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  It's time to see what I can do ♜ Aleksia

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Octavus McKenna
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MessageSujet: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Lun 9 Juin - 20:39

I know it all ends tomorrow, so it has to be today.
Ashly Lorenzana ▽ Never try to do anything that is outside of who you are. A forced smile is a sign of what feels wrong in your heart, so recognize it when it happens. Living a lie will reduce you to one.  
Le nouvel an avait été parfait. J’avais largement dépassé toutes mes espérances en la matière. Octavus aurait des difficultés à faite mieux l’année prochaine, c’était une certitude. Le fait que je sois rentré chez moi avec une jolie blonde à chaque bras n’avait été qu’un bonus en plus. Et le gage que le brun avait dû faire en contrepartie de sa défaite avait définitivement remonté mes esprits, réussissant même à faire lâcher un petit sourire à l’écossais. C’était à croire qu’il avait un petit côté sadomasochiste caché. La chance était clairement avec moi. C’était peut-être pour ça que j’avais stupidement pensé que la situation entre Octavus et Aloisia s’était réglée. Tout prédisposait au succès. Ils étaient rentrés ensemble et leur proximité indiquait clairement un désir évident. Je ne savais pas ce qui s’était passé entre eux, mais quand j’avais rejoint mon meilleur ami supposé au Ministère pour notre réunion, il avait semblé détruit. Son masque d’impassibilité fonctionnait peut-être sur les autres, mais certainement pas sur moi. Comme toujours. Je ne comprendrais définitivement jamais ce qui se passait dans sa tête. C’était à croire qu’il se torturait volontairement quand il avait une chance d’être heureux. Après l’avoir travaillé au corps pendant un certain temps, il avait fini par confirmer à demi-mots ce dont je m’étais douté. La soirée avec Aloisia avait de nouveau pris un tournant inattendu. Je ne comprenais vraiment pas ce qui le retenait. Bon sang, ces deux là étaient les plus aveugles et stupides de tous les couples que j’avais eu la malchance de croiser ! Aloisia l’aimait, c’était tellement évident. Et d’après la jalousie que j’avais pu voir quand je m’approchais un peu trop près d’Aloisia, il n’était pas non plus indifférent. Liberia l’avait beaucoup plus marqué que je ne l’avais imaginé. Je ne voyais pas une autre explication. D’après ce qu’il m’avait dit de sa jeune fiancée, je n’aurai jamais pensé une seconde rencontrer cette personne là. Je devais admettre que je m’étais fait une idée légèrement négative d’elle malgré tout et j’avais hâte de la rencontrer pour voir s’il avait dit vrai ou non. Sauf qu’elle avait grandi depuis les caprices de petite fille qu’il m’avait narré jadis. La différence d’âge était peut-être toujours un obstacle, mais ce n’était certainement pas insurmontable. C’était simplement commode de l’utiliser comme excuse, j’en étais convaincu.

Le plus étonnant et effrayant dans tout cela fut sans doute quand Octavus me demanda d’accompagner Aloisia voir Casse Noisette à sa place. Après s’être comporté de façon si jalouse quand je m’approchais trop près, le fait qu’il insiste pour que je l’accompagne était incroyable. Là, je sus que quelque chose s’était cassé et serait impossible à réparer. Il avait abandonné la lutte tout simplement. Je me demandais de qui venait la décision. J’imaginais que je serais rapidement fixé si Aloisia acceptait la soirée qu’Octavus nous avait arrangée. Alors qu’avait-il bien pu se passer durant la nuit qui ait à nouveau transformé leurs rapports en guerre froide ? C’était la question principale que je me posais alors que le brun venait justement de me quitter à la sortie de notre restaurant favori, la Taverne Impériale. Tout mon travail était anéanti. J’aurai peut-être dû rester à l’écart de ses affaires de cœur, mais il avait suffit que j’aperçoive la détresse des deux pour réaliser qu’ils avaient besoin d’un coup de pouce dans la bonne direction. C’était quand même hallucinant de voir à quel point ils se détruisaient dès qu’ils restaient seuls trop longtemps. Octavus n’avait jamais été très doué pour parler de ses sentiments, mais depuis Liberia, c’était encore pire. Il contrôlait chaque mot, chaque pensée. Je ne connaissais pas assez Aloisia pour savoir comment elle réagissait, mais apparemment elle n’était pas meilleure communicatrice. J’avais vraiment pensé que mon ingérence avait rabiboché le petit couple. Ça n’avait pas été suffisant. Ce qui voulait dire qu’il me restait moins d’une journée pour agir. Demain il serait déjà trop tard. Peut-être que voir la rousse seule serait le pas en avant dont j’aurai besoin. Ils devaient bien être les deux seuls à ne pas s’apercevoir qu’ils s’aimaient. Il suffisait de voir la tête de jelly fish pour se rendre compte que ça n’allait pas du tout. Il avait l’air fermé, ce mécanisme d’auto-défense que je l’avais vu adopter quand Liberia était partie.

Je n’étais pas vraiment content d’Octavus à l’heure actuelle. J’avais assez eu à gérer avec un meilleur ami d’humeur maussade le matin même. Je n’avais évidemment aucun problème à passer du temps avec Aloisia. J’étais sûr que si elle s’était installée ici, nous serions très rapidement devenus amis. Elle était extrêmement sympathique avec un sens de l’humour que j’appréciais. Elle était jeune bien sûr, mais elle me rappelait un peu Alex. Et je lui devais peut-être en partie ma réussite hier soir. Sans ce kilt, je n’aurai peut-être pas réussi à séduire Tara et Anastasia. Ce qui m’ennuyait, c’était la façon dont il avait procédé. Il n’avait même pas demandé ma permission, il m’avait utilisé pour éviter d’affronter ses problèmes. C’était une attitude qu’il n’avait pas eu depuis bien longtemps. Pas depuis une autre rousse qui l’avait transformée. Il se comportait comme un gamin capricieux. Ou blessé. Certainement cette seconde option d’ailleurs. J’étais inquiet pour lui. Il repartait en Ecosse le lendemain et je ne savais pas du tout comment il allait gérer la situation une fois seul. D’après ce qu’il m’avait dit, il n’avait pas vraiment sympathisé avec ses collègues, ni avec personne. Il n’en avait simplement pas envie. Je comprenais de moins en moins la raison première qui l’avait poussé à accepter ce poste dans ce pays qu’il détestait tant.

Ne sachant pas grand-chose de la situation si ce n’était l’heure du ballet – puisque je lui avais obtenu les places – et l’endroit où logeait en ce moment même Aloisia, j’avais décidé de lui envoyer un hibou pour voir avec elle. Je préférais avoir son avis plutôt qu’elle décide de m’accompagner par dépit. J’avais l’impression qu’il avait plus imposé cette solution comme ordre que comme suggestion. Octavus était très doué pour ça. J’avais donc envoyé un parchemin à la rousse pour lui demander si elle acceptait officiellement que je l’accompagne au ballet, et également si elle souhaitait souper en ma compagnie. Un moyen bien meilleur pour avoir une discussion profonde avec elle qu’en lui murmurant des questions à l’oreille. Je soupçonnais, du moins j’espérais, qu’elle aurait aussi son lot de questions à me poser. Cela me prouverait qu’elle s’intéressait réellement à son ex-fiancé. Après avoir obtenu une réponse positive, j’avais donc fait une réservation dans un restaurant proche de l’opéra, un petit bistrot tenu par des sorciers pour 19h00 ce qui nous laisserait une marge confortable pour souper avant d’aller à l’opéra. J’avais ensuite passé le temps à travailler un peu avant de me préparer pour la rejoindre. J’avais enfilé un smoking, la tenue obligatoire pour ce genre d’évènements et taillé un peu ma barbe naissante, une nouvelle lubie. Apparemment, cela plaisait bien aux femmes. Qui étais-je pour les contredire ?  Une fois paré, un manteau enfilé par-dessus ma veste, je transplanais de mon appartement pour rejoindre une ruelle proche de l’hôtel de la jolie rousse. Je lui avais dit que je l’attendrais devant l’entrée pour éviter que mon arrivée ne suscite quelques questions, d’autant plus que la veille elle était partie avec Octavus. J’étais quelques minutes en avance, au cas où elle serait descendue plus tôt. On ne faisait jamais attendre une femme.

Ma tenue ne passa pas inaperçue, surtout après que je sois sortie d’une ruelle cul de sac. Je fis un léger clin d’œil à une jolie brune qui entrait à l’hôtel, attendant une certaine jolie rousse. Elle ne tarda pas à descendre. Je ne m’empêchais pas de la contempler à souhait, un sourire aux lèvres. J’étais son cavalier pour la soirée et si Octavus ne voulait pas d’elle, il n’en était clairement pas de même pour moi. Je voulais lui rendre le sourire. Notre première rencontre restait gravée dans ma mémoire. Une magnifique poupée triste. Même si les circonstances n’étaient pas idéales, j’avais lui faire totalement oublier la bourrique qui lui avait servi de fiancé. M’emparant de sa main, je la frôlais des lèvres dans un baisemain galant avant de me redresser. « Добрый вечер. очарованный Aloisia. Вы красивы. » Cela n’aurait pas dû me surprendre évidement puisque je l’avais déjà vue apprêtée hier. Je lui tendais mon bras dans l’intention de la conduire dans la ruelle que je venais de quitter.


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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mar 10 Juin - 15:28

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
Walking with a friend in the dark is better than walking alone in the light.



Aleksei & Aloisia

Tout n'était plus qu'un lointain souvenir, pourtant il me marquait à chaque instant. Depuis que j'avais franchi le seuil de sa porte, il n'y avait pas un instant où je n'avais pas été torturé par toute cette histoire. Le chemin du retour jusqu'à mon hôtel avait été complètement effacé de ma mémoire, comme si j'avais marché par automatisme, sans but ni réelle conscience. J'étais rentrée parce qu'il l'avait fallu. Parce que je ne pouvais pas rester avec lui, c'était hors de propos. Passer la journée en sa compagnie était en dehors des cas de figure retrouvés dans notre pacte. Celui de n'être fiancés que pour le reste du monde, de ne s'en tenir qu'aux sorties officielles et obligatoires. La soirée de hier avait été une partie dans cette catégorie. Nous avions été attendu au ministère de la magie et mes parents, comme les siens, savaient que nous serions dans les journaux russes après cela. Je ne doutais pas qu'ils s'étaient procurés le journal d'ici d'ailleurs, juste pour pouvoir apprécier de voir leurs noms associés si loin de chez nous. Ce qui n'avait pas été prévu et là où nous avions empiété sur notre parole, ça avait été la soirée chez Aleksei. Il avait fait les choses en grand et c'était un franc succès même si, pour ma part, je ne savais pas si j'avais gagné ou perdu. Nous étions passés par tous les états Octavus et moi, surtout moi d'ailleurs. Rentrés ensemble chez lui, je ne m'y étais absolument pas attendue. M'abandonner dans ses bras non plus. Cela avait été comme une trêve, un moment rien qu'à nous, rien que pour moi. Le retour à la réalité était dur. Ça ne changeait rien. Je n'étais pas prête à me contenter de sa seule amitié, il ne pouvait pas me donner plus que cela. Forcément, un de nous deux allait souffrir. Pour le moment, j'avais l'impression d'être celle destinée à subir les conséquences de cette relation sans nom.

Je n'avais pas réussi à sortir de mon antre. Contrairement aux jours qui avaient suivi sa décision de rompre notre engagement, je n'avais même pas trouvé la force d'occuper mon esprit de quelle que manière que ce soit. J'avais gardé son tee-shirt, le reste des affaires qu'il m'avait prête avait vite disparu. Je tournais en rond, restais le plus clair du temps les yeux fixés dans le vide à réfléchir à ce qui avait pu encore tout déclencher. J'en venais à me dire que nous n'avions rien fait de mal, ni lui, ni moi. Nous n'étions tout simplement pas sur la même longueur d'ondes, nous voulions des choses complètement différentes. Je le voulais lui et lui voulait être libre. Les deux étant incompatibles, il n'y avait rien d'autre à faire que d'accepter et de se quitter sans chercher à se revoir. Il aurait été plus facile de partir, de tout quitter. Après tout, je ne trouvais aucune gloire à être l'héritière de la famille Bateson et maintenant que je n'étais plus une future McKenna, il allait falloir tout recommencer tout en sachant que la fin serait forcément encore moins heureuse. Je pouvais toujours disparaître, fuir en espérant de pas être retrouvée au milieu de ce monde moldu dans lequel je ne pouvais pas imaginer mes parents. Je savais pourtant pertinemment que je n'en aurais pas le courage et qu'en plus, Octavus aurait des ennuis et ce n'était pas ce que je voulais. J'avais brièvement envisagé de retourner au ministère et de prendre le premier portoloin en destination de Londres en payant grassement l'employé chargé des voyages. Ça semblait assez utopique vu la période de l'année. Sans les relations du brun, que je ne voulais pas prévenir de ce départ hâtif, ou bien même du blond, qui était le meilleur ami du premier et qui ne tairait certainement pas ma fugue, j'étais condamnée à suivre ce plan bien ficelé.

Octavus avait décidé qu'il serait plus sage que je passe la soirée en compagnie de son meilleur ami. Il m'avait laissé le choix sans vraiment me l'accorder en un sens. Il avait tout prévu, comme s'il avait su à l'avance comment se finirait notre entrevue. Et j'avais accepté, sans penser qu'il était réellement sérieux. Je m'étais attendue à recevoir un hiboux d'un moment à l'autre pour m'annoncer que le jeune Solokov ne pouvait pas et que nous nous retrouverions tous demain pour le départ. Ou alors, à aucune nouvelle du tout et je serais restée enfermée dans ma chambre à regarder le temps passer. Mais non. J'avais été étonné de revoir le même hiboux qui avait cassé l'ambiance chez mon faux-fiancé devant la porte de ma chambre. Je ne savais même pas comment il avait fait pour se retrouver-là, il n'y avait pas de fenêtre qui s'ouvrait dans cet endroit, à croire que les moldus avaient peur que leurs clients ne se jettent dans le vide. L'oiseau avait patienté sagement sur le bord de la cheminée que je lise la missive et lui accorde une réponse. C'était Aleksei, il attendait une confirmation de ma part quant à mon réel souhait de passer la soirée en sa compagnie. J'hésitais un instant. Je n'étais pas certaine de réussir à avoir meilleure mine d'ici le soir, et jouer la comédie pendant aussi longtemps auprès d'un être si proche de celui qui me poussait dans tous ces tourments n'allait pas être tâche aisée. Pourtant, j'en avais envie. Aussi surprenant cela puisse paraître, l'idée de revoir le blondinet me réjouissant, sans profusion de joie pour autant. Il était avenant et drôle, si quelqu'un pouvait me faire oublier toutes ces péripéties, c'était bien lui. Je ne doutais pas qu'à l'heure qu'il était, il avait été mis au courant de la situation. Je ne savais pas si je devais m'en formaliser ou non. Après tout, vu notre départ, il avait été évident que nous étions sur le point de franchir un cap. Et vu qu'Octavus l'avait chargé de jouer les baby-sitter, il devait se douter que ça ne s'était pas bien terminé. Je soupirais, une main lasse glissant sur mon visage avant de chercher dans les tiroirs pour trouver du papier. Je ne mettais pas la main sur une plume mais quelque chose qui s'en rapprochait. Je gribouillais sur le haut de la feuille, étonnée de voir de l'encre alors que je n'avais même pas plongé l'objet dans un encrier. Enfin, je n'allais pas commencer à me pencher sur les mystères de ces êtres primitifs pour le moment. Je répondais positivement sans trop m'épancher et accrochais la missive à la patte du hiboux qui s'engouffra dans la cheminée sans plus attendre.

Il était encore tôt, pour autant il allait me falloir une sacré préparation pour cacher mes excès de cette semaine et les cernes qui ne me quittaient plus. Je filais dans la salle de bain, essayais de ne cogiter plus que nécessaire en prenant ma douche. Mon reflet dans le miroir m'avertit que j'étais bien loin d'un résultat concluant et mes doigts glissèrent sur la peau de ma nuque, toujours marquée après son passage, même si la trace était bien moins visible maintenant. Et je n'avais aucune potion pour cacher ça. J'appliquais un peu de poudre dessus sans trop me préoccuper. J'étais épuisée et ça se voyait. Je prenais soin de me maquiller les yeux, justement pour dissimuler tout ce que mon regard pouvait communiquer. Mes lèvres étaient rosées, loin de leur blancheur habituelle de ces derniers temps. Je relevais mes cheveux, enfilais une robe plutôt simple comparée à celle que j'avais porté au ministère. Couleur crème, elle s'harmonisait très bien à ma peau. Et bien sûr, je n'oubliais pas mes talons hauts, il me fallait au moins ça pour avoir un minimum de contenance. Le temps de me parfumer et d'attraper mon manteau, il était déjà l'heure. Je refermais la porte de la chambre en me disant qu'elle était toujours aussi dévastée et qu'il me faudrait y remédier dans la nuit avant de rendre les clés si je ne voulais pas avoir un problème avec les moldus. Rien que la magie n'aurait tôt fait de réparer et j'avais de quoi payer la facture du mini bar. Avec l'argent, les questions n'étaient pas nécessaires. Comme quoi, on pouvait oublier mon âge si on le voulait bien.

Je descendais les marches, n'accordais aucune réponse aux salutations du personnel si ce n'était un léger signe de tête. J'enfilais mon manteau rose pâle, prête cette fois-ci à contrer le froid russe. Apercevoir Aleksei m'attendre au dehors me réconforta. Je me forçais à avoir l'air enjoué, ne voulais pas le mêler à nos histoires. Il avait déjà du prendre parti malgré lui, il était hors de question qu'il se retrouve à nouveau dans cette position par ma faute. Sourire fut plus facile que je ne le pensais, peut-être parce qu'il avait la bonne habitude de me complimenter et que dans sa bouche, ça sonnait d'une véracité sans équivoque. Avec lui, je n'avais pas besoin de chercher un sens plus profond à chacune de ses paroles. Ou alors, ce fut son baisemain qui me détendit, je n'étais pas habituée à ce genre d'attention si galantes et après l'avoir vu éméché en kilt, il n'y avait plus aucun soupçon de tentatives romantiques dans son geste. Les choses étaient claires, ça aidait à ne pas se sentir perdue. J'inclinais légèrement le visage pour le remercier tout en prenant le bras qu'il me tendait pour m'entraîner dans une ruelle adjacente à l'hôtel.

«- Это очень приятно, спасибо. Надо сказать, что вы не плох. »

Il était rare de me voir aussi proche d'un homme, autre qu'Octavus bien évidemment. J'avais ressenti cette même sensation à notre première rencontre. Tout cela me donnait moins l'impression d'être une poupée parfaite destinée à une seule chose seulement. Je n'étais plus à Octavus, je pouvais très bien être à un autre. Mais je n'en avais pas envie. Peut-être qu'en étant si loin de chez moi, avec une personne hors de ma vie habituelle allait me permettre d'être juste Aloisia, sans aucune attente ni aucune torture mentale. La soirée allait nous le dire. Je décidais de revenir à l'anglais, il le maîtrisait et ce n'était pas le cas de mon russe. Ma voix se voulait taquine et détachée lorsque je lui demandais dans un clin d'oeil complice, pour lui montrer que je n'étais pas dupe quant à sa présence avec moi ce soir :

«- Pas trop déçu de devoir jouer les baby-sitter ? Les jumelles doivent m'en vouloir ! »

Je préférais utiliser l'humour, je ne voyais pas comment aborder cette situation très étrange autrement. Il était là seulement parce que son meilleur ami n'avait pas envie de s'infliger ma présence, ce que je pouvais comprendre. Ça n'était pas vraiment juste de faire subir ça à Aleksei et je voulais ne pas me montrer impolie ou renfermée. Ce soir, j'allais être une bonne amie, essayer du moins, je ne l'avais jamais été vraiment pour qui que ce soit en définitive.




WILD HEART.




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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mar 10 Juin - 19:37

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Ashly Lorenzana ▽ Never try to do anything that is outside of who you are. A forced smile is a sign of what feels wrong in your heart, so recognize it when it happens. Living a lie will reduce you to one.  
Mon premier constat alors qu’Aloisia arrivait vers moi, c’était qu’elle était aussi mal qu’Octavus. C’était facile de s’en apercevoir même sans réellement la connaître. Elle était apprêtée, très jolie, une vraie matriochka, mais c’était comme mettre un sparadrap sur une plaie béante, voué à l’échec. Il devenait de plus en plus nécessaire que j’intervienne pleinement. Il en était du bonheur de ces deux personnes. Et je n’avais vraiment plus beaucoup de temps. Il allait falloir planter les graines d’une réconciliation qui n’aurait lieu qu’une fois qu’ils seraient partis de Russie. J’allais employer mon énergie à lui changer les idées, mais surtout à lui donner un petit aperçu de qui était réellement Octavus. Je ne doutais pas une seconde qu’elle le connaissait, mais elle ne l’avait pas connu plus jeune. Maintenant, les choses étaient bien différentes. Il portait un lourd fardeau. Je souriais, tentant de lui faire passer que si j’étais ici, c’était par choix et certainement pas pour Octavus. Personne ne me forçait à rien. Elle devait bien le comprendre. J’avais déjà révisé mon opinion sur elle. Mieux valait qu’elle ne se doute pas des réserves que j’avais eu à son égard au départ. Ça n’était pas lié personnellement à elle, mais plutôt à tout le reste. C’était un mariage arrangé, une idée que je désapprouvais totalement, même si c’était plus que courant dans les familles de sang pur. Nous avions une chance inouïe que nos parents nous aient laissé le droit de faire ce choix. J’étais quelque peu protecteur du brun même si nous avions le même âge. Aloisia n’avait pas la moindre idée de ce qui lui était déjà arrivé dans sa précédente relation longue durée. J’étais persuadé qu’en d’autres circonstances, il aurait d’ailleurs rompu ses fiançailles pour épouser la danoise. Je ne comprenais pas pourquoi Octavus taisait son passé de cette façon. Certes, il avait mal agi en continuant de fréquenter des femmes après ses fiançailles, mais malgré tout, la rousse devait bien pouvoir lui pardonner puisqu’elle n’était qu’une enfant à cette époque. Et d’après ce que j’avais compris, elle le détestait tout autant que lui à cette époque. Elle en était toujours une d’ailleurs, selon la loi en tout cas. Tant qu’il ne s’ouvrirait pas – et c’était mal parti vu la situation présente – ils n’arriveraient jamais à former une relation solide. Je n’avais pas besoin d’être conseiller matrimonial pour le savoir. C’était tellement plus simple de rester sans attaches. Octavus m’avait permis de comprendre après sa désastreuse relation avec Liberia que je ne me caserais jamais. J’aimais trop la vie de célibataire et ses avantages pour prendre le risque de voir mon cœur réduit en miettes.  

D’ici la fin de la soirée, elle aurait retrouvé son magnifique sourire, c’était une promesse. Je m’y tiendrais. Quand elle fut à mes côtés, je la complimentais sur sa tenue avant de lui faire un baisemain traditionnel. Je m’étais exprimé en russe, une vieille habitude. Ce n’était pas dramatique puisqu’elle parlait un russe rudimentaire, mais je soupçonnais qu’elle souhaiterait rapidement passer à la langue anglaise. C’était dans ma nature de m’attirer les faveurs des femmes. Je vivais pour leur attention. Elles méritaient tous les compliments et je n’avais jamais eu la moindre difficulté à leur offrir, qu’ils soient fait dans l’intention de les séduire ou simplement sans arrière pensée. Aloisia se saisit de mon bras et je l’entraînais dans la ruelle, un endroit plus tranquille pour transplaner. Comme je m’en étais douté, la rousse me répondit dans ma langue natale et me renvoya le compliment. Je lui fis un sourire ravi, la remerciant. Je me doutais bien que je n’étais pas la personne qu’elle avait voulu avoir à son bras ce soir, mais j’espérais néanmoins qu’elle n’était pas trop gênée de se retrouver avec moi. Après tout, j’avais flirté avec elle la veille même, mais c’était uniquement dans l’intention d’enrager Octavus et sans aucune arrière pensée. Je voyais plutôt Aloisia comme une potentielle petite sœur. Même si Octavus ne voulait pas d’elle, jamais je n’irais le trahir en tentant de séduire sa fiancée. Certaines choses ne se faisaient pas entre amis.

Cette soirée serait une occasion en or pour apprendre à connaître la rousse, vraiment la connaître loin de ce que j’avais entendu et de ce que j’avais entrevu quand je l’avais aidée. Ce serait une façon de voir si elle méritait réellement Octavus. À partir de là, je m’ingérerais dans leurs relations pour tenter de les réconcilier. J’étais prêt à supporter leur fureur commune tant que je les rapprochais un minimum. Je serais leur entremetteur. J’espérais bien qu’Aloisia n’hésiterait pas à garder contact avec moi si jamais elle le souhaitait. Son retour en Russie semblait pour le moment compromis, mais je ne doutais pas que leur retour en Écosse se chargerait de les rapprocher de nouveau. Ils étaient comme deux aimants, un côté s’attirait quand l’autre se repoussait. Ça devait être épuisant à la longue. Mes sourcils se haussèrent de surprise quand Aloisia se mit à parler – en anglais – de la situation, en mentionnant au passage le réveillon. Je ne pensais pas qu’elle m’offrirait une telle opportunité aussi tôt dans la rencontre. J’avais maintenant deux choix, sauter à pieds joints dans cette brèche pour tenter d’en savoir plus sur leur soirée à eux, au risque qu’elle se referme comme une huître ou attendre et prendre mon mal en patience. J’étais loin d’être le genre de personne à réfléchir durant des heures aux conséquences d’une action spontanée, mais c’était trop important pour se tromper. Même le fait d’avoir mentionné les deux blondes ne suffisait pas à cacher le message qu’elle pensait. J’optais pour la prudence. Et il fallait que je la détrompe immédiatement sur la situation. « Pas du tout ! C’est même un plaisir qui j’espère sera partagé. Je ne suis pas Octavus, mais je suis encore mieux. Les deux jumelles ne diront pas le contraire. » C’était une aventure d’un soir, elle devait s’en douter. Je lui fis un clin d’œil charmeur pour détendre l’atmosphère avant de reprendre une attitude un peu plus sérieuse. « Cela fait longtemps que je souhaitais te rencontrer correctement.  » C’était vrai. J’avais été impatient de voir enfin qui était la fameuse enfant fiancée à mon meilleur ami. Je n’avais pas été déçu pour le moment. Je voyais bien qu’elle devait avoir quelques problèmes d’estime personnelle. Elle se voyait clairement comme un fardeau. Il faudrait que je dise deux mots à Octavus sur le sujet. J’optais pour ne pas mentionner la rupture des fiançailles. Elle le savait déjà et ressasser le sujet n’apporterait rien de plus.

Nous étions arrivés dans la ruelle et je stoppais notre marche avant de lui expliquer l’endroit où j’allais nous conduire. « Nous allons dîner dans un petit bistrot proche de l’opéra. C’est un lieu sorcier. J’espère que ça te plaira. » Je connaissais bien l’endroit. Étant donné que je m’occupais du département des festivités, je passais pas mal de temps dans les festivals et autres manifestations, et pas uniquement sorcier. Et c’était l’un des lieux où j’aimais beaucoup me rendre avant un évènement. L’endroit n’était pas guindé, même si la clientèle se rendait souvent ensuite dans le quartier des arts, ni romantique, quelque chose que je voulais à tout prix éviter. Je ne comptais pas envoyer à Aloisia le mauvais message. Une atmosphère confortable serait avec un peu de chance suffisamment neutre pour qu’elle se sente à l’aise et me parle. « Prête ? » Je fermais les yeux, refermant ma main libre sur son bras toujours lié au mien. Un instant plus tard, nous reprenions pied dans une petite rue à l’atmosphère joyeuse. Ce n’était ironiquement pas très loin de l’endroit où je l’avais trouvée quand elle s’était perdue. Je la guidais jusqu’à une petite devanture illuminée : le cavalier d’argent. L’endroit était plein, mais on me trouvait toujours une table. J’avais bien fait de passer un coup de cheminette un peu plus tôt. Ils avaient des spécialités russes, mais aussi de la nourriture un peu plus standard, comme je ne savais pas trop ce qu’aimait Aloisia. Je libérais son bras, posant une main très légère dans son dos pour la guider vers la porte. J’entrais rapidement, la chaleur du hall brûlant immédiatement la peau froide de mes joues, saluant le personnel présent. L’hôtesse d’accueil me fit un grand sourire, quittant son bureau pour m’embrasser sur la joue. « Добрый вечер. Я заказал вам стол около аквариума. » J’avais hâte qu’Aloisia voit ça. C’était la spécificité de l’endroit. J’étais sûr qu’elle n’avait jamais vu un truc pareil avant. Jelyana nous conduisit à notre table, posant les menus avant de s’éloigner. J’avais spécifiquement demandé que nos couverts ne soient pas en face l’un de l’autre pour que la situation soit moins gênante. Je me mis derrière la chaise d’Aloisia, l’aidant à s’installer avant de prendre place à sa droite. De là où nous étions nous avions effectivement vue sur les poissons multicolores. Je tournais la tête vers la rousse, un sourire aux lèvres. « Alors ? »  

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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mar 10 Juin - 21:42

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
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Je ne pensais pas avoir la chance de ressortir de ma chambre avant la fin de ses vacances. C'était un soulagement, j'étais tombée amoureuse de St-Petersburg déjà avec le peu que j'avais vu. Savoir que j'allais en profiter encore un peu et qui plus est, avec quelqu'un qui, je le pressentais, parviendrait à me changer les idées était appréciable. Il ne tenait qu'à moi de ne pas tout gâcher mais ce serait certainement plus facile avec Aleksei qu'avec son meilleur ami. Tout était trop explosif entre Octavus et moi. Si nous n'étions pas en train de nous déchirer, on faisait tout pour ne pas succomber à la tentation que représentait l'autre. Y avoir succombé pour le nouvel an n'avait pas arrangeait les choses, même si ça ne les avait pas non plus empirer. Je ne regrettais pas cette nuit, j'étais juste désolée de le pousser continuellement dans ses retranchements malgré tout. Le fait qu'il ne soit pas là ce soir montrait bien qu'il était toujours plus intéressé par sa liberté que par ce que j'avais à lui offrir. En somme, rien à part moi-même. Et après avoir eu un aperçu de ce qu'était sa vie ici, je pouvais comprendre que je ne faisais pas le poids. Qui renoncerait à la liberté russe, à ses amis si précieux qu'il avait la chance d'avoir, ou encore à l’allègement d'un poids pourtant considérable que représentait celui de nos noms ? Si j'avais eu sa chance, je me serais aussi contentée de ne revenir qu'une fois par an. Je ne trouvais d'ailleurs toujours aucune explication quant à son déménagement en Écosse. Prendre un poste à Poudlard alors qu'il avait une situation conséquente au sein du ministère de la magie ici était incompréhensible. Et après tout ça, j'avais la certitude que ce n'était pas pour moi. Ou alors, il avait cru bien faire, pouvoir se faire à l'idée de m'épouser avant de comprendre en me côtoyant que ce n'était tout bonnement pas possible. Honnêtement, si j'avais encore la chance de sauver quelques illusions, je préférais apprendre qu'il avait une raison bien précise à ce changement soudain de vie.  

