faisais comme toutes les autres, mais je préfère garder la tête froide. »



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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyLun 17 Mar - 21:52


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Aloisia Bateson & Octavus McKenna ▬

Tu plaisantais bien sûr en posant cette question. Tu ne voyais pas l’intérêt de mentir sur ça. Cependant, tu n’apprécies pas particulièrement la connotation sexuelle de ses paroles. Ta main libre se serra en poing, mais tu étais incapable de refaire preuve de violence ce soir. En revanche, tu ne pouvais pas promettre de te contrôler si tu étais témoin d’une de ces soirées. « Non, je suppose qu’ils se contentent de bière… » Tu avais parlé avec dédain. Au moins en Russie, on t’avait éduqué avec des alcools nobles. Il était vrai que la bière était bien populaire dans les pubs anglais que chez les russes qui aimaient la vodka.  « Enfin, j’estime que si les filles continuent de boire malgré ça, elles sont en partie coupables. » C’était bien une opinion de mec de penser ça, mais c’était en partie vrai quoi que les gens en disent. On ne pouvait pas toujours se trouver des excuses. Personne ne leur versait de force l’alcool dans la gorge, elles le prenaient volontairement. Tu gardas tes pensées pour toi. Tu t’engageais peut-être sur un terrain dangereux, pourtant Aloisia était loin d’être aussi naïve que ses congénères. Tant qu’elle ne se comportait pas de cette façon, tu te moquais bien de ce que pouvaient faire ses camarades. Et tu espérais bien que c’était le cas. Tes yeux s’assombrirent à la pensée qu’elle ait fini dans le lit d’un crétin boutonneux porté par ses hormones. Tu avais du mal à le croire vu la façon dont elle se comportait avec toi, toute séductrice à part, elle restait innocente.  

Elle finit par te rassurer, sentant sans doute que tu n’appréciais pas ses sous-entendus. L’idée d’imaginer ta fiancée boire de l’alcool et finir la soirée dans le lit d’un de ses camarades sans aucun souvenir de ce qui s’était passé ne te faisait pas du tout plaisir. Est-ce qu’elle incluait ce Basil de malheur dans les gens qui employaient ces techniques de drague ? Ta paupière tiqua. Bien sûr, tu n’étais pas vraiment surpris. Ce qui se passait à Durmstrang était loin d’être isolé. Les garçons restaient des garçons. Tu faisais partie de la catégorie qu’elle décrivait. Enfin, tu avais toujours eu l’embarras du choix niveau conquêtes féminines, donc tu n’avais pas eu besoin de te rabaisser à ce moyen pour trouver une compagne pour la nuit, mais l’alcool aidait à délier les langues et à se montrer moins prude. Tu préférais la voir s’étouffer avec ce verre plutôt que l’avaler avec la pratique d’un homme blasé comme toi.  Cela montrait qu’elle ne mentait pas en disant qu’elle ne faisait pas partie des malheureuses victimes de ces soirées.  « J’espère bien oui. Cela m’ennuierait de devoir mentionner à Rogue vos petites soirées clandestines avec de l’alcool quand c’est interdit dans le château. » Tu ne plaisantais plus. Tu avais été un élève, mais maintenant tu étais passé de l’autre côté de la barrière. Tu étais professeur. C’était difficile de devoir doser ton rôle avec celui de fiancé d’une élève. Tu n’étais jamais certain comment tu devais analyser les informations qu’elle te donnait, en tant que mentor ou fiancé.  Dans ce cas là, tu te fâcherais sous ces deux casquettes. Si tu l’épousais, elle devrait être à toi entièrement et uniquement. C’était hypocrite de ta part parce que tu n’avais pas eu la même délicatesse à son égard, mais elle n’avait pas besoin de l’apprendre. Tu avais été fiancé avec elle plus âgé, tu pouvais justifier ton expérience sur tes années scolaires uniquement.

Tu préféras ne rien dire de plus, ne voulant pas plomber l’ambiance qui s’était allégée. Ta main n’avait pas cessé son manège, geste réconfortant pour elle, mais surtout pour toi. C’était votre première sortie officielle et tu ne voulais pas qu’elle en garde un mauvais souvenir, même si elle n’avait pas son apparence habituelle. Ça ne changeait rien à tes sentiments à son égard. Tu continuas de piocher dans la nourriture, avalant une nouvelle gorgée de ton verre. Tes yeux voyagèrent discrètement vers les autres clients du bar. Tu ne croisas aucun regard, même Murdoch avait fini par se détourner. Bien.

Tu repensas à l’autre raison pour laquelle tu l’avais invitée aux trois balais, sa prochaine visite en Russie. Il fallait que vous discutiez des modalités pratiques du voyage. Tu étais même étonné que ses parents n’aient pas posé plus que question que ça. En tout cas, ils n’avaient pas cherché à te contacter, mais tu ne pouvais pas les laisser dans le noir plus longtemps. Peut-être avaient-ils espéré que tu les contacterais de ta propre initiative, comme le savoir vivre l’exigeait. Le silence n’était pas inconfortable, donc tu avais des réticences à le briser pour parler. Vous aviez tout le temps du monde, enfin presque. Tous les élèves devaient être de retour pour dix-huit heures au château. Tu n’avais pas idée de l’heure qu’il était. Ton regard se posa sur l’horloge. Vous aviez encore de la marge.

