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 Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}

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Octavus McKenna
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MessageSujet: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Ven 16 Mai - 16:31


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Wendy Williams
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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mar 20 Mai - 12:17

Octavus & Wendy

Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around



Les jours avaient filé, plus longs encore que d'habitude. Une semaine était passée depuis cette soirée où John avait franchi la porte de mon bar, peut-être plus. Je ne l'avais pas revu. Contrairement à ce qu'il m'avait promis, il n'était pas venu faire son rapport après être parti au bras d'Hannah. Et à la vérité, j'avais toujours su qu'il ne le ferait pas. C'était sûrement pourquoi je m'en voulais d'avoir guetté son entrée à chaque fois que le carillon tintait pour signifier l'arrivée d'un nouveau client. J'avais beau avoir compris qu'il n'avait cherché qu'à se perdre lui-même dans ce genre d'endroit quelques heures seulement avant de s'en retourner à sa réalité, quelque chose chez lui me donnait envie de le revoir, d'en savoir plus. C'était assez rare pour être marquant. Je ne m'intéressais pas aux visiteurs de la Tête de Sanglier plus que nécessaire, leur accordant une oreille distraite pour vider leur sac en versant un whisky ou autre dans leur verre. Notre entente concernant la jeune serveuse, qui n'avait même pas tenu toute une soirée, m'avait laissé apercevoir une facette de sa personnalité dans laquelle je me retrouvais. Peut-être était-ce là le problème, il me ressemblait et j'espérais pouvoir trouver un ami pour effacer un tant soit peu cette solitude dans laquelle je m'enfermais. Je ne savais même pas pourquoi j'y réfléchissais, y penser ne le ferait pas revenir.

Hannah n'était pas revenue elle non plus, j'imaginais qu'il avait amplement rempli sa mission. Je n'avais pas repris de serveuse, l'expérience m'avait suffit. En plein mois de décembre, il était de toute façon inutile d'être à deux pour supporter le service. Les semaines étaient tranquilles et les week-ends n'étaient pas beaucoup plus mouvementés. À part les habitués, peu de gens se risquaient à sortir pour venir jusqu'ici, bravant la neige et le vent. Personnellement, ça ne m'arrêtait pas. J'étais sortie tous les soirs après la fermeture, profitant de l'ambiance toujours plaisante du Londres moldu. J'avais fait la fête, joué de mes charmes et plaisanté avec ces gens qui ne soupçonnaient en rien l'existence de la magie. Ils me permettaient de m'évader, de conserver un côté de celle que j'étais duquel je n'étais pas honteuse. Mais ce n'était pas non plus réellement des amis puisque je ne pouvais pas leur dire toute la vérité me concernant. Ils s'étaient habitués à mes réponses vagues, si bien que maintenant ils ne posaient plus de question. Ils savaient que j'étais barmaid mais je refusais de leur donner le nom de l'établissement dans lequel je travaillais. Pré-au-Lard ne leur semblerait pas familier de toute façon et je n'avais pas envie de me risquer à leur mentir, de peur de les froisser s'ils tentaient de me faire la surprise de débarquer. Ils savaient aussi que je ne m'étalais pas sur mon passé, personne ne connaissait l'existence d'Aaron ou bien même ma vie à New-York. J'avais l'impression de ne plus être réellement la Wendy de cette époque de toute façon. Malgré ça, ces moments-là de ma vie ressortaient sans que je ne le maîtrise à des moments inopportuns, lorsque je voyais un grand brun se tenir près de mon bar ou quand on venait à me murmurer des mots à l'oreille qui n'étaient vrais qu'en sortant de ses lèvres à lui.

Les fêtes approchaient, ça me rendait sûrement un peu nostalgique. Je m'étais déjà offerte quatre paires de chaussures pour pallier à mon manque d'enthousiasme à cette période mais j'allais devoir trouver un autre moyen de chasser mes idées noires. Les rues étaient encore pleines de monde qui se lançaient corps et âme dans la chasse aux cadeaux, riant légèrement en voyant des enfants se battre à coup de boules de neiges, alors que je prenais le relais de mon patron. Lui non plus ne semblait pas particulièrement joyeux par cette atmosphère et c'est à peine s'il me salua avant de remonter chez lui. Je ne m'en formalisais pas, lui aussi était du genre loup solitaire. Encore qu'il avait ses chèvres, j'allais peut-être devoir investir. Je finissais rapidement de me maquiller, toujours à moitié prête en arrivant. Je perdais vite la notion du temps et la ponctualité n'était malheureusement pas mon fort. Je faisais encore de gros efforts pour le travail et préférais finir de me préparer là-bas plutôt que de faire poireauter Abelforth. J'affichais un sourire radieux et me mettais au boulot, laissant mes pensées sombres de côté pour le moment avant de trouver un autre homme pour me divertir et les tenir encore un peu plus loin.

Il n'y avait pas foule mais il était encore tôt. Une tables d'hommes discutaient joyeusement, donnant assez de voix pour empêcher au bar de sembler désert. Il n'y avait qu'un vieux monsieur accoudé à mon bar. Il était dégarni et avait le nez rouge, et malgré un hoquet persistant, continuait de marmonner des chiffres en litanie en prenant de temps à autre une gorgée de son vin de Sureau. Je n'avais pas franchement envie de me lancer dans une conversation avec lui, à dire vrai il était un peu bizarre. Et je travaillais à la Tête de Sanglier depuis un long moment maintenant, alors c'était peu dire quand je trouvais quelqu'un étrange. Je le resservais une cinquième fois avant d'entendre le bruit de la rue et du carillon après que quelqu'un ait de nouveau poussé la porte du pub. Je tournais la tête mais ne tombais que sur une capuche qui bloquait totalement la visibilité de quiconque voudrait voir le visage du nouvel arrivant. Il s'assit à l'autre bout du comptoir et je finissais de ranger une pile de verre avant de me diriger vers lui. Je glissais ma baguette dans mes cheveux pour les nouer en un chignon informe avant de lui demander ce qu'il voulait boire. Ce n'est que quand il releva un peu le visage que je reconnus ses traits. Je connaissais cet homme et j'avais cru qu'il ne viendrait plus. Un sourire étira mes lèvres instantanément à la vue de John alors qu'il me saluait. Il était tel que je m'en souvenais, jusqu'à cette cape sombre pour mieux se fondre dans la masse. Je ne retenais pas le visage de tous les clients, encore moins des noms factices que je leur donnais. Mais lui, c'était différent. Nous avions été partenaires de crime la semaine passée et ses manières ainsi que son allure creusaient un gouffre entre lui et le reste de la fréquentation habituelle.

«- John quelle surprise ! J'ai cru que je t'avais envoyé tout droit dans la gueule du loup et qu'elle t'avait mangé tout cru. »

Un moyen pour lui signifier son retard quand à son rapport. Enfin, ça n'était pas vraiment un retard vu que j'étais partie sur l'idée qu'il ne viendrait tout simplement jamais me le faire. J'étais soulagée pourtant de le voir, heureuse même contre toute attente. Hannah n'avait pas semblé être une folle furieuse, quoi que, et je me doutais bien qu'il aurait eu facilement le dessus sur elle le cas échéant. J'attrapais deux verres et reprenais ma baguette, libérant mes mèches blondes ainsi, pour invoquer la bouteille de whisky pur feu, bien trop haute pour que je ne l'attrape autrement. Le vieux sorcier propriétaire de l'endroit ne comprenait toujours pas le soucis que posait mes un mètre soixante à peine dépassé. J'attrapais l'objet en glissant au passage le bout de bois dans la poche de mon jean mais m'arrêtais en le regardant avant de servir son premier verre. Après tout, il me devait d'abord quelques explications.

«- Alors raconte moi tout : il t'a fallu une semaine pour t'en remettre ou alors, tu n'osais pas venir m'avouer ton échec ? »

Je souriais malicieusement, consciente que ces deux affirmations n'étaient certainement pas vrai. Il n'avait pas échoué et je n'accordais pas assez de crédit à Hannah pour penser qu'elle était aussi douée au lit. Je connaissais les hommes et leur égo, je n'étais pas sûre que le brun serait revenu s'il n'avait pas obtenu satisfaction de la jeune femme. D'ailleurs, je ne savais même pas pourquoi il était revenu mais je m'en réjouissais, la soirée allait être bien moins longue en sa compagnie.


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mar 20 Mai - 18:52


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Wendy Williams & Octavus McKenna ▬

Tu étais vraiment content de revoir Wendy. Elle t’accueillit avec autant de fougue que la dernière fois et cela te tira un sourire. Sa bonne humeur t’avait manqué, tu devais bien le reconnaitre. C’était contagieux, quelque chose dont tu avais besoin à l’heure qu’il était. Tu savais très bien qu’elle ne s’attendait plus à ton arrivée. Mais au moins, tu étais revenu, une semaine plus tard, mais revenu tout de même. C’était le plus important. Peut-être que ce serait ta dernière visite, une façon de tourner la page, mais il était aussi possible que tu la revoies un jour. Ce bar représentait une facette de toi qui n’était pas très reluisante. Bien sûr, tu préférerais largement améliorer ta relation avec ton ombrageuse fiancée et ne plus en être réduit à te comporter de façon aussi primaire.  

A ses mots, tu ne pus t’empêcher de rire doucement. Elle n’était pas forcément loin du compte. Elle ne pouvait pas imaginer comment s’était déroulée cette soirée. Heureusement ou malheureusement pour toi, vous vous étiez rencontré un samedi et tu n’avais pas l’excuse de devoir partir travailler le lendemain pour t’éclipser en avance. Et tu n’étais pas non plus assez goujat pour partir avant qu’elle ne soit endormie. Cela dit, peut-être que ça changerait à l’avenir, si toutes tes aventures prenaient ce tournant. Ce qui était certain, c’est qu’elle t’avait brièvement calmé dans ta croisade sexuelle. Brièvement seulement, tu n’avais attendu que deux jours avant de ressortir, dans le monde moldu cette fois-ci. Si tu devais reconnaître un avantage à ces primitifs, c’était leur capacité à profiter des opportunités qu’on leur offrait sans rien attendre en retour. Les sorciers étaient quand même beaucoup plus vieux jeu à ce niveau là.

« Oui, j’aime me faire désirer. Ça a bien failli se passer comme ça… » Tu haussas les sourcils de façon joueuse. Elle avait été affamée, ça ce n’était pas un mensonge. Mais elle ne faisait pas le poids face à toi. Tu espérais bien qu’elle se souviendrait longtemps de cette soirée à plus d’un titre. « Mais j’ai décidé de revenir ici faire mon rapport chef. » Tu minas un salut. Elle avait l’air contente de te voir et ça te fit du bien. Tu en venais à penser que tu n’étais pas un simple client à ses yeux, quelque chose de plus vous liait, en dehors de ce pacte qui vous avait mutuellement arrangés. Tu remarquas qu’elle prenait deux verres et te demandas si elle comptait trinquer avec toi. C’était une idée qui était loin de te déplaire. Elle s’arrêta cependant avant de te servir et tu compris que tu devrais d’abord papoter avec elle si tu voulais obtenir ta récompense.

Avant toute chose, une pensée te frappa de plein fouet. À l’origine, Wendy t’avait expressément demandé de la rendre suffisamment honteuse pour qu’elle n’ait pas envie de revenir dans le bar. Tu devais t’assurer d’avoir assumé ta tâche jusqu’au bout. « Est-ce que ça a fonctionné ? Elle n’a pas remis les pieds ici, j’espère ? » Ce serait vraiment trop bête que ça n’ait pas fonctionné. Même si tu ne pensais pas que tu étais inoubliable à ce point, il n’aurait pas été exclu qu’elle revienne dans ce bar dans l’espoir de te recroiser. Quelle horreur. Une fois avait largement suffit. Elle était bien trop collante pour un homme normal. C’était peut-être aussi par peur de tomber sur la brune que tu n’avais pas été très enclin à retourner au village sorcier immédiatement. C’était toujours gênant de revoir ses aventures d’une nuit à la lumière du jour et sobre. Mais avec tout ce qu’elle avait bu, il n’était même pas certain qu’elle se rappelle avec exactitude de ses activités nocturnes.

Tu avais eu raison, elle ne comptait pas te servir avant d’avoir obtenu ta confession orale. Tu aurais du savoir à quoi tu t’exposais en faisant affaire avec une femme. Lui raconter tout. Peut-être pas tout quand même. Tu haussas un sourcil ne guise d’avertissement. Était-elle certaine de tout vouloir savoir ? Encore que ce serait amusant de voir si tu étais capable de la séduire rien qu’en racontant tes petites aventures. L’idée de la titiller rien qu’avec des mots te plaisait assez. Ce n’était pas ton genre de raconter avec qui tu couchais. Tu appliquais généralement le précepte ‘don’t kiss, don’t tell’. Enfin sauf quand tu draguais en tandem avec Aleksei évidemment. Toutefois, tu n’allais pas jusqu’à attribuer des notes comme ton ami le faisait.

Tu lâchas un petit rire. Aucune de ses deux intuitions ne s’était réalisée. Heureusement d’ailleurs. Le moment où tu aurais besoin de récupérer après une soirée de folie n’était pas encore arrivé et encore moins avec cette fille. Ce qu’elle avait manqué en expérience, elle l’avait légèrement compensé en enthousiasme, mais ça ne faisait pas tout. Hannah n’avait pas connu d’homme depuis un certain temps. Au moins, elle n’avait pas été totalement inexpérimentée, sinon tu aurais sans doute décidé d’abandonner la partie. Elle n’avait pas été avare de détails sur son premier petit ami, un français qui avait su profiter des charmes anglais après avoir persévéré pendant plusieurs mois. Quelle tristesse d’entendre une chose pareille... Tu avais bien compris que ce n’était pas son genre de coucher avec des inconnus et encore moins au premier rendez-vous, si votre plan pouvait être considéré comme tel. D’ailleurs, elle n’avait pas été particulièrement encline à te laisser partir. Le moins que tu puisses dire, c’est que tu n’avais pas pu t’échapper avant le petit matin et encore après l’avoir un peu plus soulé pour qu’elle tombe dans un sommeil lourd.  