Revoir Aleksei fut comme reprendre une bouffée d'air après avoir été en apnée pendant un long moment. Tout son être poussait à la détente et à la légèreté. Je n'avais plus envie de réfléchir plus que nécessaire, seulement de profiter de ce moment. Je me doutais bien que ça ne durerait pas toute la soirée malheureusement. Mes tourments finiraient par me rattraper, ils le faisaient toujours. L'entendre me complimentait était plaisant, ça n'avait pas le même impact que lorsqu'un brun se permettait ce genre de flatterie, mais tout de même. Ce qui était sûr, c'était qu'il savait s'y prendre avec les femmes. J'en avais eu un léger aperçu avec les deux blondes. Ces tentatives étranges d'approche ne rentraient pas en compte, c'était un comportement qui ne m'était de toute évidence pas directement destiné. Il avait juste voulu me mettre à l'aise, ou autre chose de ce genre-là. Je lui retournais la politesse dans sa langue natale et je pensais mes dires. C'était un homme qui prenait soin de lui et il avait de quoi plaire. J'imaginais que, maintenant tous les deux célibataires, les deux acolytes n'allaient pas manquer de faire des ravages. Je gardais mon amertume pour moi à cette pensée et souriais en fixant ses yeux bleus alors que je lui prenais le bras. J'avais craint de ne pas le revoir, jamais, alors en un sens, pouvoir passer du temps en sa compagnie était un réel soulagement. C'était peut-être parce que je n'avais pas la possibilité de nouer beaucoup de liens avec qui que ce soit que j'avais l'impression d'avoir déjà un ami en sa personne. Je n'oubliais pas qu'il m'avait percé à jour deux fois : le jour où il m'était venu en aide et à sa soirée, lorsqu'il avait compris mon malaise et m'avait éloigné de la situation. Si Aleksei avait la même faculté à lire en moi que mon faux-fiancé, ça n'allait pas être simple de prétendre que tout allait bien dans le meilleur des mondes. J'avais déjà eu envie de le remercier par courrier avant de m'apercevoir que je n'en avais pas la possibilité. Qui plus est, il était l'ami de l'homme qui venait de me quittait, ce dernier ne serait peut-être pas ravi d'apprendre que je voulais garder contact avec une des personnes les plus importantes pour lui. Il n'empêchait que j'en aurais eu envie. Entre l'envie et la réalité, le gouffre était béant.

Je ne pus m'empêcher de rire légèrement en l'entendant se vanter de cette manière, au détriment du grand absent de la soirée. Bien loin d'être gênée que je reparle de son duo de conquêtes, il les utilisa comme preuve, ce qui était encore plus drôle. La prestation était forcément impressionnante mais j'étais mauvais public, je ne m'y connaissais pas grandement en séduction et autre rapport physique. Il me lança un clin d'oeil charmeur et je roulais des yeux, comme dépitée de son attitude alors qu'au contraire, j'étais conquise. Il ne prenait pour le moment pas de pinces avec moi, était lui, tout simplement, sans se soucier de mon âge ou d'autres variables qui n'avaient aucune valeur à mes yeux. J'étais juste Aloisia, une jeune femme dont il attendait de faire la connaissance depuis un certain temps de toute évidence. Octavus m'avait déjà prévenu que son ami attendait de faire ma rencontre impatiemment, il ne m'avait pas menti sur ce point-là. À savoir si les deux parlaient souvent de moi, j'en doutais fort. Il y avait quelques mois de cela encore, le jeune homme ne prenait même pas la peine de répondre à mes hiboux. J'avais craint de l'hostilité de la part de son réseau social. Après tout, j'étais le choix forcé des parents de leur ami, cette fille qu'il allait devoir épousé par devoir, le ramenant de force dans un pays qu'il avait fui, loin d'eux. Je n'avais jamais voulu être cette personne, je n'avais pas eu le choix moi non plus. Dans ma grande chance, ou mon grand malheur vu la situation actuelle, je m'étais attachée à ce qui aurait du être mon futur époux, sûrement trop d'ailleurs vu que je ne parvenais pas à le laisser partir. Mais Aleksei ne semblait pas me détester malgré tout ça. C'était une grande surprise, un grand soulagement aussi. Parce que j'aurais bien eu du mal à lui rendre la pareille.

«- Je te rassure, le plaisir est déjà partagé. J'imagine que je ne peux que comprendre ta curiosité à mon égard, une fille comme moi on en croise pas tous les jours, n'est-ce pas ? »

Je pris un air hautain, le nez levé en l'air alors que je marchais à ses côtés pour arriver dans cette ruelle vide. Évidemment, je ne tins pas longtemps la pause et finis par sourire. Faussement vantarde pour cacher le manque de confiance qui était plus ou moins important selon les jours. Il avait l'air de réellement le penser, je n'allais peut-être pas être chaperonnée au final mais réellement accompagnée pour profiter de ma dernière soirée ici, d'une manière normale dont je n'avais absolument pas l'habitude. Il s'arrêta pour m'expliquer qu'il comptait nous transplaner dans un petit restaurant sorcier qu'il connaissait avant de nous rendre au ballet. Je n'étais pas contre, au final, je n'avais pas pu profiter de la cuisine locale. Je me contentais d'hôcher la tête en le laissant agripper mon bras. Je lui confirmais que j'étais prête et l'instant d'après, la sensation familière du transplanage me prit toute entière. L'oppression passa et nous réatterrissions dans une ruelle joyeuse. À croire que les festivités du nouvel an ne s'étaient jamais terminées ici. Les gens se pressaient pour rentrer chez eux ou s'attabler aux tables des terrasses pour trinquer bruyamment. C'était une atmosphère prenante qui m'arracha un sourire avant que je ne trouve l'endroit bizarrement parlant. Comme si j'y étais déjà venue sans me rappeler quand. Je ne m'y attardais pas plus alors qu'Aleksei me guidait jusqu'au restaurant dans lequel il me fit entrer d'une main légère. Aussitôt, une jeune femme vint à notre rencontre et s'adressa à mon compagnon après l'avoir embrassé sur la joue. Il ne faisait aucun doute que les russes étaient moins guindés que nous, pauvres anglais. Il semblait déjà avoir réservé une table, il n'avait pas été pris de court par ses attributions imprévues en tout cas. Je saluais dans un russe à fort accent avant de les suivre jusqu'à notre table, mes mains me débarrassant rapidement de mon manteau. Avec cette chaleur, la robe n'était pas déplacée vraiment. Mes yeux accrochèrent l'immense aquarium et j'en venais à marcher sans regarder où je mettais les pieds, totalement prise par la vue. C'était magnifique, je n'avais jamais rien vu de pareil. Des poissons multicolores nageaient paisiblement dans un décor aquatique époustouflant. Pour le côté magique de l'endroit, c'était réussi. Je remarquais une seconde trop tard qu'Aleksei tirait ma chaise galamment pour que je m'installe et finis par m'exécuter en m'excusant à voix basse, obnubilée par cette vision. Ce ne fut que quand il s'assit à ma droite que je tournais mon visage vers le sien, un sourire presque enfantin égayant mes traits.

«- C'est incroyable. Pour peu, je me prendrais pour une sirène ! »

Je riais, amusée par tout ça. J'avais l'habitude des belles choses, mais pas de ce genre-là. Le luxe et la beauté des choses simples, c'étaient deux mondes bien différents. Et au final, j'étais passée à côté de beaucoup de ces merveilles. Ça me rappelait mon étonnement face à ce bonhomme de neige enchanté dans la rue le jour de mon arrivée. Avec une attitude comme celle-là, il n'était pas étonnant qu'on me prenne encore pour une enfant. Je me saisis de la carte posée sur la table avec beaucoup plus d'entrain que je ne l'aurais cru. Allais-je enfin profiter d'un repas normal après cette terrible journée ? Merlin seul le savait. Je plissais le nez, me retrouvant face au même problème que la dernière fois. Le vocabulaire culinaire en russe, je ne maîtrisais pas encore totalement.

«- Je crois que je vais devoir te faire confiance sur ce coup-là. Mais sache que je t'en voudrais jusqu'à la fin de ma vie si ça ne me plaît pas. »

Mon visage se fermait, prenant un air sombre et effrayant, enfin j'essayais du moins, comme pour le menacer. La décision était cruciale, lui mettre la pression était nécessaire. Ne plus être enfermée dans ma chambre d'hôtel m'avait ouvert l’appétit et c'était assez rare pour être pris au sérieux.



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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mer 11 Juin - 19:49

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J’étais charmeur. Et légèrement vantard sur les bords, mais ça n’attirait jamais autre chose que des réactions positives. Peut-être parce que contrairement à la majorité de mes congénères, j’avais appris que tout passait mieux avec un sourire et de l’humour. C’était la clef du succès. Celui qui avait dit que faire rire une femme était un premier pas jusqu’à son lit n’avait pas forcément tort. Aloisia se mit à rire alors que j’avançais clairement que j’étais meilleur qu’Octavus, l’homme qu’on lui avait promis. Au moins, elle n’avait pas pris ombrage de la mention de l’homme qui nous avait réunis ce soir. La répartie était partie sans que je n’y repense à deux fois. Il faudrait peut-être que je sois un peu plus vigilent à l’avenir au lieu de parler de manière trop spontanée. Heureusement qu’Aloisia n’étais pas une espionne chargée de me soutirer des informations secrètes sur ma patrie, sinon j’aurai sans doute craqué suffisamment rapidement. Quelque chose chez elle me poussait à l’accepter. Peut-être qu’Octavus n’y avait pas été étranger. Je m’étais résolu à l’idée de l’apprécier, tant bien que mal quand il avait annoncé ses fiançailles. Mais ça n’était plus uniquement ça désormais. Je la considérais déjà presque comme un membre à part entière de notre bande sinon je n’aurai jamais plaisanté de cette façon avec elle. elle aurait pu très mal le prendre, mais après m’avoir vu en action hier soir, elle devait savoir que c’était mon comportement normal. Je lui avouais que j’avais eu envie de faire sa connaissance depuis longtemps. Je me doutais bien qu’elle ne pouvait pas me renvoyer cette constatation puisqu’elle n’avait appris mon existence que depuis très récemment. Mais elle semblait contente d’être avec moi et ça me suffisait. Son plaisir n’allait peut-être pas durer très longtemps une fois que j’aurai commencé de fouiner dans ses affaires de cœur. A ma plus grande surprise, l’attitude que j’avais entrevue la veille quand j’avais reçu le kilt se manifestait une nouvelle fois. Snobisme moqueur, un comportement que d’autres auraient pris pour de la supériorité, mais que je voyais clairement pour ce dont il s’agissait réellement. Je ne retins pas un petit éclat de rire et Aloisia ne tarda pas à briser son apparence impassible. Il faudrait qu’elle travaille ça pour plus tard. Indéniablement j’aurai apprécié de la fréquenter en d’autres occasions. La différence d’âge ne m’aurait absolument pas dérangée. J’étais suffisamment immature pour la concurrencer. « Non, c’est sûr. Les rousses ne sont pas communes par ici. Les vieux russes racontent que ce sont des créatures du mal. » Je pris un air innocent avant de lui demander si elle pensait en être une. Je jouais avec le feu. Pour le moment, elle acceptait mes petites blagues, jusqu’au moment où elle en aurait assez et me donnerait un coup sur le crâne.

Nous étions arrivés dans la ruelle et alors qu’elle acquiesçait à ma proposition de transplanage, nous quittions l’endroit pour retourner dans la partie sorcière. L’activité alentour tranchait clairement avec l’endroit que nous avions quitté. Il faut dire que les gens sortaient du travail à cette heure et nous avions comme coutume d’aller boire un verre avec les collègues juste après. Visiblement, Aloisia appréciait cette frénésie. J’avais crains qu’elle ne reconnaisse la rue du restaurant, mais ce ne fut pas le cas ou au moins, elle ne fit pas de commentaire le cas échéant. Sans lui laisser le temps de trop s’interroger sur le sujet, je l’entraînais déjà vers le restaurant. Alors qu’on nous conduisait jusqu’à notre table, j’observais du coin de l’œil la rousse. Elle était tellement prise par l’aquarium qu’elle aurait très bien pu rentrer dans un mur sans s’en apercevoir. Cela m’aurait bien fait rire. J’étais ravi qu’elle apprécie ma surprise. Si les choses s’étaient passées autrement, je ne doutais pas qu’elle aurait été habituée à la cuisine russe, mais puisque d’après ce qu’Octavus m’avait dit, elle n’avait dîné qu’une seule fois en sa compagnie, c’était loin d’être ça. Il était hors de question qu’elle ne découvre pas ce que nous avions à offrir au niveau de la gastronomie simplement parce que mon ami était trop stupide pour se tenir correctement plus d’une heure d’affilée. J’attendais derrière le dossier de sa chaise qu’elle se décide à s’asseoir, pas pressé. Elle s’excusa ce que je balayais d’un geste de main. Au contraire, j’étais ravi de voir l’effet que pouvait avoir les poissons sur elle. Après m’être assis près d’elle, je tombais sur son sourire et ses yeux pétillants. Aussi étrange que ça puisse paraitre, elle semblait réellement authentique dans ses réactions depuis que nous étions entrés dans le restaurant. J’étais bien content qu’elle se soit décoincée un peu et oublie l’espace de quelques instants ses soucis.

Quand elle mentionna les sirènes, je me sentis sourire. « Tu es bien plus jolie qu’une sirène crois-moi ! Pour avoir eu l’occasion d’en apercevoir une à Durmstrang, elle était bien plus intéressée par l’idée de me noyer que de savoir si j’étais moi aussi intéressé… Crois-moi, c’est mieux d’avoir les pieds sur terre. » Je grimaçais légèrement, avant de sourire. Je ne savais pas trop comment ça fonctionnait dans son école, mais l’Institut était complètement désintéressé par le sort de ses élèves. Nous avions une éducation militaire, basée sur l’effort individuel et l’apprentissage personnel. J’avais bien failli me faire entraîner sous l’eau par cette folle qui parlait un langage que je ne comprenais pas. Heureusement que j’avais pu lui envoyer un maléfice cuisant. C’était bien vrai, j’avais un charme irrésistible sur toute la gent féminine, créatures ou humaines. Je n’avais jamais autant regretté qu’elle se soit prise d’affectation pour moi. Il avait une raison au fait qu’on ne trouvait jamais de sirène domestiquée. Je me doutais bien qu’elle n’avait jamais mis les pieds dans un restaurant de cet acabit avant. Elle était peut-être habituée au luxe, mais ça ne signifiait pas pour autant qu’elle avait goûté aux charmes exotiques. D’après ce qu’Octavus n’avait dit, les Bateson étaient des vieux conservateurs, aussi moyenâgeux que ses parents à lui. Ils auraient sans doute trouvé cet établissement décadent. D’ailleurs, j’en venais à me demander ce qu’Aloisia connaissait exactement de la vie. Elle semblait enfermée dans une cage et je trouvais ça tellement triste. Comment pouvait-on exiger d’une personne de sacrifier son développement personnel et son épanouissement pour se plier aux ordres ? Je comprenais bien le point de vue d’Octavus, s’il ne s’était agi que de ça. Il était épris de liberté et tentait de l’acquérir par tous les moyens depuis tout jeune. Il avait tenté d’échapper aux stéréotypes de toutes ses forces. Ce n’était pas juste qu’on le force à épouser quelqu’un qu’il n’avait pas choisi, même si Aloisia tenait à lui ce dont je n’étais même pas sûr. Tenait-elle à lui ou à l’idée qu’il représentait, celle d’un futur plus souple que celui que ses parents lui offriraient ? Seulement cet imbécile ne se rendait même pas compte qu’il n’avait plus uniquement des sentiments fraternels à l’égard de la belle rousse. Il ne parlerait pas autant d’elle si elle ne comptait pas, surtout maintenant que plus rien ne les liait. Il tenait à elle, peut-être pas suffisamment pour lui promettre le mariage qu’elle attendait, mais assez pour tenter le coup, j’en étais persuadé.

Et moi, je me retrouvais au milieu. Je comprenais chacun de leurs points de vue et je n’aurai certainement pas aimé être à leur place. Je finis par ouvrir la carte du restaurant, même si je commençais de bien connaître les plats à force de manger ici. Je n’aimais pas cuisiner et j’utilisais allègrement mon elfe de maison quand je ne mangeais pas en ville. Comme je ne comptais pas me caser, ce mode de vie bohème devrait suffire. Je savais déjà ce que j’allais commander pour ma part. Je jetais un coup d’œil à Aloisia qui semblait avoir quelques difficultés à lire le menu. Elle m’autorisa à commander pour elle, ce qui était assez courageux de sa part, je devais bien l’avouer. Je ne retins pas un petit rire en la voyant prendre ce visage sombre pour me menacer. Je doutais qu’elle soit capable de mettre sa menace à exécution. Il en faudrait plus pour que ça marche. « Quelle pression… » Je fis semblant de m’essuyer le front comme si j’avais des sueurs froides. « Je tâcherai de me montrer à la hauteur de la mission. Je n’ai pas le choix. Tu es plutôt poisson ou viande ou féculents ? Des choses que tu ne manges pas ? » Mieux valait prévenir que guérir. Il suffisait qu’elle soit allergique aux amandes pour que je commande justement pile un plat en contenant. Ce serait bien dommage qu'elle fasse une réaction et ne puisse pas aller voir les ballerines russes en ma compagnie tout de même. Et puis, je voulais vraiment qu’elle ait un souvenir heureux de la Russie, si ce n’était pas en compagnie de son fiancé, ce serait grâce à moi.

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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mer 11 Juin - 21:43

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
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Aleksei & Aloisia



Je ne comprenais pas encore très bien ce qui avait poussé Aleksei a accepté de prendre le relais de son meilleure ami, excepté le fait que justement, ce soit son meilleur ami qui le lui ai demandé. Après tout, il était quelqu'un d'important ici, sûrement débordé autant par son boulot que par ses multiples conquêtes. Malgré ça, il me réservait toute une soirée et même s'il n'était pas mon faux-fiancé, il était le meilleur second choix possible. Pourtant, il était encore plus ou moins un inconnu. Je savais peu de choses sur lui, ne lui avais pas parlé tant que ça au final. Mais j'avais confiance et c'était rare, moins qui était d'habitude si peu encline à m'ouvrir aux autres. Je mettais ça sur le compte de son aide fortunée ce jour-là, ou bien même, au fait qu'Octavus lui faisait assez confiance pour tout lui dire. Aleksei était certainement au courant de tout, je ne me faisais pas d'illusions. Il n'avait pas du en entendre que de belles sur moi, même si je préférais ne pas trop y penser. Après tout, moi aussi j'avais beaucoup haï mon vieux fiancé à une période de ma vie. Le fait est que me concernant, ça n'avait pas duré. Plaisanter en sa compagnie semblait étrange après avoir passé tant d'heures à m’apitoyer seule sur mon sort. Je soulignais la chance qu'il avait d'être en compagnie d'une femme comme moi et, évidemment, il répondit en ne se basant que sur la couleur de mes cheveux. Décidément, les rousses étaient capables de perturber tout le peuple russe, c'était bon à savoir. Ça ne me fit que sourire, j'assumais fièrement cette différence. Sourire qui ne fit que s'élargir en le voyant me demander si j'étais une créature du mal. Son air innocent n'allait pas avec la personne que je le soupçonnais d'être. Il devait plutôt tiré du diablotin, mais là n'était pas le sujet. Je baissais la voix et lui répondais sur le ton de la confidence :

«- Si je réponds à cette question, je serais obligée de t'éliminer. Ce serait dommage, je commence juste de t'apprécier. »

Il était blagueur, je savais l'être moi aussi, même si je n'en avais pas beaucoup l'occasion. La soirée promettait d'être forte en humour si nous continuons sur notre lancée. Au moins, je ne prétendais pas être bien, je l'étais vraiment pour le moment. J'avais craint de devoir jouer la comédie, ce à quoi je n'excellais pas, surtout en compagnie d'Octavus. Mais il avait cette aptitude à rendre les choses beaucoup plus simples, je devrais peut-être lui demander son secret d'ailleurs. Ce serait l'un des premiers souvenirs qui me viendrait en tête en repensant à la Russie. Aleksei et sa bonne humeur contagieuse. Il allait me manquer, St-Petersburg allait me manquer. J'aimais cette ville froide qui ne l'était pas en y regardant de plus près. Tout ici était vivant, jovial et insouciant. Je ne ressentais les choses de cette manière que parce que mon pays natal était aussi oppressant pour moi peut-être. Mais je savais que j'aurais pu vivre ici, sans problème et même, avec envie. C'était maintenant exclu. Des fiancés héritiers de riches familles de sang-pur qui s'expatriaient aussi loin, il y en avait peu. En fait, il n'y en avait qu'un et il ne voulait pas de moi. J'entrais dans le restaurant, le deuxième que j'aurais fait ici. C'était magnifique et je laissais à mon compagnon le soin de s'occuper des formalités pour n'avoir d'yeux que pour ce magnifique aquarium qui était la clé de voûte de la beauté de cet endroit. Je finis par m'asseoir, accompagnée par son geste d'une galanterie sans fin. Si j'avais été une autre, que les choses avaient été différente, j'aurais été touché par tant d'attention. Le fait que rien ne soit romantique dans notre rencontre facilitait la situation, il n'y avait pas de mauvaise interprétation possible. Ses compliments étaient plaisants sans me donner la sensation d'être illuminée par eux, Octavus était le seul à avoir ce pouvoir. Je ris en l'entendant me comparer à une sirène, son anecdote y était pour beaucoup aussi. J'imaginais un Aleksei rêveur, plus jeune, se laissait entraîner par une sirène dans les profondeurs avant de réaliser ce qui allait lui arriver. Les femmes avaient l'air d'avoir définitivement une grande place dans sa vie.

«- Par Merlin, j'aurais bien aimé voir ça ! Aleksei qui repousse une femme, même poisson, ça ne doit pas arriver souvent ! »

Je le taquinais, serrant les lèvres pour maîtriser mon rire. Je notais aussi qu'il avait été à Durmstrang, aussi étrange que cela puisse paraître, je ne faisais la corrélation que maintenant même si je savais que lui et Octavus étaient amis de longue date. Toutes les questions qui avaient pressé ma bouche sans que jamais je n'ose les poser au brun, je pouvais le faire avec le blond. Mais d'un autre côté, évoquer notre point commun pouvait renverser la vapeur et rendre cette soirée qui s'annonçait si légère terriblement pesante. Je n'avais pas envie d'être la cause d'un revirement de situation. Autant s'en tenir à notre repas pour le moment. Je n'avais pas eu l'occasion de découvrir vraiment la cuisine locale et encore une fois, je préférais laisser un autre choisir mon plat. C'était la meilleure des solutions pour être sûre de découvrir quelque chose de nouveau. Il acceptait le challenge, soulignait la pression que cela représentait en s'essuyant le front d'une manière théâtrale. Vraiment, on ne devait pas s'ennuyer en ayant le jeune Solokov dans sa vie. Il me demanda quelques précisions sur mes habitudes alimentaires et cela me ramena à un autre souvenir, un autre restaurant, assise à une autre table. Avec un autre. Octavus m'avait posé la même question. Je lui avais répondu que je n'aimais pas les abricots, j'en avais une sainte horreur. Il tâcherait de s'en souvenir, c'était ce qu'il m'avait dit. Je me demandais si au final, il avait déjà oublié. Ça n'était pas comme si cette information allait lui servir maintenant. Je me rendais compte que je regardais Aleksei depuis quelques secondes, j'espérais avoir au moins conservé une expression neutre. Il n'avait pas besoin de se rendre compte de ma nostalgie passagère. Je lui souris en maîtrisant le son de ma voix, qu'elle reste aussi jovial qu'auparavant.

«- Tout tant que ce n'est pas de l'abricot. »

Je refermais ma carte et la posais sur le coin de la table. Si chaque parole ou chaque geste me ramenait fatalement à Octavus, ça n'allait pas être simple de faire abstraction de son absence. Aleksei avait beau tout faire parfaitement, le problème venait de moi. Je n'avais jamais réussi à trouver le moyen de le faire sortir de mon esprit, la Russie n'avait définitivement pas arrangé ça. Et encore moins notre dernière nuit. J'allais pourtant devoir trouver un moyen de ne pas penser à lui, si ce n'était pour ne pas devenir folle, que ça soit au moins pour le laisser partir une bonne fois pour toute. Le mieux encore aurait été qu'il démissionne de Poudlard pour revenir ici, il aurait été sûr de ne plus me revoir. Le destin n'était jamais aussi simple nous concernant, à croire que quelqu'un aimait me torturer de là-haut. Il fallait que je dise quelque chose, que je m'éloigne de ce souvenir qui m'avait saisi. Je n'eus cependant pas à le faire, j'allais recevoir une aide inattendue. Une serveuse s'approcha de nous et nous déposa deux petits verres au liquide transparent. C'était de la vodka, à n'en pas douter. La plus marquante des traditions russes, je n'avais jamais pu m'asseoir sans que l'on m'en propose. Ou alors, c'était parce que j'étais toujours en compagnie d'hommes importants. Je levais les yeux vers Aleksei en souriant. Personne ne devait se douter de mon âge vu qu'il m'accompagnait. Ou alors, il était banal ici pour les jeunes filles de seize ans de trinquer avec de l'alcool. Dans les deux cas, je n'allais pas m'en plaindre. C'était un moyen sûr et efficace pour se libérer brièvement de ses soucis et alléger mon cœur. Je m'emparais du shooter, avant qu'il n'ait dans l'idée de devenir aussi protecteur que son acolyte et de m'enlever le verre, que je soulevais vers lui en lui souriant malicieusement.

«- Ce serait très malpoli de refuser de trinquer avec moi, non ? »

J'espérais qu'Octavus ne l'avait pas briefer en lui donnant toute une liste de choses à m'interdire, il en aurait été capable. Même si, me rappelant de son aide à m'avoir un dernier verre dans le club, je me doutais qu'Aleksei n'était pas du genre à trop chaperonner les gens. J'aurais même parié qu'il avait plutôt dévergondé mon prince charmant, héritier d'une famille trop stricte, sans quoi jamais il n'aurait pu être aussi ouvert d'esprit. C'était là la chance qu'Octavus avait eu et que je n'aurais jamais. Il était parti loin de chez nous, des idées préconçues qu'on nous inculquait. Il avait vécu, voyagé, rencontré tout un tas de personnes différentes. Là où je me partageais entre le manoir et Poudlard, dans un réseau social qu'on m'avait choisi pour être sûr que je grandisse entourée des enfants de bonnes familles. Même si Durmstrang semblait être une école bien plus sévère que la mienne, j'allais finir par regretter de ne pas être partie là-bas moi aussi.