« J’imagine que tu as hâte d’être en vacances. » Tu lui fais un léger sourire. C’était loin d’être une introduction discrète sur le sujet qui t’intéressait, mais bon… Elle ne t’avait rien demandé non plus. Tu avais pensé au départ que c’était parce qu’elle ne souhaitait plus partir, mais Aloisia t’avait détrompé plus tôt. Elle n’avait jamais été timide quand elle avait des questions d’ordinaire. Elle ne savait sans doute même pas quel jour elle partait exactement. Ça avait dû lui sortir de la tête. Tu lui jetas un regard à la dérobée.

Tu avais pris tes dispositions avec le Ministère pour qu’Aloisia ait accès à un portoloin international qui partirait le 27 décembre. Tu t’étais entendu avec ses parents pour qu’elle reste avec toi jusqu’au 4 janvier, la veille de la rentrée, de cette façon ils profitaient d’elle pendant une semaine et toi aussi. Vous retourneriez en Écosse ensemble. Aloisia pouvait prendre le train de retour, ou tu pouvais la déposer en transplanant. Ce serait son choix. « Est-ce que tu as des questions sur le voyage ? » Ce serait peut-être plus simple de commencer par ça, plutôt que de se lancer dans de longs discours. Tu espérais qu’elle s’intéressait vraiment à cette partie de ta vie. Tu ne voyais plus ce voyage comme une simple torture suite à ton incapacité à te contrôler. Tu voulais vraiment qu’elle passe du bon temps en ta compagnie. Tu avais prévu tant de choses pour lui plaire. Ce serait aussi une façon de te faire pardonner tes accès de violence. Aloisia arriverait en territoire inconnu. Elle devait forcément avoir des interrogations. Heureusement, elle maîtrisait les bases du russe, un avantage non négligeable. Tu serais là de toute façon. Même si tu ne travaillais plus au Ministère, tu continuais d’être vu comme un invité important. Elle n’aurait aucuns problèmes pour passer la frontière. Tu l’attendrais. Comme tu l’avais dit, tu ne la lâcherais plus.




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MessageSujet: Re: Running away will never make you free [Octasia]   Running away will never make you free [Octasia] EmptyLun 17 Mar - 23:35

Octavus & Aloisia
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Je sentais que le sujet était sensible, Octavus semblant ne pas apprécier l'idée que de telles choses aient lieux dans ma propre Salle Commune. Sa main libre se serra en poing, signe d'une violence refoulée, alors que paradoxalement, la seconde n'était que tendresse, ses doigts parcourant toujours le creux de ma main. Ce n'était pas tant l'alcool qui le dérangeait, après tout, il m'avait lui-même offert un verre de whisky la seconde d'avant. C'était l'utilité que les autres y trouvaient. Ce n'était pas un aspect de notre relation duquel nous discutions, même si j'y pensais sûrement bien plus que lui. Pourtant je savais qu'après notre confrontation du à ce baiser, il devait être encore plus réticent. J'étais peut-être obligée à la chasteté, ce n'était pas le cas du reste du château. Bien au contraire même. Ça creusait parfois un fossé entre mes amies et moi, je ne ressentais pas le besoin de le comblé à tout prix. Et surtout, pas avec n'importe qui. Pour moi, il n'y avait que lui, quitte à attendre des années encore. Il m'avait bien offert mon premier baiser. En voyant la suite, j'imagine que ça ne devait pas être si agréable que ça. J'aurais du m'entraîner au final, et cacher ça en faisant du chantage à un pauvre garçon esseulé pour qu'il garde le silence. Ce n'était pas les occasions qui manquaient. Mon refus catégorique de céder attirait toujours plus l'attention, l'envie. Ça ne me poussait qu'à être encore plus méfiante de mon côté. J'hésitais à prendre la défense de mes amies. Il fallait avoir du caractère pour dire non à un verre. Ça pouvait sembler stupide, ça l'était dans un sens, mais partager un moment comme une toast permettrait de se sentir inclus dans une bande. Ils finissaient par être liés dans l'ivresse, je restais seule dans la sobriété. Alors effectivement, elles n'étaient pas obligées de boire et encore moins de coucher avec eux. Mais ce n'était pas tout le monde qui pouvait supporter de se sentir mis à l'écart.