« Et bien non. J’ai réussi. » Tu lui rendis son sourire joueur. En même temps, le contraire avait carrément été vexant. Elle n’était pas obligée de te croire, tu n’avais aucune preuve après tout. Rien que ta parole. Mais l’idée que cette fille ait pu te résister te donnait envie de rire. Enfin, elle n’était pas revenue, c’était le principal. Tu savais bien qu’elle n’allait pas se contenter de si peu d’informations. Avant qu’elle n’ait le temps de demander plus de précisions, tu préféras la prendre de court. « Plutôt deux fois qu’une d’ailleurs. Elle était insatiable. » Tant mieux pour toi dans un sens. A demi-mots, elle t’avait avoué qu’elle n’avait pas eu de relation depuis la fin de sa scolarité ce qui remontait déjà à quelques années. C’était terriblement triste. Tu ne savais même pas comment elle pouvait supporter ça. « Je n’ai réussi à m’éclipser qu’au petit matin et encore parce que j’ai insisté pour qu’on boive autre chose. Elle avait quand même une bouteille de rhum chez elle-même si elle n’y avait jamais touché. » Tu souris en repensant à ce souvenir. C’était hilarant et tu avais bien eu du mal à garder ton sérieux. Il était évident qu’elle n’avait pas acheté le rhum elle-même, mais qu’elle l’ait conservé malgré tout était presque risible. D’ailleurs, en parlant de boisson… « Tu comptes me servir maintenant que j’ai parlé, ou dois-je donner plus de détails ? » Cela dit, elle t’avait surpris à un moment donné. Tu n’étais pas encore certain de partager cette information. Ça semblait légèrement obscène d’en parler à quelqu’un. En plus, tu doutais vraiment qu’Hannah la fille proprette de bonne famille ait avoué à Wendy qu’elle avait un tatouage en forme de cœur sur la hanche droite. Ça t’avait vraiment étonné et tu imaginais que la blonde réagirait de la même façon que toi si tu lui en parlais. Peut-être plus tard, qui sait…







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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mer 21 Mai - 15:10

Octavus & Wendy
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Je ne pouvais pas vraiment expliquer pourquoi revoir John me faisait autant plaisir. Il n'avait été après tout qu'un client de passage qui semblait en proie à des démons intérieurs et auquel j'avais trouvé une porte de sortie, qui m'arrangeait bien également. Le fait qu'il se soit montré si drôle et ouvert me donnait l'impression pour un bref instant de ne plus être la petite barmaid derrière son comptoir. C'était comme rencontrer quelqu'un de nouveau, de différent. Je ne savais pas l'expliquer et me demandais si pour lui aussi, c'était étrange. Des hommes qui terminaient ici pour bien des raisons, j'en avais vu passé. Ce qui m'avait poussé à engager la conversation restait encore un mystère. Il paraissait aussi ravi que moi, d'une humeur bien meilleure que la semaine dernière. Si ce changement n'était du qu'à Hannah, il allait peut-être falloir que je la retrouve pour qu'elle me livre son secret. Encore que cette idée était bien trop déplaisante pour que je ne la mette vraiment en exécution. J'en restais presque comme deux ronds de flan lorsqu'il répliqua qu'il aimait se faire désirer. Encore plus quand il déclara que je n'étais pas si loin de la vérité. Alors celle-là de surprise. La petite brunette cachait bien son jeu, il allait me falloir des détails. Mon sourire s'élargit encore plus en le voyant hausser les sourcils de manière comique. C'était la tête de quelqu'un qui avait beaucoup de choses à dire et j'avais l'oreille attentive qu'il lui fallait. Ma curiosité était piquée à vif, je n'avais clairement pas compris qui j'avais failli embaucher. Il allait devoir me faire le détail de sa soirée s'il voulait que je le relaisse sortir un jour de mon bar.

Je sortais deux verres mais ne les remplissais pas pour le moment. Je n'avais pas habitude de boire avec les clients, mais il fallait trinquer à la santé du vainqueur c'était plus qu'évident. Il comprit bien qu'il allait devoir se montrer un peu plus explicite pour obtenir sa récompense. Et c'était bien ce qu'il comptait faire. Il mima un salut militaire qui me fit rire mais je repris vite mon sérieux, comme si j'étais bel et bien sa supérieur hiérarchique. La mimique ne dura malheureusement pas longtemps, j'étais trop amusée pour coller au personnage. Je voulais le fin mot de cette histoire, il avait déjà assez fait planer le suspens durant cette longue semaine. Après leur départ, j'en étais presque venue à regretter de l'avoir poussé à partir à son bras. Hannah s'approchait plus de la fille à la femme et sa jalousie dévoilée par mon attitude largement exagérée m'avait fait craindre qu'elle ne le laisse plus partir. Si elle tombait amoureuse aussi vite qu'elle faisait tomber les verres, il y avait de quoi s'inquiéter. Il avait été évident que le jeune homme ne cherchait pas une histoire d'amour, sur ce coup-là, il me ressemblait pour de bon. Je ne savais rien sur sa vie, je déduisais seulement quelques traits de son caractère, similaires au mien, de son attitude. Il s'enquit d'abord de savoir si elle était revenue et je levais les bras au ciel avant de joindre les mains, comme pour remercier un Dieu invisible de son bon vouloir.

«- Pas l'ombre d'une trace ! Quoi qu'il se soit passé, ça a été d'une efficacité à toutes épreuves. »

Je ne savais même pas comment j'aurais réagi si la jeune femme avait remontré le bout de son nez jusqu'ici. Outre la surprise, je me rappelais très bien de ses petites réflexions à mon égard mais aussi de notre petit duel, qui était voué à l'échec pour moi puisque le plan était qu'elle reparte en bonne compagnie. J'avais compris qu'elle ne m'appréciait pas et la réciproque étant de mise, j'aurais été une bien piètre serveuse s'il avait fallu que je l'accueille en tant que cliente. Quand je le vis lever un fin sourcil en signe d'avertissement, je me contentais de soutenir son regard en posant la bouteille de whisky à côté des deux verres, un sourire provocateur aux lèvres. S'il pensait pouvoir me choquer, il n'avait définitivement pas compris à qui il avait à faire. Je posais mes coudes sur le comptoir, mon buste s'avançant légèrement pour lui montrer qu'il avait toute mon attention. Et qu'il ne lésine pas sur les détails graveleux, j'en raffolais. Parler de ces choses là ne me dérangeait pas, j'étais suffisamment à l'aise dans ma sexualité et dans mon corps pour ne pas avoir honte de quoi que ce soit. Et puis, j'avais passé la plupart de ma vie à New-York, la jeunesse moldue de là-bas n'était définitivement pas aussi sage que les anglais. J'étais moi-même loin d'être un ange.

John déclara enfin qu'il avait réussi sa mission, ce dont je ne doutais absolument pas, et je me mis à applaudir faiblement, comme pour le féliciter. La proie n'était certainement pas très difficile à attraper, c'était la suite qui avait pu poser problème. C'était un très bel homme, réussir à convaincre Hannah de le suivre n'était pas surprenant, ce qu'il était plus, c'est qu'elle soit allée jusqu'au bout. J'arrêtais net d'applaudir en l'entendant continuer et me contentais alors de le regarder, la bouche entrouverte en une expression presque choquée. Si un autre que lui me l'avait dit, je ne l'aurais tout bonnement pas cru. Je plaquais une main sur ma bouche pour étouffer l'expression de surprise avant de le presser de raconter la suite d'un regard. Il me confirmait ce que j'avais craint, il avait vraiment eu du mal à se défaire de cette fille et ça n'avait rien d'étonnant. Elle ne paraissait pas être le genre à coucher avec le premier venu, alors forcément, elle s'attachait à quiconque posait la main sur elle. Savoir qu'il avait été obligé de la faire boire pour prendre la fuite déclencha mon rire sans que je ne puisse le réprimer. Je l'imaginais tellement remplir encore et encore le verre de sa compagne, poussant l'objet accroché à ses verres pour la presser de le descendre. Entre le whisky, la tequila et le rhum, le réveil le lendemain avait du être très difficile pour elle. Surtout lorsqu'elle avait compris que le brun avait profité de son sommeil pour s'éclipser. Vraiment, j'aurais aimé être une petite souris pour voir la tête qu'elle avait fait en découvrant son lit vide.

«- Quel tombeur John ! Tu aurais du être moins charmant, la pauvre a du faire face et à un chagrin d'amour et à une belle gueule de bois. »

Pas que j'avais vraiment de la pitié pour la petite fille de bonne famille, loin de là même. Je fronçais les yeux et le nez en l'entendant, perplexe quant à mon envie de céder si facilement. Je m'exécutais pourtant, ne remplissant son verre à lui que d'une gorgée avant de m'emparer du mien, beaucoup plus rempli. Il ne croyait tout de même pas que les choses allaient être si simples, non ? Je levais le bras pour porter un toast en le regardant malicieusement.

«- Évidemment que je veux plus de détails. Mais d'abord, à ton succès, que tes prochaines conquêtes soient beaucoup moins compliquées ! »

Je lui lançais un clin d'oeil avant de prendre une gorgée du liquide brun et si fort. Je remarquais que le vieil homme étrange levait le bras en ma direction et je roulais des yeux, attrapant ma baguette dans la poche de mon jean pour remplir son verre de vin à distance. La conversation ici était bien trop intéressante pour que je ne m'esquive.


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mer 21 Mai - 20:53


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Tu vis bien que ce que tu dévoilas sur Hannah surprit Wendy autant que toi. Mais elle n’aurait pas dû être aussi étonnée. Les plus réservées étaient souvent les plus sauvages au lit. Tu espérais juste que les tempéraments volcaniques comme ceux d’Aloisia n’étaient pas à l’opposé totalement frigides dans la chambre. Ce serait vraiment une belle perte de temps. Tu ne pus pas t’empêcher de rire devant son expression. Elle avait l’air d’un poisson hors de l’eau. Tu étais vraiment ravi d’avoir décidé de revenu, malgré le fait que c’était la grosse bêtise que tu avais failli commettre qui t’avait décidé à sortir du château en premier lieu. Dommage que vous ne vous soyez pas connus dans une autre circonstance, parce que tu aurais vraiment aimé avoir une amie comme ça. C’était le feu qu’il te fallait pour faire fondre la glace. Tu ne gardas pas longtemps ton expression impassible quand tu la vis se mettre à rire après ton salut militaire. Décidemment, tu pourrais t’habituer à la faire rire. Ça te rendait stupidement de bonne humeur de la voir dans cet état.  

Quand Wendy te confirma qu’elle n’était pas revenue, tu fus soulagé. « Tant mieux alors. Ça aurait été bête de travailler pour rien. » Enfin, façon de parler. Tu grimaças légèrement. Même si vu tous les efforts pour qu’elle t’accepte dans son lit, tu n’étais pas forcément très loin du compte. Tu étais content que la honte l’ait emporté sur toutes autres considérations. Ça aurait été assez ennuyeux qu’elle revienne, surtout qu’avec le recul tu n’aurais pas été étonné qu’elle lui renvoie au visage le fait qu’elle avait couché avec toi et pas la blonde. Elle était suffisamment gamine pour agir de cette façon d’après ce que tu avais pu voir. Tu changeas de conversation pour lui donner quelques détails sur la suite de ta soirée, tout en restant un peu vague. Tu voyais bien que tu venais de l’intriguer avec tes propos mystérieux. Tu avais apparemment mieux réussi à la juger ou du moins été plus optimiste que Wendy à son égard. Elle applaudit et tu roulas des yeux de façon ironique. De toute façon, elle avait mieux fait de ne pas te dire non, même si elle le regrettait sans doute aujourd’hui. Mais ce n’était pas ça qui allait t’empêcher de dormir.  

A défaut de parler de votre relation sexuelle en tant que tel, tu avais beaucoup moins de scrupules à aborder l’endroit dans lequel elle vivait ainsi que son comportement avec toi. Et quel appartement. C’était exactement comme tu te l’étais imaginé avant d’y entrer. On disait souvent que son lieu de vie permettait de cerner le type de personnalité de la personne qui y vivait et tu pensais réellement que c’était exact. L’appartement d’Hannah avait été rempli de photos d’animaux, surtout des chats, quelque chose qui avait eu le don de te rappeler l’insupportable Ombrage. Le fait que l’endroit ait été rose pastel n’avait pas aidé. Tu ne savais pas si c’était comme ça avant qu’elle commence d’y habiter, mais franchement quelle horreur. Tu comprenais mieux pourquoi elle vivait toute seule. Aucun homme n’aurait supporté de regarder plus d’une minute un tel décor. « Si tu savais l’endroit dans lequel elle vit. Par la barbe de Merlin… » Tu avais dû éviter Ombrage les jours suivants, parce que rien que sa vue te rappelait désagréablement l’appartement d’Hannah et ce n’était pas le genre de souvenir que tu voulais prolonger. Tu pouvais comprendre pourquoi elle riait. Tu avais une vision assez caricaturale de toi en train de lui proposer verre sur verre tout en balançant les tiens derrière ton épaule pour garder la tête froide. Elle n’y avait vu que du feu. Tu ne savais même pas comment tu avais fait pour ne pas éclater de rire à cause des nerfs. Tu avais été à deux doigts d’utiliser un sort d’assoupissement pour t’épargner l’effort. Avant ton départ, tu avais quand même pris la peine de nettoyer tes dégâts.

L’entendre te traiter de tombeur te fit rire sans que tu puisses t’expliquer pourquoi. Tu avais l’étrange impression que vous aviez pas mal de similitudes et qu’elle se moquait gentiment de toi. Dommage que tu ne puisses pas lui prouver que tu étais capable d’attirer des proies un peu plus difficiles. C’était vrai que tu lui avais offert deux ‘cadeaux’. Mais tu n’étais pas sûr des souvenirs qu’elle avait gardés de votre nuit. Elle avait tellement bu vers la fin que tu n’aurais pas été étonné outre mesure qu’elle ait un trou de mémoire. Ça t’était déjà arrivé une fois. Quant au chagrin d’amour, elle devrait s’en remettre. Après tout, tu n’avais pas menti, pas de promesse en l’air. Tu n’avais pas besoin de te rabaisser à ce genre d’actions pour plaire à une femme contrairement aux séducteurs de pacotille. La confiance en soi était primordiale. Quelqu’un qui doutait de lui-même n’avait aucune chance d’attirer une autre personne. C’était un jeu et rien d’autre. En revanche, elle allait sans doute jurer de ne plus jamais boire d’alcool de sa vie, tout en sachant très bien qu’elle succomberait une nouvelle fois dans le futur. Ils étaient tous pareils. Tu n’étais pas du tout désolé de sa situation. Elle avait eu ce qu’elle voulait. Elle était repartie avec toi, narguant Wendy de sa chance. « Elle devrait s’en remettre. Cela lui apprendra au moins à ne pas quitter son petit monde. » C’était une leçon qu’elle aurait chèrement acquise, mais ça n’était pas ton problème. Tu ne l’avais pas non plus forcée à se déshabiller pour toi, donc elle était en partie responsable. Elle saurait maintenant qu’il ne fallait pas accepter des verres de la part d’inconnus. Et puis, tout ce que tu lui avais offert c’était du bon temps, sans conséquence.

Tu te demandas si la blonde comptait te servir ton verre et elle sembla réfléchir sérieusement à la question. Au final, ton souhait fut exaucé. Tu comptais bien savourer ce verre parce que tu n’étais pas là pour te souler à mort. Ça n’était jamais la solution. Quand tu aperçus ce qu’elle t’avait versé exactement comparé à son propre verre, tu haussas un sourcil avant de lui jeter un regard sceptique. « Vraiment ? » Avec une seule gorgée, tu n’allais effectivement pas avoir de problèmes. Tu fus tenté pendant un instant de lui voler son verre à elle, mais le comportement était beaucoup trop puéril pour que tu t’y abaisses. Tu lâchas un petit rire avant de t’emparer de ton verre pour trinquer avec elle. « Tu n’as pas intérêt de me le facturer celui-ci. » Tu plaisantais évidemment. Mais ça paraissait évident qu’elle en attendait plus. Ce qu’elle confirma assez vite. « A mon succès. » La formulation de sa phrase te plongea légèrement en état de méditation. Tes prochaines conquêtes… Mieux valait qu’elle n’apprenne jamais que tu étais fiancé. Les femmes acceptaient assez mal l’infidélité. Tu espérais bien que la situation avec Aloisia allait finir par s’arranger, mais c’était plus qu’incertain vu vos attitudes respectives. Tu souris légèrement face à son clin d’œil.