«- Alors à quoi veux-tu trinquer ? À ton nouvel an réussi ou au pouvoir ravageur de ton nouveau kilt ? »



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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Jeu 12 Juin - 19:48

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Je m’étais éventuellement attendu à ce qu’Aloisia soit légèrement vexé par ma réflexion sur les rousses, mais de toute évidence, mes inquiétudes étaient mal fondées. Elle prit même le parti de continuer ma plaisanterie ce qui ne fit qu’agrandir mon sourire. Vraiment, je ne comprenais pas la réaction d’Octavus. Il se trouvait une femme qui avait du caractère, amusante et jolie et il n’en voulait pas après avoir supporté pendant plus de dix ans des fiançailles ridicules. Aloisia était exactement le genre de femme que je voudrais épouser si on m’obligeait à passer la bague au doigt à quelqu’un. Il fallait bien quelqu’un comme ça pour me supporter. J’allais traiter Aloisia comme une princesse ce soir, lui montrer l’hospitalité à la russe. J’avais peut-être été un peu vache la veille quand elle m’avait demandé un manteau. En même temps, quelle idée de l’avoir oublié... J’avais bien remarqué que cette fois-ci, elle avait été moins tête en l’air. Heureusement que je n’avais pas la moindre intention de séduire Aloisia parce que j’utilisais certaines de mes tactiques sur elle sans aucune volonté romantique. Mais je ne doutais pas une seconde qu’en d’autres circonstances, je l’aurais séduite elle aussi, comme toutes les autres. Je n’étais certainement pas le plus beau, ni le plus sexy des hommes, mais je ne repartais jamais tout seul quand j’avais l’intention de séduire. Même parfois quand je n’avais pas du tout cette intention. C’était un peu ce qui m’était arrivé avec la sirène d’ailleurs. Comme je m’en étais douté, Aloisia rit de ma mésaventure. Il avait fallu quelques années pour que je finisse par en rire moi aussi. J’avais quand même frôlé la mort. Je haussai un sourcil alors qu’elle semblait me juger assez justement. Je me demandais la part qu’avait eu Octavus dans cette opinion là. Elle n’avait pas tort. J’aimais les femmes et il était assez rare que j’en repousse une. Fallait-il vraiment que je n’aie pas la tête à ça pour refuser des avances, même si j’allais plus souvent vers elles que l’inverse. J’imaginais un faux rire avant de reprendre mon sérieux. « Crois-moi, ça n’était pas si drôle. Ou peut-être que si… Tu sembles bien m’avoir cerné. Je n’ose pas imaginer ce qu’on t’a dit sur moi… » J’avais délibérément occulté le prénom qui semblait être devenu tabou. Je ne voulais pas déclencher son mécanisme de protection. Je plissais les yeux comme si je tentais de sonder les profondeurs de son esprit. D’un côté, il avait sans doute fallu qu’elle me voie en action hier pour se faire sa propre opinion. Mais je ne pouvais pas exclure une intervention extérieure, ne serait-ce que parce qu’elle m’avait apporté un cadeau. Ou alors, Alex avait parlé un peu trop de moi hier soir. Après tout, les deux filles avaient dansé pendant un certain temps ensemble. Je pouvais facilement imaginer ma stupide sœur raconter des horreurs sur moi quand j’avais le dos tourné. Quant à Octavus, j’espérais qu’il avait gardé la majorité de nos frasques pour lui. D’autant plus que j’avais certaines informations sur sa personne qu’il n’aimerait pas voir éparpillées devant sa fiancée. Qui pouvait savoir si je n’allais pas en laisser échapper une ou deux ce soir, par mégarde évidemment…

Aloisia avait peut-être bien un certain nombre de questions à me poser. J’étais disposé à y répondre en partie, selon la nature de ses interrogations. Ce serait bon signe qu’elle enquête sur Octavus de cette façon. Le brun n’avait pas été très bavard sur lui depuis qu’ils se connaissaient et je me doutais que le fait de vivre dans un même lieu n’avait pas changé ses habitudes au secret. Il semblait y avoir un vrai fossé entre eux et j’allais assurer la liaison. D’après ce que j’avais compris du peu qu’il m’avait confié, Octavus avait proposé à sa fiancée de rester amis et elle avait refusé. Je pouvais le comprendre pour tout un tas de raison, colère, tristesse. C’était elle qui avait décidé de partir et il avait cessé de la retenir, cessé de tenter de la convaincre. Cette abnégation prouvait bien d’une certaine façon qu’il tenait bien plus à elle qu’il ne voulait pas bien l’admettre, sinon ses sentiments n’auraient eu absolument aucun poids dans sa décision. J’avais besoin de comprendre pourquoi elle refusait tant de rester proche de lui. Ce n’était pas comme s’il avait été présent avant ça. Ils ne s’étaient jamais comporté comme des fiancés jusqu’à ce qu’ils aient besoin de faire semblant d’en être. C’était plutôt ironique d’ailleurs.  

Nous passions maintenant à une conversation culinaire, un bon moyen de rester sur un terrain neutre. Je restais aussi exubérant que d’habitude. C’était parfois fatiguant pour mes interlocuteurs. Alors que je lui demandais ce qu’elle ne mangeait absolument pas, j’avais bien vu qu’elle était partie très loin l’espace de quelques secondes. Un flash back d’une situation similaire avec quelqu’un d’autre peut-être ? Je gardais ma curiosité pour moi et regardais les poissons colorés le temps qu’elle se reprenne. J’avais vraiment quelque chose avec les poissons. Octavus m’avait dit un jour que j’étais toujours fluide dans tout ce que je faisais, exactement comme un poisson. Il avait d’ailleurs commencé de m’appeler jelly fish à chaque fois qu’on se croisait avant de changer pour stupid face. Je ne faisais pas attention à ses bêtises. Je l’avais surnommé pour ma part soft chicken à l’époque où il n’avait eu que la peau sur les os. Il avait été tellement mal dans sa peau à cette époque, l’étranger maladroit et dégingandé. Il avait bien changé. Il l’avait fallu pour survivre à Durmstrang. Ce n’était pas une école de mauviettes. Ici, presque tout le monde était de sang pur, ça n’était pas un critère de sélection pour devenir amis. Tant de réflexions juste après avoir vu un poisson…  Aloisia me sortit de mes pensées pour répondre à ma question. Tout ce qui n’était pas à l’abricot. Je devrais pouvoir me débrouiller avec ça. C’était un choix bien curieux tout de même. D’autres n’auraient sans doute posé aucune question sur ce dégoût personnel, mais je n’étais pas de ceux là. « C’est un goût bien curieux. Une blessure de jeunesse ? » L’abricot était de la couleur de ses cheveux. Peut-être qu’on l’avait torturée sur ce point quand elle était petite. Les enfants étaient cruels entre eux, encore plus que les adultes si c’était possible. Je parlais d’expérience, parce que je n’avais jamais été le playboy de service pour ma part.  

En tout cas, la rousse allait vite se rendre compte que j’étais un homme plutôt bavard et pas moins curieux. J’avais l’habitude d’attirer l’attention et de mettre l’ambiance, mais ça aussi, elle s’en était sans doute rendu compte hier. D’ailleurs, ça me faisait penser que je devais impérativement la remercier pour son cadeau. Je ne comprenais même pas pourquoi Octavus ne m’en avait jamais offert un avant. Peut-être par peur de devoir lui aussi en porter un. Il avait été tellement considéré comme l’étranger quand il était à Durmstrang que je n’étais pas étonné qu’il cherche à tout prix à éloigner toute réminiscence de son passé. C’était un objet d’homme viril, parce qu’il fallait quand même en avoir dans le pantalon pour oser porter un kilt. Je n’aurai jamais pensé une seconde être capable de séduire en portant un kilt, mais ça avait fonctionné au-delà de mes espérances. Il était difficile de savoir la part qu’avait eu le nouvel an dans cette réussite. Je préférais me dire que ça n’avait aucun rapport. Notre serveuse arriva avec l’apéritif. Si mon ami était du genre à refuser à une mineure de l’alcool, je considérais que c’était sa propre décision. Si je n’avais pas cédé hier, je ne céderai pas aujourd’hui. De toute façon, il ne m’avait absolument rien dit. À croire qu’il était complètement détaché de la situation, en apparence seulement. Pour avoir été un adolescent, les restrictions ne m’avaient jamais arrêté. Au contraire, ça m’avait poussé à transgresser les interdits. Si elle en voulait, elle en aurait. Et plutôt deux fois qu’une ! Je lui fis un clin d’œil. Ce qu’Octavus ne savait pas ne lui nuisait pas. J’attrapais l’un des verres pour trinquer avec elle. Ses suggestions de toast n’étaient pas mauvaises, mais je préférais ne pas ressasser le passé. « Ils sont toujours réussis quand je suis de la partie ! Et en parlant de kilt, je voulais une nouvelle fois te remercier. Grâce à toi, j’ai passé une excellente soirée en compagnie des jumelles. Je pense que je le ressortirais pour les grandes occasions. » Après avoir réfléchi un bref instant au toast à faire, j’avais trouvé. « Aux nouveaux amis ! Et à une soirée inoubliable en ma compagnie ! » Je lui fis un clin d’œil avant d’avaler le liquide cul sec. Je n’avais pas besoin de trop de temps pour passer commande et fit rapidement signe à l’hôtesse pour qu’elle revienne à notre table. Puisqu’Aloisia n’était pas difficile et qu’elle buvait de l’alcool, je savais exactement quoi lui commander. Elle allait d’abord goûter du caviar. Aucun de mes invités ne repartirait de mon pays sans avoir testé ce qui faisait notre fierté. Une fois la jeune femme revenue, je commandais rapidement. « Икра, для вступления. паста Балтийского для мадам. Пенне плотоядные для меня. Бутылка Каберне Совиньон. » Après avoir tout noté, elle s’éloigna de nous et je reportais mes yeux sur la rousse. Les choses sérieuses allaient pouvoir commencer, mais en douceur. « Alors, je veux tout savoir de toi. D’ici ce soir, nous serons les meilleurs amis du monde tous les deux ! »


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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Ven 13 Juin - 15:23

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
Walking with a friend in the dark is better than walking alone in the light.



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Si j'avais su plus tôt que passer du temps en compagnie d'Aleksei était aussi efficace pour oublier tous mes soucis, j'aurais certainement cherché à le contacter plus tôt. Je n'avais pas ri une seule fois depuis mon départ de l'appartement d'Octavus. Et en à peine quelques minutes, j'avais retrouvé un semblant de ma joie habituelle. Il me racontait ses déboires avec la sirène et rien que d'imaginer la scène, j'étais hilare. Bien sûr, objectivement, c'était plus terrifiant qu'autre chose. Il aurait pu y rester et avait eu une chance folle de s'en être sorti indemne. Mais en sachant qu'il avait un gros penchant pour la gente féminine, savoir qu'une femme a moitié poisson avait failli avoir raison de lui était d'une ironie délicieuse. J'aurais aimé pouvoir arrêter un instant cette hilarité soudaine pour lui montrer que je comprenais la dimension dangereuse de cette péripétie, mais le voir avec ce visage si sérieux, chose dont je n'avais pas l'habitude, n'était pas fait pour m'aider. Je serrais les lèvres à les faire blanchir pour ne pas partir en éclat une nouvelle fois. Bien le cerner n'était pas dur, c'était un homme ouvert et avenant qui m'avait accueilli bien mieux que ce que j'avais redouté. Qui plu est, il semblait sincère à chaque instant. Il ne cherchait pas à me plaire ou à faire des efforts parce que j'étais la fiancée de son meilleur ami, ce que je n'étais plus d'ailleurs. Il était lui tout simplement. La vérité était que non, on ne m'avait pas beaucoup parlé de lui avant que je ne le rencontre. Octavus m'avait juste précisé qu'il aimait la boisson et les femmes, bien entendu. Mon esprit dérangé avait fait la corrélation entre du whisky et une jupe, je ne devais pas être tout à fait normale. Pourtant, j'aurais adoré l'écouter me parler de ses amis en Russie pendant des heures, de ça et de n'importe quoi d'autre au final. Il n'en avait jamais trouvé le temps, ou l'envie sûrement. Les questions posées dans mes courriers étaient restées sans réponse pendant des années. Venir ici avait été comme une réponse tardive sur beaucoup de points. Je souris faiblement en roulant des yeux, comme si j'étais détachée alors qu'au contraire, ça me touchait beaucoup plus que je ne voulais bien le laissait paraître :

«- Malheureusement pas beaucoup de choses. Je vais devoir te faire passer un véritable interrogatoire. »

Pour le coup, je ne plaisantais qu'à moitié. J'avais envie de plus le connaître, c'était déjà une chance inespérée que de passer la soirée avec lui. Et ce serait un moyen détourné de me renseigner sur le passé de mon ancien fiancé, les deux jeunes hommes étaient si proches l'un de l'autre que c'était pratiquement le même résultat. C'était peut-être pour ça que, comme le brun, le blond se renseigna sur mes habitudes alimentaires avec autant de similitude. Il ne dut pas remarquer mon trouble, ça ne fut que passager de toute façon. Ou alors, je m'améliorais de jour en jour dans l'art de dissimuler mes émotions. Ça, se serait vraiment une bonne nouvelle. Je n'arrivais certainement pas au bout de mes peines et pouvoir le cacher au reste du monde serait bénéfique. Surtout à ses yeux à lui si je voulais réussir définitivement à le laisser partir. C'était encore une autre paire de manches, lorsque cela concernait Octavus, je n'étais ni forte, ni raisonnable. Bien différente de la Serpentard froide et solide que j'étais aux yeux de mes condisciples. C'était nécessaire, pour faire honneur à mon nom mais aussi pour ne pas que l'on me cherche. L'adolescence poussait à la cruauté parfois. Je finissais par lui avouer ma répulsion pour les abricots, fus surprise de la question qui s'en suivit. Personne ne m'avait jamais demandé d'où cela me venait. Si bien que je n'y avais jamais réfléchi. J'en avais pourtant mangé énormément dans ma jeunesse. En fait, ce devait d'ailleurs provenir de là cette répulsion. J'avais été une enfant gourmande, je préférais définitivement le chocolat aux fruits, je l'avouais. Et cela s'était vu, bien évidemment au grand malheur de ma mère. Toute petite, elle me força à abandonner les bonnes choses de la vie pour me restreindre à l'abricot. C'était la seule chose autorisée pour les desserts et les goûters. J'avais préféré me passer de tout cela plutôt que d'en avaler un de plus. Je ne savais pas d'où ces souvenirs me revenaient, je n'y avais plus pensé depuis des années, si bien que j'avais presque oublié tout ça. Le fait qu'on ne me pose pas non plus ce genre de questions très souvent devait y être pour quelque chose.

«- C'est un peu ça. Ma mère m'a restreint à ce seul fruit pendant un long moment quand j'étais enfant. Et oui j'étais une petite boule, défense de te moquer. »

Je finissais par plisser les yeux d'un air menaçant avant de sourire. J'avais lutter contre ça une grande partie de ma vie. Aujourd'hui, ça ne me définissait plus mais le fait que ça heurte autant ma mère à l'époque me trottait toujours en tête, si bien qu'inconsciemment, j'occultais très souvent les moments de repas. Peut-être savait-il déjà pour mon surpoids enfantin, après tout Octavus m'avait connu à cette période, il n'aurait pas été étonnant qu'il en informe son meilleur ami. Je remarquais la serveuse revenir du coin de l'oeil et l'observais déposer les verres sur la table. Par réflexe, j'attrapais le mien rapidement. Au final, c'était encore ce que la Russie m'aura le plus appris. À tenir l'alcool. Entre le premier restaurant, la soirée du nouvel an, et ces moldus qui remplissaient le mini-bar à une vitesse folle, les breuvages retrouvés aux soirées à Poudlard n'allaient plus du tout m'effrayer. Aleksei me répondit par un clin d'oeil qui élargit mon sourire. Non, il ne m'empêcherait pas de boire. Mieux que ça, il trinquerait avec moi mais prenait tout d'abord le temps de me remercier une nouvelle fois pour le kilt. Si l'étreinte qu'il m'avait donné avant-hier n'avait pas été suffisante. La fameuse hospitalité russe m'avait surprise, je l'avouais. Je souris en baissant légèrement la tête pour balayer ses nouveaux remerciements, ça n'était vraiment pas grand chose comparé à l'accueil qu'il nous avait réservé. Son verre s'entrechoqua au mien alors qu'il trouvait finalement une raison de célébrer, je trouvais ses mots touchants. C'était peut-être mon côté fleur bleue mais qu'il me considère déjà comme une amie, tout en sachant pertinemment que je n'étais plus liée à Octavus, me donnait l'impression de ne pas être que ça. La future épouse de l'héritier McKenna, une étiquette qui pourtant allait me manquer en un sens. Juste parce qu'elle me permettait d'être avec lui. Je le suivis et avalais mon verre cul-sec, maîtrisant comme je le pouvais la grimace qui en découla.

«- Inoubliable c'est à voir... Je n'ai pas ta résistance à la vodka tu sais. »

Nous n'étions pas partis pour boire toute la soirée, surtout pas à l'opéra, mais je préférais le prévenir. J'avais pu constater par moi-même qu'il avait une capacité incroyable à contenir les affres de l'alcool. Mon mal de tête au réveil la veille prouvait que ça n'était pas mon cas. Il fit signe à la serveuse et passa rapidement commande sans que je ne comprenne ce qu'il me réservait. La surprise serait totale au moins. À peine la jeune femme eut-elle tourné les talons qu'Aleksei reposa ses yeux sur moi, annonçant qu'il voulait tout connaître de ma personne. J'eus un petit rire en levant le regard vers le haut. Au moins, il était authentique et ne passait pas par quatre chemins, c'était une qualité non-négligeable. Malheureusement, j'allais vite le décevoir. Ma vie n'était en rien palpitante, il ne me suffirait que de deux minutes pour en faire le tour. Je n'avais pas vécu grand chose, n'avait pas pu voyager ni rencontrer beaucoup de monde. Je n'étais que l'enfant unique d'une famille prestigieuse et riche, habituée aux soirées mondaines et fiancée de force à un homme plus vieux qu'elle. Dont j'étais tombée bêtement amoureuse ce qui me retombait dessus, mais ça il le savait déjà. En plus de tout ça, je n'étais pas sûre qu'Octavus soit ravi que je ne devienne réellement proche de son meilleur ami. Nous allions prendre encore plus de distance, il ne me refusait pas l'entrée dans sa vie pour que je passe par une autre porte. Et c'était dommage, parce que je me sentais bien avec Aleksei. J'avais toujours voulu avoir un frère, bien plus qu'une sœur, mon côté princesse, pour me sentir moins seule. Il était exactement l'image que je me faisais d'un aîné. Je préférais lui réservé ce statut à lui plutôt de l'envisager pour Octavus. Il n'y avait décidément rien de fraternel dans ma façon de le voir.

«- Au risque de te décevoir, ma vie n'a rien de très intéressant et tu sais sûrement déjà tout. Aloisia Moïrah Charlotte Bateson, l'unique héritière de la famille Bateson, encore officiellement fiancée du fils McKenna, en sixième année à Poudlard chez les Serpentards. Tu as là tout le résumé de ma vie. »

Je jouais nerveusement avec le petit verre vide qui glissait entre mes doigts. Ça semblait encore moins glorieux une fois prononcé à voix haute. Je n'avais pas la chance d'être partie étudier à l'étranger et à Poudlard, ne pouvais pas faire ce que je voulais. Tout se savait et je n'étais entourée que des enfants sang-pur que mes parents appréciaient. Mon avis ne comptait pas. Je n'aurais malheureusement pas les anecdotes qu'il pourrait avoir à raconter. Si ce n'était celle de Murdoch mais cela viendrait à parler d'Octavus et de ma jalousie qui était au jour d'aujourd'hui encore plus risible qu'autrefois.

«- Parle moi de toi plutôt. Je suis sûre que tes années à Durmstrang doivent être épiques. »

Ce n'était pas un choix de sujet inconscient, c'est là qu'il avait rencontré Octavus, qu'ils étaient devenus inséparables. Je n'osais pas lui en demander plus sur le compte du brun de manière franche, aussi préférais-je prendre un chemin détourné pour en savoir davantage.



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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Sam 14 Juin - 12:34

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Elle sembla réagir d’une façon assez étrange à mon observation et je compris rapidement pourquoi en entendant sa réponse. Moi qui avais été inquiet qu’Octavus en ait trop dit, c’était plutôt tout le contraire. J’étais surpris, c’était une évidence. Et peut-être un minimum vexé aussi. Octavus n’avait même pas parlé de moi, enfin suffisamment pour qu’elle pense à m’acheter un cadeau, mais pas assez pour qu’elle en sache trop sur ma personne. J’étais légèrement déçu de mon ami, pour le coup. A moins qu’il ait voulu égoïstement me garder pour lui. À cette époque, il avait encore une relation assez tendue et conflictuelle avec sa fiancée, sans doute avait-il prit le parti d’en dire le moins possible sur sa vie. J’avais eu faux sur toute la ligne. Ou du moins, les seules informations qu’Octavus avait jugé utile de partager relevaient de mon amour des femmes et de l’alcool. Oui, là, j’étais carrément vexé. Après ce soir, Aloisia me connaîtrait mieux, c’était une certitude absolue. Si Octavus était un homme secret, je l’étais beaucoup moins. Je cachais suffisamment bien ce que je ne voulais pas dévoiler pour me permettre d’être relativement transparent. « Je suis blessé. Il va falloir que je me plaigne ! » J’exagérais pour qu’elle ne se sente pas mal pour autant. En définitive, nous étions sur un pied d’égalité. Je ne savais pas grand-chose d’elle, sans doute parce qu’Octavus lui-même ne savait pas répondre aux questions que je lui avais posé sur sa jeune fiancée. Avec le temps, j’avais abandonné la lutte. Je comptais clairement me rattraper aujourd’hui. « Envoie les questions alors, mais ce sera donnant-donnant. » Et ça pouvait être amusant. Sans chaperon sur notre dos, elle se sentirait sans doute plus libre pour parler que si le brun avait été présent. Ça n’aurait fait aucune différence pour moi. Si j’avais décidé de le mettre mal à l’aise, présent ou non, je ne cillais jamais. Autant la prévenir immédiatement, je ne serai certainement pas en reste niveau interrogation. Je savais les informations les plus superficielles à son sujet. Je voulais la connaître vraiment.

Comme elle devait sans doute s’en rendre compte, j’avais l’habitude de poser des questions hors des sentiers battus. Beaucoup se seraient contenté de prendre son dégoût pour les abricots sans demander plus de précisions. Je n’étais pas comme eux. Ça m’avait d’ailleurs posé des difficultés quand j’étais très jeune. Tous les enfants avaient tendance à poser des questions par milliers, mais j’étais encore pire que ça. Je voulais tout savoir. Pourquoi le ciel est bleu. Pourquoi je suis un sorcier. Pourquoi… La liste se prolongeait à l’infini. J’aurai tout aussi bien pu devenir un grand chercheur si je n’avais pas été plus intéressé par le côté organisation de grands évènements et transport dans le monde sorcier. Quand Aloisia me répondit, je fus seulement à moitié surpris. Je me doutais qu’il y avait un traumatisme caché derrière. Tout le monde aimait ça. L’abricot était mon fruit préféré, je me gardais cependant bien de le dire. Octavus m’avait vaguement parlé des problèmes de poids d’Aloisia quand elle était plus jeune. Je devais d’ailleurs être l’un des seuls à en avoir eu connaissance. Je soupçonnais qu’il était doublement gêné qu’elle soit si jeune et ne corresponde pas à son idéal de beauté. Je levais les mains en signe de paix devant son regard. « Je ne moquerai jamais. Quand on voit le résultat, je pense que beaucoup seraient ravis d’avoir été en surpoids à l’époque. Et, crois-le ou non, plus jeune, je n’étais pas non plus ce modèle de beauté que tu as maintenant tout le loisir de contempler. » Moi aussi, je souriais. L’humour, comme toujours ma meilleure arme. Je ne voulais surtout pas qu’elle se sente mal. Elle avait changé, avait pris sa vie en main. Bien loin d’avoir envie de me moquer, j’avais plutôt envie d’applaudir cette attitude de vainqueur. Elle avait de quoi être fière. Je me demandais si elle savait à quoi avait ressemblé Octavus quand il avait été plus jeune. Ils avaient beaucoup plus de points communs qu’ils ne l’imaginaient ces deux là. Et le brun avait clairement un avantage dans la quantité d’informations dont il disposait. D’ici ce soir, ce ne serait plus forcément le cas…

Comme si elle avait attendu la fin de notre conversation pour revenir, la serveuse  nous apporta notre apéritif. Je ne retins pas un léger sourire moqueur en voyant Aloisia s’emparer en vitesse de son verre, au cas où j’aurai envie de la restreindre. Je n’étais pas Octavus. Devant mon attitude laxiste, elle sourit. Je me demandais si elle avait autant l’habitude de boire quand elle était chez elle. Elle avait plutôt bien tenu l’alcool hier soir, d’après mes souvenirs. Je la remerciais encore pour le kilt. Elle semblait presque gênée. Si elle avait passé ma nuit, elle aurait compris pourquoi j’étais si reconnaissant. Mais j’avais appris entre temps que le kilt se portait sans rien dessous, je tenterai ça la prochaine fois que je le mettrai. Nous trinquâmes sur mon toast inspiré. L’alcool passa un peu moins facilement chez Aloisia que chez moi et j’eus un sourire indulgent. Apparemment, c’était loin d’être aussi usuel que chez nous. Je pris un air faussement outré qu’elle doute que je puisse rendre la soirée inoubliable. J’allais me faire une joie de lui prouver le contraire. Ce n’était pas explicitement un défi, mais je le pris comme tel. Quant au sujet de la résistance à la vodka, elle était malgré tout prometteuse. Beaucoup de blancs becs seraient tombé raide après deux verres de ma vodka. Puisqu’elle avait survécu, je me doutais que ce shot et celui qui serait dans son plat passerait très facilement. Elle ne s’en apercevrait peut-être même pas. Et puis, ce n’était pas comme si nous allions continuer ce petit jeu à l’opéra. Tout de même, je savais me tenir, un minimum. « C’est dans mon sang russe. Mais ce n’est pas si mal pour une anglaise. » Je la taquinais. Je soupçonnais qu’elle était légèrement susceptible sur ses racines écossaises, d’après ce qu’Octavus m’avait dit sur l’histoire des deux nations. J’avais commencé l’alcool très jeune. Mes parents avaient préféré me préparer tôt à ce qui m’attendrait. Peut-être la raison de cette tolérance élevée à ce breuvage. Je passais ensuite commande, suffisamment rapidement pour être sûr qu’Aloisia aurait la surprise de découvrir ses plats au moment où ils seraient servis. Une fois que nous fûmes de nouveau seuls, je pris mon air le plus charmant avant de lancer les hostilités. Je prenais le devant sur elle, puisqu’elle n’avait même pas posé une seule question sur moi. Ma franchise légendaire la fit rire ce qui me rassura.

« Je doute que ce soit tout ce qu’il y a à savoir sur toi. » Je me demandais si elle se rabaissait par habitude ou pour une autre raison. Personne n’était aussi lisse. Sa réponse m’avait laissé légèrement insatisfait. Ce qu’elle m’avait dit était plus ou moins ce que je savais déjà. Sauf sa maison, je devrais aller voir auprès d’Octavus ce que cela signifiait. Mais, personne ne pouvait être réduit à aussi peu de qualificatifs. Elle n’avait pas parlé d’elle, mais de ce qu’elle était de façon extérieure à sa propre volonté. Je voulais savoir quels étaient ses loisirs, ses aspirations dans la vie. Je voulais connaître la vraie Aloisia, pas l’image qu’elle reflétait dans son monde artificiel. Je remarquais finalement sa nervosité. Je me demandais bien d’où ça pouvait venir. Est-ce qu’elle se sentait mal par rapport à sa vie ? Si oui, ça n’avait rien d’étonnant, mais ce n’était pas ses propres choix, mais ceux des autres qui étaient à déplorer. Et elle était si jeune. J’avais le double de son âge. Il était évident que j’avais plus vécu qu’elle. Je voyais bien qu’elle tentait de détourner la conversation, ce que j’autoriserais pour l’instant. Je reviendrais sur elle un peu plus tard. A la mention de Durmstrang, je m’illuminais. J’étais fier de mon école, c’était une certitude. Même si ça n’avait pas été une partie de plaisir à chaque instant, je n’aurais échangé ma scolarité pour rien au monde. J’avais plutôt bien réussi, non ? Et puis, avait-elle conscience que je pouvais parler d’Octavus en posant cette question, ou était-ce simplement un moyen de me rendre la pareille par politesse ? J’espérais bien que c’était le premier cas de figure. Je voulais qu’elle s’intéresse à mon meilleur ami. Ce serait une façon de voir qu’elle s’éloignait de lui en pensant bêtement agir pour son bien. De toute façon, je considérais ça comme une opportunité de bavarder sur mon ami.

Je pris une inspiration, réfléchissant à ce que j’allais lui dire exactement. Durmstrang était un vaste sujet. Je pouvais facilement m’y perdre. J’allais garder pour moi les châtiments corporels et le pouvoir quasi totalitaire qu’avaient les enseignants et les élèves plus âgés sur nous. « Et bien, tu as déjà entendu ma rencontre légendaire avec une sirène. J’aurai bien sûr d’autres anecdotes du même genre. La première fois que j’ai fait un duel et que j’ai transformé mon adversaire en limace géante en me trompant de sortilège… » J’eus un petit sourire à cette pensée. Ma victime infortunée n’avait pas tellement apprécié et s’était fait une joie de me rendre la monnaie de ma pièce. Il avait eu la rancune tenace et notre rivalité avait duré durant tout le reste de sa scolarité, mais malgré tout, ça avait été l’occasion d’être le héro d’un jour. Le fait que ledit Shelkov, héro de la classe supérieure soit maintenant un vulgaire employé aidait beaucoup à ma satisfaction. « Durmstrang est une école sans doute très différente de Poudlard. Déjà, nous n’avons pas de maisons. Nous sommes classés par niveau et selon nos résultats, on change de niveau ou on est rétrogradé. L’éducation à la russe n’est pas une véritable partie de plaisir, mais ça forme le caractère. Comme nous sommes presque tous des sangs pur, ça ne suffit pas pour faire la différence, il faut se distinguer par son talent et son habileté en magie et en sports. Le combat est à l’honneur. J’ai rencontré Octavus le premier jour à l’annonce de nos résultats. » Je me stoppais. Si elle voulait en savoir plus sur le brun, il faudrait qu’elle le demande clairement.