Je fus horrifiée en l'entendant, le regardant avec des yeux ronds. Il n'oserait pas tout de même... Je me confiais à Octavus, pas au professeur McKenna. J'avais beau ne pas me sentir trop en danger, mettre Rogue en colère n'était jamais une bonne chose à faire. Le Maître des Potions favorisaient les verts et argents, c'était indéniable, mais il était extrêmement sévère envers nous. Je n'osais même pas imaginer sa tête si les soirées de ce genre venaient à lui parvenir... Je n'étais certes pas celle qui abusait de la boisson, il savait pertinemment que j'étais du genre tête de groupe. J'étais entourée et savais très bien mener mon petit monde à la baguette. Ma position en tant que membre de l'équipe était également un avantage. Un inconvénient dans ce cas-là. Je serais bonne pour des semaines de retenue avec Rusard. Ou pire, avec le bonbon rose, il en était hors de question ma rétine ne le supporterait pas. Puis je finis par sourire. Ce n'était pas tant en moi qu'il n'avait pas confiance dans le fond. Je venais de lui prouver lamentablement que le goût de l'alcool fort était loin de m'être familier. Et mon inexpérience dans l'autre domaine devait le frapper encore plus. Je ne lui avais pas parlé des avances que je recevais, sauf pour Basil qui était une exception notoire. Ça ne voulait absolument pas dire que je comptais en profiter un jour. C'était simplement que ça n'avait aucune importance à mes yeux. Ça ne serait que réveiller sa colère alors qu'il n'avait aucun soucis à se faire. J'aimais pourtant le fait qu'il n'ai pas confiance en ses élèves masculins, spécialement les Serpentards. Pour une fois que les rôles étaient inversés et que je n'étais pas celle qui exprimait sa jalousie. Quoi que ce n'était rien comparé à ma possessivité. S'il réagissait comme cela, c'est qu'au fond ça l’ennuierait que je ne sois pas sérieuse. Et ça montrait qu'il tenait un tout petit peu à moi.

«- Non, non, pas besoin. Je te promets d'être sage, un véritable petit ange ! »

Je lui souris malicieusement, même si c'était la stricte vérité. Je me reposais davantage contre la banquette, m'installant plus confortablement. J'essayais d'avaler un petit morceau de tortilla, l'impression de verre pillée dans ma gorge me dissuada de continuer dans cette voie là. J'attrapais plutôt la bieraubeurre et en pris une gorgée. Je n'avais plus froid et malgré la fatigue toujours présente, j'avais moins mal aussi. Peut-être parce que cela semblait loin, si loin que ce n'était comme jamais arrivé. Ma tête fini par se poser sur son épaule alors que j'observais la neige tomber en silence par la fenêtre. Les regards sur nous avaient cessé, nous laissant apprécier ce moment de répit, à l'abri des préjugés. Je ne me sentais pas obligée de parler, tout le contraire de nos rencontres annuelles. Je connaissais plus Octavus, il était bien plus similaire à moi que je ne l'avais jamais pensé. Je ne me sentais obligée de rien en sa présence, si ce n'était que de lui laisser de l'espace et du temps.

Il finit tout de même par rompre la quiétude doucement et je souris en l'entendant, sans bouger. Maintenant qu'il m'avait confirmé que ma visite en Russie était toujours en vigueur, j'étais bien plus qu'impatiente. Ce serait long d'attendre que Noël ne passe et l'idée de passer du temps au manoir ne m'enchantait pas. Mes parents ne seraient pratiquement pas présents en plus, comme à chaque fois. J'en profiterais pour boucler mes devoirs, histoire de profiter au maximum de mon temps à St-Petersburg sans à avoir à lui rappeler ma condition d'étudiante. Je comptais bien lui ouvrir les yeux sur ma féminité. Je m'y essaierais du moins.

«- Vous faites preuve d'une perspicacité surprenante McKenna! »

Un sourire narquois orna mes lèvres après cette déclaration ironique alors que je me redressais pour le regarder. Des questions sur nos vacances, j'en avais des douzaines. Je n'avais jamais osé lui demander quoi que ce soit, persuadé qu'il en profiterait pour retirer son offre. Et puis, les dernières semaines passées à se fuir n'avaient pas aidé. Je m'emballais instantanément. Il y avait tant de chose que je voulais faire. Je voulais visiter, vivre la vie russe, mais sa vie à lui aussi. Me rendre dans les lieux incontournables de la ville et ces repères, à lui. Je voulais faire du shopping aussi mais je passais ça sous silence, préférant éviter de l'effrayer avec des heures de lèche vitrine. Il fallait aussi que j'assiste à tout prix à ces saunas qui se finissaient dans des lacs gelés. J'en oubliais presque l'aspect pratique. Le moyen de transport, les dates, le lieu d'hébergement.

«- Des tas ! Est-ce que tu auras le temps de me faire visiter ? Sinon je m'achèterai un guide, ne t'en fais pas. Ah et, pour la soirée du nouvel an chez ton ami, je pensais lui ramener un présent, tu as des idées ? Oh et avant que j'oublie, il faut absolument que je te demande : est-ce que tu es déjà allé voir un ballet russe ? Je ne suis pas sûre d'aimer ça, mais il paraît que ça vaut le coup d'oeil ! »



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