Alors qu’elle servait un verre à un autre client, tu repensas à ce qu’elle avait dit. Le peu d’informations que tu avais fournies n’avait pas suffit à satisfaire sa curiosité. Tu pouvais t’amuser avec ça.  Jusqu’à quel point souhaitait-elle connaitre le résumé de ta soirée ? Tu étais tenté de pousser ta chance et d’échanger tes informations contre d’autres la concernant. C’était peut-être un peu trop tôt pour agir de cette façon. Vous n’étiez rien d’autres que des inconnus qui avaient joué l’un avec l’autre. Elle ne connaissait même pas ton vrai nom.  Mais tu n’étais pas charismatique pour rien. Et si tu devais pronostiquer quelque chose du fait qu’elle n’avait même pas quitté sa place pour servir l’autre homme, elle avait l’air assez intéressée. « Jusqu’où es-tu prête à aller pour avoir des détails, hum ? » L'image de toi en train de flirter avec elle la semaine dernière s'apposa soudainement dans ton esprit sans que tu ne comprennes vraiment pourquoi. Tu lui lanças un sourire taquin.








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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Jeu 22 Mai - 15:54

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Je roulais des yeux en l'entendant parler de travailler pour rien. Oui bien sûr, la tâche avait du être bien trop pénible par rapport au résultat. Il ne me la faisait pas à moi, même si la jeune femme était une plaie en un sens, finir la soirée en bonne compagnie était toujours plaisant. Et vu son attitude, ce petit jeu avait certainement permis de lui changer les idées le temps d'une nuit. Je me doutais bien qu'il n'avait pas besoin de ça pour réussir à conquérir une femme, mais s'il était réellement comme moi, ça avait mis un peu de piquant, ce qui n'était pas mal. Personnellement, j'en venais presque à être lassée de toujours obtenir si facilement ce que je désirais. C'était peut-être parce que les hommes préféraient se conforter dans leur position de macho, mais il était d'une facilité déconcertante de les berner. Leur faire croire qu'ils étaient maîtres de la situation alors que c'était tout le contraire. Je ne me laissais pas draguer par n'importe qui, je choisissais ma cible, le poussait à venir et à repartir à mon bras. Ils pouvaient bien s'en attirer tous les lauriers le lendemain, ça m'était égal. La tête qu'ils faisaient lorsque je leur demandais gentiment de décamper, ou celle que je ne pouvais pas voir à leur réveil seul dans leur lit, valait tout l'or du monde. Un peu de résistance ne me ferait pas de mal, juste pour me conforter dans l'idée que j'étais toujours une chasseuse d'élite dans ce domaine là.

Je lâchais un rire moqueur en l'entendant entamer le sujet de l'appartement d'Hannah. Effectivement, je n'avais pas vu les lieux, mais je pouvais très bien les imaginer. Si c'était le parfait reflet de sa personnalité, ça devait être ennuyeux, monotone, austère et même niais à souhait. C'était facile de porter un jugement rapide sur ce genre de personne. C'était l'exemple type de la fille à papa qui n'avait jamais rien vécu de réellement profond dans sa vie. Elle était plate, dénuée de tout intérêt et le fait qu'elle cherche à s'enfuir de son monde de paillettes et d'or ne la rendait que cruellement banale, encore un autre cliché tout fait. En plus, c'était la première fois qu'elle vivait toute seule, le résultat sur la décoration de l'endroit devait s'en faire ressentir. Sans les moyens de ses parents, ça devait être assez sommaire, désolant. Après, l'intérêt n'était pas vraiment là. Du moment qu'elle avait un lit, la situation était réglée pour le jeune homme. Encore que, je soupçonnais qu'il pouvait aisément se garder de ce genre de confort mais préférais ne pas faire de commentaire sur ce point.

«- Laisse moi deviner : entre la chambre d'adolescente et celle d'une vieille dame, c'est ça ?

C'était toujours compliqué de sortir rapidement après ce genre de relation. Rare étaient les femmes qui ne s'offusquaient pas d'un tel comportement. Des femmes comme moi en somme. Pour ma part, ça me convenait très bien. Un peu de bon temps partagé avec un inconnu, sans obligations et prise de tête, pour finir par reprendre tranquillement le cours de sa vie comme s'il ne s'était rien passé le lendemain. C'était tout ce que je demandais. Pas d'attaches, pas de drames, juste du plaisir et parfois, de la rigolade selon les cas sur lesquels je tombais. Je l'appelais tombeur et il se mit à rire légèrement, ce qui fit naître une nouvelle fois un sourire sur mes lèvres. John aussi avait cette confiance qui lui permettait de ne pas se vexer à la première réflexion. L'avis des autres ne semblaient pas avoir grande importance pour lui et je me reconnaissais encore dans cette attitude. Je partageais son opinion, moi non plus je n'avais pas beaucoup de pitié pour notre victime. Après tout, ça lui ouvrirait sûrement un peu plus les yeux sur ce monde. Elle était bien trop naïve, à croire que les hommes rencontrés dans des bars si tard ne voulait que du bien à des jeunes filles comme elle. Et puis, même si elle ne l'avouerai certainement plus à l'heure qu'il était après le départ de son amant d'une nuit, j'étais certaine que cet acte charnelle l'avait fait se sentir un peu plus femme pendant un temps. À tout moment, son chemisier boutonné jusqu'en haut avait été remplacé par ne tenue beaucoup moins conservatrice en espérant attiré une nouvelle fois l'oeil d'un autre.

Je me retenais de rire devant son expression presque déçue en voyant la si petite quantité d'alcool que j'avais basculé dans son verre. Face au mien, c'est sûr que ce n'était pas totalement équitable. Je serrais les lèvres et lui lançais un regard taquin face à son scepticisme. Je faisais mine d'hésiter en l'entendant, comme si je comptais vraiment lui faire payer cette consommation. Alors qu'il était évident que non, que ce qu'il allait boire ce soir était pour moi. C'était une bien piètre récompense face à autant de dur labeur. En plus de ça, j'étais si ravie de le voir de retour à la Tête de Sanglier que je n'avais définitivement pas à cœur de lui faire sortir les gallions de sa poche. Il finit par lever son verre, l'entrechoquant au mien, pour saluer son succès comme il se devait. Son regard se perdit un instant tandis que j'abordais la question des prochaines conquêtes qu'il aurait dans le futur. Je ne fis pas de commentaire dessus, me faisant la remarque mentale que peut-être, le problème de John n'était pas du au travail, mais à une femme. C'était là les deux seuls domaines pour lesquels les hommes se perdaient. Mais je ne voulais pas savoir, ces tourments lui appartenaient. Je préférais l'en éloigner du mieux que je le pouvais.

Ce moment de flottement ne dura pas. Je le pressais de me raconter davantage et quand je retournais mon attention sur lui après avoir servi le vieux client au bout du comptoir, son regard pétillait d'une étrange malice que je n'expliquais pas. Sa réplique me laissa sans mot l'espace de quelques secondes. Si les choses avaient été toute autre, j'aurais juré qu'il flirtait avec moi. La semaine passée, cette impression m'avait aussi percuté tandis que j'essayais de rendre la brunette jalouse, juste pour m'amuser. Je n'étais pas farouchement opposée à cette idée, bien au contraire. J'étais une séductrice dans l'âme, c'était comme une seconde nature. J'étais faite pour plaire et j'aimais ces jeux de séduction dont les règles n'étaient pas clairement définies. Ça ne pourrait malgré tout pas aboutir puisqu'il était un client et que c'était peut-être la seule limite que je me posais. Je plongeais mes yeux dans les siens en m'avançant un peu plus près de lui pour mieux voir son visage, sa capuche préservant toujours plus ou moins la vue de ses traits.

«-Attention John, je préfère te prévenir, je joue dans une toute autre catégorie que celle d'Hannah. »

Ma voix se voulait alarmante, comme si c'était un avertissement. Elle résonnait à mes oreilles comme si elle poussait au pêché pourtant. C'était le moins qu'on puisse dire, je n'étais pas aussi facile que ma petite apprentie. Je restais un instant de plus dans cette position, plus sérieuse que jamais, avant de m'éloigner de nouveau un sourire sur les lèvres. Je reportais mon verre à ma bouche pour reprendre une gorgée de whisky, pensive. Est-ce que j'étais prête à me lancer dans ce genre d'aventure avec un inconnu ? D'ordinaire, il était clair que la réponse aurait été non. J'aimais avoir le contrôle et détestais être obligée de me dévoiler. Ça, ça n'arrivait jamais d'ailleurs. Je n'expliquais pas le fait que j'hésitais avec lui. Peut-être parce qu'il m'intriguait ou alors, parce que je voulais voir jusqu'où tout cela allait nous mener. Il était aussi séducteur que je pouvais l'être, je l'avais bien compris. Ce serait amusant de voir lequel de nous deux aurait l'avantage sur l'autre. Je finis par reposer ma boisson et nouais mes mains sous mon menton, accoudée au bar, en le regardant malicieusement.

«- Mais ma curiosité l'emporte. Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour te délier la langue? »


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Jeu 22 Mai - 20:38


Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around







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Tu n’étais pas contre un bon challenge de temps à autre. Avoir toutes les filles que tu voulais perdait de son intérêt. Tu savais les choisir suffisamment intelligentes pour ne pas tomber pour le premier inconnu d’habitude. Mais parfois, quand tu étais particulièrement stressé et que tout ce que tu voulais était un défouloir, alors ne pas avoir la fille que tu voulais tomber directement dans ton piège te frustrait. Étant fiancé à quelqu’un, tu avais toujours mis un point d’honneur à sélectionner des filles qui te plaisaient, des femmes d’affaire sophistiquées et féminines, tout ce qu’elle n’était pas. Tu avais un type de femmes bien précis et les danseuses que tu avais parfois pu ramener n’étaient que de simples paris que tu faisais avec Aleksei.  Et en repensant à stupid face, tu l’associas immédiatement à la blonde face à toi. Vous sembliez avoir passé un cran supplémentaire dans les taquineries, à moins que ça ne vienne que de toi.

Tu avais l’étrange impression que Wendy parvenait parfaitement à discerner ce que tu voulais dire sur l’appartement d’Hannah. Peut-être que ton visage te trahissait ou qu’elle avait une imagination débordante. En attendant, elle se mit à rire et tu eus encore une fois l’impression qu’elle savait parfaitement dans quoi elle t’avait embarqué, mais qu’elle t’avait quand même jeté dans la gueule du loup. Il était vrai que d’habitude, tu n’avais pas vraiment le temps de t’extasier sur la décoration donc il était tout à fait possible que tu sois déjà tombé sur ce genre de fille obsédée des animaux sans le savoir. C’était pour le mieux, parce que repenser au bureau d’Ombrage avait eu le don de considérablement te calmer. Vu sa demeure, tu pouvais comprendre pourquoi elle n’avait jamais ramené d’homme chez elle avant, et habiter chez papa et maman n’était pas non plus l’idéal en la matière. Pauvre fille vraiment… Mais tu avais passé assez de temps à y penser. Tu te demandas comment Wendy pouvait bien savoir la description générale de l’appartement d’Hannah. Ton visage afficha clairement ton incrédulité. Pour un peu, tu aurais pensé qu’elle vous avait suivie. Ce n’était pas un animagus non déclaré capable de se transformer en insecte quand même ? Ce serait un comble. En tout cas, elle n’était pas du tout loin du compte avec sa description. C’était à la fois vague et pourtant totalement dans le mille. « Exact. J’ai presque pensé qu’elle vivait avec une personne âgée au départ. Comment as-tu deviné ? Ne me dis pas que tu étais comme ça avant ? » Tu lui lanças un sourire joueur, bien à l’abri derrière ton capuchon. Tu n’en pensais pas un mot. Ça crevait les yeux qu’elle n’était pas comme son ancienne employée. Le contraire t’aurait vraiment étonné, un peu déçu aussi.

Alors que tu marchandais dans l’espoir d’obtenir plus d’alcool, elle riait. Tu aurais vraiment dû lui piquer son verre pour voir si elle continuerait toujours d’être de bonne humeur. Tu étais un peu étonné qu’elle t’accompagne. Les employés ne touchaient normalement jamais à l’alcool, c’était la règle d’or. Sinon, on avait vite fait de se laisser déborder et de finir aussi ivre que les hommes qu’on poussait à la consommation. L’idée qu’elle fasse une exception pour toi te plaisait bien. Tu allais faire bon usage de cette petite gorgée. L’argent n’avait jamais été un problème et même si elle avait voulu te faire payer ce shot, tu te serais exécuté sans trop rechigner. L’avantage de Poudlard, même si la paye était misérable comparé à ce que tu gagnais avant était que tu étais nourri et logé gratuitement. Elle n’en avait visiblement pas l’intention. Tu trinquas joyeusement avec elle, avalant l’unique gorgée en la savourant. Qui pouvait savoir quand tu aurais droit à la prochaine.

Après un léger instant où tu repensas à la raison exacte qui t’avait poussé à investir ce bar en premier lieu, tu finissais enfin par lui donner quelques informations sur ta nuit. Tu t’arrêtas cependant bien vite, trop vite à son goût, l’air goguenard de celui qui détenait des informations précieuses qu’elle voulait obtenir. Durant le laps de temps qu’il lui fallait pour servir l’autre client, tes pensées s’envolèrent. Et alors que tu avais l’idée folle de monnayer tes informations, tu t’amusais pour la première fois depuis le début de ta semaine. Tu aurais aimé dire être incapable de te rappeler la dernière fois que tu t’étais autant amusé, mais tu savais très bien de quand il s’agissait et par conséquent de ce qui avait suivi ensuite. Puisque tu n’avais absolument rien à perdre, tu n’hésitas pas à proposer à Wendy ta petite idée. Ça pouvait être amusant. Tu flirtais sans réellement flirter. Tu n’avais aucune intention de coucher avec elle, même si elle l’avait voulu. Tu avais bien besoin d’une amie femme pour changer sans tout gâcher à cause du sexe. Bien loin de reculer, elle s’avança sans peur et ton sourire s’agrandit. Elle te plaisait bien. Tu ne cillas pas, te moquant bien de ce que d’autres pourraient penser si jamais ils vous apercevaient dans cette position ambigüe.