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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Sam 14 Juin - 17:27

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
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Aleksei & Aloisia



Je ne comprenais pas sa surprise. Après tout, j'avais cru qu'il était plus qu'évident pour tout le monde qu'Octavus avait cherché au maximum à ne pas confondre ces deux aspects si différents de sa vie. En Russie, près de ses amis, il n'était pas cet héritier de bonne famille aux obligations indénombrables. Il était quelqu'un d'autre, quelqu'un de bien plus important. Il était lui-même. Alors non, il n'avait pas parlé de toute cette partie-là de lui et ce n'était que maintenant que j'étais ici que je comprenais pourquoi. Il fallait préserver ce paradis, ne pas venir le gâcher avec tout ce qu'il avait cherché à fuir. J'imaginais bien que dans une optique similaire, il ne parlait pas beaucoup plus de ses parents, ou bien même de moi, à Aleksei et aux autres. Ça n'en valait pas la peine, il avait déjà du sacrifier toute une semaine de sa vie chaque année à jouer ce rôle de fiancé qu'il détestait tant. Mon manque de connaisse au sujet de son meilleur ami ne relevait pas d'une honte quelconque à son égard. Au contraire. Sûrement qu'Octavus avait besoin du soutien de son ami bien plus que je ne pouvais même l'imaginer. Ça expliquait aussi son comportement lors de la soirée du nouvel an quand Aleksei s'était amusé à prendre mon parti, ce qui était surprenant ça aussi. Il avait peur que je ne vienne tout gâcher. Ça pour le coup, c'était une crainte fondée. Je souris à Aleksei, contente qu'il n'est pas accès à mes pensées pour le coup. Est-ce que ce serait trahir Octavus en profitant de cette soirée pour me rapprocher du jeune russe ? Ou pire, pour en apprendre plus sur lui ? Après tout, s'il n'avait jamais pris la peine de répondre à mes questions, c'était pour une bonne raison. Passer par un de ses proches pour parvenir à mes fins pouvait être sournois. Malheureusement, j'étais une vert et argent. La maison Serpentard n'était pas connue pour leur capacité aux états d'âme et j'étais bien trop curieuse pour m'en empêcher, je le savais. Et puis, Aleksei n'était de toute évidence pas contre. Peut-être ne réalisait-il pas encore que nous n'allions pas être amené à nous revoir, que je n'étais plus la fiancée d'Octavus, même après la nuit que nous avions passé ensemble. Nous étions-là, attablés joyeusement, près à devenir amis alors qu'il ne restait plus qu'à nous dire au-revoir. C'était ce qui m'empêchait de craindre de lui parler de moi. Après tout, il n'aurait pas la possibilité d'utiliser les informations que je lui révélerai ce soir contre moi. Je ne doutais pas qu'il serait bien plus loquace que mon ex-fiancé, même si la question qu'il m'avait posé sur la terrasse avait laissé ses marques. Si Aleksei me demandait lui aussi si j'aimais Octavus, je ne saurai pas comment réagir. Il faudrait sûrement que je mente pour ne pas encore plus compliquer les choses.

«- Marché conclu. »

Il commença l'interrogatoire par me demander une explication à cette horreur des abricots. Et je la lui fournis, sans mentir. C'était lui avouer mes problèmes de poids d'enfance, fait que je ne révélais jamais à personne. Je ne parlais non plus jamais de près ou de loin du comportement de ma mère envers moi. Il fallait préserver les apparences, faire croire à cette famille heureuse et puissante pour assurer notre place sociale. La haine, parce que c'était bel et bien ça, que ressentait ma mère à mon égard n'était pas visible, elle était bien trop maline pour cela. Encore une fois, il n'y avait qu'Octavus qui était plus ou moins au courant. Il avait été même spectateur d'un bien triste spectacle autrefois. Aleksei leva les mains en l'air en signe de paix et je roulais des yeux en l'entendant, sans pouvoir néanmoins retenir un petit sourire. À croire qu'il savait désamorcé tous les sujets épineux par une pointe d'humour bien dosé. Au moins, il était certain pour le moment que la soirée ne terminerait pas dans les larmes ou dans les cris de cette manière. Je préférais de loin rire, je n'en avais pas eu beaucoup l'occasion ces derniers temps. Je me retenais bien de lui dire que je n'avais pas de mérite, qu'après avoir essayé pendant des années d'entrer dans les stéréotypes de beauté de ma mère, l'abandon pure et simple mêlé à la croissance avait réussi là où tous ses régimes drastiques avaient échoué. Ni du fait que je m'étais habituée à oublier les repas, à ne pas écouter cette sensation de faim. C'était pourquoi j'appréciais dans son entièreté la chance de pouvoir partager un repas et ce depuis toujours.

«- Par Merlin, ça doit être tellement dur d'être si beau, je te plains Aleksei ! »

Je rentrais dans son jeu, prenais une réelle moue chagrinée comme si je compatissais à sa douleur. C'était sûrement ce qui plaisait à toutes les femmes qu'il séduisait Il avait un humour certain et une confiance en lui sans faille. C'était plaisant de trinquer avec lui. Il n'était définitivement pas parti pour être le chaperon que j'avais craint. Bien au contraire, je ne me sentais pas comme une enfant en sa présence. L'avantage était qu'il venait à peine de me rencontrer et que les situations dans lesquelles nous avions été amené à nous voir n'avait en rien la possibilité de lui rappeler mon âge. Évidemment, je n'étais pas à son niveau au niveau de l'endurance à l'alcool, encore que je me défendais mieux que prévu. Le jour de mon arrivée, nous avions envisagé avec Octavus de me faire subir un réel entraînement afin de me préparer au maximum pour la rencontre avec Aleksei et tous les autres. Je m'étais entraînée, seule. C'était peu glorieux de l'avouer. Je manquais de lâcher tout haut une exclamation indignée en l'entendant m'assimiler à une anglaise. Certainement pas. Je n'avais rien à voir avec les jeunes filles de Londres, on me le reprochait assez souvent. J'avais un caractère des plus trempé, je n'étais pas toujours aussi gracieuse qu'il le fallait, je riais fort et, point plutôt négatif, avait l'estomac bien accroché. J'étais écossaise et fière de l'être.

«- Je suis écossaise mon cher. Tâchez de ne pas l'oublier. »

Je levais le nez en l'air pour reprendre cette attitude faussement hautaine que je lui avais déjà laissé voir précédemment. Si ce n'était que factice en cet instant, cet air supérieur prenait tout son ampleur quand j'étais en compagnie d'autres sang-pur. C'était à celui qui paraîtrait le plus supérieur et à ce jeu, j'étais plutôt douée. Je lui parlais ensuite de moi et pour le coup, j'étais beaucoup moins à l'aise dans cette matière. Contrairement à ce qu'il affirmait, je n'étais pas grand chose en dehors du chemin que l'on m'avait déjà tout tracé. Mes parents me laissaient une faible marge de manœuvre pour m'épanouir de moi-même. J'avais bataillé dur pour intégrer l'équipe de Quidditch et ma mère n'y avait consenti que lorsque j'avais déclaré qu'une activité physique était primordiale pour ma ligne. C'était un mensonge mais ça m'avait permis de continuer un sport que j'aimais, quelque chose qui n'était pas assez féminin et distingué pourtant. J'avais toujours voulu travailler, voyager, devenir une femme cultivée et indépendante. Mon union avec Octavus avait été comme une lueur d'espoir, j'avais pendant un bref instant imaginé que je pourrais réellement devenir cette personne-là. Depuis, j'avais vite compris que c'était vain d'y croire. J'avais arrêté d'envisager un possible choix de carrière, je savais qu'il serait difficile de s'intéresser de nouveau à mes cours à la rentrée. Il n'y aurait plus de motivation. L'homme qui allait devenir mon époux ne serait pas aussi tolérant et ouvert d'esprit. Je préférais alors orienter la conversation sur lui. Une étincelle s'alluma dans ses yeux lorsque je mentionnais Durmstrang et cela me fit sourire. C'était quelque chose que je retrouvais dans le regard d'Octavus aussi. Ils partageaient également cet amour pour leur école, les années qu'ils avaient passé ensemble. J'eus un ricanement léger en ré-entendant cette histoire de sirène, ricanement qui se transforma en véritable rire à l'attente de ce duel à l'issue amusante. Son adversaire n'avait pas du tout du apprécier.

«- J'imagine que tu ne t'es pas fait un ami ce jour-là ! J'espère qu'ils ont réussi à lui rendre sa forme normale. »

Je posais une main sur ma joue, rire m'avait donné chaud. Ou alors, c'était déjà les effets de la vodka qui rougissait ma peau. Dans tous les cas, j'étais bien contente d'avoir déjà les cheveux attacher. Je l'écoutais ensuite me parler de Durmstrang, j'en avais eu un bref aperçu l'an dernier durant le tournoi des trois, en l'occurrence quatre, sorciers. L'arrivée des garçons de l'Institut avait été carré, les jeunes hommes l'avaient été cependant beaucoup moins lors de leurs tentatives de séduction, surtout à l'approche du bal. Poudlard allait finir par se rapprocher de plus en plus de l'école scandinave. La répartition était différente mais la rivalité devait être aussi forte. Surtout entre ma maison et celle des lionceaux. Il en vint à parler de sa rencontre avec Octavus et je me sentis m'approcher imperceptiblement de la table, pour le coup encore plus intéressée. J'ouvrais la bouche, la refermais en voyant la serveuse revenir pour nous apporter notre entrée. Je ne posais même pas les yeux dessus et attendis le départ de la jeune femme, histoire de ne pas être trop impolie, pour reprendre rapidement le sujet de notre conversation.

«- Vous êtes devenus amis dès le premier jour ? Laisse moi deviner, tu étais le plaisantin et lui l'élève sérieux ? Octavus devait être dans les premiers de la classe, non ? »

Bon pour le coup, j'allais repasser pour la discrétion, il était clair que j'en demandais plus sur mon ancien fiancé que sur Aleksei. Vu le niveau magique du brun et de son air toujours sérieux, il était très facile de l'imaginer en premier de la classe. Bien loin de l'image désagréable de cette abominable miss-je-sais-tout de sang-de-bourbe, je l'imaginais entouré, admiré pour ses facultés.



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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Sam 14 Juin - 20:21

I know it all ends tomorrow, so it has to be today.
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Aloisia accepta mon marché et je cachais un sourire en coin. Elle allait peut-être bien le regretter. Pour le moment, nous avions soigneusement évité de mentionner directement Octavus, mais ça n’était qu’une question de temps. Même en tentant de l’éviter au maximum, il y avait une présence fantomatique entre nous. Je ne comptais pas fermer les yeux sur l’homme qui nous avait réunis ce soir. J’allais lancer des perches à Aloisia et voir si elle les attrapait, sinon j’attaquerais directement les hostilités. J’avais besoin de réponses. Si le brun ne m’en donnait pas, peut-être qu’interroger la rousse m’éclairerait sur leur situation. Il était clair qu’ils avaient besoin d’un coup de pouce extérieur. Si la conversation commença sur un terrain relativement neutre, je ne comptais pas en rester là. J’avais juré intérieurement plus tôt que j’allais redonner le sourire à la jeune femme et je m’y employais. C’était comme une seconde nature chez moi. L’humour était mon meilleur moyen de désamorcer les conflits. J’étais un vantard humoristique, ça passait toujours beaucoup mieux que le narcissisme simple. Je lui tendis une perche et elle me suivit, abondant dans mon sens. Une petite part de moi espérait qu’elle pensait un minimum ses mots. Ce n’était pas parce que je n’avais aucune intention de la draguer que je n’aimais pas pour autant qu’on me complimente sur ma personne. Je fis semblant de rejeter derrière mon dos des cheveux longs imaginaires avant de répliquer de façon légèrement féminisée. « Je savais que tu comprendrais. » Je prenais ensuite un air exaspéré par ma propre beauté. Peut-être qu’Octavus m’appelait stupid face, mais tous n’avaient pas son avis sur la question.

Contrairement au brun, je n’avais pas non plus d’a priori réel sur Aloisia. Et j’avais toujours estimé qu’il était préférable de laisser un enfant se construire lui-même plutôt que lui imposer des interdits qui risquaient de le pousser à la faute par simple esprit de rébellion. Alors qu’Aloisia qui approchait de sa majorité, boive un petit verre d’alcool n’allait tuer personne. Même quelqu’un d’aussi propret qu’une britannique. En voyant sa réaction quand je l’appelais anglaise, je me mordis la langue pour ne pas me mettre à rire. Je me doutais qu’elle aurait une réaction de ce genre, mais c’était trop amusant pour passer dessus. Elle reprit sa fausse image de snob pour me l’indiquer et mes yeux se plissèrent de rire. « Pardonnez-moi milady. » J’inclinais la tête en signe de respect. Si c’était la façon dont elle agissait en Angleterre, ça devait être amusant de les voir évoluer. Ils auraient bien eu besoin de ma présence dans leurs petites réceptions pour mettre l’ambiance. Je comprenais mieux pourquoi Octavus avait une telle horreur de ça. Moi-même, dans un contexte totalement différent de réceptions de l’élite, je ne raffolais pas vraiment des ronds de jambes. Heureusement, chez nous, l’alcool aidait bien les convives à se détendre. Octavus et moi étions des rebelles. C’était plus admis chez les hommes que les femmes, heureusement pour nous. Toute cette attitude étrange me donnait de plus en plus envie de rendre visite au brun en Angleterre et il se pourrait bien que je fasse exactement ça s’ils n’amélioraient pas leur relation d’eux même.

Je restais sur ma fin avec les premières informations qu’elle me donnait sur elle. Je comptais creuser sur sa scolarité puisque c’était la part la plus important de sa vie à l’heure actuelle. Je voulais qu’elle me parle de ses aspirations, ce qu’elle voulait pour le futur et pas ce qu’on allait lui imposer. J’aurai presque été prêt à l’épouser pour lui faire échapper à une vie qu’elle n’aurait pas choisie. Mes parents auraient été ravis d’un mariage, même sans héritiers et elle aurait été libre. Moi j’aurai fait une bonne action. Mais je n’étais pas Octavus et c’était un problème à part entière. J’avais des soupçons sur le fait qu’elle était tombée sous le charme de son promis, sans avoir de certitude. Ce qui me contredisait dans cette pensée était surtout qu’elle aurait sans doute été prête à tout pour continuer de le fréquenter et tenter de le faire changer d’avis si elle avait été amoureuse d’Octavus. Mais elle s’éloignait volontairement. Peut-être pour se protéger, ou bien parce qu’elle savait qu’elle ne tenait pas autant à lui qu’elle l’avait pensé au départ.  Aloisia retourna rapidement la vapeur pour m’interroger, mais je ne restais pas dupe. Comme je l’avais dit, c’était donnant-donnant et elle se retrouverait rapidement sous le feu de mes questions un peu plus tard. Il faudrait juste que je fasse attention à ne pas me perdre moi-même dans mes souvenirs. Ah Durmstrang, chère école de mon cœur… J’avais l’habitude de me rendre à la réception des anciens élèves tous les ans en fin d’année scolaire. Cette année serait certainement la première fois où Octavus ne serait pas là. L’Institut représentait beaucoup plus qu’un établissement scolaire à mes yeux, c’était l’endroit où j’étais devenu l’homme que j’étais actuellement, l’endroit ou je m’étais fait des amis, avais fait les pires bêtises aussi.  

Je commençais par raconter une autre anecdote ou j’étais à la fois victime et bourreau. Elle éclata de rire et je souris en retour. Tout comme précédemment, j’étais maintenant capable d’en rire, mais plus jeune je n’en avais pas mené large quand l’autre garçon était soudainement devenu cette créature. Et le fait que je n’ai même pas su ce que j’avais lancé comme sort n’avait pas vraiment aidé. Sans l’aide du maître de métamorphose, Shelkov serait peut-être resté coincé dans cette nouvelle forme. Aloisia cibla parfaitement la situation. Je le confirmais rapidement. « Oh, tu n’images pas... Encore aujourd’hui quand je le croise au Ministère, je sens qu’il n’a pas oublié ce petit épisode. Il a retrouvé forme normale, avec un léger effet secondaire. Durant une semaine, il a continué de laisser des traces de mucus derrière lui à chaque pas. » Je me mordis la lèvre pour ne pas rire. L’affaire avait continué de le hanter durant tout le reste de sa scolarité. Mon petit acte avait poussé les professeurs à le rétrograder, ce qui faisait qu’il avait été avec moi le reste de l’année. C’était une raison de plus qui avait motivé Shelkov à me faire la peau. Aloisia semblait avoir pris des couleurs et j’en étais heureux. Elle n’était pas au bout de ses peines. À la fin de notre soirée, elle aurait tellement rit qu’elle en aurait mal aux joues. Je continuais de parler de l’Institut, mentionnant juste Octavus avant de me taire. Et c’était à point nommé. Je vis bien sa réaction à mes paroles. Elle s’était avancée, comme si elle attendait désespérément la clef censée permettre de décrypter le mystère Octavus.

Nos plats arrivèrent finalement alors que j’avais espéré une réaction vocale qui n’arriva pas. Aloisia semblait bien plus intéressée parce que j’avais introduit comme sujet de conversation que par le contenu de son assiette. D’ailleurs, elle commença immédiatement de demander des précisions. J’avais eu raison d’espérer que la simple mention de mon meilleur ami suffirait à l’appâter. Effectivement pour quelqu’un qui ne voulait rien avoir à faire avec lui, elle s’intéressait beaucoup à sa personne. Et j’espérais bien que ça n’avait pas uniquement à voir avec sa curiosité naturelle. Je n’allais pas me priver de parler de lui alors. Mais avant… D’humeur joueuse, je pris un air détaché pour lui annoncer ce qu’elle allait manger, repoussant le moment où j’aurai à parler de ma première rencontre avec Octavus. « Caviar. Une spécialité russe qui j’espère t’éblouira les papilles. » Une fois le menu de ce soir annoncé, je pris le temps d’avaler une gorgée de vin avant de considérer sa question. Si j’avais rencontré Octavus le premier jour, ce n’était pas tout à fait exact que nous étions devenus amis aussi vite. Il avait fallu un temps d’adaptation pour tout le monde. Les nouveaux avaient tendance à se méfier de leurs congénères. Ce n’était qu’après quelques semaines qu’on comprenait que sans alliés, on ne pouvait pas réussir à Durmstrang. C’était un mécanisme parfaitement huilé. Préférant la faire encore languir un peu plus, je retenais surtout le fait qu’elle s’imaginait immédiatement que j’étais le plaisantin de la classe et Octavus celui sérieux. Pourquoi ça ne serait pas l’inverse ? Les apparences étaient parfois trompeuses après tout. « Je ne sais pas ce qui te fait croire que j’étais le clown de la classe. » Je pris un air à moitié vexé avant que le coin de mes lèvres ne remonte légèrement, signe que je n’étais pas fâché. De toute façon, même si j’avais effectivement tenté au départ, j’avais vite retenu la leçon après deux-trois punitions marquantes.

Très clairement, Octavus était beaucoup plus rabat-joie que moi et pensait plus à étudier qu’à autre chose, mais j’avais rapidement réussi à le décoincer. C’était un peu grâce à mes méthodes de choc qu’il avait trouvé la force de postuler dans l’équipe de quidditch. Il avait bien progressé. Moi aussi dans un sens, même si mon domaine avait plus été le duel. Ça ne se voyait pas au premier abord, mais j’avais fait de gros progrès depuis cette bataille désastreuse qui avait transformé mon camarade en créature visqueuse. J'en revenais à mon meilleur ami puisque c'était au final le coeur du sujet. Et je comptais bien observer à la loupe les réactions d'Aloisia pendant que je parlais. « Mais c’est vrai qu’Octavus était dans les premiers de la classe très rapidement. Moi aussi vers la fin. Nous étions l’élite de la nation. » Notre association avait été un succès sur tous les plans. J’avais permis au brun de devenir plus cool et plus assuré ce qui avait grandement plu aux filles et il m’avait poussé à travailler quand j’avais plutôt envie de draguer. Au final, nous avions bien réussis, tous les deux chefs de département sitôt la trentaine entamée. Je finis par en arriver à ce qui l’intéressait le plus dans toutes ces observations. « Nous nous sommes rencontrés dans le navire qui nous emmenait à l’école en réalité. Ça n’a pas été très difficile de voir qu’il n’était pas de chez nous. Mais je ne lui ai adressé la parole que lorsque notre classement a été dévoilé, puisque nous étions dans le même niveau. Et il a fallu plusieurs semaines pour que je tente de l’approcher plus personnellement. Et de là a commencé une amitié qui a duré jusqu’à aujourd’hui. » Je ne pouvais pas en dire beaucoup plus sur le fonctionnement de l’Institut, mais cela expliquait grandement pourquoi nous étions devenus amis. Chaque niveau se battait soit pour progresser, soit pour ne pas chuter et les autres degrés étaient vus comme des ennemis. S’il était vrai que la compétition était poussée à l’extrême même entre membres d’un même niveau, il y avait cette volonté de s’entraider pour réussir à progresser ou à rester au sommet. Octavus était vu comme l’étranger et personne n’aurait eu la prétention de lui adresser la parole avant de voir ce qu’il valait réellement. Personne, sauf moi. Ça m’avait plutôt réussi puisqu’il m’avait poussé à atteindre le niveau maximum en sa compagnie. Je changeais brusquement de sujet pour en revenir à elle avant de trop parler. « Dis m'en plus sur ta scolarité à Poudlard ? Est ce que tu fais des activités ? »


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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Dim 15 Juin - 12:55

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
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Aleksei & Aloisia



Aleksei n'était pas ce genre d'homme à se prendre trop au sérieux. Bien sûr, je me doutais que cette confiance en lui énorme aidait à l'auto-dérision, mais il n'y avait pas que ça. Il aimait beaucoup trop rire, n'avait pas besoin de se complaire dans les apparences pour être certain de ses charmes. Et ça marchait. Des hommes en smoking, j'en avais vu des tas, ça devenait banal. Il donnait un tout nouveau charme à la tenue, quelque chose que lui seul pouvait ajoutait. Il était lui-même, même tirait à quatre épingles. Le port du nœud papillon ne le rendait pas soudainement d'un sérieux monstre. Je comprenais que bien des femmes pouvaient tomber sous son charme. Bien sûr, déjà physique, il n'y avait rien à redire. Son plus gros atout restait malgré tout sa personnalité. Elle rendait le tout encore plus attrayant. Aleksei avait cette faculté inouïe de rendre la vie bien moins lourde. Il fit semblant de rabattre derrière son épaule des cheveux longs imaginaires dans un geste très féminin et je ne pus qu'en rire, encore une fois. Même si nous plaisantions beaucoup, tout cet échange paraissait sincère. Je ne me sentais pas obligée d'avoir l'air bien mature, ou plus distinguée. J'étais bien plus Aloisia qu'une Bateson. Et dans un même sens, il n'agissait pas comme si il était obligé d'être là. Même si au fond, c'était le cas. Il avait accepté de passer la soirée avec moi pour rendre service à Octavus. Le fait qu'il me fasse comprendre que ça n'entachait en rien son bonheur réel d'être en ma compagnie me soulageait. Je ne me sentais pas comme un poids mort qu'on se refilait inlassablement. À mon tour, je jouais, prenais un air snob et vexé pour défendre mon côté écossais. Il s'excusa et je conservais la pose avant de sourire. Nous nous ressemblions beaucoup, c'était la première fois que je me sentais aussi proche de quelqu'un. Il n'y avait aucune barrière, aucune obligation autre que celle de profiter de la soirée. C'était peut-être ça, se faire une ami en fin de compte. Il s'intéressait à moi et je me contentais de lui dire ce qu'il fallait, ce qu'on m'avait appris à être. D'habitude, ça suffisait. Encore que je ne disais à personne de Poudlard l'identité de mon fiancé, et cela avait été une bonne chose puisque le destin avait voulu qu'il vienne enseigner dans mon école. Ça ne sembla pas convaincre le blondinet qui me regarda un instant de trop avant de consentir à changer de sujet en suivant mon exemple.

Je savais déjà que Durmstrang était un sujet qui tenait à cœur Octavus, je comprenais d'un coup d’œil que c'était aussi le cas pour Aleksei. Il s'illumina encore un peu plus en se remémorant des souvenirs de cette époque pour trouver quoi me répondre. J'allais aussi garder un bon souvenir de Poudlard, sûrement moins brillant que le leur. Au château, j'étais populaire, entourée, plus jalousée qu'aimée je m'en doutais bien. C'était différent de la situation dans laquelle je me retrouvais au manoir. Mes condisciples m'écoutaient, j'étais importante parce que j'avais su m'imposer, le poids de mon nom n'avait été qu'une aide supplémentaire. On me craignait dans une certaine mesure parce que les autres Serpentards connaissaient mon tempérament et mon franc parler. Mais tout ça restait d'une superficialité incroyable. Je n'avais personne sur qui vraiment compter, mis à part Octavus, autrefois. Même s'il avait été distant durant toutes ses années, il avait été là dans un sens. Je m'étais sentie soutenue, les kilomètres n'entachant pas cette sensation. Peut-être parce que je savais qu'il vivait la même chose. Le retour à Poudlard allait être bien solitaire. J'écoutais son histoire, horrifiée et amusée du châtiment qu'avait subi son adversaire. Le fait qu'il doive encore le croiser aujourd'hui n'aida pas à mettre fin à mon hilarité. Je pouvais comprendre que la rancune subsiste, ça n'avait pas du être agréable d'être changée en limace. Et ce devant tous ses camarades, c'était un fait non-négligeable. Les moqueries étaient faciles, mieux ne valait pas laisser à qui que ce soit la possibilité d'en user devant tout le monde. C'était un fait qui ne changeait pas selon les écoles, les adolescents n'étaient pas tendres les uns envers les autres, je ne l'étais pas lorsqu'il le fallait personnellement. Je ris peut-être un peu trop franchement à l'entente de cette histoire de mucus, nos voisins de table se retournèrent vers nous sans que je n'y fasse vraiment attention. Ma mère m'avait longtemps reproché de rire trop fort, surtout que mon rire n'avait rien de féminin. Mais c'était une histoire vraiment très drôle, difficile de se contenir.

Je me calmais, plus attentive lorsqu'Aleksei entama le sujet de son amitié avec Octavus. J'avais toujours eu du mal à l'imaginer à cette période-là de sa vie. Je ne l'avais rencontré qu'à la fin de sa scolarité et j'étais très jeune, les souvenirs n'étaient pas tous intacts et sûrement enjolivés par mon imagination débordante d'enfant. J'aurais aimé le connaître à cette époque, savoir comment il était avant de devenir mon fiancé, obligé de suivre les ordres d'un père trop manipulateur. J'avais pu déjà constater qu'il était beaucoup plus que cet homme sérieux et mondain, apprécié et important. Pendant les derniers mois, il avait retrouvé l'humour que je lui avais connu plus jeune. Le voir évoluer avec ses amis m'avait aussi appris qu'il était capable de s'ouvrir entièrement, seulement pas à moi. La serveuse nous interrompit, je l'aurais presque pressé de déguerpir mais la politesse l'interdisait. À peine eut-elle tourné les talons que j'attaquais les questions. Le sujet pouvait remuer certaines blessures, mais il était évident que nous ne pourrions pas éviter la mention d'Octavus toute la soirée. Autant en tirer profit. Aleksei me fit languir, répondant en me présentant le plat que j'avais sous le nez et auquel je n'avais pas accordé la moindre attention. Je fronçais les sourcils, mis une seconde à comprendre de quoi il me parlait. Je finissais par baisser les yeux et regarder la coucher noir qui tranchait bien avec la céramique blanche. La couleur était surprenante, un noir d'encre qui ne donnait pas forcément envie à la dégustation. C'était du caviar, j'en avais déjà vu sans jamais m'y risquer d'y goûter. Je savais que c'était un met très cher, j'apprenais cependant que c'était russe. Je relevais les yeux vers mon compagnon qui prenait une gorgée de vin avec un air des plus détendus. J'avais envie de le presser de répondre, mais je me retins. Il aurait pris mon empressement pour une curiosité maladive concernant son meilleur ami. Ce qui n'était pas faux. Il ne devait pas être dupe et comprendre que, même si j'étais ravie d'en apprendre plus sur lui, je n'allais pas rater une chance de découvrir par la même occasion plus celui qui avait été mon fiancé pendant douze ans. J'affichais une moue totalement dubitative lorsqu'il tenta de remettre en cause cette idée que j'avais de lui. Non vraiment, rien dans son attitude actuelle ne laissait à croire qu'il avait été le plaisantin de la classe plus jeune. Il y en avait toujours un et je ne parvenais tout simplement pas à imaginer un Aleksei timide et réservé, renfermé sur lui-même ou pire encore, sans aucun humour.

«- Oh je ne sais pas, une intuition sûrement. »

Je roulais des yeux avant de sourire. Il confirma ensuite ce que je savais déjà. Octavus avait été du genre bon élève. En connaissant ses talents magiques, il ne pouvait qu'avoir été le premier de sa classe. Et puis, c'était très important pour nos familles que nous soyons toujours en tête de course. Moins en ce qui concernait les femmes puisque de toute façon, nous étions prédisposées à devenir seulement des mères au foyer. Moi-même je ne faisais que me maintenir à un certain niveau pour ne pas devenir totalement une cancre. Octavus et Aleksei étaient encore très jeunes, pourtant ils avaient tous les deux très vite montés les échelons. Après avoir rencontré l'étendu de leurs connaissances au sein du ministère de la magie russe, je ne pouvais que constater que l'un comme l'autre occupait un pote important. Bien qu'Octavus avait préféré abandonner temporairement sa carrière florissante pour un poste de professeur, ce qui était incompréhensible. Aleksei me racontait leur rencontre, me peignant un garçon que je n'avais pas connu. Introverti au début, l'étranger qui devait faire ses preuves. J'imaginais combien la pression avait du être forte, la solitude qu'il avait du ressentir, si loin de tout ce qu'il connaissait. J'eus un sourire attristé en l'imaginant ainsi, Octavus aussi n'avait pas du être un enfant très heureux. Ça avait été un mal pour un bien. Maintenant, il était plus détaché de ce monde faux qu'il détestait tant et il avait des amis sur qui il pouvait réellement compter.

«- C'est une jolie histoire pour une très belle amitié. »

J'attrapais à mon tour mon verre de vin et trempais à peine mes lèvres pour en prendre une gorgée, pensive. Il en profita pour revenir sur le sujet qui l'intéressait lui : moi. Je ne voyais pas très bien quoi lui répondre. J'avais été franche, ma vie n'avait rien de palpitant. Je n'avais aucun moyen de me permettre le genre de folies qui donnait vie à des anecdotes comme il pouvait en avoir. J'étais dans l'équipe de Quidditch, c'était un peu ma fierté, le seul point sur lequel je n'avais pas lâché. Je jouais plutôt bien et j'aimais ça, ça révélait un côté casse-cou et masculin que je ne devais pourtant pas montrer en d'autres circonstances. Je poussais le caviar dans mon assiette de ma fourchette sans même m'en rendre compte, c'était une mauvaise manie que de jouer avec la nourriture sans réellement la manger.

«- Je suis poursuiveuse dans l'équipe de Quidditch, ça a été un grand scandale dans ma famille quand ils l'ont appris et j'ai du ruser pour pouvoir continuer de jouer. Mais je ne le regrette pas, ça me permet de me donner vraiment dans quelque chose. Pour ce qui est des études, ça n'est pas fait pour moi de toute façon. »

Ce n'était pas tellement vrai, j'étais une élève plutôt studieuse et j'aimais apprendre. Je trouvais ça juste rageant de m'intéresser vraiment à tous mes cours en sachant pertinemment que je n'irais pas plus loin que ma septième année à Poudlard. Si je finissais mes études d'ailleurs, on pouvait aussi décider de me marier sitôt ma majorité acquise. J'espérais maintenant que ce ne serait pas le cas, ça rapprocherait la date de la révélation de cette rupture et me précipiterait dans les bras d'un autre sang-pur. Sur ce sujet-là non plus, je ne voulais pas m'attarder.

«- Je crois qu'il va falloir que tu m'expliques comment on mange ce plat, c'est une totale énigme pour moi. »



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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Dim 15 Juin - 20:00

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J’en venais à raconter une nouvelle anecdote, sur une métamorphose malencontreuse d’un camarade. J’en avais tout un tas du même genre. L’auto apprentissage avait peut-être de grands bienfaits, mais il fallait aussi reconnaitre que c’était assez dangereux, pour soi-même ou pour les autres selon qui jouait au cobaye. Heureusement, il était rare d’avoir des ennuis de la part des adultes parce qu’on avait cherché à s’améliorer en magie. Il suffisait de ne pas dépasser les limites établies, ce que ce cher Grindelwald n’avait pas compris et pourtant, l’Institut était tolérant concernant la magie noire... Cela faisait bien longtemps que je ne me préoccupais plus du regard des autres. Et le fait que les autres tables se tournent vers nous parce que nous nous amusions trop me passait totalement au dessus de la tête. C’était simplement signe que tout se passait bien entre nous. Tant pis pour ceux qui s’ennuyaient à mourir de l’autre côté. Je ne l’eur accordais d’ailleurs même pas un seul regard. Aloisia avait un rire communicatif et exubérant et je la joignis rapidement, surtout en imaginant mentalement l’illustration de ce que je venais de raconter. Je ne l’avais jamais entendu vraiment rire avant aujourd’hui et j’étais presque persuadé qu’il en était de même pour Octavus. Ça faisait sans doute partie des détails qu’on avait cherché à lui supprimer pour la faire rentrer dans le stéréotype attendu d’une sang pur.  

Le changement fut instantané dès que je prononçais le mot magique. C’était assez amusant de voir le pouvoir que je détenais sur elle rien qu’en mentionnant le prénom de l’écossais expatrié en Russie. Je dus me mordre la lèvre pour ne pas réagir alors que je la voyais presque percer un trou dans la tête de notre serveuse, son souhait qu’elle s’éloigne palpable même silencieusement. Ce fut le cas, mais je m’amusais trop pour répondre immédiatement en voyant à quel point elle était impatiente. Et j’en jouais en la faisant languir, changeant brutalement de sujet pour parler cuisine. Je vis bien qu’elle eut un instant de flottement, les sourcils froncés, cherchant de quoi j’étais en train de parler au juste avant de finalement découvrir son assiette. Je me demandais si elle avait déjà eu l’occasion d’en manger. A en juger par son regard curieux, certainement pas. Je ne savais pas vraiment si elle en était pleinement consciente. Il n’était sans doute pas dans son intérêt de se trahir de la sorte. Pourtant, c’était indéniable, pour quelqu’un qui ne voulait plus rien avoir à faire avec le brun, elle était extrêmement curieuse sur sa personne. Je comprenais en partie pourquoi. Octavus avait toujours été une vraie énigme et même après autant d’années, je me doutais bien qu’il y avait de grandes parties de son passé dont je n’étais pas au courant. Moi aussi j’avais gardé certains secrets, mais ce n’était pas pareil. Octavus avait tendance à se méfier. Il était prudent, d’autant plus depuis Liberia. Son comportement s’était durci depuis la rousse. Amusant d’ailleurs que sa fiancée porte elle aussi cette couleur de cheveux. J’allais finir par croire que c’était annonciateur de malheur pour mon ami. Liberia avait été l’exemple parfait qui confirmait notre dicton sur le fait que les rousses soient les créatures du diable. J’espérais bien qu’Aloisia ne serait pas pareil, mais j’en doutais fortement. Bien sûr, rien n’avait laissé présager cette facette sombre de la jeune femme, mais Aloisia semblait moins maître de ses émotions que la danoise.  

J’étais l’image même de la décontraction avec mon verre de vin à la main alors qu’elle semblait être tentée de me secouer pour me faire finalement répondre à sa question. Et elle risquait effectivement d’en venir à cette extrémité si je n’allais pas plus vite. Mais je n’avais pas pu m’empêcher de noter le fait qu’elle se soit immédiatement imaginé que j’étais un vrai pitre. Elle sembla légèrement circonspecte devant mon déni. D’accord, le fait est que les deux anecdotes que je lui avais racontées tendaient à confirmer cette hypothèse. Elle sourit finalement et sans plus commenter, après quelques secondes d’attente, j’eus finalement pitié d’elle et racontais brièvement comment Octavus et moi étions devenus amis. En effet, il était bien plus facile d’imaginer qu’Octavus soit le petit géni de notre duo plutôt que moi. Il avait tellement dû faire ses preuves en Russie qu’il avait travaillé deux fois plus pour atteindre le respect de ses camarades et de ses professeurs. Et puis, ça avait aussi été un moyen d’échapper à ses parents. Des résultats brillants avaient justifié son embauche en Russie, une façon de repartir à zéro dans un pays où son père n’avait qu’une influence si minime que ça ne comptait pas. Il n’y avait qu’un seul domaine où il avait toujours été médiocre, c’était la divination. Mon imagination débordante m’avait permis de le dépasser largement. Mais plus généralement, pour moi, les choses avaient été différentes. J’avais eu tendance à me reposer sur mes acquis avant qu’il me pousse à étudier. Ce n’était pas la paresse en tant que tel, c’était plus que je travaillais uniquement ce qui m’intéressait et le reste m’indifférait suffisamment pour que je fasse le strict minimum. J’avais pu entrer dans un département qui me plaisait et je ne considérais pas cela comme un travail, mais plutôt comme un plaisir. Durant tout mon discours, j’avais observé attentivement la rousse pour voir ses réactions. Elle semblait surprise de découvrir cette facette inattendue de son ancien fiancé. Mais derrière chaque homme ayant réussi se cachait toujours des motivations personnelles, une raison de s’échapper et de prendre sa vie en main.  

J’avalais une autre gorgée de vin avant de contempler mon assiette. Je me demandais si Aloisia avait ce genre de personne à Poudlard, quelqu’un sur qui elle pouvait suffisamment compter pour ne pas craindre une trahison, quelqu’un avec qui se montrer vraiment elle-même.  Sinon, je n’osais pas imaginer comment se passait sa scolarité. J’avais la question sur le bout de la langue, mais n’osais pas la poser. J’avais légèrement peur que ce ne soit pas le cas. Je préférais finalement opter pour une question moins personnelle et en savoir plus sur ses goûts. Aloisia m’avoua son passe-temps et pour être honnête, je ne m’y étais pas franchement attendu. Rien qu’à la voir aujourd’hui et hier en talons hauts, qui pouvait imaginer qu’elle se débrouillait sur un balai ? Je ne savais pas du tout qu’Aloisia faisait du quidditch, Octavus s’était bien gardé de me le dire. Sans doute par peur que je ne sois encore plus impatient de la rencontrer. Ça semblait trancher avec son caractère. Comme quoi, je ne l’avais pas encore bien cernée. Je pouvais assez facilement imaginer le problème que cela avait causé à la jeune rousse. Durmstrang n’avait jamais accepté la moindre femme dans son équipe de quidditch. Elles avaient le ballet en maigre compensation. « Et bien, si je m’y attendais. Jolie, rusée et sportive. Une vraie triple menace. » C’était le genre de femme qui me plaisait. Je comprenais un peu mieux pourquoi Octavus avait tenté de me la cacher pendant autant d’années. Je me demandais comment il réagirait si jamais je tentais réellement une passe sur son ancienne fiancée. Ce serait un véritable test. Hier soir, il n’avait pas apprécié quand j’étais trop proche et cela les avait rapproché. Mais maintenant que la rupture semblait consommée, je ne voyais aucun problème à faire un dernier test pour voir s’il tenait encore un minimum à elle. Et elle à lui par extension.

« Mais tu ne me feras pas croire une seule seconde que tu ne n’es pas une bonne élève. » Cela dit, je pouvais voir pourquoi elle excluait automatiquement son apprentissage. C’était important d’avoir une épouse brillante, même si elle ne travaillait pas. Il suffisait juste qu’elle fasse semblant d’être un peu plus bête de son époux pour ne pas le menacer. J’avais vu cette tactique à l’œuvre pendant des années. C’était triste d’une certaine façon. En plus, je ne pouvais imaginer qu’Octavus aurait apprécié d’avoir une greluche à son bras. Elle était bonne uniquement pour une nuit, pas pour la vie. C’était ce que ma mère répétait toujours, se lamentant qu’elle n’aurait sans doute jamais de petits enfants ni de belle-fille au rythme où j’allais. Heureusement pour moi, les fiançailles d’Alex avaient transféré son obsession sur quelqu’un d’autre. Mais pour en revenir à Aloisia, elle devait avoir un sacré succès auprès de la gent masculine. Faire du sport prouvait qu’elle était en forme et un peu rebelle sur les bords. Elle et Octavus avaient vraiment bien plus de points communs que je l’avais pensé.   Je ne doutais pas qu’elle n’aurait pas de difficulté à trouver quelqu’un d’autre, mais la mentalité du nouveau promis ne serait sans doute pas la même que celle d’Octavus. « C’est marrant. Octavus aussi faisait du quidditch. Moi, c’était plutôt le duel mon truc. » Je me demandais si elle connaissait cette information. Elle enchaîna sur le caviar et je me mis à sourire. Elle n’en avait effectivement jamais mangé et j’espérais que ce serait à la hauteur de ses attentes. Ce serait vraiment dommage qu’elle n’aime pas ça. « Je tenterai d’être un bon professeur. » Si j’étais doué pour enseigner d’autres choses, la dégustation ne devrait pas être un gros problème. « Tu le manges avec la petite cuillère en nacre. Et tu gardes les blinis pour t’occuper le palais entre deux cuillerées. Je ne serai pas un bon russe si je ne t’avais pas fait découvrir le caviar. » C’était amusant de voir à quel point si peu de nourriture pouvait coûter une petite fortune en y réfléchissant bien. J’attrapai une première cuillère, la levant en guise de salut avant de l’avaler.




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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Lun 16 Juin - 13:13

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
Walking with a friend in the dark is better than walking alone in the light.



Aleksei & Aloisia



Je m'étais toujours dit que dans un sens, Octavus avait lui aussi connu la solitude dans laquelle j'avais grandi. Il était issu d'une famille aussi noble et importante que la mienne, était le seul enfant à transmettre ce nom si lourd de conséquences. Il n'avait pas non plus eu de frère ou de sœur avec qui partager les moments de son enfance, personne à qui se confier ou avec qui créer une complicité. Bien sûr, j'avais vite remarqué que, contrairement à la mienne, la mère du jeune McKenna portait un réel amour à son fils. Elle était maternelle, aimante, inquiète à son sujet. J'avais cru que c'était là la seule relation sincère qu'il avait connu. J'avais eu tort. Octavus avait su se faire sa propre famille et ce très rapidement. Aleksei n'était rien d'autre que son frère, une amitié comme la leur supplantait même les liens familiaux. Ils avaient grandi ensemble, avaient toujours été là l'un pour l'autre. Même la sœur du blondinet, Aleksandra, semblait être d'une importance capitale pour mon ancien fiancé. Il n'était pas seul, bien au contraire. Ici, il était chez lui, entouré des siens. Ça n'était que lorsqu'il revenait dans ce pays qu'il avait fui que la solitude transperçait. Je ne comblais pas ce vide, je n'étais pas de taille pour ça. J'avais toujours associé mon fiancé à un réel soutien, un être qui, comme moi, n'avait pas eu le choix. Nous étions tous les deux dans le même bateau à mes yeux. J'avais vite ressenti le besoin de sa présence, il avait toujours été très naturel pour moi que nous soyons ensemble. Octavus avait du ressentir tout le contraire. Je n'avais jamais été un soutien pour lui, seulement une prison. Et devoir venir me voir une semaine par an tous les étés n'était pas naturel, c'était juste une parenthèse dans sa vie, sa vraie vie. Nous ne pouvions pas devenir ami après cette rupture, je l'avais pourtant toujours considéré comme tel. J'allais finir par croire que j'avais un réel problème dans les relations sociales. À croire que tout le monde à part moi avait quelqu'un sur qui comptait.

J'en venais à avouer mon passe-temps à Aleksei, préférant mettre l'accent sur le Quidditch plutôt que sur les études. J'avais toujours eu un côté aventurière casse-cou, ça n'était pas nouveau. Enfin, je passais bien plus de temps à grimper dans les arbres qu'à jouer à la poupée. J'avais d'ailleurs fait de nombreuses frayeurs à Octavus, je me rappelais de ses bras tendus vers moi, le visage inquiet, prêt à me rattraper en cas de chute. C'était une toute autre époque, depuis il m'avait laissé tombé. Ou je l'avais abandonné, je ne savais plus très bien à vrai dire. Je ne savais pas s'il s'était plaint à son meilleur ami des mésaventures que je lui faisais vivre alors qu'il était encore un jeune homme, à devoir jouer les baby-sitter en me courant derrière. Certainement que non, sinon le jeune russe n'aurait pas l'air aussi surpris. Il était vrai que pour les jeunes filles de bonnes familles, monter sur un balai n'était pas très bien vu. On préférait de loin les activités plus élégantes, c'est pourquoi j'avais pratiqué longtemps la danse, encore plus le piano. Toutes les matières que j'avais du vite maîtriser jeune m'avait laissé aussi très peu de temps pour jouer avec d'autres enfants. J'avais créé Alonso pour combler ce vide, même si je n'allais pas lui parler de ça. Déclarer à Aleksei que mon seul ami était imaginaire allait me faire paraître assez pitoyable. Même si lui ne semblait pas avoir cette image-là de moi. Je souris, évidemment, devant son compliment. Cela faisait vraiment plaisir et sonnait étrangement sincère. Sans prétention, j'avais l'habitude d'être complimentée par les hommes, même si je ne leur accordais aucune importance. Les autres avaient toujours une idée derrière la tête, des intentions pas très nobles. Ce n'était pas le cas d'Aleksei, c'était ce qui me flattait encore plus. Et me gênait aussi, je ne savais pas très bien comment réagir. Je le remerciais faiblement puis repris plus d'aplomb pour lui répondre sur le ton de l'humour :

«- Tu as l'air surpris. Je m'éloigne de l'horrible enfant écossaise que tu imaginais ? »

Même si j'étais quasi-certaine qu'Octavus n'avait pas parlé beaucoup de moi à ses amis de Russie, ça n'empêchait pas que tout le monde devait avoir son opinion à mon sujet. C'était ce qui m'avait fait d'ailleurs craindre d'être plutôt mal accueillie la veille. Après tout, j'étais la raison du malheur de leur ami, celle qui allait certainement leur enlever. Qu'ils se rassurent, ça n'arriverait finalement pas. Aleksei avait raison, je n'étais pas une mauvaise élève. J'avais plutôt des facilités en classe et retenais rapidement les enseignements. Je m'étais pourtant de moins en moins d'entrain à faire mes devoirs, je délaissais cette partie-là de ma scolarité et me contentais du stricte minimum. C'était des efforts pour rien, le savoir était rageant. On ne me demandait pas d'être intelligente, juste de ne pas être idiote. J'avais ramené des notes plus que satisfaisantes les précédentes années sans jamais recevoir ni félicitations ni enthousiasme de mes parents, j'avouais que c'était peut-être puéril, mais ça ne m'avait pas non plus donné envie de continuer sur cette voie-là. J'avais perdu l'espoir de pouvoir embrasser une carrière avant même de m'être positionnée sur un choix spécifique, ça évitait une déception supplémentaire. Il n'y avait besoin d'aucun diplôme pour procréer et si je suivais l'exemple reçu, je ne serais certainement pas une bonne mère. Je grandissais, je devenais enfin mâture. J'acceptais de devenir ce que je devais être sans chercher davantage à me torturer avec des envies impossibles.

«- On ne peut pas tous être l'élite de la nation du sais. »

Je lui souris, faisant référence à une phrase qu'il avait précédemment prononcé. Aleksei souligna le fait qu'Octavus aussi jouait au Quidditch ce qui m'arracha un sourire nostalgique. Oui, ça je le savais et je l'avais appris à mes dépends. Il ne me l'avait jamais dit, avait préféré me laisser la surprise après que je l'ai défié à la course. Il avait gagné, de peu, j'aurais aimé avoir une occasion de lui montrer que ce n'était que par pure chance. La fin de s'être rencontre ne s'était pas passée très bien, je me doutais qu'avec tout le reste, il ne me laisserait pas un second essai. Pourtant, voler avec lui avait été un très bon moment, nous chamailler dans les airs sans se soucier de rien. C'était aussi le souvenir de mon premier baiser. Il en fallait pas que j'y repense, je me concentrais alors sur sa dernière déclaration pour revenir à l'instant présent. Aleksei aimait le combat, c'était un art très noble. Ça expliquait sa rapidité à ensorceler les deux moldus du club où nous étions allés pour le nouvel an alors qu'il était plutôt ravagé par l'alcool.

«- J'espère que tu t'es amélioré depuis l'épisode de la limace. »

Je ne rajoutais rien sur le sport pratiqué par le brun, ne voulait pas m'aventurer sur un terrain trop glissant. Si je lui répondais que j'étais déjà au courant, il pourrait avoir dans l'idée de me demander si nous avions déjà joué ensemble. Ça n'était pas une histoire que je pouvais réellement raconté vu tous les événements qu'elle avait entraîné. Et plutôt que de m'attarder sur le sujet, je reportais enfin mon attention sur mon assiette, lui demandant au passage quelques explications. Mes connaissances dans le caviar étaient très limitées. En fait, je savais juste que c'était un met rare et très cher. Aleksei m'expliqua la marche à suivre et je suivais son geste, attrapant la petite cuillère en nacre et la plongeant dans le caviar. Je levais aussi le bras, comme si nous trinquions à cette nouvelle première fois culinaire. La sensation fut étrange, j'avais l'impression que quelque chose explosait dans ma bouche. Le goût était assez prononcé mais plutôt agréable. Moi qui avait toujours craint de m'y essayer. Je souris pour lui faire comprendre que j'aimais ça et pris une bouchée du blenis. Il prenait réellement son rôle très au sérieux, l'hospitalité russe n'était définitivement plus un mythe. Je reprenais une cuillère en lui faisant un clin d'oeil.

«- L'honneur de la patrie est sauve, ne t'en fais pas. »

Si ce voyage ne s'était pas exactement passé comme je l'avais imaginé, j'avais pu au moins découvrir beaucoup de nouvelles choses. Des endroits magnifiques, une culture différente et des gens adorables. Aleksei en tête de liste, sa sœur suivant de très près. Et dire que j'avais été jalouse de la brunette aux premiers instants. Je ne savais toujours pas pourquoi Octavus avait choisi son visage à elle ce jour-là dans la ruelle, mais ça ne me semblait plus aussi grave en cet instant. De toute façon, je n'allais plus avoir aucun droit d'être jalouse. Je mangeais plus facilement que d'habitude, la tête pourtant emplie de questions et autres pensées. Demain, nous quittions St-Petersburg. J'appréhendais ce retour, il ne fait que rendre tout ceci encore plus réel. Ça ne devait d'ailleurs pas être très facile non plus pour les deux acolytes qui n'avaient pas l'air de s'être quitté beaucoup avant le déménagement en septembre d'Octavus.

«- Avoir pu venir dans sa ville me fait encore moins comprendre son choix de rentrer. Tout ce qu'il lui faut est ici. Tu devrais peut-être le kidnapper et le forcer à ne pas repartir. »

Je continuais de manger, lui souriant malicieusement pourtant toujours aussi pensive. J'étais partagée entre l'envie de l'avoir près de moi au Royaume-Uni et celle de le savoir entouré et soutenu à St-Petersburg. Aleksei veillerait sur lui, Octavus serait plus libre et moi, je n'aurais plus la possibilité de le faire revenir sur sa décision. Je n'avais pas confiance en moi sur ce coup-là, je craignais que mon égoïsme ne prenne le dessus et ne me fasse encore oublier pourquoi je devais m'éloigner de lui.

«- Et puis, il doit beaucoup te manquer, non ? »


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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mar 17 Juin - 19:10

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Ashly Lorenzana ▽ Never try to do anything that is outside of who you are. A forced smile is a sign of what feels wrong in your heart, so recognize it when it happens. Living a lie will reduce you to one.  
Est-ce que j’étais surpris ? Légèrement tout de même. C’était évidemment ridicule de réduire les femmes à des personnes superficielles ou à des sportives sans que ces deux caractères ne puissent se mélanger. Mais je ne l’avais pas imaginée faire un sport aussi violent. J’étais d’autant plus surpris que ses parents l’avaient laissée faire. Le quidditch n’était pas particulièrement tendre. Les batteurs étaient de vraies teignes. Les poursuiveurs se prenaient régulièrement des cognards. Les gardiens aussi d’ailleurs. Octavus avait eu son lot de blessures et de cicatrices. Aloisia devait être plutôt douée puisqu’elle ne semblait pas avoir de séquelles visibles ou alors elle avait des batteurs très efficaces. Octavus m’avait toujours dit que les écossais étaient les durs à cuire du Royaume Uni. Je commençais de penser que c’était sûrement vrai. « Je le suis, agréablement bien sûr. Peut-être bien que tu t’en rapproches au contraire… » J’avais toujours pensé qu’il fallait quelqu’un d’aussi actif qu’Octavus pour que ça fonctionne entre eux. Il était extrêmement sportif, sans doute trop. Je pouvais comprendre pourquoi l’exercice était devenu une vraie drogue pour lui, après ses jeunes années de brimade. Quand il s’était carré d’épaules, les autres avaient ravalé rapidement leurs critiques. Quant à moi, j’avais été trop paresseux et avait préféré développer mon humour pour désamorcer les mauvaises situations. De toute façon, quand ça ne suffisait pas, il y avait toujours le brun pour me défendre.

Au lieu d’être d’accord avec moi, Aloisia botta en touche concernant ses connaissances scolaires. A sa petite répartie, je me mis à rire. J’avais été jeune à cette époque. Jeune et arrogant. Le monde était à mes yeux. Aujourd’hui, j’étais bien loin de me considérer comme l’élite de la nation. J’avais un peu plus d’humilité au moins concernant mon travail. Peut-être que si je parvenais à être élu Ministre de la magie, cette opinion changerait, mais en attendant je n’étais qu’un petit employé un peu mieux payé et plus malin que mes subordonnés. Je ne savais pas pourquoi ça me dérangeait autant qu’elle n’ait pas plus de mordant. Agissait-elle de cette façon là dans sa relation avec Octavus aussi ? Était-ce la raison qui faisait qu’ils ne parvenaient pas à se parler. Je me demandais si je ne venais pas de mettre le doigt sur une information cruciale dans ma compréhension de ces têtes de mules. « Bien sûr que si. C’est un ensemble d’éléments. C’est la volonté, l’audace qui fait la différence, beaucoup plus que toute note ou toute autre considération. » Octavus l’avait d’ailleurs bien compris. Il était reparti de zéro ici, avait fait ses preuves et s’était forgé une réputation basée sur ce qu’il valait, qui il était réellement et pas ce que sa famille avait fait. Aloisia pourrait faire pareil. Il suffisait de prendre un risque, d’accepter de tout perdre si ça ne fonctionnait pas. Tout n’était qu’un jeu dans la vie.

Ma petite perche sur le quidditch ne fonctionna pas comme je l’espérais. Elle sourit simplement, sans rien répondre. Je n’étais pas sûr de la façon dont je devais interpréter cette réaction. Je me demandais si c’était un aveu qu’elle avait déjà connaissance de cette information, ou si elle préférait arrêter de parler lui, une attitude contradictoire vu son intérêt pour lui un peu plus tôt. Elle semblait perdue dans ses pensées. J’étais prêt à parier qu’elle savait déjà qu’il avait été un très bon joueur de quidditch plus jeune. Il nous arrivait parfois de faire des matchs improvisés d’ailleurs, même si j’étais loin d’être aussi à l’aise sur un balai que lui. Mon truc à moi, c’était le duel. J’avais aussi fait un peu d’escrime durant ma scolarité, mais je préférais de loin me montrer créatif avec ma baguette. Je l’avais toujours été, que ce soit pour transformer en animal répugnant un adversaire ou pour l’envoyer au tapis. Et elle sauta sur cette occasion de changer de sujet pour mentionner ma mésaventure malencontreuse. « Ne t’en fais pas, je suis un peu meilleur. Tu as eu l’occasion de t’en apercevoir hier soir. Il m’arrive rarement des incidents. » Même après quelques verres, j’étais toujours aussi doué avec ma baguette. Octavus aurait sans doute dit le contraire, mais je n’avais eu un accident qu’une seule fois. Et puis, ce n’était pas ma faute si au moment même où j’allais lancer le sortilège, la personne avait décidé de sortir une cigarette. C’était le bout de papier qui avait été touché par le sort de confusion et sans la rapidité du brun, nous aurions sans doute eu de légers problèmes sur les bras.

Aloisia changea totalement de sujet pour en venir à notre repas et elle n’avait pas forcément tort, sinon j’allais finir par lui faire rater le ballet. J’avais tendance à être une vraie pipelette quand on me laissait m’exprimer. C’était un de mes points forts cette capacité à manipuler les mots. Je lui expliquais brièvement comment manger correctement le caviar avant de m’employer à finalement manger. Deux restaurants en une même journée, j’abusais vraiment, mais je ne concevais pas de rencontrer quelqu’un ailleurs que dans un lieu neutre. J’attendais son avis et elle sembla apprécier ce qui me ravit. Je savais déjà quoi lui offrir si jamais nous avions l’opportunité de nous revoir dans le futur. Et je sentais que ce serait le cas, même si tout semblait perdu aujourd’hui. Même si je devais moi-même bousculer le destin, foi d’Aleksei, je réussirais à les revoir, en même temps dans l’idéal. Aloisia me sortit de mes résolutions en me faisant un clin d’œil. Je lui souris. J’espérais bien continuer sur cette lancée positive avec le reste de la soirée. C’était son premier voyage à l’étranger après tout, il fallait qu’elle en garde des souvenirs inoubliables et pas uniquement parce qu’elle avait vécu des épreuves difficiles. Elle repartirait déjà demain. Il ne restait plus beaucoup de temps pour changer le bilan de son séjour. Je reprenais une cuillère, surpris quand elle retourna sur le sujet d’Octavus. J’avais presque l’impression qu’elle réfléchissait à voix haute. Je me gardais bien de l’interrompre de peur de casser la magie.