Elle vit très clairement où tu voulais en venir. Sa mise en garde susurré sur un ton qui faisait penser à tout autre chose te fit lever un sourcil. Tu espérais bien qu’elle n’était pas comme Hannah, sinon tu aurais été très déçu. Tu lui chuchotas ta réponse, les yeux pétillants d’espièglerie. « Je n’en espère pas moins, sinon je serais très déçu pour toi. » Tu lui lanças un clin d’œil alors qu’elle s’éloignait. Tu avais assez fait de bêtises en une semaine pour toute une année de toute façon. Alors qu’elle continuait de boire tranquillement, ton verre vide te narguant sur le comptoir, tu attendais surtout de voir si elle allait entrer dans ton jeu ou pas. Quand elle finit par accepter, ton sourire s’élargit et tu eus presque envie de te frotter les mains de joie. À l’entente de sa question, ton esprit s’emplit de plusieurs alternatives bien plus délicieuses que ce que tu allais lui proposer. Tu eus un petit sourire en coin avant de reporter les yeux sur elle pour lui répondre. « Il me semble que ce serait normal si je te donne des informations qu’en échange, j’en obtienne à mon tour. Donnant-donnant. » C’était quitte ou double, elle pouvait s’énerver et refuser tout net. Tu ne lui demandais pas d’informations sur sa vie privée. Tu pensais l’avoir bien jugée en imaginant qu’elle chassait le mâle alors la même fougue que tu avais poursuivie des filles durant tes années en Russie. Bien sûr, tu n’avais aucun moyen de savoir si elle te dirait la vérité, mais elle ne pouvait pas vérifier non plus ce que tu lui disais. C’était une question de confiance aussi ridicule que ça puisse paraitre. Tu étais prêt à prendre le risque. En plus, l’entendre te raconter ses moments les plus mémorables avec des amants éphémères allait te changer les idées. « Qu’est ce que tu en penses ? Ce n’est pas trop terrible. Rien de personnel évidemment, juste des histoires des pires mecs que tu as eu l’occasion de croiser sur ta route. » Tu aurais pu pousser ta chance et aller bien plus loin, mais tu préférais commencer en douceur. Tu restais un britannique. Vous vous croisiez seulement pour la seconde fois alors tu n’étais pas prêt à te comporter de façon plus audacieuse avec Wendy. Pour l'instant...








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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Sam 24 Mai - 11:49

Octavus & Wendy
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Il ne fallait pas être savant pour percer les gens à jour, juste observateur. Je n'avais jamais brillé dans mes études, ça ne m'intéressait pas de faire une grande carrière et d'avoir la science infuse. Mon domaine était en quelque sorte l'humain et quoi de mieux pour l'étudier que de travailler dans un bar. C'était une facette bien différente qu'ils m'offraient, loin de ce qu'ils essayaient d'être dans la vie de tous les jours. Hannah ne faisait pas exception, on pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert sans même la connaître un tant soit peu. Elle n'était que l'exemple même du cliché de la fille de bonne famille coincée, c'était déplorable. Je retenais un rire en l'entendant me soupçonner d'avoir été un jour comme elle. Ah non, certainement pas. Loin de là même. Sans vouloir me vanter, j'avais bien plus de goût que ça. Je prenais pourtant un air faussement surpris, comme s'il venait de me percer à jour. Une vrai petite fille prise en flagrant délit. J'avais assez de confiance en moi pour ne pas me vexer face à ce genre de remarque. C'était clairement de l'humour et seule une personne qui doutait sur elle-même en viendrait à s'énerver. Je préférais l'auto-dérision, il m'arrivait vraiment très rarement de me retrouver dans un état de colère. Après, mieux valait ne pas être ma cible quand ç a arrivait parce que pour le coup, je n'étais pas du tout une petite fille de bonne famille.

«- Tu m'as percé à jour ! Moi qui me pensais mystérieuse, c'est raté ! »

Je roulais des yeux avant de sourire de nouveau. Il trinquait avec moi avant de se lancer dans les explications tant attendues de cette fameuse soirée. Mais il n'était pas assez loquace à mon goût. J'étais curieuse, je l'avouais facilement. Si au début, pousser Hannah dans les bras d'un inconnu n'avait été qu'un moyen de m'en défaire pour de bon, les choses avaient changé par la suite. Parce que John était un inconnu intéressant que je ne voulais pas oublier de si tôt, mais aussi parce qu'elle avait osé penser qu'elle était supérieure à moi puisque c'était elle qui partait à son bras. Il avait été vraiment difficile de ne pas éclater de rire devant tant de crédulité. J'étais une femme et je n'aimais pas qu'on m'attaque, j'avais eu de suite envie de lui dire la vérité. Qu'il n'avait commencé à la draguer que parce que nous nous étions entendus dans ce but, qu'elle était pathétique de naïveté et qu'elle allait le payer. C'était arrivé puisqu'au petit matin, elle s'était retrouvée toute seule dans son lit. Entendre les déboires de mon nouvel ami sur cette nuit-là était un excellent moyen de me conforter dans l'idée que la petite brunette ne m'arrivait pas à la cheville dans ce terrain-là, sans prétention aucune. Je le savais déjà mais ça m'amuserait d'entendre sa version des faits.

Sa proposition était surprenante, j'étais même étonnée de ne pas la rejeter aussitôt. Je le regardais sourire à quelques centimètres de moi, absolument pas inconfortable de cette nouvelle promiscuité. L'idée de lui retirer ce capuchon m'effleura mais nous n'étions pas encore assez proche pour ça. S'il voulait préserver un minimum son identité, ce devait être pour une bonne raison. C'était un automatisme, ce genre de situation me faisait passer en mode séductrice sans même que je m'en rende encore compte. Son sourcil dressé sous le ton de ma voix me ravi et sa réponse encore plus. Enfin, ce murmure de réponse qui n'était en rien pour arranger à cette nouvelle atmosphère de flirt qui nous entourait désormais. J'aurais aimé lui assurer que je n'étais pas une déception, la voix de la raison me ramenait sur le fait que c'était un client. Enfin techniquement en cet instant, il n'était pas un client mais mon invité puisque je lui offrais ses consommations, mais c'était jouer sur les mots pour ne pas se soucier de ma règle d'or. Et ce n'était pas la meilleure chose à faire. Il me fit un clin d'oeil et je me reculais pour redevenir la barmaid drôle et plus la femme tentatrice. Un instant si rapide qu'on pouvait douter qu'il soit réellement arrivé. J'acceptais néanmoins sa proposition et le sourire qu'il eut ne me rassura pas vraiment. J'avais envie d'en savoir plus, je ne savais pas à quel point il exploiterait ce nouveau pouvoir sur moi. Je n'avais pas pour coutume de laisser quiconque m'interroger sur ma vie. Il fallait croire qu'il avait franchi la porte de la Tête de Sanglier pour me faire changer d'avis. Le fait qu'il passe un instant à réfléchir à ma réponse me poussa à me demander ce qu'il allait me réserver. Je repoussais d'une claque mentale tous les scénarios qui définitivement n'avaient pas leur place dans cette situation. Vraiment, il allait me falloir sortir et me défouler un peu. Encore. Mais ça me ferait le plus grand bien.

C'était d'une logique implacable, une info pour une autre, et j'acquiesçais de bonne grâce d'un signe de tête. Je pouvais toujours mentir si la question se faisait trop personnelle. Ça n'était pas dans mes habitudes d'utiliser cette méthode, je préférais de loin dire tout net que non, je ne voulais pas en parler. Je n'étais même pas sûre que j'aurais à cœur de lui falsifier la vérité. Vraiment, je jouais à un jeu dangereux. Ouvrir certains souvenirs auxquels je me faisais un honneur de ne même plus repenser pouvait apporter son lot de cicatrices encore brûlantes. Je lui faisais étrangement confiance. Il avait tout d'un homme qui lui-même ne voulait pas dévoiler sa vie. Le fait que j'en sois toujours à John alors que ce n'était même pas son vrai prénom en était la preuve indéniable. Ça m'allait parfaitement, et ça me poussait à croire qu'il ne me ferait pas subir non plus un interrogatoire trop sévère. Le jeune homme confirma mes pensées et mon sourire s'élargit. Il allait me parler de sa nuit avec Hannah si je lui racontais en échange certaines de mes propres nuits en bonne compagnie. Ça n'était pas quelque chose dont je parlais beaucoup évidemment, ça pourrait être sympa pourtant de partager ces souvenirs-là avec quelqu'un. Un homme qui lui aussi semblait être un chasseur nocturne. Je levais mon verre pour trinquer avec lui, parfaitement consciente que le sien était vide. Oui, je le taquinais mais il me le rendait de toute évidence très bien.

«- Je crois que nous venons de conclure un nouveau deal. Ça marche mais je commence. »

J'avalais une nouvelle gorgée de whisky, les yeux levés vers le plafond pour bien réfléchir à cette première question. J'étais heureuse finalement qu'il ait choisi de venir à cette heure-ci. Le bar était loin d'être remplie, j'avais tout le temps de converser tranquillement avec lui. Enfin, tranquillement, rien n'était moins sûr. Je finis par replonger mes yeux bruns dans les siens. C'était la première interrogation que je me posais depuis le début. Pour le coup, je pensais savoir mais je n'en étais pas tout à fait sûre. Hannah m'avait envoyé des signaux contraires, si bien que je n'avais pas réussi à me forger une opinion certaine sur ce propos. S'il y en avait bien un qui pourrait éclairer ma lanterne à ce sujet, c'était John.

«- Rassure moi sur un point : notre jeune amie n'était tout de même pas vierge, si ? »

Le fait qu'elle soit inexpérimentée était clair, à quel point restait à définir. Si la réponse était positive, je m'en voudrais presque de les avoir lancé dans cette histoire. Plus pour lui que pour elle, parce qu'il n'avait pas du s'amuser beaucoup.


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Sam 24 Mai - 19:40


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Dim 25 Mai - 18:37

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Était-il vraiment doué pour percer les gens à jour ? Je n'en doutais pas, s'il me ressemblait autant que je le pensais. Notre faculté s'arrêtait pourtant en rencontrant nos semblables. J'avais l'impression de pouvoir le comprendre en un sens et dans l'autre, ne pas savoir du tout comment le déchiffrer. Je me demandais s'il ressentait la même chose à mon égard, bien que je sois pour le coup moins mystérieuse que lui. Du moins, rien dans mon attitude ne laissait à penser que moi aussi, j'avais un côté de ma personne que j'enfermais soigneusement, loin de la vue du reste du monde. J'espérais être assez bonne actrice pour qu'aucun soupçon ne vienne déranger cette tranquillité qui durait maintenant depuis des années. Depuis tellement longtemps d'ailleurs que j'en venais presque à me convaincre moi-même qu'il n'y avait rien d'autre que ça. Que mon travail, mes chaussures, mes sorties et mes proies nocturnes, éphémères. J'occultais toute une partie de ma vie, mais c'était nécessaire. Rien que de repenser à mon quotidien new-yorkais me ramenait inlassablement à lui et je n'avais toujours pas trouvé comment le gérer. La solution de l'autruche était assez pitoyable, j'en convenais, c'était la seule qui m'était salutaire. La personne que je devenais en me laissant envahir par ses souvenirs et mes regrets ne valait pas beaucoup mieux que certains clients d'ici. C'était aussi pourquoi je transplanais bien loin pour passer ces soirées-là à l'abri d'une rencontre fortuite. S'il n'avait pas deviné cette facette de ma personnalité, je ne comptais pas lui laisser la voir. Je gardais alors le silence.

La réponse à ma question fut immédiate et lui sortit tout droit du cœur. Ça m'arracha un sourire et je ne me formalisais même pas des regards qui passèrent sur nous l'espace d'un instant. Je pouvais comprendre ce soulagement dans sa voix, ça n'était jamais les plus simples à gérer, bien au contraire. Et si elle avait été vierge, les choses n'auraient peut-être pas abouti de cette manière. Il fit une tête exagérément horrifiée et je passais ma main sur mon front pour feindre un soulagement immense. J'aurais compris qu'il n'aille pas jusqu'au bout le cas échéant, la donne n'était pas la même. Nous aurions eu sur la conscience un poids bien plus grand. Enfin, vu que je ne ressentais aucun remord, je m'imaginais très bien survivre même si John avait été son premier homme. Après tout, il n'était pas mal du tout pour une première fois. Le seul problème était le contexte. Qu'elle soit inexpérimentée était évident, Hannah ne transpirait pas la confiance en elle. Elle n'avait pas assez vécu, sinon, sûrement qu'elle aurait compris le manège du grand brun. Qu'elle n'ai connu qu'un homme n'était pas une tragédie en soit, enfin, pour elle, j'en aurais été bien malheureuse pour ma part. C'était une romantique, une fille qui avait besoin de s'attacher émotionnellement pour pouvoir ressentir un besoin physique. C'était pourquoi il avait eu tant de mal à s'en défaire, certainement qu'elle pensait qu'une vrai relation était possible malgré les circonstances de leur rencontre et de leur première, et unique, nuit ensemble. Si je pouvais le concevoir, j'avais du mal à le comprendre. J'étais peut-être trop égocentrique mais trouver autant d'attrait et aussi vite à un inconnu était impensable. La réalité était que le désir physique primait sur les autres données au premier abord. Le corps n'était que l'enveloppe de beaucoup plus, mais il fallait du temps pour passer outre. C'était ma façon de voir les choses, ça expliquait aussi pourquoi je pensais qu'il était si important de prendre soin de soit. La première impression en disait long sur les gens. Je savais que je dégageais la confiance que je ressentais. Sans prétention, je m'aimais, j'aimais m'occuper de moi-même bien plus que des autres. Et je préférais me faire passer avant une tiers personne.

«- Au moins, tu ne partais pas de zéro. Si elle l'avait été, il t'aurait fallu quelque chose de beaucoup plus fort que le rhum pour t'en défaire. »

En plus, elle avait certainement les moyens de le retrouver si l'envie lui en prenait. Enfin, si elle reprenait le chemin de papa maman, ce qui me semblait très probable. Je savais pourtant que la honte primerait sur une quelconque envie de le revoir. Elle n'apprécierait pas non plus de devoir venir me demander des renseignements sur lui. En somme, John n'avait pas de soucis à se faire, il était tranquille. Pour le coup, je m'en serais vraiment voulue de lui attirer ce genre d'ennuis et aurais tout fait pour faire comprendre à la brunette qu'il ne valait mieux pas qu'elle vienne l'enguirlander avec ses bêtises. Le secret professionnel m'empêchait de divulguer des informations sur mes clients, les conversations de comptoir restaient au comptoir. Il en vint à me demander un peu de whisky pour sa bonne volonté à me répondre, et je plissais les yeux en l'observant, comme si je pesais le pour et le contre de mauvaise grâce. Mais au final, j'attrapais la bouteille et faisais glisser son verre jusqu'à moi pour le remplir à moitié de liquide brun. Il l'avait bien mérité. Et comment dire non à ce regard plein d'espoir, et en même temps amusé par notre conversation. Puis le jeu avait pris une toute autre tournure. La récompense, pour lui comme moi, n'était plus du tout de l'alcool. C'était des informations. Mes questions porteraient sur cette fameuse Hannah, pour le début du moins. Je me doutais bien que les siennes seraient larges et je ne voyais même pas quelles seraient ses interrogations sur ce sujet là. Mais ce n'était pas non plus exclu que je déborde de cette matière et élargisse le champs de mon interrogatoire. Je restais de marbre face à son sourire carnassier. Je n'étais pas timide, il était extrêmement rare que quelqu'un parvienne à me gêner. J'étais à l'aise avec mon corps, totalement libre et j'assumais parfaitement mes activités physiques régulières.

Sa première question me surprit vraiment et je ris légèrement avec lui, presque soulagée que ça ne soit vraiment que sur cet aspect-là de ma vie. Aussi parce qu'un souvenir me revint en tête. Je n'avais pas eu le déplaisir de vivre ma première fois avec un inexpérimenté, bien au contraire. Il était plus vieux et plutôt doué. S'il n'avait pas été professeur à Poudlard à l'époque, certainement que je m'en serais vantée devant tout le monde. Avec mon flair, je me rendais vite compte de ceux qui avaient déjà vécu et ceux qui n'attendaient que ça. J'évitais évidemment la seconde catégorie comme la peste. C'était toujours décevant, encore plus pour une femme. Déjà qu'il était difficile d'en trouver qui tiennent la route. J'avais pourtant été la première relation de quelqu'un, il y avait des années de cela. Dans mon autre vie pour ainsi dire. C'était un jeune homme que je voyais souvent dans l'endroit où je travaillais à l'époque, un moldu d'une gentillesse sans nom, mais d'une timidité absolue. Il m'avait avoué qu'il avait attendu de trouver la bonne fille, mais que le temps avait passé et qu'il avait désormais honte de n'avoir toujours pas franchi ce cap, ce qui le bloquait encore plus dans ses démarches de séduction. Je n'avais pas hésite longtemps. Il n'y avait rien de romantique dans cette nuit-là, c'était un geste purement amical, un moyen de le délivrer d'un fardeau inutile à porter. Je pinçais mes lèvres l'une contre l'autre, pas certaine de devoir lui avouer ça. Mais après tout, je ne voyais et ne verrais plus Thomas et ce n'était pas comme si je trahissais son secret maintenant.

«- Une fois oui. C'était plus un accord qu'une réelle nuit entre deux inconnus, mon côté bon samaritain a fait que je me suis sentie investie d'une mission. Les premières secondes mises à part, je crois lui avoir appris deux trois trucs ce soir-là. Évidemment, ça ne fut pas une partie de plaisir mais je ne regrette pas. Et puis, ça m'a amusé de porter cette casquette de professeur. »

Je pris une gorgée de whisky en jouant des sourcils. Ça m'avait fait voir les choses d'un autre point de vue. Le désir totalement mis à part, il ne restait plus que la mécanique à étudier. Le sexe était comme un sport, il fallait pratiquer pour s'améliorer, après il y avait naturellement ceux qui étaient tout bonnement doués pour ça. Les autres devaient faire leurs preuves. La dernière fois que je vis Tom, il était en bonne compagnie, un sourire charmeur aux lèvres. Étrangement, je m'étais sentie fière. J'avais eu l'impression de faire quelque chose de bien, aussi risible soit cette bonne action. J'en revenais à mes propres questions et plongeais mon regard dans le sien, totalement prise dans notre conversation.

«- A mon tour. Hannah sans son chemisier, c'est plus du style petite fille ou plutôt grand-mère ? »

Mon sourire malicieux ne me quittait pas. Je parlais évidemment de sa lingerie, je n'en étais pas encore à l'acte en lui-même. Les sous-vêtements chez une femme, c'était essentiel, un prélude du plaisir masculin qu'il ne fallait pas négliger. Si ceux de l'apprentie et désastreuse serveuse étaient à l'image de son appartement, le fou rire était assuré.


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Dim 25 Mai - 21:29


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Lun 26 Mai - 21:43

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Je n'avais pas honte d'avoir «donner» mon corps pour une raison aussi discutable. Au contraire, c'était peut-être encore la fois la plus noble que j'avais sous la main. Un homme comme John pouvait le contraire, je ne me sentais pas jugée avec lui. Bien que même avec d'autres, je me fichais totalement de leurs avis. Je répondais à son clin d'oeil par un autre, bien plus exagéré celui-ci. Il n'était pas du tout perturbé par ma réponse, bien au contraire et je me demandais s'il avait vécu lui aussi des expériences de la sorte. Bien que les femmes pensent différemment. Je ne suis pas sûre qu'une jeune vierge aurait accepté «un coup de main» de la sorte. Il avait raison, j'avais profité pour lui apprendre quelques trucs qui feraient penser à ses prochaines conquêtes qu'il avait beaucoup plus d'expérience qu'il n'en avait véritablement. Honnêtement, j'avais beaucoup ris pendant ce moment. Le voir si gauche et devoir lui expliquer l'anatomie féminine avait été épique, sûrement que revoir le souvenir en pensine me ferait encore aujourd'hui éclater de rire. Mais je n'étais pas de ce genre-là. Pour moi, le passé n'avait plus rien à faire dans le présent, il resterait à jamais ce qu'il était et ce n'était que perdre du temps de s'attarder dessus. J'étais trop terre à terre pour me perdre dans les méandres d'hypothétiques autres fins.

Encore une fois, je remarquais les traits de son visage se tendre imperceptiblement sans que je n'en comprenne la raison. Ses yeux semblaient être traversés par un éclat de vide, ou d'inquiétude. Quoi que j'ai pu dire, ça l'avait ramené à une toute autre situation. À sa vrai vie, celle où John n'existait pas et où je n'avais aucun rôle. Ça ne me dérangeait pas de voir les choses de cette manière. Sans ce besoin de s'échapper qu'il ressentait, je n'aurais pas rencontré le jeune homme et nous n'aurions pas cette conversation. Quoi qu'il l'ai amené jusqu'ici, ça ne me regardait pas et je ne poserais pas de question sur le sujet. S'il voulait m'en parler, maintenant ou plus tard, j'écouterai bien évidemment. C'était drôle d'ailleurs que j'imagine un plus tard, alors qu'une partie de moi avait cru jusqu'au bout ne jamais plus le revoir. Je n'avais pas perdu ce sentiment d'ailleurs, de manière rationnelle, il était évident qu'il n'allait pas chercher à revenir, enfin c'est ce qui aurait du normalement se passer. Une chose me poussait à croire que ce ne serait pas notre dernière rencontre, aussi surprenant cela puisse paraître. J'avais peut-être envie de m'en convaincre, ou alors, j'avais finalement un don qui me rendait à part, une voyante inconnue qui sait. Cette complicité immédiate ne pouvait pas être le seul résultat d'une aussi courte relation client/barmaid, c'était tout bonnement impossible. En plus, je n'avais jamais été aussi proche de l'un d'eux, même si je n'étais pas non plus devenue en un clin d'oeil sa meilleure amie. Je ne voulais pas lui mentir et je ressentais que lui aussi me disait la vérité. Et ça aussi, c'était une surprise. Je lui faisais confiance, il ne mentait pas.

Je préférais l'éloigner de ce qui avait bien pu le ramener à ses propres tourments et posais alors ma deuxième question, certainement pas la dernière. Je restais sur Hannah, parce que c'était simple, pas très intime puisque j'étais l'instigatrice de cette folle nuit. Je savais qu'il y avait du avoir d'autre Hannah, bien d'autres même. De belles jeunes femmes trop naïves ou pas très réservées qui s'étaient offertes à lui avec facilité. Sa réponse fut légèrement décevante, il n'y avait rien de croustillant sur ce point-là. La brunette ne réservait pas de cadeau caché sous son chemisier boutonné jusqu'en haut. Ça, je m'y étais attendue, je serais clairement restée bête si ça avait été le contraire. Qu'il m'annonce qu'elle portait en fait un corset ou de la lingerie coquine m'aurait laissé abasourdie. Elle n'était pas non plus du style grand-mère, contrairement à son appartement. J'en étais soulagée pour elle, tout espoir n'était pas perdu. Même si être trop commun sur ce terrain-là était désolant vu toutes les boutiques qui proposaient des articles plus attirants les uns que les autres. Je m'en tenais éloignée, pour le bien de mon coffre-fort à Gringotts. Ou celui de mes tiroirs. Je vivais dans un petit appartement de Londres et j'avais sacrifié la chambre pour en faire un dressing, histoire que ma passion ne déborde pas sur le reste des lieux. J'avais une collection de sous-vêtements assez incroyable aussi et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'était pas du tout constituée de brassière.

«- Oh par Merlin, j'avais totalement oublié qu'une telle chose existait encore ! »

Je faisais les gros yeux avant de sourire. Lui aussi souriait, réfléchissant déjà à quel mystère il allait mettre un terme. Il ne tarda pas longtemps avant de se décider. Et pour le coup, je m'arrêtais un instant, le regardant fixement. Celle-là, c'était une question vraiment intime. D'autres auraient certainement rougi en refusant de répondre. Pas moi. J'hésitais simplement parce que les circonstances de la perte de ma virginité étaient particulières. Et il devait bien s'en douter pour me le demander, je n'étais pas dupe. Certainement qu'il y avait prescription depuis de toute façon. Je n'avais jamais plus revu mon professeur, ne savais même pas s'il enseignait encore. Je n'avais pas été une élève facile à vivre en tout cas. Mais à trente-sept, il aurait du être capable de gérer le genre de fille que j'étais à l'époque. Ça n'avait pas été le cas. Il s'était laissé charmé, n'avait pas su repousser mes avances de plus en plus osées. J'avais tout fait pour l'obséder, le déstabiliser, c'était un miracle que personne n'avait remarqué mon manège dans ces cours. Et lorsque j'avais obtenu gain de cause, j'avais tout simplement fait comme s'il n'existait pas. On ne pouvait pas me l'enlever, je n'avais déjà pas froid aux yeux en ce temps-là. Je me décidais de répondre, d'une voix amusée, presque nostalgique.

«- Mais quelle curiosité John ! Soit, si tu veux tout savoir. J'avais seize ans, lui trente-sept, il était mon professeur dans je ne sais plus quelle matière, en tout cas ça ne m'a pas aidé à la valider malheureusement. Pour sa défense, je l'ai vraiment poussé à bout et il a démissionné l'année d'après. Avec le recul, je m'en veux un peu. À l'époque, j'étais très fière de moi, je ne pouvais pas concevoir que le premier homme qui me toucherait serait un idiot de mon âge, il me fallait plus. L'impossible. »

Mon côté chasseuse sans doute. C'était un beau trophée, dommage que je n'eus jamais l'occasion de l'exposer. Avant aujourd'hui. Il était le second à qui je racontais cette histoire. Et je ne voulais pas repenser au premier. Je portais mon verre à ma bouche pour reprendre une gorgée en le regardant malicieusement. Il avait eu des attentes quant à cette histoire, j'espérais ne pas l'avoir déçu. C'était cliché en un sens, l'élève qui s’amourachait de son prof. Sauf que moi, je n'avais pas été amoureuse, et je l'avais planté en beauté. Ça avait été égoïste, le pousser à commettre l'irréparable, à le mettre dans une situation aussi dangereuse. Mais il avait pris sa décision. Je souris une nouvelle fois avant de reprendre mon interrogatoire.

«- Est-ce qu'Hannah était ton pire coup ? Et si non, raconte moi qui c'était. »

Je restais sur le sujet principal, en déviant en quelque sorte. Je ne voulais pas un simple oui ou non, ce serait perdre une question pour rien. J'avais dévoilé presque trop de choses sur moi, il allait falloir que je me rattrape si je voulais garder un certain équilibre.

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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mar 27 Mai - 19:34


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mar 27 Mai - 21:10

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Tout poussait à la confession chez John, comme s'il était un vieil ami en qui je pouvais avoir toute confiance. C'était faux, je ne le connaissais pas. Mais dans un sens, je lui faisais confiance. Je lui confiais plus que je ne l'avais jamais fait ici, au Royaume-Uni. Je n'avais pas de réels amis, j'étais constamment obligée de mentir. Ou plutôt, je me sentais obligée de mentir, pour me protéger. Après, les confidences échangées n'étaient pas telles que je me mettais à nue devant lui. Parler de sexe était pour moi bien moins intime que de parler de sentiments. Ce n'était qu'une mécanique naturelle, indispensable. Un moyen de s'échapper dans une relation éphémère, tout ce qu'il me fallait. Il avait un avantage conséquent sur moi, il connaissait mon identité. Je lui avais donné mon prénom, et de toute évidence, il était clair qu'il savait où je travaillais. Ça ne voulait pas dire pour autant qu'il m'avait menti. Je ne lui en avais pas laissé la possibilité, avais pris les devants. Plutôt que de le laisser se torturer l'esprit avec un faux prénom, je lui en avais attribué un. Lui montrait ainsi que ça n'avait pas d'importance pour moi de qui il était formellement. C'était plus simple ainsi et le reste était secondaire. Il était assuré que ses secrets étaient bien gardés avec moi, et puis il avait de quoi donner le change si je venais à ouvrir la bouche. Nous nous offrions un moyen de pression l'un sur l'autre, en sachant pertinemment qu'aucun de nous ne l'utiliserait.

Je lui racontais ainsi ma première expérience sexuelle. Ça en disait long sur la personne que j'étais. C'était encore un peu plus la preuve que j'étais bien différente d'Hannah. Je ne tombais pas amoureuse facilement, bien loin de là même. Ça n'était arrivé qu'une fois, j'en portais encore les stigmates. C'était donc là la seule limite que je m'opposerais ce soir en compagnie de mon nouvel ami. Je ne parlerais pas de lui, de cette partie là de mon passé. Le reste n'importait pas, il pouvait me poser toutes les questions qu'il voulait, je jouerais franc jeu. Je n'allais pas jusqu'à lui raconter les moindres détails, il fallait laisser une place à l'imagination. Entre la parole et les gestes, je n'y étais pas allée de main morte. À seize ans, il n'y a pas de barrière infranchissable à nos yeux d'adolescent. En grandissant, je me rendais compte de tous les problèmes que cela aurait engendré si ça avait été découvert. Je ne m'étais attardée que sur mon propre désir et avait réveillé le sien sournoisement. Il n'était qu'un homme parmi tant d'autres et j'étais déjà une femme redoutable, quoi que le reste du monde puisse penser. Si c'était à refaire, je savais que j'agirai de la même façon malheureusement. Le seul qui aurait pu changer ça, c'était mon professeur. S'il avait été plus fort et avait continué de me repousser, ou qu'il en avait informé une tiers personne, cela aurait été très différent. Il ne l'avait pas fait, c'était laissé emprisonné dans ce jeu dont j'instaurais les règles. Un homme intelligent, pas assez face aux pulsions animales qui pouvaient parfois prendre le contrôle de nos esprits. John m'écoutait attentivement, j'étais presque surprise de cette attention totale. Il buvait mes paroles, affichant un visage qui se voulait fermé face à cette révélation. L'avais-je pris de court ? C'était-il attendu à autre chose ? Une histoire romantique, ou au contraire, tragique ? Ou alors, c'était trop banal pour lui. Je n'en savais rien. Mais devant ce bref instant de silence, j'en profitais pour le resservir, comme s'il avait besoin d'un verre pour faire passer ma déclaration. Il finit par se ranimer, peut-être un instant trop tard, alors que je basculais du liquide brun pour qu'il étanche sa soif, au cas où. Je le regardais un instant avant de sourire en levant les yeux et les épaules au ciel, comme pour accepter ma culpabilité. Que voulez-vous, si c'était trop facile, ça ne m'intéressait pas. J'eus un petit rire en le voyant jeter la clé de ses lèvres après les avoir scellés. De toute façon, ça n'intéressait certainement plus personne, c'était il y avait quelques années maintenant.