C’était assez amusant de voir qu’elle pensait exactement la même chose que moi. À la différence prêt qu’il m’avait confié la raison de son retour en Ecosse. Je me demandais si je devais l’avouer ou non. Octavus risquait de me tuer si je parlais. D’un autre côté, c’était dans le passé. Il s’était passé tellement de choses entre temps que je ne risquais sans doute rien à lui dire. Et si c’était réellement son unique motivation, il ne tarderait pas à rentrer. Maintenant, il n’avait plus aucune raison de faire semblant. Elle souriait, mais j’étais toujours aussi partagé sur ce que je devais dire ou pas. C’était là où elle avait tort. Tout ce qu’il lui fallait n’était pas ici, puisqu’elle était là-bas. Et même si c’était son père qui avait décidé de ces fiançailles, Octavus était suffisamment noble pour être prêt à se sacrifier le moment venu, quitte à être malheureux. J’étais persuadé qu’elle avait déjà décelé cette facette là de sa personnalité. Je ne risquais rien à le confirmer. « Je ne me risquerais pas à essayer. Octavus est une créature sauvage. Il se tarit si on l’enferme dans une cage. » J’eus un petit rire devant ma rime involontaire, tendant également de mieux faire passer la déclaration. Ça n’était plus censé la toucher de toute façon puisqu’ils n’étaient plus liés. Je haussais un sourcil en entendant sa dernière question. La réponse était évidente. S’il me manquait ? Bien sûr. Même si j’avais d’autres amis proches, personne n’arrivait jamais au niveau d’Octavus. J’étais le gardien de ses petits secrets, lui des miens et nous chassions ensemble. Maintenant qu’il semblait décidé à avoir repris sa liberté, il serait certainement moins hanté qu’avant. J’avalais une gorgée de vin. « Il me manque évidemment. C’est mon meilleur ami. Mais si son bonheur s’avérait ailleurs, qui serais-je pour le retenir ? » Je me demandais si elle ne ressentait pas exactement la même chose que moi. Comme Octavus me l’avait affirmé, elle était partie. Elle avait fui. Et il avait cessé de se battre pour la retenir. Agissait-elle pour son bien à lui, son bien à elle ? Je décidais de prendre un risque pour voir sa réaction. Je n’étais peut-être pas aussi douée que le brun pour lire les visages, mais je me débrouillais. « Et puis, je sais qu’il reviendra. Ce n’est qu’une question de temps. » Il me l’avait assuré et je le connaissais suffisamment pour savoir qu’il tiendrait parole. Il n’avait rien en Écosse, à part sa mère. Une fois marié – du moins, c’est ce que j’avais pensé à l’époque – il serait revenu ici avec sa jeune épouse. Aloisia aurait appris le russe et trouvé un travail ou pas, si ce n’était pas ce qu’elle souhaitait. C’était sa liberté. Je m’occupais la bouche avec un blinis pour m’éviter de laisser échapper ce qui ne demandait plus qu’à sortir. J’en avais sans doute assez dit pour le moment. En plus j’avais faim. J’allais déjà attendre de voir la façon dont elle réagissait.  




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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Dim 22 Juin - 21:21

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
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C'était un fait, je n'avais pas été la plus sage des enfants de sang-pur, j'étais même plutôt terrible. Trop têtue, trop agitée, trop fantasque. Je me demandais bien de comment Octavus m'avait vu à cet âge-là, et aussi ce qu'il avait dit à son ami. Quand ce dernier déclara qu'au contraire, je m'en rapprochais, je tirais la langue dans une moue enfantine. La maturité n'était pas toujours présente il fallait croire. Je l'étais pourtant suffisamment pour être moins utopique qu'Aleksei concernant mes études. Je savais que ça n'était pas pour moi, je préférais ne pas lui expliquer que c'était plus un problème de naissance que de connaissance. Je n'avais pas envie de passer pour la petite princesse capricieuse qui se plaignait d'être née avec une cuillère en argent dans la bouche. Il y avait toujours un revers de médaille, être riche et avoir une place dans la société étaient importants mais ça ne faisait pas tout. L'argent ne faisait pas le bonheur, s'était cruellement vrai. C'était plutôt un poison, il rendait dépendant. Je n'étais pas certaine de savoir vivre sans. Même si je n'étais pas outrageusement dépensière, je n'avais jamais manqué de rien, je ne vivais pas avec le soucis de devoir compter. C'était aussi une des raisons à mon rôle limitée de mère au foyer : qui que j'épouse, la condition numéro un était un compte en banque plus que confortable, en plus d'une bonne réputation. Je n'étais pas certaine que l'audace et la volonté suffise dans mon cas. Même si je prenais la fuite, je n'avais aucun doute sur le fait que mes parents me retrouveraient pour me remettre à ma place, ou pire. J'étais la seule héritière de la famille, il était crucial que le nom perpétue, même par alliance. On me l'avait assez répété durant toute mon enfance. Je n'avais pas le choix. Pour leur plus grand malheur, j'étais leur seule solution. C'était quelque chose qu'Aleksei ne pouvait peut-être pas comprendre. Il n'était pas enfant unique et d'après ce que j'avais compris, ses parents étaient loin d'être comme les miens, même si la pureté de son sang n'était pas à remettre en cause. Je me contentais de hausser les épaules en faisant la moue, comme si je doutais de ses propos. Mieux valait ne pas s'attarder sur le sujet.

Tout était compliqué même si Aleksei rendait les choses beaucoup plus faciles à vivre. J'avais envie de parler d'Octavus, ou du moins, qu'il m'en parle, lui. Mais en même temps, je craignais de n'en dévoiler trop. J'avais peur de trahir mon ancien fiancé en faisant une confidence malencontreuse à son meilleur ami. Je préférais m'attarder alors sur le jeune russe, sujet de conversation qui était tout aussi plaisant. Il était drôle, ses histoires l'étaient aussi. Et même s'il brillait par son humour et son côté décalé, il ne faisait nul doute qu'il était intelligent. Pour en être là où il était à l'âge qu'il avait, il fallait sacrément se démarquer. Je pouvais comprendre son intérêt pour le duel, c'était un art qui était assez plaisant. J'avouais que, même si je savais conserver un calme froid et olympien, je n'avais aucun scrupule à user de ma baguette pour me faire respectée parfois. Ou juste pour passer mes nerfs, c'était moins glorieux je le concevais. Et Murdoch quant à elle, pouvait témoigner. Cette fille ne saurait jamais pourquoi elle avait été la victime d'un sort malheureux en octobre dernier. J'avais voulu lui dire cent fois pourtant. Je ris légèrement en me remémorant l'attaque du jeune russe en kilt sur les deux moldus. Effectivement, il avait été d'une rapidité incroyable, ne s'était pas fait le souci qu'avait ressenti Octavus devant son imprudence. De manière générale, Aleksei avait l'air de se poser moins de questions que le brun. Et ne devait sans doute pas se mettre autant de barrières non plus. Octavus avait soulevé beaucoup de raisons, d'interdits moraux, qui faisaient que nous ne pouvions décemment pas être ensemble et ce malgré nos fiançailles. Je comprenais seulement maintenant que toutes ces explications n'étaient qu'un moyen dérober de dire qu'il préférait à choisir ne pas être avec moi. Mais c'était dans sa nature de se blâmer pour les conséquences de ses actes. J'étais certaine qu'encore aujourd'hui, une part de lui regrettait son geste, juste parce qu'il se sentait toujours responsable envers moi. Heureusement pour lui, la liberté était plus savoureuse que la culpabilité.

Je m'en voulais de ne pas parvenir à réfléchir à autre chose qu'à lui alors que je savourais ce caviar russe en si bonne compagnie. J'aurais aimé pouvoir parler de tout et de rien, rire encore à gorge déployée au nez des autres clients. Mes tourments me rattrapaient, il ne quittait pas mes pensées. Je me remis à parler de lui sans même m'en apercevoir. Ça devenait vraiment inquiétant. Peut-être qu'il avait finalement réussir à me rendre folle pour de bon. Ce ne fut qu'en entendant le son de ma propre voix que je réalisais ma confidence, je décidais alors de la terminer par une pointe d'humour pour rendre le tout moins dramatique. Ça l'était pourtant au fond. Aleksei ne dit rien, je me demandais si j'avais fini par réussir à le mettre mal à l'aise. Sa position n'était pas facile. Il avait beau être un soutien inespéré dans cette histoire, il restait un réel frère pour Octavus. Lui aussi devait se sentir partagé. Je ne retins pas un petit rire assez attristé en entendant sa réponse, il se mêla au sien même si ce n'était pas pour la même raison, ni sur la même tonalité. C'était totalement la vérité. Et c'était bien pourquoi il fallait que l'écossais rentre en Russie. Parce qu'il allait finir par se perdre totalement si loin de cette vie pour laquelle il s'était battu. Je n'étais pas prête à le sacrifier lui, même si je savais qu'il serait capable de le faire, pour moi ou pour l'honneur. Je l'espérais en tout cas, c'était effrayant de savoir que la plus mauvaise partie de mon être serait capable de le pousser aux remords pour le récupérer. La cage d'Octavus, c'était son nom. McKenna. En suivant cette métaphore, j'imaginais que j'en étais la serrure. Je pouvais le condamner aussi bien que le laisser partir. Ça ne tenait qu'à moi. C'était une responsabilité trop grande, j'allais devoir être sacrément forte, en apparences en tout cas, pour poursuivre mes bonnes résolutions.

«- Oui j'ai bien remarqué. C'est pour ça qu'il aurait fallu que tu le pousses à rester.»

Je savais qu'au fond, même si Aleksei avait tout tenté, Octavus n'aurait tout de même fait que ce qu'il voulait. Il ne recevait d'ordre que d'un seul homme et ça ne lui était jamais bénéfique. J'attrapais mon verre et repris une gorgée de vin, reposant ma cuillère. J'avais soudainement l'estomac bien trop noué pour continuer de manger, j'espérais que ça ne soit que passager. Il m'imita avant de répondre à ma question, j'avouais que la réponse était plus ou moins déjà connue. En voyant leur attitude l'un envers l'autre, il était plus qu'évident que les deux acolytes n'étaient pas habitués à passer autant de temps séparés. Je restais silencieuse quelques secondes. Les mots d'Aleksei auraient pu être les miens. Je me retrouvais totalement dans cette déclaration. Même si la réciproque n'était pas de mise, j'avais toujours considéré Octavus comme mon meilleur ami. Le fait qu'il soit le seul y était certainement pour grand chose. Mes yeux étaient plongés dans le bleu de ceux d'Aleksei. Pour le coup, j'étais légèrement déstabilisée. Il ne devait pas comprendre que, justement, son bonheur était ailleurs, loin de moi. Que j'étais celle qui n'était personne pour le retenir et qu'il était celui dont notre brun avait besoin. Je fus presque soulagée de le voir rajouter quelque chose parce qu'après ça, je ne savais plus quoi dire. Je voulais acquiescer dans son sens, je ne savais juste pas m'y prendre. Et puis, avouer tout haut que je renonçais à Octavus était un coup que je n'étais certainement pas prête à m'infliger. Tant que nous étions ici, à St-Petersburg, tout ceci me paraissait moins réel. Il ne me restait seulement que quelques heures d'illusions, je ne pouvais pas me les arracher. Je chassais les pensées quant à notre retour au Royaume-Uni, elles n'étaient pas de bonne augure. C'était une étape que je redoutais particulièrement. C'était drôle, après avoir tant pester contre son attitude distante, je comprenais finalement la répulsion de mon ancien promis à rentrer au pays. L'ironie du destin sans doute.

«- De toute évidence, maintenant il reviendra encore plus vite que tu ne le pensais. Il n'aurait même jamais du revenir... »

Octavus n'avait jamais caché le fait que pour lui, sa vie était ici. Même une fois marié, ce qui n'arriverait pas finalement, il avait certainement prévu notre aménagement dans la ville de son cœur. Et moi, dans ma bêtise d'une naïveté incomparable, je m'étais préparée à le suivre, avec impatience même. À croire que je me faisais un point d'honneur à briser tous les rêves imaginables que je pouvais avoir. Son rapprochement m'avait fait espéré trop de choses, j'avais cru que tout était possible. Que nous soyons ensemble, qu'il apprenne enfin à m'accepter. À m'aimer aussi, c'était dire l'utopie. S'il était restait à des milliers de kilomètres de moi, je ne serais peut-être tomber encore plus sous son charme.

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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Lun 23 Juin - 17:53

I know it all ends tomorrow, so it has to be today.
Ashly Lorenzana ▽ Never try to do anything that is outside of who you are. A forced smile is a sign of what feels wrong in your heart, so recognize it when it happens. Living a lie will reduce you to one.  
Je me sentais brusquement envahi de tristesse de la voir si abattue, comme si malgré tous mes encouragements, elle resterait toujours prisonnière de sa famille. Je ne pouvais pas prétendre comprendre ce qu’elle ressentait. Pas totalement du moins. Si j’étais né dans un contexte similaire, l’attitude et les mentalités de mes parents s’avéraient bien loin du sang pur traditionnel. En dehors de notre volonté de conserver notre sang supérieur, une espèce en voie de disparition dans le monde magique, nous n’avions pas grand-chose en commun avec des McKenna ou des Bateson. Mes parents n’auraient jamais insisté pour me marier de force à quelqu’un que je ne connaissais même pas. Ils auraient pu, puisqu’à trente ans, j’étais toujours désespérément célibataire. Mais mon bonheur leur importait avant tout. Bien sûr, le fait qu’Aleksandra se marie prochainement et perpétue par alliance notre lignée avait permis de relativiser ma solitude. Je n’ajoutais rien sur le sujet, préférant la sortir de ses pensées déprimantes. Je lui parlais de moi, un peu. J’avais dans l’idée qu’elle m’avait déjà un peu cerné. Je n’étais pas un homme particulièrement compliqué, surtout pas comparé à mon meilleur ami. Cela devait donc être vrai que les contraires s’attiraient. Octavus et moi étions dissemblables et pourtant très bien assortis. Aloisia et lui étaient comme des aimants aux polarités inversées, j’étais sûr qu’en d’autres circonstances, ils se seraient plu. Mais il y avait tellement de non-dits et d’obstacles entre eux que rien ne semblaient possibles. J’avais parfois envie de les prendre en face à face et de balancer tous les secrets que j’avais devinés dont l’autre n’avait pas la moindre idée. Ils ne partaient pas sur une base saine, mais ça ne voulait pas dire qu’ils ne pouvaient pas construire quelque chose de beau malgré tout. J’étais prêt à parier qu’Octavus se moquait bien maintenant que ce soit la fiancée que son père lui ait choisie. Il avait rompu ces fiançailles arrangées, et en laissant faire le temps, qui pouvait savoir comment leur relation pouvait tourner. Bien sûr, pour cela, encore aurait-il fallu qu’Aloisia lui laisse une chance au lieu de couper tout contact. J’étais presque tenté de les emprisonner en Russie parce que je me doutais qu’une fois retournés dans leur école, ils ne s’adresseraient plus la parole.

Pourtant, pour quelqu’un décidée à autant l’ignorer, elle pensait vraiment beaucoup à lui. Visiblement, son plan n’était pas aussi infaillible qu’elle le pensait. Et lui prenait beaucoup de peines pour s’assurer qu’elle aurait malgré tout un séjour un minimum agréable à St Peterburg. Octavus lui facilitait simplement la tâche en se retirant de l’équation. Il respectait sa volonté, une attitude qui ne lui ressemblait pas. Ce n’était pas le genre à s’effacer quand il voulait quelque chose. Je ne pensais pourtant pas avoir mal interprété la tendresse qu’il avait pour Aloisia. Bien sûr, elle le rendait folle autant qu’il pouvait l’apprécier. Mais c’était le lot de toutes les relations. Nous semblions plus similaires que l’autre le pensait à première vue. Aloisia semblait prête à se sacrifier pour qu’Octavus soit heureux, un sentiment que je pouvais en partie comprendre. Je pensais entrevoir l’explication à son rejet catégorique de prolonger toute forme de communication avec le brun. Elle tenait plus à lui qu’à son propre futur. C’était un sentiment assez noble, quelque chose qui avait poussé Octavus à rester fiancé à une enfant pendant douze ans. J’avais bien décidé de lui changer les idées, mais ses questions revenaient inlassablement sur le brun et je me sentais incapable de mentir. Elle devait suffisamment le connaître pour prévoir un minimum ses réactions. Son rire légèrement abattu me fit de la peine. Elle était encore si jeune. Elle aurait dû se préoccuper des garçons, de quoi mettre pour les séduire et pas d’un homme du double de son âge qu’elle aurait dû épouser. Après le mariage venait l’étape suivante logique. Imaginer Octavus père me semblait inconvenant. Je savais qu’il avait toujours détesté les enfants, même s’il le cachait assez bien. Il n’en voulait pas, un point sur lequel nous étions d’accord. Un enfant serait une prison supplémentaire qui empêcherait de partir si l’envie nous en prenait.

Sa réponse me fit sourire de façon amère. Peut-être lui obéissait-il à elle, mais certainement pas à moi. Je parvenais parfois à l’avoir à l’usure, parce que je soupçonnais qu’il avait fini par voir un certain intérêt à m’accompagner dans mes frasques, mais il s’agissait uniquement de décisions stupides et éphémères, certainement rien d’aussi important que son avenir. « Si tu as encore des illusions sur le fait qu’il obéit à quiconque autre que lui-même, tu te trompes. Quand il lui arrive de céder, c’est parce qu’il a fini par y voir un avantage personnel et certainement pas parce qu’il en a marre de se faire solliciter. » Il m’avait parlé de cette gamine qui lui faisait des avances et j’étais persuadé qu’il ne se passerait absolument rien s’il ne le voulait pas. Octavus pouvait être fatigué voire énervé par les avances continuelles, mais il ne cédait jamais pour qu’on le laisse tranquille. Elle semblait beaucoup plus morose soudainement. Je n’aurais pas dû me montrer aussi franc. Mes mots l’avaient touchée, c’était évident. Décidément, la soirée prenait un tournant qui ne me plaisait pas. Octavus était un sujet de conversation bien malhabile. Ma question rhétorique sembla la plonger dans ses réflexions personnelles. Aloisia n’avait pas exactement réagi comme je l’avais espéré devant ma réplique un peu polémique. Elle n’avait fait qu’acquiescer. L’avais-je mal jugée ? Se pouvait-il qu’elle se moque qu’il reparte en Russie et ne la vois plus jamais ? Évidemment, avant septembre, elle avait été habituée à ce comportement. Ça n’avait donc rien d’étonnant à ce qu’elle puisse être indifférente au retour du statut quo. Ou bien, agissait-elle aussi pour le bonheur d’Octavus ? J’en étais de plus en plus convaincu maintenant. Elle était tellement focalisée sur les aspects négatifs qu’elle en oubliait tous les bons moments qu’ils avaient forcément dû passer ensemble.

Toutefois, Aloisia n'avait pas tort. Octavus n'avait plus aucune raison de rester en toute logique, si ce n'était sa conscience professionnelle. Il ne partirait pas en plein milieu d'année scolaire, s'il démissionnait, ce serait uniquement pour revenir en Russie durant l'été. Pourtant, même s'il avait annoncé clairement la rupture de toute relation avec Aloisia, il n'avait pas pour autant discuté de son retour, à moins qu’il se soit tu sur ce point. S’il avait parlé de reprendre son ancien poste, il n’en avait pas du tout discuté avec moi. Je me demandais bien quelles obscures motivations pouvaient le pousser à rester aussi secret. Je commençais de penser qu’il n’y avait peut-être pas qu’Aloisia qui s’avérait être un problème pour lui. Il n’avait pas mentionné une seule fois son père depuis qu’il était retourné dans son pays natal. Ça pouvait être bon signe ou au contraire une manifestation que le vieux préparait un mauvais coup. Ça n’aurait rien eu d’étonnant. Mais puisqu’Octavus était déjà fiancé, je ne voyais vraiment pas quelle autre machination tordue le vieux McKenna avait pu inventer pour contrôler son fils unique. Je ne comprenais plus du tout. Qu'est ce qui le retenait ? Ces inquiétudes, je m’interdisais de les partager avec Aloisia. Elle était beaucoup trop jeune et surtout déjà bien assez préoccupée par ses propres démons pour que je lui implante des craintes supplémentaires dans la tête. Je me contentais juste de rajouter « je n’en pas si sûr… » Nous verrions rapidement lequel de nous deux avait raison de toute évidence. En entendant son ton défaitiste, je ne pus plus me taire. Pensait-elle vraiment qu’il aurait mieux fait de rester ici ? Et si oui, était-ce parce que de cette façon ils seraient encore fiancés, ou pour une autre raison ? J’étais incapable de garder ma langue plus longtemps. Je pris une gorgée de vin avant d’avouer la raison initiale du départ d’Octavus. « Tu sais, il est venu en Écosse pour toi, du moins c'est ce qu'il m'a dit. Il avait une raison de revenir. » Ça ne tenait qu'à elle qu'il ait envie de rester... Le secret était avoué. Je me demandais si elle s’en était douté, si elle avait pensé Octavus incapable d’agir de façon noble. Je l’examinais attentivement, tenter de déceler une réaction. Octavus avait peut-être menti en utilisant ce prétexte, ça n’avait plus d’importance. Je me doutais que de toute façon, la rousse n’irait pas lui jeter au visage cette confidence. Il n’y avait plus rien à dire entre eux. Je finis mon entrée après cette confession pour lui laisser le temps de réfléchir à la portée de mes mots. J’aperçus la serveuse du coin de l’œil, mais incapable de savoir si Aloisia comptait finir ou non son caviar, j’attendis.





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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Lun 23 Juin - 23:15

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
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Nous étions là, tous les deux, les deux personnes qui aimaient certainement le plus au monde Octavus, sa mère mise à part. Et aucun de nous ne pouvait faire quoi que ce soit pour le rendre heureux. Du moins, pas immédiatement. Tout ce que je pouvais faire, je le ferais. Je m'effacerais, disparaîtrais de sa vie pour être certaine de le laisser partir. Le petit sourire d'Aleksei me fit comprendre que même s'il l'avait voulu, et certainement qu'il le voulait en un sens, il ne pouvait pas retenir Octavus. Pour des raisons diverses et variées, l'une d'entre elle étant l'obstination du brun. J'étais bien placée pour savoir qu'il ne pliait jamais, en tout cas, je n'avais jamais réussi à le faire changer d'avis. Quoi que, j'avais trouvé le moyen de le faire plier sur un point. Malgré toutes ses réticences et ses à priori, nous avions fini par coucher ensemble. Il fallait dire que j'avais tout fait pour. J'étais certaine de ne pas regretter cet acte, je ne savais pas ce qu'il en était de lui. Y avait-il trouvé un avantage personnel, comme le racontait son meilleur ami ? C'était encore le mieux qui pouvait expliquer son lâché prise, une envie subite d'une relation charnelle. Qu'il le fasse par pitié ou comme cadeau d'adieu aurait été insupportable. Cette pensée était assez risible puisque j'avais envisagé un bref instant la possibilité qu'il m'avait laissé sur le balcon le soir du nouvel an. De rester avec moi juste pour éviter une vie encore pire. Donc rester avec moi par pitié. De toute évidence, j'avais encore de la fierté puisque je n'avais pas accepté, c'était déjà ça. Je ne pouvais pas le retenir, je n'en avais pas le droit. Je n'étais personne, si ce n'était la gamine que son père avait décidé de lui coller comme épouse. C'était encore le seul être donc qu'il écoutait, son paternel, cet homme qui, je le savais, il détestait tant. Même s'il ne me l'avait jamais dit de vive voix, la tension entre père et fils était palpable. C'était encore différent de la relation que j'entretenais avec ma mère, je ne pouvais pas dire par contre si c'était en mieux ou en pire. En rompant nos fiançailles, il avait pour la première fois fait un pas contre l'autorité paternel, même si ce n'était pas publiquement encore. En y pensant, je craignais la réaction du patriarche McKenna autant que celle de mes propres parents.

«- Tu as raison, il n'écoute pas grand monde. Je suis déçue, moi qui pensait que personne ne pouvait te dire non. »

Je lui souris légèrement, ayant pourtant conscience que ça ne devait pas rendre l'atmosphère moins dramatique. Je devais avouer que je m'en voulais un peu. Aleksei avait cherché par tous les moyens de me changer les idées, était un compagnon d'un soir parfait alors que moi, je ne faisais qu'assombrir sa soirée avec mes pensées noires. Mais honnêtement, je ne le faisais pas exprès. C'était inévitable, ma tête était en proie avec le problème Octavus constamment, elle me rappelait très vite à l'ordre. Penser que ne plus le voir du tout allait arranger les choses était vain, c'était certain. Ça n'arrangerait rien, ça ne ferait qu'éviter d'empirer la situation. Continuer de passer du temps avec lui, devenir amis comme il le voulait, tout ça ne ferait que me faire plus de mal encore. Parce que c'était inévitable, j'allais retrouver espoir à ses côtés et oublier une nouvelle fois que rien de tout ça n'était possible. Je ne pouvais pas être avec lui, ce n'était pas ce qu'il voulait. Cela faisait bien longtemps que j'imaginais notre future relation dans une vision plus grande que la seule alliance de nos familles. Je ne pensais pas aux Bateson, ni même aux McKenna, mais juste à lui et à moi. Ça n'avait été qu'un accord, une transaction, sans que personne ne vienne nous demander notre avis. Et c'était bien là le problème, parce que même si j'avais réussi à trouver un moyen de l'intéresser, il se serait toujours refusé plus puisque je restais le choix d'un autre. Plus j'y pensais et moins je voyais de fin heureuse, pour ce qui me concernait en tout cas. J'espérais juste que la tristesse serait remplacée par la colère, c'était bien plus simple à gérer. Je pourrais encore utiliser tous mes ressentiments pour l'ignorer, faire comme s'il n'avait aucune importance à mes yeux. Tenir jusqu'à la fin de l'année scolaire puisqu'après ça, je ne doutais pas qu'il repartirait pour la Russie. Il avait gardé son appartement après tout, et la soirée au ministère m'avait bien fait comprendre que son poste l'attendait encore. Aleksei semblait douter de ce fait, j'en étais étonnée. Je m'étais imaginée qu'Octavus lui avait confié son besoin de revenir auprès des siens, ici, maintenant que je n'étais plus un problème. De toute évidence, ce n'était pas le cas.

«- Un mal pour un bien, s'il reste plus au Royaume-Uni, tu seras peut-être obligé de venir lui rendre visite. »

Je lui fis un clin d'oeil qui se voulait complice alors que j'avais évité de dire «de nous rendre visite ». J'aurais adoré revoir Aleksei un jour, il était facile de s'attacher au blondinet à l'humour implacable. Mais outre son côté joyeux, s'était le fait de me sentir à l'aise en sa compagnie qui allait me manquer. Comme s'il se souciait vraiment de moi, qu'il pouvait me comprendre, me soutenir. C'était certainement parce qu'il avait été là, ce jour-là dans cette ruelle pluvieuse, ou encore parce qu'il avait vu mon malaise et avait tout fait pour le faire disparaître à ma découverte du visage de sa sœur. Ce n'était pas les seuls souvenirs que je voulais qu'il garde de moi. Je n'étais pas que ça, une fille constamment en plein cœur de mélodrames. Je savais rire, je savais plaisantais aussi. Il allait falloir que je renverse la donne, que le reste de notre soirée se passe sur une touche moins morose. Je ne parvins pourtant pas à rester sur cette idée-là lorsque le jeune russe se remit à parler. Il venait d'avouer qu'Octavus était revenu chez nous, pour moi. C'était quelque chose que j'avais voulu croire de tout mon cœur avant d'ouvrir les yeux, me dire que c'était tout bonnement impossible. Je le regardais, interdite, choquée par cette révélation. Je ne pouvais pas croire que le brun avait quitté son paradis juste pour me rejoindre. Quel intérêt y trouvait-il ? Lui qui ne faisait jamais rien sans y trouver son compte. Avait-il vraiment essayé de m'accepter avant de prendre cette décision irrémédiable ? Notre relation avait effectivement pris un tournant inattendu grâce à son retour et je n'avais pas toujours fait les choses bien. Savoir qu'il avait peut-être réellement considérer un avenir commun avant de comprendre qu'il ne me voulait pas à ses côtés était douloureux. Je savais que j'avais fait des erreurs, je mesurais maintenant le coût qu'elles avaient. J'imaginais que les secondes avaient défilé depuis la révélation d'Aleksei. La serveuse finit par s'emparer de son assiette et sa présence me força à sortir de ma torpeur. J'attrapais machinalement mon verre, comme pour me redonner contenance alors que je la remerciais de nous débarrasser de nos entrées. Une gorgée de vin plus tard, je tournais à nouveau la tête vers lui pour lui sourire.

«- J'imagine que j'ai du le faire changer d'avis alors. »

Je reposais mon verre sur la table, passait une main distraite sur mes cheveux, me rendant compte qu'ils étaient attachés. Je me remettais difficilement de cette confession. Octavus ne me l'avait jamais dit, cela aurait peut-être changé les choses. C'était un grand problème entre nous : nous ne savions pas nous parler. J'avais la très nette impression de m'être toujours plus dévoilée que lui. Je lui avais dit que je voulais être avec lui, le découvrir, partager des choses en dehors de nos obligations familiales. J'avais été jalouse, lui avait montré mon attachement, là où il avait du mal à dire qu'il voulait que je reste ne serait-ce que pour une nuit. J'attendais sûrement trop de lui. Il ne me disait rien parce qu'il n'avait rien à me dire, voilà tout. Je n'avais pas eu besoin de lui dire que je l'aimais pour qu'il le comprenne malheureusement. Il savait lire en moi, les mots n'étaient pas nécessaires. Mais le contraire n'était pas vrai, je ne savais plus comment comprendre Octavus. J'avais cru le connaître, mais j'avais eu tort. Aleksei ne devait pas se rendre compte de la situation. C'était son meilleur ami qui m'avait quitté, c'était sa décision à lui et je ne faisais que me forcer à suivre son souhait. J'acceptais même de continuer de jouer les fiancées pour préserver son secret. J'allais finir par y laisser ma santé mentale, mais je le faisais. Ça n'était que torture supplémentaire de me dire que tout ce temps passé avec moi n'avait été qu'un essai en un sens pour confirmer ce qu'il savait déjà : mon ancien fiancé n'avait jamais pu vraiment envisager de m'aimer. Je desserrais finalement les lèvres après m'être rendue compte que je fermais étroitement la bouche depuis un moment. La soirée ne faisait que commencer, nous ne pouvions pas rester sur ce sujet, sinon je n'allais pas tenir le coup. Je souris en prenant une énième gorgée de vin avant de déclarer plus joyeusement et de manière totalement imprévue:

«- Mais au fait, tu aimes les ballets ou tu vas devoir te forcer pour me faire plaisir ? Ça n'est pas exactement les mêmes danseuses qu'au club où tu nous as emmené tu sais ! »

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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mer 25 Juin - 17:31

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« Navré de te décevoir, même moi, je ne suis pas infaillible. » Eh non, je n’obtenais pas toujours gain de cause. Et puis, je préférais choisir avec soin mes batailles. Ça me donnait plus de poids. Et puis elle avait raison, il y avait bien quelques avantages à ce qu’il habite à l’étranger, en particulier le fait que je voyage pour lui rendre visite. Obtenir des portoloins n’était pas un problème vu mon poste. A sa suggestion, qui m’avait par ailleurs déjà effleuré l’esprit à quelques reprises, je souris. Elle ne croyait pas si bien dire. « Les grands esprits se rencontrent. J’y ai déjà pensé en fait. » Au début, c’était surtout par curiosité de rencontrer la fameuse Aloisia, alors qu’il n’avait pas encore pris la décision de l’inviter à passer une partie des vacances avec lui ici en Russie. Octavus avait bien évidemment refusé tout net que je tente de mettre un pied en Écosse. Son choix de mots ne m’échappa pas. Croyait-elle vraiment que je l’éviterais ? Il n’y aurait pas qu’à lui que je rendrais visite quelle que soit la conjoncture durant laquelle se déroulerait ma visite par ailleurs. J’espérais évidemment que lorsque j’arriverais, ils se seraient déjà réconciliés, mais si ce n’était pas le cas, j’agirais pour les rapprocher. Ça ne devrait pas être si difficile quand même. Si c’était le cas, j’insisterais pour que mon meilleur ami invite Aloisia. De toute façon, même s’ils n’étaient plus fiancés, ils devaient toujours faire croire au monde qu’ils l’étaient. Personne ne serait donc choqué de nous apercevoir tous les trois. Et je comptais bien utiliser ce prétexte au besoin. Je ne laissais aller aux confidences. Même si le sujet était intimement lié au brun, il n’était pas spécifiquement mentionné. « J’ai toujours voulu découvrir l’Écosse. Tu pourras me faire visiter. » Avec cette dernière réplique, je comptais bien lui faire comprendre implicitement que je ne la lâcherais pas. Et je ne serais pas contre correspondre avec elle durant l’année, sous un prétexte quelconque si cela pouvait alléger sa conscience, son apprentissage du russe par exemple. Je ne voulais pas qu’elle doute une seconde du fait que je la snoberais si jamais je me rendais réellement en Angleterre. J’étais même très tenté de m’y rendre le plus rapidement possible. Je connaissais Londres évidemment, surtout sa vie nocturne, mais les paysages d’Écosse pas du tout. Je n’avais jamais passé du temps dans le manoir des McKenna. Je comprenais pourquoi Octavus préférait me cacher à son père et inversement d’ailleurs.

Finalement incapable de tenir plus longtemps ma langue, j’ouvrai la bouche pour dire quelque chose que j’aurais peut-être mieux fait de taire. J’aurais tout le temps d’y réfléchir avec le recul. Sa réaction fut à la hauteur de mes espérances et en même temps, j’étais presque tenté de rire. Comment pouvait-elle être aussi surprise par l’évidence même ? Je n’avais jamais rencontré quelqu’un d’aussi aveuglé. Aloisia aurait bien eu besoin d’avoir une amie fille qui lui explique deux-trois trucs sur nous les hommes. Je gardais le silence à la suite de ma confession. J’attendais de voir comment elle allait réagir vocalement. Je voyais presque les rouages de son cerveau se mettre en action. J’espérais qu’elle allait en tirer une conclusion positive et pas au contraire retomber dans son fatalisme naturel. La serveuse finit par s’avancer vers nous et débarrassa nos entrées, brisant un flottement légèrement gênant. Je restais silencieux, les yeux baissés sur la nappe. Je n’aurais peut-être pas dû avouer ça. Elle allait sans doute se sentir encore plus coupable à l’idée d’avoir réussi à le faire totalement changer d’avis sur la question. et en effet, ce fut ce qui arriva. Elle se sentit encore plus coupable et j’étouffais un soupir de découragement. Je n’ajoutais rien à son observation. J’abandonnais la partie. Elle était désespérante, autant qu’Octavus dans ce domaine là. Deux têtes de mules qui ne voyaient pas plus loin que leurs pires craintes. Elle était ailleurs et j’hésitais sur la conduite à tenir, lui changer les idées ou la laisser quelques minutes en paix. Ne sachant pas quoi dire, j’optais pour m’emparer de mon verre et y tremper les lèvres. Si je buvais, je ne pouvais pas parler. Mais je continuais en revanche de l’observer attentivement du coin de l’œil, utilisant l’excuse d’observer l’aquarium situé face à notre table.

Le moment où elle reprit pied fut clairement visible. Elle tenta de s’animer de nouveau et je ne cherchais pas à savoir si elle jouait la comédie ou non. Le changement de conversation ne me prit pas entièrement par surprise. Si Aloisia ne s’en était pas chargée, je l’aurais fait. J’en avais bien assez dit pour le moment. Je ne pouvais cependant pas promettre de ne pas y revenir avant que je la quitte. Mais pour le moment, je me focalisais uniquement sur sa question. Les ballets. Cela pouvait sembler étrange pour un homme d’apprécier autant un divertissement généralement réservé avant tout à la gent féminine. D’autant plus que je n’avais pas l’excuse d’avoir une épouse ou petite amie pour m’accompagner aux représentations. Devant sa comparaison avec le type de danseuses dont nous avions pu admirer les prouesses hier soir, je me mis à sourire. « Ne t’inquiète pas, je ne suis en aucun cas forcé. Je vais très régulièrement à l’opéra. J’apprécie aussi ce genre de loisirs. » Ça n’en avait peut-être pas l’air puisque j’aimais faire la fête, mais j’étais né dans une famille porté sur les activités artistiques. Au départ, j’avais trouvé ça ennuyeux, mais au fil des années, l’effort et les sacrifices demandés par ces pas de danse avaient fini par m’hypnotiser. Et combien de fois avais-je dû accepter d’accompagner Aleksandra à l’Opéra avant que Dimitri se charge de cela pour moi ? Mais aussi bizarre que cela puisse paraître, j’avais fini par y prendre goût. Octavus n’avait pas mis très longtemps à se laisser convaincre de m’accompagner. C’était d’ailleurs grâce à moi qu’il avait obtenu ces billets puisque j’avais un abonnement annuel, mais je me tus avant de prononcer de nouveau ce nom maudit. « Et puis  tu sais, les ballerines sont d’une souplesse tout à fait admirable, elles aussi. » J’eus un sourire en coin. J’avais pu m’en rendre compte lors de deux ou trois occasions. Il m’était arrivé de sortir avec une danseuse de l’Opéra. Ça n’avait pas duré longtemps évidemment, mais pour des raisons différentes d’ordinaire. Les artistes étaient des personnes dans leur propre monde, exigeantes et toutes dévouées à leur art. Moi j’étais tout dévoué à mon plaisir. Bref, nous avions été chacun trop focalisé sur nous pour se préoccuper de l’autre. Je n’étais vraiment pas compatible avec ce genre de mentalité.

« Mais toi, tu as déjà eu la chance d’aller à l’Opéra ou c’est la première fois ? » Je n’étais pas très sûr de ce que le brun m’avait dit à ce sujet. Je serais étonné que les Bateson ne soient pas du genre à sortir se montrer, mais évidemment le ballet n’était pas une institution en Angleterre, comme cela l’était chez nous. Je me demandais bien quel genre d’activités occupaient leurs riches sangs pur ? D’après le peu que j’avais appris d’Aloisia, elle n’avait pas l’air de sortir très souvent. C’était vraiment triste. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi ses parents la coupaient du monde comme ça. Certes, elle était déjà fiancée, mais ça n’était pas une raison pour tenter de former de nouvelles alliances avec d’autres maisons. La serveuse revint vers nous sur ces entrefaites, apportant nos plats. J’espérais qu’elle allait oublier totalement ce que j’avais dit et se préoccuper uniquement du repas. « паста Балтийского. » Je fis un signe de la main pour indiquer la rousse et retrouvais ensuite ma propre assiette avant qu'elle ne tourne les talons. Aloisia ne pouvait pas voir la vodka, mais elle allait peut-être la goûter. « Alors, à ton avis, qu’est ce que tu vas manger ? Devine les ingrédients. » Si elle s’y connaissait en poissons, elle découvrirait rapidement ce que ses tagliatelles contenaient. Je pris un air mystérieux, tout en gesticulant comme un enfant, impatient d’entendre ses réponses. J’espérais qu’elle allait aimer. Je ne savais pas du tout quelles spécialités elle avait eu l’occasion de déguster depuis qu’elle était arrivée. J’avais opté pour un plat plus saignant pour ma part. Ça ne me gênait pas du tout de passer du poisson à la viande et j'avais besoin d'un peu plus de calories pour tenir la boisson, non pas que je comptais recommencer comme hier soir, sauf si elle demandait gentiment bien sûr.


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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Ven 4 Juil - 13:46

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
Walking with a friend in the dark is better than walking alone in the light.



Aleksei & Aloisia



Je lui souris en hochant la tête, pour confirmer que je le ferais avec joie. Et ce n'était pas vraiment là un mensonge puisque, vraiment, j'aimerais beaucoup pouvoir avoir la chance un jour de lui faire découvrir mon pays. C'était juste que je doutais en avoir seulement un jour la possibilité. Même si je ne remettais pas la parole d'Aleksei en jeu, mon retour au Royaume-Uni renverserait la donne. Tout deviendrait plus concret. Octavus n'aurait plus l'impression de m'être si redevable une fois là-bas, il réalisera pleinement l'effet de notre rupture et profitera de sa liberté fraîchement acquise. Son meilleur ami ne pourra que se réjouir pour lui, même si je savais qu'il m'appréciait, et c'était réciproque, il oubliera bien vite tout cela une fois le bonheur du brun vu. Il irait lui rendre visite, c'était certain, et ensemble, ils profiteraient des nuits londoniennes. Cette pensée me serra le cœur. J'avais vu l'étendu des effets que pouvaient provoquer mon ancien fiancé sans même en rechercher l'attention. Dès lors qu'il partirait réellement «en chasse», je ne pouvais que craindre le pire. Si la gente féminine de Poudlard l’apprenait, elle serait en joie. Murdoch en tête de liste. Ma jalousie était stupide, encore plus que précédemment. Il ne me devait plus rien, et j'apprenais maintenant qu'encore plus, il avait tout tenté pour me laisser une chance. J'étais définitivement la seule à blâmer dans cette histoire. J'allais devoir trouver un moyen de lui en vouloir de quelque chose, je préférais vraiment devoir gérer ma colère plutôt que toute cette culpabilité. Le seul problème était que je ne pouvais rien lui reprocher. Il n'avait jamais commis d'impairs, avait toujours été parfait même s'il en doutait. Ça n'aidait vraiment pas. Dans tous les cas, ce n'était pas sur Aleksei que je devais reporter toute ma morosité et mes craintes. Même si je ne doutais pas une minute qu'il m'offrirait une épaule sur laquelle pleurait, je ne voulais pas que ma dernière nuit en Russie se résume à des larmoiements de ma part.

Nous n'étions pas vraiment que tous les deux à table, Octavus était l'invité invisible de ce repas. Il fallait détourner la conversation le plus possible pour l'éloigner de mes pensées, ça n'arrangeait pas les choses de penser à lui malheureusement. J'enchaînais alors sur les ballets, après tout, c'était la raison initiale de cette soirée. J'irais voir un ballet puisque j'en avais fait la demande, être accompagnée du blondinet n'était pas un prix de consolation à mes yeux. Il avait l'art et la manière de rendre l'ambiance toujours plus légère, une qualité indispensable après tout ce qui était arrivé. Et puis, il ne me voyait pas comme une enfant, ni comme une prison, ce n'était pas négligeable non plus. La preuve était qu'il n'avait eu aucun scrupule à me faire rentrer dans ce club après la soirée du jour de l'an chez lui. Ni même à trinquer avec moi. Son sourire à ma remarque m'en arracha un autre. Décidément, Aleksei était l'archétype même de l'homme qui savait profiter des plaisirs qu'offrait la vie. Il était ce fêtard invétéré, toujours prêt à faire n'importe quoi pour amuser la galerie, mais aussi ce gentleman habitué des sorties plus pompeuses et connaisseur des protocoles. La pureté de son sang ne faisait aucun doute, même s'il n'avait probablement pas les mêmes obligations que nous. En Angleterre, vu son rang et la richesse qu'accompagnait son nom, il ne serait certainement pas célibataire. Sa seconde déclaration, accompagnée de ce petit sourire en coin me fit écarquiller les yeux. Étais-je en train de me faire des idées ou il m'avouait plus ou moins s'y connaître en matière de ballerine ? Ça n'aurait pas du m'étonner, il était vraiment incorrigible. Un petit rire m'échappa alors que je hochais la tête négativement, comme blasée d'en apprendre plus sur la liste de ses conquêtes certainement très longue.

«- Mais je n'en doute pas, tu dois t'y connaître en la matière. »

J'avais déjà été époustouflée par les prouesses physiques des danseuses exotiques, certainement que celles que je verrais à l'opéra seront tout aussi impressionnantes. Je n'étais jamais allée voir un ballet, c'était encore une première rendue possible par ce voyage. Même si j'avais dansé sur ordre de ma mère dans le but d'obtenir une certaine grâce qu'elle désespérait de me voir un jour avoir, je n'avais jamais assisté à ce genre de représentation. Mes parents n'avaient pas pris la peine de m'y amener, ça n'était de toute façon pas des sorties pour le plaisir à leurs yeux mais plus une question de travail, pour se faire des relations d'affaires et être vus dans le grand monde. J'étais parfois trimbalée à des dîners importants lorsqu'ils jugeaient ma présence requise. Mais étant promise au fils des McKenna depuis ma plus tendre enfance, ça n'arrivait pas souvent. La plupart des enfants de sang-pur se voyaient fiancés à d'autres grâce à ces rassemblements bourgeois, je n'en avais donc aucune utilité. Je me contentais de venir pour les plus importants, précisant bien mon indisponibilité pour que l'on me fiche la paix. Maintenant ça allait être différent. Quand la vérité éclatera, j'allais être traînée de soirées en soirées, ma mère ruminant et essayant de me dégoter le plus prestigieux célibataire qu'elle pourra étant données les circonstances. Ça n'allait vraiment pas être une partie de plaisir. Je repris mon verre en main avant de lui répondre :

«- Non jamais, vous allez avoir l'honneur extrême de partager cette découverte inédite pour moi en ma compagnie mon cher. »

Je lui fis un clin d'oeil appuyé, amusée par tant de cérémonie dans ma réponse. Autant tourner ça à l'amusement plutôt que de dire que j'étais retenue dans ma chambre surveillée par mes elfes de maison pendant les sorties de ce genre de mes parents. La serveuse revint, nous ramenant nos plats de consistance et à sa question, Aleksei lui indiqua ma personne, je la regardais alors poser devant moi une grande assiette en la remerciant en russe sans vraiment y penser. J'avais soudainement bien plus faim maintenant que nous avions à nouveau changé de sujet et que l'odeur de cuisine venait chatouiller mes narines. Le jeune Solokov semblait être ravi de son choix, je me demandais bien ce que pouvait cacher tout cette excitation. Il me demanda de deviner ce que j'allais manger et je me prêtais au jeu. J'attrapais mon assiette, l'approchais de mon visage pour la regarder en plissant les yeux, la tournant légèrement à droite, puis légèrement à gauche, comme aurait pu le faire un amateur de bon vin avant de goûter au produite. Je sentais l'odeur dans une longue inspiration théâtrale avant de reposer le plat et de plonger mes yeux amusés dans les siens.

«- Après une longue étude sur la question, je dirais que ce sont des pâtes. »

Je me retenais de rire, c'était bien sûr évidement et pas très difficile à constater. Je le faisais un peu languir, il avait tellement l'air impatient que cela en devenait suspect. Je jetais un autre œil, moins joué cette fois-ci, avant de saisir ma fourchette pour bouger un peu le contenu de mon assiette. Je pouvais déjà repérer le saumon, en bonne écossaise que j'étais ça n'était pas surprenant. Le plat semblait pourtant bien plus travaillé que de simples pâtes au saumon. Il y avait aussi des billes rouges et d'autres noires qui rendaient le tout encore plus inédit. Je ne doutais pas que ce soit une spécialité russe, Aleksei ne m'aurait jamais commandé quelque chose qui n'aurait pas représenté sa patrie.

«- A part le saumon, je ne suis pas sûre de pouvoir deviner le reste des ingrédients... ça va être une exploration à l'aveugle. J'ai peur. »

Je faisais semblant de claquer des dents avant de sourire. Je lui avais fait confiance pour commander mon plat, il ne semblait pas y avoir d'abricot caché sous les pâtes, alors j'allais goûter. J'entortillais des pâtes autour de ma fourchette et prenais enfin ma première bouchée. C'était évidemment très bon, d'une fraîcheur incroyable. Mais c'était aussi légèrement fort. Je fronçais des sourcils, surprise par cette sensation avant de regarder à nouveau l'homme assis à côté de moi. Il allait devoir me fournir des explications, je n'étais ni assez bonne cuisinière, ni détective, pour lui faire la liste des ingrédients. Je reprenais encore une bouchée, plutôt satisfaite de mon repas.

«- Tu as gagné, je donne ma langue au chat. Explique moi donc les mystères de mon assiette ! »




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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Sam 5 Juil - 18:03

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Au vu de sa réaction, Aloisia comprit exactement ce que je sous-entendais sur mes connaissances poussées des ballerines russes. Elle allait réellement penser que j’étais un vrai womanizer si ça continuait. Je ne faisais rien pour faire taire cette réputation en même temps. Elle et moi formions un parfait contraste dans ce domaine. Elle se mit à rire et je souris d’un air entendu. Il serait difficile de croire qu’Octavus avait échappé à cette tendance à prendre du bon temps à peu partout. Je me demandais souvent si elle se doutait qu’il était allé voir ailleurs durant leurs fiançailles. Je n’aurais jamais la réponse et ça n’avait plus grande importance maintenant qu’ils n’étaient plus ensemble. Préférant cesser les allusions, je lui demandais alors si elle avait déjà été à un ballet. Son ton grandiloquent me fit rire. J’avais du mal à associer cette facette d’Aloisia à la personne que j’avais en face de moi. Mais chacun de nous était double et je savais mieux que personne à quel point on pouvait changer selon son interlocuteur. Étais-je surpris qu’elle n’ait jamais assisté à un tel spectacle auparavant ? Évidemment. C’était comme si Aloisia avait été gardée derrière une vitre, exposée aux yeux du monde, mais malgré tout séparée de la vraie vie. Je me sentais triste à cette pensée. Personne ne méritait un tel sort. C’était à croire que ses parents ne l’aimaient que pour le prestige qu’elle pouvait leur apporter. Une situation qui n’était pas sans rappeler celle d’Octavus et de son père. Si j’avais encore eu le moindre doute sur la chance que j’avais d’être né Solokov, ils s’étaient estompés en cet instant. Elle devait perdre tellement de choses en restant dans sa prison. Octavus lui aurait au moins offert un minimum de liberté, à défaut d’être l’homme qu’elle attendait. Ça semblait presque ironique qu’elle soit si romantique après avoir été élevée d’une façon que je devinais plus que moyenne. Les sangs pur étaient peut-être manipulateurs, mais ils aimaient profondément leurs enfants puisqu’ils étaient l’assurance de perpétuer leur lignée. Ils avaient simplement une drôle de façon de le montrer.

« Dans ce cas, je suis honoré d’avoir la primeur de cette activité. Ce sera un véritable honneur très chère n’en doutez pas. » Moi aussi j’étais capable de prendre ce ton pompeux si caractéristique des sangs pur, mais avec un petit sourire en coin tout de même. En tous les cas, je comprenais mieux pourquoi Octavus avait autant insisté pour obtenir des billets si tard. Il pouvait dire ce qu’il souhaitait, il demeurait qu’il avait à cœur de faire plaisir à sa fiancée d’alors. Quelles qu’aient été ses motivations de l’époque, j’espérais bien qu’il s’agissait d’amour et de rien d’autre. Je ne savais pas trop pourquoi mon opinion avait autant changé depuis que j’avais rencontré Aloisia. Peut-être parce que je l’avais vu interagir en direct avec sa fiancée. C’était très différent de l’entendre en parler. Je ressentais beaucoup plus qu’une simple obligation à son égard. Il y avait aussi autre chose, une sensation naissante dont il n’avait sans doute même pas conscience, mais que des années de pratique à traiter avec lui me permettait de déceler. Nos plats de résistance venaient d’arriver sur ces entrefaites. Je lui demandais de deviner ce qu’il y avait dans son plat. Si elle risquait de trouver très facilement les ingrédients basiques, je n’étais pas certain qu’elle pourrait deviner le reste. Une fois le plat de la rousse posé devant elle, je l’observais attentivement pour voir quelle allait être sa réaction. Un œil extérieur pourrait penser que j’avais l’intention de l’alcooliser pour l’attirer dans mes filets. Il fallait dire que j’avais une certaine réputation en la matière. Mais rien de ce qu’Aloisia allait boire ce soir ne serait à la hauteur de la soirée d’hier donc je n’étais pas inquiet sur sa tolérance. Je retins un petit sourire en voyant sa réaction attentive, une exploration presque similaire à celle de quelqu’un observant un instrument de mort ou quelque chose risquant d’exploser à tout moment. « Ça ne va pas exploser tu sais. » Je n’avais pas pu m’empêcher de lancer cette petite plaisanterie devant son comportement. Elle releva finalement les yeux vers moi et je tentais de prendre un air impassible en attendant son verdict.  

Je lâchais une petite exclamation sarcastique en entendant sa réponse, une moue sur le visage. Bien sûr qu’il s’agissait de pâtes. Elle était sans doute décidée à me faire marcher jusqu’au bout. « Tu crois ça ? » Je pris un air faussement circonspect pour tenter de la faire douter. J’étais au bord de sautiller sur place alors qu’elle semblait prête à en prendre une bouchée. Aloisia risquait de penser que je tentais de lui jouer un mauvais tour. C’était loin d’être le cas. Je me comportais sans doute comme un vrai enfant, mais ça n’allait pas plus loin. Il m’arrivait d’être particulièrement immature et j’adorais jouer le guide quand il s’agissait de faire découvrir les spécialités de mon pays. Elle ne trouva que le saumon, le plus évident. Les œufs de lump ne devaient pas être très courants en Écosse. Quant à la vodka, elle ne pourrait la détecter qu’en prenant une bouchée. « Tu ne seras pas déçue, fais moi confiance. » Je n’étais pas du genre à faire des mauvaises blagues ou à commander quelque chose qui n’allait pas lui plaire. Elle prit une première bouchée et j’en fis de même. Contrairement à Octavus qui adorait le sucré mélangé à ses plats salés, je détestais mélanger les deux. J’étais presque sûr que le brun lui avait offert une découverte des plats russes plus basée sur les mélanges étranges que sur des valeurs sûres telles que ce plat ci. Je cachais un sourire en la voyant froncer les sourcils. Au moins, la vodka n’était pas passée inaperçue, mais de là à ce qu’elle puisse la détecter, c’était une autre histoire. Au moins, elle avait l’air d’apprécier ce qui était une bonne nouvelle. En entendant confirmation vocale qu’elle ne trouvait pas les autres ingrédients, je souris. C’était loin d’être surprenant. Les palais anglais n’étaient pas aussi formés au goût que nous autres russes. Néanmoins, j’étais sûr que si les situations étaient inversées, la situation aurait sans doute été pareille. J’étais loin d’être un chef en ce qui concernait les spécialités écossaises et pour être honnête, certaines n’avaient pas l’air particulièrement appétissantes bien que je me garderais de le dire devant une native.  

Elle abandonnait facilement la partie. J’avais au moins espéré quelques suggestions sur ce qu’elle pouvait apercevoir. « Tu es une petite joueuse… » Je me demandais si je devais la faire languir un peu avant de répondre ou si au contraire, je devais lui annoncer immédiatement le contenu de son assiette. J’étais tenté de lui annoncer avec mon plus grand sérieux que ses tagliatelles étaient cuisinées avec de l’abricot, mais je préférais éviter de faire ce genre de plaisanterie douteuse sans savoir comment elle pourrait réagir. J’optais donc pour la vérité, surtout parce que mon estomac avait très envie d’être rempli par la vision tentatrice que contenait ma propre assiette. « Tu as trouvé le saumon, les œufs rouges et noirs sont des œufs de lump. Tu as aussi de la crème fraîche, de l’oignon et… de la vodka. » Je fis une pause pour voir comment elle réagissait, reprenant un nouvelle bouchée de mon plat en attendant. Ça aussi, j’étais sûr que c’était un élément qu’Octavus ne lui avait pas communiqué. Il était tellement vieux jeu et propret qu’il avait certainement insisté pour lui commander un plat qui ne contenait absolument rien d’alcoolique. Il suffisait de voir comment il avait réagi hier. Elle avait presque atteint sa majorité maintenant, un petit verre d’alcool ne risquait pas de la tuer. Et puis, j’étais pour une exploration contrôlée de ses limites au lieu de lâcher un ado dans la nature face à toutes les tentations. « Est-ce qu’est à ta convenance ? Je doute que tu aies déjà goûté un tel mets auparavant. »




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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Dim 6 Juil - 16:08

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
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Je levais un fin sourcil, amusée devant sa réplique alors que j'observais toujours le plat, l'assiette entre les mains. Non, ça n'allait peut-être pas exploser mais je restais perplexe malgré tout. Il avait été facile de déceler chez Aleksei ce petit côté farceur, son empressement éveillait en moi quelques alarmes de ce fait. Il y avait clairement plus qu'une envie de me faire découvrir la cuisine de son pays. Je ne voyais pourtant pas quoi. À mes yeux, ça n'était qu'un plat de pâtes au saumon avec quelque chose en plus dedans. Son ton sarcastique devant ma réponse plus qu'évidente failli m'arracher un petit rire, mais je me retins. Les clients autour de nous avaient déjà assez mal réagi à mon dernier éclat, je n'avais pas envie d'afficher davantage le jeune Solokov à cause de ma compagnie. Je plissais les yeux, suspectant un essai de sa part de se jouer de moi. Je n'étais pas naïve au point de remettre en cause ce que je voyais, jusque-là, des pâtes avaient toujours été des pâtes, et ça n'était pas à ce que je savais une spécialité russe. Et son pays n'était pas non plus connu pour avoir le meilleur poisson en cette matière, alors que l’Écosse beaucoup plus mais il n'était pas temps de jouer à qui sont les plus forts. Aleksei m'encourageait à prendre une première bouchée et je m'exécutais lentement, poussant les pâtes avec ma fourchette avant de finalement goûter au tout. Instantanément, je comprenais qu'il y avait plus dans cette assiette que ce que je ne pouvais voir. Et le petit sourire du jeune homme en me voyant froncer les sourcils me conforta dans cette idée. C'était fort, bien plus que ce à quoi mes papilles avaient pu s'attendre, j'avais l'impression qu'un vent frais venait d'envahir ma bouche. Pour le coup, ça ne ressemblait en rien à ce que j'avais pu manger auparavant. C'était pourtant succulent. Je ne me faisais pas prier pour continuer de picorer sans même attendre sa réponse. Quoi qu'il y ait dans ce plat, ça n'allait certainement pas m'arrêter. Et puis, avec la semaine que j'avais passé, j'avais besoin de me rattraper au niveau alimentaire.

Je ne me gênais pas pour rouler les yeux en l'entendant me surnommer de petite joueuse. J'aurais pu effectivement me lancer dans toutes sortes de théories mais j'avais décrété que je m'étais assez affichée pour toute la durée de ce séjour et qu'il valait mieux que je me taise, au risque de provoquer l'hilarité de mon compagnon. Pas que ça m'aurait tant gêné que ça de le faire rire, mais certainement pas au prix de ma propre personne. Même si j'appréciais énormément Aleksei, il m'avait déjà vu dans des situations totalement inédites pour le reste de l'humanité. En bonne sang pur, je n'autorisais personne à me voir dans certains états, question d'éducation mais aussi de fierté. Être faible devant les autres, c'était leur donner une occasion de vous abattre, on me l'avait toujours répété. Il m'avait même peut-être vu encore plus mal que je ne l'avais été avec Octavus après qu'il m'ait annoncé son idée de fausse fiançailles. Et puis, à mon retour en Angleterre, j'allais devoir être cette héritière de sang-pur bien élevée et froide plus que jamais. Ça allait être nécessaire pour prendre de la distance mais aussi pour prétendre que tout allait parfaitement bien. Je l'écoutais alors m'expliquer que ce que j'avais pris pour des billes étaient des œufs de poissons, des différents que le caviar précédent. Mais la réelle surprise fut l'ingrédient final. Je fis les gros yeux en l'entendant prononcer le mot vodka. Effectivement, ça tombait sous le sens. Cette fraîcheur inexplicable, je l'avais déjà ressenti même si le goût était bien moins fort mélangé avec toutes les autres choses. Décidément, les russes ne se privaient pas pour ingurgiter leur alcool si fameux à la moindre occasion. Je finis par sourire en préparant une nouvelle bouchée, la fourchette près de ma bouche alors que je lui répondais :

«- Je ne suis qu'à moitié étonnée, je suis sûre que tu essaies de me saouler. Juste pour que ça soit clair, je ne suis pas contre l'idée ! »

Je lui fis un clin d’œil en avalant mes pâtes. Je plaisantais à moitié : je savais que ça n'était pas là vraiment son objectif, mais je n'étais vraiment pas opposée de profiter des effets plus que bénéfiques actuellement de la boisson. Une dernière fois avant que ça ne devienne bien plus compliqué à faire à Poudlard. C'était encore une autre chose que j'aurais appris ici : je comprenais beaucoup mieux maintenant ceux qui avaient recours à cette technique pour s'échapper un tant soit peu des soucis de leur quotidien. Sans vouloir verser dans l'alcoolisme notoire, je remerciais bien la vodka pour son soutien dans toutes les moments sombres que j'avais vécu dernièrement. Bon, je n'étais pas sûre qu'un plat aromatisé du breuvage suffirait à avoir raison de moi, mais il était encore tôt et j'étais avec Aleksei, tout était possible. Je ne doutais pas que, si mon ancien fiancé rechignait à me procurer quelques verres, il était bien loin de penser la même chose. C'était plaisant de ne pas me sentir comme une enfant, chaperonnée et surprotégée. Être finalement qu'une adolescente de seize ans. Il aura fallu traverser la moitié de la planète pour l'être un minimum. J'étais en train de manger lorsque le blondinet me demanda si c'était à ma convenance. Je relâchais mon assiette et cachais ma bouche de ma main pour terminer d'avaler ma bouchée, levant un pouce en l'air de l'autre pour lui assurer mon contentement.