«- C'est arrivé parce qu'il le voulait bien, il a laissé une porte entrouverte et j'en ai profité. Considère toi comme un privilégié John, tu es seulement le deuxième dans la confidence ! »

Et c'était vrai, j'avais gardé ce secret. Parce que même si je m'étais jouée en quelque sorte de ce professeur, j'avais voulu le protéger. Je l'avais voulu lui, mes intentions n'étaient pas des plus pures, j'en concevais. Mais elles n'étaient pas non plus mauvaises. Ce n'était pas dans mes plans que de bousiller sa vie et sa carrière. Il était parti, rongé par l'incertitude de mon silence. Ou alors, parce qu'il pensait trop à moi et que je ne répondais pas à ses hiboux. C'était à se demander qui avait été la vierge de nous deux. Je lui demandais à mon tour de me raconter un de ses souvenirs, le pire coup de sa vie. Ça demandait réflexion bien sûr. Mais je ne fus pas déçue lorsqu'il me raconta l'histoire. Je l'écoutais parler, m'imaginant très bien la scène. Un John plus jeune, bien plus m'as-tu-vu, conséquence de l'âge, séduire une pauvre jeune fille grisée par l'alcool. Plus il parlait, plus ma bouche ouverte s'agrandissait, soupçonnant la chute de cette histoire sans vraiment y croire. Je grimaçais lorsqu'il parla de sa pauvre compagne malade et ne retins pas une expression presque choquée à la fin. Il l'avait abandonné dans le buisson. C'était hilarant. J'éclatais évidemment de rire en imaginant sa tête à lui, sa tête à elle aussi même si je ne connaissais pas ses traits. Pour le coup, c'était quelque chose qui marquait à vie. Ça avait du la calmer la pauvre, elle avait du être si honteuse. J'avais du mal à comprendre qu'on puisse se laisser aller autant à la boisson et finir dans un état comme ça en public. Bien sûr, j'avais eu mon lot de cuites mémorables, mais jamais au point d'être malade devant une tiers personne. Et encore moins pendant l'acte sexuel. C'était un coup à finir bonne sœur après ça. J'agitais ma main devant mon visage à la manière d'un éventail pour me faire de l'air et reprendre ainsi mon sérieux.

«- Effectivement, c'est le genre de nuit que l'on espère oublier vite. J'espère qu'elle a un jour trouvé la sortie du fameux buisson. »

Je lui lançais un regard taquin avant de réfléchir à mon tour à ma pire expérience. Je ne mis pas longtemps à mettre le doigt dessus. Je n'en avais pas eu énormément en définitive, il était rare que je me trompe sur les capacités de ma cible du soir. Mais je n'étais pas infaillible. Enfin, je ne l'étais pas cette nuit-là, ça c'était certain. Sauf que pour le coup, je m'étais retrouvée dans une drôle de situation. Il était évident que je n'avais jamais plus revu le jeune homme, un irlandais d'après son accent. Je me rapprochais encore un peu plus du grand brun, toujours accoudée sur le bar, histoire d'être sûre et certaine qu'il serait le seul à attendre la réponse. Il n'y avait pas foule encore, mais mieux valait prévenir que guérir, je ne voulais pas que toute la Tête de Sanglier soit au courant de mes parties de jambes en l'air.

«- Je suis tombée sur un jeune homme assez peu bon. En fait, il était tellement nul que je ne ressentais rien, nada. Évidemment, comme toute bonne femme qui se respecte, je me suis mise à simuler pour ne pas le casser dans son élan. Sauf que, je simulais encore alors que ça faisait bien cinq minutes qu'il avait terminé. Quand j'ai rouvert les yeux, découvrant qu'il me regardait faire, j'étais juste partagée entre honte et hilarité. Il a pris ses affaires et n'a même pas ouvert la bouche en partant. »

Je retenais un petit rire. Évoquer ce souvenir était toujours drôle. J'étais plutôt douée pour feindre le plaisir, mais là, je m'étais laissée emporter par mes talents d'actrices. Et effectivement, ça avait du être plutôt ridicule, autant pour lui que pour moi, que de regarder la scène alors qu'il ne me touchait plus depuis un moment. Mais bon, j'avais juste voulu être sympa et le conforter dans son idée erronée qu'il était bon au lit. Le monde de la nuit réservé son lot d’anecdotes, j'étais sûre qu'il en avait plein, comme moi. Je filais rapidement à la caisse pour donner sa monnaie au vieil homme qui partait en titubant avant de revenir vers lui, la question suivante au bord des lèvres.

«- La plus folle sur qui tu sois tombé ? »


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mer 28 Mai - 21:41


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Ven 30 Mai - 15:59

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Il était difficile d'imaginer ce gentleman qui avait franchi la porte de mon établissement la semaine passée abandonner une fille trop saoule dans un buisson après une aventure désastreuse. Loin de lui conférait une mauvaise image, ça ne m'aidait que davantage à me sentir plus proche de lui. C'était une réaction que j'aurais pu totalement avoir si les rôles avaient été échangé. Je n'étais pas du genre bon samaritain, chacun devait être capable de s'occuper de soi et dans le cas contraire, qu'il ne vienne pas me demander de l'aide à moi. Surtout sur le terrain de l'alcool. Ça pouvait paraître assez paradoxale puisque j'étais barmaid, mais je ne comprenais pas qu'on puisse se mettre dans un tel état en public. Enfin, utiliser l'alcool pour se dégriser, rire aux éclats et passer une bonne soirée, c'était totalement compréhensible. J'utilisais très souvent cette technique pour décompresser. En arriver à un point tel qu'on passait d'un être humain normal à une créature malheureusement pitoyable, c'était plus discutable. Et puis, ils étaient tous les deux jeunes à l'époque. La fille en question avait du retenir la leçon, je ne pouvais qu'imaginer la honte qu'elle avait du ressentir après ça en croisant le brun au détour d'un couloir de son école. J'espérais qu'il avait été discret sur l'affaire, qu'il n'était pas allé raconter ça à toutes les oreilles qui traînaient. C'était typiquement masculin de se vanter de ses prouesses sexuelles, mais là en l'occurrence, il n'y avait pas grand chose de glorieux. Savoir qu'après ça, elle avait réussi à trouver chaussure à son pied me rassura un tant soit peu.

Je lui racontais à mon tour une anecdote et pas n'importe laquelle. Il dut comprendre que l'on passait encore un cran sur le terrain de la confidence lorsque ma voix baissa, parce que lui aussi se rapprocha de moi. Son sourire naissant me poussait à continuer encore plus, il était vrai que celle-là était plutôt bonne. Les femmes avaient un pouvoir que les hommes ne possédaient pas : celui de faire semblant d'apprécier le moment. Il était impossible pour l'autre genre de cacher un manque d'excitation là où nous étions devenues expertes au fil des âges. Et bien sûr, pour chaque mâle, il était impensable qu'une femme ait pu avoir recours à ce genre de technique entre leurs bras. La vérité était toute autre, c'était fréquent, voire banale. Et c'était pourquoi j'accordais une importance capitale au choix de mes conquêtes nocturnes. Il fallait apprendre à reconnaître les beaux parleurs des vrais tombeurs, l'expérience était le seul moyen d'y parvenir. Ce soir-là, je n'avais pas été au top de ma forme, je l'avouais bien volontiers. Mon nouvel ami se mit à rire sans pouvoir plus se retenir, je ne pouvais pas lui en tenir rigueur. Effectivement, cela avait du le marquer et pas de la meilleure des façons. Ça partait d'un bon sentiment pourtant, j'avais préféré ne pas l'interrompre, le briser dans son ego en lui avouant la vérité. J'aurais du être plus attentive mais franchement passé un certain point, je m'étais ennuyée sévère. J'haussais les épaules de manière innocente en m'éloignant un instant vers la caisse. Il ne fallait pas non plus que je néglige trop mes fonctions. Malgré ça, je revenais rapidement et lui poser à mon tour une question. C'était sur la même lancée que la précédente, pourtant elle le laissa figé à mon plus grand étonnement. Soit il avait réellement rencontré une folle furieuse et elle lui avait fait je ne savais trop quoi de particulièrement marquant, soit il y avait un lien directement avec sa vie privée, celle qui était à part des incartades d'un soir. Mes yeux se posèrent brièvement sur son verre, perdu entre le comptoir et ses lèvres, avant de remonter jusqu'à lui. Son attitude était intrigante, poussait la curiosité à l'éveil, je la repoussais d'une main. Je préférais faire comme si je n'avais pas remarqué son trouble et attrapais alors moi aussi mon verre pour en prendre une gorgée l'air de rien. Ça lui laissa juste le temps de trouver quoi me répondre. Il n'allait pas arrêter le jeu maintenant, pas sur une question si anodines en apparence du moins. Je ne l'aurais pas pris mal pour autant s'il avait posé un droit de silence, après tout, je ne voulais pas en savoir plus que ce qu'il voulait bien me dire.

J'écoutais alors l'histoire de cette fille plutôt violente, une partie de mon esprit se demandant pourtant si c'était vraiment là la pire folle sur qui il était tombé. C'était plausible, d'après ce qu'il me racontait, elle avait clairement un grain. J'étais plutôt ouverte sur le sujet, en revanche, je n'étais pas prête à me faire battre pour prendre mon pied. Et j'étais plutôt soulagée aussi de ne pas ressentir le besoin de frapper mon partenaire pour apprécier le moment, même si j'acceptais bien de me montrer dominatrice s'il le voulait. Le cuir et le fouet pourquoi pas, tant que je ne laissais pas réellement de lourdes marques physiques. Je pinçais mes lèvres en grimaçant, le pauvre avait du la sentir passer cette nuit-là. La fuite était totalement excusable pour le coup, rester plus que nécessaire avec une personne comme ça n'était pas des plus agréables.

«- Par Merlin pauvre de toi ! Ton ami a du éclater de rire quand tu lui as raconté l'histoire le lendemain ! »

En tout cas, c'était ce que j'aurais fait si j'avais été à la place dudit meilleur ami. Je l'avais plus ou moins vécu au final, puisque j'avais moi-même poussé John dans le lit d'Hannah il y avait quelques jours de cela. Et sans être totalement dérangée, son attitude n'était pas non plus des plus normales. Trop naïve, trop collante. Ça m'en apprenait un peu plus sur les goûts du grand brun d'ailleurs. Il n'aimait pas les femmes peu sûres d'elles, ni celles qui en venaient à utiliser la force pour se sentir puissante. De toute évidence, il n'avait pas l'air d'avoir apprécier l'expérience. Il renchérit directement sur une autre question et je prenais le temps de réfléchir. Tout le monde avait ses préférences, certaines étaient vraiment étranges. J'en avais connu des hommes aux demandes improbables. En soit, ça ne me dérangeait pas de m'exécuter tant que je ne me sentais pas dégradées ou mal à l'aise. Et que je conservais mon propre plaisir, encore une fois, je ne faisais pas dans le social c'était donnant donnant. Le souvenir me traversa l'esprit comme un éclair blanc et je souris silencieusement, de plus en plus en l'observant toujours. Ça, c'était franchement bizarre et amené à se poser des questions.

«- Je me rappelle d'un type que j'avais rencontré à Chinatown un soir. Je finis chez lui, tout se passe plutôt bien jusqu'à ce qu'il me demande de lui parler en feignant un accent asiatique et en lui tirant les oreilles. J'ai du lutter pour ne pas éclater de rire ! Ça n'est qu'en partant que j'ai remarqué la décoration, déjà que le lieu de rencontre aurait du me mettre la puce à l'oreille ! »

Si j'étais restée jusqu'au petit déjeuner, peut-être m'aurait-il fait des nems. Ce qui était sûr, c'est que j'étais plutôt douée pour imiter les accents, sans vouloir me vanter. Même si d'ordinaire, je ne le faisais pas sérieusement, et certainement pas dans ce genre de contexte. En y repensant, c'était peu de temps avant que je ne rencontre Aaron. Je lui avais raconté l'anecdote lorsqu'il en était venu à commander chinois une fois dans mon appartement de New-York. Il avait éclaté de rire et m'avait pourchassé toute la soirée avec les yeux plissés, faussement bridés, et un accent à couper au couteau. Je crois que je n'ai jamais autant ri de ma vie que cette nuit-là. Je souris une nouvelle fois sans m'en apercevoir, c'était pourtant différent que précédemment. Ça reflétait une nostalgie indéniable, je me trouvais en cet instant plus dans le passé que dans le présent. Peut-être comme John plus tôt, j'espérais alors qu'il aurait la même attention que moi à mon égard et qu'il saurait prétendre n'avoir rien remarqué. Je passais une main sur ma nuque en la frottant comme pour me détendre les muscles. Et finalement, je trouvais la question qu'il fallait.

«- Le lieu le plus insolite où tu es passé à l'acte avec une inconnue ? »

Je préférais rajouter cette dernière donnée au cas où il me retourne la pareille, je n'avais pas envie de devoir y répondre en prenant en compte le seul homme qui n'avait jamais compté à mes yeux. Et c'était aussi bien pour lui, ça lui éviterait de devoir faire le tri dans celles qui avaient de l'importance et dont on ne parlait pas, et toutes les autres.


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Ven 30 Mai - 19:32


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Ven 30 Mai - 21:34

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De toute évidence, John avait un ami de débauche et je trouvais l'idée assez amusante. Bien plus jeune à New-York, j'avais eu une amie moldue complètement déjantée qui ne cessait de se lançait elle-même des défis, se prêtant au jeu comme si j'avais été celle qui l'avait poussé au challenge. Elle faisait partie de tous ces gens que j'avais quitté en le quittant lui et je n'avais jamais plus repris de nouvelles d'elle. Je me doutais bien qu'il me parlait d'une époque plus ou moins révolue. Si son meilleur ami avait été dans les parages, certainement qu'il ne serait pas assis dans ce bar sinistre à discuter avec la barmaid. J'eus un petit rire en l'entendant, effectivement il aurait pu lui faire un sale coup de la sorte, c'était même plutôt bien réfléchi. Je me demandais bien quelle avait été sa vengeance et comment s'en était sorti son collègue. S'il lui avait cherché une autre fille dans le genre, le brun avait du bien rire à la fin. Sauf si son ami avait des tendances sadomasochiste, là la vengeance aurait été un peu saboté. En tout cas, les deux ensemble, ce devait être un sacré numéro à voir. Et si cet inconnu était aussi bon que John dans l'art de séduire les filles, sûrement que la compétition entre eux devait être rude.

«- J'ai de la chance qu'Hannah ne se soit pas avérée être une folle furieuse alors, sinon tu m'aurais rendu la monnaie de ma pièce. »

Je passais mes doigts sur mon front pour essuyer une goutte de sueur imaginaire, comme si j'étais soulagée. En vrai, je n'étais pas sûre qu'il aurait osé me faire un coup de ce style. Après tout, nous ne nous connaissions pas vraiment. Mais j'aimais penser que ça ne l'aurait pas empêché, et il était très probable que j'aurais accepté le pari. Parce que j'étais joueuse, peut-être également pour lui prouver que moi aussi j'étais capable de faire tomber n'importe qui. Et je lui racontais encore une autre histoire, amusée par ses réactions. Il allait vraiment finir par croire que j'étais une fille de petite vertu, ça ne me dérangeait pas de toute façon. Il avait du le comprendre, le sexe faisait parti de ma vie et je ne m'en cachais pas. Tellement prise dans l'anecdote, je ne réalisais pas que je lui donnais une information que j'aurais du taire. Chinatown. Ça en disait long sur mon passé, bien plus que je n'avais jamais laissé échapper. Mais en même temps, il y avait beaucoup de partie asiatique dans les grandes villes, c'était même très commun et Londres ne faisait pas exception. Aucune ne rivalisait avec le Chinatown de New-York cependant. Je continuais sans percuter, ne remarquais même pas son interrogation passagère dans ses yeux. Le souvenir était bien trop vivace, je revoyais encore ce grand blond et ses oreilles rougies. Le visage de John devenait incrédule quelques instants alors qu'il répétait mes mots, comme s'il croyait avoir mal compris. Je me contentais d'hocher la tête en souriant. Les oreilles pouvaient être une partie sensible évidemment, mais je ne voyais pas où était le plaisir de les tirer comme si l'on engueuler un enfant de cinq ans qui venait de faire une bêtise. Peut-être avait-il eu une nourrice asiatique assez sévère pour qui il avait eu le béguin, allez savoir. C'était la théorie qu'Aaron avait avancé et je repensais à lui. Tellement que je mis quelques instants à entendre sa question. Le temps de réponse était anormalement long mais il ne le souligna pas, usant de la technique de la gorgée de whisky pour paraître naturel. Je l'en remerciais. Je revenais au moment présent, reprenant le cours des choses avec un entrain tout aussi important.