«- C'est effectivement nouveau pour moi mais je crois que je vais adopter la recette. Tu pourras toujours m'en cuisiner pendant ton voyage en Écosse. »

Après quoi je me remettais à manger. Je n'avais pas eu si bon appétit depuis bien longtemps. Depuis le premier jours en fait. Ne pas faire la comparaison entre ce moment et cette autre sortie au restaurant était plus difficile qu'il n'en paraissait. Même si la suite n'avait pas été toute rose, ça restait un très beau souvenir, finalement j'en aurais quelques uns à garder précieusement à la fin. Je restais silencieuse quelques instants, me contentant de me restaurer sans réellement basculer dans mes pensées. J'étais plutôt attentive au monde qui m'entourait, à ce magnifique aquarium et à mon charmant acolyte du jour. Je finis par abandonner la partie, laissant le reste de mes pâtes en attrapant mon verre en soupirant légèrement. Aleksei allait finir par devoir me rouler jusqu'à l'opéra si ça continuait et ça ne serait pas du tout gracieux pour le coup. Je trempais mes lèvres dans le vin avant de le regarder, mes joues légèrement rosies je pouvais le sentir.

«- Voilà, je viens de prendre cinq kilos. Merci Aleksei ! »

J'exagérais évidemment, bien que je ne doutais pas que j'allais me remplumer un peu avec ça. Rien que d'imaginer la tête de ma mère si elle m'avait vu avaler toutes ces pâtes, j'avais envie de rire et la commissure s'étirèrent légèrement à cette pensée. Je n'étais pas sûre qu'elle se soit jamais autorisé à manger quoi que ce soit de la sorte dans son envie éternelle de garder une ligne irréprochable. J'avais bien plus chaud maintenant et j'étais contente d'avoir choisi de tirer mes cheveux longs flamboyants en une queue haute dont les pointes venaient se balancer sur ma nuque. J'en revenais à la contemplation du blondinet et après une secnde d'inspection, je plissais les yeux, suspicieuse.

«- Un homme comme toi qui n'a pas trouvé chaussure à son pied... il doit y avoir anguille sous roche, c'est obligé. »

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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Dim 6 Juil - 19:46

I know it all ends tomorrow, so it has to be today.
Ashly Lorenzana ▽ Never try to do anything that is outside of who you are. A forced smile is a sign of what feels wrong in your heart, so recognize it when it happens. Living a lie will reduce you to one.  
Je semblais plutôt bien parti pour réussir mon pari de lui faire retrouver le sourire. a partir de maintenant, je me tiendrais à ma parole de ne plus mentionner une seule fois Octavus. Ça ne nous ferait pas de mal de toute manière. Devant son air soupçonneux, je prenais un air angélique. Elle comprendrait rapidement que je n’avais rien fait de mal. Et puis, je ne lui aurais jamais fait manger un repas aussi banal que de simples pâtes. Elle prit enfin une bouchée et j’attendis avec impatience de voir si elle allait apprécier ou non. Visiblement, c’était le cas. Elle ne s’arrêta pas à une seule bouchée. La voir retrouver son appétit me fit sourire et je ne fus pas en reste avec mon propre plat après avoir répondu à sa question. Je me demandais si elle avait préféré éviter de se lancer dans tout un tas de conjectures pour simplement profiter pleinement du repas. J’espérais bien que c’était le cas. Ça ne la blesserait pas de manger un peu plus. Hier soir déjà, elle n’avait pas mangé grand-chose, bu beaucoup en revanche. Elle prit l’ajout de la vodka avec plus d’impassibilité que je ne l’avais pensé. Deux petits verres n’allaient pas la tuer de toute façon. Elle pensait apparemment la même chose que moi puisqu’elle continuait à manger.  

Un de mes sourcils se haussa devant sa réponse ambigüe. Si je m’étais attendu à ça… J’eus un petit sourire en coin à son idée. « Vraiment ? Je me demande bien ce qui pourrait te donner une idée pareille. Je ne serai pas contre l’idée non plus. Mais, crois-moi, si je voulais te séduire tu le saurais et je n’aurais pas besoin de te faire boire. » Je flirtais avec l’ancienne fiancée de mon meilleur ami. J’aurai sans doute dû me sentir honteux ou coupable, mais c’était loin d’être le cas. Je n’étais pas contre l’idée non plus si elle me poussait. Octavus pouvait aller voir ailleurs s’il voulait, après tout il avait rompu leurs fiançailles et il avait des scrupules que j’étais loin d’avoir en la matière. Sa jeunesse ou toute autre considération m’indifféraient. Hier, j’avais déjà commencé le travail après tout. D’accord, c’était dans l’intention de rendre jaloux Octavus, mais ça n’était pas non plus une grande punition. Elle avait été un peu gênée par ma proximité hier soir, mais ça ne semblait plus être le cas maintenant. Aloisia me plaisait, c’était indéniable. Elle s’était si rapidement intégrée dans notre petit groupe qu’il serait vraiment dommage qu’elle en sorte… C’était pour ça que j’étais décidé à tenter d’ouvrir les yeux à cet imbécile d’écossais. S’il ne changeait pas d’avis, peut-être que mes tentatives suffiraient à lui faire réaliser ses vrais sentiments. J’eus un petit sourire en pensant à la réaction de ma mère si elle rencontrait Aloisia, méprenant ma relation avec elle pour quelque chose qui n’était pas. Elle serait très certainement folle de joie à l’idée que j’ai finalement décidé de m’engager. Quelle incroyable romantique… C’était un miracle que j’aie réussi à échapper aux rendez-vous arrangés qu’elle tentait de m’organiser depuis déjà quelques années avec l’acharnement qu’elle démontrait.

Je mangeais de bon cœur, lui demandant sans que ce soit réellement nécessaire si elle appréciait ce qu’elle mangeait. Ça semblait évident sans qu’elle n’ait à le formuler, mais bon. Je souris, bouche fermée puisque je venais moi-même de reprendre une bouchée de mon propre plat. J’étais ravi de sa réaction et encore plus de sa réponse. Elle avait inconsciemment accepté de me revoir quand je viendrais en Ecosse, chose qu’elle avait apparemment préféré mettre de côté précédemment. Je pouvais comprendre à quel point c’était inconfortable pour elle de se retrouver au milieu, mais Octavus ne lui avait pas fermé la porte de sa vie, elle s’en était exclue volontairement. « Ce sera avec plaisir. Tu pourras me faire découvrir les spécialités écossaises en échange. » Il faudrait simplement qu’elle fasse preuve de mansuétude à mon égard. La conversation se stoppa par la suite et nous profitâmes de notre repas en toute quiétude. J’étais maintenant sûr que sa seconde sortie au restaurant se passerait mieux que la première. De façon totalement inopportune, la pensée de notre première rencontre et ma première vision d’elle, trempée et perdue dans les rues se figea dans mon esprit. Tant s’était passé depuis. A cette époque, je n’avais eu aucune idée qu’elle était Aloisia, mais maintenant, je ne pouvais pas dissocier ces deux facettes d’elle. Aloisia stoppa sa dégustation avant moi. On m’avait souvent dit que j’étais un vrai gouffre. Je terminais mon assiette sans sourciller. J’avais sans doute eu raison de ne pas prendre de dessert. Il était encore temps d’en commander un, mais je doutais qu’elle soit tentée. Elle avait pris une petite mine en attendant. Ça lui allait parfaitement. « Ça, j’en doute. Un plat n’a jamais tué personne. Petite joueuse. » Je lui fis un clin d’œil. De toute façon, même si c’était le cas, cinq kilos ne seraient pas de trop. Elle n’était pas maigre, mais elle était loin de devoir faire attention à son poids. Enfin, après ses soucis durant l’enfance, je pouvais comprendre pourquoi elle pouvait encore avoir ces craintes. Infondées néanmoins, j’en étais persuadé. Elle ne retomberait jamais en surpoids.

J’eus l’impression étrange qu’elle avait envie de rire, mais je ne dis rien sur le sujet. Chacun ses petits secrets. « Je ne te propose pas un dessert du coup ? » J’avais personnellement encore de la place pour manger autre chose, mais je pouvais aussi m’en passer. Durant l’entracte à l’opéra, nous aurions l’occasion de manger quelques petits fours et de boire du champagne. Je m’aperçus soudainement qu’elle me contemplait avec intérêt ce qui m’interpella légèrement. J’avais presque l’impression qu’elle tentait de lire mes plus honteux secrets. Il y en avait un certain nombre, elle n’était pas au bout de ses peines. Je ne m’attendais pas du tout à ce que la discussion prenne ce virage inattendu et la surprise dût certainement se lire sur mon visage. Une nouvelle fois, l’idée ridicule qu’elle puisse avoir envie que je la drague m’effleura l’esprit. Ça aurait été une terrible idée. Ou peut-être pas ? Elle avait l’air soupçonneux. Peut-être pensait-elle vraiment que je tentais de la séduire avec mon refrain de l’éternel célibataire. J’eus un petit rire en entendant ses soupçons. * En fait, j’ai toujours été secrètement amoureux d’Octavus.* J’avais les mots sur le bout des lèvres, mais l’énoncée du prénom maudit m’en empêcha même si j’avais envie de plaisanter sur le sujet. Ça me laissait totalement de glace, après toutes les rumeurs qu’il y avait eu sur le sujet. J’optais pour une approche différente, ne le mentionnant pas directement.

« Je ne suis pas secrètement homosexuel si c’est ce que tu crains. Même si on m’a parfois accusé de l’être. Je suis simplement plus heureux tout seul. Les filles que je fréquente le savent et ça leur convient très bien. Avoir une relation exclusive, c’est ouvrir la porte au mariage et puis aux enfants, et franchement je suis trop égoïste pour planifier tout ça. En plus, j’ai encore tant de choses à vivre. J’ai la vie devant moi. » Mes épaules se haussèrent. Ça pouvait en choquer plus d’un, mais je ne considérais pas ça comme un point négatif. « Peut-être aussi comme le pense ma mère que je n’ai tout simplement pas trouvé la bonne… » Je roulais des yeux en la revoyant dire ça à chaque réception. Comme si j’allais changer d’avis brutalement sur la question… Elle avait longtemps espéré que ma relation amicale avec Tatyana prenne un tournant différent avant de se rendre à l’évidence. Octavus se trouvait dans le même cas que moi, même s’il avait été fiancé de force. J’avais envie de lui demander où elle-même se situait sur cette question, mais ça aurait sans doute été de très mauvais goût considérant tout ce qui se passait. Pourtant, j’aurai aimé avoir son avis, pas celui dicté par sa famille, mais le sien. Elle était si jeune. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’elle gâchait sa vie à se marier sans avoir même vécu. J’avais trente ans, ce que beaucoup considéraient comme plus que temps pour convoler, et pourtant j’avais l’impression de ne rien avoir vécu, alors que dire d’elle ? Je préférais plaisanter plutôt que d’aborder des questions trop sérieuses. « Ma vie amoureuse a l’air de te passionner. Est-ce que tu serais intéressée ? » J’avais un sourire en coin, à moitié plaisantin, à moitié sérieux au vu de certaines déclarations précédentes. Qui savait le tournant que pouvait prendre cette soirée après tout.


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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mar 8 Juil - 15:21

Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparaît. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. Ma douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée.
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J'étais contente d'avoir déjà les joues rougies par la boisson, sa réponse aurait provoquer un réel embrasement dans le cas contraire. Je ne m'étais pas attendue à ça. Je n'avais absolument pas dans l'idée qu'Aleksei cherchait à me séduire, et ce malgré son comportement plus qu'étrange lors de sa soirée du nouvel an. Je n'avais pas non plus la prétention de penser que je pouvais satisfaire à ces critères de chasseur, après tout, j'avais vu avec quel genre de conquête il pouvait repartir et je n'étais en rien les jumelles blondes de cette boîte de nuit. Je n'étais pas contre l'idée de boire plus que de raison. Je n'étais pas totalement sûre qu'il ne soit pas contre une autre idée, aussi invraisemblable cela puisse paraître. Et il n'avait absolument pas besoin de faire boire ses proies pour les amener à le suivre, je le savais aussi même si je ne me considérais pas comme l'une d'elle. Enfin, j'avouais qu'une petite partie de moi criait au flirt évident du meilleur ami de mon ancien fiancé. Je préférais ne pas l'écouter et faire comme si rien n'était ambiguë du tout. C'était peut-être après tout le moyen qu'il avait trouvé pour me remonter le moral, agir comme si j'étais une femme qu'il trouvait belle pour flatter mon ego. Il n'y avait pas meilleure explication possible d'ailleurs. Il avait du comprendre combien je détestais que l'on me prenne pour une enfant et ce faisait un point d'honneur à agir loin de ce sens, voilà tout. Autant le prendre à la plaisanterie, même si je ne savais pas dire si son sourire était plus moqueur ou sérieux. Je roulais des yeux exagérément en avalant ma bouchée.

«- Je te crois bien volontiers, je ne pensais pas une seconde à ça. Ne t'en fais pas, je ne suis pas hautaine au point de penser que je t'intéresserais ! »

Je reprenais ensuite ma dégustation, préférant de loin me concentrer sur mes pâtes, ça semblait bien moins compliqué à comprendre que ce nouveau revirement de situation. Je lui affirmais que c'était à mon goût, ce qui semblait plus qu'évident vu l'ardeur que je mettais à engloutir l'assiette. Aleksei semblait satisfait de ma réponse et se mit à son tour à dévorer la sienne. Je me contentais d'hocher la tête pour lui faire signe de ma bonne volonté sur la question. J'étais prête à lui faire découvrir les merveilles culinaires de mon pays si d'aventures il venait à me rendre visite. Mais pour son bien-être, et aussi pour qu'il ne pense pas que je cherchais à l'empoisonner, je ne me risquerais pas à lui cuisiner tout cela moi-même. Mieux valait éviter un incident grondant dans la haute société russe, la famille Solokov ne me pardonnerait probablement jamais la disparition de leur aîné chéri. C'était évident qu'il n'avait pas été élevé de la même manière que nous, même si son sang était aussi pur que le notre. J'abandonnais la première la partie et délaissais les restes de mon assiette. Pour la seconde fois, il me traita de petite joueuse et avec toute la maturité dont je pouvais faire preuve, je lui tirais la langue avant de sourire. Ça allait devenir un nouveau surnom, remplaçant alors le «poupée brisée» dont il m'avait gratifié ce jour-là dans cette rue alors que nous n'étions encore que deux simples inconnus. Je me demandais bien encore pourquoi il s'était porté à ma rescousse sans même savoir alors qui j'étais. Je repensais à tout ça en l'observant terminer son assiette, mon verre de vin oscillant dans ma main. Je refusais distraitement sa proposition de prendre un dessert, je serais bien incapable d'avaler quoi que ce soit de plus. J'étais toute entière consacrée à mon étude de mon compagnon. Aleksei restait un mystère à mes yeux. Il était un homme dans la fleur de l'âge, séduisant et haut gradé au sein du ministère de la magie russe. Toutes les femmes sensées de ce pays avaient du essayer de l'avoir dans leurs filets. Pourtant, aucune n'avait trouvé grâce à ses yeux pour plus d'une nuit du moins.

Les mots m'échappèrent presque malgré moi mais c'était tentant de poser la question. C'était peut-être l'incorrigible romantique que je savais être qui ne pouvait pas accepter le seul fait qu'Aleksei préférait s'amuser que s'engager sincèrement avec quelqu'un. Le blondinet sembla surpris lui aussi de ma question, peut-être avais-je été trop loin, bousculant sa vie privée. Après tout, je n'étais que l’ancienne fiancée de son ami ça ne me donnait aucun droit. Je ris légèrement en l'entendant répondre. Même avec le baiser échangé entre les deux, je n'avais pas douté une seule seconde de sa sexualité. Je l'écoutais, partagée entre deux eaux. J'avais été toute ma vie destinée à être une épouse et une mère pour perpétuer des lignées de noms importants. À part ça, je n'avais jamais eu la possibilité d'aspirer à grand chose et maintenant que c'était fini, je me sentais vide, inutile. Pourtant, j'avais eu un bref espoir pour plus. D'être une femme pour moi et pas seulement pour les autres, voyager, travailler, des idées farfelues aux yeux de mes parents. Aleksei avait besoin de vivre pour lui avant de penser aux autres, c'était beaucoup plus sensé qu'égoïste en définitive. Sa réflexion sur sa mère me fit sourire de manière attendrie. Ça, ce n'était pas du tout le genre de remarque que la mienne aurait pu sortir. Savoir que cette femme espérait que quelqu'un aimerait son fils sincèrement sans aucune autre raison que pour lui me touchait, c'était assez ridicule j'en convenais.

«- Peut-être oui. Tu sais ce qu'on dit, les filles bien se font si rares de nos jours. »

C'était bien une réflexion d'homme ça. Pour peu, j'allais finir par passer pour son pote de beuverie. Je souris en prenant ma dernière gorgée de vin avant de reposer mon verre vide sur la table. Ça n'était pas totalement faux, sans même parler de ma propre personne, il suffisait de regarder l’entièreté de mon groupe «d'amies» de serpentards. Des filles de petite vertu qui feraient n'importe quoi pour s'attirer les regards des futurs meneurs de la haute société. Je m'étais longtemps considérée comme chanceuse d'être déjà engagée envers un homme, ça m'avait très certainement évité de devenir l'une des leurs. Je n'étais plus aussi certaine d'être aussi fortunée mais ça, c'était encore autre chose. Évidemment, je me repris un retour de bâton. Ma question l'avait surpris, il ne contentait pas me laisser m'en sortir comme ça. Je ne m'étais jamais même posée la question. Est-ce que dans d'autres circonstances, j'aurais pu être intéressée par un homme comme Aleksei. Il était charmant, c'était indéniable. Et il était plus qu'évident déjà que je n'étais pas du genre être gênée par la différence d'âge. J'imaginais que oui, son humour et sa légèreté m'aurait certainement fait tourner la tête. C'était pourtant inconcevable puisqu'entre nous, il y avait une troisième personne. J'étais déjà ensorcelée par son meilleur ami, cœur de mes tourments. Son sourire ne manqua pas de nouveau de me laisser perplexe et je pressais mes lèvres l'une contre l'autre avant de le regarder à nouveau, ses yeux bleus n'ayant aucune difficulté à soutenir mon regard. J'aurais aimé savoir lire dans les pensées à cet instant précis, ça m'aurait été d'une grande utilité. S'il flirtait bel et bien, ça ne devait être qu'un jeu. Innocent celui-ci, contrairement à ceux auxquels nous nous étions livrés Octavus et moi.

«- Je serais ravie d'être la femme tant attendue par ta mère mais malheureusement, je vais être trop occupée à faire passer des castings. J'ai une place de fiancé de libre, si toi tu es intéressé...»

Encore une fois, je choisissais l'humour, ça ne devrait pas le surprendre, surtout pas lui. Et puis, mieux valait en rire qu'en pleurer, j'avais de toute façon versé bien trop de larmes à ce sujet. Je n'aurais pas le monopole du choix concernant mon futur époux, c'était une tâche que se réservait mes parents. Et d'avance, je pouvais dire qu'ils n'allaient pas s'attarder sur le physique ou la bonne personnalité des candidats, mais plutôt sur leur arbre généalogique et leurs comptes en banque. Aleksei leur aurait certainement plu, mais en Angleterre, il y en avait peu des célibataires comme lui. Les fiançailles arrangées étaient ancrées dans nos mœurs, il ne resterait que les veufs ou les choix plus douteux. J'aurais du lâcher son regard plus tôt, je ne vis même pas la serveuse arrivait et elle du faire remarquer sa présence en se raclant la gorge pour attirer notre attention. Pour le coup, j'en rougis. Savoir que le reste du restaurant pouvait nous prendre pour autre chose que des amis était perturbant.

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MessageSujet: Re: It's time to see what I can do ♜ Aleksia   Mar 8 Juil - 19:40

I know it all ends tomorrow, so it has to be today.
Ashly Lorenzana ▽ Never try to do anything that is outside of who you are. A forced smile is a sign of what feels wrong in your heart, so recognize it when it happens. Living a lie will reduce you to one.  
Peut-être avais-je tort de me comporter de cette façon. Je ne voulais pas la mettre mal à l’aise. D’un autre côté, c’est elle qui avait commencé. Sur cette constatation digne d’un enfant de cinq ans, je m’amusais de voir à quel point elle semblait gênée par mon comportement. Elle n’avait vraiment aucune expérience en la matière. C’était mignon et à la fois un peu effrayant. Je pouvais comprendre pourquoi Octavus avait réagi de façon aussi extrême avec elle. Connaissant son type de femme, il aimait la confiance en soi et les séductrices qui savaient se faire désirer pour mieux se soumettre ensuite. Aloisia aurait dû expérimenter un peu avant de se lancer à la conquête du brun. Une image incongrue de moi lui enseignant comment séduire un homme s’installa dans mon esprit. Ça aurait été terriblement inconvenant. Et pourtant ? Je ne niais pas que je la trouve séduisante. Si je pouvais lui rendre service et en retirer un bénéfice double, qui étais-je pour avoir des scrupules ? Octavus me remercierait sans doute à la fin. Après tout, il valait mieux qu’elle finisse avec moi plutôt qu’avec un inconnu qui ne la traiterait pas dignement.

Je retins un soupir en écoutant une nouvelle fois la démonstration de son manque de confiance en elle. J’avais visiblement tort, elle n’était peut-être capable de reconnaître des avances quand on lui en faisait. Je me demandais sérieusement si je ne devrais pas lui montrer qu’elle m’intéressait – ce qui était vrai – pour remonter légèrement sa confiance en elle. Cette idée de lui enseigner la séduction était-elle si mauvaise ? Je pouvais être son conseiller particulier et elle pouvait s’entraîner sur moi. En plus, je n’avais jamais été avec la moindre rousse avant. Un sourire légèrement machiavélique s’inscrit sur mes lèvres à cette pensée avant que je réalise que j’étais toujours face à elle. J’allais vraiment finir par lui faire peur si je continuais sur cette lancée. Mais je ne pus me taire pour laisser la porte ouverte. La soirée était encore jeune. « Vraiment ? Tu devrais t’ouvrir un peu plus au monde… » Sur cette phrase assez cryptique, je repensais à cet homme dont ma sœur l’avait secourue hier soir. Lui aussi n’avait pas eu besoin d’être persuadé des charmes de la rousse. Il fallait qu’elle ouvre les yeux. Les Solokov ne seraient pas toujours là pour la sauver des griffes de prédateurs et tous n’avaient pas la subtilité caractéristique de l’adolescent de quinze ans.

Laissant de côté la conversation pour le moment histoire de ne pas sembler lourd, je continuais mon plat avant d’engager une conversation culinaire. J’allais définitivement finir par adopter ce surnom de petite joueuse, même si elle n’avait rien de petite en taille. C’était très caractéristique d’ailleurs que je cherche à lui trouver un surnom après si peu de temps. Ça prouvait que je l’acceptais pleinement comme quelqu’un de la bande. Il serait vraiment dommage que sitôt entrée, elle en ressorte… Comme je m’en étais douté, elle avait refusé le dessert. Ce serait donc l’addition. Sa question fut inattendue et pourtant… Je n’étais pas du tout du genre gêné pour parler de moi-même avec quelqu’un que je ne connaissais que depuis deux jours. Je n’étais pas quelqu’un de timide, elle avait dû s’en rendre compte. Mes paroles visaient aussi légèrement à lui ouvrir les yeux. Je voulais qu’elle s’interroge sur son propre avenir, au-delà de devenir une épouse et un nom sur un arbre généalogique. Je vis bien qu’elle semblait touchée par mes paroles et je ne pus m’empêcher de finir sur une note plus taquine. Vraiment, juste un léger flirt pour voir si elle allait se rendre compte de ma tentative. Elle préféra partir sur une plaisanterie qui me fit sourire. « Je savais que tu comprendras, camarade. » Il suffisait simplement de distinguer les filles en deux catégories en définitive : celles qui voulaient s’amuser et celles qui étaient là pour le long terme. Je  n’avais jamais cherché dans la seconde catégorie donc ma pauvre mère n’était pas au bout de ses peines.  

Ma question suivante était assez osée, il fallait en convenir, mais nous semblions avoir franchi un cap qui me permettait de tenter avec plus d’audace qu’auparavant. D’autant plus que sa réponse m’intéressait réellement. Comment réagirai-je si elle n’annonçait que je pouvais lui plaire ? Oublier Octavus et foncer sans se soucier des conséquences ou être raisonnable, ce mot qui ne faisait pas partie de mon vocabulaire ? Je savais qu’elle aimait Octavus, mais il n’était plus là. Je pouvais être son rebond. Non, je n’avais pas le droit de penser à une chose pareille. Elle formula pourtant à voix haute quelque chose qui m’avait déjà effleuré précédemment l’esprit. J’avais du mal à déterminer si elle plaisantait ou si elle dévoilait une part de vérité. Elle était libre et en besoin désespéré d’un fiancé. J’étais libre et harcelé par ma mère pour me stabiliser… La solution semblait évidente. Lui avait-elle aussi effleuré l’esprit ? Elle et moi, ensemble ? Not a match made in heaven, mais pourquoi pas… Elle plaisantait pourtant, là où j’étais soudainement parfaitement sérieux. C’était un jeu dangereux dans lequel j’étais prêt à me lancer. Oserai-je aller jusqu’au bout de la chose ? Apparemment oui. « Tu as déjà un candidat devant toi. Sang pur. Plutôt jeune. Prometteur employé du Ministère. Bon danseur avec beaucoup d’humour… L’homme parfait quoi. » Je ne brisais pas notre contact visuel, inconscient de tout ce qui arrivait autour de nous. J’avais l’air d’avoir fait ça toute ma vie, ce qui, en définitive, était bien le cas. Pas gêné pour deux sous de ne pas avoir remarqué la présence de notre serveuse du jour. Elle demanda si nous souhaitions autre chose et je secouais la tête avec un charmant sourire, demandant simplement l’addition. Il allait être temps de se rendre à l’opéra de toute façon. Le temps était passé beaucoup plus vite que je ne l’avais imaginé au départ. Heureusement que j’avais eu la présence d’esprit de réserver pour nous laisser une marge suffisante. Aloisia semblait gênée. Bon ou mauvais signe ? J’allais vite le savoir.

Il était clair que ma mère aurait adoré que son fils ait une petite amie du style d’Aloisia et cela l’aurait sortie du grand pétrin dans lequel l’avait fourré Octavus. Et pourtant… je perdrais sûrement mon meilleur ami si j’agissais de cette façon. Et ce ne serait pas non plus bien pour elle. J’étais comme le brun, pas décidé à m’engager. Les raisons que je venais de lui avouer, je les pensais réellement. J’avais une nouvelle fois envie de lui demander ce qu’elle voulait vraiment. Et puisqu’elle avait abordé de sa propre initiative son statut d’ex-fiancée, je ne m’interdis pas de le mentionner cette fois-ci, tout en signant la note que venait de nous rapporter la serveuse. « Et toi, qu’est ce que tu veux vraiment dans la vie ? Te marier et fonder une famille ou autre chose ? » Je soupçonnais qu’elle était beaucoup plus similaire à Octavus et moi qu’il ne voulait bien le penser. Ce qui m’empêchait encore plus de comprendre pourquoi il l’avait rejetée. Ce n’était pas un problème d’attirance sexuelle, alors quoi ? J’attendis sa réponse avant de quitter ma chaise et de l’assister pour renfiler son manteau. Le trajet vers l’opéra serait court, mais suffisant pour continuer cette conversation ou l’oublier… Une fois dehors, le froid me fit garder le silence quelques instants. Je ne voulais pas que la situation devienne inconfortable entre nous. J’attrapais son bras pour le passer sous le mien, déterminé à rester l’ami dont elle avait besoin et que j’étais plus que prêt à être. Tout le monde n’était pas un lunatique comme Octavus après tout. Nous repassâmes devant le bar où je l’avais trouvée la première fois, mais elle ne sembla réellement pas s’apercevoir de l’endroit. Aloisia était apparemment bien perturbée quand elle avait échoué ici. Heureusement que j’avais été là. C’était mon genre de secourir les demoiselles en détresse et pas uniquement dans l’intention d’obtenir une compensation en nature. La soirée avait soudainement pris un tout autre tournant et je ne l’avais certainement pas vu venir. Est-ce que c’était dans ma nature de toujours tout renvoyer au flirt ? Octavus n’avait sans doute pas pensé une seconde que je serais capable d’aller dans cette direction là ? Il avait eu tort et aurait d’ailleurs dû s’en douter en partie après hier. Le rendre jaloux. Est-ce qu’il n’y avait que ça  ou un peu plus ?


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