«- Bien sûr ! Mis à part ça, il était plutôt doué. Le souci c'est que j'ai eu du mal à perdre l'accent en lui disant au revoir. »

Je pouffais légèrement en me rappelant tout ça. Ce que les coups d'un soir pouvaient amener à faire était impensable et en même temps, ça me permettait d'être de moins en moins surprise. J'aimais le faire d'avoir vécu des choses aussi insolites, tout cela rendait ma vie plutôt banale beaucoup moins monotone. Il mordait déjà sa lèvre pour s'empêcher de rire, m'imaginer en train de prendre mes affaires et de partir en jouant encore les chinoises n'allaient pas l'aider à se contenir. La colle que je lui posais ensuite l'amena à réfléchir et j'en profitais pour laver d'un coup de baguette magique les verres laissés sur le comptoir avant de les envoyer vers les étagères. Quand il me répondit, je me raccoudais contre le bar pour l'écouter. Effectivement, ce n'était rien de très folichon. En même temps, il avait ce côté homme du monde et gentleman qui faisait que rien de tout ça n'était vraiment surprenant. Quoi que, plus jeune il avait quand même terminé dans un buisson. La jeunesse était synonyme de folie aussi, il y avait moins de barrières, moins de réflexion. En grandissant venait les qu'en dira-t-on et les excuses sur la morale. Il fallait croire que je grandissais moins vite que les autres, ma petite taille pouvait en être une preuve. Je soupirais en reprenant son verre pour l'éloigner de lui, agissant comme s'il venait de sonner le glas de cette soirée confession par sa réponse décevante.

«- Très déçue John. Merci au revoir. »

Je faisais semblant de l'être, mais ça n'était pas vrai. C'était déjà assez insolite et puis, il y avait un côté assez prenant dans le fait de risquer de se faire prendre. Je finis par sourire en repoussant son whisky vers lui. Chacun avait ses limites, il avait peut-être besoin d'un certain confort pour faire ces choses là. Il renchérit directement et pour le coup, je ne m'étais pas attendue à ce genre de question. Ça n'aurait pas du me surprendre, c'était un fantasme chez beaucoup d'hommes. Et même outre ça, rien que l'image de deux femmes ensembles faisaient cogiter pas mal de personnes. Pour ma part, je ne m'étais jamais sentie attirée par une autre fille. Objectivement, j'en trouvais beaucoup très belles, certaines diablement sexy mais ça ne m'avait jamais poussé à franchir le cap de moi-même. Ça ne voulait pas dire que je ne l'avais pas fait. La question était simple et ne demandait pas beaucoup de détails, je pouvais toujours jouer sur ça. Je n'allais pas m'en priver d'ailleurs.

«- Oui, ça m'est déjà arrivé. »

Je lui souris mystérieusement en n'allant pas plus loin. J'étais de nature ouverte et curieuse, je ne me mettais aucune étiquette et même si je me savais comblée par les hommes, je n'étais pas horrifiée à l'idée qu'une femme puisse parvenir à me troubler. Lui raconter le fin mot de cette histoire ne me dérangeait pas, c'était juste plus drôle de le laisser s'imaginer tout un tas de scénarios possibles. C'était pour voir aussi à quel point il pouvait être curieux. Je savais déjà qu'il était capable de faire preuve de discrétion sur le terrain de la vie privée, une qualité que j'avais également et que j'appréciais retrouver chez les autres. Quoi qu'il en soit, il ne s'en tirerait pas comme ça. J'étais bien loin de me cantonner à Hannah au final et je voulais en savoir autant sur lui qu'il pouvait en savoir sur moi, question d'équilibre.

«- Et qu'en est-il pour toi ? Est-ce qu'un homme a su faire faiblir le mâle indomptable en toi ? »

C'était une façon un peu théâtrale de retourner la politesse, mon côté star du cinéma sûrement. En espérant que ça ne le vexe pas, d'autres auraient mal pris cette demande-là. Les hommes se sentaient directement piqués dans leur virilité lorsqu'on en venait à parler de l'hypothèse d'une aventure avec une personne du même sexe. Il fallait alors à tout prix jouer les gros durs, rouler des mécaniques pour afficher une masculinité sans faille. C'était pourtant ceux qui s'indignaient le plus qui apparaissaient comme les plus soupçonneux. Encore que les anglais étaient assez ouverts sur la question, ça n'était pas le cas de certains sud-américains que j'avais pu croiser. Mais pour le coup, si John me confessait une aventure homosexuelle, j'en tomberais des nues, je ne l'imaginais pas du tout sur ce bord-là. Après, qu'il se soit fait draguer, ça ne m'étonnerait pas. Il était vraiment beau garçon, soigneux de sa personne et distingué. Si ça plaisait aux femmes, ça plaisait aux gays c'était une certitude. Personne ne pouvait les blâmer de tenter leur chance. Moi en tout cas, je ne me serais pas faite prier pour l'aborder si la situation avait été toute autre.


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Sam 31 Mai - 14:18


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Lun 2 Juin - 16:37

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Il était charmeur, c'était incontestable. Tout comme je l'étais. Même entre nous, nous ne parvenions pas à refréner cet aspect de notre personnalité. Son clin d'oeil m'amena à sourire, amusée par sa réplique. Il allait finir par me pousser à être une mauvaise fille, juste pour voir si il était capable d'aller jusqu'au bout de sa menace. Les mots brûlaient mes lèvres, je voulais moi aussi répliquer, lui montrer qu'il n'était pas le seul à maîtriser ce domaine. Je me retenais pourtant, ne voulant pas dépasser un certain stade dans le flirt. Il restait mon client et j'étais en plein dans mon travail, même si à première vue ça ne se voyait absolument pas j'en convenais. Ça ne se faisait pas de séduire ou se laisser faire pendant les heures de boulot, encore moins avec un client. Et je m'amusais trop à discuter de nos aventures avec John pour prendre le risque de tout gâcher. Une petite voix s'insinua dans mon esprit pour me dire que de toute façon, il y avait de grandes chances pour qu'il ne remette plus jamais les pieds à la Tête de Sanglier après ça. Mais tout de même, je préférais garder le souvenir d'un bref ami plutôt que d'un autre amant passager. Nous en revenions à notre sujet de conversation et son rire lorsque je prétendis partir avec son verre me plut. Il était très loin du jeune homme qui avait franchi la porte de l'établissement la semaine passée. Si lui raconter mes aventures, pas toujours très glorieuses malheureusement, lui remontait le moral, j'étais prête à rester toute la nuit. Même si la deuxième partie de ma soirée était déjà prévue, confirmée par un message sur mon téléphone avant son entrée. Il précisa que la ruelle n'était pas vide, ça c'était déjà plus palpitant. Il y avait quelque chose d'enivrant dans le fait de se savoir entouré pendant l'acte. Entre la peur et l'excitation, la crainte et l'envie de se faire prendre. Pour le coup, je prenais un air choqué, ouvrant la bouche en rond et le cachant de ma main dans une attitude presque princière. Mes origines royales cachées sans aucun doute.

«- Mais quel vilain garçon ! Je suis si outrée ! »

Cette voix haut perchée était désagréable, même pour mes oreilles. Au final, le gentleman avait un certain côté voyou qui n'était pas pour me déplaire. Aucune femme n'aimait les trop gentils garçons de toute façon, et c'était bien triste pour eux. Je n'étais certainement pas la mieux placer pour lui faire la morale, j'avais eu mon lot de passion soudaine dans les lieux publics. Enfin, pas avec des inconnus ou très rarement, j'avais mes limites. Je préférais de loin ramener mes proies chez moi et jouais à domicile. Comme ça, une fois l'affaire terminée, je n'avais plus qu'à gentiment, ou pas, les pousser vers la sortie et ne même pas avoir à me rhabiller pour profiter toute seule de mon grand lit. Dormir avec quelqu'un, c'était bien plus intime que simplement coucher avec. C'était tout aussi intime que cette nouvelle question, pour le coup nous avions franchi un nouveau cap dans la confidence. En même temps, je ne pouvais pas lui en vouloir de poser la question. Je ne montrais pas vraiment de retenue quant à cet aspect de ma vie, la sexualité n'était pas tabou pour moi et il avait bien du le comprendre. Alors je lui répondais mais le laissais sur sa faim. Et mon sourire n'arrangeait pas les choses, il allait certainement utiliser une autre question pour en savoir plus sur le sujet. Restait à savoir si cela valait le coup ou non. Je lui retournais en attendant la politesse, la réponse déjà évidente à mes yeux. Il n'avait pas la tête d'un homme qui s'était laissé tenté par d'autres jolis garçons. Il savait séduire les femmes et c'était évident qu'il aimait ça, faire la cour à un homme, c'était bien différent. Après, je ne le connaissais pas vraiment non plus, je supposais à partir de ce qu'il m'avait laissé entrevoir. Puis la jeunesse aidant, Merlin seul savait ce qu'il avait pu expérimenté. L'adolescence était une période sans barrière où la curiosité était telle qu'elle nous rongeait entièrement. Je ne savais pas dans quelle école il avait été, mais mes années d'études étaient assez marquantes pour ma part. Et le château était bien assez grand pour que tout le monde puisse faire ce qu'il voulait dans son coin. Mais c'était une autre époque. Son sourire avant de finir son verre m'intrigua, ce silence si court et si long à la fois était une vraie torture. Était-il possible que je me sois trompée ? Peut-être que John était bien plus ouvert sur la question et qu'en fin de compte, il ne trouvait pas son bonheur seulement dans les bras de femmes. En définitive, ça ne changerait pas beaucoup de choses pour moi, à vrai dire ça ne changerait strictement rien même. Il serait toujours aussi séduisant et distrayant.

Il tardait et j'en étais à me dire qu'il fallait peut-être que je le rassure. Lui dire que ça n'était pas grave qu'il soit homo ou qu'il l'ait été. Pour le coup, j'arrêtais de sourire, prenant un visage plutôt sérieux, prête à m'élancer dans un discours de soutien à la cause homosexuelle et pour tous les opprimés. Mais il me devança finalement et je restais la bouche ouverte, ravalant mon petit speech. J'avais eu raison, il n'était pas de ce bord-là. C'était presque un soulagement, j'allais finir par croire que je perdais de mon flair sur les hommes et ça, c'était très mauvais. J'aimais cette faculté que j'avais développé de pouvoir cerner les gens rapidement. C'était un gain de temps et d'énergie considérable. Ça me permettait aussi de garder les ennuis à distance et rester ainsi dans ma petite vie tranquille et parfois trop répétitive. Il n'avait jamais essayé, mais ça n'avait pas été par manque de propositions. Sur ce point-là, je voulais bien le croire. Le brun était très bel homme et confiant en ses charmes, ça plaisait à tous les genres sans distinction. Puis il était charmeur et mystérieux, aussi bien que dans ses mots que par son attitude. Ça poussait à vouloir découvrir plus. La preuve était que j'étais encore en sa compagnie. Honnêtement, ça devait être la conversation la plus longue avec un homme que j'avais eu ces dernières années.

«- Et ça ne veut pas dire que personne n'y arrivera jamais hein ? »

J'haussais les épaules dans une attitude de « qui sait ? » assez comique. Il ne fallait jamais fermer une porte, du moins, pas sans l'avoir essayé avant. Il enchaîna d'ailleurs sur sa précédente question laissait en suspend un peu plus tôt et je le regardais intensément, comme pour le mettre en garde de la réponse qui pourrait en résulter. Son visage se rapprocha du mien, ses sourcils s'agitant entre intérêt et humour. Je ne cillais pas, l'instant était crucial. Enfin pas vraiment, mais ça m'amusait de le laisser dans le doute. Je savais depuis le début que s'il revenait là-dessus, je lui dirais la vérité. Je n'avais aucune envie de mentir à John, j'avais l'impression qu'un pacte d'honnêteté tacite avait été passé entre nous. Je portais mon verre à mes lèvres et le vidais d'une moi aussi, suivant son exemple à quelques minutes d'intervalles. Contrairement à lui, une personne avait réussi à faire pousser les avances à un autre stade. Je devais avoir dix-neuf ans, vingt ans tout au plus. J'avais déjà l'habitude de refuser les propositions de ce genre. Et alors que je me faisais draguer par un homme très mignon elle avait surgi de nulle part et c'était mis en tête de se mettre en compétition avec lui. Mackenzie n'avait jamais aimé qu'on lui dise non. Je pouvais le dire parce que nous étions devenues amies après ça, jusqu'à ce que je prenne la fuite. Comme quoi une histoire d'un soir improbable pouvait parfois finir en quelque chose de totalement inattendu.

«- Il y en a une oui. Elle s'est mise en compétition avec un type qui me draguait et au final, elle s'y est bien mieux prise que lui. Je l'ai choisi elle sans vraiment penser aller jusqu'au bout, puis une chose en entraînant une autre... On a fini chez moi. Et effectivement, elle maîtrisait son sujet. C'est devenu une très bonne amie sans rien de plus et ce fut la seule et unique fois où je tombais du côté féminin de la force. »

Bon, il n'allait peut-être pas comprendre la dernière allusion, c'était bien trop moldu pour le côté sorcier de ma vie. Je souris encore davantage, le souvenir n'était pas désagréable. Mackenzie me manquait, sa franchise, son extravagance et même sa grossièreté me manquait. Je remarquais que durant mon récit, je n'avais pas réinstauré une certaine distance entre nous et cette promiscuité avec cette conversation était spéciale. Pas dérangeante pour un sou, elle rendait juste l'atmosphère encore plus particulière. Je laissais quelques secondes passer avant de reposer une question, la première qui me venait en tête.

«- Maintenant qu'on parle de deux femmes ensemble, tu as peut-être pu profiter de ça en étant de la partie, non ? »


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Lun 2 Juin - 20:48


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mar 3 Juin - 21:54

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Je venais à peine de répondre que oui, j'avais cédé aux avances d'une femme, qu'il souriait déjà. C'était loin d'être le même petit sourire plus ou moins contenu qu'il me réservait d'ordinaire, enfin pour les deux fois où je l'avais vu. C'était un sourire à s'en briser les mâchoires, il ressemblait presque à un enfant, ses yeux rieurs n'étaient seulement plus que deux fentes. Je n'imaginais pas que ma réponse pouvait autant le satisfaire. Si je venais à devoir lui faire un cadeau un jour, je lui offrirais le souvenir dans une fiole, au moins je serais sûre et certaine de lui faire plaisir. Sa réaction m'amusa et me conforta dans l'idée que non, je n'avais pas envie de lui cacher la vérité. Oui, Mackenzie avait réussi là où d'autres avaient échoué, elle avait même devancer un homme très séduisant mais bien moins au point qu'elle ce soir-là dans ses techniques de drague. Si au début, j'avais été étonné d'être plus sensible à ses avances qu'à celles du gentleman qui me travaillait au corps déjà depuis un moment, j'avais vite compris par la suite qu'elle s'entraînait de manière régulière. Devenir amie avec Mac' avait été la meilleure décision possible. Déjà, c'était surprenant que je veuille revoir régulièrement une de mes aventures d'un soir, encore plus quand c'était la seule femme à mon compteur. C'était une chasseuse, d'un niveau bien plus élevé que n'importe qui. Elle m'avait d'ailleurs appris deux trois choses que je n'avais pas oublié, autant sur la partie avant l'acte que pendant. Elle avait pris à cœur de me conseiller sur les hommes par la suite et à chaque dispute avec Aaron, me proposait de coucher avec elle pour me changer les idées soit disant, mais je savais que c'était juste pour me faire rire. Comme quoi, le sexe ne gâchait pas tout. C'était très rare, mais ça arrivait, comme un miracle. John ne disait rien, si bien que j'allais finir par croire que soit je l'avais choqué pour de bon, soit il essayait de s'imaginer la scène. Si c'était la première option, autant arrêté là notre conversation parce que mon histoire avec Mac' n'était pas la plus offusquante que j'avais en stock. Être jeune, jolie et travailler dans le monde de la nuit à New-York permettaient d'ouvrir des portes dont personne ne soupçonnait même l'existence. Il fallait savoir garder les pieds sur terre et posséder franchement un sacré caractère pour y survivre. J'avais mis vite le holà pour ne pas m'y perdre, comme beaucoup d'autres.

Je continuais de le regarder d'aussi près, ne trouvant absolument pas cette promiscuité inconfortable. Il ne semblait plus vouloir autant cacher son visage qu'à son entrée la semaine passée. Je pouvais le contempler à loisir, son capuchon m'en avait empêché la fois précédente. J'étais pratiquement sûre que nous avions le même âge à peu de chose près, pourtant il ne m'était absolument pas familier. Ça voulait dire qu'il n'avait pas fait ses études à Poudlard, ou alors qu'il n'avait pas eu une adolescence très flatteuse, j'avouais ne pas conserver beaucoup de souvenirs de mes camarades masculins peu physiquement attrayant. Mais c'était impossible, son succès avec les femmes commençait à ses années scolaires. Il venait d'une autre école, ça lui donnait un côté encore plus mystérieux de faire cette constatation. Je n'en parlais cependant pas, ça faisait parti de sa vie privée. Je ne voulais pas que l'on déborde sur ce sujet, il était donc hors de question d'utiliser une question pour confirmer mes soupçons. Ce serait déplacé et dans un sens, j'aurais l'impression de le trahir. Parce que j'avais compris qu'il voulait fuir une partie de sa vie lui aussi, j'étais très bien placée pour comprendre cela.

À la place, je restais dans un domaine facile pour nous deux. Je lui demandais s'il avait déjà participé à une activité sexuelle avec plus d'un partenaire, d'une manière beaucoup plus détournée et le tout dans un sourire coquin. Et le fait que ses lèvres s'étirent de la même façon me laissait à penser que John n'allait pas du tout me décevoir sur ce coup-là. Les combinaisons étaient multiples et même s'il m'avait avoué n'avoir eu aucune aventure homosexuelle, cela ne signifiait pas forcément qu'il était le seul homme présent dans la pièce. Ce qu'il me confirma de manière plus ou moins explicite et chacun de ses mots étirait encore plus mon sourire, si bien que j'étais toutes dents dehors. En fin de compte, derrière l'image de gentleman aux bonnes manières, il m'avait tout de même vouvoyé pendant les premières minutes !, se cachait un John beaucoup moins gentil garçon. Il avait lui aussi une sacré expérience en la matière et peu de scrupules à en parler avec une presque inconnue. Et en plus de ça, il n'était pas contre revivre les doux souvenirs du passé. Ça, c'était clairement inattendu comme réplique. Je levais un fin sourcil, autant provocateur que surpris. Vraiment, je n'aurais pas du tout était la même Wendy si le lieu de rencontre avait été différent. J'aurais pris ce genre de confession pour une invitation à moitié voilée.

«- Je saurai m'en rappeler si d'aventures je m’immisce une nouvelle fois dans ta vie sexuelle. »

J'entendais en l'aidant à se trouver une, en l'occurrence plus deux, nouvelles proies. Le ton de ma voix ne devait pas vraiment aider à clarifier les choses. Incorrigible séductrice, je n'étais pas prête de changer. Je m'éloignais de lui en prenant une longue inspiration à sa nouvelle question, comme si j'étais en pleine réflexion. Je saluais d'un signe de tête les deux nouveaux clients qui entraient dans le bar avant de me retourner de nouveau vers le brun assit au comptoir. Ça m'était arrivé, évidemment. J'avais apprécié ça, c'était différent. Je m'étais sentie autant en compétition qu'en harmonie avec la seconde fille, je voulais être la préférée de notre homme commun tout en l'oubliant parfois totalement, nous unissant pour son plus grand bonheur. Que ce soit deux hommes ou deux femmes, l'aventure était plaisante. Je n'avais jamais dépassé le nombre de trois pour autant, après ça devenait trop compliqué et acrobatique pour moi.

«- Jamais plus qu'à trois, mais j'ai déjà atterri dans des endroits où même en étant qu'à deux, on n'était pas vraiment tout seul si tu vois ce que je veux dire. »

Ces endroits-là, il fallait y être invité pour les découvrir. Des maisons totalement consacrées au plaisir des sens et des chairs. Cela avait été fascinant d'y mettre les pieds, j'avais été rongée autant par le désir que la curiosité. Tout était possible, personne ne pouvait rien prévoir et mieux valait ne pas être timide, sinon c'était la douche froide assurée. J'entendis le carillon de la porte d'entrée une nouvelle fois et un autre groupe s'empara d'une table. La soirée commençait pour de bon. Mon regard se tourna vers l'horloge, le temps avait filé bien plus vite que je ne l'avais pensé. John était de bonne compagnie, la discussion était si prenante que je m'étais laissée absorber toute entière, en oubliant presque mon travail. Ça allait être difficile de soutenir le rythme avec tout ce nouveau monde dans l'établissement. J'attrapais une nouvelle fois la bouteille de whisky ainsi que son verre que je remplissais entièrement pour le coup. Il l'avait bien mérité, un verre d'alcool fort pour se remettre les idées en place après cet échange des plus osés.

«- Tu me laisses le privilège de la dernière question ? C'est quoi ton genre de femmes ? Que si j'ai la possibilité de me rattraper après Hannah, je fasse les choses biens !»

Après toutes celles que nous avions posé, cette question devait paraître bien sage. Mais c'était réfléchi. Si j'étais amenée à lui chercher une nouvelle proie dans le futur, autant que je connaisse un tant soit peu ses goûts. Ou alors, je voulais juste savoir qui pourrait accroché son œil. Quoi qu'il en soit, je me raccrochais un peu à l'idée que ce n'était pas notre dernière rencontre. Je n'en avais pas envie en tout cas. C'était tellement rare que je rencontre quelqu'un avec qui j'arrivais à échanger, même un minimum et sur des relations aussi insignifiantes que le sexe d'un soir. Ils étaient peu nombreux les hommes que je voyais deux fois de suite avec plaisir, encore plus sans avoir fini dans leur lit. Je me doutais bien que la Tête de Sanglier n'était pas son lieu de chasse de prédilection et malheureusement, les femmes d'ici n'étaient pas toutes très jolies. Je ne pouvais même pas lui en vouloir de ne pas remettre les pieds ici à cause de ça, c'était déjà une réelle surprise qu'il soit venu me faire son rapport. Mais malgré tout ça, j'espérais que par envie ou par hasard, ce ne soit pas la dernière question que je ne vienne à lui poser.


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Mer 4 Juin - 21:37


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Jeu 5 Juin - 16:11

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Je n'aurais pas su dire s'il avait remarqué l'énorme double sens de ma réplique. C'était involontaire de ma part, je n'étais pas en train de suggérer de pimenter moi-même un peu sa vie sexuelle. Enfin si, mais pas dans ce sens là. Sans vouloir tout compliquer, c'était juste pour dire que je pouvais toujours me fixer de lui trouver deux filles, ou personnes même, consentantes pour qu'il puisse revivre ce bon souvenir. Après tout, la technique avait très bien marché avec mon ancienne petite serveuse, ça pouvait être le début d'une grande association. Même s'il était plus qu'évident qu'il n'avait pas besoin de moi en la matière. S'il avait pu me raconter toutes ces histoires, ça montrait bien qu'attirer les femmes jusqu'à son lit lui était d'une facilité déconcertante. Comme pour moi. Il arqua un sourcil surpris et je souris en hochant négativement la tête, me rendant compte de l'absurdité qui venait de sortir de ma bouche. Et je ne pouvais même pas mettre ça sur le compte de l'alcool, je n'avais bu qu'un verre et c'était largement insuffisant pour m'embrouiller l'esprit. Je n'avais juste pas réfléchi avant de parler. Il ne sembla pas s'en formaliser, fort heureusement. Je n'avais pas envie qu'il me pense intéressée, ça n'avait rien à avoir dans notre pseudo-relation de comptoir. Je levais alors les pouces en plissant les yeux, comme pour lui signifier que je prenais cette future et hypothétique mission à cœur. C'était sûr, si je venais à le recroiser un jour, parce que ça ne pourrait être que le destin, il y avait peu de chances qu'il revienne de lui-même à la Tête de Sanglier, je n'oublierais pas cet instant. S'il était aussi nocturne que moi, il y avait encore des possibilités de lui tomber dessus dans un bar, même si j'avais tendance à aller plus dans le côté moldu de Londres pour célébrer après mon service. Je trouvais que les moldus étaient bien plus ouverts et déjantés que les sorciers. Eux savaient faire la fête et pas qu'un peu. Après, j'appréciais aussi quelques faits magiques relatifs aux sorties. Les potions anti-gueules de bois par exemple. Je répondais à mon tour, sentant la fin de notre entrevue approcher à grands pas. Si j'avais été propriétaire de l'endroit, ou même si j'avais gardé une aide, je me serais permise de faire encore plus traîner les choses. Je pouvais converser en restant derrière le bar, mais là, j'allais devoir préparer et servir. Ça n'était pas énormément plus de travail et à la limite, je préférais faire tout moi-même plutôt que de perdre du temps à rattraper les bourdes d'une petite idiote en pleine crise de rébellion.

Je pris un air presque coupable en l'entendant répliquer qu'il n'était qu'à moitié surpris. Évidemment, après tout ce que je lui avais raconté sur moi, c'était plus que prévisible. Je n'avais pas beaucoup d'interdits dans ce domaine et en parler ne me mettait pas mal à l'aise. Ça ne voulait pas dire pour autant que j'avais souvent la possibilité d'en discuter, bien au contraire. Je ne ressentais pas le besoin d'étaler mes exploits pour être certaine de mes charmes. C'était juste qu'avec John, ça semblait évident, il me poussait à la confidence. J'avais l'impression de pouvoir lui parler, qu'il était comme moi. Enfermé dans une certaine solitude qu'il avait recherché dans un sens, avec un besoin de s'ouvrir sans complètement le faire en même temps. Ça ne me dérangeait pas de savoir que je ne connaissais rien de profond sur lui, ni même son véritable nom. Il connaissait le mien, ça n'était pas réellement un avantage. Un prénom ne disait en rien la personne que l'on était, ça ne nous définissait pas. Je lui resservais du whisky pour un dernier verre en lui posant la question ultime. Bien loin des autres, elle n'appelait à aucun détails croustillants. Et j'étais presque étonnée de ne pas en profiter pour finir en apothéose, en profiter pour lui demander de me raconter sa première fois ou son meilleur souvenir en la matière. Je lâchais un petit rire en même temps que lui lorsqu'il me demanda combien de temps j'avais devant moi. De toute évidence, il était exigeant en matière de femmes et c'était compréhensible. Il était bel homme, il pouvait se permettre de ne pas dire oui à la première venue. Et j'avais raison, il avait une idée plutôt fixe de celle qui lui correspondrait. Que d'exigences ! Même s'il ne s'attardait pas sur le physique, je me doutais bien qu'il fallait qu'elle soit belle, John avait l'air d'être de ceux qui aimaient avoir de jolies choses à leurs bras.

«- Très bien, alors si je rencontre la femme parfaite, je te fais signe! »

Je levais les yeux au ciel en souriant. Je perdis légèrement de mon enthousiasme en voyant tout ce monde dans mon bar. Pour la première fois de ma vie, j'étais exaspérée de tant de clientèle. D'habitude, j'aimais que l'endroit soit bondé, ça me permettait de voir les heures s'écouler plus rapidement, de me tenir en action. Là, j'étais pour la première fois contentée par une simple conversation et je n'avais pas envie qu'elle s'arrête, je savais qu'il s'en passerait du temps avec une telle chose ne se reproduise à nouveau. Je soupirais en entendant John. Il avait raison, je n'allais pas pouvoir rester plus longtemps. Les hommes attablés avaient l'air d'avoir déjà choisi et d'autres venaient encore se rajouter sur les tabourets du bar. J'en vis un lever le bras vers moi et je lui fis un signe de tête pour lui faire comprendre que je l'avais vu et que j'arrivais. Je retournais un regard vers mon compagnon toujours occupé avec son whisky. Ça n'allait malheureusement pas me retenir jusqu'à la fin de mon service. Je ne pouvais pas plus longtemps laisser mon travail au risque d'être complètement submergée d'ici peu.

«- Probablement. Tu restes quand même mon client préféré John je te rassure. »

Je lui fis un clin d'oeil. C'était la stricte vérité. Ça ne faisait peut-être que deux fois qu'il mettait les pieds ici, il avait été pourtant bien supérieur à tous les autres habitués. Il ne s'était ni plaint, n'avait eu aucune réflexion ou geste déplacé. Comble de l'improbable, il avait été même d'une impolitesse surprenante. Et fait moindre mais appréciable quand même, il sentait bon et était propre sur lui. Un miracle ici. Je me relevais, n'étais plus accoudée contre le bois du comptoir et lui faisait face à une distance plus importante que précédemment. Je tendais une main vers lui, manière solennelle de dire au-revoir. Mais si c'était la dernière fois que je le voyais, ça pouvait se comprendre. Je n'avais pas envie de faire preuve de nostalgie, ce serait vraiment ridicule. Il fallait être réaliste, nous devions avoir des vies bien différentes l'un de l'autre. Rien qu'à voir la qualité de son manteau, il était évident que nous n'avions pas les mêmes salaires. Avec autant de bonnes manières, il devait venir d'une bonne famille ou avoir un poste important. Ça expliquait aussi le fait qu'il veuille cacher un tant soit peu son visage par un capuchon. Je me forçais à sourire avec le même entrain que je lui avais réservé en l'accueillant. Mes doigts serrèrent les siens avec force alors que je ne le quittais pas du regard.

«- Je suppose que c'est un au-revoir alors. Merci d'être venu faire ton rapport soldat ! »


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MessageSujet: Re: Never let your feelings get you down, open up your eyes and look around {Ocendy}   Ven 6 Juin - 18:45


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